(!) Info minute – Revue de Presse

Le boom du pétrole de schiste qui a transformé les États-Unis en plus grand exportateur de carburant au monde et fait baisser le prix de l’essence à la pompe est en passe de s’enrayer tandis que l’OPEP maintient sa production.

Selon les estimations de l’agence américaine de l’énergie, ce mois-ci, la production de brut à partir des principaux gisements de schiste tels que le Bakken du Dakota du Nord et le schiste d’Eagle Ford au Texas devrait connaître une contraction de 1,3% pour atteindre 5,58 millions de barils par jour. En Juicontraction de la production de petrole de schiste aux USAllet elle chutera encore pour atteindre 5,49 millions de barils par jour, le niveau le plus bas depuis Janvier. Avec la décision de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) de maintenir son niveau de production de pétrole, la production issue des schistes aux États-Unis est sous la pression face à la nécessité de rééquilibrer une surabondance de l’offre mondiale. EOG Resources Inc., le plus grand producteur de pétrole de schiste du pays, le gestionnaire de fonds spéculatifs Andrew J. Hall et les banques, y compris Standard Chartered Plc ont prévu des baisses de production aux États-Unis suite à la chute des prix du brut de l’année dernière. En mars dernier, le pays en était à son plus haut niveau de production depuis quatre décennies. Selon James Williams, président de la société de conseil en énergie WTRG Economics, « La production va baisser parce-que les forages connaissent une baisse de 57% cette année. Jusqu’à présent cette tendance a été contrée par le fait que nous ayons recours à des équipements de forage particulièrement efficaces dans des zones ou les rendements sont les plus élevés. Donc, cela a retardé le déclin. « 

Une baisse du nombre de forages

D’après les données de l’Agence américaine de l’énergie, malgré la baisse du nombre de puits de pétrole depuis 26 semaines consécutives, au mois de Mars la production intérieure américaine de pétrole brut a bondi de 126 000 barils par jour, ou 1,3%, à 9,53 millions, le plus haut niveau depuis 1972. « Nous ne croyons pas à un changement de tendance dans la production de pétrole des États-Unis. À notre avis,shale fail l’approvisionnement en pétrole des États-Unis est toujours en baisse, et cette tendance à la baisse est susceptible de se poursuivre tout à long de l’année« . C’est ce qu’affirme Nicholas Swowdon analyste à la banque Standard Chartered dans une note de recherche du 1er Juin. Toujours selon la banque, « la production de pétrole de schiste va diminuer de 105 000 barils par jour en Juillet après avoir chuté de 86.000 barils p/j en Juin « . De son côté Bill Thomas, directeur d’EOG Resources, a déclaré lors d’une conférence le mois dernier que la production américaine devrait poursuivre sa chute jusqu’à la fin de l’année. Les prévisions de l’Agence américaine de l’énergie pour la production de pétrole des États-Unis couvrent le rendement des grands gisements qui mis ensemble représentaient 95% de la croissance de la production nationale de 2011 à 2013.

Eagle Ford et Bakken en baisse

Toujours selon les prévisions de l’Agence américaine de l’énergie, la production du bassin d’Eagle Ford au Texas, le deuxième plus grand champ de pétrole des États-Unis, devrait se contracter de 49 000 barils par jour en Juillet pour atteindre 1,59 millions. La production du bassin de schiste de Bakken dans le Dakota du Nord, elle, va décroitre de 29.000 barils/jour pour atteindre 1,24 millions. Quant au renThese seven regions accounted for 95% of domestic oil production growth and all domestic natural gas production growth during 2011-13.dement du bassin permien de l’ouest du Texas et du Nouveau Mexique, le plus grand champ de pétrole des États-Unis, il devrait augmenter de 3 000 barils par jour pour atteindre 2,06 millions. Ces prévisions de l’Agence américaine pour la production d’huile sont basées sur le nombre d’appareils de forage opérationnels dans chaque gisement et les estimations sur la façon dont ils sont productifs. Alors que les foreurs américains sont en train de se replier, l’OPEP, qui représente plus d’un tiers de la production pétrolière mondiale, continue de résister aux appels à freiner sa propre production. Ce groupe de 12 pays a en effet décidé la semaine dernière de maintenir son rang avec un objectif quotidien de production de 30 millions de barils de brut. Et selon les données compilées par Bloomberg, la production effective combinée des pays de l’OPEP a dépassé ce niveau pour chacun des 12 derniers mois,

Une victoire à la Pyrrhus

L’Agence américaine de l’énergie (EIA) prévoit qu’en Juillet la production des gisements de schiste baisse de 93 000 barils par jour, la plus forte baisse depuis que le boom a commencé. Cette baisse brutale valide la stratégie des membres de l’OPEP qui chute prix baril petroleont décidé de conserver leur part de marché et laisser chuter les prix pour forcer les autres à réduire leur production. C’est ce que pense Bill O’Grady, du cabinet Confluence Investment Management. Toutefois, pour certains membres de l’OPEP comme le Venezuela, dont les budgets sont gravement impactés par des prix du pétrole qui ont pratiquement été divisés par 2 depuis l’été dernier, ça peut représenter une victoire à la Pyrrhus . Pour eux, la baisse de production des États-Unis pourrait ne pas être suffisamment rapide pour entrainer une augmentation des revenus issus du brut.

Source : Bloomberg

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Aujourd’hui, le Parlement Européen examinait le rapport sur la stratégie européenne pour la sécurité énergétique de la commission de l’industrie,(à consulter ici) de la recherche et de l’énergie et le soumettait au vote de l’Assemblée. Un amendement qui avait été déposé pour demander un moratoire sur la fracturation hydraulique dans les pays de l’Union a été adopté.

Les parlementaires adoptent l’amendement contre le fracking

Contre toute attente, l’amendement est passé avec 338 votes « pour », 319 « ceu amend stop frackingontre » et 42 absentions. Avec ce vote, c’est la première fois qu’une majorité du Parlement européen soutient un moratoire sur la fracturation hydraulique lequel « invite instamment les États membres à ne pas autoriser de nouvelles activités s’accompagnant de l’exploration ou de l’extraction de combustibles non conventionnels sur le territoire de l’Union européenne tant que leur innocuité pour l’environnement, les citoyens et les travaux n’est pas prouvée ».

… mais rejette l’adoption du rapport

Toutefois lors de cette séance, l’ensemble du texte et du rapport a été finalement rejeté (315 « contre » et 277 « pour » voir le détail ici) probablement en raison du vote sur l’ amendement lequel était sans doute inacceptable pour une grande partie des députés favorables au rapport. Ils auront alors préféré rejeter le rapport dans son entièreté que de voir cet amendement repris dans le rapport.

La suite

Le texte de ce rapport devrait être normalement renvoyé à la commission du Parlement Européen où il avait été initialement discuté pour ensuite être présenté à nouveau au vote en commission et en assemblée plénière.logo-ffe-30mm
On notera que ce texte du Parlement Européen n’a pas de conséquence juridiquement contraignante. Ce n’est qu’une résolution proposée par le Parlement que la Commission n’est pas obligée de suivre ou de considérer. Toutefois, il permet de constater quel est le rapport de force au sein du Parlement. Symboliquement un vote favorable à un moratoire sur la fracturation est déjà une avancée, même si elle reste minime. Pour une fois, alors que le lobby pro-gaz de schiste exerce de très grosses pressions (lire ici), cette décision parlementaire est le reflet de l’expression populaire.

Dans le cadre de la consultation publique organisée par la Commission européenne en 2013, 64% des participants estimaient que le gaz de schiste ne devait absolument pas être développé en Europe.

Et TAFTA dans tout ça ?

Un accord commercial majeur est en cours de négociation entre l’Union européenne et les États-Unis et menace les pouvoirs dont disposent les gouvernements pour protéger les populations et l’environnement des nouvelles technologies à risque telles que laSTOP TAFTA- fracturation hydraulique (fracking en anglais) (lire ici). Malgré les mobilisations contre cet accord, la commission poursuit les négociations. Pourtant, surprise également aujourd’hui au Parlement Européen. Alors que les députés européens devaient prendre position mercredi 10 juin sur le TAFTA , à la surprise générale, le vote a été reporté par le président Martin Schulz. Ce retournement traduit les divisions des députés devant le manque de transparence et la complexité des négociations. Députés qui ne peuvent lire le traité que… sous surveillance ! (lire les explications sur Reporterre).

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La société pétrolière américaine ConocoPhillips a annoncé vendredi avoir cessé la recherche de gaz de schiste en Pologne en raison de résultats insatisfaisants, abandonnant de facto le champ de l’exploration aux entreprises d’État polonaises. Plus tôt cette année, la transnationale américaine Chevron Corp avait également abandonné la recherche de gaz de schiste en Pologne, après le retrait d’Exxon Mobil, de TOTAL et Marathon Oil.

ConocoPhillips indique que sa filiale Lane Energy Pologne a investi environ 220 millions de dollars en Pologne depuis 2009. Elle a foré sept puits sur ses troisforage gaz de schiste shale gas drilling concessions de la Baltique occidentale. Dans un communiqué, Tim Wallace, directeur de ConocoPhillips en Pologne déclare « Nous comprenons la déception entourant cette décision difficile, malheureusement, les volumes de gaz commercialement exploitable n’ont pas été trouvé s. »

Les transnationales pétrolières ont été attirés par la Pologne il y a quelques années, partageant la conviction que la plus grande économie de l’Est de l’Europe offrirait l’opportunité de reproduire le boom du gaz de schiste qu’on connu les États-Unis. En 2011, l’ancien Premier ministre de la Pologne, Donald Tusk, avait déclaré qu’il espérait le début de l’exploitation commerciale du gaz de schiste pour 2014, exprimant l’espoir qu’elle permettrait à la Pologne de réduire considérablement sa dépendance aux importations de gaz russe.

Le 21 mars 2012, un rapport de l’institut géologique polonais établissait les réserves de ce gaz dit non-conventionnel à 1 920 milliards de mètres cubes. En tenant compte de l’évolution des moyens techniques les experts évaluaient que 346 milliards à 768 milliards de mètres cubes seraient directement exploitables. C’était dix fois moins queZurawlow does not want shale gas les 5 300 milliards pronostiqués par une étude de l’agence américaine de l’énergie un an plus tôt. Le départ des compagnies étrangères confirme que les réserves techniquement exploitables sont encore plus faibles.

Bien que de nombreux forages exploratoires y aient été faits, la Pologne n’a jusqu’à présent pas un seul puits exploité commercialement. Dans certaines régions, le refus d’une population qui avait résisté plus d’un an sur le terrain avait conduit à l’abandon de travaux de recherche de gaz de schiste.   A présent les seules entreprises qui déclarent d’autres forages en cours sont le distributeur de gaz d’État PGNiG et le raffineur PKN Orlen.

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En 2010, le Congrès américain avait demandé à l’Agence Fédérale pour la Protection de l’Environnement (EPA) d’étudier l’impact de la fracturation hydraulique sur l’eau potable. Ce rapport d’évaluation très attendu aux États-Unis a été publié le 4 juin 2015. Il examine l’incidence sur l’eau de la fracturation hydraulique, technique que nécessite l’exploitation des pétrole et gaz de schiste . Le rapport réfute la conclusion d’une précédente étude effectuée en 2004 par la même agence gouvernementale qui concluait à l’absence de menace du fracking sur l’eau potable. A l’époque, cette conclusion avait  permis de dispenser la fracturation hydraulique de répondre aux obligations de la Loi sur la protection de l’eau potable (Safe Drinking Water Act).

L’administration confirme que le « fracking » n’est pas exempt de risque

Tout d’abord le rapport indique que la fracturation hydraulique mise en œuvre pour l’exploitation de l’huile et du gaz de schiste n’a pas conduit à « des impacts systémiques répandus sur la ressource en eau potable aux États-Unis ». Et c’est heureux. Si les opérations de fracking qui ont envahi de nombreuses régions des États-Unis depuis les dix dernières années avaient conduit à « des impacts systémiques répandus sur la ressource en eau potable » ça se saurait. D’ailleurs, on notera que personne n’a jamais prétendu que la fracturation hydraulique produisait « des impacts systémiques répandus sur la ressource en eau potable ». Le rapport confirme aussi que la fracturation pourrait contaminer l’eau potable dans « certaines conditions », comme lorsque les fluides utilisés dans le processus fuient dans la nappe phréatique. Il confirme également des cas de contamination de l’eau. Ça on le savait (lire ici et ).

L'utilisation de l'eau dans le processus de fracturation hydraulique gaz de schiste

Un examen des 5 étapes du cycle de l’eau dans la fracturation hydraulique

Cette étude a examiné l’utilisation de l’eau à travers cinq étapes du processus : l’approvisionnement en eau pour la fracturation hydraulique; le mélange de l’eau avec les produits chimiques pour créer fluide de fracturation; le reflux du fluide après son injection sous haute pression dans le sous-sol pour fracturer la roche et libérer le pétrole ou le gaz; le traitement des sous-produits des liquides de reflux de fracturation; et les puits d’injection fréquemment utilisés pour se débarrasser des fluides de fracturation hydraulique lorsque le processus est terminé.
Se faisant, le rapport a identifié plusieurs voies par lesquelles le risque de contamination de l’eau existe, y compris les déversements, les défauts de construction et d’étanchéité de puits, les problèmes de retraitement et la mauvaise élimination des eaux usées. Très ciblé sur la question de l’eau, le rapport n’évoque pas l’impact sur la qualité de l’air, les abondantes fuites de méthane générées par l’exploitation, le stockage et le  transport du gaz, l’empreinte au sol gigantesque de l’exploitation des hydrocarbures, ni la fragilité du modèle économique pour une activité outrageusement subventionnée.

► Concernant l’impact des prélèvements d’eau,

5.7 millions de litres d’eau sont nécessaires pour chaque puits en moyenne. Cette estimation fournie par le rapport représente probablement les besoins pour la fracturation d’une grande variété de types de puits, y compris des puits verticaux qui utilisent généralement beaucoup moins d’eau par puits que les puits horizontaux généralement mis en œuvre dans le cas de l’exploitation des pétroles et gaz de schiste. Ainsi, les estimations publiées pour les puits de gaz de schiste horizontaux sont généralement plus élevées (environ 15 millions de litres (Vengosh et al., 2014)). Il existe aussi de grandes variations dans les volumes d’eau utilisés par puits selon les États et les bassins. De plus de 19 millions de litres dans l’Arkansas, la Louisiane et la Virginie occidentale à moins 3,8 millions de litres en Californie, au Nouveau-Mexique et dans l’Utah. Cette variation résulte de plusieurs facteurs, y compris la durée d’exploitation du puits, la formation géologique et la formulation du fluide de fracturation. La question de l’impact des prélèvements de l’eau pour les opération d’exploitation des hydrocarbures non conventionnels sur la quantité et la qualité de l’eau potable est extrêmement variable selon les localités où est pratiquée la fracturation hydraulique. Il en est de même pour ce qui concerne les conflits d’usage avérés ou potentiels.

► Concernant les incidents liés à la manipulation des produits chimiques utilisés,

Rappelons que les fluides de fracturation hydrauliques sont conçus pour exécuter des fonctions spécifiques telles que: créer et élargir les fractures, le transports de l’agent de soutènement (sable ou micro-billes) pour le placer dans les fissures crées par la fracturation. Le fluide est généralement constitué de trois parties: (1) le fluide de base, qui est le plus grand constituant en volume: C’est de l’eau; (2) des additifs généralement un mélange d’une grande variété de produits chimiques; et (3) l’agent de soutènement. Les additifs sont choisis pour servir un but précis (par exemple, ajuster le pH, augmenter la viscosité, limiter la croissance bactérienne). Les produits chimiques représentent généralement un faible pourcentage (2% à 5%) du volume de fluide injecté dans son ensemble. Mais ramené aux 5 millions de litres de liquides injectés par puits, des milliers de litres de produits chimiques peuvent être potentiellement stockées sur place et utilisés au cours des activités de fracturation hydraulique.

L’EPA a examiné les risques liés au stockage et à la manipulation de ces produits sur les sites d’opération de fracking. Elle note que la fréquence des déversements accidentels de produits chimique varie d’une région à l’autre et a pu se produire dans certains cas sur  1% des sites d’exploitation alors que dans d’autres cas jusqu’à à 12% des sites ont été concernés. Ces estimations comprennent les déversements de fluides de  fracturation hydraulique et de produits chimiques tels qu’ils ont été signalés par les opérateurs et enregistrés officiellement par l’administration publique. L’EPA admet toutefois ignorer si ses chiffres sont représentatifs et extrapolables. Les causes de déversements incluent la défaillance d’équipement, l’erreur humaine, la défaillance de l’intégrité du contenant, ainsi que d’autres causes telles de la météo et vandalisme. La cause la plus fréquemment signalée étant la défaillance du matériel.

► Concernant les volumes et la nature des produits chimiques utilisés dans la fracturation hydraulique,

Les estimations tirées de la base de données de l’EPA développés à partir FracFocus (voir plus bas) suggèrent que le volume moyen des produits chimiques injectés par puits est de 2500 litres par produit chimique. L’EPA supposant qu’en moyenne 14 produits chimiques sont utilisés par puits, elle estime que 34 000 litres de produits chimiques sont injectés par puits. Elle estime que les volumes peuvent varier de 9800 litres à 69 000 litres de produits chimique par puits. Quant à la nature des produits, l’EPA indique simplement que les propriétés physico-chimiques estimées ont été obtenues pour 453 produits chimiques du total des 1076 substances chimiques déclarées dans les fluides de fracturation hydraulique. Sachant que les industriels ne sont pas tenus de déclarer la composition des mélanges effectués pour la fracturation hydraulique, il est évident que l’administration fédérale se retrouve dans l’impossibilité d’étudier les impacts de ces cocktails chimiques notamment lorsque ceux-ci ont connu de très fortes pressions et hautes températures et qu’ils remontent à la surface en même temps de d’autres molécules. L’eau de reflux suite à l’opération de fracturation peut en effet contenir des métaux (comme le baryum, le cadmium, le chrome, le plomb, le mercure) ainsi que des composés organiques tels que le benzène.

► Concernant l’impact potentiel des produits chimiques sur la santé humaine,

Après avoir indiqué que les produits utilisés ont des effets reconnus sur la santé (cancers, effets sur le système immunitaire, changements dans le poids, modification de la chimie du sanguine, cardiotoxicité, neurotoxicité, toxicité hépatique et rénale, toxicité reproductive et développementale), le rapport botte en touche en indiquant que « comme la plupart des produits chimiques sont utilisés fréquemment sur une base nationale (comprendre au niveau d’un état), l’exposition potentielle est susceptible d’être un problème local ou régional, plutôt qu’un problème national. En conséquence, l’examen des dangers et des risques associés à ces additifs chimiques serait plus utile sur une base spécifique au site et est au-delà de la portée de cette évaluation ». Et pourtant des études confirment ces risques comme le rapporte par exemple cette étude menée par une équipe de recherche de l’Université de Yale.

► Concernant l’impact des fuites sur les aquifères,

Le rapport dit qu’ « aucun des déversements de fluide de fracturation hydraulique n’a atteint les eaux souterraines. Cela pourrait être dû à une absence d’impact;  Cependant, l’infiltration dans le sol et le lessivage dans les eaux souterraines des fluides déversés peut prendre plusieurs années. Ainsi, poursuit l’EPA, il peut ne pas être immédiatement évident qu’un déversement a atteint les eaux souterraines ou non ». Or c’est bien ce risque que les opposants à l’exploitation des gaz et pétrole de schiste mettent en évidence: Le risque à moyen ou long terme de contamination de l’environnement, qu’il s’agisse de l’eau ou de l’air ainsi que de son impact sur la santé. Ce qui peut prendre des années. Et apparaître bien après que les opérations d’extractions d’hydrocarbures auront pris fin. Et alors que les industriels auront plié bagages.

Les données utilisées sont celles fournies par les industriels sur une base volontaire

D’où proviennent les données? Et quelle est leur validité ? Dans le résumé de l’étude, l’EPA indique que les données utilisées dans l’évaluation des puits proviennent de « FracFocus », un site Internet accessible au public alimenté par les informations fournies par les opérateurs de puits de production de pétrole et de gaz. Les informations y sont communiquées par les industriels sur une base volontaire ou en fonction des exigences de certains États relatives aux produits utilisés dans les fluides de fracturation hydraulique. Il ne s’agit donc aucunement d’une étude prospective menée par l’État dans laquelle les opérateurs auraient l’obligation de fournir une information systématique. Alors que c’était ce qui avait été initialement envisagé par l’EPA, ces derniers s’y sont refusé. Cela confirme et montre la crainte qu’ont les industriels concernant la surveillance attentive de leurs opérations mais aussi l’influence qu’ils exercent sur les autorités politiques et celles en charge de la définition et de l’application de la réglementation. Comme nous l’évoquions ici, la réglementation fédérale sur les pratiques des industriels reste en effet très timide.

En France, on ne manquera pas de constater dans les jours à venir l’empressement du lobby organisé en faveur de l’exploitation des pétroles et gaz de schiste à claironner que la fracturation hydraulique n’a pas d’impact sur la ressources en eau potable et que les bonnes pratiques de cimentation permettent de conduire une exploitation des hydrocarbures non conventionnels en toute sécurité. Ces bonnes pratiques ont un coût et restent parfois très théoriques. L’expérience américaine le prouve. Et ce n’est pas un chantier vitrine que réclament les industriels pour convaincre l’opinion publique qui permettra de changer la réalité des choses. Nos ingénieurs et géologues des pétroles le savent.  

(!) Info minute – Revue de Presse

C’est le media suisse arcinfo.ch qui rapporte cette information, la société Celtique Energie Neuchâtel SA fondée en 2010, a été liquidée fin mai. Elle voulait forer au Val-de-Travers pour y trouver du gaz. Un projet avorté suite à un moratoire de 10 ans voté par le Grand Conseil en mai 2014. Une vérification en France confirme que Celtique ferme également sa société Celtique Jura. En revanche au 3 Juin 2015, la société Celtique Rhône-Alpes ex-titulaire du permis des Moussières existe toujours.

Celtique au Val-de-Travers, c’est vraiment fini: la société fondée à Neuchâtel il y a cinq ans a été dissoute et liquidée à fin mai par décision de son assemblée générale, selon le registre suisse du commerce. Le site internet qui détaillait le projet de forage à Noiraigue a par ailleurs été désactivé tout comme celui qui faisait la promotion du projet des Moussières en France.

Pas de renouvellement du permis des Moussières mais des activités et projets en Aquitaine

Les projets de Celtique sont compromis de l’autre côté de la frontière suisse dans le Jura et le Haut-Bugey (Ain) où la demande de renouvellement du permis des Moussières a été rejetée par l’État après trois ans de lutte citoyenne (voir info ici).

celtique Jura ferme stop gaz de schiste

Celtique Jura est liquidée. Au 3 Juin 2015, Celtique Rhône-Alpes ex-titulaire du permis des Moussières existe toujours.

Toutefois, dans la partie occidentale de la France, la société est titulaire d’un permis de recherche d’hydrocarbures (le permis de Claraq) sur lequel un premier forage a été autorisé et effectué en 2014 dans le Béarn sur la Commune de Fichous-Riumayou. Elle a part ailleurs fait une demande pour un autre permis celui de Séméacq (voir page 6 de ce bulletin et lire aussi).

Moratoire de dix ans dans le canton de Neuchatel

En Suisse, Celtique Energie, groupe d’origine britannique, avait fait part à l’été 2013 de sa volonté d’effectuer un forage exploratoire à Noiraigue. Il estimait que le sous-sol du collectif val de travers manif saint claudeVal-de-Travers contient une quantité de gaz gigantesque, représentant sept ans de consommation en Suisse. Les représentants de Celtique en Suisse avaient effectué un gros travail de lobbying pour convaincre le monde politique de l’intérêt de son projet, faisant miroiter des retombées économiques importante pour le Vallon. Un collectif citoyen du Val-de-Travers , inquiet pour l’approvisionnement en eau de tout le canton, avait lancé une pétition et récolté rapidement plus de 10’000 signatures. Le groupe britannique était en fait soupçonné de recherche de gaz de schiste, pour laquelle des forages par fracturation hydraulique (fracking) sont nécessaires. Le Grand Conseil avait alors voté, en mai 2014, un moratoire de dix ans sur les forages d’hydrocarbures.

(!) Info minute – Revue de Presse

Une traduction par nos soins d’après l’article Fossil fuels subsidised by $10m a minute, says IMF publié le 18 mai 2015 dans le journal The Guardian.

Le subventionnement de l’industrie des énergies fossiles atteint 5,300 milliards de $ pour 2015 un montant supérieur aux dépenses totales de santé consenties par tous les pays du monde.

Au niveau mondial, les compagnies d’extraction d’énergie fossile bénéficient d’un subventionnement pour un montant global qui atteint 5.3 billions de dollars US (1 billion = 1000 milliards, voir note de bas de page [1])  (4,800 milliards d’Euros) par an, soit l’équivalent, au quotidien de 10 millions de dollars (9 M d’Euros) par minute, selon une nouvelle estimation effectuée par le Fonds monétaire international (FMI)[2]. Le FMI qui qualifie cette révélation de « scandaleuse » indique que ce nombre correspond à une estimation « extrêmement robuste » du véritable coût des combustibles fossiles. La subvention de 5 300 milliards de $ estimée pour 2015 est supérieure aux dépenses totales de santé de tous les pays du monde.

Cet énorme montant est notamment lié au fait que les pollueurs ne paient pas les coûts imposés aux gouvernements par la combustion du charbon, du pétrole et du gaz. Ceux-ci comprennent les dommages causés aux populations locales par la pollution de l’air ainsi que des personnes touchées au niveau mondial par les inondations, les sécheresses et les tempêtes générées par le changement climatique.

Pour Nicholas Stern, économiste spécialiste du climat à la London School of Economics « Cette analyse de la plus haute importance, en montrant l’énormité de leurs coûts réels, brise le mythe selon lequel les combustibles fossiles ne seraient pas chers. Il n’y a aucune justification à ces énormes subventions pour les combustibles fossiles, qui faussent les marchés et endommage les économies, en particulier dans les pays les plus pauvres « . Lord Stern ajoute même que cette estimation du FMI était largement sous-estimé: « Une estimation plus complète des coûts liés au changement climatique démontreraient que ces subventions implicites des combustibles fossiles sont bien plus élevées que ce que le rapport suggère. »

Pour le FMI, la fin des subventions aux combustibles fossiles engendrerait une réduction de 20% des émissions mondiales de carbone. Ça représenterait un pas de géant vers la prise en compte du dérèglement climatique, une question sur laquelle le monde a fait trop peu de progrès à ce jour. La fin des subventions réduirait également de 50% le nombre de décès prématurés dus à la pollution de l’air, soit environ 1,6 millions de vies par an. De plus, toujours selon le FMI, « la réorientation de ces ressources aurait un effet de levier sur la croissance économique et la réduction de la pauvreté dans de nombreux pays grâce à des investissements plus importants faits dans les infrastructures, la santé et l’éducation, ainsi que par la réduction des impôts qui restreignent la croissance ».

Ceci aurait également pour autre conséquence de voir disparaitre le besoin de subventions pour les énergies renouvelables – ce relativement petit montant de 120 milliards de dollars par an – si les prix des combustibles fossiles prenaient en compte le coût total de leurs impacts.

Le subventionnement aux combustibles fossiles en chiffres

1 La subvention aux combustibles fossiles en chiffres stop petrole gaz de schiste

Pour Vitor Gaspar, en charge des affaires budgétaires au FMI et ancien ministre des Finances du Portugal « Ces estimations [des subventions aux combustibles fossiles] sont choquantes. Les prix des énergies restent lamentablement en dessous des niveaux de leurs coûts réels« . Quant à David Coady, le fonctionnaire du FMI en charge du rapport, il déclare: « Lorsque ce nombre [de 5.300 Mds de dollars] est sorti, au début nous avons pensé que nous aurions mieux faire de contrôler nos chiffres deux fois! Mais le tableau général des énormes subventions mondiales était « extrêmement robuste. Il reflète le coût réel associé à ces subventions aux combustibles fossiles. »

L’estimation du FMI des 5.3000 Mds de dollars en subventions des combustibles fossiles représente 6,5% du PIB mondial. Un peu plus de la moitié du chiffre correspond à de l’argent que les gouvernements sont obligés de dépenser pour la prise en charge du traitement des victimes de la pollution de l’air et du revenu perdu pour cause de maladie et de décès prématurés. Le chiffre est plus élevé que l’estimation de 2013 du FMI car de nouvelles données de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) indiquent que les dommages causés par la pollution de l’air sont beaucoup plus élevés que ce qu’on pensait.

Le charbon est le combustible le plus sale en termes d’émissions locales de pollution de l’air et de carbone lui-même cause de réchauffement climatique, il est donc le plus grand bénéficiaire des subventions, avec un peu plus de la moitié du total. Le pétrole, fortement utilisé dans les transports, obtient environ un tiers de la subvention et le gaz le reste.

La plus grande source unique de pollution de l’air provient des centrales à charbon chinoises, la Chine, avec sa grande population et sa forte dépendance énergétique au charbon, fournit 2.300 milliards de dollars de subventions annuelles. Viennent ensuite les États-Unis (700 Mds de dollars), la Russie (335 Mds $), l’Inde (277 Mds $) et le Japon (157 Mds $), l’Union européenne représentant pour l’ensemble de ses pays membres 330 Milliards de dollars (ou 300 Mds d’Euros) en subventions pour les combustibles fossiles.

Répartition des subventions aux combustibles fossiles

2 La subvention aux combustibles fossiles repartition des couts  stop petrole gaz de schiste

Les coûts résultant du changement climatique générés par les émissions des combustibles fossiles représentent 1.270 milliards de dollars par an, soit environ un quart du montant total du FMI. Le FMI a calculé ce coût en utilisant une estimation officielle de l’administration fédérale des États-Unis de 42 $ la tonne de CO2 (en dollars de 2015), un prix «très probablement sous-estimé », selon Groupe d’experts intergouvernemental de l’ONU sur les changements climatiques.

Le subventionnement direct du combustible pour les consommateurs, (subventions publiques sur le diesel et autres carburants), représente à peine 6% du total du FMI. Les autres facteurs locaux, tels que la réduction des taxes de vente sur les combustibles fossiles et le coût de la congestion de la circulation et les accidents, constituent le reste. Le FMI indique que les coûts liés au trafic sont inclus parce qu’une augmentation des prix accrus sur le carburant serait le moyen le plus direct pour les réduire.

Palmarès par pays du subventionnement des énergies fossiles

Palmares par pays de la subvention aux energies fossiles - stop gaz de schiste

En 2009, Barack Obama et les pays du G20 appelaient à la fin des subventions des combustibles fossiles, mais peu de progrès avaient été réalisés jusqu’à la chute des prix du pétrole en 2014. En Avril, le président de la Banque mondiale, Jim Yong Kim, déclarait que c’était une folie de voir les États continuer à promouvoir l’utilisation du charbon, du pétrole et du gaz en accordant des subventions. « Nous devons nous débarrasser des subventions aux combustibles fossiles maintenant« , disait-il.

La réforme de ces subventions augmenterait les coûts de l’énergie, mais M.Kim et le FMI notent que les subventions aux combustibles fossiles existantes bénéficient massivement aux plus riches, avec les 20% les plus riches obtenant six fois plus que les 20% les plus pauvres dans les pays à revenu faible et intermédiaire. Pour Vitor Gaspar la baisse des prix du pétrole et du charbon constituait une «occasion en or» pour éliminer les subventions et utiliser les recettes fiscales accrues pour réduire la pauvreté grâce à des investissements et à la fournir d’un appui mieux ciblé.

La réforme des subventions commencent dans des dizaines de pays, dont l’Egypte, l’Indonésie, le Mexique, le Maroc et la Thaïlande. En Inde, les subventions pour le diesel ont pris fin en Octobre 2014. « Les gens prétendaient que ça serait impossible à faire». Et pour la première fois de ce siècle, l’utilisation du charbon a également commencé à baisser en Chine.

Sur les énergies renouvelables, David Coady co-auteur de l’analyse du FMI indique « Si nous obtenons que le prix des combustibles fossiles reflète la réalité, l’argument des subventions pour les énergies renouvelables tombera et les énergies renouvelables deviendront tout d’un coup une option beaucoup plus attrayante. « 

Pour Shelagh Whitley, experte en matière de subventions à l’Overseas Development Institute[3],  » Le rapport du FMI rappelle à nouveau que les gouvernements du monde entier s’appuient sur un modèle énergétique vieux d’un siècle. Aggravant le problème, nos recherches montrent que la plupart des subventions à l’énergie mises en évidence par le FMI vont vers la recherche de nouvelles réserves de pétrole, de gaz et de charbon , alors même que nous savons qu’elles doivent être laissées dans le sous-sol si nous voulons éviter un changement climatique catastrophique et irréversible « .

Le développement de la coopération internationale, une nécessité pour lutter contre le changement climatique, s’est avéré difficile, mais pour M. Gaspar un message clé du travail du FMI, est que chaque nation bénéficiera directement de la lutte contre ses propres subventions aux combustibles fossiles. « La cerise sur le gâteau est que les avantages de la réforme des subventions – par exemple, la réduction de la pollution – bénéficierait massivement aux populations locales. En agissant localement, et dans leur propre intérêt, les [pays] peuvent contribuer de manière significative à la résolution d’un défi mondial. La piste à suivre est claire: agir localement, pour des solutions globales. »

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[1] Un billion c’est quoi ? un billion représente le nombre 1012, c’est-à-dire 1 000 000 000 000, soit mille milliards. Pour les anglophones, ce que nous appelons le billion s’appelle le trillion, voir une illustration graphique du trillion selon les anglophones ici
[2] Voir le rapport du FMI How Large Are Global Energy Subsidies? by David Coady, Ian Parry, Louis Sears, and Baoping Shang
[3] L’Overseas Development Institute ou Institut pour le développement International est un think thank britannique sur le développement international et les questions humanitaires.

(!) Info minute – Revue de Presse

Suite à la fuite constatée sur une concession d’exploitation pétrolière à Leudeville, les habitants et les élus réclament information et transparence de la part de Vermilion, le titulaire et exploitant de la concession pétrolière de Vert-le-Grand.

Une odeur de souffre, des hommes en combinaison qui s’affairent dans un champ, la fuite pétrole essone mai 2015route de Leudeville coupée puis mise en circulation alternée et des allers-retours de camions de pompiers. Voilà ce que l’on pouvait constater à proximité d’une des concessions de pétrole gérées par la société canadienne Vermilion dimanche dernier.

Que peut-on dire? Une canalisation d’eau et d’hydrocarbure a rompu, provoquant une fuite de liquide et de la fumée.

Un mélange d’eau chaude et d’hydrocarbure s’est répandu sur 500 m2 de blé et de colza

Que sait-on? C’est en fait un automobiliste qui a signalé la pollution vers 5 heures du matin le dimanche 24 Mai 2015. Deux agriculteurs sont touchés par ces résidus de pétrole. Cela concerne des champs de colza et d’orge, et la fuite est à la jonction des deux champs.

Quelle réponse de la part des pouvoirs publics? Arrivés sur place, les gendarmes constatent qu’une canalisation alimentant en eau chaude la concession pétrolière de Vert-le-Grand fuit. Un mélange d’eau chaude et d’hydrocarbures s’est répandu sur 500 m2 dans un champ de blé et de colza. La pollution a d’abord été traitée par les pompiers, puis les camions de pompage de Vermilion ont pris la suite.

Que dit Vermilion? La société a été alertée par les pompiers. « Nos équipes ont été déployées sur site, les installations de production concernées ont été arrêtées et l’activation du plan d’intervention de Vermilion a été lancé, avec le soutien des pompiers locaux et de la gendarmerie« .

Que dit le Préfet? La préfecture se veut rassurante  et estime que l’affaire est minime. « L’exploitant s’est engagé à dépolluer le site. La fuite est confinée, assurait-on dimanche après-midi. Toutes les actions de nettoyage sont engagées. Nous déplorons cet incident qui a un impact sur l’environnement mais très limité car la fuite est réduite en quantité et en surface, et nous sommes intervenus très rapidement. Des analyses sont en cours pour comprendre les causes de cet incident, en toute transparence avec les autorités. »

Que disent habitants et les élus? Les habitants qui deux jours avant manifestaient contre les nouveaux permis de forage demandés par Vermilion (lire ici) tirent la sonnette d’alarme. Tout d’abord c’est un habitant qui a lancé l’alerte et non pas la société font-ils remarquer. Le collectif  local opposé à la recherche et l’exploitation de pétrole et gaz de schiste déplore qu’aucun système ou alarme n’ait pu prévenir cette pollution, « et on veut les laisser creuser de nouveau? » s’étonne un membre du collectif. Pour sa part le maire de Leudeville se dit « pas plus inquiet que ça » au niveau de la pollution des sites touchés. Pour lui « Vermilion maîtrise les risques industriels, ils évacueront la terre polluée ». Quant au conseiller régional Ile de France Mounir Satouri, il déplore « le peu d’information sur la fuite de pétrole à Vert le Grand et ajoute que les élu/es et associations demandent plus de transparence ».

La société Vermilion: Une s’agit d’une société canadienne. En France elle opère de nombreuses activités de recherche et d’exploitation pétrolière dans les deux gros bassins: Le Parisien et l’Aquitain. Il s’agit en fait de la première société de production pétrolière opérant sur le territoire français métropolitain. Une enquête publique a été ouverte jeudi 21 mai, à la suite de la demande par la société Vermilion -qui par ailleurs est l’un des gros acteurs de l’extraction de gaz de schiste au Canada- de pouvoir réaliser dix nouveaux forages sur ses concessions de Vert-le-Grand et de la Croix-Blanche.

Site de le la société Vermilion

(!) Info minute – Revue de Presse

La transnationale pétrolière d’origine française TOTAL renonce à l’un de ses deux permis d’exploration de gaz de schiste au Danemark, a annoncé vendredi la Direction de l’énergie. Le groupe pétrolier indique que les recherches ont été infructueuses.

« Ils nous ont dit qu’ils allaient rendre le permis« , a indiqué un porte-parole de la Direction Ture Falbe-Hansen à l’AFP. Le chantier d’exploitation de Nordjælland situé à l’Ouest du pays, au Nord de la capitale Copenhagen, était controversé et les élus locaux avait tenté de le faire interdire, arguant que le procédé d’extraction par fracturation hydraulique risquait de contaminer la nappeDanemark permis gaz de schiste auquel renonce TOTAL phréatique.

Selon TOTAL, la fermeture du chantier est uniquement due aux mauvais résultats des forages d’essai. Les études ont montré que les couches de schiste se sont avérés très minces dans le Nordjælland. TOTAL n’est pas allé jusqu’au forage puisque les recherches géologiques par sismique réflexion ont prouvé la trop faible épaisseur des couches des schiste.

En avril, le ministre danois du climat et de l’énergie, Rasmus Helveg Petersen – dont le parti, les sociaux-libéraux, est opposé à la fracturation hydraulique – avait déclaré qu’il ne renouvellerait pas les permis d’exploitation terrestre du gaz de schiste et n’en délivrerait pas de nouveaux.

Début mai, les autorités danoises avaient arrêté un autre chantier d’exploration de TOTAL à Dybvad (sur le site de Vendsyssel-1, en référence au du nom de la région où il se trouve), dans l’extrémité nord du pays, à cause d’un produit non autorisé. L’exploitation devrait reprendre durant le week-end.

Le gaz de schiste est une forme d’hydrocarbure dite non conventionnelle. Le Danemark, avec d’autres pays européens comme le Royaume-Uni, la Pologne ou la Roumanie, fait partie des États favorables à l’exploitation de cette ressource que d’autres rejettent notamment par crainte pour les dégâts sur l’environnement. Toutefois, pour ce qui concerne la Roumanie et la Pologne, les recherches effectuées jusqu’à présent se sont révélées peu fructueuses et ne mettent pas en évidence l' »Eldorado » que décrivaient certains. Les majors ont récemment abandonné ces deux pays. La France elle-même interdit cette technique au nom de la protection de l’environnement, TOTAL et d’autres industriels n’ayant jamais réussi à convaincre le gouvernement.

Sources: AFP et TOTAL