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(!) Info minute – Revue de Presse

BANGKOK: – Une vingtaine de membres du « Réseau Stop Fracking Thaïland » se sont rassemblés devant l’ambassade des États-Unis à Bangkok le 20 avril 2015 pour protester contre la fracturation chimique en Thaïlande, pays dans lequel l’exploration des hydrocarbures non conventionnels est en cours.

Protestation contre la fracturation hydraulique

Deux représentants du réseau, le Dr Smith Tungkasmit professeur à l’université Rangsit et Pipat Samanchuen, ont été autorisés à pénétrer dans les locaux afin destop fracking thailand gaz de schiste 2 remettre une lettre à Eric Frater, premier secrétaire de la section économique de l’ambassade. La lettre demandait aux autorités américaines qu’une enquête soit diligentée «à l’encontre des entreprises Apico (Khorat), Apico LLC, Hess Corporation, Chevron et CEC et qu’elles cessent le recours à la fracturation hydraulique».

« Préoccupés par l’impact sur la santé des personnes et des communautés locales, les militants exigent que les entreprises américaines et autres qui ont des permis de recherche de hydrocarbures cessent les forages par fracturation hydraulique».

Suspicion de manquements dans la gestion des déchets

Selon les observations faites par le réseau sur le site Namoon dans la province de Khon Kaen, « une entreprise a utilisé de l’oxyde de zinc produit chimique toxique, alors que celui-ci n’est pas mentionné dans le rapport d’évaluation de l’impactstop fracking thailand gaz de schiste 1 environnemental ».

Alors que ce type de produit chimique doit être éliminé par une entreprise spécialisée dans la gestion des déchets dangereux, le « Réseau Stop Fracking Thaïland » a pu constater que des emballages habituellement utilisés pour la gestion de ce type de déchet avaient été trouvés dans une école voisine. De son coté l’entreprise dément et indique que des dons de bouteilles d’eau ont été faits à l’école et que celles –ci ont été remises dans ce type d’emballage par erreur…

Le Royaume du Siam jamais colonisé l’est désormais par les multinationales du pétrole

Selon le bureau américain de recherche géologique (U.S.Geological Survey), une évaluation du potentiel d’hydrocarbures techniquement récupérables menée en 2014 dans le bassincarte bassin gaz de schiste Thailande USGS shale gas deposit de Phitsanulok  fait état d’une estimation de 53 millions de barils de pétrole de schiste et 320 milliards de pieds cube de gaz de schiste. L’USGS indique qu’il existe probablement un potentiel d’hydrocarbures non encore évalué dans les bassins de Fang, Chiang Mai, Mae Sot, Petchabun, Suphan Buri, et Ayutthaya et que ces sites nécessitent des tests de géologie et de production.

En 2011, l’État thaïlandais a signé un protocole d’accord avec la compagnie Statoil pour étudier les ressources en hydrocarbures non conventionnels (et conventionnelles) et un petit bloc lui a été attribué pour l’exploration de gaz de houille exploration dans le sud de la Thaïlande. Par ailleurs Chevron très impliquée dans la recherche et la production offshore a mis en œuvre Platong II, la gigantesque plateforme de production de gaz dans le golfe de Thaïlande,

Cette conquête des hydrocarbures non conventionnels est largement soutenue par le Département d’État Américain. Celui-ci était particulièrement actif dans ce domaine lorsqu’une certaine Hillary Clinton en était la Secrétaire d’État.

Sources :

(!) Info minute – Revue de Presse

Pétrole de schiste : recours en justice déposé contre un permis déterré par le gouvernement

Le 20 avril 2015 – Les Amis de la Terre France, mandatés par les collectifs français « non aux pétrole et gaz de schiste et de houille(*) » réunis en coordination, ont déposé aujourd’hui un recours contentieux contre la décision de la ministre de l’Écologie d’accorder en octobre 2014 la mutation du permis exclusif de recherche « La Folie de Paris » en Seine-et-Marne au profit de l’entreprise fantôme Concorde Énergie Paris. Au travers de ce recours, les collectifs citoyens et Les Amis de la Terre France entendent dénoncer le double discours de la ministre qui assure qu’il n’y aura pas d’exploitation de gaz et huiles de schiste pendant son mandat, tout en préparant le terrain aux pétroliers pour les années suivantes.

Suite à la décision implicite de refus du recours gracieux présenté par les Amis de la Terre en décembre 2014, c’est un recours contentieux qui vient d’être déposé au Tribunal administratif de Melun contre l’arrêté du 10 octobre 2014. Dans ce dernier, la ministre de l’Écologie Ségolène Royal a accordé la prolongation et la mutation du permis de « la Folie de Paris », alors qu’il y existait déjà une décision implicite de rejet, les demandes de l’entreprise Concorde Energie Paris datant de plus de 15 mois.

Par ailleurs, la ministre a indiqué, dans un courrier envoyé au député de Seine-et-Marne, Olivier Faure, qu’il s’agissait d’un permis visant des hydrocarburesFrance jouarre conventionnels, alors que les recherches déjà menées sur ce territoire ont révélé l’absence de pétrole conventionnel (1). Facteur aggravant, la mutation se fait au profit de la compagnie Concorde Énergie Paris qui n’est qu’une coquille vide : un capital social de 1000€, entreprise endettée, domiciliée chez son gérant, elle n’a aucun chiffre d’affaire. Il s’agit d’une violation du code minier qui prévoit que le demandeur d’une mutation d’un permis exclusif de recherche doit justifier de garanties financières particulières.

Cette décision d’accorder cette mutation est d’autant plus surprenante que Ségolène Royal a rejeté la demande de permis de Calavon, (dans le Luberon) au motif que l’entreprise pétitionnaire “ne dispose pas en propre des capacités financières nécessaires”. Cette entreprise (Téthys) possède toutefois davantage de capacités financières que Concorde Energie Paris. On peut remarquer que ce rejet faisait suite à la mobilisation locale d’élus et du président du parc naturel régional du Luberon.

Isabelle Levy, membre du collectif du Pays-Fertois, s’interroge “quelles sont les relations entre ces entreprises fantômes et les services de l’Etat qui ont instruit le dossier ? L’insolvabilité de Concorde Energie est pourtant facile à vérifier. Pourquoi l’entreprise Tethys, à qui on refuse un permis dans le Luberon, est-elle bénéficiaire d’une prolongation pour le permis d’Attila, situé dans la Meuse ?”

Le permis de « La Folie de Paris » n’est qu’un cas emblématique : malgré la loi de 2011 interdisant la fracturation hydraulique, et les promesses répétées du gouvernement actuel, il continue d’instruire de nouveaux permis [Gastins, Dicy, Cezy, Rouffy, Estheria etc] et a prolongé des permis existants, comme celui de Saint-Just-en-Brie, également en Seine-et-Marne.

Juliette Renaud, chargée de campagne sur les Industries extractives aux Amis de la Terre France s’indigne : « Pourquoi la ministre ressort-elle ces demandes de permis du fond des tiroirs si ce n’est pour répondre aux pressions exercées par les lobbies pétroliers ? Les compagnies préparent le terrain en espérant qu’un changement de gouvernement en 2017 conduira à une abrogation de la loi interdisant la fracturation hydraulique ou rouvrira la porte aux gaz et huiles de schiste par d’autres biais. »

Les Amis de la Terre France et les collectifs français « Non aux pétrole et gaz de schiste et de houille » attendent du Tribunal Administratif de Melun l’annulation du permis « La Folie de Paris » et du gouvernement le refus de toute nouvelle attribution de permis de recherche. Plus largement, ils appellent le gouvernement à maintenir une position ferme d’interdiction de toute expérimentation, exploration et exploitation des hydrocarbures non conventionnels, quelle que soit la technique utilisée. En attendant l’issue de cette procédure judiciaire, et face aux pressions incessantes des compagnies pétrolières, la mobilisation citoyenne ne faiblira pas pour défendre les populations, nos territoires et le climat.

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Note: Les habitants de Rhône-Alpes se rappelleront que le gérant de cette « coquille vide » qu’est Concorde Énergie Paris est ni plus ni moins que le gérant de Celtique Énergie dont la demande de prolongation du permis des Moussières à récemment été rejetée.

(1) La documentation de la demande de permis mentionne des objectifs « conventionnels » dans les couches du Dogger et du Keuper. Or selon des fiches techniques mises à disposition par le BRGM, le forage intitulé « la Folie de Paris » effectué en 1985-86 indiquait « pour le Dogger: faible qualité réservoir, faibles indices d’huile, pour le Keuper: aucun réservoir, pas d’indices » …

(*) Collectifs signataires : Collectif du Haut Bugey Non aux forages (01), Collectif non au gaz de schiste Pays de Savoie et de l’Ain (01,73,74), Collectif GAZPART (02), Collectif 07 Stop au Gaz et Huile de Schiste (07), Collectif “Touche pas à mon schiste !” (07), Collectif de Valgorge (07), Collectif Citoyen du Narbonnais Non Gaz et Pétrole de Schiste (11), Collectifs de NGSQR du QUERCY ROUERGUE (12/46), Collectif du Grand Valentinois (26), Collectif Stop gaz de schiste Anduze (30), Collectif Stop gaz Gard Rhodanien (30), Collectif Garrigue-Vaunage (30), Collectif cévenol CAMIS’GAZ (30), Collectif GDS Roquedur-Le Vigan (30), Collectif viganais contre les huile et gaz de schiste (30), Collectif St Jean de Maruéjols (30), Collectif Piémont Cévenol (30), Collectif de Barjac (30), Collectif Nîmes Anti-Schiste (30), Collectif Hautes Cévennes (30), Collectif Auzonnet Cèze & Ganière (30), Collectif 32 Non au gaz de schiste (32), Collectif du Céressou (34), Collectif Gaz de Schiste Non Merci de Clapiers (34), Collectif Montpeyroux, Arboras, Aniane (34), Collectif Orb-Jaur non au gaz de schiste (34), Collectif biterrois contre les GHDS (34), Collectif Orb Taurou Non au GHDS (34), Collectif NGDS Canal Lirou (34), Collectif bassin de Thau (34), Collectif Sète (34), Collectif citoyen de Pézenas, Castelnau de Guers (34), Eco’lectif Dégaze Gignac et Environs (34), Montpellier littoral contre les gaz et huile de schiste (34), Collectifs Isérois Stop aux GHRM (38), Collectif Stop gaz de schiste 39, Association Stop au gaz de schiste-Non al gas d,esquist (47), Collectif Florac Non au Gaz de Schiste (48), Collectif Causse Méjean – Gaz de Schiste NON ! (48), Collectif Non Gaz La Canourgue (48), Collectif Stop gaz d’hydrocarbures de Lorraine et d’Alsace (54, 55, 57, 67, 68, 88), Collectif Houille ouille ouille 59/62, Collectif Stop gaz de schiste 69, Collectif citoyen Ile-de-France Non aux gaz et pétrole de schiste et de couche (Ile-de-France, Paris), Association Gaïa (77), Collectif NPGDS du Bocage gâtinais (77 – 89 – 45), Collectif Non au pétrole de schiste du Pays-Fertois (77), CRI-Nonville (77), Collectif du Pays-de-Coulommiers (77), Collectif briard (77), Collectifs 83 Non au Gaz de schiste (83), Collectif « Sanschiste 89 » (89), Collectif 91 Non au gaz et pétrole de schiste (91)

(!) Info minute – Revue de Presse

Le gouvernement fédéral a adopté cette semaine un projet de loi qui doit être soumis au parlement le 8 mai 2015. Il s’agit de maintenir la possibilité pour l’industrie des hydrocarbures de forer à petite échelle et le moment venu de développer un projet industriel … pourtant non rentable s’il n’est pas largement subventionné.

Le cheval de Troie de l’industrie du gaz de schiste

Des chercheurs allemands ont beau expliquer dans une récente étude[1] que l’exploitation des hydrocarbures par fracturation hydraulique en Europe n’est pas rentable, le gouvernement dirigé par la chancelière Merkel cède malgré tout au lobby des gaz de schiste.

Le porte parole Steffen Seibert rendant compte du conseil des ministres déclarait finement que le projet de loi « n’autorise pas ce qui était jusqu’à présent interdit, mais au contraire interdit beaucoup de ce qui était pour l’heure possible, comble des failles juridiques et établit des règles strictes là où il n’y avait pas de règles claires ». On pourrait se réjouir de ces dispositions restrictives si elles n’étaient l’illustration du cheval de Troie que l’industrie pétrolière maintient avec un certain succès dans plusieurs pays européens après avoir rudement bataillé en 2013 et 2014 contre l’instauration d’une directive européenne[2].

Les ministères de l’Énergie et de l’Environnement précisent que le projet de loi allemande « prévoit des interdictions dans certaines régions précises pour des questions de protection de l’eau potable, de la santé et de la nature, ainsi que des restrictions générales pour l’utilisation de la fracturation hydraulique dans les schistes, la glaise, les marnes ou les couches de charbon ». De plus il interdit l’exploitation commerciale de la fracturation hydraulique visant l’extraction des hydrocarbures dits « non conventionnels » dans des roches dures comme les schistes à des profondeurs inférieures à 3000 mètres.

L’industrie va faire mine de gémir sachant pertinemment que ce moratoire pourra être levé lorsque le contexte économique et politique s’y prêtera. En France, la prolongation de concessions et la délivrance de nouveaux permis de recherche ou leur prolongation[3] permet à leurs titulaires de maintenir une présence et de forer à tour de bras dans le bassin parisien. La zone de Champotran[4] en Seine et Marne est un exemple de l’activité en cours où les forages en grande profondeur sont effectués[11]. S’il s’agissait d’attendre un assouplissement des règles ou la délivrance d’autorisations de recherche pour stimuler la roche comme pourrait le permettre la loi de Juillet 2011, on ne s’y prendrait pas autrement.

L’Europe subventionne déjà l’industrie du gaz de schiste

Alors que l’Europe -comme le reste du monde- est face à un défi majeur concernant ses émissions de gaz à effet de serre et tandis que Paris doit accueillir la vingt et unièmeCheval_de_Troie_stop_gaz_de_schiste conférence internationale sur le Climat (COP 21) au mois de décembre 2015, l’industrie des hydrocarbures continue à bénéficier de nouvelles subventions. Dans le cadre du « programme Horizon 2020 » un fonds de recherche européen[5] propose en effet une aide de 113 millions d’euros aux entreprises qui exploitent le gaz de schiste. Autre exemple, en 2014 la société Baltic Ceramics a reçu un financement de 11 millions de dollars de l’Union européenne , et un autre de 4 millions de dollars de fonds publics de la Pologne « pour stimuler l’innovation » dans le cadre du développement d’une usine de production de billes. Cette société prévoit en effet de produire des agents de soutènement en céramique, des billes sphériques minuscules et presque indestructibles qui sont injectées sous terre lors des opérations de fracturation hydraulique mises en œuvre pour libérer les hydrocarbures (pétroles ou gaz de schiste) piégés dans la roche mère[6].

Rappelons qu’aux États-Unis où a eu lieu le « boom du gaz de schiste », la production massive d’hydrocarbures non conventionnels a été possible d’une part parce que la géologie y était très favorable dans un pays gigantesque avec une faible pression démographique mais aussi parce que les pouvoirs public étaient peu regardants sur les pratiques de l’industrie dans une situation très peu règlementée (avec les conséquences sanitaires et environnementales que l’on connaît). Par ailleurs les cadeaux fiscaux faits par les États aux opérateurs du secteur de la production pétrolière et gazière sont autant de subventions qui ont donné l’illusion d’une production économiquement rentable[7].

2017, attention à la reprise !

Malgré les récentes déconvenues des majors en Pologne, en Roumanie, en Ukraine (où les recherches s’avèrent très peu fructueuses et ne confirment pas les espérances d’un « eldorado européen des gaz de schiste », lesquels sont emprisonnés dans des systèmes géologiques capricieux et résistants), l’industrie n’a pas dit son dernier mot. Bien déterminées à essorer tout ce que notre planète contient d’hydrocarbures, et face à la baisse actuelle des cours du pétrole, les grosses compagnies réduisent les opérations à risque (dont la recherche) et débauchent à tour de bras pour continuer de gâter leurs actionnaires. Mais ceci est temporaire et même avec le retour de l’Iran, il est difficile d’imaginer que le pétrole pas cher sera durable.

Si la situation s’avère très tendue voire désastreuse pour certains opérateurs aux États-Unis et alors que la production de pétrole ainsi que le nombre de nouveaux forages commencent à baisser[8], la santé financière des majors reste outrageusement bénéficiaire. Et le secteur est prêt à augmenter la production et relancer les forages dès que l’Arabie Saoudite aura cessé sa pression.

On peut donc imaginer qu’après les élections américaines (dont les candidats sont massivement financés par l’industrie fossile), et quelques soit les engagements des États-Unis en matière d’émissions de carbone et de gaz à effet de serre, que le ou la présidente aura une dette vis-à-vis de ses « mécènes ». Il sera alors de bon ton de répéter des deux côtés de l’Atlantique que « le gaz de schiste est une énergie de transition ».

On peut également penser, et sans faire preuve d’une très grande imagination, que la même chose se prépare pour 2017 en France. En 2011, il a été demandé à l’industrie pétrolière d’être patiente. Une loi d’interdiction de la fracturation hydraulique a étémanifestation-contre-l-exploitation-du-gaz-de-schiste-a-donzere-le-16-avril-2011 votée pour éteindre la contestation. Le lobby du pétrole et du gaz de schiste un peu déçu pensait que « la blague » serait de courte durée mais François Hollande a (jusqu’à présent) maintenu son engagement de ne pas autoriser l’exploitation du gaz de schiste. Il ne serait donc pas surprenant, et quelle que soit l’équipe qui occupera l’Élysée et Matignon, qu’à partir de 2017 l’offensive des pétroliers soit massive. Entre temps, le lobby de l’énergie fossile au premier rang duquel figurent les industriels, travaille déjà à l’acceptation sociale avec la publication de nombreux articles dans les journaux, la mise en fonction de son « centre d’information sur les hydrocarbures non conventionnels » et le « recrutement » de « modèles sociaux » tels que la navigatrice Maud Fontenoy[9]. D’ores et déjà, le marketing social du gaz de schiste est engagé.

Non, les hydrocarbures non conventionnels ne sont pas une énergie de transition[10] !

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[1]  Allemagne, Europe, l’exploitation des hydrocarbures par fracturation hydraulique n’est pas rentable https://stopgazdeschiste.org/2015/03/21/allemagne-europe-lexploitation-des-hydrocarbures-par-fracturation-hydraulique-nest-pas-rentable-etude/
[2] La commission européenne baisse les bras sur les gaz de schiste http://www.euractiv.fr/sections/energie/la-commission-baisse-les-bras-sur-le-gaz-de-schiste-269574/
[3] http://www.romandie.com/news/Petrole-prolongation-dune-concession-du-canadien-Vermilion-en-Gironde/581058.rom/
[4] Voir les pages 13 et 14 du bulletin mensuel de février 2015 du bureau exploration-production des hydrocarbures (BEPH), DGEC du Ministère en charge de l’Énergie et de l’Écologie http://www.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/Bull-beph_02_2015.pdf/
[5] L’UE a commencé à subventionner le gaz de schiste http://www.euractiv.fr/sections/energie/lue-commence-subventionner-le-gaz-de-schiste-302801/
[6] Pologne: Une usine de fabrication de billes de céramique pour le fracking en Europe financée par l’Union Européenne https://stopgazdeschiste.org/2014/05/27/pologne-une-usine-de-fabrication-de-billes-de-ceramique-pour-le-fracking-en-europe-financee-par-lunion-europeenne/
[7] Ce qu’on ne dit pas sur le miracle gazier américain http://m.lesechos.fr/redirect_article.php?id=0202464816336/
[8] Chute de la production américaine de pétrole http://petrole.blog.lemonde.fr/2015/04/02/chute-de-la-production-americaine-de-petrole/
[9] Énergie : Jean Jouzel et Corinne Lepage ne partagent pas l’analyse de Maud Fontenoy http://www.techniques-ingenieur.fr/actualite/technologies-de-l-energie-thematique_89428/energie-jean-jouzel-et-corinne-lepage-ne-partagent-pas-l-analyse-de-maud-fontenoy-article_293465/
[10] Pourquoi le gaz de schiste n’est pas une énergie de transition https://stopgazdeschiste.org/pourquoi-le-gaz-de-schiste-nest-pas-une-energie-de-transition/
[11] http://colfertois.canalblog.com/archives/2015/04/04/31833721.html

(!) Info minute – Revue de Presse

Après plus de trois ans de lutte citoyenne contre l’implantation de la société Celtique sur les plateaux du Haut-Bugey (Ain) et du Haut-Jura, l’État a renoncé à accorder le renouvellement du permis de recherche d’hydrocarbures dit des Moussières formulé par cette société britannique.

Une victoire

Enfin une bonne nouvelle ! Trois ans et demi de lutte récompensés. Des heures de recherche, Matinée avec les élus 16 mars 2013d’étude des dossiers, d’information au public, de mobilisation. Des courriers à NANTUA MANIF 16 MARS 2013l’administration et aux élus. Des rencontres citoyennes de partage d’information. Des manifestations (A Lantenay, Saint Julien en Genevoix, Bourg en Bresse, Nantua, Aix les Bains, Nantua, Saint-Claude, Bellegarde) qui ont à chaque fois mobilisé la population du plateau et de la plaine du Bugey, du Haut Jura et des départements voisins en Région Rhône-Alpes. Des soirées, des nuits, des week-ends passés pour la protection de notre environnement, de la santé, de l’eau.

Et voilà enfin le verdict de l’administration qui est rendu suite à la demande de renouvellement du permis exclusif de recherche d’hydrocarbures (PERH) des Moussières par la société Celtique :

Les ministres de l’Écologie et de l’Économie ont signé le rejet de la demande suivant en cela l’avis du Préfet de l’Ain instructeur du dossier.

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Est-ce la fin d’un combat ?

nonaugdsCertainement pas. Le combat n’est pas terminé. Tout d’abord, la vigilance est de mise car il n’est pas exclu que l’ex-titulaire du PERH fasse un recours. Ensuite, il existe toujours des demandes de permis notamment la demande du Permis de Blyes (qui touche l’Ain, l’Isère, le Rhône et les pays de Savoie) dont on se demande pourquoi elle n’a toujours pas été balayée par l’administration qui connait parfaitement la cible visée par le pétitionnaire : LE GAZ DE SCHISTE. En 2011, cette demande était clairement identifiée par le Ministère en charge de l’écologie comme une « demande ciblant le gaz de schiste » (voir ici l’information supprimée depuis). La lettre de la société pétitionnaire REALM Energy ne pouvait être plus claire qui stipulait que « les substances faisant partie de la demande sont tous les hydrocarbures liquides et/ou gazeux et toutes substances connexes s’y rapportant dont le gaz et l’huile de schiste » (voir ici). La demande de Permis de Gex Sud, le Permis de Gex et bien d’autres (voir ici pour Rhône-Alpes et Franche-Comté) continuent à poser problème et font l’objet d’un large rejet de la part de la population.

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Pas dans notre jardin … ni celui du voisin

Et puis ce combat n’est pas uniquement celui de la protection de notre jardin, de notre territoire deGenève 2 proximité. Il nous mobilise collectivement pour la sauvegarde des ressources hydriques, que ça soit dans les montagnes des Alpes, sur les plateaux de l’Ain et du Jura, dans les montagnes et vallées de l’Ardèche et du Gard, de la Lozère et d’ailleurs mais aussi dans les plaines du bassin parisien, dans le Pas de Calais et en Lorraine. Pour la qualité de l’air, pour la préservation de ce qui peut encore l’être face au changement climatique. La lutte contre l’exploitation à outrance des ressources fossiles au profit du développement d’énergie plus propres et renouvelables nous concerne: Ici et ailleurs, en Europe, en Afrique du Nord en Amérique latine.

Faisons le vœu que pour la suite de ce combat, les Président et Vice-Présidents de la Région Rhône-Alpes seront à nos côtés avec la même efficacité et la même détermination dont ils ont fait montre pour obtenir l’annulation du permis des Moussières.

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¤ ¤ ¤ Pourquoi avons-nous lutté contre ce permis: plus d’information ici  et lire également

Ni ici, ni ailleurs, ni aujourd’hui, ni demain!

LOGO_Collectifs Rhône-Alpes

bandeau-haut-bugey

(!) Info minute – Revue de Presse

Ça  urge ! Un amendement glissé par une poignée de sénateurs demande que soit procédé à l’inventaire des hydrocarbures non conventionnels en France.

gaz de schiste fracturation hydrauliqueCette idée qui ne figurait pas dans le texte examiné par les députés a été proposée dans un amendement lequel n’a jamais été déposé à la Commission des Affaires économiques du Sénat qui était en charge de préparer le texte pour l’examen au Sénat. Il a été déposé directement par un nombre de sénateurs le 10 février 2015 en séance plénière. Cet amendement sera donc examiné lorsque les sénateurs étudieront l’article 49 donc dans la semaine qui vient : Cette semaine du 15 février.

Au moment où ces lignes sont écrites les sénateurs en sont à l’examen de l’article 10. En fonction du rythme de leurs travaux et des débats, cet article 49 sera vraisemblablement étudié à partir de mercredi 18 février. Et puisque la majorité politique au Sénat est détenue par la droite, il est plus que probable que cet amendement à l’article 49 sera adopté.

C’est de toutes façons l’Assemblée Nationale qui aura le dernier mot

En revanche, si le Sénat et l’Assemblée Nationale en commission mixte ne parviennent pas à tomber d’accord sur le contenu du projet de loi, et notamment sur cet article,gaz de schiste empreinte et GES c’est de toute façon l’Assemblée Nationale qui, en dernier ressort, aura le dernier mot.

Mesdames messieurs les députés, chasser le principe de l’interdiction de la recherche et de l’exploitation des pétrole et gaz de schiste -adopté en 2011 par la grande porte- en faisant rentrer par la fenêtre ce projet d’inventaire ne serait pas digne de l’engagement pris devant le peuple suite aux fortes mobilisations contre ces projets mortifères.

« Faire l’inventaire », ça commencera par de la sismique, ça se poursuivra par des forages et des tests de production. Faire l’inventaire cela veut dire accorder des permis de recherche d’hydrocarbure. Accorder ces permis c’est ouvrir la possibilité de l’exploitation à court termes. Nous ne cessons de le répéter et les compagnies pétrolières ne cessent de le réclamer.

Mesdames et messieurs les sénateurs et députés, l’adoption de cet amendement entrainerait une perte de confiance supplémentaire du peuple vis-à-vis des élus. Il n’existe pas d’argument valable en faveur de ces projets de recherche d’hydrocarbures. L’adoption de ce projet placerait la France dans une position ridicule au moment où elle se prépare à accueillir la conférence internationale sur le climat.

J’écris à ma/mon sénateur/e avec ce modèle de courrier Leurs noms et adresses sont ici: http://www.senat.fr/senateurs/sencir.html  http://www.nossenateurs.fr/circonscription

► Je participe à la cyberaction « Recherche de gaz de schiste en France c’est toujours NON » sur Cyberacteur ici

(!) Info minute – Revue de Presse

Permis des Moussières: La société Celtique manipule un petit groupe d’habitants et tente l’acceptabilité sociale des forages pétroliers dans le Bugey. La propagande va bon train.

« Il ne suffit pas d’affirmer pour que cela devienne vérité ». C’est avec ces mots que la dernière lettre aux habitants éditée par le « Collectif pour le dynamisme économique du plateau d’Hauteville » introduit une nouvelle fois son plaidoyer pro forage pétrolier. Une lettre comportant quatre feuillets imprimés en couleur et adressée nommément (chacun reçoit la lettre imprimée à son nom dans une enveloppe expédiée par la poste) aux habitants du plateau d’Hauteville. Autant dire que ce « Collectif » dévoué à la cause du permis des Moussières et de Celtique met les moyens !

réponse stop gaz de schisteLes forages pétroliers en zone karstique : Contrairement à ce qu’affirme Celtique et ce « Collectif », les forages profonds en zone karstique sont risqués et même fortement déconseillés. C’est sur ce motif et celui du risque de pollution de l’eau que les services publics –c’est suffisamment rare pour le mentionner- ont rendu un avis défavorable à la demande de renouvellement du permis des Moussières. Suffit-il d’affirmer « c’est sans danger » pour que cela devienne vérité ?

réponse stop gaz de schisteLa rente annuelle : Il est étonnant de lire de la part de ce « collectif » qui relaye la communication de Celtique qu’il serait dommage de se priver de 235 000 Euros de rente annuelle alors que le représentant de Celtique –lors d’une réunion avec les élus en sous préfecture de Nantua le 14 décembre 2012- parlait de 50 000 Euros (en phase d’exploitation biensûr). Soit un écart de 1 à 5. Suffit-il d’affirmer pour que cela devienne vérité ?

refus des elus locaux permis des moussièresréponse stop gaz de schisteLa société Celtique affirme vouloir rencontrer les maires et se heurter à des fins de non-recevoir. Ceci est VRAI. Les maires ne souhaitent plus se laisser embobiner par la communication de cette société. Celtique a eu tout le loisir de présenter son projet aux maires, sénateurs et députés et ceci devant le représentant de l’État ainsi que la DDT, l’ARS et la DREAL en sous préfecture le 14 décembre 2012 donc après le vote et la mise en application de la loi interdisant le fracturation hydraulique … sans pour autant les convaincre du bien fondé du projet.

Comment ce « collectif », porte voix de Celtique, se disant responsable et intéressé par le « développement économique », peut-il traiter avec autant de dédain les élus locaux représentants de la communauté ?

réponse stop gaz de schistePire, dans sa lettre le « Collectif pour le dynamisme économique du plateau d’Hauteville  » affirme que Celtique serait « prête à rédiger une attattestation aux maires ! .......estation à l’attention du maire de la commune choisie stipulant qu’elle ne recherchera en aucun cas du gaz de schiste« ! Prend-on les gens pour des imbéciles avec ce genre de proposition bidon et sans aucune valeur? A-t-on aussi envisagé de payer des redevances avec des billets de Monopoly?

réponse stop gaz de schistePour le reste, le « Collectif pour le dynamisme économique du plateau d’Hauteville  » tente de prêter des dires aux « anti-forages » qui n’ont jamais affirmé que la source de la Moullaz avait été polluée par les hydrocarbures (mais bien par la boue de forage), ni que le permis des Moussières avait été annulé (même s’ils en réclament le non renouvellement). Celtique s’est bien vu refuser un permis de forage au Royaume Uni dans le West Sussex. L’exploitation du gisement de la Chandelière Nord nécessite une stimulation, ce qui en fait une exploitation « non conventionnelle » selon la définition donnée par l’OPECST dans son rapport largement alimenté par les experts français du pétrole. Quant à la volonté de chercher du gaz de schiste dans le massif du Jura (en France et en Suisse), elle est réelle chez Celtique et nous maintenons qu’une autorisation d’implantation d’un pétrolier aujourd’hui c’est l’ouverture à la recherche et l’exploitation de gaz de schiste demain.

réponse stop gaz de schisteFaire miroiter « un investissement de 10 Millions d’Euros sur le plateau » n’est que pure communication car la proportion d’un tel « investissement » -en termes clairs la dépense réelle- se traduisant en revenu pour les habitants serait maigre ou nulle. La réponse à cette propagande que fait tourner en boucle Celtique depuis février 2012 via la presse locale ou plus récemment à travers ce « collectif » qui défend des projets et une vision d’un autre âge, a déjà été faite ici. Alors en effet, « il ne suffit pas d’affirmer pour que cela devienne vérité ».

réponse stop gaz de schisteQuant aux témoignages de la société Antéa, ils ne sont pas neutres. Cette société ancienne filiale du Bureau de Recherches Géologiques et Minières (BRGM) produit les notices d’impact de nombreuses sociétés candidates à la recherche d’hydrocarbures liquides ou gazeux en France. La notice d’impact dans une demande de Permis Exclusif de Recherche d’Hydrocarbures liquides ou gazeux (PERH) doit démontrer que les risques liés aux travaux de recherches et d’exploitation sont minimum. En d’autres termes, les experts d’Antéa sont les « avocats » des sociétés de prospection pour lesquelles ils développent le plaidoyer technique nécessaire à l’obtention d’un permis.

Enfin, la démonstration a été faite à multiples reprises de la mobilisation de la population et des élus de toutes tendances contre ce projet. Cette société et son projet sont malvenus. Les services déconcentrés de l’État y sont opposés. Il serait temps que le gouvernement agisse et prononce définitivement le rejet de ce permis.

(!) Info minute – Revue de Presse

Article de Nordine Grim publié le 15.12.2014 sur le site du quotidien El Watan. Nous le reprenons avec l’aimable autorisation de la rédaction.

Depuis que le Conseil des ministres a donné son feu vert à l’exploitation du gaz de schiste dans le Sahara algérien, Sonatrach a entrepris avec une célérité déconcertante les premiers essais de compression à In Salah, où se trouve l’un des plus prometteurs gisements de gaz non conventionnel.

Si le test s’avère concluant, notamment au plan de l’importance des réserves, l’exploitation commerciale de ce puits pilote ne devraitLE PÉTROLE DE SCHISTE AMÉRICAIN RÉDUIT LA MARGE DE L'OPEP pas tarder à être engagée en même temps que l’exploration des gisements potentiels de Hassi Berkine, Gadamès, Timimoun, Reggane et Tindouf, desquels on prétend déjà tirer pas moins de 19 000 milliards de m3 de gaz. Cette précipitation est pour le moins troublante, et l’on se pose la question de savoir pourquoi dans ce contexte de chute vertigineuse des prix d’hydrocarbures l’Algérie s’entête à aller au pas de charge dans cette voie semée d’embûches, plutôt que vers celle, beaucoup plus aisée et gratifiante, des énergies renouvelables (énergie solaire, éolienne) dont le pays regorge.

Il n’échappe aujourd’hui à personne que c’est surtout la France, où l’exploitation du gaz de schiste est interdite, qui pousse l’Algérie à aller dans cette voie, gaz-de-schiste-algerienotamment depuis que la Russie avait menacé à la faveur de la crise ukrainienne de ne plus approvisionner l’Europe en gaz naturel. On se souvient que la première réaction de certains pays d’Europe, parmi lesquels la France, fut de relancer le projet de gazoduc sous-marin Galsi, en veillant à lui assurer les réserves dont l’Algérie risquait de manquer à terme en raison du déclin de sa production et de la consommation intérieure en constante augmentation. Le gaz de schiste avait vocation à pallier ce probable manque de réserves susceptible de nuire aux livraisons de gaz naturel au moyen du Galsi.

La France semble donc avoir eu gain de cause. Les autorités politiques, tout comme les dirigeants de Sonatrach, ont, depuis quelques mois, concentré toute leur énergie dans l’exploration et l’exploitation du gaz de schiste avec pour objectif de passer, dans les délais les plus courts possibles, à leur commercialisation. Les capitaux qui y seront engagés seront colossaux, à en croire le président de Sonatrach qui promet d’intensifier les investissements dans la filière, l’objectif étant d’atteindre au minimum 30 milliards de m3 à l’horizon 2025.

Mais, à l’excès d’optimisme des officiels algériens, on ne peut qu’opposer un sérieux doute quant à la mise en œuvre d’un projet aussi ambitieux dont l’Algérie, ni du reste la France qui l’a inspiré, n’ont pas du tout l’expérience, aujourd’hui détenue uniquement par les USA et le Canada. Au risque de très graves dangers pour les populations limitrophes et l’environnement, l’exploitation de gaz non conventionnel requiert une technologie et des moyens matériels que les Algériens n’ont pas et que les pays expérimentés ne seront disposés à leur fournir qu’au prix fort. Ce que l’Algérie n’oserait logiquement pas faire dans le contexte de forte baisse des prix des hydrocarbures qu’elle est en train de subir et subira sans doute durablement. A 60 dollars le baril de pétrole, est-il vraiment rentable de se lancer dans la production d’hydrocarbures non conventionnels dont le coût d’extraction dépasserait allègrement le prix commercial actuel.

Quid des énergies renouvelables ?

On s’interroge également sur le fait qu’une question aussi importante que l’exploitation d’hydrocarbures non conventionnels n’ait pas été examsolaireinée par le Conseil national de l’Énergie, ni même donné lieu à un débat parlementaire. Les experts concernés par la question n’ont, par ailleurs, jamais été consultés à en croire le témoignage de l’un d’entre eux. La décision a, de toute évidence, été prise en vase clos par le président de la République et quelques très proches conseillers, avec pour consigne de s’y atteler au plus tôt. Les moyens à déployer dans le cadre de ce périlleux projet et les conséquences négatives qui pourraient résulter de l’exploitation des puits de gaz non conventionnels sont renvoyées aux opérateurs chargés, chacun en ce qui le concerne, de mettre en œuvre cette directive.

Les moyens à mettre en œuvre seront, à l’évidence, très coûteux et à bien des égards peu efficaces compte tenu de notre manque d’expérience, les incidences sur l’environnement très fragile du sud algérien seront, à n’en pas douter, catastrophiques. Nonobstant les énormes quantités d’eau qui en seront pompées pour être injectées dans les roches qui renferment les hydrocarbures à extraire, la nappe phréatique, non renouvelable, pourrait subir d’irrémédiables contaminations occasionnées par divers produits toxiques. Les dégâts environnementaux occasionnés par l’exploitation du gaz de schiste n’est plus à démontrer, il suffit de visionner les nombreux reportages tournés à proximité des puits américains, canadiens et polonais pour s’en convaincre.

Au vu de tous ces risques majeurs que comporte l’exploitation des hydrocarbures non conventionnels, on se pose évidemment la question de savoir pourquoi le gouvernement algérien n’a pas opté pour ce qui paraît être un pari gagné d’avance et à moindre frais, celui des énergies renouvelables.  Le pays dispose pourtant d’atouts indéniables pour construire une industrie prospère de l’énergie renouvelable : un très vaste territoire ensoleillé plus de 15  heures par jour et de nombreuses régions traversées par des vents permanents (Djelfa, M’sila, Naâma, etc.).

De très vastes surfaces de panneaux solaires pourraient y être installées, de même que des milliers d’éoliennes. Contrairement à l’exploitation du gaz de schiste dont les Algériens n’ont aucune expérience, on peut se targuer d’en avoir au moins le minimum dans le domaine des énergies renouvelables et, notamment, l’énergie solaire. De grandes installations existent déjà dans le Sud algérien et de nombreux projets attendent d’être mis en chantier. On ne comprend cependant pas pourquoi le gouvernement algérien manifeste peu d’empressement à aller dans cette voie. Le rejet du projet Desertec et de nombreux autres programmes initiés par des opérateurs publics et privés algériens constitue un bon exemple de la frilosité des autorités algériennes à l’égard des énergies autres que fossiles. 

Nordine Grim

(!) Info minute – Revue de Presse

D’après info AFP -Washington – Les puits de pétrole et de gaz naturel abandonnés pourraient représenter une partie importante des émissions non prises en compte de méthane dans l’atmosphère aux États-Unis, un puissant gaz à effet de serre, selon une recherche effectuée en Pennsylvanie.

Des études précédentes ont estimé à environ trois millions le nombre de ces puits qui ne sont plus exploités sur l’ensemble du territoire américain. Ceux-ci puits orphelinspourraient représenter la deuxième plus importante source d’émissions de méthane du pays, des émissions jusqu’ici non comptabilisées par l’Agence américaine de protection de l’environnement (EPA).

Pour cette dernière recherche, les scientifiques dont Mary Kang, de l’Université de Princeton (New Jersey, est), ont effectué plusieurs dizaines de mesures directes des flux de méthane de 19 puits de pétrole et de gaz abandonnés en Pennsylvanie situés dans différents environnements (forestiers, marécageux, prairies et près de rivières) en juillet, août et octobre 2013 et en janvier 2014.

Les chercheurs ont constaté que tous ces puits émettaient du méthane, dont trois à des taux très élevés, trois fois plus importants que la moyenne de la totalité des puits où les émissions ont été mesurées.

En partant de l’hypothèse que les résultats de cette étude sont représentatifs de la situation de l’État, ces chercheurs estiment que les puits de brut et de gaz abandonnés pourraient compter pour 4 à 7% de toutes les sources de méthane résultant des activités humaines en Pennsylvanie (est).

Ces résultats suggèrent que l’on devrait sérieusement envisager de quantifier le méthane s’échappant des puits abandonnés surpuits l’ensemble des États-Unis car ce phénomène est peu connu, préconisent les auteurs dont les travaux paraissent dans les Comptes-rendus de l’académie des sciences (PNAS).

De plus, ces scientifiques relèvent que les puits examinés en Pennsylvanie datent au moins de 50 ans, ce qui laisse penser que ces émissions de méthane se produisent depuis de nombreuses décennies, peut-être même plus d’un siècle.

Ainsi, les flux cumulés de méthane provenant de ces vieux puits pourraient être beaucoup plus importants que les émissions liées aux fuites qui se produisent dans la production de pétrole et de gaz.

Avec la poursuite à un rythme élevé de l’accroissement de l’exploitation pétrolière et gazière aux États-Unis et dans le reste du monde, le nombre de puits abandonnés va continuer à augmenter, notent ces scientifiques.

Un meilleur recensement des émissions de méthane provenant des puits abandonnés permettra une meilleure compréhension de leur impact sur l’environnement ainsi que l’élaboration et la mise en œuvre de stratégies et de politiques efficaces pour le minimiser.

Nous ajoutons que:

  • d’autres études (lien ici) démontrent qu’il existe un volume très important de fuites non contrôlées de méthane dans l’exploitation des gaz de schiste.
  • la multiplication des forages nécessaires pour l’exploitation des gaz des schiste ainsi que leur abandon rapide -puisque la rentabilité est atteinte beaucoup plus rapidement de pour les réservoirs conventionnels- est un facteur de risque supplémentaire très élevé dans les pays exploitant le gaz de schiste.
  • Faute de solutions techniques économiquement rentables, les pratiques dans l’exploitation du pétrole de schiste en Amérique du Nord consistent à brûler le méthane (torchage voir les conclusions ici)

► La publication en anglais relative à cette étude est accessible ici (Document pdf de 131 pages)

 chantier pour exploitation hydrocarbures non conventionnel