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(!) Info minute – Revue de Presse

Les fake news sont à l’honneur et pas uniquement dans les tweets de D.Trump! Depuis des mois on nous raconte que le gaz de couche doit être exploité parce que c’est du grisou et que le grisou, tout le monde le sait, c’est dangereux. (Texte écrit par Isabelle Lévy, membre du collectif du Pays Fertois, Non au pétrole de schiste, ni ici, ni ailleurs!)

Et oui, le grisou, c’est dangereux, oui, il faut le capter, et tant qu’à faire l’exploiter. Mais le grisou n’a rien à voir avec le gaz de couche! On nous aurait donc menti?

Gaz de couche, gaz de mine, gaz de houille… Ouille ouille, quel casse-tête!

Alors, quelques définitions.

Le grisou, c’est le gaz de mine. Comme son nom l’indique, il est présent dans les mines en exploitation ou ayant été exploitées. Ce gaz, contenu dans les veines de charbon a été libéré au moment de l’exploitation, les veines de charbon ayant été fragmentées par les mineurs, c’était le but de la manœuvre. C’était le charbon qui était exploité. Le grisou, le gaz de mine était un produit et un danger « collatéral ». 

Les grandes catastrophes (Courrières, Liévin) restent dans les mémoires. Il fallait absolument empêcher le grisou de s’échapper et éviter à tout prix les explosions qu’il pouvait provoquer. De là est née l’idée qu’on pouvait l’exploiter 

Aujourd’hui, on exploite encore le gaz de mine, sans aucun forage supplémentaire.  Lorsque l’exploitation des veines de charbon est terminée, le gaz (essentiellement du méthane) s’échappe encore. Si on ne capture pas ce grisou il va s’échapper dans l’atmosphère et puisque c’est du méthane, il va participer au réchauffement climatique. Alors, autant le récupérer et le valoriser!

C’est ce qui se passe dans le Nord. La société Gazonor, avant d’être rachetée récemment par la Française de l’Energie capturait le grisou et le réinjectait pour le valoriser. 

Le gaz de couche (ou le gaz en couches de charbon) ou encore CBM est un gaz présent dans les couches de charbon JAMAIS exploitées (parce que peu rentables). Il est captif de ces couches, il ne sort pas tout seul. Il faut vraiment aller le chercher pour le récupérer.

Les méthodes mises en œuvre sont invasives, il ne suffit pas de « l’aspirer ». Si on ne titille pas le gaz de couche, il reste prisonnier, il ne s’échappe pas de son piège.

Au moment du vent de folie qui a saisi tous les industriels liés aux hydrocarbures, paniqués à l’idée du tarissement de la ressource, de l’arrivée du Peak Oil, ils ont voulu faire feu de tous gaz.  C’est une des raisons qui a conduit à la volonté d’exploiter le gaz de schiste et le gaz de couche. 

Le gaz de houille. Et bien c’est l’ensemble des gaz qu’on peut trouver dans les veines de charbon, à savoir le gaz de mine (le grisou) et le gaz de couche (qui dort tranquillement, sans faire de mal à personne!). 

Confusion entretenue dans l’avant projet de loi

Aujourd’hui, alors que tout le monde cherche des solutions pour « décarbonner » nos énergies, un avant projet de loi (qui fera l’objet d’une présentation en conseil des ministres, le 6 septembre 2017) prévoit la fin de l’exploration et de l’exploitation des hydrocarbures en France. (1)

Pourquoi, dans cet avant-projet, la confusion entre grisou et gaz de couche est-elle entretenue? 

On peut en effet lire, article L711_1 (définition des hydrocarbures non conventionnels): 

Sont considérés comme hydrocarbures non conventionnels :

« 1° Les hydrocarbures liquides ou gazeux qui sont piégés dans la roche-mère, à l’exception des hydrocarbures gazeux contenus dans les couches de charbon; […]”

et un peu plus loin: 

« Art. L. 712-5. – Les dispositions du présent chapitre ne s’appliquent pas au gaz de mine qui est un gaz issu des veines de charbon dont la récupération se fait sans intervention autre que celle rendue nécessaire par l’aspiration de ce gaz des vides miniers afin de maintenir ceux-ci en dépression.  (1)

Malgré l’interdiction de toute nouvelle exploration et, à terme, de toute exploitation des hydrocarbures, ce projet de loi prévoit, par exception, qu’il sera possible de créer de nouveaux vides miniers. On va donc fabriquer du grisou qui n’existe pas encore!

En forant pour récupérer ce méthane on va à l’encontre des objectifs de réduction du recours aux énergies fossiles. On prend des risques importants pour la stabilité des sols, grandement instables dans ces régions, on prend le risque de polluer les nappes phréatiques.  Tout ça pour récupérer le gaz de couche qui est captif si on le laisse tranquille. 

La Française de l’Energie effectue de nouveaux forages en espérant récupérer du méthane qu’elle fait passer pour du grisou. Elle est passée maître dans les discours fallacieux. Elle est arrivée à faire subventionner la capture du méthane du Nord comme « énergie verte ». 

Se servant de ce label, elle explique aujourd’hui aux décideurs locaux que les nouveaux puits de Lorraine, permettront de produire un gaz à « circuit court », ce qui lui permet de récupérer des subventions du conseil régional…

Mais à partir du moment où il faut faire de nouveaux forages ce n’est plus du gaz de mine. La Française de l’Energie essaie de fabriquer du grisou, sans exploiter les mines de charbon, au nom d’une énergie soit-disant verte.

(1) http://www.arnaudgossement.com/archive/2017/08/24/energie-le-gouvernement-finalise-un-projet-de-loi-relatif-a-5973571.html

Gaz de mine, oui, Gaz de couche, non!

Pour aller plus loin :

Alerte au gaz de couche, source de pollution dans le Nord et en Lorraine

https://reporterre.net/Alerte-au-gaz-de-couche-source-de-pollution-dans-le-Nord-et-en-Lorraine

 

(!) Info minute – Revue de Presse

Les collectifs opposés à la recherche et l’exploitation des pétrole et gaz de schiste et de couche interpellent M. Nicolas Hulot ministre de la transition écologique et solidaire à propos du projet « gaz de couche », dans les bassins miniers du Nord de la France et de la Lorraine.

Lille le 9 juin 2017,

Monsieur le Ministre, en décembre 2015 au moment de la COP 21, vous déclariez : « …la cohérence est que l’humanité doit renoncer volontairement à 70-80% des énergies fossiles déjà connues qu’elle a sous les pieds » ; suite à la décision de M. Trump de se désengager des accords sur le climat, vous expliquiez sur Europe 1 : « On est sur le fil du rasoir, les choses se déterminent maintenant ».

Nous partageons évidemment ces constats. Il faut donc que la France soit exemplaire et n’autorise pas, sur son propre sol, la recherche de nouvelles énergies fossiles, surtout lorsqu’elles sont extrêmement polluantes. Puisqu’il faut en sortir, commençons dès aujourd’hui à trouver d’autres solutions ; plus nous tarderons, plus nous cumulerons de gaz à effet de serre dans l’atmosphère qui amplifient les dérèglements climatiques.

Alors, pourquoi continuer à renouveler ou à prolonger des permis de recherche d’hydrocarbures, comme ce fut encore le cas ces derniers mois (Permis du Valenciennois, Permis Attila (Meuse), Permis de Claracq…) ?

L’entreprise « la Française de l’énergie, (LFDE) », cotée en bourse depuis juin 2016, entend exploiter le gaz de couche. Le gaz de couche est le méthane emprisonné dans les couches profondes de charbon, il n’a pas vocation à alimenter l’effet de serre…

En Lorraine plusieurs forages ont été réalisés pour l’exploration, et 15 autres sont déjà prévus, pourquoi les autoriser ?

Notons que pour l’instant, le seul forage qui a permis une certification de ressource est celui de Folschviller qui a subi une fracturation hydraulique en 2008, au dire d’une salériée de l’entreprise dans la presse de l’époque. La technique innovante mise en place depuis l’interdiction de la fracturation hydraulique par la loi -forage horizontaux et stimulation du massif rocheux, avec moult produits chimiques (source : DREAL)- n’a pas permis de nouvelle certification de ressource sur les deux forages de Tritteling et Lachambre.

Dans le Nord/Pas-de-Calais, LFDE a racheté Gazonor (issue de Charbonnages de France), ce qui lui permet de tirer profit du gaz de mine, exploité depuis 1992. Bien sûr, il faut exploiter ce gaz qui s’accumule dans les galeries de mine. Mais produire de l’électricité avec un rendement de 37% nous apparaît comme un gaspillage de la ressource. Cette production d’électricité permet par ailleurs à cette entreprise d’avoir un tarif de rachat garanti, ce qui s’apparente à une subvention aux énergies fossiles, que vous avez, avec raison, décrié.

De plus, le gaz de mine est une ressource qui se renouvelle très lentement et LFDE prévoit d’ores et déjà des forages pour extraire du gaz de couche dans ce bassin minier (2 DAOTM pour l’instant mais beaucoup d’autres sont prévus).

L’opposition citoyenne à ces projets d’exploitation du gaz de couche se lève, contrairement à ce qu’affirme l’entreprise dans la communication à ses actionnaires : des marches sont organisées chaque mois en Lorraine et les réunions d’informations et actions se multiplient dans le Nord de la France.

Les opposants craignent, d’une part une pollution des nappes aquifères, (considérée comme un risque par l’entreprise : p46 du document de base qui a accompagné l’introduction en bourse) par le méthane ou par les produits chimiques utilisés ; d’autre part les mouvements de terrains dans ces sous-sols déjà déstructurés par l’exploitation du charbon. L’impact sur la faune est important, les plateformes de forage se situant au milieu des champs aux abords d’espaces boisés.

En Australie, où le gaz de couche est exploité, un député a récemment enflammé une rivière pour dénoncer la fracturation hydraulique utilisée et la pollution de l’eau par le méthane qui s’ensuit.

Et lorsque l’exploitation ne sera plus rentable, les puits fuiront comme c’est presque toujours le cas partout ailleurs où ce gaz est exploité : le gaz ira alors contribuer à l’effet de serre.

Tous ces dégâts potentiels pour une année de consommation française (5% par an sur 20 ans, estimé par l’entreprise) !

Les collectifs s’inquiètent aussi de la possible signature des accords de libre-échange entre le Canada et l’Union Européenne (CETA) qui nous conduirait immanquablement à l’exploitation des gaz de schiste et de couche, aux hydrocarbures de sables bitumineux et à leur importation sur le sol français. Nous ne comprenons pas non plus le développement des ports méthaniers comme Montoir ou Dunkerque (où arrive déjà du gaz de schiste américain) et des infrastructures liées au transport d’hydrocarbures (projet Eridan, notamment), qui engagent des milliards € dont nous aurons bien besoin pour les énergies renouvelables sur nos territoires.

Monsieur Hulot, vous avez soutenu les collectifs d’opposition aux gaz de schiste et de couche. En conséquence, nous comptons sur votre soutien, maintenant que vous avez l’opportunité d’agir. Ce n’est pas à une entreprise de décider de la politique énergétique de la France, à vous donc de mettre en œuvre votre souci de respecter les accords de Paris sur le climat. L’heure n’est plus à l’investissement dans les projets d’infrastructure liées à l’extraction ou au transport d’hydrocarbures ni aux subventions aux énergies fossiles.

Collectif Houille-ouille-ouille 59/62, Les grenouilles en colère, APPEL 57 Collectif de Lachambre, Stop gdhc d’alsace et de lorraine STOP Gaz De Couche 57, Stop GHRM 38, Nonaugazdeschiste91, Collectif taupes énervées 91, Collectif d’Anduze, Collectif Basta! Gaz Alès, Collectifs citoyen de Pézenas, Castelnau de Guers, Collectif du Céressou, Eco’lectif de Gignac, Collectif de Campagnan, St Pargoire, Collectif Touche pas à mon schiste, Collectif 07 SGHDS, Collectif Carmen, Association « stop aux gaz de schiste-Non al gas d’esquit-47, Collectif CAMIS’GAZ-permis plaine d’Alès, Collectif Roquedur-Le Vigan (30), Collectif de Valgor(07) Le Collectif Montpeyroux, Arboras, Collectif non au gaz de schiste Montélimar/Drôme Sud Collectif Hainaut 59 (permis Nord CAMBRAI),Collectif Hautes Cévennes (30) Collectif Auzonnet, Cèze et Ganière (30), Association Cèze et Ganière (07), Stop gaz de schiste 69, Non au gaz de schiste Pays de Savoie et de l’Ain, Collectif Non aux Gds31, Collectif Non aux forages d’hydrocarbures Haut-Bugey et Jura, Collectif Montpellier-Littoral, Les Dindons de la Farce, Collectif Causse Méjean : Gaz de schiste NON ! (48) Aniane 34, Collectif Stop gaz de schiste Florac (48) Collectif 32 Non au gaz de schiste, Collectif du pays fertois : Non au pétrole de schiste (77), Collectif ALDEAH, Collectif stop au gaz de schiste 83

(!) Info minute – Revue de Presse

La commission du développement durable a terminé hier 17 janvier 2016 à minuit l’examen du texte du projet de loi adaptant le code minier au droit de l’environnement et de ses 360 amendements (voir ici le dossier de l’ensemble des amendements adoptés ou rejetés).

C’est ce texte qui sera étudié en séance plénière à l’Assemblée nationale, les 24 et 25 janvier 2017, de nouveaux amendements seront encore déposés .

Concernant l’interdiction des hydrocarbures non conventionnels, c’est l’amendement du rapporteurgaz-de-couche-non-conventionnel-code-minier Jean Paul Chanteguet qui a été retenu (page 369) : celui-ci ne considère pas « les hydrocarbures gazeux contenus dans les veines de charbon » comme des hydrocarbures non conventionnels et de fait, ils ne sont pas concernés par cette interdiction.

De plus, la définition qu’a proposé M. Chanteguet est très générale alors que plusieurs autres amendements apportaient une définition plus complète et précise des hydrocarbures non conventionnels incluant les gaz de couche et leur interdiction à ce titre.

Volonté délibérée de ne pas interdire le gaz de couche

Il y a eu une volonté délibérée de ne pas interdire ces gaz de couche, les députés Mme S. Buis (amendement page 274) et M. F. Verdier (amendement page 336) ont retiré leurs amendements au profit de celui de M. Chanteguet moins complet, ils ne sont pas intervenus sur la question des gaz de couche.

L’amendement (page 280) défendu par Mme L. Abeille interdisant les gaz de couche au titre d’hydrocarbures non conventionnels a été rejeté par la commission du développement durable!

La Lorraine sacrifiée!

M. Chanteguet a entretenu la confusion entre gaz de mine et gaz de couche en laissant croire quegaz-de-couche-stop-gaz-de-schiste-code-minier son bilan carbone était meilleur que celui du pétrole. Il a présenté le gaz de couche comme une énergie de transition , une « énergie verte » comme dirait La Française de l’énergie qui détient plusieurs permis de recherche (lire ici, et ). Nous avons l’impression que la Lorraine a été « sacrifiée ».

Rappel: Le gaz de mine (ou grisou) peut être récupéré suite à l’exploitation du charbon. Le gaz de couche (considéré comme hydrocarbure de roche mère, fait partie des « gaz naturels non-conventionnels » avec les gaz de schistes, les hydrates de méthane (clathrates sous-marins ou des pergélisols), ou le CH4 dissous dans certaines eaux souterraines salines). Il est piégé dans les veines de charbon et nécessite des techniques de fracturation pour être extrait.

Revoir les séances de la commission du développement durable et l’intégralité des débats sur cette proposition de loi et les amendements.

(!) Info minute – Revue de Presse

Communiqué de presse des Collectifs contre les pétroles et les gaz de schiste et de couche

La société « La Française de l’énergie » prétend exploiter le gaz de couche, en Lorraine et dans le bassin minier du Nord. Or, la perméabilité du charbon en Lorraine est très faible : 1,7 millidarcy, ceforage EGL stop gaz de couche qui rend cette exploitation non rentable hors fracturation hydraulique, ce que l’entreprise a parfaitement démontré. En effet, le seul puits qui a permis de certifier des ressources est celui de Folschviller qui a été fracturé (avant la loi de 2011) et depuis, malgré la technique innovante et infaillible tant vanté par M. Moulin, président de l’entreprise, les forages sont des échecs. A Tritteling, 3500 m de drains multilatéraux n’ont pas ajouté un seul m3 de gaz dans les réserves prouvées de l’entreprise. Dans le Nord, la géologie est plus défavorable encore, avec des couches plus minces et très plissées.

Le BRGM avait déjà exprimé en 2013 cette difficulté d’une exploitation rentable des gaz de charbon sans fracturation hydraulique, liée à la faible perméabilité des charbons français !

Pourtant, l’entreprise s’entête, profite de la complicité de l’état et 16 nouveaux forages sont déjà autorisés : Pontpierre, Longeville, Lachambre, Zimming… en Lorraine, Avion et Divion dans le Nord/Pas-de-Calais.

De nombreux témoignages en provenance d’Australie, où le gaz de couche est exploité, renforcent nos craintes sur les dégâts sanitaires et environnementaux inhérents à cette exploitation : menaces sur la quantité d’eau disponible, risques de contamination de la nappe phréatique, fuites de méthane, affaissements de terrains, séismes, …

« la Française de l’Énergie : LFDE» est née suite à une opération de marketing d’une autre société, EGL, elle-même endettée à hauteur de 26 millions d’euros. LFDE garde les mêmes incapacités financière et technique et a pu obtenir son introduction en bourse en juin 2016. Elle rachète dans la foulée Gazonor, ce qui lui permet d’avoir enfin des revenus, puisque Gazonor commercialise du gaz de mine.

Le dossier d’introduction en bourse est basé sur des mensonges. Mensonges sur les surfaces de permis, incluant des surfaces non encore attribuées à LFDE, mensonges sur les techniques qui seront utilisées (technique inefficace), réserves de gaz largement surestimées…

Les actionnaires espérés se sont vite évanouis et l’action est passée de 27€ en juin à 10 € environ en novembre.

Alors que le code minier prévoit l’étude de la capacité financière et de la capacité technique par les services de l’état avant toute délivrance de permis, on ne peut qu’être étonné devant les acceptations de travaux de forages qui se multiplient.

Et bien sûr, la première raison qui interdit l’exploitation des gaz de schiste et de couche est le réchauffement climatique

Les scientifiques affirment qu’il faut laisser 80% des énergies fossiles dans le sous-sol afin de ne pas dépasser les deux degrés de réchauffement de la planète, au-delà desquels les conditions d’une vie acceptable sur terre seraient menacées. Où est donc le sens de continuer à explorer pour trouver de nouvelles énergies fossiles ? Malgré les beaux discours de nos gouvernants lors de la COP 21 à Paris, les accords signés ne sont pas contraignants, peu ambitieux et laissent aux multinationales une part belle pour continuer leur business « as usual ».

Les lobbys pétro-gaziers sont à l’œuvre (lobbysme à l’intérieur des institutions européennes : promesse d’embauche aux élus, financement de projets, corruption de tous ordres) et la production d’énergie fossile continue et même les prix baissent parce qu’il y a surproduction : RIEN ne change !

La baisse drastique de production de fossiles à laquelle on était en droit de s’attendre au vu des cris d’alerte des scientifiques n’a pas lieu !

Et pire, on nous présente maintenant le gaz comme énergie de transition alors que les fuites de méthane inhérentes à l’extraction de gaz de schiste et de couche sont comprise entre 6 et 8% des volumes extraits et que le méthane est un gaz à effet de serre bien plus puissant que le CO2 pour le réchauffement climatique !

Face à une entreprise mensongère, ne prenant en compte aucune exigence ni de la population inquiète des risques sanitaires à venir, ni de la contrainte climatique, nous demandons l’arrêt de ces forages.

Pour les collectifs, les gaz de schiste et de couche c’est donc ni ici ni ailleurs, ni aujourd’hui ni demain !

(!) Info minute – Revue de Presse

Le gouverneur de Californie a déclaré l’état d’urgence autour de Los Angeles, mercredi 6 janvier, à cause d’une fuite de méthane massive dans un puits gazier qui a forcé des milliers de résidents de la banlieue de Porter Ranch à évacuer.

Plusieurs milliers d’habitants ont déjà été relogés à cause d’une fuite massive de méthane, un puissant gaz à effet de serre

Le gouverneur de Californie a déclaré L’État d’urgence mercredi autour de Los Angeles en raison d’une fuite de méthane massive. Cet événement, que les experts qualifient de catastrophe écologique majeure, a forcé des milliers de résidents à évacuer leur logement.

Depuis plusieurs semaines, habitants et élus réclamaient une telle intervention officielle. La promulgation de l’état d’urgence permet désormais de mobiliser l’ensemble des agences gouvernementales de l’État pour venir en aide à la population et de vérifier que l’entreprise à l’origine de la fuite prend les dispositions nécessaires pour mettre fin à la fuite.

Entre 30 et 58 tonnes de méthane dans l’air chaque heure

fuite gaz methane californieLa compagnie en question, Southern California Gas Company (SoCalGas), a estimé qu’entre 30 000 et 58 000 kilogrammes de méthane, un gaz inodore, étaient répandus par heure dans l’air. La fuite sur le site d’Aliso Canyon de SoCalGas avait été détectée le 23 octobre par des employés à plus de 2 400 mètres de profondeur dans le puits. Mais la situation s’est largement empirée depuis.

« L’équivalent de la marée noire de BP sur terre »

Les autorités affirment que la fuite ne pose pas de danger sérieux pour la santé des riverains. Les catastrophe invisible methane californieadditifs nauséabonds destinés à signaler les fuites de méthane ont tout de même provoqué chez beaucoup d’habitants des environs des nausées, saignements de nez et maux de tête. Plus de 2 000 familles ont déjà été évacuées et relogées.

Mais c’est surtout l’impact environnemental de cette fuite qui pourrait, lui, être dévastateur. L’autorité de la qualité de l’air en Californie (California Air Resources Board) estime que la fuite est si importante qu’elle correspond à une augmentation de la production de gaz à effet de serre pour toute la Californie de près de 25 %. « Nous ne pourrons évaluer son impact que lorsque la fuite sera définitivement arrêtée et que nous bénéficierons de chiffres », a toutefois temporisé un porte-parole de l’agence.

La fuite de méthane « est l’équivalent de la marée noire de BP [survenue en 2010 dans le golfe du Mexique], sauf qu’elle se produit sur terre, dans un endroit peuplé », a déclaré Mitchell Englander, conseiller municipal de Los Angeles représentant de Porter Ranch, cité par le New Yortk Times, décrivant une « catastrophe environnementale » et une « crise chaotique ».

Tim O’Connor, avocat de l’Environmental Defense Fund, une organisation non gouvernementale qui milite pour la protection de l’environnement, avance lui, auprès de la BBC, une comparaison : « C’est comme si on brûlait 3,15 milliards de litres d’essence, et ça représente aussi la même pollution que produiraient en un jour 4,5 millions de voitures. »

C’est « l’équivalent de trois quarts des émissions de toutes les raffineries de pétrole de la Californie en un an », souligne de son côté Stephanie Pincetl, professeure de sciences environnementales, interrogée par l’Agence France-Presse. Selon elle, cette fuite est « sans comparaison, catastrophique », car c’est du méthane, un gaz à effet de serre « 80 fois plus puissant que le CO2 à l’échelle de vingt ans, et qui agit beaucoup plus rapidement ».

Source: AFP 07.01.2016

(!) Info minute – Revue de Presse

Pour qu’une énergie dite « de transition » soit intéressante pour assurer le passage aux énergies propres et recyclables, elle doit être relativement abondante, moins émettrice de gaz à effet de serre (GES) que les énergies fossiles, ne pas nécessiter d’investissements supplémentaires trop lourds (supérieur à celui requis pour la poursuite de l’exploitation des énergies fossiles) et avoir une disponibilité et un rendement comparable aux énergies fossiles dominantes actuelles : le charbon, le pétrole et l’uranium . Au moment où les entreprises énergétiques du fossile font le forcing auprès des dirigeants européens et plus largement auprès des représentants participants à la conférence mondiale sur le climat (COP21), rétablissons quelques vérités.

  • Les réserves européennes sont très insuffisantes, c’est que qu’affirme le Conseil consultatif des académies des sciences européennes (EASAC).
  • Le gaz de schiste est un puissant gaz à effet de serre contribuant à court terme au réchauffement climatique. Son exploitation génère des fuites de Méthane, gaz a effet de serre entre 75 et 105 fois plus important que le CO² renforcée par la multiplicité des forages nécessaires en comparaison de l’exploitation des gisements conventionnels.
  • L’exploitation du gaz de schiste nécessiterait un investissement très coûteux qui priverait l’investissement dans des solutions renouvelables et plus propres, et repousserait d’autant la mise en œuvre de solutions énergétiques durables et compétitives.
  • Le prix anormalement bas aux États Unis provient du fait que la production est très supérieure à la capacité absorption intérieure et que la loi interdit -pour le moment- l’exportation des hydrocarbures. Paradoxalement (et malgré l’affirmation selon laquelle les pétrole et gaz de schiste c’est l’« indépendance énergétique » , les importations d’hydrocarbures continuent d’y représenter une portion très importante de leur consommation énergétique. Ceci est vérifié par le mouvement de désinvestissement qui a déjà commencé et s’accélère face à la pression mise par l’Arabie Saoudite.
  • Si une partie de cette production, sous la pression du lobby pétrolier, était finalement exportée elle serait soumise à une infrastructure lourde et inexistante actuellement de GNL export, demandant de nouveaux investissements considérables qui ne permettraient certainement pas le maintien de prix aussi bas .
  • Les gisements de gaz de schiste produisent pour de courtes périodes, le déclin rapide de la production nécessite la multiplication des opérations de fracturation et rend l’exploitation rapidement non rentable. Extraits du rapport du Post Carbon Institute : … « La productivité des puits de quatre des sept bassins de gaz de schiste est déjà en chute irréversible : les schistes de Haynesville, les schistes de Fayetteville, les schistes de Woodford et les schistes Barnett. La baisse moyenne de production sur trois ans pour les sept bassins de gaz de schiste mesurés pour le rapport était d’entre 74 et 82%. La baisse annuelle moyenne de la production dans les sept bassins de gaz de schiste mesurés pour le rapport est d’entre 23 et 49%. Ce qui veut dire : entre un quart et la moitié de toute la production de chaque bassin doit être remplacé chaque année juste pour continuer à tourner au même rythme avec l’obligation de forer sans arrêt et d’ extraire la même quantité de gaz de la terre. » Les conclusions de l’auteur du rapport( J. David Hughes, membre associé de l’Institut Post Carbon,) sont très différentes des projections optimistes publiées par l’EIA, sous-unité statistique du Département américain de l’Energie. Hughes a écrit, dans le résumé exécutif du rapport : « La baisse de production des gisements de Bakken et d’Eagle Ford les plus importants pour l’huile et le gaz, est de 45% et 38% par an respectivement. Voilà la quantité qui doit être remplacée tous les ans grâce à d’autres forages, pour simplement maintenir la production au niveau actuel. »
  • La production de gaz de schiste est elle-même grande consommatrice d’énergie et précisément d’hydrocarbures (production de l’énergie nécessaire au transport et à l’installation des tours de forage puis à la mise en œuvre des forages, aux opérations de fracturation, à la production et au transport des matériaux nécessaires à la fracturation (matériaux de soutènement tels que le sables, adjuvants chimiques, eau) retraitement des boues de forages et de l’eau contaminée, transport des hydrocarbures…
  • La transition vise aussi à préserver des ressources comme l’eau, l’exploitation des hydrocarbures en génère une grande consommation. Cet usage industriel de l’eau ne doit pas entrer en conflit avec l’approvisionnement d’eau pour l’homme ou l’agriculture
  • La transition vers un modèle durable suppose de préserver des réserves qui pourront peut-être profiter aux générations futures pour des activités spécifiques destinées à d’autres fonctions que la production d’énergie.
  • La spécificité de l’exploitation par la mise en œuvre de nombreux forages – et dont on sait que la rentabilité est extrêmement courte, supposerait de convaincre les populations dont on souhaite obtenir l’accord.
  • Les forages lorsqu’ils ne sont plus rentables seront rebouchés constituant de possible « bombes à retardement » dont les conséquences seront à la charge des populations riveraines et contribuables. A termes les fissures provoquées par les opérations de fracturation hydraulique sur ces puits devenus « orphelins » pourront laisser échapper le méthane dans l’eau ou l’atmosphère sans que ces fuites ne soient contrôlables (lire ici, ici et ). La qualité et la durabilité de la cimentations (lire ici) des puits de forage n’est pas maîtrisable et présente des risques de fuites fugitives qui pourront apparaître bien des années après la fin de l’exploitation … et le désengagement total de la responsabilité sociétale et environnementale des entreprises.

Marcellus déclin de productionplus ya de trous moins ya de fromage

(!) Info minute – Revue de Presse

Malgré l’état d’urgence, la préfecture de Moselle a décidé de ne pas interdire la manifestation contre les gaz de couche en Moselle-Est qui aura donc bien lieu :  RDV le Mercredi 02 décembre 2015 à 14h à Metz (rdv colonne Merten – en Face de la République, à l’entrée Serpenoise)

Après plusieurs tentatives infructueuses de forages en Moselle Est, à Diebling et Folschviller, l’entreprise EGL/Française de l’Energie s’obstine : Trois enquêtes publiques sont en cours. (voir communiqué de presse du 14 octobre 2015)

L’entreprise australienne « EGL » alias « Française de l’Energie » déclare** qu’elle utilise un procédé d’extraction qui ne fait pas intervenir la fracturation hydraulique. gaz de couche non merciMais ces demandes d’autorisations successives malgré l’absence de résultat laissent présager le pire en cas de revirement législatif vis à vis de l’interdiction de ce procédé dangereux pour les nappes d’eau.

Voir la vidéo : « Octobre 2015 – Gaz de houille en Lorraine. Fracturation hydraulique et stimulation ? Le consultant d’EGL/Française de l’Energie s’embrouille face au conseil municipal de Longeville »

A l’heure de la COP21, alors que tous les conseils municipaux (Longeville, Zimming, Lachambre) consultés dans le cadre de l’enquête publique en cours viennent de voter contre le projet, alors que les forages précédents (Freybouse, Tritteling, Redlach, Pontpierre et Loupershouse) ont été autorisés en 2012 sans enquête publique bien qu’elle était nécessaire, alors que les commissaires enquêteurs ont refusé de prolonger ces enquêtes malgré les nombreuses questions restées sans réponse…

Venez tous dire votre indignation et soutenir le collectif local contre les gaz de houille qui organise cette manifestation le mercredi 02 décembre 2015 à 14h à Metz (rdv colonne Merten – en face de la République, à l’entrée de la rue Serpenoise).

Gaz et pétrole de schiste ou de houille Ni ici Ni Ailleurs!

Notes : **

Dans ce document officiel à destination du ministère de l’environnement, EGL affirme en conclusion que : « La fracturation hydraulique n’a pas été utilisée dans les travaux conduits par la Compagnie, et les plans de travail qui seraient mis en place sur le permis de Bleue Lorraine Nord ne considèrent pas l’utilisation de cette technique. » Ces affirmations incluent les forages réalisés en 2006 et 2008 (Diebling/Folschviller) par la compagnie.

Rapporté dans cet article de presse on peut lire (2008) : « « Nous utilisons des techniques de forage horizontales et de fracturation », explique la géologue Virginie Poirier. « Celles-ci consistent à faire craquer la couche de charbon pour libérer le gaz et permettre la migration du méthane vers la surface », précise-t-elle. »

Et là (2006) : « « Si les résultats sont probants – ce dont nous ne doutons pas -, nous engagerons l’exploitation en utilisant les techniques de forages horizontaux et de fracturation pour optimiser la migration du méthane », explique Gilbert Clark. »

Lors d’une réunion au conseil municipal.(cf video vers 22:30) M.Sutter, consultant EGL a réaffirmé qu’il n’y avait pas eu recours à des fracturation dans le cadre des travaux d’exploration de gaz de houille menés par EGL. Selon lui « La fracturation, dans les charbons Lorrains ne marche pas, je l’ai pratiqué au houillères, à Merlebach et à la Houve. On injectait…des trous…aussitôt..on arrivait à augmenter un peu la taille des fissures, aussitôt qu’on relâchait la pression les fissures…se refermaient, ça ne marche pas dans le charbon Lorrain. »