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(!) Info minute – Revue de Presse

Les collectifs opposés à la recherche et l’exploitation des pétrole et gaz de schiste et de couche interpellent M. Nicolas Hulot ministre de la transition écologique et solidaire à propos du projet « gaz de couche », dans les bassins miniers du Nord de la France et de la Lorraine.

Lille le 9 juin 2017,

Monsieur le Ministre, en décembre 2015 au moment de la COP 21, vous déclariez : « …la cohérence est que l’humanité doit renoncer volontairement à 70-80% des énergies fossiles déjà connues qu’elle a sous les pieds » ; suite à la décision de M. Trump de se désengager des accords sur le climat, vous expliquiez sur Europe 1 : « On est sur le fil du rasoir, les choses se déterminent maintenant ».

Nous partageons évidemment ces constats. Il faut donc que la France soit exemplaire et n’autorise pas, sur son propre sol, la recherche de nouvelles énergies fossiles, surtout lorsqu’elles sont extrêmement polluantes. Puisqu’il faut en sortir, commençons dès aujourd’hui à trouver d’autres solutions ; plus nous tarderons, plus nous cumulerons de gaz à effet de serre dans l’atmosphère qui amplifient les dérèglements climatiques.

Alors, pourquoi continuer à renouveler ou à prolonger des permis de recherche d’hydrocarbures, comme ce fut encore le cas ces derniers mois (Permis du Valenciennois, Permis Attila (Meuse), Permis de Claracq…) ?

L’entreprise « la Française de l’énergie, (LFDE) », cotée en bourse depuis juin 2016, entend exploiter le gaz de couche. Le gaz de couche est le méthane emprisonné dans les couches profondes de charbon, il n’a pas vocation à alimenter l’effet de serre…

En Lorraine plusieurs forages ont été réalisés pour l’exploration, et 15 autres sont déjà prévus, pourquoi les autoriser ?

Notons que pour l’instant, le seul forage qui a permis une certification de ressource est celui de Folschviller qui a subi une fracturation hydraulique en 2008, au dire d’une salériée de l’entreprise dans la presse de l’époque. La technique innovante mise en place depuis l’interdiction de la fracturation hydraulique par la loi -forage horizontaux et stimulation du massif rocheux, avec moult produits chimiques (source : DREAL)- n’a pas permis de nouvelle certification de ressource sur les deux forages de Tritteling et Lachambre.

Dans le Nord/Pas-de-Calais, LFDE a racheté Gazonor (issue de Charbonnages de France), ce qui lui permet de tirer profit du gaz de mine, exploité depuis 1992. Bien sûr, il faut exploiter ce gaz qui s’accumule dans les galeries de mine. Mais produire de l’électricité avec un rendement de 37% nous apparaît comme un gaspillage de la ressource. Cette production d’électricité permet par ailleurs à cette entreprise d’avoir un tarif de rachat garanti, ce qui s’apparente à une subvention aux énergies fossiles, que vous avez, avec raison, décrié.

De plus, le gaz de mine est une ressource qui se renouvelle très lentement et LFDE prévoit d’ores et déjà des forages pour extraire du gaz de couche dans ce bassin minier (2 DAOTM pour l’instant mais beaucoup d’autres sont prévus).

L’opposition citoyenne à ces projets d’exploitation du gaz de couche se lève, contrairement à ce qu’affirme l’entreprise dans la communication à ses actionnaires : des marches sont organisées chaque mois en Lorraine et les réunions d’informations et actions se multiplient dans le Nord de la France.

Les opposants craignent, d’une part une pollution des nappes aquifères, (considérée comme un risque par l’entreprise : p46 du document de base qui a accompagné l’introduction en bourse) par le méthane ou par les produits chimiques utilisés ; d’autre part les mouvements de terrains dans ces sous-sols déjà déstructurés par l’exploitation du charbon. L’impact sur la faune est important, les plateformes de forage se situant au milieu des champs aux abords d’espaces boisés.

En Australie, où le gaz de couche est exploité, un député a récemment enflammé une rivière pour dénoncer la fracturation hydraulique utilisée et la pollution de l’eau par le méthane qui s’ensuit.

Et lorsque l’exploitation ne sera plus rentable, les puits fuiront comme c’est presque toujours le cas partout ailleurs où ce gaz est exploité : le gaz ira alors contribuer à l’effet de serre.

Tous ces dégâts potentiels pour une année de consommation française (5% par an sur 20 ans, estimé par l’entreprise) !

Les collectifs s’inquiètent aussi de la possible signature des accords de libre-échange entre le Canada et l’Union Européenne (CETA) qui nous conduirait immanquablement à l’exploitation des gaz de schiste et de couche, aux hydrocarbures de sables bitumineux et à leur importation sur le sol français. Nous ne comprenons pas non plus le développement des ports méthaniers comme Montoir ou Dunkerque (où arrive déjà du gaz de schiste américain) et des infrastructures liées au transport d’hydrocarbures (projet Eridan, notamment), qui engagent des milliards € dont nous aurons bien besoin pour les énergies renouvelables sur nos territoires.

Monsieur Hulot, vous avez soutenu les collectifs d’opposition aux gaz de schiste et de couche. En conséquence, nous comptons sur votre soutien, maintenant que vous avez l’opportunité d’agir. Ce n’est pas à une entreprise de décider de la politique énergétique de la France, à vous donc de mettre en œuvre votre souci de respecter les accords de Paris sur le climat. L’heure n’est plus à l’investissement dans les projets d’infrastructure liées à l’extraction ou au transport d’hydrocarbures ni aux subventions aux énergies fossiles.

Collectif Houille-ouille-ouille 59/62, Les grenouilles en colère, APPEL 57 Collectif de Lachambre, Stop gdhc d’alsace et de lorraine STOP Gaz De Couche 57, Stop GHRM 38, Nonaugazdeschiste91, Collectif taupes énervées 91, Collectif d’Anduze, Collectif Basta! Gaz Alès, Collectifs citoyen de Pézenas, Castelnau de Guers, Collectif du Céressou, Eco’lectif de Gignac, Collectif de Campagnan, St Pargoire, Collectif Touche pas à mon schiste, Collectif 07 SGHDS, Collectif Carmen, Association « stop aux gaz de schiste-Non al gas d’esquit-47, Collectif CAMIS’GAZ-permis plaine d’Alès, Collectif Roquedur-Le Vigan (30), Collectif de Valgor(07) Le Collectif Montpeyroux, Arboras, Collectif non au gaz de schiste Montélimar/Drôme Sud Collectif Hainaut 59 (permis Nord CAMBRAI),Collectif Hautes Cévennes (30) Collectif Auzonnet, Cèze et Ganière (30), Association Cèze et Ganière (07), Stop gaz de schiste 69, Non au gaz de schiste Pays de Savoie et de l’Ain, Collectif Non aux Gds31, Collectif Non aux forages d’hydrocarbures Haut-Bugey et Jura, Collectif Montpellier-Littoral, Les Dindons de la Farce, Collectif Causse Méjean : Gaz de schiste NON ! (48) Aniane 34, Collectif Stop gaz de schiste Florac (48) Collectif 32 Non au gaz de schiste, Collectif du pays fertois : Non au pétrole de schiste (77), Collectif ALDEAH, Collectif stop au gaz de schiste 83

(!) Info minute – Revue de Presse

Par Claude Taton publié sur son blog le 16/01/2016

La Commission des Affaires Économiques examinait pour avis, le 11 janvier, la proposition de loi portant adaptation du code minier au droit de l’environnement. La députée, Delphine Batho, y est intervenue en questionnant tout au long de la séance les insuffisances de ce texte et identifiant quels en étaient les enjeux.

Au cours de la première partie de la séance consacrée aux déclarations liminaires sur la proposition de loi, l’ancienne ministre de l’Écologie, Delphine Batho, n’a eu cesse de réaffirmer les principes généraux qui devraient, selon elle, être présents dans la modification du code minier.

– la conformité du droit minier aux principes constitutionnels de la Charte de l’Environnement et aux principes généraux du droit de l’environnement.

– la réaffirmation que c’est la démocratie qui doit décider ou pas de l’utilisation et de l’exploitation des ressources naturelles et non les multinationales

– conforter l’État dans son droit d’interdire clairement des techniques d’extraction et de décider de ne pas autoriser l’exploitation d’une ressource en se référant à l’Accord de Paris (COP 21)

– la sortie des énergies fossiles pour instaurer un modèle énergétique post-carbone.

– la prise en compte de la raréfaction des ressources naturelles disponibles en se tournant vers une économie circulaire afin de mettre fin à l’extractivisme

– l’instauration d’ une véritable participation du public en amont de tout processus décisionnel

– la sécurisation juridique des décisions de l’État pour que celles-ci ne soient pas contestées par les industriels.

Voir l’extrait de la vidéo concernant la première partie de son intervention :

En poursuivant ensuite son intervention sur des questions aussi essentielles que sont la participation du public aux décisions qui ont un impact sur l’environnement, le droit de suite qui permet d’accorder quasi automatiquement au détenteur d’un permis de recherches un permis d’exploitation, l’évaluation environnementale, l’abandon des énergies fossiles, l’extraction et la la raréfaction des ressources naturelles, elle a souligné les faiblesses et les imprécisions de ce texte qui manque d’ambition par rapport aux principes généraux énoncés ci-dessus.

Pour voir la totalité de la séance sur le site de l’Assemblée Nationale.

http://videos.assemblee-nationale.fr/video.4567661_58764a20ca60a.commission-des-affaires-economiques–adaptation-du-code-minier-au-droit-de-l-environnement-avis-11-janvier-2017?timecode=999803

L’examen du texte par la Commission des Affaires Économiques était la première étape du parcours législatif de cette proposition de loi qui sera examinée par la Commission du développement durable de l’Assemblée Nationale, les 17 et 18 janvier. Ensuite, elle sera débattue et soumise au vote des députés, en plénière, à l’Assemblée Nationale les 24 et 25 janvier, le gouvernement ayant engagé la procédure accélérée.

  • En savoir plus: ici
  • Interpeler son député: ici

(!) Info minute – Revue de Presse

De nombreux collectifs citoyens de part le Monde se sont unis pour adresser une lettre au gouvernement français, lui enjoignant de ne pas rendre son permis de recherche de gaz de schiste à TOTAL.

Courrier adressé :
au Gouvernement français,
à Madame Ségolène Royal, Ministre de l’Écologie du Développement durable et de l’Énergie

Objet : Ne rendez pas à Total le permis de Montélimar !

Madame la Ministre,

Nous menons activement campagne, partout dans le monde, contre le développement des hydrocarbures (tels que les pétrole et gaz de schiste, le tight gas, et le gaz en couche de charbon appelé aussi coal bed methane), des hydrocarbures extraits usuellement avec la technique de la fracturation hydraulique, plus connue sous le nom de fracking.

A l’échelle planétaire, les groupes et collectifs opposés au fracking font face aux mêmes problèmes et sont confrontés aux mêmes arguments spécieux – des arguments souvent sans fondement scientifique et peu fiables d’un point de vue économique.

C’est pourquoi nous sommes tous unis dans notre opposition au fracking, partageant le slogan du mouvement initié par les collectifs français opposés au pétrole et gaz de schiste et de couche et à la
fracturation hydraulique : « Ni ici, ni ailleurs ».

global-frackdown stop permis Montelimar gaz de schisteDepuis 2011 l’interdiction de la fracturation hydraulique en France est, pour nous, l’exemple phare. Et même si l’issue des négociations de la COP21, récemment tenue à Paris, aurait pu être plus prometteuse, nous espérons malgré tout que les dirigeants du monde ont enfin compris leur responsabilité au regard du climat, pour la planète et pour les générations futures.

Nous savons tous que pas plus d’un tiers des réserves prouvées en combustibles fossiles ne doit être consommé d’ici 2050 si l’on veut donner à la planète une chance de ne pas dépasser un réchauffement
post-industriel de 2°C. Dans le même temps, les climatologues affirment qu’un réchauffement de 1,5°C conduira déjà à des impacts intolérables, en particulier pour les pays du Sud (1).

De surcroît, environ 150 milliards de mètres cubes de gaz naturel sont torchés chaque année dans le monde, ce qui représente un gaspillage énorme de ressources naturelles et contribue, au sein des émissions globales de gaz à effet de serre, à l’émission d’une quantité équivalente à 400 millions de tonnes de CO2 (2).

Tant que les combustibles fossiles seront ainsi gaspillés, avec un impact aussi négatif tant pour l’économie mondiale que pour le climat, aucune exploitation d’hydrocarbures nécessitant l’usage de la fracturation hydraulique ne peut se justifier.

Chère Madame Royal, durant une session sur la politique énergétique, le 12 janvier dernier, vous avez exprimé devant l’Assemblée nationale votre volonté que la France n’accorde plus de permis à des compagnies intéressées à la poursuite d’explorations visant des combustibles fossiles. Vous avez soutenu : « Puisqu’il faut inciter les groupes industriels qui s’engagent dans ce type d’activité à réorienter leurs investissements vers la production d’énergies renouvelables ou vers la production de l’efficacité énergétique » (3) .

En décembre 2015, la firme américaine Schuepbach, qui avait annoncé vouloir utiliser lashale gas France stop permis Montelimar gaz de schiste fracturation hydraulique, a perdu, contre l’État français l’action juridique menée pour récupérer ses Permis exclusifs de recherche d’hydrocarbures (PERH) dans le sud de la France (4).

C’est pourquoi nous vous demandons de rester ferme et fidèle à vos propos, de rejeter la possibilité de restituer à Total le permis de Montélimar, et d’interdire de manière définitive toute exploration et exploitation d’hydrocarbures non-conventionnels en France (5).

Nous, signataires de ce courrier, demeurons, ensemble, solidaires avec les groupes et collectifs français qui s’opposent à l’exploitation des hydrocarbures non-conventionnels et à la fracturation hydraulique, pour un monde libéré du fracking ! « Ni ici, ni ailleurs » est la devise qui nous unit.

Nous vous prions de recevoir, Madame la Ministre, nos respectueuses salutations.

(1) J. Hansen, M. Sato, P. Hearty, R. Ruedy, M. Kelley, V. Masson-Delmotte, G. Russell, G. Tselioudis, J. Cao, E. Rignot, I. Velicogna, E. Kandiano, K. von Schuckmann, P. Kharecha, A. N. Legrande, M. Bauer, and K.-W. Lo : Ice melt, sea level rise and superstorms : evidence from paleoclimate data, climate modeling, and modern observations that global warming is highly dangerous, Discussion Paper, in : Atmos. Chem. Phys. Discuss., 15, 20059–20179, 2015

(2) GE-study “Flare Gas Reduction” Link :http://www.ge-spark.com/spark/resources/whitepapers/Flare_Gas_Reduction.pdf

(3) Article « Hydrocarbures conventionnels : plus de permis de recherches en France (Royal) ». Link : http://www.lefigaro.fr/flash-eco/2016/01/12/97002-20160112FILWWW00406-hydrocarbures-conventionnels-plus-de-permis-de-recherches-en-france-royal.php

(4) Article « Ruling : France Will Remain Fracking Free ». Link : http://www.naturalgaseurope.com/france-fracking-free-shale-gas-schuepbach

(5) Article « French anti-Fracking Groups Call for Protest Feb 28 ». Link : http://www.naturalgaseurope.com/france-anti-fracking-groups-call-for-demonstration-on-february-28-27651

Signataires :
1. Andy Gheorghiu Consulting, Germany, 2. BI lebenswertes Korbach e.V., Germany, 3. Friends of the Earth Europe; 4. Ecologistas en Acción, Spain; 5. Energy Watch Group, Germany; 6. Food & Water Europe; 7. Ecologistas en Acción de La Rioja, Spain; 8. IG Schönes Lünne, Germany; 9. BI frackingfreies Auenland, Germany; 10. Collectif Stop Gaz de Schiste in Anduze, France; 11. Citizens for Clean Water, Susquehanna County, Pa., USA; 12. Fairmont, Minnesota Peace Group, USA; 13. Little Lakes Sustainability Network, New York State, USA; 14. Frack Free Somerset, UK: 15. KIFF (Keep Ireland Frack Free), Ireland; 16. BI gegen Gasbohren Kleve, Germany; 17. Ecologistas en Accion Palencia, Spain; 18. No fracking in Balcombe Society (No FiBS), UK; 19. Berks Gas Truth, Pennsylvania, USA; 20. Stichting Schaliegasvrij Nederland, Netherlands; 21. Frack Free Sussex, UK; 22. Brighton Action Against Fracking, UK; 23. BI Gemeinsam gegen Gas- und Probebohrungen am Niederrhein, Germany; 24. Ecology Party of Florida, USA; 25. Earth Care, Santa Fe, USA; 26. Fracking Free Clare, Ireland; 27. Food & Water Watch, USA; 28. Denver Catholic Network, USA; 29. BI Saubere Umwelt und Energie Altmark, Germany; 30. Earth Ethics Inc., USA; 31. Don’t Frack Florida, USA; 32. Frack Free Genesee, New York State, USA; 33. National Toxics Network Inc., Australia; 34. FreshWater Accountability Project, USA;35. SouthEastern Communities Against Pollution (SECAP), USA; 36. Ecologistas en Acción Cantabria, Spain;37. Ecologistas en Acción Palencia, Spain; 38. No Fracking France
39. Roseacre Awareness Group, UK; 40. BI gegen CO2-Endlager e.V., Germany;41. We Are Seneca Lake, USA; 42. New Brunswick Anti-Shale Gas Alliance (NBASGA), Canada; 43. Idaho Concerned Area Residents for the Environment (ICARE), USA; 44. Wall of Women Colorado, USA; 45. Center for Human Rights and Environment (CHRE); 46. Fracking Free Bulgaria; 47. Sustainable Tompkins, Ithaca, USA;48. România Fără Ei, Romania;49. Collectif de Barjac, France; 50. Intercollectif Gardechois du permis du bassin d’Ales, France; 51. Agora for Life, Belgium/Romania; 52. Bürgerinitiative Gesundheit und Klimaschutz Unterelbe, Germany; 53. Aktionsgruppe frackingfreie Probstei, Germany; 54. Stop aux gaz de schiste – Non al gas d’esquit 47, France;55. Mouvement politique des objecteurs de croissance, Belgium; 56. Bürgerinitiative Fracking Freies Hamburg, Germany; 57. Frack Free Wales, UK; 58. Foundation for Environment and Agriculture, Bulgaria; 59. Fracking Free Ireland;60. Allianza Mexicana contra del Fracking, Mexico;61. Residents Action on Fylde Fracking (RAFF), UK; 62. United for Action, NY, USA; 63. Science & Environmental Health Network, USA; 64. BI Kein Fracking in der Heide, Germany; 65. Umweltinstitut München e.V., Germany; 66. Frack Free Chew Valley, UK; 67. Food Shed Productions, USA; 68. 350 Kishwaukee, Illinois, USA; 69. Ecologistas en Acción de la Región Murciana, Spain; 70. Amigos de la Tierra España, Spain; 71. Fracking freies Hessen, Germany; 72. BI « Stoppt Fracking im Großraum Kiel », Germany; 73. BI Angeliter Bohren Nach, Germany; 74. BI kein-frack-in-wf, Germany; 75. Villagers Against Drilling (Llantrithyd Residents’ Association), Wales, UK; 76. The Vale Says No, Wales, UK; 77. Fís NUA, Ireland; 78. Plataforma Interamericana de Derechos Humanos, Democracia y Desarrollo (PIDHDD Regional), Ecuador; 79. Centro de Documentación en Derechos Humanos « Segundo Montes Mozo S.J. » (CSMM), Ecuador; 80. Women’s International League for Peace & Freedom, USA; 81. Alliance for Democracy, USA; 82. Interessengemeinschaft Gegen Gasbohren Hamminkeln /Niederrhein, Germany; 83. Coalition to Protect New York, USA; 84. FrackBusters, NY, USA; 85. Save S-VE (Spencer-Van-Etten), USA; 86. Bürgerinitiative Umweltschutz Lüchow-Dannenberg, Germany; 87. Plataforma Ciudadana Zaragoza sin Fractura, Spain; 88. Mişcarea de rezistenţă Pungeşti, Romania; 89. CatholicNetwork.US, USA; 90. Sisters of St Francis of Philadelphia, USA; 91. Citizens United for Renewable Energy (CURE), USA
92. Pastoral Social de la diócesis del Alto Valle de Rio Negro, Argentina; 93. Asamblea anti-Fracking de las Merindades y Norte de Burgos, Spain; 94. Friends of the Earth Scotland; 95. Concerned Chippewa Citizens, Wisconsin, USA; 96. Frac Sand Sentinel, USA; 97. Asia Pacific Forum on Women, Law and Development (APWLD)

(!) Info minute – Revue de Presse

Pour qu’une énergie dite « de transition » soit intéressante pour assurer le passage aux énergies propres et recyclables, elle doit être relativement abondante, moins émettrice de gaz à effet de serre (GES) que les énergies fossiles, ne pas nécessiter d’investissements supplémentaires trop lourds (supérieur à celui requis pour la poursuite de l’exploitation des énergies fossiles) et avoir une disponibilité et un rendement comparable aux énergies fossiles dominantes actuelles : le charbon, le pétrole et l’uranium . Au moment où les entreprises énergétiques du fossile font le forcing auprès des dirigeants européens et plus largement auprès des représentants participants à la conférence mondiale sur le climat (COP21), rétablissons quelques vérités.

  • Les réserves européennes sont très insuffisantes, c’est que qu’affirme le Conseil consultatif des académies des sciences européennes (EASAC).
  • Le gaz de schiste est un puissant gaz à effet de serre contribuant à court terme au réchauffement climatique. Son exploitation génère des fuites de Méthane, gaz a effet de serre entre 75 et 105 fois plus important que le CO² renforcée par la multiplicité des forages nécessaires en comparaison de l’exploitation des gisements conventionnels.
  • L’exploitation du gaz de schiste nécessiterait un investissement très coûteux qui priverait l’investissement dans des solutions renouvelables et plus propres, et repousserait d’autant la mise en œuvre de solutions énergétiques durables et compétitives.
  • Le prix anormalement bas aux États Unis provient du fait que la production est très supérieure à la capacité absorption intérieure et que la loi interdit -pour le moment- l’exportation des hydrocarbures. Paradoxalement (et malgré l’affirmation selon laquelle les pétrole et gaz de schiste c’est l’« indépendance énergétique » , les importations d’hydrocarbures continuent d’y représenter une portion très importante de leur consommation énergétique. Ceci est vérifié par le mouvement de désinvestissement qui a déjà commencé et s’accélère face à la pression mise par l’Arabie Saoudite.
  • Si une partie de cette production, sous la pression du lobby pétrolier, était finalement exportée elle serait soumise à une infrastructure lourde et inexistante actuellement de GNL export, demandant de nouveaux investissements considérables qui ne permettraient certainement pas le maintien de prix aussi bas .
  • Les gisements de gaz de schiste produisent pour de courtes périodes, le déclin rapide de la production nécessite la multiplication des opérations de fracturation et rend l’exploitation rapidement non rentable. Extraits du rapport du Post Carbon Institute : … « La productivité des puits de quatre des sept bassins de gaz de schiste est déjà en chute irréversible : les schistes de Haynesville, les schistes de Fayetteville, les schistes de Woodford et les schistes Barnett. La baisse moyenne de production sur trois ans pour les sept bassins de gaz de schiste mesurés pour le rapport était d’entre 74 et 82%. La baisse annuelle moyenne de la production dans les sept bassins de gaz de schiste mesurés pour le rapport est d’entre 23 et 49%. Ce qui veut dire : entre un quart et la moitié de toute la production de chaque bassin doit être remplacé chaque année juste pour continuer à tourner au même rythme avec l’obligation de forer sans arrêt et d’ extraire la même quantité de gaz de la terre. » Les conclusions de l’auteur du rapport( J. David Hughes, membre associé de l’Institut Post Carbon,) sont très différentes des projections optimistes publiées par l’EIA, sous-unité statistique du Département américain de l’Energie. Hughes a écrit, dans le résumé exécutif du rapport : « La baisse de production des gisements de Bakken et d’Eagle Ford les plus importants pour l’huile et le gaz, est de 45% et 38% par an respectivement. Voilà la quantité qui doit être remplacée tous les ans grâce à d’autres forages, pour simplement maintenir la production au niveau actuel. »
  • La production de gaz de schiste est elle-même grande consommatrice d’énergie et précisément d’hydrocarbures (production de l’énergie nécessaire au transport et à l’installation des tours de forage puis à la mise en œuvre des forages, aux opérations de fracturation, à la production et au transport des matériaux nécessaires à la fracturation (matériaux de soutènement tels que le sables, adjuvants chimiques, eau) retraitement des boues de forages et de l’eau contaminée, transport des hydrocarbures…
  • La transition vise aussi à préserver des ressources comme l’eau, l’exploitation des hydrocarbures en génère une grande consommation. Cet usage industriel de l’eau ne doit pas entrer en conflit avec l’approvisionnement d’eau pour l’homme ou l’agriculture
  • La transition vers un modèle durable suppose de préserver des réserves qui pourront peut-être profiter aux générations futures pour des activités spécifiques destinées à d’autres fonctions que la production d’énergie.
  • La spécificité de l’exploitation par la mise en œuvre de nombreux forages – et dont on sait que la rentabilité est extrêmement courte, supposerait de convaincre les populations dont on souhaite obtenir l’accord.
  • Les forages lorsqu’ils ne sont plus rentables seront rebouchés constituant de possible « bombes à retardement » dont les conséquences seront à la charge des populations riveraines et contribuables. A termes les fissures provoquées par les opérations de fracturation hydraulique sur ces puits devenus « orphelins » pourront laisser échapper le méthane dans l’eau ou l’atmosphère sans que ces fuites ne soient contrôlables (lire ici, ici et ). La qualité et la durabilité de la cimentations (lire ici) des puits de forage n’est pas maîtrisable et présente des risques de fuites fugitives qui pourront apparaître bien des années après la fin de l’exploitation … et le désengagement total de la responsabilité sociétale et environnementale des entreprises.

Marcellus déclin de productionplus ya de trous moins ya de fromage

(!) Info minute – Revue de Presse

Malgré l’état d’urgence, la préfecture de Moselle a décidé de ne pas interdire la manifestation contre les gaz de couche en Moselle-Est qui aura donc bien lieu :  RDV le Mercredi 02 décembre 2015 à 14h à Metz (rdv colonne Merten – en Face de la République, à l’entrée Serpenoise)

Après plusieurs tentatives infructueuses de forages en Moselle Est, à Diebling et Folschviller, l’entreprise EGL/Française de l’Energie s’obstine : Trois enquêtes publiques sont en cours. (voir communiqué de presse du 14 octobre 2015)

L’entreprise australienne « EGL » alias « Française de l’Energie » déclare** qu’elle utilise un procédé d’extraction qui ne fait pas intervenir la fracturation hydraulique. gaz de couche non merciMais ces demandes d’autorisations successives malgré l’absence de résultat laissent présager le pire en cas de revirement législatif vis à vis de l’interdiction de ce procédé dangereux pour les nappes d’eau.

Voir la vidéo : « Octobre 2015 – Gaz de houille en Lorraine. Fracturation hydraulique et stimulation ? Le consultant d’EGL/Française de l’Energie s’embrouille face au conseil municipal de Longeville »

A l’heure de la COP21, alors que tous les conseils municipaux (Longeville, Zimming, Lachambre) consultés dans le cadre de l’enquête publique en cours viennent de voter contre le projet, alors que les forages précédents (Freybouse, Tritteling, Redlach, Pontpierre et Loupershouse) ont été autorisés en 2012 sans enquête publique bien qu’elle était nécessaire, alors que les commissaires enquêteurs ont refusé de prolonger ces enquêtes malgré les nombreuses questions restées sans réponse…

Venez tous dire votre indignation et soutenir le collectif local contre les gaz de houille qui organise cette manifestation le mercredi 02 décembre 2015 à 14h à Metz (rdv colonne Merten – en face de la République, à l’entrée de la rue Serpenoise).

Gaz et pétrole de schiste ou de houille Ni ici Ni Ailleurs!

Notes : **

Dans ce document officiel à destination du ministère de l’environnement, EGL affirme en conclusion que : « La fracturation hydraulique n’a pas été utilisée dans les travaux conduits par la Compagnie, et les plans de travail qui seraient mis en place sur le permis de Bleue Lorraine Nord ne considèrent pas l’utilisation de cette technique. » Ces affirmations incluent les forages réalisés en 2006 et 2008 (Diebling/Folschviller) par la compagnie.

Rapporté dans cet article de presse on peut lire (2008) : « « Nous utilisons des techniques de forage horizontales et de fracturation », explique la géologue Virginie Poirier. « Celles-ci consistent à faire craquer la couche de charbon pour libérer le gaz et permettre la migration du méthane vers la surface », précise-t-elle. »

Et là (2006) : « « Si les résultats sont probants – ce dont nous ne doutons pas -, nous engagerons l’exploitation en utilisant les techniques de forages horizontaux et de fracturation pour optimiser la migration du méthane », explique Gilbert Clark. »

Lors d’une réunion au conseil municipal.(cf video vers 22:30) M.Sutter, consultant EGL a réaffirmé qu’il n’y avait pas eu recours à des fracturation dans le cadre des travaux d’exploration de gaz de houille menés par EGL. Selon lui « La fracturation, dans les charbons Lorrains ne marche pas, je l’ai pratiqué au houillères, à Merlebach et à la Houve. On injectait…des trous…aussitôt..on arrivait à augmenter un peu la taille des fissures, aussitôt qu’on relâchait la pression les fissures…se refermaient, ça ne marche pas dans le charbon Lorrain. »

(!) Info minute – Revue de Presse
Par Olivier Petit Jean emprunté au site de l’observatoire des multinationales

Pour la COP21, Engie (ex GDF Suez) s’est lancée dans une campagne de communication de grande ampleur pour mettre en scène sa conversion à la cause du climat et de la transition énergétique. Le géant français a aussi annoncé qu’il renonçait à tout nouveau projet de centrale au charbon. Mais les militants du climat ne sont pas du tout convaincus. À preuve : la nomination d’Engie au prix Pinocchio du climat. Décryptage.

Aucune entreprise n’a autant misé qu’Engie sur la Conférence climat de Paris, qui doit s’ouvrir dans quelques jours. Sponsor officiel du Sommet, ainsi que de plusieursmultinationaleorg engie COP21 greenwashing événements connexes comme Solutions COP21, le géant français de l’énergie a lancé une grande campagne de communication pour vanter ses investissements dans les énergies vertes et se poser en « leader européen de la transition énergétique ». Ses dirigeants s’affichent aux côtés de Laurent Fabius et Ségolène Royal, et ne manquent pas une occasion de poser en défenseur du climat au sein des milieux économiques, et auprès de leurs employés. Engie a même fini par annoncer, il y a quelques semaines, l’abandon de tout nouveau projet de centrale à charbon, et en particulier de deux projets contestés par les ONG environnementalistes en Afrique du Sud et en Turquie.

Tout ceci, pourtant, ne semble pas suffire aux Amis de la terre et aux autres associations impliquées dans les « prix Pinocchio du climat », qui ont nominé une nouvelle fois Engie cette année, dans la catégorie « Greenwashing ». Pourquoi une telle défiance face à l’offensive verte de l’entreprise ? À vrai dire, les raisons ne manquent pas : il y en a au moins dix.

1. Les dirigeants d’Engie disent exactement le contraire de ce qu’ils disaient il y a quelques mois.

La conversion d’Engie à la cause de la transition énergétique est récente et particulièrement abrupte, puisqu’il y a quelques mois encore, le PDG de l’entreprise Gérard Mestrallet ne s’affichait pas en leader de la transition énergétique, mais en leader d’une « croisade » contre les énergies renouvelables en Europe, au motif que celles-ci portaient atteinte à la compétitivité des centrales au gaz et au charbon [1]. « J’ai été le premier, en mai 2013, à alerter [la Commission européenne] et à dire qu’on était allé trop vite et trop loin sur les renouvelables », se vantait-il au Monde.

Avec les PDG des autres géants européens de l’énergie, Gérard Mestrallet défendait alors une politique alternative : augmenter le prix du carbone, réduire les aides publiques aux énergies renouvelables afin de restaurer la compétitivité du gaz, soutenir la construction de gazoducs et de terminaux méthaniers, et lever tout obstacle à l’exploitation des gaz de schiste en Europe. Le lobbying d’Engie et de ses homologues européens a largement contribué à l’abandon par l’Union de tout objectif ambitieux et contraignant en matière d’énergies renouvelables et d’efficacité énergétique.

2. La « transformation » d’Engie est une opération de communication soigneusement organisée, avec peu de substance.

Le changement de nom de l’entreprise, de GDF Suez à Engie, au début de l’année, puis la campagne de communication actuelle à l’occasion de la COP21, ont été soigneusement orchestrés voici plusieurs mois avec des communicants. Engie s’affiche comme une entreprise totalement différente, mais elle n’a pas changé grand-chose concrètement à ses activités, ni à son mix énergétique. Pour les syndicats français, le but de la restructuration annoncée cette année est surtout de faire des économies et de supprimer des emplois. « De réforme en réforme, le principal objectif assigné à l’Europe et à la France, c’est de faire des économies », avait alors dénoncé la CGT, qui évoquait la perte de 3000 emplois dans le groupe [2].

3. Engie reste très impliquée dans le secteur du charbon.

Illustration de la conversion très récente d’Engie à la cause environnementale : l’entreprise vient d’ajouter plusieurs centrales à charbon flambant neuves à son portefeuille, notamment en Allemagne et aux Pays-Bas. En tout, selon un rapport des Amis de la terre et d’Oxfam France, Engie possède une flotte de 30 centrales au charbon dans le monde, laquelle émet 81 millions de tonnes de carbone dans l’atmosphère chaque année – l’équivalent de la consommation d’énergie des Philippines, un pays de 100 millions d’habitants.

Le charbon est la principale source globale de gaz à effet de serre. Outre son impact sur le climat, son extraction et sa combustion entraînent également une grave pollution de l’air et de l’eau, avec des conséquences souvent dramatiques pour les riverains des mines et des centrales. Le parc d’Engie a également été identifié comme le plus inefficient au monde, après deux petites firmes indiennes, en termes d’émissions de gaz à effet de serre, de pollution de l’air et d’utilisation de l’eau (lire cet article).

D’autres projets de centrales au charbon d’Engie en cours de construction, (comme à Safi au Maroc) ou en projet (comme en Mongolie ou au Brésil) ne semblent pas remis en cause.

4. La sortie d’Engie du charbon a des raisons économiques autant qu’environnementales.

Tout le secteur du charbon traverse actuellement une crise profonde, qui s’explique en partie par le pari manqué de nombreux industriels et acteurs financiers sur un boom ininterrompu des pays émergents et sur le fait que ces pays continueraient à privilégier le charbon. Pari qui était aussi jusqu’il y a quelques mois celui d’Engie.

L’entreprise française n’envisage d’ailleurs pas de fermer ses centrales à charbon existantes dans des conditions décentes pour les travailleurs et les riverains. Elle n’envisage que de les céder à d’autres. Les centrales indiennes (acquises il y a quelques mois à peine), australiennes et indonésiennes seraient sur la liste des cessions envisagées, mais Engie peine à trouver des repreneurs.

En cédant certaines de ses centrales, Engie se débarrasserait aussi opportunément de certains passifs juridiques, comme en Australie, où elle est sous la menace de poursuites au pénal suite à un incendie désastreux dans sa mine et centrale de charbon de Hazelwood en 2014. Sa centrale de Vado Ligure en Italie a été fermée par la justice, et plusieurs dirigeants locaux d’Engie sont sous le coup de poursuites pour leur contribution à un « désastre environnemental ».

5. Remplacer le charbon par du gaz (de schiste) est un jeu de dupes pour le climat.

Malgré ses publicités sur les énergies renouvelables, le scénario privilégié par Engie comme par toute l’industrie des hydrocarbures est celui d’un remplacement des centrales électriques au charbon par des centrales au gaz. Le gaz est ainsi présenté comme une énergie « propre » indispensable à la transition énergétique. Ou, comme l’affirme le site web d’Engie : « De combustion bien moins polluante que l’équivalent charbon ou fuel lourd, le gaz naturel est un choix idéal pour une production énergétique plus respectueuse de l’environnement. »

En réalité, non seulement le gaz demeure une énergie fossile source d’émissions de dioxyde de carbone, mais certaines formes de gaz – notamment le gaz de schiste et les autres gaz dits « non conventionnels » extraits au moyen de la fracturation hydraulique – sont probablement tout aussi nocives pour le climat que le charbon. Le recours à la fracturation hydraulique entraîne en effet des risques accrus de fissuration des puits de forage, avec pour résultat des fuites importantes dans l’atmosphère de méthane, un gaz 84 fois pire pour le climat que le dioxyde de carbone.

Engie est impliquée dans le gaz de schiste au Brésil et au Royaume-Uni. Elle a aussi récemment signé un contrat d’approvisionnement auprès de la firme Cheniere, de sorte que les usagers français consommeront bientôt du gaz de schiste américain (lire cet article).

6. Engie est aussi lourdement impliquée dans les autres énergies fossiles.

Engie est également directement impliquée dans l’extraction de pétrole et de gaz. À ses opérations historiques en Europe du Nord (Pays-Bas, Royaume-Uni, Norvège) s’ajoutent désormais des projets extractifs menés en partenariat avec un fonds souverain chinois en Indonésie, en Malaisie, en Algérie, au Qatar, au Brésil et même dans l’Arctique !

Selon les calculs de Fossil Free Indexes, Engie détient des réserves de pétrole et de gaz qui, si elles étaient extraites, entraîneraient l’émission de 155 millions de tonnes de carbone supplémentaires dans l’atmosphère, ce qui en fait l’une des 100 premières entreprises mondiales en termes de réserves prouvées de pétrole et de gaz.

7. Les énergies « vertes » dont se prévaut Engie sont souvent problématiques.

Au titre de son engagement dans les énergies renouvelables, Engie cite ses investissements dans les grands barrages et la biomasse. Or les grands barrages sont très contestés en raison de leurs impacts sociaux et environnementaux. Leurs bénéfices pour le climat sont également à relativiser dans la mesure où les grands barrages en zone tropicale entraînent des émissions de méthane, du fait de la décomposition de la végétation dans l’eau. Le barrage de Jirau construit par Engie en Amazonie brésilienne en constitue un exemple particulièrement saisissant puisqu’il a été associé – pour ne parler que des conséquences à court terme, seules connues à ce jour – à des déplacements forcés de tribus indigènes non contactées, à une augmentation de la criminalité et de la déforestation dans la région, à la disparition des poissons pêchés traditionnellement dans la région, à des inondations désastreuses en 2014, à des cas de travail esclave et à deux grandes émeutes ouvrières sur son chantier.

Quant à la biomasse – le bois -, elle est de plus en plus brûlée (comme les déchets) dans les centrales électriques européennes en complément du charbon, ce qui permet de justifier la prolongation de leur existence. Comme la classification de la biomasse comme énergie verte par l’Union européenne ne s’accompagne pas des garde-fous nécessaires, la demande croissante de biomasse du vieux continent commence à faire sentir ses effets négatifs sur les forêts européennes, mais aussi nord-américaines.

8. Les activités d’Engie dans l’éolien et le solaire proviennent du rachat d’entreprises plus petites plutôt que de développements propres.

Engie détient des actifs dans le solaire et dans l’éolien, mais il s’agit d’acquisitions récentes d’entreprises plus petites. Engie a ainsi acquis opportunément en juillet dernier l’entreprise Solairedirect, ce qui lui a permis de se poser immédiatement en leader français du solaire, et d’inaugurer en grande pompe un parc solaire en septembre en Corrèze en présence de François Hollande.

Il y a quelques années, Engie avait acquis similairement la Compagnie du Vent pour répondre aux appels d’offres français dans le domaine de l’éolien offshore. Une opération qui a fini par occasionner un conflit judiciaire entre Engie et le fondateur et ancien président de la Compagnie du Vent, lequel a remporté deux de ses procès contre le géant de l ’énergie. Une enquête pour corruption a également été ouverte dans ce cadre.

9/ La filiale d’ « efficacité énergétique » d’Engie, Cofely, fait en réalité beaucoup d’autres choses.

Les dirigeants d’Engie évoquent volontiers les activités de leur filiale Cofely dans les « services énergétiques », qui consistent à conseiller des collectivités locales ou d’autres organisations publiques et privées pour les aider à mieux gérer leur utilisation
d’énergie, afin de réduire à la fois leurs factures et leurs émissions de gaz à
effet de serre. Mais peut-on vraiment à la fois vendre de l’énergie d’un côté et se voir confier de l’autre l’essentiel de l’effort de réduction de nos consommations énergétiques ? Une enquête de Mediapart a mis en lumière plusieurs exemples où Cofely avait joué un rôle ambigu, contribuant à réduire les objectifs d’économies d’énergie initialement requis par les collectivités. Il y a quelques mois, la presse évoquait un litige opposant une petite ville de l’Essonne à Engie, qui lui réclamait plusieurs milliers d’euros pour n’avoir pas suffisamment consommé de gaz...

Par ailleurs, Cofely a bien d’autres activités sur lesquelles Engie s’étend peu et qui n’ont rien à voir avec l’efficacité énergétique, comme les caméras de vidéosurveillance, la protection incendie, la gestion d’équipements et les services collectifs, ou encore l’éclairage public.

10/ Le modèle financier d’Engie a-t-il changé ?

Ces trois dernières années, Engie a distribué dix milliards d’euros de dividendes, soit deux fois plus que ses profits sur la même période. Ce chiffre en dit long sur la réalité de l’entreprise, qui reste un conglomérat d’entreprises privatisées (dont Gaz de France ou l’opérateur belge Electrabel) et qui paraît – au contraire sans doute d’EDF ou de Total – gouvernée par une logique plus financière qu’industrielle. Qu’il s’agisse de la reprise des anciens services publics français et belge ou désormais de projets d’énergies renouvelables abondamment soutenus par les pouvoirs publics, comme les grands projets d’éolien offshore, la stratégie d’Engie repose-t-elle sur autre chose que l’accaparement de « rentes » énergétiques, abondées en dernière instance par les pouvoirs publics, les citoyens et les usagers ?

Les votes pour le prix Pinocchio du climat sont ouverts jusqu’au 2 décembre.

- Sauf mention contraire, toutes les informations de cet article sont issues du « contre-rapport annuel » de l’Observatoire des multinationales sur Engie

[1] Voir ici.
[2] Voir aussi ici.

(!) Info minute – Revue de Presse
Article d’Olivier Petit Jean publié sur le site de l’observatoire des multinationales

Face au changement climatique – dont elle n’admet encore la réalité qu’avec une certaine réticence [1] -, la firme pétrolière américaine Chevron a déjà trouvé la solution idéale (pour elle) : le gaz de schiste. Et elle n’hésite pas à l’imposer par tous les moyens à sa disposition. En témoignent ses pratiques agressives en Argentine, qui lui valent une nomination aux « prix Pinocchio du climat ».

Aux États-Unis et même parfois en Europe, l’industrie pétrolière vante le gaz de schiste comme une « énergie de transition » permettant à nos économies de se défairemultinationaleorg gaz de schiste argentine chevron de leur dépendance envers les énergies fossiles plus sales, comme le charbon. Or cet argument – volontiers mis en avant par une entreprise comme Chevron lorsqu’elle se trouve interpellée sur sa responsabilité climatique – est largement discrédité. De nombreuses études scientifiques suggèrent que le gaz de schiste pourrait être tout aussi nocif pour le climat que le charbon, en raison des fuites accrues de méthane – un gaz 84 fois plus puissant dans l’atmosphère que le dioxyde de carbone [2].

L’Argentine est le seul pays du monde en dehors de l’Amérique du Nord où Chevron ait pour l’instant réussi à imposer sa vision du défi climatique. En Europe de l’Est, ses velléités de développer le gaz de schiste ont fait long feu. La firme pétrolière a dû abandonner ses concessions en Pologne, Roumanie et Ukraine les unes après les autres au cours des derniers mois du fait de forages décevants. En Argentine, en revanche, Chevron est en première lignée de la ruée des multinationales (comme Total et Shell [3]) sur la province de Neuquén, en Patagonie. Elle a été la première à obtenir une concession avec l’entreprise nationalisée YPF en 2013 et s’est accaparée les gisements les plus prometteurs.

Chantage à l’investissement

En brandissant la promesse d’un investissement de plusieurs milliards de dollars dans le pays. Chevron a aussi réussi à convaincre les autorités argentines de lui accorder des conditions d’exploitation et un régime fiscal extrêmement favorables. La firme a même obtenu la mise en place d’un mécanisme de résolution des litiges État-investisseurs sur mesure, proche de ce qui est souhaité dans le cadre du projet de traité de libre-échange Tafta entre Europe et États-Unis… alors même que l’Argentine est le pays le plus ciblé par les procédures de ce type [4].

Pour couronner le tout, Chevron a aussi menacé de renoncer à tous ses investissements au cas où les procédures intentées en Argentine par les victimes de ses crimes environnementaux en Équateur n’étaient pas rejetées [5]. Au moment où la Cour suprême argentine devait examiner la demande des Équatoriens de gel des avoirs de Chevron dans le pays, le PDG d’YPF et le procureur fédéral ont pesé de tous leur poids en faveur de la firme américaine, en invoquant une menace pour l’emploi et l’investissement.

Quelques jours à peine après que la Cour suprême ait finalement rendu un arrêt favorable à Chevron, son PDG John Watson signait en grande pompe son contrat de concession patagonien avec YPF, en présence de la présidente argentine Cristina Kirchner. Les manifestations qui s’en sont immédiatement suivies en Patagonie ont été violemment réprimées (lire ici). Ce comportement de Chevron en Argentine lui vaut une nomination au « prix Pinocchio du climat » organisé par les Amis de la terre et leurs alliés.

Jeu de dupes pour le climat

Au-delà du cas Chevron, la question du gaz de schiste suscite de nombreuses questions sur la position des États-Unis en matière climatique et sur leur capacité à se dissocier véritablement des intérêts de leur secteur pétrolier. Une enquête du magazine américain Mother Jones avait ainsi révélé comment la diplomatie américaine, sous l’égide d’Hilary Clinton, avait activement soutenu les efforts de Chevron pour faire accepter le gaz de schiste à des populations et des dirigeants réticents en Bulgarie et en Roumanie.

Plus fondamentalement, la mise en lumière du véritable impact climatique du gaz de schiste a de quoi tempérer quelque peu l’optimisme affiché par nombre d’observateurs suite aux annonces récentes de l’administration Obama, qui mettent l’accent sur la sortie du charbon [6]. Si l’on tient compte des fuites de méthane, le simple passage du charbon au gaz (de schiste) risque fort de se révéler un jeu de dupes pour le climat. Pour Chevron et plus largement pour l’industrie pétrolière américaine, en revanche, c’est une source potentielle de profits considérables.

Les votes sont ouverts jusqu’au 2 décembre 2015.

[1] Voir ici et .
[2] Lire ici et , ainsi qu’ici en français.
[3] Lire les enquêtes ici et .
[4] Lire par exemple cette enquête sur la procédure intentée par Suez contre l’Argentine.
[5] Sur l’histoire de la bataille juridique entre Chevron et ses victimes équatoriennes, et le sens de la procédure en Argentine, lire cet article-entretien avec Pablo Fajardo, avocat principal des parties équatoriennes.
[6] La politique énergétique récemment annoncée par le gouvernement britannique repose elle aussi sur la substitution du gaz de schiste (et du nucléaire) au charbon.