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(!) Info minute – Revue de Presse

Malgré l’état d’urgence, la préfecture de Moselle a décidé de ne pas interdire la manifestation contre les gaz de couche en Moselle-Est qui aura donc bien lieu :  RDV le Mercredi 02 décembre 2015 à 14h à Metz (rdv colonne Merten – en Face de la République, à l’entrée Serpenoise)

Après plusieurs tentatives infructueuses de forages en Moselle Est, à Diebling et Folschviller, l’entreprise EGL/Française de l’Energie s’obstine : Trois enquêtes publiques sont en cours. (voir communiqué de presse du 14 octobre 2015)

L’entreprise australienne « EGL » alias « Française de l’Energie » déclare** qu’elle utilise un procédé d’extraction qui ne fait pas intervenir la fracturation hydraulique. gaz de couche non merciMais ces demandes d’autorisations successives malgré l’absence de résultat laissent présager le pire en cas de revirement législatif vis à vis de l’interdiction de ce procédé dangereux pour les nappes d’eau.

Voir la vidéo : « Octobre 2015 – Gaz de houille en Lorraine. Fracturation hydraulique et stimulation ? Le consultant d’EGL/Française de l’Energie s’embrouille face au conseil municipal de Longeville »

A l’heure de la COP21, alors que tous les conseils municipaux (Longeville, Zimming, Lachambre) consultés dans le cadre de l’enquête publique en cours viennent de voter contre le projet, alors que les forages précédents (Freybouse, Tritteling, Redlach, Pontpierre et Loupershouse) ont été autorisés en 2012 sans enquête publique bien qu’elle était nécessaire, alors que les commissaires enquêteurs ont refusé de prolonger ces enquêtes malgré les nombreuses questions restées sans réponse…

Venez tous dire votre indignation et soutenir le collectif local contre les gaz de houille qui organise cette manifestation le mercredi 02 décembre 2015 à 14h à Metz (rdv colonne Merten – en face de la République, à l’entrée de la rue Serpenoise).

Gaz et pétrole de schiste ou de houille Ni ici Ni Ailleurs!

Notes : **

Dans ce document officiel à destination du ministère de l’environnement, EGL affirme en conclusion que : « La fracturation hydraulique n’a pas été utilisée dans les travaux conduits par la Compagnie, et les plans de travail qui seraient mis en place sur le permis de Bleue Lorraine Nord ne considèrent pas l’utilisation de cette technique. » Ces affirmations incluent les forages réalisés en 2006 et 2008 (Diebling/Folschviller) par la compagnie.

Rapporté dans cet article de presse on peut lire (2008) : « « Nous utilisons des techniques de forage horizontales et de fracturation », explique la géologue Virginie Poirier. « Celles-ci consistent à faire craquer la couche de charbon pour libérer le gaz et permettre la migration du méthane vers la surface », précise-t-elle. »

Et là (2006) : « « Si les résultats sont probants – ce dont nous ne doutons pas -, nous engagerons l’exploitation en utilisant les techniques de forages horizontaux et de fracturation pour optimiser la migration du méthane », explique Gilbert Clark. »

Lors d’une réunion au conseil municipal.(cf video vers 22:30) M.Sutter, consultant EGL a réaffirmé qu’il n’y avait pas eu recours à des fracturation dans le cadre des travaux d’exploration de gaz de houille menés par EGL. Selon lui « La fracturation, dans les charbons Lorrains ne marche pas, je l’ai pratiqué au houillères, à Merlebach et à la Houve. On injectait…des trous…aussitôt..on arrivait à augmenter un peu la taille des fissures, aussitôt qu’on relâchait la pression les fissures…se refermaient, ça ne marche pas dans le charbon Lorrain. »

(!) Info minute – Revue de Presse
Par Olivier Petit Jean emprunté au site de l’observatoire des multinationales

Pour la COP21, Engie (ex GDF Suez) s’est lancée dans une campagne de communication de grande ampleur pour mettre en scène sa conversion à la cause du climat et de la transition énergétique. Le géant français a aussi annoncé qu’il renonçait à tout nouveau projet de centrale au charbon. Mais les militants du climat ne sont pas du tout convaincus. À preuve : la nomination d’Engie au prix Pinocchio du climat. Décryptage.

Aucune entreprise n’a autant misé qu’Engie sur la Conférence climat de Paris, qui doit s’ouvrir dans quelques jours. Sponsor officiel du Sommet, ainsi que de plusieursmultinationaleorg engie COP21 greenwashing événements connexes comme Solutions COP21, le géant français de l’énergie a lancé une grande campagne de communication pour vanter ses investissements dans les énergies vertes et se poser en « leader européen de la transition énergétique ». Ses dirigeants s’affichent aux côtés de Laurent Fabius et Ségolène Royal, et ne manquent pas une occasion de poser en défenseur du climat au sein des milieux économiques, et auprès de leurs employés. Engie a même fini par annoncer, il y a quelques semaines, l’abandon de tout nouveau projet de centrale à charbon, et en particulier de deux projets contestés par les ONG environnementalistes en Afrique du Sud et en Turquie.

Tout ceci, pourtant, ne semble pas suffire aux Amis de la terre et aux autres associations impliquées dans les « prix Pinocchio du climat », qui ont nominé une nouvelle fois Engie cette année, dans la catégorie « Greenwashing ». Pourquoi une telle défiance face à l’offensive verte de l’entreprise ? À vrai dire, les raisons ne manquent pas : il y en a au moins dix.

1. Les dirigeants d’Engie disent exactement le contraire de ce qu’ils disaient il y a quelques mois.

La conversion d’Engie à la cause de la transition énergétique est récente et particulièrement abrupte, puisqu’il y a quelques mois encore, le PDG de l’entreprise Gérard Mestrallet ne s’affichait pas en leader de la transition énergétique, mais en leader d’une « croisade » contre les énergies renouvelables en Europe, au motif que celles-ci portaient atteinte à la compétitivité des centrales au gaz et au charbon [1]. « J’ai été le premier, en mai 2013, à alerter [la Commission européenne] et à dire qu’on était allé trop vite et trop loin sur les renouvelables », se vantait-il au Monde.

Avec les PDG des autres géants européens de l’énergie, Gérard Mestrallet défendait alors une politique alternative : augmenter le prix du carbone, réduire les aides publiques aux énergies renouvelables afin de restaurer la compétitivité du gaz, soutenir la construction de gazoducs et de terminaux méthaniers, et lever tout obstacle à l’exploitation des gaz de schiste en Europe. Le lobbying d’Engie et de ses homologues européens a largement contribué à l’abandon par l’Union de tout objectif ambitieux et contraignant en matière d’énergies renouvelables et d’efficacité énergétique.

2. La « transformation » d’Engie est une opération de communication soigneusement organisée, avec peu de substance.

Le changement de nom de l’entreprise, de GDF Suez à Engie, au début de l’année, puis la campagne de communication actuelle à l’occasion de la COP21, ont été soigneusement orchestrés voici plusieurs mois avec des communicants. Engie s’affiche comme une entreprise totalement différente, mais elle n’a pas changé grand-chose concrètement à ses activités, ni à son mix énergétique. Pour les syndicats français, le but de la restructuration annoncée cette année est surtout de faire des économies et de supprimer des emplois. « De réforme en réforme, le principal objectif assigné à l’Europe et à la France, c’est de faire des économies », avait alors dénoncé la CGT, qui évoquait la perte de 3000 emplois dans le groupe [2].

3. Engie reste très impliquée dans le secteur du charbon.

Illustration de la conversion très récente d’Engie à la cause environnementale : l’entreprise vient d’ajouter plusieurs centrales à charbon flambant neuves à son portefeuille, notamment en Allemagne et aux Pays-Bas. En tout, selon un rapport des Amis de la terre et d’Oxfam France, Engie possède une flotte de 30 centrales au charbon dans le monde, laquelle émet 81 millions de tonnes de carbone dans l’atmosphère chaque année – l’équivalent de la consommation d’énergie des Philippines, un pays de 100 millions d’habitants.

Le charbon est la principale source globale de gaz à effet de serre. Outre son impact sur le climat, son extraction et sa combustion entraînent également une grave pollution de l’air et de l’eau, avec des conséquences souvent dramatiques pour les riverains des mines et des centrales. Le parc d’Engie a également été identifié comme le plus inefficient au monde, après deux petites firmes indiennes, en termes d’émissions de gaz à effet de serre, de pollution de l’air et d’utilisation de l’eau (lire cet article).

D’autres projets de centrales au charbon d’Engie en cours de construction, (comme à Safi au Maroc) ou en projet (comme en Mongolie ou au Brésil) ne semblent pas remis en cause.

4. La sortie d’Engie du charbon a des raisons économiques autant qu’environnementales.

Tout le secteur du charbon traverse actuellement une crise profonde, qui s’explique en partie par le pari manqué de nombreux industriels et acteurs financiers sur un boom ininterrompu des pays émergents et sur le fait que ces pays continueraient à privilégier le charbon. Pari qui était aussi jusqu’il y a quelques mois celui d’Engie.

L’entreprise française n’envisage d’ailleurs pas de fermer ses centrales à charbon existantes dans des conditions décentes pour les travailleurs et les riverains. Elle n’envisage que de les céder à d’autres. Les centrales indiennes (acquises il y a quelques mois à peine), australiennes et indonésiennes seraient sur la liste des cessions envisagées, mais Engie peine à trouver des repreneurs.

En cédant certaines de ses centrales, Engie se débarrasserait aussi opportunément de certains passifs juridiques, comme en Australie, où elle est sous la menace de poursuites au pénal suite à un incendie désastreux dans sa mine et centrale de charbon de Hazelwood en 2014. Sa centrale de Vado Ligure en Italie a été fermée par la justice, et plusieurs dirigeants locaux d’Engie sont sous le coup de poursuites pour leur contribution à un « désastre environnemental ».

5. Remplacer le charbon par du gaz (de schiste) est un jeu de dupes pour le climat.

Malgré ses publicités sur les énergies renouvelables, le scénario privilégié par Engie comme par toute l’industrie des hydrocarbures est celui d’un remplacement des centrales électriques au charbon par des centrales au gaz. Le gaz est ainsi présenté comme une énergie « propre » indispensable à la transition énergétique. Ou, comme l’affirme le site web d’Engie : « De combustion bien moins polluante que l’équivalent charbon ou fuel lourd, le gaz naturel est un choix idéal pour une production énergétique plus respectueuse de l’environnement. »

En réalité, non seulement le gaz demeure une énergie fossile source d’émissions de dioxyde de carbone, mais certaines formes de gaz – notamment le gaz de schiste et les autres gaz dits « non conventionnels » extraits au moyen de la fracturation hydraulique – sont probablement tout aussi nocives pour le climat que le charbon. Le recours à la fracturation hydraulique entraîne en effet des risques accrus de fissuration des puits de forage, avec pour résultat des fuites importantes dans l’atmosphère de méthane, un gaz 84 fois pire pour le climat que le dioxyde de carbone.

Engie est impliquée dans le gaz de schiste au Brésil et au Royaume-Uni. Elle a aussi récemment signé un contrat d’approvisionnement auprès de la firme Cheniere, de sorte que les usagers français consommeront bientôt du gaz de schiste américain (lire cet article).

6. Engie est aussi lourdement impliquée dans les autres énergies fossiles.

Engie est également directement impliquée dans l’extraction de pétrole et de gaz. À ses opérations historiques en Europe du Nord (Pays-Bas, Royaume-Uni, Norvège) s’ajoutent désormais des projets extractifs menés en partenariat avec un fonds souverain chinois en Indonésie, en Malaisie, en Algérie, au Qatar, au Brésil et même dans l’Arctique !

Selon les calculs de Fossil Free Indexes, Engie détient des réserves de pétrole et de gaz qui, si elles étaient extraites, entraîneraient l’émission de 155 millions de tonnes de carbone supplémentaires dans l’atmosphère, ce qui en fait l’une des 100 premières entreprises mondiales en termes de réserves prouvées de pétrole et de gaz.

7. Les énergies « vertes » dont se prévaut Engie sont souvent problématiques.

Au titre de son engagement dans les énergies renouvelables, Engie cite ses investissements dans les grands barrages et la biomasse. Or les grands barrages sont très contestés en raison de leurs impacts sociaux et environnementaux. Leurs bénéfices pour le climat sont également à relativiser dans la mesure où les grands barrages en zone tropicale entraînent des émissions de méthane, du fait de la décomposition de la végétation dans l’eau. Le barrage de Jirau construit par Engie en Amazonie brésilienne en constitue un exemple particulièrement saisissant puisqu’il a été associé – pour ne parler que des conséquences à court terme, seules connues à ce jour – à des déplacements forcés de tribus indigènes non contactées, à une augmentation de la criminalité et de la déforestation dans la région, à la disparition des poissons pêchés traditionnellement dans la région, à des inondations désastreuses en 2014, à des cas de travail esclave et à deux grandes émeutes ouvrières sur son chantier.

Quant à la biomasse – le bois -, elle est de plus en plus brûlée (comme les déchets) dans les centrales électriques européennes en complément du charbon, ce qui permet de justifier la prolongation de leur existence. Comme la classification de la biomasse comme énergie verte par l’Union européenne ne s’accompagne pas des garde-fous nécessaires, la demande croissante de biomasse du vieux continent commence à faire sentir ses effets négatifs sur les forêts européennes, mais aussi nord-américaines.

8. Les activités d’Engie dans l’éolien et le solaire proviennent du rachat d’entreprises plus petites plutôt que de développements propres.

Engie détient des actifs dans le solaire et dans l’éolien, mais il s’agit d’acquisitions récentes d’entreprises plus petites. Engie a ainsi acquis opportunément en juillet dernier l’entreprise Solairedirect, ce qui lui a permis de se poser immédiatement en leader français du solaire, et d’inaugurer en grande pompe un parc solaire en septembre en Corrèze en présence de François Hollande.

Il y a quelques années, Engie avait acquis similairement la Compagnie du Vent pour répondre aux appels d’offres français dans le domaine de l’éolien offshore. Une opération qui a fini par occasionner un conflit judiciaire entre Engie et le fondateur et ancien président de la Compagnie du Vent, lequel a remporté deux de ses procès contre le géant de l ’énergie. Une enquête pour corruption a également été ouverte dans ce cadre.

9/ La filiale d’ « efficacité énergétique » d’Engie, Cofely, fait en réalité beaucoup d’autres choses.

Les dirigeants d’Engie évoquent volontiers les activités de leur filiale Cofely dans les « services énergétiques », qui consistent à conseiller des collectivités locales ou d’autres organisations publiques et privées pour les aider à mieux gérer leur utilisation
d’énergie, afin de réduire à la fois leurs factures et leurs émissions de gaz à
effet de serre. Mais peut-on vraiment à la fois vendre de l’énergie d’un côté et se voir confier de l’autre l’essentiel de l’effort de réduction de nos consommations énergétiques ? Une enquête de Mediapart a mis en lumière plusieurs exemples où Cofely avait joué un rôle ambigu, contribuant à réduire les objectifs d’économies d’énergie initialement requis par les collectivités. Il y a quelques mois, la presse évoquait un litige opposant une petite ville de l’Essonne à Engie, qui lui réclamait plusieurs milliers d’euros pour n’avoir pas suffisamment consommé de gaz...

Par ailleurs, Cofely a bien d’autres activités sur lesquelles Engie s’étend peu et qui n’ont rien à voir avec l’efficacité énergétique, comme les caméras de vidéosurveillance, la protection incendie, la gestion d’équipements et les services collectifs, ou encore l’éclairage public.

10/ Le modèle financier d’Engie a-t-il changé ?

Ces trois dernières années, Engie a distribué dix milliards d’euros de dividendes, soit deux fois plus que ses profits sur la même période. Ce chiffre en dit long sur la réalité de l’entreprise, qui reste un conglomérat d’entreprises privatisées (dont Gaz de France ou l’opérateur belge Electrabel) et qui paraît – au contraire sans doute d’EDF ou de Total – gouvernée par une logique plus financière qu’industrielle. Qu’il s’agisse de la reprise des anciens services publics français et belge ou désormais de projets d’énergies renouvelables abondamment soutenus par les pouvoirs publics, comme les grands projets d’éolien offshore, la stratégie d’Engie repose-t-elle sur autre chose que l’accaparement de « rentes » énergétiques, abondées en dernière instance par les pouvoirs publics, les citoyens et les usagers ?

Les votes pour le prix Pinocchio du climat sont ouverts jusqu’au 2 décembre.

- Sauf mention contraire, toutes les informations de cet article sont issues du « contre-rapport annuel » de l’Observatoire des multinationales sur Engie

[1] Voir ici.
[2] Voir aussi ici.

(!) Info minute – Revue de Presse
Article d’Olivier Petit Jean publié sur le site de l’observatoire des multinationales

Face au changement climatique – dont elle n’admet encore la réalité qu’avec une certaine réticence [1] -, la firme pétrolière américaine Chevron a déjà trouvé la solution idéale (pour elle) : le gaz de schiste. Et elle n’hésite pas à l’imposer par tous les moyens à sa disposition. En témoignent ses pratiques agressives en Argentine, qui lui valent une nomination aux « prix Pinocchio du climat ».

Aux États-Unis et même parfois en Europe, l’industrie pétrolière vante le gaz de schiste comme une « énergie de transition » permettant à nos économies de se défairemultinationaleorg gaz de schiste argentine chevron de leur dépendance envers les énergies fossiles plus sales, comme le charbon. Or cet argument – volontiers mis en avant par une entreprise comme Chevron lorsqu’elle se trouve interpellée sur sa responsabilité climatique – est largement discrédité. De nombreuses études scientifiques suggèrent que le gaz de schiste pourrait être tout aussi nocif pour le climat que le charbon, en raison des fuites accrues de méthane – un gaz 84 fois plus puissant dans l’atmosphère que le dioxyde de carbone [2].

L’Argentine est le seul pays du monde en dehors de l’Amérique du Nord où Chevron ait pour l’instant réussi à imposer sa vision du défi climatique. En Europe de l’Est, ses velléités de développer le gaz de schiste ont fait long feu. La firme pétrolière a dû abandonner ses concessions en Pologne, Roumanie et Ukraine les unes après les autres au cours des derniers mois du fait de forages décevants. En Argentine, en revanche, Chevron est en première lignée de la ruée des multinationales (comme Total et Shell [3]) sur la province de Neuquén, en Patagonie. Elle a été la première à obtenir une concession avec l’entreprise nationalisée YPF en 2013 et s’est accaparée les gisements les plus prometteurs.

Chantage à l’investissement

En brandissant la promesse d’un investissement de plusieurs milliards de dollars dans le pays. Chevron a aussi réussi à convaincre les autorités argentines de lui accorder des conditions d’exploitation et un régime fiscal extrêmement favorables. La firme a même obtenu la mise en place d’un mécanisme de résolution des litiges État-investisseurs sur mesure, proche de ce qui est souhaité dans le cadre du projet de traité de libre-échange Tafta entre Europe et États-Unis… alors même que l’Argentine est le pays le plus ciblé par les procédures de ce type [4].

Pour couronner le tout, Chevron a aussi menacé de renoncer à tous ses investissements au cas où les procédures intentées en Argentine par les victimes de ses crimes environnementaux en Équateur n’étaient pas rejetées [5]. Au moment où la Cour suprême argentine devait examiner la demande des Équatoriens de gel des avoirs de Chevron dans le pays, le PDG d’YPF et le procureur fédéral ont pesé de tous leur poids en faveur de la firme américaine, en invoquant une menace pour l’emploi et l’investissement.

Quelques jours à peine après que la Cour suprême ait finalement rendu un arrêt favorable à Chevron, son PDG John Watson signait en grande pompe son contrat de concession patagonien avec YPF, en présence de la présidente argentine Cristina Kirchner. Les manifestations qui s’en sont immédiatement suivies en Patagonie ont été violemment réprimées (lire ici). Ce comportement de Chevron en Argentine lui vaut une nomination au « prix Pinocchio du climat » organisé par les Amis de la terre et leurs alliés.

Jeu de dupes pour le climat

Au-delà du cas Chevron, la question du gaz de schiste suscite de nombreuses questions sur la position des États-Unis en matière climatique et sur leur capacité à se dissocier véritablement des intérêts de leur secteur pétrolier. Une enquête du magazine américain Mother Jones avait ainsi révélé comment la diplomatie américaine, sous l’égide d’Hilary Clinton, avait activement soutenu les efforts de Chevron pour faire accepter le gaz de schiste à des populations et des dirigeants réticents en Bulgarie et en Roumanie.

Plus fondamentalement, la mise en lumière du véritable impact climatique du gaz de schiste a de quoi tempérer quelque peu l’optimisme affiché par nombre d’observateurs suite aux annonces récentes de l’administration Obama, qui mettent l’accent sur la sortie du charbon [6]. Si l’on tient compte des fuites de méthane, le simple passage du charbon au gaz (de schiste) risque fort de se révéler un jeu de dupes pour le climat. Pour Chevron et plus largement pour l’industrie pétrolière américaine, en revanche, c’est une source potentielle de profits considérables.

Les votes sont ouverts jusqu’au 2 décembre 2015.

[1] Voir ici et .
[2] Lire ici et , ainsi qu’ici en français.
[3] Lire les enquêtes ici et .
[4] Lire par exemple cette enquête sur la procédure intentée par Suez contre l’Argentine.
[5] Sur l’histoire de la bataille juridique entre Chevron et ses victimes équatoriennes, et le sens de la procédure en Argentine, lire cet article-entretien avec Pablo Fajardo, avocat principal des parties équatoriennes.
[6] La politique énergétique récemment annoncée par le gouvernement britannique repose elle aussi sur la substitution du gaz de schiste (et du nucléaire) au charbon.

(!) Info minute – Revue de Presse

À quelques semaines du lancement de la COP 21, la ministre de l’Écologie et celui de l’Économie ont autorisé de nouvelles concessions de recherche d’hydrocarbures liquides ou gazeux en métropole. Le 29 septembre 2015, le journal officiel publiait trois arrêtés ministériels signés par Ségolène Royal octroyant trois nouveaux permis exclusifs de recherche d’hydrocarbures liquides ou gazeux. (1) (2) (3)

Il s’agit des permis de Champfolie (en Seine-et-Marne), d’Esthéria (dans la Marne) et d’Herbsheim (dans le Bas-Rhin). Les bénéficiaires de ces permis sont respectivement les entreprises Vermilion, Lundin et Bluebach.

Le permis de Champfolie avait été demandé par Vermilion en 2009, à une époque où la fracturation hydraulique n’était pas remise en question. Il est accordé aujourd’hui. La géologie a-t-elle changévermilion champotran entre temps ? Quel est l’intérêt d’un permis de recherche de 120 km2 pour une entreprise qui détient déjà 13 permis ? Pourquoi Vermilion dépose-t-il régulièrement de nouvelles demandes de permis (26 à ce jour). Comment expliquer la nouvelle autorisation faite à Vermilion par le préfet de Seine-et-Marne de procéder à 30 nouveaux forages (4) sur une concession (Champotran) ne faisant que 90 km2 ? Comment expliquer la demande d’autorisation faite par Vermilion de 10 nouveaux forages sur la concession de Vert-le-Grand ? Comment expliquer l’autorisation de deux nouveaux forages sur le permis de Saint-Just-en-Brie (5) malgré les oppositions exprimées des membres du conseil municipal sur les registres de l’enquête publique au printemps dernier ? (6)

Vermilion, premier producteur d’hydrocarbures sur le sol français a les moyens d’attendre que « les temps changent » en produisant quelques milliers de barils par jour ! Cela lui permet surtout de dire haut et fort qu’il respecte la loi (c’est bien le minimum qu’on puisse attendre d’une entreprise) mais que si la loi change… il suivra encore et toujours la loi, quelle qu’elle soit!

Par ailleurs, à la frontière allemande, le permis d’Herbsheim vient d’être octroyé à l’entreprise Bluebach..
Le décret signé par S.Royal précise que l’engagement minimal de l’entreprise Bluebach devra être de 1,98 millions d’euros. Comment cette entreprise va-t-elle s’y prendre alors qu’il s’agit d’unepetrole--Champotran- entreprise uninominale, dont le capital social est de 8378 euros, avec zéro salarié (7). Pas de problème! Bluebach a été racheté en 2010 par Moore Energy. Sur le site de Moore (Norvège) on peut lire que le sous-sol français regorge de ressources non conventionnelles (8), raisons qui ont donné envie à Moore de demander des permis de recherche. Moore convient bien du fait que pour l’instant la fracturation hydraulique est interdite en France…

Rappelons que le code minier actuel ne permet pas vraiment à un gouvernement de revenir sur un permis de recherche préalablement octroyé. Ce même code minier rend quasi-automatique la transformation d’un permis de recherche en une concession (exploitation). Obtenir un permis de recherche, pour une entreprise pétrolière, revient à “mettre le pied dans la porte”. Il faut garder en mémoire que le code minier ne fait pas la distinction entre hydrocarbures conventionnels (sans fracturation) et non conventionnels. Tout permis obtenu aujourd’hui sera valide encore dans quatre ou cinq ans. Le prix du pétrole bas aujourd’hui, remontera un jour ; la fracturation hydraulique interdite aujourd’hui, …

Un gouvernement qui prétend refuser l’exploration et l’exploitation des ressources non conventionnelles ne devrait pas accepter que les gaz de couche soient exploités en Lorraine et dans le Nord-Pas-de-Calais en entretenant une confusion entre gaz de houille (le grisou) et gaz de couche (CBM) qui fait des ravages en Australie. (9)

Vue la précipitation avec laquelle S. Royal signe des prolongations et des octrois de permis, va-t-on voir dans les jours prochains de nouveaux arrêtés ministériels concernant les permis de Dicy, Gastins, et une dizaine d’autres dossiers propulsés dans les tuyaux il y a un an par la ministre? Permis, rappelons-le, dont l’objectif initial était le pétrole de schiste ?

Enfin, une question plus générale, la seule action réelle d’un gouvernement qui prétend vouloir participer à la lutte contre le réchauffement climatique ne serait-elle pas de refuser systématiquement l’octroi de nouveaux permis de recherche d’hydrocarbures (une énergie du passé) ?

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(1) Arrêté du 21 septembre 2015 accordant un permis exclusif de recherches de mines d’hydrocarbures conventionnels liquides ou gazeux, dit « permis de Champfolie » (Seine-et-Marne), au profit de la société Vermilion REP SAS
(2) Arrêté du 21 septembre 2015 accordant un permis exclusif de recherches de mines d’hydrocarbures conventionnels liquides ou gazeux, dit « permis d’Estheria » (Marne), à la société Lundin International SA
(3) Arrêté du 21 septembre 2015 accordant un permis exclusif de recherches de mines d’hydrocarbures conventionnels liquides ou gazeux, dit « permis de Herbsheim » (Bas-Rhin), au profit de la SARL Bluebach Ressources
(4) Arrêté préfectoral N°2015/DCSE/M/008 autorisant l’ouverture de travaux miniers sur la concession d’hydrocarbures de « Champotran » – Société Vermilion Rep.
(5) Arrêté préfectoral N°2015/DCSE/M/009 autorisant l’ouverture de travaux miniers sur le permis exclusif de recherche d’hydrocarbures de « Saint-Just-en-Brie » depuis les emplacements de la concession de « Champotran » – Société Vermilion Rep.
(6) Registre de l’enquête publique de Saint-Just-en -Brie
(7) Société.com Présentation de la société BLUEBACH RESSOURCES
(8) More Energy: Opérations
(9) Le gaz de couche: le nouveau filon http://www.terraeco.net/Le-gaz-de-couche-nouveau-filon,53299.html

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Article d’Isabelle Levy – Collectif du pays fertois  à paraître également sur Reporterre

(!) Info minute – Revue de Presse

En Europe, les plus grandes compagnies de pétrole et de gaz tentent de bloquer les contrôles environnementaux sur la fracturation hydraulique. Une réglementation qui, si elle était adoptée par l’Union Européenne, est qualifiée par le gouvernement britannique de «paperasserie inutile»

Dans les coulisses, le gouvernement britannique pèse de tout son poids pour appuyer le lobbying conduit par frackingles majors du pétrole et du gaz, y compris BP, Chevron, Shell et ExxonMobil afin de convaincre les dirigeants de l’Union Européenne de s’opposer à toutes nouvelles mesures de protection de l’environnement qu’adopterait l’U.E. concernant la mise en œuvre des opérations de fracturation. C’est ce que le journal britannique le Guardian a pu lire dans des courriers (fuites).

Cette volonté de s’opposer à toute nouvelle réglementation vise plusieurs mesures de sécurité environnementale, telles que la surveillance des fuites de gaz et la captures du gaz et des composés volatils qui dans le cas contraire sont éliminés par rejet direct dans l’atmosphère ou par brûlage avec de graves conséquences environnementales et sanitaires. Tout ceci semble aller à l’encontre des assurances du Premier Ministre David Cameron qui assure que le « fracking » est sans danger « s’il est bien réglementé ». En 2013, le dirigeant conservateur n’hésitait pas à affirmer : «Nous devons faire valoir que la fracturation est sans danger … le système de réglementation dans ce pays est l’un des plus strictes au monde ». Pour le gouvernement britannique toute nouvelle forme de contrôle de l’industrie serait « une restriction inutile imposée à l’industrie du pétrole et du gaz au Royaume-Uni« .

En coulisses, une intense bataille se prépare concernant les mesures qui rendraient obligatoire l’utilisation des meilleures technologies disponibles et renforceraient les procédures de gestion des risques lors de la mise en œuvre des opérations de fracturation pour le gaz de schiste ou d’autres hydrocarbures.
Dans leur lettre adressée à Frans Timmermans, premier vice-président soit le deuxième fonctionnaire le plus puissant de la commission, les patrons de l’industriefoe ceo fracking eu lobby du pétrolière et gazière affirment qu’une telle réglementation serait lourde à mettre en œuvre et chronophage, la qualifiant « d’une utilité mineure difficile à justifier». Avant d’ajouter « Nous vous demandons d’intervenir et de … retirer cette proposition qui, si elle devait aller de l’avant, affecterait sérieusement un climat d’investissement déjà en difficulté pour la production pétrolière et gazière au sein de l’Europe» . Cette lettre est datée du 17 Juillet 2015 et signée par les présidents, les administrateurs et les membres des conseils d’administration de neuf compagnies. Les responsables des groupes incluant ConocoPhillips, Statoil, Petrobras, TOTAL, et HSE ont proposé d’exposer leurs « préoccupations » dans le cadre d’une réunion privée avec Timmermans.

Antoine Simon, porte-parole des Amis de la Terre Europe déclare : « Alors que l’industrie de la fracturation hydraulique et le gouvernement du Royaume-Uni assurent le public de leur engagement en faveur de strictes normes de sécurité, dans les coulisses, ils se battent bec et ongles pour éviter tout type de contrôle. Une approche tellement cavalière est choquante étant donné les effets destructeurs de cette industrie sale sur les gens et la planète. Nous avons besoin d’une interdiction pure et simple de la fracturation hydraulique ».

De son côté l’U.E. poursuit l’élaboration d’une proposition. Une première réunion d’experts nationaux est prévue le 13 octobre et une proposition finale doit être adoptée en mai 2018.

Mais toute nouvelle proposition va maintenant être étroitement surveillée par Timmermans, lequel est en charge du principe «mieux légiférer» cher à la commission Juncker. Mieux légiférer … pour minimiser les contraintes liées à la protection de l’environnement, de la santé et de la législation sociale.

Les majors françaises au premier plan pour aller forer au Royaume-Uni

Récemment, ce sont pas moins de 27 licences d’exploration supplémentaires, essentiellement dans le nord de l’Angleterre qui ont été délivrées. Ainsi 2.700 kilomètres carrés qui peuvent potentiellement être forés, en utilisant la technique controversée et polluante de la fracturation hydrau­lique. Engie (ex-GDF Suez) et TOTAL font partie des entreprises qui en bénéficient. Cent trente-deux autres licences sont à l’étude et une attribution est attendue d’ici à la fin de l’année.

Sources : The Guardian ; Le Monde

(!) Info minute – Revue de Presse

Il y a huit ans, sous la pression de ses actionnaires, la société avait promis de cesser de financer le déni du changement climatique. Mais les preuves financières et fiscales révèlent une histoire bien différente. ExxonMobil a fait don de plus de 2,3 Millions de $ (2,1 Millions d’Euros) aux membres du Congrès et à un groupe de lobbying des entreprises qui nient le changement climatique et bloquent les efforts pour lutter contre le changement climatique. Ceci huit ans après avoir promis d’arrêter de financer de déni du changement climatique. C’est ce que rapporte le journal britannique The Guardian.

Le pipeline de dollars alimente les conservateurs climatosceptiques et leur discours

Le déni du changement climatique – de la part des Républicains au Congrès et des groupes declimate change diny pression effectuant leur lobbying au niveau de l’État – est considéré au États-Unis comme un obstacle majeur aux efforts mondiaux pour lutter contre le changement climatique. Ils condamnent la possibilité d’établir des règlements fédéraux et d’État visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre et la possibilité de planifier un avenir qui connaitra une forte élévation du niveau de la mer et des conditions météorologiques extrêmes.

Selon un décompte fait par Greenpeace, c’est environ 30 millions de dollars (27,5 M d’Euros) qu’Exxon à injecté pour financer les chercheurs et les groupes militants faisant la promotion de la désinformation sur le réchauffement climatique. En réponse à la pression d’actionnaires, en 2007 la compagnie pétrolière a promis de stopper un tel financement.

« En 2008, nous cesserons nos contributions financières à plusieurs groupes d’intérêt public dont la position sur le changement climatique pourrait détourner l’attention de l’important débat sur la façon dont le monde va sécuriser l’énergie nécessaire à la croissance économique d’une manière respectueuse de l’environnement», déclarait Exxon dans son rapport de 2007.

Mais depuis 2007, selon l’information financières et fiscale disponible, la compagnie pétrolière a versé 1,87 Millions de $ aux Républicains du Congrès, lesquels nient l’existence du changement climatique, ainsi qu’un montant supplémentaire de $ 454 000 à la l’American Legislative Exchange Council (Alec), une association regroupant élus conservateurs et représentants du secteur privé particulièrement active dans la défense des intérêts des compagnies avec une vision très libérale des échanges et un marché dérégulé.

Dans une déclaration au Guardian cette semaine, Richard Keil le porte-parole d’Exxon réitérait: « ExxonMobil ne finance pas le « déni climatique »« .

Le changement climatique « un canular », les émissions de carbone « un élixir de vie »

L’ALEC, ce groupe de pression ultra-conservateur, a accueilli des séminaires faisant la promotion de l’idée (discréditée depuis longtemps) que l’augmentation des émissions de dioxyde de carbone est un « élixir de vie » (sic !). L’ALEC est également instigatrice d’une loi interdisant aux planificateurs de l’Etat de Caroline du Nord de considérer l’élévation future du niveau de la mer…

En somme, le soutien d’Exxon aux membres du Congrès et aux groupes de pression qui nient le changement climatique est en parfaite contradiction avec la position publique de la compagnie qui se dit déterminée à agir contre la menace posée par le réchauffement climatique.

Selon le Center for American Progress (think tank progressiste), une majorité de républicains à la climatosceptiqueChambre des représentants et au Sénat nie le changement climatique ou s’oppose aux proposions de mesures pour lutter contre le changement climatique. Les bénéficiaires d’Exxon au Congrès incluent par exemple le sénateur de l’Oklahoma Jim Inhofe, qui qualifie le réchauffement climatique de canular, et qui a reçu $ 20.500 depuis 2007, selon la base de données « Dirty Energy Money » (Argent sale de l’énergie) alimentée par Oil Change International. Moins efficace, Exxon a financé le sénateur du Missipi Roger Wicker, qui fut le seul à rejeter une déclaration votée au Sénat affirmant que le changement climatique était bien réel et non pas un canular : La résolution a été adoptée à 98 contre 1. Wicker, qui a reçu $ 14 000 d’Exxon est en effet celui qui a voté non.

Distribution générale de billets de 100 dollars par paquets de 50

Exxon a également donné un total de $ 868 150 aux sénateurs républicains lesquels ont votéstop corruption stop gaz de schiste contre une autre résolution symbolique affirmant que l’activité humaine était un moteur important du changement climatique. Chacun des 49 sénateurs républicains qui ont voté « non » a reçu au moins $ 5000 de la part d’Exxon, selon les chiffres d’Oil Change.

Fondateur du « Centre pour l’étude du dioxyde de carbone et le changement global », Craig Idso déclarait lors d’une réunion devant 100 parlementaires que « l’augmentation continue du dioxyde de carbone dans l’atmosphère devrait être accueillie à bras ouverts ». Si de telles fariboles sont pourtant rejetées dans leur intégralité par la communauté scientifique, l’ALEC considère que « tous les points de vue sont les bienvenus et qu’aujourd’hui, les élus en charge de l’établissement des réglementations veulent apprendre d’autant de points de vue que possible afin de prendre la meilleure décision possible pour les gens qu’ils représentent ».

Certaines compagnie finissent par se désolidariser

Championne du lobbying climatosceptique, l’ALEC a pourtant fini par subir une série de défections liées à sa prise de position sur le changement climatique au cours de la dernière année : des sociétés comme News Corp du magnat Rupert Murdoch, BP America, Microsoft, Facebook et Yahoo ont renoncé à leur statut de membres. Google se désolidarisant également accuse le groupe de lobbying de mentir sur le changement climatique.

Quant à Exxon, interrogée par le Guardian, elle n’est pas prête à discuter de son appartenance à l’ALEC. Toutefois, la société déclare être sérieuse par rapport au changement climatique et ne pas financer le déni climatique. Dans un courriel, M. Keil, le porte-parole d’Exxon, poursuit : « Nous prenons des mesures en réduisant les émissions de gaz à effet de serre dans nos opérations, en aidant les consommateurs à réduire leurs émissions, et en soutenant les grandes universités américaines en augmentant la capacité de recherche à la fois concernant la réduction des émissions mais aussi sur les sources d’énergie alternatives ». M. Keil n’a toutefois pas voulu répondre aux questions précises concernant le soutien financier d’Exxon aux membres du Congrès qui nient le changement climatique, son soutien à l’ALEC ni au financement du séminaire dans lequel Craig Idso faisait ses stupéfiantes déclarations sur les bénéfices supposés de l’augmentation des émissions de carbone.

Et pour conclure, le porte parole d’Exxon de déclarer : « Parce que le Guardian a abandonné le journalisme objectif et a un agenda clair en ce qui concerne le changement climatique, on ne peut plus lui faire confiance pour faire le travail que ses lecteurs ont le droit d’attendre, celui de fournir une couverture exacte et impartiale sur ce sujet important ».

Le financement du discours niant le changement climatique par les compagnies du secteur énergétique est considéré comme un obstacle majeur à l’action des États-Unis sur le changement climatique – et divise les États-Unis et l’Europe dans la lutte contre le réchauffement climatique.

Source: The Guardian

(!) Info minute – Revue de Presse

Une équipe de chercheurs vient de publier une nouvelle étude dans la revue scientifique Nature Communications dans laquelle ils présentent leur analyse des facteurs qui ont contribué à la baisse de 11% des émissions de CO2 aux États-Unis entre 2007 et 2013.
De nombreux médias et experts ont attribué initialement le changement à la montée de la fracturation hydraulique et au remplacement du charbon «sale» par le gaz naturel à « combustion propre ». Qu’en est-il ?

Impact de la récession de 2007 sur la consommation

Cette nouvelle étude a analysé les modèles qui déterminent réellement la consommation nationalerecession usa 2007 aux États-Unis et il apparaît clairement que le gaz naturel a joué un rôle mineur dans l’histoire du charbon ces quelques dernières années. Et particulièrement lorsqu’on examine la Grande Récession en 2007: à la mi-2007 , la bulle immobilière américaine a éclaté, provoquant une grave récession. Le chômage a plus que doublé au cours des 2 années suivantes. Les revenus ont chuté, et le taux de pauvreté a augmenté. Et entre 2007 et 2009, les émissions de carbone ont diminué de 9,9%.

Le boom du gaz de schiste n’a pas commencé avant 2009

L’étude montre que plus de la moitié du déclin du charbon fut due à une baisse drastique du volume des biens consommés par la population américaine. Près d’un tiers de la baisse pourrait êtrebaisse CO2 USA baisse charbon et consommation pas augmentation gaz de schiste attribuée à des changements dans la structure de production, comprenant également la délocalisation des industries américaines vers la Chine et d’autres pays. Seulement 17% pourraient être attribuées à des changements du mix énergétique pour produire de l’énergie, et pourtant ceci n’est pas lié à la hausse de la production des hydrocarbures non conventionnels. En effet, le boom du gaz de schiste n’a pas commencé avant 2009. Et avant cela, le charbon était déjà sur le déclin.

Depuis la reprise une baisse de CO2 de 0,2% par an seulement

Après 2009, alors que l’économie commençait à se redresser et que les Américains ont recommencébaisse CO2 USA - à consommer des biens en quantités plus importantes, les émissions de carbone ont diminué de 0,2% seulement par an, en moyenne. À ce moment, le boom du gaz de schiste a commencé à avoir un effet sur les émissions de carbone. Et malgré cela, il n’a pas constitué le facteur le plus important dans le déclin des émissions de CO2. Des changements dans la production et la consommation ont dominé de 2009 à 2011, puis un hiver doux en 2012 et des prix élevés de l’essence de 2011 à 2013 laissent à penser que les Américains ont utilisé moins d’énergie globalement, émettant moins de CO2.

Ce ne sont pas les quelques autres augmentations de consommation de l’utilisation du gaz naturel essentiellement produit par la fracturation hydraulique aux États-Unis qui peuvent avoir eu un grand effet global sur les émissions de gaz à effet de serre ni sur le réchauffement. Le boom du gaz naturel pourrait même aggraver la situation. À court terme, le gaz sera en concurrence avec les énergies renouvelables, comme le vent et l’énergie solaire.

Sources: http://www.nature.com/ncomms/2015/150721/ncomms8714/pdf/ncomms8714.pdf
http://www.sciencedaily.com/releases/2015/07/150721124716.htm
http://www.smithsonianmag.com/science-nature/recession-not-fracking-drove-drop-us-carbon-emissions-180955972/?no-ist