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La vigilance citoyenne est de mise ! Car la nouvelle offensive à laquelle on assiste depuis quelques semaines risque de remettre en cause les engagements pris par le gouvernement contre la recherche et l’exploitation des huiles et gaz de schiste. Une offensive qui vise également à remettre en cause le principe de précaution. La vigilance doit être renforcée et l’information circuler avant qu’il ne soit trop tard.

Des permis en cours de signature qui déboucheront sur des forages
  • Dans le Lubéron, habitants et élus locaux sonnent le tocsin. En effet, un projet d’arrêté signé des ministères de l’Écologie et de l’Économie, et accompagné de documents mentionnant The Tocsin of Libertyles avis favorables des préfets de Vaucluse, des Alpes-de-Haute-Provence et des Bouches-du-Rhône est en attente de la décision du conseil général de l’économie de l’industrie, de l’énergie et des technologies (CGEIET). Ce document de trois pages, c’est le projet de permis exclusif de recherches de mines d’hydrocarbures liquides ou gazeux (PERH), dit “permis de Calavon”. Comme à chaque fois, la population et les élus locaux n’ont pas été tenus informés des projets et se retrouvent devant le fait accompli !
  • Dans le Gard et en Ardèche, c’est le permis de la plaine d’Alès qui fait l’objet de bien des questions. Les collectifs locaux et les élus n’obtiennent aucune réponse à leurs questions de la part de l’autorité publique. Et ce permis concerne lui-aussi des hydrocarbures non-conventionnels.
  • Dans l’Ain et le Jura, c’est le permis des Moussières qui fait l’objet d’une vaste campagne de désinformation menée par Celtique la compagnie titulaire du permis dont elle a demandé le renouvellement. Localement, la population, les élus locaux et régionaux se sont mobilisés pour demander le rejet de cette demande. Ils ont en cela le soutien objectif du projet de l’Ain et de la DREAL Rhône-Alpes, l’un et l’autre ayant émis un avis défavorable à cause des risques majeurs liés à un tel projet.
  • Dans le Languedoc Roussillon d’autres inquiétudes persistent avec la décision à prendre de renouveler ou pas le permis dit de Plaine du Languedoc.
La folie ne s’arrête pas là. Les Ministères de l’Écologie et de l’Économie ont en effet ressorti des dossiers de demande de permis de recherche d’hydrocarbure pour lesquels ils s’apprêtent à délivrer des autorisations.
Inconsistance de politiques: déboulonnage du principe de précaution en vue!

La presse l’a rapporté, lors de son premier discours de campagne, Nicolas Sarkozy – l’ex-président qui brigue à présent la chefferie de son parti, a fait des déclarations enflammées au sujet des hydrocarbures non -paul-desmarais-nicolas-sarkozyconventionnels affirmant qu’il ne «peut pas accepter que les États-Unis soient devenus du point de vue de l’énergie indépendants grâce au gaz de schiste et que la France ne puisse pas profiter de cette nouvelle énergie alors que le chômage ravage tant de nos territoires et tant de nos familles, c’est inacceptable». Une succession de fables puisque d’une part les États-Unis n’ont pas atteint l’indépendance énergétique avec l’exploitation des gaz de schiste (même si on y ajoute celle des pétroles de schiste) et que d’autre part on sait que l’exploitation des gaz de schiste, si elle était lancée en France, serait génératrice de très peu d’emplois, une infime quantité d’emplois durables et qu’à l’inverse les activités mises à risque par l’exploitation des hydrocarbures, elles, représentent des emplois de proximité.
Rappelons quand-même que c’est sous la présidence de M. Sarkozy que la loi visant à interdire l’exploration et l’exploitation des mines d’hydrocarbures liquides ou gazeux par fracturation hydraulique a été votée et publiée.
Ce qui est présenté comme un « revirement de Sarkozy », n’est qu’en fait l’expression de l’attachement de l’ex-Président au vieux modèle économique dont le fonctionnement est basé sur la consommation d’énergie fossile. Est-ce que les forts liens d’amitiés qui l’unissent à la famille Desmarais l’obligeraient ? (lire aussi ceci).
Segolene Royal stop gaz de schisteAlors qu’elle s’était arrêtée en Ardèche pendant la campagne électorale de 2012  pour clamer son opposition à la recherche de gaz de schiste, Ségolène Royal maintenant ministre en charge de l’Écologie, de la protection de l’environnement et des énergies durables du pays devant accueillir la conférence internationale sur le climat en 2015, serait à la veille de relancer la recherche d’hydrocarbures (non conventionnels de surcroit) sur le sol national ?

françois hollande stop gaz de schisteQue doit-on attendre encore ? Un discours de François Hollande nous annonçant qu’il « a changé » et que lui Président, finalement il va damer le pion à Sarkozy et relancer la recherche de gaz de schiste en France ?

Face à ces incertitudes et ce jeu de dupes, la vigilance doit être renforcée et l’information doit être largement relayée avant qu’il ne soit trop tard. Car on le sait, un forage de recherche même effectué dans les meilleures conditions technologiques, c’est :
  • La création d’un droit de recherche d’hydrocarbure convertible d’un trait de plume en droit d’exploitation
  • Prendre le risque de polluer les sources en eau et assurément polluer l’air lors de l’extraction puis de l’utilisation des hydrocarbures
  • Préparer le mitage de territoires entiers
  • Ouvrir les territoires à l’invasion de lieux de vie et d’exploitation agricoles par des plateformes de forage et des tours de forage et d’extraction, à l’augmentation du trafic routier
  • Un investissement perdu pour d’autres recherches notamment pour le développement des énergies renouvelables et l’amélioration des solutions visant la sobriété et l’efficacité énergétiques
  • Tourner le dos aux solutions durables et aux objectifs de réduction des énergies fossiles alors que ce modèle économique est à bout de souffle.
Le samedi 11 octobre 2014, soyons nombreux à signifier notre rejet de la recherche de ces hydrocarbures non conventionnels lors des mobilisations en France, en Europe et ailleurs.

(!) Info minute – Revue de Presse

jouarre 22 09 2013 13La bataille a été longue et elle aboutit à une décision du tribunal administratif de Melun qui réjouira l’ensemble des citoyens, élus et associations qui se sont battus contre ces projets de forage de pétrole et gaz de schiste, localement, en Seine-et-Marne et partout en France.

Ce matin c’est par un tweet de l’avocat Arnaud Gossement que l’on apprend la décision du tribunal de Melun « @ArnaudGossement Exclu – #schiste : le tribunal administratif de Melun vient d’annuler totalement l’autorisation de forage revendiquée par Hess à Nonville 77 »

Information relayée plus tard par l’AFP : « Le tribunal administratif de Melun a interdit mercredi un forage d’exploration pétrolière à Nonville (Seine-et-Marne), ont indiqué des sources concordantes à l’AFP, une décision présentée comme une première en France du côté des militants anti-gaz de schiste. La décision du tribunal revient à « annuler totalement l’autorisation de forage » obtenue par le groupe américain Hess Oil, a déclaré l’avocat de la commune, Me Arnaud Gossement. « Le jugement devrait être signé et notifié dans l’après-midi aux parties » qui en connaîtront alors les détails, a ajouté une source judiciaire. »

L’intercommunalité Moret-Seine-et-Loing et la commune de Nonville, qui avaient saisi la justice, craignaient que le pétrolier ne détourne la loi Jacob de 2011, confirmée par le Conseil constitutionnel, interdisant la fracturation hydraulique en France. Comme dans bien d’autres localités de Seine-et-Marne où Hess Oil dispose de permis de recherche d’hydrocarbure, il était clair que ces demandes faites par la société américaine auprès de l’État français étaient motivées par l’appât du gain qu’aurait généré la découverte de pétrole de schiste.

A présent, « le pétrolier n’a plus le droit de forer dans cette commune à 70 kilomètres au sud-est de Paris », a expliqué Me Gossement, même si le permis exclusif de recherche d’hydrocarbures qu’il détient n’a pas été formellement annulé par le tribunal. « C’est la première fois qu’un forage de ce type est interdit » en France, a-t-il ajouté.

En 2013, Hess Oil avait déjà procédé à un forage contesté à Jouarre (Seine-et-Marne), sans fracturation hydraulique mais en creusant jusqu’à 2.918 mètres sous terre. Des carottes de terre échantillons de roche ont été prélevées prélevés, notamment entre 2.250 et 2.785 m, dans la roche-mère du Lias, la couche géologique où peut se trouver du pétrole de schiste.

Le groupe, qui possède en tout neuf permis miniers dans le bassin parisien, a aussi foré à Chartronges (Seine-et-Marne) et Huiron (Marne). Si la nouvelle du jour est bonne, la bataille est loin d’être terminée et les collectifs maintiennent leur demande : L’annulation de l’ensemble des permis de recherche d’hydrocarbure liquide ou gazeux, lesquels visent des gisements non conventionnels, aucune délivrance de nouveaux permis et l’orientation des moyens financiers et de la recherche vers les énergies propres et renouvelables.

(!) Info minute – Revue de Presse

Parce-que ce qu’il s’est passé à Nantes le Week-End dernier n’est pas acceptable, parce-que dans les grandes villes, le gouvernement de la république utilise de plus en plus systématiquement les forces de l’ordre contre la libre expression. Parce-que la majorité des media de manière discriminatoire, déséquilibrée et stigmatisante, n’a relayé que des images ou récits des échauffourées en marge d’une grande manifestation citoyenne, pluraliste, nous relayons cette lettre ouverte. Notre site a pour but d’informer et d’alerter sur les dangers de l’exploration et de l’exploitation des gaz de schiste et plus largement des hydrocarbures non conventionnels. Il est l’expression de nombreuses et diverses voix citoyennes. Certaines sont engagées dans les mouvements associatifs, d’autres peuvent avoir ou avoir eu des engagements politiques, mais ce site est indépendant de tout parti politique ou syndicat. Parce que la transition énergétique est une nécessité, une question de survie, elle nécessite la participation de tous. Or le gouvernement actuel après des promesses de campagne sabote tout débat sur l’écologie.

Actualites__Communiques__TractNlogo_acipa_site_1Lundi 24 février 2014

Lettre ouverte à Manuel Valls
Monsieur le Ministre de l’Intérieur,
 
Je vous ai entendu commenter dès samedi soir les événements en marge de la manifestation contre l’aéroport de Notre Dame des Landes et vos propos appellent de ma part quelques réactions et aussi plusieurs questions.
 
Sur les chiffres d’abord : vous avez parlé de 1000 casseurs et de 20 000 manifestants dont vous avez dit qu’il fallait les différencier des premiers. Je crois décidément que vos services ont un problème avec le calcul car nous étions beaucoup plus de manifestants et il y avait beaucoup moins de casseurs : disons qu’on pourrait diviser le premier chiffre et multiplier le second par deux au moins pour approcher de la vérité. Mais dans cette affaire d’aéroport, la vérité est décidément malmenée depuis longtemps…
 
Sur les fameux casseurs : je vous avoue que j’ai été très surprise de comprendre que vos services les connaissaient visiblement bien (vous avez donné des précisions sur leur origine, leur positionnement politique) et même qu’ils savaient ce qui allait se passer. Depuis deux jours, les bruits couraient sur des incidents à venir ; les avocats savaient qu’ils risquaient d’être réquisitionnés pour de nombreuses gardes à vue. Samedi matin, au moment où nous étions avec les tracteurs à l’aéroport de Nantes-Atlantique, les policiers présents nous ont spontanément parlé des « blacks blocs », en nous disant « qu’ils allaient gâcher notre manifestation ».
 
Je m’étonne donc que « les forces de l’ordre » n’aient pas été au fond plus efficaces puisque cela aurait dû être leur mission, n’est-ce pas ? Puisque l’on sait désormais interdire un spectacle avant même qu’il n’ait lieu, et puisque nous n’avons pas sur la ZAD 1000 casseurs ni blacks blocs, pourquoi ne les avez-vous pas fait arrêter avant leur arrivée ? J’imagine que s’ils sont si dangereux, vous avez certainement des preuves et même des faits graves à leur reprocher ?
 
Mais peut-être préfériez-vous les arrêter en flagrant délit ? Est-ce pour cela que vous n’avez pas fait protéger l’agence Vinci, située au tout début du parcours de la manifestation, pas plus que des engins de chantier Vinci aussi (car Vinci est partout vous le savez, immobilier, parkings, aéroports…) dont vous saviez qu’ils seraient forcément des cibles ? Est-ce pour cela que la Préfecture n’a autorisé qu’un parcours ridiculement petit, jamais vu jusque là ? Est-ce pour cela que les échauffourées localisées dans un périmètre pourtant restreint ont duré plusieurs heures ? Et au bout du compte combien y a-t-il eu d’interpellations ? Une douzaine seulement…C’est assez curieux et à vrai dire difficilement compréhensible alors que les moyens déployés étaient impressionnants, en hommes et en matériel anti-émeute, alors que la fermeture du centre ville était inédite, alors qu’il y avait vraisemblablement des hommes à vous des deux côtés.
 
Évidemment les images de « la guérilla urbaine » dont vous avez parlé seront reprises à l’envi plus que celles du char-triton, des 520 tracteurs présents ou des nombreuses familles manifestant paisiblement. Évidemment, cela permettra d’occulter une fois encore le fond du dossier, évidemment le chœur des partisans de l’aéroport poussera des cris horrifiés en rejetant la responsabilité sur les organisateurs de la manifestation.
Organisateurs qui ont pourtant tenté d’éviter l’affrontement en interposant des tracteurs entre l’imposant mur de fer érigé et ceux qui voulaient effectivement en découdre.
 
Organisateurs dont le métier n’est pas d’assurer l’ordre, vous en conviendrez et à qui il serait malvenu de demander de faire mieux que vous… Organisateurs particulièrement choqués, en tout cas, par les propos du Préfet de Loire-Atlantique qui n’a pas hésité à affirmer que nous « opposants historiques » devions cesser « d’être la vitrine légale d’un mouvement armé ». Je me suis pincée pour y croire…encore un peu de temps et nous finirons nous-mêmes par être tenus pour de dangereux terroristes alors que nous avons participé loyalement au débat public, et à toutes les commissions mises en place. Débat déloyal puisqu’il y a une « vérité officielle » intangible même quand elle est contraire aux faits, aux chiffres et à la réalité. Le Premier Ministre ne reconnaît la validité que de la commission du dialogue à qui il avait donné mission de valider à nouveau le projet, mais refuse de regarder les conclusions accablantes de la commission des experts scientifiques au regard de la loi sur l’eau. Comment croire encore à la parole de l’État ?
 
En réalité, Monsieur le Ministre, tout cela est très lisible et vieux comme le pouvoir.
 
Pour discréditer notre combat, et tenter de retourner l’opinion publique qui nous est aujourd’hui favorable, on fera appel à la peur du désordre, on utilisera l’image, déplorable je vous l’accorde, des dégradations commises par les méchants casseurs et on justifiera ainsi une nouvelle opération policière pour aller enfin nettoyer la ZAD de ses « délinquants dangereux », en même temps que de ses tritons et de ses paysans. Il faudra mettre les moyens (ils sont mille, ne l’oublions pas, et les tritons innombrables…) mais vous y êtes peut-être prêts pour que « force reste à la loi »? Permettez-moi de vous le déconseiller car pour que nous, citoyens, acceptions désormais cette clef de voûte théorique de la société, (« la seule violence légitime est celle de l’État »), il faudrait que l’État soit irréprochable, que la loi soit juste et que ses représentants soient dignes du mandat que nous leur avons confié. Vous avez compris, je pense, que ce n’est pas le cas depuis longtemps.
 
Depuis deux jours, j’ai lu et entendu que le centre ville de Nantes était « saccagé », qu’un commissariat avait été « dévasté », qu’il faudrait du temps pour « panser les plaies de la ville », que les dégâts ne pouvaient pas encore être chiffrés, autant dire que c’était l’apocalypse. Les mots eux-mêmes sont visiblement sens dessus dessous… Puis-je vous suggérer de venir à Nantes pour juger de la situation ? Aujourd’hui dimanche, flottait certes une petite odeur de gaz lacrymogène, mais le tramway roulait et les nantais flânaient. Je ne nie pas les poubelles brûlées, les pavés arrachés, les vitrines brisées et les murs maculés dans le secteur des affrontements. Je déplore ce vandalisme d’autant plus que nous dénonçons par ailleurs le gaspillage d’argent public qu’induirait le transfert de l’aéroport !
 
Mais je voudrais aussi vous rappeler que samedi des personnes âgées, des enfants ont été noyées sous les lacrymogènes. Et qu’un jeune manifestant a perdu un oeil à cause d’un éclat de grenade assourdissante. Ce n’était pas un casseur. Et cela nous rappelle le même malheur survenu déjà à Nantes, à cause d’un tir tendu de flash ball lors d’une manifestation sans violence devant le Rectorat. Les aubettes seront reconstruites, cela fera même monter le P.I.B mais ce jeune restera, lui, marqué à jamais. Cela m’interroge sur la manière dont les forces de l’ordre utilisent leurs armes et me scandalise davantage que la casse matérielle. Et demain, si le gouvernement persistait dans son projet d’aéroport, la destruction du bocage de Notre Dame des Landes et de la vie qu’il abrite serait elle aussi irréversible.
 
Il faut arrêter un projet désormais dans l’impasse et régler le problème en prenant la seule décision raisonnable : respecter la loi sur l’eau, améliorer l’aéroport de Nantes-Atlantique et rendre sa sérénité à Notre Dame des Landes pour que la ZAD redevienne une campagne où vivre et travailler. Vous pourrez ainsi, Monsieur le Ministre, vous consacrer aux blacks blocs si vous le jugez indispensable.
 
Dans l’espoir de votre réponse, je vous assure de mes salutations les plus distinguées,
 
Françoise Verchère,
Conseillère générale de Loire-Atlantique
Lettre publiée sur le blog de l’ACIPA         Plus d’information sur le site de l’ACIPA   Lire aussi : « Notre-Dame-des-Landes : le vrai scénario de la manifestation contre le projet d’aéroport » une reconstitution des faits par Mediapart Article offert et daté du 24 février 2014.
NDDL La Revue Dessinée

(!) Info minute – Revue de Presse

Les chiffres sont têtus…et certains sondeurs aussi, qui s’ingénient à les tordre pour leur faire dire ce pour quoi ils sont payés.

IFOP 24 pc janv 2014Le dernier sondage de l’IFOP[1] confirme que moins d’un français sur quatre souhaite voir encouragée la filière des gaz de schiste pour la production de chaleur et d’électricité, alors que neuf sur dix se prononcent pour encourager  la filière des  énergies renouvelables. Remarquable clairvoyance des citoyens face au déferlement médiatique pro-gaz de schiste de nombre de politiciens, industriels, universitaires et même « écologiste people »…

Alors comment soutenir l’insoutenable ? microtrotoir figaro fev 2014Par exemple, en limitant l’échantillon aux lecteurs du Figaro. On obtient un magnifique 72% de favorables à l’exploration du gaz de schiste. La seule conclusion qu’on puisse en tirer, en comparant avec le sondage précédent, c’est que les lecteurs du Figaro ne sont pas représentatifs du peuple français : on s’en doutait un peu. Seraient-ils aveuglés par le souci de maintenir à tout prix  leur niveau de consommation, ou espèrent-ils que ce sont les pauvres qui paieront l’addition climatique ?

sondage 69pc ok recherche gds envi janv 2014Et puis il y a les pervers avec les questions vicieuses : « faut-il mener des recherches pour trouver un mode d’exploitation du gaz de schiste compatible avec la protection de l’environnement ? ». Notez bien les termes : « mener des recherches », pas « faire des forages d’exploration » : avec les « recherches » on imagine des scientifiques en blouse blanche dans leur laboratoire aseptisé, pas des foreurs en train de fracturer le sous-sol dans la boue et le vacarme dans le champ d’à côté. Quant au « mode d’exploitation  compatible  avec la protection de l’environnement » leur a-t-on dit, aux sondés, qu’il consistait à utiliser pour l’extraction du gaz de schiste un autre gaz dont le potentiel de réchauffement climatique est 4300 fois celui de gaz carbonique ? Bonjour l’environnement !

Et si on vous proposait du gaz disponible sans forage, qui ne provoquerait pas de réchauffement climatique et en plus serait renouvelable ?  Vous seriez contre, vous ?

Mais aussi l’article paru dans le Canard enchainé le 29/01/2014   (!) Info minute – Revue de Presse

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Lettre ouverte des collectifs français Non aux pétrole et gaz de schiste et de houille* Le 28 janvier 2014 

À ARNAUD MONTEBOURG 

 Ministre du Redressement productif

Gaz de schiste : Réfléchissons ensemble de manière réellement raisonnable

Monsieur le Ministre,

C’est avec une grande indignation que nous avons entendu vos propos sur les « gaz de schiste », le 23 janvier dernier sur Europe 1 (1)

Alors que, par ces propos, vous reconnaissez l’existence d’un problème environnemental et affirmez qu’ « aux États-Unis les dégâts sont très importants« , vous préconisez à nouveau la recherche des hydrocarbures dits de schiste dans notre pays, et ce malgré la loi qui interdit l’usage de la fracturation hydraulique. Vous voulez donc que l’on y « réfléchisse ensemble de manière raisonnable« . Mais qu’est-ce qui est « raisonnable » pour vous ?

  • Est-ce raisonnable de vouloir extraire des hydrocarbures en utilisant des techniques dont on sait pertinemment qu’elles impactent inévitablement et irrémédiablement le sous-sol, l’eau, le sol et l’air? 
  • Est-ce raisonnable d’extraire ces hydrocarbures « de la fin des haricots », alors qu’ils impactent très négativement le climat ?
  • Est-ce raisonnable de faire passer les intérêts des industriels avant ceux des populations qui y perdront leur santé, leur tranquillité, leurs moyens de subsistance, voire leurs droits et libertés élémentaires?
  • Est-ce raisonnable de faire la sourde oreille à toutes les études médicales, géologiques, hydrologiques, toxicologiques, radiologiques, et même économiques qui montrent qu’à court, voire à moyen terme, les forages utilisant la fracturation hydraulique (ou autres) pour extraire ces hydrocarbures non-conventionnels sont une catastrophe ? 
  • Est-ce  raisonnable de penser qu’une croissance infinie dans un monde fini est possible ?

transition énergie propresMême si la situation est certes difficile dans notre pays (elle est difficile partout), nous bénéficions de ressources et d’un patrimoine naturels inestimables – l’eau, la terre, les paysages – qui nous permettent de vivre et qui sont valorisés économiquement, notamment par le tourisme et l’agriculture. Comme  vous l’avez vous même soulevé, aux États-Unis, du fait de l’exploitation intensive des gaz de schiste, de vastes territoires sont devenus invivables pour les populations, suite à la pollution irréversible du sol, de l’eau et de l’air. Ce pays  devra faire face, dans les années à venir, à l’impossibilité d’approvisionner en eau potable une grande partie de ses populations, y compris pour l’agriculture, et à des problèmes majeurs de santé publique. Est-ce cette forme de raison que vous voulez faire entendre aux Françaises et aux Français?

Pourquoi vouloir commettre avec le sous-sol français les mêmes erreurs que celles qui sont commises aux Etats-Unis, en Australie, au Canada, en Roumanie ou en Pologne? En Pologne, où San Leon Energy Plc (SLE) se vante d’avoir réussi à essorer le sous-sol pour récolter 1,700 m3 de gaz par jour à Lewino (2) ce qui est ridicule ( (0.34%) comparé aux 500,000 m3/jour supposés être le minimum pour un puits « normal ». 

Il y a cependant un point sur lequel nous sommes presque d’accord, mais pour des raisons inverses : vous déplorez le fait que la France, par l’entremise de ses fleurons industriels que sont TOTAL et GDF-SUEZ, mais aussi Vallourec, ou Véolia, pour ne citer qu’elles, en soit réduite à aller forer à l’étranger – dans des pays où les industriels ont de forts soutiens des gouvernements, tels que la Grande-Bretagne et la Pologne – pour faire de la recherche, pour valoriser et pour améliorer « ses » technologies.

Nous le déplorons également. En effet, nous ne pouvons accepter que ces entreprises participent à l’effort de destruction massive de notre planète. Nous dénonçons cette hypocrisie qui consiste à faire ailleurs ce que l’on ne peut pas faire chez soi, tout en en connaissant les impacts environnementaux et sociaux désastreux. Nous ne pouvons en aucun cas souscrire à cette nouvelle forme de colonialisme qui consiste à détruire l’environnement, à contrevenir aux droits des populations et à mettre en danger leur santé, que ce soit chez nos voisins anglais ou italiens ou ailleurs, pour le profit d’entreprises multinationales basées en France.

C’est pourquoi, Monsieur le Ministre, nous vous demandons de vous pencher, de manière réellement raisonnable, sur la nécessité absolue de développer sans délai toutes les pistes visant à entamer la transition écologique et énergétique. Nous vous demandons de ne pas oublier l’engagement du président Hollande, lors de son discours du 14 juillet 2013, à ne pas faire de fracturation hydraulique ni pour explorer ni pour exploiter les hydrocarbures. Nous vous demandons de regarder, comme vous le dites, la réalité en face et de comprendre qu’en aucun cas, les hydrocarbures non-conventionnels n’apporteront, ni à court terme, ni à long terme, une solution viable aux problèmes de la France, pas plus qu’à ceux de l’Europe. Nous vous exhortons à encourager les industriels français à engager toute forme de recherche dans le domaine technologique et industriel pour un fonctionnement énergétique économe, à veiller à ce que les ressources non renouvelables, en particulier fossiles, soient utilisées avec la plus grande parcimonie, à assurer une protection maximale de la ressource en eau, et à  favoriser dans tous les domaines la mise en place de solutions alternatives propres et recyclables, non impactantes pour l’environnement.

Veuillez croire, Monsieur le Ministre, en notre vigilante considération

Les Collectifs français « NON aux pétrole et gaz de schiste et de houille »

NON AUX HYDROCARBURES DE SCHISTE ET DE HOUILLE,

NON AUX ÉNERGIES EXTRÊMES,

NI ICI NI AILLEURS, NI AUJOURD’HUI NI DEMAIN

 (1) http://www.europe1.fr/MediaCenter/Emissions/Europe-soir-nicolas-poincare/Videos/EXTRAIT-Gaz-de-schiste-il-faut-travailler-a-trouver-des-techniques-propres-pour-Montebourg-1780691/
(2) http://www.bloomberg.com/news/2014-01-23/san-leon-nears-first-commercial-european-shale-gas-in-poland.html

Collectifs signataires : Association non au gaz de schiste des Pays de Savoie et de  l’Ain, Association Stop au gaz de schiste-Non al gas d’esquist (47), C.R.I Nonville (77), Coillectif Stop au gaz de schiste Anduze (30), Collectif « Eco’lectif Dégaze de Gignac et Environs  » (34), Collectif « Montpellier Littoral contre les gaz, pétrole de schiste! »(34), Collectif « non gaz de schiste » Florac (48), Collectif 07 Stop au Gaz et Huile de Schiste (07), Collectif 32 Non au gaz de schiste, Collectif 91 non au gaz et huile(petrole) de schiste (91), Collectif Basta! Gaz Alès (30), Collectif Causse Méjean – Gaz de schiste NON! » (48), Collectif citoyen Pézenas, Castelnau de Guers et environs ( 34 ), Collectif de RIVIERES, Collectif de vigilance CAMIS’GAZ (30), Collectif des Arcs Sur Argens (83), Collectif des taupes énervées, Collectif du Ceressou (34), Collectif du Pays de Coulommiers – Non aux gaz et pétrole de schiste (77), Collectif du Pays Fertois – Non aux pétrole et gaz de schise (77), Collectif du Valromey pour la sauvegarde de l’eau, contre les forages  d’hydrocarbures (01), Collectif Garrigue Vaunage (30), Collectif Gaz de Schsite Non Clapiers (34), Collectif GAZPART (02), Collectif Grand Valentinois (26), Collectif Hainaut 59 ( Nord), Collectif Haut-Bugey, non aux forages d’hydrocarbures (01), Collectif Hautes Cévennes (30), Collectif Houille ouille ouille (59/62), Collectif Ile-de-France Non aux gaz et pétrole de schiste (75 et IDF), Collectif non au gaz et huile de schiste 47, Collectif non au gaz et huiles(petrole)de schiste des 3 vallées(91 et alentour), Collectif NPGDS du Bocage gâtinais (77-89-45), Collectif Roquedur-Le Vigan (30), Collectif Stop gaz de schiste 69, Collectif stop GDHC d’Alsace et de Lorraine, Collectif viganais (30), Collectif  Auzonnet Cèze et Ganière, Collectifs Isérois STOP aux GHRM (38), Gard Rhodanien « Garrhodstopgaz » (30), Les Dindons de la Farce, Non gaz de schiste ouest-Aveyron (Villefranche de Rouergue) (12), Stop au gaz de schiste 39, Stop Pétrole De Schiste Sud 77,  Touche pas à mon schiste (07)