Gaz et pétrole de schiste : Une nouvelle étude montre que les travailleurs peuvent être exposés à des niveaux dangereux de benzène

Publié: 30 août 2014 dans énergie climat, forage d'hydrocarbures, gaz de schiste
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(!) Info minute – Revue de Presse

Traduction libre par nos soins de l’article de Susan Phillips publié le 28 août 2014 dans State Impact . org

Une nouvelle étude publiée ce mois-ci révèle que les travailleurs du pétrole et du gaz naturel non conventionnels pourraient être exposés à des niveaux dangereux de benzène, les plaçant face à un risque plus élevé de cancers du sang comme la leucémie. Le benzène – connu pour être un agent cancérogène, est présent dans l’eau de reflux lors des opérations de fracturation hydrauliques. On le retrouve également dans l’essence, la fumée de cigarette et dans l’industrie chimique. Reconnue comme cancérogène, l’exposition au benzène dans le milieu du travail aux États-Unis est en principe limitée par les règlements fédéraux du travail. Mais certaines activités liées à la production de pétrole et de gaz sont dispensées de l’application de ces normes.

AP travailleurs foreurs gaz de schiste fracturation hydraulique benzene

Les foreurs gardent un œil sur les têtes de puits au cours d’une opération de fracturation hydraulique sur un puits de pétrole – Encana Corp, près de Mead, Colorado.

L’Institut national de la santé et de la sécurité au travail[1] a travaillé avec l’industrie pour mesurer les expositions aux produits chimiques des travailleurs en charge de la surveillance des fluides de reflux sur les sites de forages dans le Colorado et le Wyoming. Un résumé de l’article (examiné par des pairs) a été publié en ligne ce mois-ci sur un site Web des Centres de Contrôle des Maladies (CDC) . Dans de nombreux cas, les expositions au benzène étaient supérieures aux niveau de tolérable.

Cette recherche a cela d’inhabituel, qu’elle ne s’est pas limitée à étudier des échantillons d’air. Les chercheurs ont également prélevé des échantillons d’urine des travailleurs, faisant le lien entre l’exposition et l’absorption de la toxine par leur organisme. Une des limites de l’étude est relative à la petite taille de l’échantillon, il s’agissait de seulement six sites dans deux États.

Le Dr Bernard Goldstein de l’École de Santé Publique de l’Université de Pittsburg indique que cette étude est la première du genre. Si Goldstein n’y a pas directement contribué, il mène ses propres recherches sur le benzène. Et il a traité des patients exposés à l’agent cancérigène.

Pour le Dr Goldstein, «ces travailleurs sont exposé à un risque de leucémie très élevé. Plus longtemps et plus souvent ils font ce travail, plus ils sont susceptibles d’être touchés par la leucémie en particulier si les niveaux sont élevés».

flowback mesure fracturation hydraulique benzene

Un technicien effectue des mesures sur le liquide de reflux de la fracturation hydraulique par une trappe au sommet de la cuve.

L’étude portait sur les travailleurs qui mesurent la quantité d’eau de reflux consécutif à la fracturation. Un porte-parole de l’Institut national de la santé et de la sécurité au travail indique qu’aucune de ces études n’a tiré de conclusions sur l’exposition des résidents vivant à proximité, mais qu’elles se concentraient spécifiquement sur les travailleurs.

Pourtant le Dr Goldstein dit que ceci montre qu’il pourrait y avoir des risques pour les résidents.

«Nous n’agissons pas de manière à protéger le public qui est à haut risque, indique le Dr Goldstein, et nous ne pouvons même pas vous dire qui est à haut risque. Et pourtant c’est la fuite en avant dans une situation où toutes les données indiquent clairement qu’il y a des risques».

Il demande instamment qu’une étude similaire ait lieu en Pennsylvanie. «C’est le genre d’études qui doit être fait, indique Goldstein. Ç’aurait dû être fait depuis bien longtemps. Elles doivent être faites maintenant. Et elles doivent être effectuées en Pennsylvanie »

La porte-parole d’un groupe industriel indique pour sa part qu’il existe toujours une marge d’amélioration si l’exposition toxiques existe réellement.

Pour Katie Brown du groupe Energy In Depth,« [l’étude] est basée sur un échantillon de petite taille, de ce point de vue elle est limitée. Et d’ajouter, je pense que toute la raison de ce partenariat est d’étudier et de voir comment les pratiques des foreurs peuvent être améliorées».

Les auteurs de cette étude sur le benzène souhaitent que plus de recherches soient conduites avec des échantillons plus importants, d’autant plus que peu de variations dans les niveaux observés à différents moments et sur les différents puits ont été constatées. Les chercheurs ont également produit un certain nombre de recommandations à prendre en compte par l’industrie pour réduire les niveaux de benzène sur les lieux de travail. Il s’agit notamment de modifier les procédures de jaugeage (gestion des reflux de liquide de fracturation), la formation des travailleurs, la limitation des temps d’exposition, de porter des détecteurs de gaz, d’utiliser une protection respiratoire et pour les mains, ainsi que la surveillance des niveaux d’exposition.

[1] The National Institute of Occupational Health and Safety (NIOSH)

commentaires
  1. Dan ARDUYNNA dit :

    Encore un maillon défaillant à cette chaîne qui nous tient prisonniers du carbone fossile.

  2. PHILIPPE dit :

    STOP AU GAZ DE SCHISTE! SON EXPLOITATION EST UNE ERREUR ET UNE CATASTROPHE DANS TOUS LES DOMAINES. Sauf évidemment pour ceux qui empochent: les assassins qui n’en ont cure.

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