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Volte-face du gouvernement conservateur : Alors qu’il soutenait les projets de recherche et d’exploitation d’hydrocarbures non conventionnels, le gouvernement interdit le « fracking » avec effet immédiat.

La décision a été prise après qu’une nouvelle étude scientifique ait indiqué qu’il n’était « pas possible d’exclure des conséquences « inacceptables » pour les personnes vivant à proximité de sites de fracturation« .

Ce rapport, établi par l’Office du pétrole et du gaz britannique (OGA) mentionne également qu’il est impossible de prédire l’ampleur des tremblements de terre générés par la fracturation hydraulique.

La fracturation hydraulique, également connue sous le nom de fracking, consiste à injecter de l’eau, des produits chimiques et du sable sous terre à haute pression pour fracturer le schiste argileux et libérer les hydrocarbures qui y sont piégés.

Le gouvernement a déclaré qu’il n’accepterait aucune future fracturation « jusqu’à ce que de nouvelles preuves convaincantes soient fournies« . Le seul site de fracking actif du Royaume-Uni à Preston New Road, dans le Lancashire, a été suspendu immédiatement cet été après que la fracturation ait déclenché de multiples tremblements de terre qui ont dépassé les limites fixées par les normes britanniques.

Andrea Leadsom , secrétaire d’État chargée des Affaires et de l’Énergie, a déclaré que le gouvernement avait toujours été clair sur le fait que l’exploration du gaz de schiste au Royaume-Uni devait être effectuée en toute sécurité.

«Après avoir examiné le rapport de l’OGA sur les récentes activités sismiques à Preston New Road, il est clair que nous ne pouvons pas exclure de futurs impacts inacceptables sur la communauté locale. Pour cette raison, j’ai conclu que nous devrions mettre en vigueur un moratoire sur la fracturation en Angleterre avec effet immédiat », a-t-elle déclaré.

Craig Bennett, directeur général des Amis de la Terre, a déclaré: «Ce moratoire est une victoire énorme pour les communautés et le climat. Pendant près de dix ans, des habitants de tout le pays ont mené une bataille à la David et Goliath contre cette puissante industrie. Nous sommes fiers d’avoir participé à ce combat. « 

 

Source : The Guardian

… et une moquette pas bio du tout !

Selon une information rapportée par Food and Water Europe (voir ici en anglais) les Verts allemands qui ont fait un gros score aux dernières élections européennes, et n’en sont pas moins les alliés du gouvernement fédéral de la chancelière Merkel, ont validé au printemps dernier les modalités financières et juridiques permettant le développement de l’importation de gaz de schiste américain en Europe. Rien que ça !

Que quoi s’agit-il ?

L’Allemagne est le plus gros consommateur et revendeur de gaz d’Europe. Utilisant près de 92 milliards de mètres cubes de gaz fossiles en 2017 , le gaz a représenté 24% de la consommation d’énergie primaire en Allemagne. Après l’annonce de l’élimination du charbon, l’industrie des combustibles fossiles voit émerger un marché du gaz encore plus important en Allemagne. S’exprimant lors du Forum économique mondial de cette année à Davos , la chancelière Merkel a assuré le secteur des combustibles fossiles que l’élimination du charbon ne signifie rien d’autre que plus de gaz en Allemagne .

Grâce au gazoduc « Nord Stream », Gazprom peut acheminer le gaz russe directement en Allemagne par la mer Baltique, permettant ainsi à Moscou de contourner les pays de transit européens tels que la Pologne, la Biélorussie et l’Ukraine, touchée par la crise. L’Allemagne et Gazprom poussent maintenant fortement en faveur de la construction d’un deuxième gazoduc, « Nord Stream II », qui doublerait la capacité actuelle d’entrée de gaz russe en passant de 55 à 110 Gm3 par an.

Mais ce n’est pas suffisant il faut faire plaisir à l’administration Trump.

On va faire plaisir à Trump

De quoi s’agit-il ?

Sous la pression de l’administration Trump, Merkel a indiqué à un groupe d’investisseurs que le budget fédéral allemand serait mobilisé pour cofinancer la construction d’au moins un terminal de gaz naturel liquéfié (GNL). Or qui dit GNL américain dit gaz de schiste. Qui dit GNL dit émission de gaz à effet de serre. Quatre terminaux sont en cours de discussion. Le budget fédéral allemand pour 2019 prévoit des subventions pour le gaz de 36,85 millions d’euros, plus 65,7 millions d’euros de crédits d’engagement jusqu’en 2023 .  Ce gaz américain serait ensuite utilisé par l’industrie chimique pour la production d’engrais et autres produits bons pour la santé des plantes, des humains et des écosystèmes en général.

Sous la pression américaine, le gouvernement Merkel modifie la législation. Le 12 février 2019 à Berlin, en présence de monsieur Dan Brouillette secrétaire adjoint américain à l’Energie, monsieur Altmaier ministre allemand de l’économie a annoncé que le gouvernement allemand modifierait le cadre juridique en vigueur de sorte que les consommateurs, et non les investisseurs, paient les coûts de construction et d’exploitation annuels des conduites de raccordement pour les terminaux méthaniers.

Mais ce n’est pas la fin de l’histoire et c’est là que les « Grünen » entrent en scène

En mars 2019, le conseil fédéral allemand a soumis le projet de rectification de la législation lequel ne pouvait être adopté … qu’avec le vote des « Verts ». Ce qui fut fait.

Les Verts ni se sont opposés, ni se sont abstenus et ont ainsi permis de favoriser le développement de ces nouvelles routes d’approvisionnement en gaz lesquelles seront subventionnées par le contribuable allemand.

La société de prospection Cuadrilla a annoncé vendredi le début samedi d’opérations de fracturation hydraulique sur un site du nord-ouest de l’Angleterre en vue de produire du gaz de schiste, une première au Royaume-Uni depuis 2011.

Londres AFP – via Romandie -« Cuadrilla confirme le lancement (…) le 13 octobre de ses opérations de fracturation hydraulique sur son site d’exploration de gaz de schiste de Preston New Road dans le Lancashire« , a déclaré l’entreprise dans un communiqué.

Cette annonce est intervenue juste après une décision de la Haute Cour de Londres qui a rejeté un recours en référé d’un militant écologiste lui demandant de suspendre l’autorisation accordée à Cuadrilla.

Le procédé de fracturation hydraulique consiste à créer des fissures souterraines et y infiltrer un mélange d’eau, de sable et de produits chimiques pour permettre l’extraction de gaz capturé dans la roche. La société soutient que le produit chimique utilisé n’endommagera pas les nappes phréatiques.

Au-delà des critiques contre l’injection de produits chimiques dans le sol, la fracturation hydraulique fait l’objet de craintes au Royaume-Uni depuis que les précédentes – et dernières – opérations de ce type menées par Cuadrilla sur un autre site de la région ont été accusées d’avoir contribué à deux petites secousses sismiques en 2011 (lire ici).

Les opérations de fracturation hydraulique horizontale qui seront menées dans le sous-sol à partir de samedi ne constitueront toutefois que des tests. Leurs résultats, attendus début 2019, devraient permettre d’estimer l’intérêt d’une exploitation commerciale.

Équipement de fracturation hydraulique prêt à l’utilisation. Site d’exploration de gaz de schiste Cuadrilla Preston New Road 5 Photo Danny Vc Llew Octobre 2018

D’autres projets d’exploitation de gaz de schiste sont à l’étude au Royaume-Uni mais aucun n’a commencé à produire, du fait de la complexité des procédures d’autorisation et de la réticence, voire de l’hostilité, d’une partie des riverains.

Le gouvernement britannique a donné son accord au projet de Cuadrilla en Angleterre mais les autorités régionales d’Edimbourg s’opposent en revanche à tout projet de production de gaz de schiste en Ecosse.

Par ailleurs la condamnation des trois militants ayant écopé de la prison ferme sera réexaminée en appel le 17 octobre 2018.

 

Les trois militants écologistes qui sont les premiers à avoir été condamnés à une peine de prison pour une manifestation anti-fracturation hydraulique au Royaume-Uni doivent faire appel de leurs condamnations alors que la colère grandissante suscitée par leurs punitions «excessives et extraordinaires» se fait sentir.

La semaine dernière, Simon Roscoe Blevins, 26 ans, et Richard Roberts, 36 ans, ont été condamnés à 16 mois d’emprisonnement et Richard Loizou, 31 ans, a été condamné 15 mois après avoir été reconnu coupable d’avoir causé une nuisance publique par un jury devant la cour suprême de Preston.

Les quatre hommes ont été inculpés après avoir participé à une manifestation de quatre jours qui empêchait un convoi de camions transportant du matériel de forage d’entrer sur le site de fracturation de Preston New Road près de Blackpool en juillet de l’année dernière.

Kirsty Brimelow QC, responsable de l’équipe internationale des droits de l’homme à Doughty St Chambers, qui dirige l’appel sur une base bénévole, a déclaré: «Nous demandons à la cour d’appel d’expédier l’appel. Nous sommes chanceux dans ce pays d’avoir cette option. Le principal argument dans cette affaire a été présenté à la cour de la couronne de Preston: c’est une erreur d’enfermer des manifestants pacifiques. »

Samedi (6 octobre 2018), les amis, la famille et les soutiens des trois hommes organiseront une manifestation de solidarité devant le centre pénitentiaire de Preston où sont actuellement enfermés les trois militants. Planton Loizou, ancien voyagiste et père de Richard Loizou, participera à ce qui sera sa première manifestation politique depuis plus de 40 ans.
« Cela ne sert à rien de les mettre en prison, car cela a permis de faire de moi, de sa mère et du reste de la famille, des activistes« , a-t-il déclaré. «J’ai été un conservateur de bout en bout pendant les 32 premières années de ma vie électorale. Ma femme ne l’était pas et je ne l’écoutais pas et c’était une erreur.

Rosalind Blevins, ancienne chercheuse scientifique et mère de Simon Roscoe Blevins, a déclaré qu’elle s’attendait à ce que son fils reçoive une amende ou des travaux d’intérêt général, pas une longue peine de prison. « Il n’a fait de mal à personne, n’a agressé personne, n’a intimidé personne, ni même n’a insulté personne verbalement, ni rien endommagé« , a-t-elle déclaré. « Je suis fier de lui pour avoir osé défendre ce en quoi il croit. Je sais qu’il est fondamentalement bon. »

Preston New Road est au centre des manifestations depuis octobre 2016, lorsque le gouvernement a annulé une décision du conseil du comté du Lancashire et donné son accord à l’entreprise énergétique Cuadrilla pour extraire du gaz de schiste dans deux puits du site.

Plus de 300 manifestants ont été arrêtés dans cette ville depuis que Cuadrilla a commencé à construire une plate-forme de fracturation en janvier 2017. La société pétro-gazière a annoncé vendredi que la fracturation hydraulique commencerait la semaine prochaine, mais la Haute Cour a émis une injonction interdisant le début des travaux jusqu’à une audience qui se tiendra mercredi (10 octobre 2018) .

Source: The Guardian

Pour continuer à apporter votre soutien aux prisonniers voir ici

Edit 12 octobre 2018: L’appel sera examiné par la cour d’appel de Londres le 17 octobre 2018

 

Le 4 octobre 2017 – L’Assemblée nationale vient d’examiner en première lecture le projet de loi Hulot “mettant fin à l’exploration et l’exploitation d’hydrocarbures”. Alors que le passage en commission Développement durable avait permis de renforcer le texte sur certains points (notamment l’interdiction des techniques non conventionnelles, et l’arrêt de toutes les concessions en 2040), le vote en plénière signe aujourd’hui un net recul. En effet, deux amendements très problématiques du gouvernement ont été adoptés, et ce dernier a bloqué systématiquement les modestes propositions qui voulaient donner au texte un contenu en accord avec ses objectifs et ambitions.

Alors qu’elle devait permettre de mettre en œuvre l’Accord de Paris et de tourner la page des énergies fossiles, la loi Hulot est en net retrait par rapport aux discours et aux engagements réitérés du Président de la République, du gouvernement et du ministre de la Transition écologique et solidaire. Le texte voté aujourd’hui est le résultat de renonciations et reculs successifs de Nicolas Hulot, depuis la présentation d’une première version au CNTE fin août (1), jusqu’à la discussion en plénière.

Selon Nicolas Haeringer, de 350.org, « Au nom d’une conception datée de la “liberté d’entreprendre”, inadaptée au défi que représente le réchauffement climatique, les députés ont manqué une opportunité rare de voter un texte qui aurait dû servir d’exemple au reste de la communauté internationale ».

Face aux failles initiales du texte, nos organisations avaient fait des propositions concrètes d’amélioration, soutenues par la mobilisation en ligne de plusieurs milliers de citoyens (2). La discussion en commission du Développement durable la semaine dernière avait pu faire croire un instant que quelques avancées étaient possibles (3). Elles ont été malheureusement balayées au cours des trois séances de discussions en assemblée plénière. En plus de concéder aux lobbies industriels une dérogation discutable pour le bassin de Lacq – l’exploitation génère de fortes pollutions aux impacts sanitaires majeurs -, le gouvernement a déposé un amendement qui ouvre une nouvelle faille dans la loi : la possibilité, pour les premières concessions délivrées en vertu du droit de suite, d’être octroyées pour une échéance excédant 2040 dans le cas où les industriels démontreraient qu’ils ne peuvent pas rentrer dans leurs frais.

Selon Juliette Renaud, des Amis de la Terre France : « Cet amendement est le symbole de la frilosité du gouvernement : il n’ose pas toucher au code minier, qui pourtant réduit sa capacité d’action à presque néant. De même, le gouvernement a de nouveau bloqué les amendements qui voulaient supprimer ou simplement restreindre le droit de suite. Face à l’urgence climatique, le ministre disait vouloir lancer un signal aux industriels, pour sortir des énergies fossiles, mais ce texte envoie le signal inverse : entre les intérêts économiques et le climat, ce sont toujours les intérêts économiques qui priment et ce, jusqu’à 2040 voire au-delà !  ».

Pour Isabelle Levy, du collectif du pays Fertois “Non au pétrole de schiste”, « Le projet ambitieux de Nicolas Hulot se limite à afficher un panneau « fermé » sur la porte du bureau où sont habituellement déposées les demandes de permis de recherche. Pour le reste c’est business as usual : les permis actuels seront prolongés, et pourront donner lieu à de nouvelles concessions qui pourront même aller au-delà de 2040 ! ».

L’autre recul notable concerne les hydrocarbures non conventionnels. En commission du Développement durable, un amendement avait été voté permettant de renforcer la loi Jacob de 2011 : il interdisait, au-delà de la fracturation hydraulique, la stimulation et les autres techniques non conventionnelles. Mais le gouvernement a proposé en dernière minute un amendement qui, sous motif de précision technique, vide en réalité de tout son sens la définition des techniques interdites. En dehors de l’abrogation des articles 2 et 4 de la loi Jacob concernant l’expérimentation, la loi Hulot n’apporte donc aucune amélioration en la matière.

Maxime Combes, d’ATTAC France conclut : « Aux objectifs ambitieux et appropriés initialement annoncés par le gouvernement, correspond une loi en demi-teinte bien éloignée de l’exemplarité totale attendue. En multipliant les dérogations et en refusant de s’engager sur la réductions des importations d’hydrocarbures (99% de notre consommation), le gouvernement a préféré sécuriser les droits des détenteurs des permis plutôt que commencer à résoudre le défi de ce début de 21ème siècle : faire en sorte que le droit des affaires, notamment le droit minier, la liberté d’entreprendre et le commerce international, soient enfin soumis à l’impératif climatique. C’est la tâche que nous poursuivrons dans les mois à venir : #MakethePlanetGreatAgain ou #BusinessAsUsual, il va bien falloir choisir ».

Le projet de loi devrait être examiné par le Sénat au moins de novembre, le gouvernement espérant une adoption finale par le Parlement avant la fin de l’année.

Notes :
(1) Voir notre note de décryptage sur les reculs entre le texte présenté au CNTE le 23 août, et celui examiné au Conseil des ministres et transmis à l’Assemblée nationale le 6 septembre.
(2) Voir notre campagne d’interpellation des députés “Loi Hulot : redonnons à l’État le pouvoir de dire non !”, lancée le 21 septembre : https://350.org/fr/pasdepermis/
(3) Voir notre communiqué du 27 septembre 2017, suite au passage en commission du Développement durable : http://www.amisdelaterre.org/Loi-Hulot-les-ameliorations-doivent-etre-confirmees-et-les-dernieres-failles.html

(!) Info minute – Revue de Presse

La compagnie britannique Cuadrilla spécialisée dans l’exploration et l’exploitation de gaz de schiste a confirmé le 18 août 2017 que les opérations de forage commençaient sur le site de Preston New Road à Little Plumpton près de Blackpool dans le Lancashire, Royaume-Uni. Ce site devrait accueillir bientôt les premiers drains horizontaux d’exploration de gaz de schiste au Royaume Uni. C’est dans cette même région que la fracturation hydraulique avait généré des séismes en 2011.

Un porte-parole de la compagnie a indiqué que le forage avait commencé tôt dans l’après-midi, sans donner d’heure précise. Les opérations devraient se poursuivre 24 heures sur 24 et devraient être terminées pour la fin de l’année. Les fracturations devraient être conduites en début d’année prochaine.
Ce même porte-parole a indiqué que le puits témoin serait foré verticalement jusqu’à environ 3 500 mètres de profondeur. À partir d’analyses d’échantillons prélevés dans les couches de pélite (schistes) Cuadrilla décidera du niveau de percement de deux drains horizontaux entre -2 000 et  -3 500 mètres.

Une voisine du site a indiqué dans l’après-midi qu’elle pouvait entendre le forage  de chez elle: «c’était comme un ascenseur allant et venant sans discontinuité» a t-elle déclaré. Un militant mobilisé contre les activités de Cuadrilla a qualifié la nouvelle «de triste jour pour le Lancashire et la démocratie».

Malgré une procédure d’appel, le forage a commencé

Les autorités du comté de Lancashire avaient dans un premier temps refusé les autorisations mais cette décision avait été dépassée après une enquête publique initiée par le représentant des communautés locales, Sajid Javid. Cette décision fait l’objet d’un recours devant la Cour d’appel qui fera l’objet d’une audience … à la fin de ce mois.
Un porte-parole des opposants locaux déclare de son côté : «Le groupe de Preston New Road est amèrement déçu que Cuadrilla ait commencé son forage malgré la procédure d’appel. Il apparait que la compagnie a un profond mépris pour la communauté locale, malgré le fait qu’elle ait, en de multiples occasions, déclaré vouloir être un bon voisin. A partir du début du forage les locaux vont subir les nuisances des opérations 24 heures sur 24, sept jours sur sept. Puisque la foreuse a été acheminée la nuit dernière et est cours de montage, Cuadrilla n’a déjà pas respecté le cahier des charges initial, ce qui n’augure rien de bon à l’avenir. »

Forons sans trembler, la terre tremblera toute seule

Rappelons que c’est précisément dans cette région de Blackpool alors que le même opérateur effectuait des opérations de fracturation hydraulique en 2011 que la terre avait tremblé. Après l’interruption des opérations, les géologues avaient estimé que c’était l’injection d’eau sous pression dans la roche après le forage qui était en cause. Ce fluide aurait en quelque sorte lubrifié une faille existante, fragile, prête à rompre. Il s’agirait cependant d’une petite faille, d’environ 100 mètres sur 100 mètres, qui aurait bougé d’environ 1 cm. Si les experts estimaient que ce cas de figure avait peu de chances de se reproduire, c’était la première fois que la fracturation hydraulique était directement liée à un événement sismique dans le cadre de l’exploitation du gaz de schiste. Pourtant deux cas de secousses provoquées par cette même technique mais pour la géothermie avaient déjà été établis. Et malgré son interruption depuis 2006 l’ancien projet de géothermie profonde de Bâle (Suisse) continue plus de dix ans après à présenter des risques et inquiéter les autorités.

Depuis il est avéré aux États-Unis où l’exploitation d’hydrocarbures par fracturation hydraulique est intensive que celle-ci est largement responsable de l’augmentation de l’activité sismique.

Acheter l’acceptation sociale à vil prix

Dans son communiqué du 18 août Cuadrilla a déclaré : «Il n’y a pas de précédents au Royaume Uni sur la durée de percements de drains horizontaux, mais néanmoins Cuadrilla estime qu’ils seront achevés avant la fin 2017.»
Avant le recours, l’opérateur avait l’autorisation de forer et de fracturer 4 puits sur ce site. Ces déclarations coïncident avec l’annonce par la compagnie du premier versement de 100 000 £ ( environ 109 810 Euros) au bénéfice des communautés locales.
Le Directeur général de Cuadrilla, Francis Egan a déclaré : «Ce jour est une étape importante pour l’industrie énergétique du Royaume Uni aussi bien que pour la population du Lancashire. En plus des emplois créés et presque 3 millions de livres investis localement à ce jour à travers les opérations d’exploration, les habitants du Lancashire vont maintenant être également directement bénéficiaires. A l’issue de ce versement abondant un fonds créé pour les populations, une consultation locale va s’engager afin que la communauté attribue ce payement au profit de « projets humanitaires » (sic!). Nous sommes très fiers d’être le premier opérateur de gaz de schiste britannique à accomplir un tel geste.»
Cuadrilla a déclaré que les bénéficiaires locaux seraient suivis par Membership Engagement Services (MES), un consultant indépendant qui s’assurera du bon emploi de ces sommes. Le Fonds local sera géré par la Fondation Communautaire pour le Lancashire. Les locaux seront aussi consultés sur la destination des autres versements correspondants aux trois autres puits ; au profit du Fonds ou directement aux résidents par l’intermédiaire d’un nouveau programme. Si les trois autres puits sont forés ce sont 300 000 £ supplémentaires qui seront versées.

L’union des opérateurs pétroliers, l’UK Onshore Oil and Gas (UKOOG), qui a créé le «Community Benefit Fund», un fonds pour les populations touchées par les projets pétroliers, s’est félicité du premier payement de Cuadrilla et son P-DG, Ken Cronin, a déclaré : «Je me réjouis de ce premier payement effectué sous couvert de notre programme et attends avec impatience de constater les voies novatrices par lesquelles cette somme sera utilisée localement dans les mois à venir.» Sous couvert du programme de l’UKOOG, les communautés locales devraient recevoir 100 000 £ par sites accueillant des puits d’exploration où des fracturations auront lieu et 1% des revenus de ces sites lorsqu’ils produiront commercialement.

Un porte-parole des pro-fracturation ; Backing Fracking, se présentant comme un résident local favorable à l’exploitation de gaz de schiste déclarait de son côté: «Les sous-traitant locaux du Lancashire ont déjà bénéficié des retombées de ces opérations, mais il est important que les résidents profitent eux-même de ces retombées. Les 100 00 £ sont un pas dans la bonne direction et seront espérons le utilisées à bon escient».

Qu’adviendra-t-il de la prise en charge des pollutions et de leur impact sur l’environnement, la santé humaine et animale dans le futur? Ce n’est certainement pas la question du moment.

D’après Drill or Drop et avec antischistegv

(!) Info minute – Revue de Presse

Québec, le 16 août 2017 – Dans la foulée du démantèlement des barricades qui ont bloqué l’accès au site Galt de Junex du 8 au 14 août dernier, près de Gaspé, le Regroupement vigilance hydrocarbures Québec (RVHQ) apprend avec satisfaction que le Camp de la rivière York, établi en appui aux manifestants, sera maintenu. Les citoyennes et citoyens qui avaient organisé le camp de soutien ont en effet annoncé hier soir qu’ils demeureront sur place pour continuer à s’opposer aux travaux d’exploration de Junex, prévus pour le début de septembre. Le RVHQ encourage les gens qui le peuvent à rejoindre le camp, situé aux abords de la route 198 à 20 km de Gaspé, ou à soutenir autrement l’action en cours. L’information à ce sujet se trouve sur la page Facebook du Camp de la rivière – Galt-Junex.

« L’une après l’autre, toutes les consultations ont démontré sans équivoque que l’acceptabilité sociale n’est pas au rendez-vous, a souligné Carole Dupuis, coordonnatrice générale et porte-parole du RVHQ. La population n’a plus le choix des moyens face à l’aveuglement du gouvernement Couillard qui s’entête quand même à favoriser cette industrie et à y engloutir des fonds publics. » Rappelons que Junex a obtenu à la fin de juillet 5,5 millions $ pour le rachat de ses permis sur l’île d’Anticosti et que Ressources Québec a annoncé le 4 août un investissement de 8,4 millions $ dans les travaux d’exploration maintenant envisagés au site Galt.

À l’instar des groupes gaspésiens Environnement Vert Plus et Tache d’huile, qui participent aux activités du Camp de la rivière York, le RVHQ s’oppose à tout projet d’exploitation ou de transit de pétrole ou de gaz fossile au Québec. Il s’oppose avec une intensité toute particulière aux projets d’exploration en cours en Gaspésie, qui mènent selon toute vraisemblance à des opérations de fracturation hydraulique, comme l’ont démontré les études du gouvernement lui-même. En effet, qu’il s’agisse du site Galt de Junex ou des sites Haldimand ou Bourque de Pétrolia, l’Institut national de la recherche scientifique a montré que les formations géologiques analogues sont exploitées au moyen de forages horizontaux avec fracturation hydraulique (1).

« La confusion que Philippe Couillard entretient autour de la fracturation hydraulique n’est que de la poudre aux yeux, a fait valoir Jacques Tétreault, coordonnateur général adjoint. Quand il investit dans Junex ou Pétrolia, il sait parfaitement que leurs projets mènent à la fracturation hydraulique et menacent deux des plus belles rivières à saumons du monde, la York et la Darthmouth, sans oublier la Baie de Gaspé et l’eau potable de nombreux résidents. C’est intolérable. »

Comme le remarquent les militantes et militants du Camp de la rivière York dans leur communiqué, une large part de la population gaspésienne a des activités économiques et des modes de vie qui dépendent de la préservation d’écosystèmes sains, telles que la pêche, la chasse, l’agriculture et le tourisme. Selon Carole Dupuis, « Il est grand temps que le gouvernement du Québec renonce à son rêve pétrolier et gazier, qui est une voie sans issue, et investisse dans les véritables richesses de la Gaspésie : sa population, sa culture, son territoire, ses cours d’eau, sa faune et sa flore uniques au monde. »

De manière plus générale, le RVHQ demande une fois de plus au premier ministre d’interdire la fracturation hydraulique et de cesser toute injection de fonds publics dans les énergies fossiles. « Les règlements de la Loi sur les hydrocarbures sont attendus d’un jour à l’autre et la mise à jour obligatoire du Règlement sur le prélèvement des eaux et leur protection (RPEP) est en cours, a noté Jacques Tétreault. Espérons que le gouvernement saisira cette dernière occasion de mettre fin à la pénible aventure pétrolière et gazière du Québec. »

Rappelons que le RVHQ a lancé en avril 2017 l’opération #VousNEpasserezPAS invitant la population à afficher son opposition aux divers projets d’hydrocarbures au Québec et à suivre des formations en résistance citoyenne.

(1) ÉTUDE GENV– ESTIMATION DES INTENSITÉS D’ÉMISSIONS DE GAZ À EFFET DE SERRE DE DIFFÉRENTS BASSINS GÉOLOGIQUES AU QUÉBEC, Étude réalisée dans le cadre de l’évaluation environnementale stratégique sur les hydrocarbures au Québec, 28 octobre 2015, Ministère du Développement durable, de l’environnement et de la lutte contre les changements climatiques du Québec

RENSEIGNEMENTS Carole Dupuis 438 884-8200 Jacques Tétreault 450 261-6151 communications@rvhq.ca