Archives de la catégorie ‘forage d’hydrocarbures’

D’après Reuter Spain will prohibit the practice of hydraulic fracturing in the entire territory

Madrid, 12 avril 2020- Le gouvernement espagnol indique que la pratique de la fracturation hydraulique («fracking») sera interdite à l’avenir sur l’ensemble du territoire national par la loi sur le changement climatique et la transition énergétique, actuellement en préparation.

Dans sa réponse au sénateur de la gauche confédérale, Carles Mulet, sur les mesures prévues pour interdire la pratique de la «fracturation hydraulique», l’exécutif a indiqué qu’à ce jour, aucun projet n’a été autorisé en Espagne impliquant l’utilisation de cette technique controversée d’extraction d’hydrocarbure.

Le gouvernement a expliqué que l’avant-projet de loi sur le changement climatique et la transition énergétique est en cours d’élaboration : Son article 8, dans sa version actuelle, concerne l’exploration, l’investigation et l’exploitation des hydrocarbures et prévoit de limiter les nouveaux projets de recherche et d’exploitation des hydrocarbures.

En ce qui concerne la «fracturation hydraulique», selon l’annonce du gouvernement espagnol, il est prévu que dès l’entrée en vigueur de cette loi, aucune nouvelle autorisation de recherche et d’exploitation d’hydrocarbure nécessitant le recours à la fracturation hydraulique ne soit délivrée. Et ceci sur l’ensemble du territoire national, y compris la mer territoriale, la zone économique exclusive et le plateau continental.

Article de publié sur son blog le 2 février 2020

La volonté gouvernementale d’exploiter rapidement en Algérie le gaz de schiste fait l’unanimité contre elle au sein de l’opposition.

Alger, 24 janvier 2019, 49ème vendredi de manifestation

Le Hirak, cette mobilisation populaire qui exige en Algérie une transition démocratique, depuis le 22 février 2019, vient de trouver un nouveau slogan fédérateur. Les vendredis 24 et 31 janvier, les cortèges de manifestants qui ont défilé dans de nombreuses villes du pays ont exprimé avec force leur opposition catégorique à la prospection et à l’exploitation du gaz de schiste. Ces slogans ont été aussi repris lors des marches de la jeunesse et des étudiants, qui se déroulent tous les mardis depuis près d’un an, avec, le 28 janvier à Alger, un débat en plein air sur le thème « Notre Sahara n’est pas à vendre ». Cette levée de boucliers répond à la détermination du président Tebboune, si mal « élu » en décembre dernier, à lancer les forages de gaz de schiste, suspendus en 2015 après des mois de protestation dans le Grand Sud, et ce dans la perspective d’un exploitation de ces hydrocarbures non conventionnels dès 2022.

L’ADDICTION DU RÉGIME AUX HYDROCARBURES

Le régime algérien a développé depuis des décennies une addiction pathologique aux hydrocarbures, dont les ressources représentent 97% des exportations algériennes et deux tiers des rentrées fiscales (voire trois quarts lorsque les cours du baril connaissent une embellie). La rente pétrogazière permet à la clique dirigeante à la fois de s’enrichir par un détournement massif et d’entretenir des réseaux d’allégeance par un clientélisme profondément enraciné. C’est pourquoi les risques d’épuisement des gisements conventionnels à l’horizon d’une ou deux générations ont poussé la présidence Bouteflika et les « décideurs » militaires, dès 2015, à la fuite en avant de la prospection des gaz de schiste. Ces forages à In Salah sont significativement confiés à la multinationale américaine Halliburton, longtemps dirigée par Dick Cheney, le vice-président de George W. Bush. Or Halliburton avait dû dissoudre en 2007 sa filiale algérienne, du fait d’un scandale retentissant de corruption sur des contrats de gré à gré d’un montant cumulé de milliards de dollars, entre autres avec le ministère algérien de la Défense.

De telles ententes occultes, extrêmement profitables au premier cercle du pouvoir, se heurtent à In Salah à une mobilisation populaire sans précédent aux cris de « Halliburton, dégage ». Le risque de pollution irrémédiable des très rares ressources aquifères est en effet sérieux, du fait d’une prospection par fracturation hydraulique. C’est bientôt tout le Grand Sud algérien qui est traversé par une vague de protestation pacifique, le Soumoud, soit la résistance non-violente. Le gouvernement est contraint de suspendre les activités de forage, sans pour autant renoncer à l’exploitation du gaz de schiste, qualifié par Bouteflika de « don de Dieu ». C’est précisément cette expression que Tebboune a utilisée, le 22 janvier 2020, pour justifier la reprise d’une prospection aussi polémique, dans la perspective d’une exploitation au plus tard en 2022.

UNE TRANSITION DEMOCRATIQUE ET ECOLOGIQUE

Le blanc-seing accordé par Tebboune au gaz de schiste prouve, s’il en était besoin, l’adhésion entière du nouveau chef de l’Etat aux principes fondateurs de l’autoritarisme algérien. Pour les « décideurs », qui tiennent fermement les rênes du pays, il est hors de question d’envisager une alternative énergétique aux hydrocarbures, malgré le formidable potentiel de l’Algérie en énergie solaire, éolienne et hydrothermique. Les circuits de distribution de la rente pétrogazière irriguent en effet les différentes strates du régime, assurant la loyauté des uns envers les autres dans une logique verticale. A cela s’ajoutent les juteuses compensations qui accompagnent toute forme d’association avec des multinationales étrangères. Cette obsession de la rente éclate au grand jour, en octobre dernier, quand le chef d’état-major Gaïd Salah, véritable maître du pays jusqu’à sa mort deux mois plus tard, fait adopter une loi autorisant aussi bien l’exploitation du gaz de schiste que l’ouverture du secteur des hydrocarbures aux investissements étrangers.

Cette loi alimente déjà en octobre 2019 la mobilisation du Hirak. La question des hydrocarbures, conventionnels et non-conventionnels, est désormais au centre de la dénonciation du régime algérien, accusé d’accaparer la richesse nationale, voire de la « brader » à des multinationales occidentales. Nul doute que le refus massif du gaz de schiste n’insuffle à la mobilisation populaire une nouvelle vitalité, notamment dans le Grand Sud, où les leçons de 2015 ont été bien retenues par les militants locaux. Un consensus populaire émerge pour que les hydrocarbures non conventionnels ne soient pas exploités tant qu’une technologie plus respectueuse de l’environnement ne sera pas opérationnelle. Plus généralement, le Hirak peut désormais faire le lien entre, d’une part, son exigence d’une transition démocratique enfin effective et, d’autre part, la perspective d’une transition écologique qui permettrait à l’Algérie de se désintoxiquer des hydrocarbures. Même l’écrivain Kamel Daoud vient d’amender ses récents emballements pro-régime pour assigner à la contestation algérienne de nouveaux horizons de mobilisation, dont « l’écologie ».

Une telle dynamique, aussi originale que vertueuse, pourrait susciter au moins l’intérêt, à défaut de la solidarité, au-delà des frontières de l’Algérie.

D’après un article paru le dans le New-York Times, le 16 décembre 2019

Le premier satellite conçu pour surveiller en permanence la planète à la recherche de fuites de méthane a fait une découverte surprenante l’année dernière : un accident de puits de gaz peu connu sur un site de fracturation hydraulique de l’Ohio a en fait constitué l’une des plus grandes fuites de méthane jamais enregistrées aux États-Unis.

 

Les résultats d’une équipe scientifique américano-néerlandaise, publiés dans les Actes de l’Académie Nationale des Sciences (National Academy of Sciences), constituent un pas en avant dans l’utilisation de la technologie spatiale pour détecter les fuites de méthane des sites d’exploitation de gaz et de pétrole dans le monde. Le méthane qui rappelons-le est un puissant gaz à effet de serre qui contribue au réchauffement climatique.

Les scientifiques ont déclaré que les nouvelles découvertes renforçaient l’opinion selon laquelle des rejets de méthane comme ceux-ci, qui sont difficiles à prévoir, pourraient être beaucoup plus répandus qu’on ne le pensait auparavant.

« Nous entrons dans une nouvelle ère. Avec une seule observation, un seul viaduc, nous pouvons voir des panaches de méthane provenant de grandes sources d’émission », a déclaré Ilse Aben, spécialiste de la télédétection par satellite et l’un des auteurs de la nouvelle recherche. « C’est quelque chose de totalement nouveau que nous ne pouvions pas faire auparavant depuis l’espace. »

L’explosion de février 2018 dans un puits de gaz naturel géré par une filiale d’Exxon Mobil dans le comté de Belmont, dans l’Ohio, a libéré plus de méthane que l’ensemble des industries pétrolières et gazières de nombreux pays en un an, a révélé l’équipe de recherche. L’épisode de l’Ohio avait déclenché l’évacuation d’une centaine de résidents dans un rayon de deux kilomètres tandis que les ouvriers se précipitaient pour boucher le puits.

À l’époque, la filiale d’Exxon, XTO Energy, avait déclaré qu’elle ne pouvait pas déterminer immédiatement la quantité de gaz qui avait fui. Mais l’Agence spatiale européenne vient de lancer un satellite avec un nouvel instrument de surveillance appelé Tropomi, conçu pour collecter des mesures plus précises du méthane.

La production de gaz naturel est de plus en plus surveillée en raison de la prévalence des fuites de méthane – le principal composant incolore et inodore du gaz naturel – provenant de la chaîne d’approvisionnement du carburant.

Lorsqu’il est brûlé pour l’électricité, le gaz naturel est plus propre que le charbon, produisant environ la moitié du dioxyde de carbone produit par le charbon. Mais si le méthane s’échappe dans l’atmosphère avant d’être brûlé, il peut réchauffer la planète plus de 80 fois plus que la même quantité de dioxyde de carbone sur une période de 20 ans.

Les mesures du satellite ont montré qu’en Ohio, dans les 20 jours qu’il aura fallu à Exxon pour boucher le puits, les rejets de méthane ont été d’environ 120 tonnes par heure. Cela représente deux fois le taux de la plus grande fuite de méthane connue aux États-Unis, provenant d’une installation de stockage de pétrole et de gaz à Aliso Canyon, en Californie, en 2015, bien que cet événement ait duré plus longtemps et ait eu des émissions globales plus élevées.

Les chercheurs estiment que la fuite de l’Ohio a libéré plus de méthane que les émissions des industries pétrolières et gazières de pays comme la Norvège et la France. Les scientifiques ont déclaré que les mesures du site de l’Ohio pourraient signifier que d’autres fuites importantes ne sont pas détectées.

« Lorsque j’ai commencé à travailler sur le méthane, il y a maintenant une dizaine d’années, la ligne standard était :« Tout est sous contrôle. Nous gérons », a déclaré le Dr Hamburg. « Mais en fait, ils n’avaient pas les données. Ils ne le contrôlaient pas, car ils ne comprenaient pas ce qui se passait réellement. Et vous ne pouvez pas gérer ce que vous ne mesurez pas. »

Un porte-parole d’Exxon, Casey Norton, indique que les propres scientifiques de l’entreprise avaient examiné des images et pris des mesures de pression du puits pour arriver à une estimation moindre des émissions consécutives à l’explosion. Exxon est en contact avec les chercheurs ayant fait les observations par satellite, a déclaré M. Norton, et « a accepté de s’asseoir et de discuter plus avant pour comprendre l’écart et voir s’il y a quelque chose que nous pouvons apprendre ». Avant d’ajouter « c’était une anomalie, ce n’est pas quelque chose qui se produit régulièrement. Et nous faisons de notre mieux pour éviter que cela ne se produise ».

Une enquête interne a révélé que la pression élevée avait provoqué la défaillance du tubage ou du revêtement interne du puits, a déclaré M. Norton. Après avoir travaillé avec les régulateurs de l’Ohio sur les améliorations de la sécurité, le puits est maintenant en service.

Miranda Leppla, responsable de la politique énergétique au Conseil Environnemental de l’Ohio (Ohio Environmental Council), indique que des plaintes concernant des problèmes de santé tels qu’irritation de la gorge, vertiges, problèmes respiratoires – avaient été enregistrées parmi les résidents les plus proches du puits. « Les émissions de méthane, malheureusement, ne sont pas rares, mais elles constituent une menace constante qui aggrave le changement climatique et peut nuire à la santé des Ohioiens », a-t-elle déclaré.

Les scientifiques précisent qu’une tâche critique consiste désormais à pouvoir parcourir plus rapidement les dizaines de millions de points de données que le satellite recueille chaque jour pour identifier les « points chauds » d’émission de méthane. Des études sur les gisements de pétrole en exploitation aux États-Unis ont montré qu’un petit nombre de sites à fortes émissions sont responsables de l’essentiel des rejets de méthane.

Jusqu’à présent, la détection et la mesure des fuites de méthane ont nécessité des études de terrain coûteuses à l’aide d’avions et de caméras infrarouges qui permettent de détecter ce gaz invisible.

Dans un article séparé publié en octobre, les chercheurs ont détaillé l’utilisation de deux satellites pour détecter et mesurer une fuite de méthane à plus long terme d’une station de compression de gaz naturel au Turkménistan, en Asie centrale. Les chercheurs ont estimé que les émissions du site étaient à peu près comparables au rejet global de l’événement d’Aliso Canyon. A présent, selon les observations effectuées par satellites, la fuite a maintenant cessé, et ceci après que les chercheurs aient sonné l’alarme par la voie diplomatique.

« C’est l’avantage des satellites. Nous pouvons regarder presque partout dans le monde », a déclaré le Dr Aben, chercheur principal à l’Institut spatial néerlandais d’Utrecht et auteur des deux articles. Il existe toutefois des limites à la chasse aux fuites de méthane avec la technologie satellite. Les satellites ne peuvent pas voir sous les nuages. Les scientifiques doivent également effectuer des calculs complexes pour tenir compte du méthane de fond qui existe déjà dans l’atmosphère terrestre.

Pourtant, les satellites seront de plus en plus capables à la fois de détecter rapidement de gros rejets et de faire la lumière sur l’augmentation des niveaux de méthane dans l’atmosphère, qui est particulièrement prononcée depuis 2007 pour des raisons qui ne sont pas encore entièrement comprises. La production de gaz naturel par fracturation hydraulique qui s’est accélérée au moment où les niveaux atmosphériques de méthane ont augmenté, a été étudiée comme une cause possible.

« Pour le moment, vous avez des rapports ponctuels, mais nous n’avons aucune estimation globale de la fréquence de ces événements » précise le Dr Hamburg du Fonds de défense environnemental (Environmental Defence Fund). « A-t-on affaire à des événements annuels ? Hebdomadaires, quotidiens ? Savoir cela fera une grande différence en essayant de bien comprendre quelles sont les émissions globales liées à l’exploitation du pétrole et du gaz. »

Schuepbach, l’opérateur choisi en Ardèche et en Aveyron obtient une indemnité d’1M€ revue à la baisse.

Comme le rapporte le quotidien Midi Libre, « le 4 décembre 2019, la cour administrative d’appel de Versailles a signé l’épilogue du long feuilleton du gaz de schiste en France, marqué par les autorisations d’exploiter en octobre 2010, les grandes manifestations qui ont suivi, jusqu’aux revirements successifs de l’État, de 2011 à 2017.

La justice devait se prononcer sur la demande de la société Schuepbach, titulaire du permis de recherche d’hydrocarbures liquides ou gazeux à Villeneuve-de-Berg, en Ardèche et Nant, en Aveyron, qui avait demandé au tribunal administratif de Cergy-Pontoise de condamner l’État à lui verser plus de 117 millions d’euros, en réparation du préjudice qu’elle estime avoir subi  » après l’arrêt des perspectives d’exploitation en France.

En mars 2016, le tribunal administratif de Cergy-Pontoise avait rejeté la demande de la compagnie texane. Au début du mois, la cour d’appel de Versailles lui a finalement accordé une indemnisation, mais elle s’avère inférieure à ce qui était demandé, soit 1 M€.

 » C’est la fin de l’aventure du gaz de schiste en France. On imaginait que la décision de l’État coûterait des fortunes, ce n’est finalement pas si élevé « , se félicite l’avocate montpelliéraine Hélène Bras, spécialiste en droit de l’environnement, qui rappelle qu’un autre revirement de l’État, l’annulation des portiques écotaxes, a coûté 800 M€ d’indemnisations. Sur place, « le climat est apaisé » depuis longtemps, après sept années de mobilisation. Le 26 février 2011, 15 000 personnes ont manifesté à Villeneuve-de-Berg. Le 17 avril 2011, 7 000 à Nant. Le 28 février 2016, encore 15 000 à Barjac.

« Un feuilleton de dix ans »

C’est Jean-Louis Borloo, alors ministre de l’Écologie, qui délivre les permis autorisant la prospection de gaz de schiste en France à partir de mars 2010. La société Total se voit ainsi délivrer un permis dit « de Montélimar », dans la Drôme. On découvre alors que ne nombreux permis ont été accordés et que d’autres sont à l’étude partout en France.

La loi du 13 juillet 2011, toujours sous le gouvernement Fillon, signe de début de la fin de l’aventure gaz de schiste en France, de fait, abroge les permis exclusifs de recherche.Les collectifs citoyens demandent leur annulation pure et simple et l’arrêt de la délivrance de nouveaux permis.

En 2017, la loi Hulot, met fin à la délivrance de tout nouveau permis de recherche d’hydrocarbure en France. Une loi en demi-teinte qui ne verrouille pas l’exploitation de permis déjà délivrés, ceux-ci étant maintenus au moins jusqu’à 2040.

Volte-face du gouvernement conservateur : Alors qu’il soutenait les projets de recherche et d’exploitation d’hydrocarbures non conventionnels, le gouvernement interdit le « fracking » avec effet immédiat.

La décision a été prise après qu’une nouvelle étude scientifique ait indiqué qu’il n’était « pas possible d’exclure des conséquences « inacceptables » pour les personnes vivant à proximité de sites de fracturation« .

Ce rapport, établi par l’Office du pétrole et du gaz britannique (OGA) mentionne également qu’il est impossible de prédire l’ampleur des tremblements de terre générés par la fracturation hydraulique.

La fracturation hydraulique, également connue sous le nom de fracking, consiste à injecter de l’eau, des produits chimiques et du sable sous terre à haute pression pour fracturer le schiste argileux et libérer les hydrocarbures qui y sont piégés.

Le gouvernement a déclaré qu’il n’accepterait aucune future fracturation « jusqu’à ce que de nouvelles preuves convaincantes soient fournies« . Le seul site de fracking actif du Royaume-Uni à Preston New Road, dans le Lancashire, a été suspendu immédiatement cet été après que la fracturation ait déclenché de multiples tremblements de terre qui ont dépassé les limites fixées par les normes britanniques.

Andrea Leadsom , secrétaire d’État chargée des Affaires et de l’Énergie, a déclaré que le gouvernement avait toujours été clair sur le fait que l’exploration du gaz de schiste au Royaume-Uni devait être effectuée en toute sécurité.

«Après avoir examiné le rapport de l’OGA sur les récentes activités sismiques à Preston New Road, il est clair que nous ne pouvons pas exclure de futurs impacts inacceptables sur la communauté locale. Pour cette raison, j’ai conclu que nous devrions mettre en vigueur un moratoire sur la fracturation en Angleterre avec effet immédiat », a-t-elle déclaré.

Craig Bennett, directeur général des Amis de la Terre, a déclaré: «Ce moratoire est une victoire énorme pour les communautés et le climat. Pendant près de dix ans, des habitants de tout le pays ont mené une bataille à la David et Goliath contre cette puissante industrie. Nous sommes fiers d’avoir participé à ce combat. « 

 

Source : The Guardian

… et une moquette pas bio du tout !

Selon une information rapportée par Food and Water Europe (voir ici en anglais) les Verts allemands qui ont fait un gros score aux dernières élections européennes, et n’en sont pas moins les alliés du gouvernement fédéral de la chancelière Merkel, ont validé au printemps dernier les modalités financières et juridiques permettant le développement de l’importation de gaz de schiste américain en Europe. Rien que ça !

Que quoi s’agit-il ?

L’Allemagne est le plus gros consommateur et revendeur de gaz d’Europe. Utilisant près de 92 milliards de mètres cubes de gaz fossiles en 2017 , le gaz a représenté 24% de la consommation d’énergie primaire en Allemagne. Après l’annonce de l’élimination du charbon, l’industrie des combustibles fossiles voit émerger un marché du gaz encore plus important en Allemagne. S’exprimant lors du Forum économique mondial de cette année à Davos , la chancelière Merkel a assuré le secteur des combustibles fossiles que l’élimination du charbon ne signifie rien d’autre que plus de gaz en Allemagne .

Grâce au gazoduc « Nord Stream », Gazprom peut acheminer le gaz russe directement en Allemagne par la mer Baltique, permettant ainsi à Moscou de contourner les pays de transit européens tels que la Pologne, la Biélorussie et l’Ukraine, touchée par la crise. L’Allemagne et Gazprom poussent maintenant fortement en faveur de la construction d’un deuxième gazoduc, « Nord Stream II », qui doublerait la capacité actuelle d’entrée de gaz russe en passant de 55 à 110 Gm3 par an.

Mais ce n’est pas suffisant il faut faire plaisir à l’administration Trump.

On va faire plaisir à Trump

De quoi s’agit-il ?

Sous la pression de l’administration Trump, Merkel a indiqué à un groupe d’investisseurs que le budget fédéral allemand serait mobilisé pour cofinancer la construction d’au moins un terminal de gaz naturel liquéfié (GNL). Or qui dit GNL américain dit gaz de schiste. Qui dit GNL dit émission de gaz à effet de serre. Quatre terminaux sont en cours de discussion. Le budget fédéral allemand pour 2019 prévoit des subventions pour le gaz de 36,85 millions d’euros, plus 65,7 millions d’euros de crédits d’engagement jusqu’en 2023 .  Ce gaz américain serait ensuite utilisé par l’industrie chimique pour la production d’engrais et autres produits bons pour la santé des plantes, des humains et des écosystèmes en général.

Sous la pression américaine, le gouvernement Merkel modifie la législation. Le 12 février 2019 à Berlin, en présence de monsieur Dan Brouillette secrétaire adjoint américain à l’Energie, monsieur Altmaier ministre allemand de l’économie a annoncé que le gouvernement allemand modifierait le cadre juridique en vigueur de sorte que les consommateurs, et non les investisseurs, paient les coûts de construction et d’exploitation annuels des conduites de raccordement pour les terminaux méthaniers.

Mais ce n’est pas la fin de l’histoire et c’est là que les « Grünen » entrent en scène

En mars 2019, le conseil fédéral allemand a soumis le projet de rectification de la législation lequel ne pouvait être adopté … qu’avec le vote des « Verts ». Ce qui fut fait.

Les Verts ni se sont opposés, ni se sont abstenus et ont ainsi permis de favoriser le développement de ces nouvelles routes d’approvisionnement en gaz lesquelles seront subventionnées par le contribuable allemand.

La cour d’appel de Londres examinait aujourd’hui le cas des trois manifestants anti-fracturation hydraulique qui faisaient appel de leurs peines de prison.

Manifester son opposition à l’exploitation du gaz de schiste n’est pas un crime

Ce matin, les juges de la cour d’appel de Londres ont annulé la peine de prison prononcée à l’encontre des trois hommes emprisonnés pour avoir participé à une manifestation anti-fracturation.

Dans leur prononcé ils ont indiqué que la peine était «manifestement excessive».

Simon Roscoe Blevins, Richard Roberts et Rich Loizou sont les premiers militants à avoir été envoyés en prison au Royaume-Uni pour avoir pris part à une manifestation anti-fracturation (voir l’historique ici). Ce matin devant la Cour d’appel, la mobilisation était forte de celles et ceux venu soutenir les trois prisonniers et revendiquer le droit de manifester.

En juillet 2017, ils étaient montés à bord de camions à l’extérieur du site de fracturation de Cuadrilla, près de Blackpool, bloquant un convoi avec un autre militant pendant 99 heures.

Comme signalait le journal the Mirror quelques jours après la condamnation des militants à la prison ferme, le juge ayant prononcé la sentence a des liens familiaux avec l’industrie des services aux sociétés pétrolières. (voir ici)

Comble de l’ironie, les opérations de fracturation hydraulique lancées dès lundi, semaine de l’écologie en Grande Bretagne

Alors que la Grande Bretagne fête la semaine de l’écologie (GB Green Week), les opérations de fracking ont commencé Lundi. Un référé pour bloquer le démarrage des opérations de fracking par Cuadrilla avait été rejeté la semaine dernière ouvrant la porte à la fracturation hydraulique, une première au Royaume Uni depuis 7 ans (voir ici). Malgré une mobilisation continue de la population contre l’exploitation du gaz de schiste, malgré l’opposition du Comté de Lancashire, le pouvoir central a donné l’autorisation de forer puis de pratiquer la fracturation hydraulique. Le mauvais temps samedi à Preston New Road n’a pas permis le démarrage de la fracturation mais dès lundi 15 octobre la société Cuadrilla confirmait que le fracking était en cours.

Déclaration de la ministre d’État à l’Énergie et à la Croissance propre, Claire Perry, très favorable à l’exploitation des gaz de schiste ce lundi 15 octobre 2018 à la Chambre des communes sur la Semaine « Green GB et croissance propre (sic!)« .

La Green GB Week est une nouvelle initiative du gouvernement, c’est « une semaine annuelle conçue pour mettre en valeur les opportunités offertes par la croissance propre au Royaume-Uni et pour faire mieux comprendre comment les entreprises et le public peuvent contribuer à la lutte contre le changement climatique ».

 

La société de prospection Cuadrilla a annoncé vendredi le début samedi d’opérations de fracturation hydraulique sur un site du nord-ouest de l’Angleterre en vue de produire du gaz de schiste, une première au Royaume-Uni depuis 2011.

Londres AFP – via Romandie -« Cuadrilla confirme le lancement (…) le 13 octobre de ses opérations de fracturation hydraulique sur son site d’exploration de gaz de schiste de Preston New Road dans le Lancashire« , a déclaré l’entreprise dans un communiqué.

Cette annonce est intervenue juste après une décision de la Haute Cour de Londres qui a rejeté un recours en référé d’un militant écologiste lui demandant de suspendre l’autorisation accordée à Cuadrilla.

Le procédé de fracturation hydraulique consiste à créer des fissures souterraines et y infiltrer un mélange d’eau, de sable et de produits chimiques pour permettre l’extraction de gaz capturé dans la roche. La société soutient que le produit chimique utilisé n’endommagera pas les nappes phréatiques.

Au-delà des critiques contre l’injection de produits chimiques dans le sol, la fracturation hydraulique fait l’objet de craintes au Royaume-Uni depuis que les précédentes – et dernières – opérations de ce type menées par Cuadrilla sur un autre site de la région ont été accusées d’avoir contribué à deux petites secousses sismiques en 2011 (lire ici).

Les opérations de fracturation hydraulique horizontale qui seront menées dans le sous-sol à partir de samedi ne constitueront toutefois que des tests. Leurs résultats, attendus début 2019, devraient permettre d’estimer l’intérêt d’une exploitation commerciale.

Équipement de fracturation hydraulique prêt à l’utilisation. Site d’exploration de gaz de schiste Cuadrilla Preston New Road 5 Photo Danny Vc Llew Octobre 2018

D’autres projets d’exploitation de gaz de schiste sont à l’étude au Royaume-Uni mais aucun n’a commencé à produire, du fait de la complexité des procédures d’autorisation et de la réticence, voire de l’hostilité, d’une partie des riverains.

Le gouvernement britannique a donné son accord au projet de Cuadrilla en Angleterre mais les autorités régionales d’Edimbourg s’opposent en revanche à tout projet de production de gaz de schiste en Ecosse.

Par ailleurs la condamnation des trois militants ayant écopé de la prison ferme sera réexaminée en appel le 17 octobre 2018.