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(!) Info minute – Revue de Presse

Le message est clair. Il est constant et sans ambiguïté depuis 5 ans. Le gaz de schiste c’est « Non » ! 15 000 personnes se sont rassemblées ce dimanche 28 février 2016 à Barjac dans le Gard pour affirmer une nouvelle fois et avec fermeté leur refus de la recherche et de l’exploitation des hydrocarbures non conventionnels. Les pétrole et gaz de schiste et de couche, c’est non, ni ici ni ailleurs !

Ce rassemblement fait échos à la première grande mobilisation citoyenne contre le gaz de schiste à Villeneuve de Berg en Ardèche, il y a 5 ans, le 26 février 2011. Celle-ci avait conduit à rendre illégale la pratique de la fracturation hydraulique et mis un sérieux coup de frein aux ambitions des industriels dans la recherche de gaz de schiste en France.

Nous étions des milliers de manifestants à réclamer ce dimanche à Barjac (Gard), une loi claire interdisant toute exploration et exploitation des hydrocarbures non conventionnels.

Le défilé, organisé au lendemain de la forte mobilisation contre l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, a rassemblé 15.000 personnes. Les ruelles du petit bourg médiéval situé aux confins des Monts de l’Ardèche et des Cévennes, un des bastions de la résistance au gaz de schiste, ont résonné de « No Gazaran », « non au gaz de schiste », « transition maintenant »!stop gaz de schiste barjac 4

En tête du cortège rassemblant toutes les générations et manifestant au rythme des percussions, de nombreux élus, essentiellement locaux, ont manifesté ceints de leur écharpe tricolore. Parmi les opposants, certains avaient fait de longs trajets pour prendre part à la mobilisation.

Les promesses non tenues

« La ministre de l’Écologie Ségolène Royal n’a cessé de nous faire des promesses non tenues, comme tous ses prédécesseurs. On en a assez, si le gouvernement socialiste veut légiférer, il faut qu’il le fasse tout de suite », avait auparavant réclamé Paul Reynard, l’un des porte-paroles des collectifs anti-gaz de schiste, lors d’une conférence de presse à laquelle participaient une centaine de journalistes. « A défaut, la mobilisation, non violente depuis le début, pourrait se transformer en blocages: S’il faut en arriver là, nous sommes organisés», a rappelé Sébastien Espagne, un autre porte-parole du mouvement.

La loi reste imparfaite et doit être corrigée

En 2011, la loi Jacob a interdit la technique d’extraction par fracturation hydrauliqstop gaz de schiste barjac 3ue, mais pas la recherche. Or les pétroliers et autres multinationales misent sur le long terme (…), espérant que le pouvoir politique changera et leur permettra d’exploiter des hydrocarbures au mépris des conséquences catastrophiques sur l’environnement et le réchauffement climatique. C’est la ré-attribution à TOTAL fin janvier du permis de recherches de Montélimar par le tribunal administratif de Cergy-Pontoise (Val d’Oise) qui a relancé la mobilisation (lire ici et ). « Cette décision a vraiment mis en colère les gens. Ça a beaucoup élargi notre mouvement », a commenté M. Reynard. « Mme Royal a fait appel mais ce n’est pas suffisant », a souligné Sébastien Espagne.

Révision du code minier, serpent de mer ou patate chaude

De son côté, Mme Royal assurait dimanche soir sur France 3 qu’ « il n’y aura(it) plus de permis pour rechercher les gaz de schiste et le nouveau code minier, qui est en cours de réforme, intègrera cette interdiction » avant d’ajouter que « Cette disposition s’appliquera à tous les permis de recherche d’hydrocarbures en cours de validité et aux demandes de permis en cours d’instruction ». « Le projet de réforme du code minier sera présenté au Conseil d’État au cours du premier semestre 2016 », a ensuite ajouté la ministre dans un communiqué.

Cette réforme du code minier est un serpent de mer et les collectifs citoyens demandent à nouveau des actes concrets et notamment que les 133 demandes de permis en cours d’instruction en France soient rejetées et que les permis qui ont été accordés soient abrogés.

Nous demandons au gouvernement d’avoir le courage politique d’interdire clairement et totalement le gaz de schiste.

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Avec AFP

(!) Info minute – Revue de Presse

Article publié par l’Université Cornell des États-Unis le 21 Août 2015 sous le titre « un pont vers nulle part« 

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Le gaz naturel est présenté comme un ‘carburant relai’ (‘pont’ en anglais) qui permet l’utilisation d’énergie fossile tout en réduisant des émissions à effet de serre vis-à-vis du pétrole ou du charbon. Depuis 2009, le gaz naturel provient de plus en plus de gaz de schiste au fur et mesure que les sources de gaz conventionnel s’amenuisent. Aujourd’hui plus de 40% de gaz naturel américain est du gaz de schiste. Est-il réellement un carburant ‘relai’?

Selon la première étude sur les émissions de gaz à effet de serre, Howarth, Santoro et Ingraffea ont conclu qu’à cause du méthane le gaz de schiste a un impact climatique plus important que le charbon ou le pétrole (avril 2011, ‘climatic Change Letters’). Ils ont par la suite demandé que de nouvelles mesures soient effectuées afin de mieux cerner ces émissions de méthane. Une multitude de nouvelles informations a été publiée depuis, et passée en revue par Howarth en 2014 (Energy Science & Engineering) puis encore en 2015 (Energy & Emission Control Technologies). Cet article fait la synthèse de ces mises au point.

La recherche la plus récente confirme l’analyse de 2011, et suggère que les émissions à effet de serre du schiste – dominées par le méthane – sont importantes, et qu’elles auront des conséquences désastreuses pour le climat.

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Source: Howarth (2015) Energy & Emission Control Technologies.
Méthane comparé au dioxyde de carbone sur 20 ans suivant l’émission dans l’atmosphère. Illustration des émissions directes de CO₂ et des émissions de méthane exprimées en quantités équivalentes de CO₂. Les barres verticales illustrent la fourchette de valeurs la plus probable pour le gaz de schiste et le gaz naturel conventionnel.

CO₂ contre méthane:
  • Le méthane est plus de cent fois plus puissant en termes de rechauffement climatique tant que les deux gaz sont présents dans l’atmosphère.
  • L’atmosphère contient davantage de CO₂ que de méthane, ce qui le met en première place niveau réchauffement, mais le méthane est important aussi : 1,66 watts par m² pour le CO₂ contre 1,0 pour le méthane.
  • Le temps de résidence dans l’atmosphère des deux gaz sont très différents : un peu plus d’une décennie pour le méthane et des siècles pour le CO₂.
  • A cause de sa longue durée dans l’atmosphère, des réductions en CO₂ ne peuvent agir sur le réchauffement climatique que très lentement, ce qui mène à un laps de temps de plusieurs décennies avant d’en voir des bénéfices.
  • Compte tenu du temps de résidence plus court du méthane, des réductions en émissions mènent à un effet quasi-immédiat sur l’atmosphère : donc en réduisant les émissions de méthane, on peut ralentir de façon rapide et significative.

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Source: Shindell and others (2012). Science 335: 183-189.

Dans les 15 ans à venir la planète se réchauffera à des niveaux très dangereux, doublant l’augmentation totale en température survenue depuis le début de l’ère industrielle. Des points de bascule dans le système climatique peuvent survenir, provoquant un emballement incontrôlé de température. C’est seulement en réduisant les émissions de méthane et les émissions de carbone (carbone noir, ou BC, black carbon) que la société pourra ralentir la vitesse de réchauffement et déclencher un changement de direction radical vers une économie d’énergies renouvelables. L’industrie du gaz est de loin la source la plus importante d’émissions de méthane aux Etats-Unis.

L’industrie gazière émet combien de méthane?

Le méthane est un agent de réchauffement climatique 100 x plus puissant que le CO₂. Les émissions de méthane sont mieux connus aujourd’hui qu’en 2011, mais les estimations restent néanmoins incertaines. La meilleure à cette date concernant les émissions dues au gaz conventionnel provient d’une analyse de plus de 12 000 observations conduites avant le développement d’extraction de gaz de schiste à grande échelle (Miller et al., 2003, Proceedings of the National Academy of Sciences). La meilleure estimation concernant le gaz de schiste provient d’observations d’augmentation de des émissions de méthane depuis des satellites notées avant et après le développement de forages de gaz de schiste -Schneising et al., 2014, Earth’s Future). La plupart des autres observations portent sur de courtes durées, il est  donc difficile d’établir le rapport à la production de gaz sur le laps de temps d’exploitation d’un forage. Les estimations les plus basses – partie d’une étude promue par le Fonds de Défense de l’Environnement (Environmental Defense Fund) en coordination avec l’industrie – ont été mises en cause à cause du manque de fiabilité des sondes dans la technologie de mesure utilisée (Howard, 2015, Energy Science & Engineering).

Les émissions de CO₂ des énergies fossiles aux USA sont tombées depuis 2007 en grande partie à cause de la récession économique, mais aussi au fait de passer du charbon au gaz de schiste. Pourtant, quand les émissions de méthane sont calculées de façon précise, les émissions de gaz à effet de serre totales ont rapidement augmenté depuis quelques années. En 2013, les émissions de méthane ont contribué 40% à toutes les émissions d’énergie fossiles aus USA. La façon dont l’EPA fait ses calculs sous-estime radicalement leur importance.

Shindell et al 2012 figure

Émissions à effet de serre totales issues des énergies fossiles aux États-Unis pendant l’année 2013 et projections basées sur des calculs du Département de l’Energy Américain . La ligne grise correspond aux seules émissions de CO₂. La ligne rouge illustre le méthane. La ligne verte démontre les émissions combinées estimées par L’EPA américain qui sous-estime de loin les émissions de méthane et leur importance. La ligne bleue indique un scenario possible pour le futur avec la réduction d’émissions de méthane issu du gaz de schiste, avec des hypothèses très optimistes concernant la capacité réglementaire à les réduire. Source : Howarth 2015, Energy and Emission Control Technologies.

Réponses aux questions les plus courantes:

Les émissions de CO₂ ne sont-elles pas moindres pour le gaz naturel que pour le charbon? Oui. Mais les émissions de méthane sont par plus importantes, en particulier pour le gaz de schiste. Quand on prend en compte le méthane, les émissions à effet de serre du gaz naturel sont plus importantes que pour le charbon, surtout quand on analyse le cumul sur vingt ans suivant leur émission.

J’ai entendu que le méthane est 21 fois plus puissant comme gaz à effet de serre que le CO₂. Est-ce que c’est vrai? Non, cette idée est basée sur un rapport du GIEC datant de 1995. Le GIEC nous informe aujourd’hui que le méthane est plus de 100 fois plus puissant pour la première décennie après son émission, 86x sur vingt ans, et 34x sur un siècle. Les périodes les plus courtes sont les plus appropriées à retenir, vu l’urgence de ralentir le réchauffement climatique sur les dix à vingt ans à venir – et quand on tient en compte l’idée d’un ‘carburant ‘pont’ ou de transition,

Pourquoi les estimations EPA (Environmental Protection Agency) de méthane sont-elles si basses? L’EPA nous dit que le méthane est 25 fois plus puissant que le CO₂, en tenant compte uniquement d’une échelle de temps d’un siècle et en utilisant de l’information d’un rapport GIEC de 2007 plutôt que celle d’un rapport de 2013. De plus, leurs estimations des émissions de méthane sont bien trop basses et sont en contradiction avec les résultats scientifiques récents.

La réglementation peut-elle réduire les émissions de méthane à un taux acceptable? Les émissions de méthane proviennent de sources multiples, des sites de forage jusqu’à la livraison par pipelines aux clients acheteurs. Beaucoup de ces étapes restent mal étudiées. Réduire les émissions coûte cher, en particulier sur les pipelines et les bacs de stockage qui ont souvent 50 à 100 ans d’âge, et où l’application des normes est problématique. La société ferait mieux d’investir dans l’infrastructure d’énergies renouvelables.

Si le gaz naturel n’est pas un carburant relai, ne devons-nous pas brûler du charbon à sa place? Non. Les émissions élevées de CO₂ du charbon auront une influence durable sur l’atmosphère et le climat pendant des siècles entières. Il est plus que temps de quitter toutes les énergies fossiles pour adopter les technologies d’énergie renouvelable du 21ième siècle.

Les vaches ne sont-elles pas davantage une source de méthane que l’industrie du gaz? Au niveau mondial l’élevage de bétail et l’industrie du gaz sont comparables. Aux États-Unis l’industrie du gaz est la source la plus élevée par loin, mais les deux sources devraient être réduites.

Informations complémentaires en anglais

(!) Info minute – Revue de Presse

Pour qu’une énergie dite « de transition » soit intéressante pour assurer le passage aux énergies propres et recyclables, elle doit être relativement abondante, moins émettrice de gaz à effet de serre (GES) que les énergies fossiles, ne pas nécessiter d’investissements supplémentaires trop lourds (supérieur à celui requis pour la poursuite de l’exploitation des énergies fossiles) et avoir une disponibilité et un rendement comparable aux énergies fossiles dominantes actuelles : le charbon, le pétrole et l’uranium . Au moment où les entreprises énergétiques du fossile font le forcing auprès des dirigeants européens et plus largement auprès des représentants participants à la conférence mondiale sur le climat (COP21), rétablissons quelques vérités.

  • Les réserves européennes sont très insuffisantes, c’est que qu’affirme le Conseil consultatif des académies des sciences européennes (EASAC).
  • Le gaz de schiste est un puissant gaz à effet de serre contribuant à court terme au réchauffement climatique. Son exploitation génère des fuites de Méthane, gaz a effet de serre entre 75 et 105 fois plus important que le CO² renforcée par la multiplicité des forages nécessaires en comparaison de l’exploitation des gisements conventionnels.
  • L’exploitation du gaz de schiste nécessiterait un investissement très coûteux qui priverait l’investissement dans des solutions renouvelables et plus propres, et repousserait d’autant la mise en œuvre de solutions énergétiques durables et compétitives.
  • Le prix anormalement bas aux États Unis provient du fait que la production est très supérieure à la capacité absorption intérieure et que la loi interdit -pour le moment- l’exportation des hydrocarbures. Paradoxalement (et malgré l’affirmation selon laquelle les pétrole et gaz de schiste c’est l’« indépendance énergétique » , les importations d’hydrocarbures continuent d’y représenter une portion très importante de leur consommation énergétique. Ceci est vérifié par le mouvement de désinvestissement qui a déjà commencé et s’accélère face à la pression mise par l’Arabie Saoudite.
  • Si une partie de cette production, sous la pression du lobby pétrolier, était finalement exportée elle serait soumise à une infrastructure lourde et inexistante actuellement de GNL export, demandant de nouveaux investissements considérables qui ne permettraient certainement pas le maintien de prix aussi bas .
  • Les gisements de gaz de schiste produisent pour de courtes périodes, le déclin rapide de la production nécessite la multiplication des opérations de fracturation et rend l’exploitation rapidement non rentable. Extraits du rapport du Post Carbon Institute : … « La productivité des puits de quatre des sept bassins de gaz de schiste est déjà en chute irréversible : les schistes de Haynesville, les schistes de Fayetteville, les schistes de Woodford et les schistes Barnett. La baisse moyenne de production sur trois ans pour les sept bassins de gaz de schiste mesurés pour le rapport était d’entre 74 et 82%. La baisse annuelle moyenne de la production dans les sept bassins de gaz de schiste mesurés pour le rapport est d’entre 23 et 49%. Ce qui veut dire : entre un quart et la moitié de toute la production de chaque bassin doit être remplacé chaque année juste pour continuer à tourner au même rythme avec l’obligation de forer sans arrêt et d’ extraire la même quantité de gaz de la terre. » Les conclusions de l’auteur du rapport( J. David Hughes, membre associé de l’Institut Post Carbon,) sont très différentes des projections optimistes publiées par l’EIA, sous-unité statistique du Département américain de l’Energie. Hughes a écrit, dans le résumé exécutif du rapport : « La baisse de production des gisements de Bakken et d’Eagle Ford les plus importants pour l’huile et le gaz, est de 45% et 38% par an respectivement. Voilà la quantité qui doit être remplacée tous les ans grâce à d’autres forages, pour simplement maintenir la production au niveau actuel. »
  • La production de gaz de schiste est elle-même grande consommatrice d’énergie et précisément d’hydrocarbures (production de l’énergie nécessaire au transport et à l’installation des tours de forage puis à la mise en œuvre des forages, aux opérations de fracturation, à la production et au transport des matériaux nécessaires à la fracturation (matériaux de soutènement tels que le sables, adjuvants chimiques, eau) retraitement des boues de forages et de l’eau contaminée, transport des hydrocarbures…
  • La transition vise aussi à préserver des ressources comme l’eau, l’exploitation des hydrocarbures en génère une grande consommation. Cet usage industriel de l’eau ne doit pas entrer en conflit avec l’approvisionnement d’eau pour l’homme ou l’agriculture
  • La transition vers un modèle durable suppose de préserver des réserves qui pourront peut-être profiter aux générations futures pour des activités spécifiques destinées à d’autres fonctions que la production d’énergie.
  • La spécificité de l’exploitation par la mise en œuvre de nombreux forages – et dont on sait que la rentabilité est extrêmement courte, supposerait de convaincre les populations dont on souhaite obtenir l’accord.
  • Les forages lorsqu’ils ne sont plus rentables seront rebouchés constituant de possible « bombes à retardement » dont les conséquences seront à la charge des populations riveraines et contribuables. A termes les fissures provoquées par les opérations de fracturation hydraulique sur ces puits devenus « orphelins » pourront laisser échapper le méthane dans l’eau ou l’atmosphère sans que ces fuites ne soient contrôlables (lire ici, ici et ). La qualité et la durabilité de la cimentations (lire ici) des puits de forage n’est pas maîtrisable et présente des risques de fuites fugitives qui pourront apparaître bien des années après la fin de l’exploitation … et le désengagement total de la responsabilité sociétale et environnementale des entreprises.

Marcellus déclin de productionplus ya de trous moins ya de fromage

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Voilà ce que diraient à la Ministre de l’Écologie, si elle prenait 15 minutes pour les écouter, des citoyens engagés depuis 2011 dans des collectifs locaux de France. A la veille de la Conférence Mondiale sur le Climat c’est business as usual, le gouvernement délivre des permis de recherche d’hydrocarbures et communique pour dire qu’il ne souhaite pas qu’on autorise les travaux…

Madame la Ministre,

Le 21 septembre dernier, vous et Mr le Ministre de l’Économie, Emmanuel Macron, avez accordé trois nouveaux permis de recherche d’hydrocarbures liquides ou gazeux (permis de Champfolie en Seine-et-Marne, d’Herbsheim dans le Bas-Rhin et d’Estheria dans la Marne). Vous avez également décidé d’en prolonger deux autres jusqu’à fin 2018 (permis de Bleue Lorraine en Moselle et de Juan de Nova Maritime Profond dans « les Iles Eparses » au large de Madagascar). Vous aviez déjà, quelques jours auparavant, accordé une autorisation de prospection au large de St Pierre et Miquelon.

Pour mémoire, entre 2009 et 2011, plusieurs documents déposés par les entreprises pétrolières concernées, évoquaient sans ambiguïté la recherche d’hydrocarbures non conventionnels et faisaient état de leur savoir-faire en matière d’exploitation de pétrole ou de gaz de schiste. Certes, ces mêmes entreprises ont signé, depuis la loi Jacob de juillet 2011, un document par lequel elles s’engagent à respecter la loi, en ne procédant pas à des fracturations hydrauliques.

Mais les objectifs géologiques, eux, n’ont pas changé ! Avant la loi Jacob, la plupart de ces projets avaient des objectifs géologiques non conventionnels. Par quel artifice, en 2015, ces objectifs non conventionnels sont-ils devenus conventionnels ?

En 2014, lors des débats de la Commission spéciale de l’Assemblée nationale, chargée d’examiner le projet de loi relatif à la transition énergétique, vous aviez évoqué au sujet des hydrocarbures nonS ROYAL gaz de schiste bulle spéculative conventionnels, les “dommages graves en terme de santé publique causés aux riverains” et la “dégradation de l’environnement avec l’abandon des puits de gaz de schiste lorsqu’ils seront épuisés”. Le 28 septembre 2014, sur Europe 1, vous déclariez : “Pas d’exploitation de gaz de schiste tant que je serai là”. Vous aviez alors qualifié cette énergie de “bulle spéculative” qui “ne va rien rapporter du tout”. Vous aviez dit que “les experts américains en reviennent du gaz de schiste, d’abord à cause des dégâts environnementaux et ensuite parce que les entreprises ne referment pas les puits qu’ils creusent. Vous aviez ajouté: “Tant que je serai ministre de l’Écologie, il n’y aura pas d’exploitation de gaz de schiste en France. Tout doit être dirigé vers l’économie d’énergie et les énergies renouvelables.” Vous aviez également exprimé (en 2007) votre attachement à la parole et à l’expertise citoyennes affirmant que “l’expertise citoyenne est précieuse si l’on veut prendre les bonnes décisions…” tout en précisant que les citoyens sont “les meilleurs experts de ce qu’ils vivent”. Mais, concrètement, qu’en est-il ?

Déjà en septembre 2014, plusieurs collectifs citoyens, ayant acquis une réelle expertise depuis 5 ans sur le dossier des « pétrole, gaz de schiste et gaz de couche », afin de vous alerter, vous ont adressé des courriers. Vous n’avez jamais donné suite ! Pourquoi déjà à cette époque, ni pour les demandes d’attributions de nouveaux permis (Dormans, Gastins, etc…), ni pour les demandes de renouvellement des permis de Mairy, Château-Thierry, etc. ni pour la demande de mutation de la Folie de Paris, n’aviez-vous accepté de rencontrer ces citoyens qui vous proposaient de partager leurs expertises ?

En septembre 2015, un an plus tard, l’Histoire se répète ! Sur France 5, le 3 octobre 2015, vous déclarez même, en seule réponse aux protestations des collectifs citoyens et d’autres associations à propos de ces attributions: « Ma conviction profonde et ma volonté, c’est que ces autorisations ne soient pas transformées en travaux… Une autorisation de recherche n’est pas une autorisation de travaux : entre les deux, il va falloir une étude d’impact sur l’effet sur l’environnement, une enquête publique auprès de la population ».

Mais savez-vous, Madame la Ministre, que tous les forages récemment autorisés par les préfets ont été précédés d’une notice d’impact (et pas d’une étude d’impact) et d’une enquête publique qui n’a qu’un rôle consultatif ?

Allez-vous donner, Madame la Ministre, les directives au Préfet de l’Essonne, afin qu’il n’autorise pas les 10 nouveaux forages demandés par la société Vermilion et prendre ainsi, en considération, l’avis de la population, des élus et du commissaire enquêteur qui se sont déclarés largement défavorables à ces forages ?

Savez-vous, Madame la Ministre, qu’une fois un permis octroyé, il est reconductible deux fois (par vous-même ou votre successeur) engageant ainsi l’État pendant 15 ans ?

Savez-vous que lorsque vous octroyez un permis, il est suivi d’un permis à exploiter (également appelé concession) quasi automatiquement ?

Savez-vous, Madame la Ministre, que pour octroyer un permis il faut que l’entreprise soit capable financièrement et techniquement ? “Nul ne peut obtenir un permis exclusif de recherches s’il nechamp-gaz-schiste possède les capacités techniques et financières nécessaires pour mener à bien les travaux de recherches” (Article L122-2 du Code Minier nouveau). Or, savez-vous que la Sté BlueBach, bénéficiaire du permis d’Herbsheim, est une entreprise à 8378 € de capital social, n’ayant jamais pris la responsabilité d’aucun forage jusqu’à maintenant ? Savez-vous que vous avez octroyé par mutation un permis (La Folie de Paris) à Concorde Energie, entreprise à 1000 € de capital social et que vous auriez pu refuser de signer cette mutation ?

Vous avez indiqué également sur France 5 que « le projet de loi sur la réforme du code minier qui sera débattu à l’assemblée nationale au mois de janvier, donnera des bases juridiques permettant au gouvernement de s’opposer à des recherches d’hydrocarbures qui ne sont absolument pas fondées ».

Mais savez-vous, Madame la Ministre, qu’il n’y a nulle part, dans ce nouveau code minier, de définition pour « les recherches d’hydrocarbures qui ne sont pas fondées » ?

Savez-vous, Madame la Ministre, que dans le projet de loi relatif au nouveau code minier, en l’état actuel du texte, le droit de suite n’est pas remis en cause et que tout pétitionnaire qui a obtenu un permis pour rechercher des substances, aurait automatiquement le permis pour les exploiter s’il trouve quelque chose ?

Savez-vous également que le projet de ce nouveau code minier prévoit de permettre au gouvernement de demander au parlement l’autorisation de légiférer par ordonnance pour tout ce qui est relatif à l’amodiation, la mutation et la fusion des titres miniers ?

Vous avez également indiqué sur France 5 que quatre permis avaient été refusés. Pouvez-vous nous indiquer de quels permis il s’agit ? Nous aurions ainsi la possibilité d’avoir des dossiers les plus à jour possible, car nous prenons très à cœur la qualité des informations que nous collectons. Ces refus de permis ne nous semblent pas avoir fait l’objet d’une publication officielle par les services de votre Ministère.

A la veille de la Conférence de l’ONU sur le changement climatique à Paris, le gouvernement encourage donc la poursuite des investissements dans la recherche de nouveaux gisements hollande ONU 2015d’hydrocarbures sur le territoire français. Une décision qui entre en contradiction avec les recommandations des scientifiques, qui ont clairement établi qu’il fallait geler 80 % des réserves actuelles prouvées d’hydrocarbures, pour avoir une chance raisonnable de ne pas dépasser les 2°C de réchauffement climatique d’ici la fin du siècle.

Partout dans le monde, l’urgence climatique est à l’ordre du jour. Que valent donc les promesses du Président François Hollande et des négociateurs français d’obtenir un « accord historique » à Paris et de « tout faire » pour rester en deçà des 2°C, si c’est pour entretenir cette fuite en avant extractiviste et les crimes climatiques qui en découlent ?

La France doit montrer l’exemple en décembre à Paris lors du sommet pour le climat. Le signal que vous et le gouvernement français donnez, n’est pas celui que nous, collectifs citoyens opposés à l’exploitation des gaz et pétrole de schiste et gaz de couche, sommes en droit d’attendre.

Madame la Ministre,
les collectifs citoyens français contre l’exploitation des pétrole, gaz de schiste et gaz de couche vous demandent instamment, une nouvelle fois :
– de ne signer plus aucun nouveau permis d’exploration,
– de ne signer aucune autorisation de prolongation,
– de ne signer aucun renouvellement de permis,
– de ne signer aucune mutation de permis exclusif de recherches d’hydrocarbures.

Bien évidemment, cette lettre reste imaginaire, elle n’a jamais existé, elle n’est pas envoyée à  la ministre qui n’aurait pas eu le temps de la lire. Elle vous permet chers lecteurs de rester informés sur notre état d’esprit notre détermination et cette mascarade perpétuée par un gouvernement qui prépare un avenir … pollué par les intérêts financiers et le manque d’ambition pour engager la véritable transition écologique que souhaitent de nombreux citoyens, ici et ailleurs!

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Un rapport du bureau recherche géologique des États-Unis (US Geological Survey – USGS) paru mardi (6 octobre 2015) déclasse le potentiel en pétrole de schiste du vaste gisement de Monterey en Californie. Cette étude met à jour en l’abaissant considérablement la dernière estimation du département américain de l’Énergie datant de 2011 et qui présentait le gisement de Monterey comme un élément clé de la production pétrolière des États-Unis. Les réserves étaient alors estimées à 13,7 milliards de barils de pétrole récupérable.

Le grand mensonge spéculatif des prévisions

En lieu et place de ces prévisions mirifiques, la nouvelle étude de l’US Geological Survey indique que la partie la plus riche en pétrole de la formation schisteuse de Monterey détiendrait seulement 21pschitt millions de barils de pétrole récupérables par des méthodes intensives, telles que la fracturation hydraulique ! Soit … 0,2% des prévisions globales pour ce bassin. Ce rapport se concentrait sur le bassin de San Joaquin, l’un des quatre bassins qui composent les 2800 kilomètres carrés du gisement de Monterey. Les prochains rapports de l’USGS fourniront une estimation du pétrole récupérable dans les trois autres bassins.

L’estimation de 2011 avait déclenché des fortes spéculations sur un boom pétrolier en Californie. Toutefois en 2014, les autorités fédérales de l’énergie avaient dégonflé les prévisions faites pour le gisement de Monterey, réduisant l’estimation globale de pétrole récupérable de 96 pour cent.

Malgré le dérèglement climatique un lobbying pro-gaz de schiste très actif

En Europe, en France, il existe encore un lobby très actif pour pousser à la recherche d’hydrocarbures non conventionnels. Dans un contexte actuel très peu propice aux investissements dans la recherche pétrolière et malgré les très nombreuses déconvenues en Pologne (qui devait être l’Eldorado européen du gaz de schiste) mais aussi en Roumanie, d’où les majors pétrolières se sont retirées les unes après les autres faute de résultats satisfaisants(voir 1 2 et 3), les puissantes compagnies pétrolières poursuivent lors lobbying pour freiner et saper l’établissement de réglementations européennes pour la protection des citoyens et de l’environnement. Pariant sur la remontée des cours des hydrocarbures ainsi que sur des changements politiques, ils pressent les gouvernements de leur délivrer des permis de recherche d’hydrocarbures.

Le pari de la déréglementation

En France, à la veille de la conférence internationale sur le climat (COP21), le gouvernement vient ainsi de délivrer de nouveaux permis de recherche de pétrole et de gaz autorisant ainsi les opérateurs à s’installer pour une durée de 15 ans (5 ans renouvelable deux fois). Ces derniers font le pari que la réglementation française interdisant de facto la prospection de pétrole et gaz de schiste (loi d’interdiction de la fracturation hydraulique) sera assouplie après les prochaines échéances électorales en 2017.

Encore une fois, c’est la mobilisation citoyenne qui permettra de bloquer ces projets. C’est la mobilisation citoyenne qui concourra au développement d’alternatives. Restons mobilisés dans la durée !

sources: KQOED Science  Stopgazdeschiste.org

(!) Info minute – Revue de Presse

« Nous ne sommes pas venus faire des affaires », a insisté François Hollande. « Nous sommes venus pour, avec les Cubains, faire un développement économique qui puisse être utile à Cuba, à la France et à la zone Caraïbes ». Cette visite programmée il y a déjà quelques mois émeut la classe politique et intellectuelle ainsi que les éditorialistes tant cette île des Caraïbes revêt de symboles depuis qu’elle avait entamé sa révolution en 1959.

Cuba, qui depuis le 7 février 1962 et suite aux nationalisations expropriant des compagniesFrançois Hollande à CUBA américaines, a connu un très sévère embargo économique de la part des proches États-Unis, reçoit la visite du chef de l’État français. Celle-ci matérialise l’accélération du rapprochement entre l’Union Européenne et Cuba et s’est caractérisée par la signature d’un accord entre la multinationale TOTAL et CubaPetroleo (Cupet) pour l’exploration de pétrole offshore au large des côtes cubaines(*). C’est ce que rapporte la télévision cubaine.

Une douzaine d’entreprises étrangères ont exploré les eaux profondes de Cuba ces dernières années avec les forages de plusieurs puits. Ceux-ci se sont avérés êtrTOTAL va forer a Cuba offshoree des échecs. TOTAL dans le début des années 1990 avait forés deux puits sans succès avant de quitter la zone en 1995.

Cuba affirme que sa zone économique exclusive au large de la côte nord-ouest détient plus de 20 milliards de barils de brut à découvrir. De son côté le bureau d’études géologiques des États-Unis (US Geological Survey) estime que la région détient entre cinq et sept milliards de barils.

Au même moment, le lundi 11 mai 2015, le gouvernement américain autorisait le groupe pétrolier Shell à réaliser des forages de pétrole ou de gaz dans l’océan arctique.

La conférence sur le climat qui se tiendra à Paris en décembre 2015 est décidément très mal partie.

(*) Edit 12/05/2015 12:30: Les agences de presse citent un porte-parole de TOTAL qui dément la signature d’un accord pour l’explo offshore. Il s’agirait d « un accord d’extension d’une lettre d’intention concernant un projet dans le Marketing & Services« . Toutefois, l’accord pour l’exploration offshore a bien été mentionné par la TV cubaine ainsi qu’un membre de la délégation française. source ici . Voilà voilà, quoiqu’il en soit « Nous ne sommes pas venus faire des affaires » et Cuba n’intéresse sûrement pas TOTAL E&P.

Sources: International Business Times, Le Monde

(!) Info minute – Revue de Presse

19 février 2015 – Alors que la France est censée avoir tourné le dos aux gaz et huiles de schiste en 2011 en interdisant la fracturation hydraulique, alors que leurs lourds impacts climatiques sont avérés (1), des sénateurs ont discrètement rouvert la porte à la recherche des hydrocarbures non conventionnels. Les collectifs citoyens ont alerté leurs élus, la majorité des sénateurs présents au Sénat ce soir a finalement rejeté ce projet qui contredisait la loi de Juillet 2011.
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Un amendement à l’article 49 du projet de loi relatif à la transition énergétique prévoyant « la vérification du potentiel de notre pays en hydrocarbures non-conventionnels » a été rejeté la nuit dernière, en séance plénière, par une majorité des sénateurs
 
Alors que le sénateur de l’Orne Jean-Claude Lenoir – qui fut chargé avec le député Bataille  par l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques (OPECST) d’ »étudier les techniques stop au gaz de schistealternatives à la fracturation hydraulique«  – a « sans vouloir ouvrir le débat » (sic!) fait un plaidoyer en faveur de la recherche de gaz de schiste, la ministre Ségolène Royal et plusieurs sénateurs ont opposé une argumentation claire sur le non-sens écologique sanitaire et économique d’engager le pays sur la voie du développement de ces énergies fossiles extrêmes.
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Conscients de la mobilisation citoyenne qui ne faiblit pas sur le terrain, les sénateurs français ont finalement choisi de ne pas prêter l’oreille aux industriels qui depuis 2011  font pression par tous les moyens pour que les gaz et huiles de schiste puissent être exploités coûte que coûte (2).
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L’engagement français doit être confirmé dans les actes et la durée
S’obstiner dans cette voie du passé nous exposerait non seulement à des coûts environnementaux et sanitaires, mais aggraverait également la situation sur le plan climatique mettant en échec la tentative de limiter le réchauffement climatique à 2 degrés avant la fin de siècle .
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Nous attendons donc la transformation des déclarations de la Ministre en actes: Le rejet des permis de recherche et demandes de permis non conventionnels doit être formalisé.
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A la veille de l’accueil en décembre 2015 de la conférence de l’ONU sur le climat à Paris (COP 21),  notre pays doit confirmer son engagement pour développer un modèle énergétique moins carboné et à terme post-fossile.
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Nous continuerons de nous battre pour préserver l’interdiction de la recherche et de l’exploitation des gaz et pétrole de schiste et de couche et promouvoir l’orientation de la recherche vers les énergies plus propres et renouvelables.
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Notes :
    (1) Des études de terrain menées aux États-Unis démontrent que jusqu’à 12% de fuites de méthane sont associées à l’exploitation des hydrocarbures non conventionnels.
    (2) Les industriels du secteur viennent de créer un « Centre des hydrocarbures non conventionnels (CHNC)«  afin selon eux d‘« apporter une information scientifique sur ces sujets », et de « sortir de cet esprit d’obscurantisme où on est plongé ». Il est présidé par Jean-Louis Schilansky, ancien patron de l’Union française des industries pétrolières (Ufip). En savoir plus : http://www.lesechos.fr/industrie-services/energie-environnement/0204150084159-gaz-de-schiste-lindustrie-cree-un-centre-dinformation-1091990.php
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