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(!) Info minute – Revue de Presse

L’épopée polonaise visant l’exploitation du gaz de schiste arrive à son terme. Les compagnies d’État PGNiG et le raffineur de pétrole PKN Orlen ont annoncé mettre un point final à leurs projets de recherche.

L’aventure dans laquelle Donald Tusk avait engagé la Pologne il y a cinq ans prévoyait des débuts de production pour 2014. On parlait d’un « Eldorado » et de ressources qui allaient abreuver la Pologne et le reste de l’Europe en gaz stop-gaz-de-schiste-polognenaturel.

Ces projets de recherche de gaz de schiste avaient alors attiré les majors pétrolières telles que Chevron Corp, Exxon Mobil et TOTAL mais une à une les entreprises s’étaient retirées après des résultats décevants et face à la chute des prix du pétrole.

Les compagnies d’État polonaises dont PGNiG et PKN Orlen étaient les dernières à travailler sur les projets de gaz de schiste du pays. « La discussion et les projets liés au gaz de schiste sont une question close pour nous» a déclaré Miroslaw Kochalski, chef adjoint de PKN Orlen lors d’une conférence de presse ce mercredi.

Y faisant échos, Piotr Wozniak, directeur exécutif de PGNiG, à confirmé l’échec de la recherche du gaz de schiste en Pologne.

Source Reuter 12 octobre 2016

 

(!) Info minute – Revue de Presse

Il était un des premiers opposants Polonais à l’exploitation du gaz de schiste, Wieslaw Tryniecki est décédé la semaine dernière. Le réalisateur Lech Kowalski qui l’a accompagné pendant sa lutte a assisté à ses obsèques. Il nous raconte.

Wieslaw, paysan dit Non à l’exploitation du gaz de schiste sur les terres de son village

Son visage ne vous dira rien, son nom non plus. Il s’appelait Wieslaw Tryniecki et avait une toute petite ferme dans le village de Rogow, à côté de Zurawlow à deux pas de lastop gaz de schiste zurawlow Wieslaw Tryniecki frontière entre la Pologne et l’Ukraine. Lorsqu’il a appris que Chevron allait exploiter le gaz de schiste dans sa région, il a dit NON.

En 2008, sous le matraquage médiatique, la Pologne se rêvait un avenir d’Arabie Saoudite et d’indépendance énergétique vis-à-vis de Moscou. Le gouvernement de Donald Tusk délivrait des permis d’exploitations du gaz de schiste aux plus grandes multinationales de la planète dans l’opacité la plus totale (lire aussi ici). Wieslaw Tryniecki avec une poignée d’autres petits paysans de son village, se sont mobilisés contre Chevron, l’entreprise américaine qui entendait planter ses derricks dans leurs jardins.

Wieslaw entre en lutte et témoigne

Dès qu’il a appris que Chevron allait exploiter le gaz de schiste dans son village, Wieslaw Tryniecki ce petit paysan s’est efforcé de comprendre ce qui se passait et de mobiliser ses voisins. Envers et contre tous, il a réussi à convaincre que tout cela n’était qu’un mirage. Présent dans toutes les réunions où Chevron vendait du vent, il était là pour argumenter, discuter, critiquer  (lire aussi le récit de la lutte ici).

Lors des réunions publiques organisées par Chevron avec le soutien des autorités locales, stop gaz de schiste Occupy Chevron Żurawlów Pologneil fallait une sacrée dose de courage pour contredire ses hommes en costumes si sûrs d’eux-mêmes. Wieslaw n’en manquait pas et ses compagnons non plus. Mais aucun média ne relayait leur lutte, personne ne prêtait attention à leur entêtement et à leurs revendications à part une poignée de militant (lire aussi ici et ). Lech Kowalski, réalisateur du documentaire « Drill Baby Drill » avait raconté son combat. Des citoyens français exprimaient leur solidarité, bouteille jetée à la mer face à l’obstination du gouvernement polonais (voir ici).

Il y avait chez Wieslaw Tryniecki l’obstination des paysans de cette planète qui stop au gaz de schiste zurawlow pologne Wieslaw Trynieckirefusent avec leurs tripes l’accaparement de leurs terres. Wieslaw Tryeniecki a affronté de nombreux obstacles, pratiquement seul quand la plupart des polonais se laissaient bercer par la propagande pour le gaz de schiste. Ce paysan est un des premiers si ce n’est le premier à s’être levé contre l’exploitation du gaz de schiste en Pologne. Il avait apporté des photos de son village montrant des maisons lézardées par les secousses des camions vibreurs de Chevron. Sur d’autres images, l’eau des puits était noire. Une profonde détermination se dégageait de lui.

Fin de la recherche de gaz de schiste en Pologne par Chevron

Le 31 janvier 2015 l’agence Reuter publiait un communiqué de presse annonçant questop gaz de schiste chevron quitte zurawlow pologne « l’entreprise Chevron va arrêter ses explorations de gaz de schiste en Pologne, un secteur qui n’a pas n’a pas été à la hauteur des espérances premières de transformer l’approvisionnement énergétique de l’Europe de l’Est…. Exxon Mobil, Total et Marathon Oil ont également mis un terme à leurs explorations en Pologne ». La victoire du pot de terre contre le pot de fer (lire aussi ici).

Dans la pauvreté extrême Wieslaw est contraint d’abandonner la lutte

On pourrait arrêter là l’hommage à Wieslaw Tryeniecki ce paysan polonais, qui grâce à son obstination a fait naitre la résistance contre le gaz de schiste en Pologne mais son histoire doit être racontée jusqu’au bout. C’est Lech Kowalski qui nous explique comment il apprit un soir que Wieslaw Tryniecki ne faisait plus partie de la lutte. Sa ferme ne lui permettait plus de faire vivre sa femme et ses trois enfants. Il avait dû se résoudre à accepter un emploi de vigile dans une agence de sécurité chargé de protéger un des sites de forage de …. Chevron.

Ce soir, accompagné de José Bové de passage dans cette région de Pologne orientale, une voiture les emmenait dans la nuit et dans le froid jusqu’à une petite maison bancale et grise. La lumière était encore allumée. Wieslaw les attendait. La porte s’est ouverte. Il les a fait entrer. Dans la cuisine à côté du poêle, il leur a dit la dureté de la crise qui dévaste les campagnes polonaises ; l’impossibilité de faire vivre une famille avec quelques vaches sur moins de 8 hectares, la douleur de devoir brader son lait, l’humiliation de n’avoir plus d’autres solutions que d’accepter ce travail….. Il ne se cherchait pas d’excuses.

Wieslaw Tryniecki a réussi à un moment de sa vie à gripper la machine.

Qu’il en soit remercié.

stop gaz de schiste occupychevron zurawlow

(!) Info minute – Revue de Presse

PGNiG mettra fin à l’exploration des gaz de schiste si une «dernière chance» ne donne pas des résultats prometteurs en Juin a annoncé le 10 mai 2016 le PDG de la compagnie pétrolière et gazière contrôlées par l’État polonais.

Dernière tentative de fracking

PGNiG va procéder à sa dernière tentative de « stimulation » d’un puits de gaz de schiste dans le nord de la Pologne. A partir du 6 juin et pendant une semaine, les gaz de schiste POLOGNEopérations de fracturation hydraulique – pompage à haute pression de l’eau avec des additifs pour forcer l’extraction du gaz de la roche compacte – seront mises en œuvre. Si cette tentative échoue et que les résultats ne sont pas probants, la société mettra fin à son effort d’exploration. C’est ce qu’a déclaré le PDG Piotr Wozniak aux journalistes.

La facilité d’exploitation rencontrée par les opérateurs en Amérique du Nord n’est pas au rendez-vous en Europe.

PGNiG est la dernière grande entreprise qui explore activement le gaz de schiste en Pologne. La plupart des autres grands acteurs, y compris ExxonMobil ou ConocoPhillips, se sont retirés au cours des dernières années, citant des prix du pétrole bas qui ont rendu l’exploration coûteuse et irréalisable. Cependant, la cause principale de cet échec retentissant est liée à la géologie difficile et la profondeur des réserves d’hydrocarbures non conventionnels polonaises.

La fin de l’espoir d’un eldorado européen du gaz de schiste

Dans les premières années de cette décennie, la Pologne avait espéré bénéficier d’importantes ressources de gaz de schiste. Varsovie rêvait même de devenir un important exportateur et comptait sur le gaz de schiste pour réduire sa dépendance vis-à-vis des importations de gaz russe. La Pologne une grande campagne d’exploration dans les années 2012 et 2013 où des dizaines d’entreprises s’étaient vues octroyées plus ou moins légalement plus de 100 concessions.

Source: BNE IntelliNews

(!) Info minute – Revue de Presse

Comme le rapporte le correspondant du journal Le Monde à Varsovie, la Commission européenne a décidé ce jeudi 28 avril de renvoyer la Pologne devant la Cour de justice de l’Union européenne pour « des manquements présumés de sa législation en matière d’études d’impact environnemental concernant la fracturation hydraulique » – méthode controversée d’extraction du gaz non conventionnel.

« En vertu de la loi polonaise, il est possible de forer jusqu’à une profondeur de 5 000 mètres, sans évaluer préalablement l’impact potentiel sur l’environnement, indique l’exécutif communautaire dans un communiqué. Le seuil introduit ne prend pas en compte tous les critères et les normes établies par la directive sur l’évaluation d’impact environnemental. » Pourtant selon la législation européenne, les forages profonds doivent être évalués pour les déchets qu’ils produisent, pour leurs effets sur l’eau et le sol et leur impact sur les ressources naturelles.

Grand succès de la mobilisation anti-fracturation hydraulique

Comme le rapporte toujours Le Monde, pour Antoine Simon de  l’ONG Les Amis de laZurawlow does not want shale gas Terre Europe  « C’est un grand succès de la mobilisation anti-fracturation hydraulique, s’est réjoui Antoine Simon, de. Nous devons maintenant attendre la décision de la Cour, mais compte tenu de l’évidence de l’infraction, nous sommes sans doute proches de voir la plus haute instance européenne émettre un précédent juridique contraignant sur la fracturation hydraulique. »

L’Eldorado du gaz de schiste qui fait pschitt ?

Alors la Pologne futur « Eldorado européen du gaz de schiste » tel que la qualifiaient les éditorialistes favorables à l’exploitation des gaz non conventionnels ? Il semblerait que ça ne soit guère qu’un mythe. Face à l’absence de ressources exploitables, les majors se sont retirées les unes après les autres (lire ici, et ). La décision de la Commission européenne pourrait bien porter le coup de grâce.

(!) Info minute – Revue de Presse

La société pétrolière américaine ConocoPhillips a annoncé vendredi avoir cessé la recherche de gaz de schiste en Pologne en raison de résultats insatisfaisants, abandonnant de facto le champ de l’exploration aux entreprises d’État polonaises. Plus tôt cette année, la transnationale américaine Chevron Corp avait également abandonné la recherche de gaz de schiste en Pologne, après le retrait d’Exxon Mobil, de TOTAL et Marathon Oil.

ConocoPhillips indique que sa filiale Lane Energy Pologne a investi environ 220 millions de dollars en Pologne depuis 2009. Elle a foré sept puits sur ses troisforage gaz de schiste shale gas drilling concessions de la Baltique occidentale. Dans un communiqué, Tim Wallace, directeur de ConocoPhillips en Pologne déclare « Nous comprenons la déception entourant cette décision difficile, malheureusement, les volumes de gaz commercialement exploitable n’ont pas été trouvé s. »

Les transnationales pétrolières ont été attirés par la Pologne il y a quelques années, partageant la conviction que la plus grande économie de l’Est de l’Europe offrirait l’opportunité de reproduire le boom du gaz de schiste qu’on connu les États-Unis. En 2011, l’ancien Premier ministre de la Pologne, Donald Tusk, avait déclaré qu’il espérait le début de l’exploitation commerciale du gaz de schiste pour 2014, exprimant l’espoir qu’elle permettrait à la Pologne de réduire considérablement sa dépendance aux importations de gaz russe.

Le 21 mars 2012, un rapport de l’institut géologique polonais établissait les réserves de ce gaz dit non-conventionnel à 1 920 milliards de mètres cubes. En tenant compte de l’évolution des moyens techniques les experts évaluaient que 346 milliards à 768 milliards de mètres cubes seraient directement exploitables. C’était dix fois moins queZurawlow does not want shale gas les 5 300 milliards pronostiqués par une étude de l’agence américaine de l’énergie un an plus tôt. Le départ des compagnies étrangères confirme que les réserves techniquement exploitables sont encore plus faibles.

Bien que de nombreux forages exploratoires y aient été faits, la Pologne n’a jusqu’à présent pas un seul puits exploité commercialement. Dans certaines régions, le refus d’une population qui avait résisté plus d’un an sur le terrain avait conduit à l’abandon de travaux de recherche de gaz de schiste.   A présent les seules entreprises qui déclarent d’autres forages en cours sont le distributeur de gaz d’État PGNiG et le raffineur PKN Orlen.

(!) Info minute – Revue de Presse

Malgré l’opposition massive des citoyens européens au gaz de schiste, la Commission Européenne persiste dans la direction opposée. Après avoir exempté ces activités d’études d’impact environnemental spécifiques, elle met en place aujourd’hui un « réseau » d’experts largement dominé par les industriels et les gouvernements favorables au gaz de schiste.

Selon les Amis de la terre Europe et le Corporate Europe Observatory, qui publient aujourd’hui une étude à ce sujet, sur 60 membres confirmés de ce réseau [1], 40% travaillent pour des entreprises comme Total, GDF Suez ou Shell, directement impliquées dans le gaz de schiste, ou pour des lobbies du secteur pétrolier et gazier [2]. Ceux qui représentent la société civile, en revanche, se comptent sur les doigts d’une main. Le reste est constitué soit de scientifiques dont la majorité est liée financièrement à l’industrie, soit de représentants de bureaux publics de recherche géologique, dont les intérêts sont souvent étroitement alignés sur ceux des promoteurs du gaz de schiste.

Le « réseau européen scientifique et technologique européen sur l’extraction des hydrocarbures non conventionnels » [3] a pour mission officielle de collecter desconsultation gaz de schiste informations sur les développements du gaz de schiste en Europe et d’évaluer les technologies utilisées pour extraire les ressources non conventionnelles, autrement dit la fracturation hydraulique et ses alternatives potentielles (pour l’instant totalement chimériques). Le tout, selon la Commission, dans le cadre d’un « échange d’idées équitable et équilibré ». L’une des cinq personnes désignées par la Commission pour présider les groupes de travail du « réseau », le Polonais Grzegorz Pieńkowski, se montre plus franc dans un entretien avec un magazine professionnel : « La mise en place [de ce réseau] est un pas en vue de renverser l’attitude défavorable ou soupçonneuse envers le gaz de schiste qui prévaut en Europe en une attitude plus pragmatique et, en dernière instance, favorable. »

Dans le cadre de la consultation publique organisée par la Commission européenne en 2013, 64% des participants estimaient que le gaz de schiste ne devait absolument pas être développé en Europe

La cause pouvait pourtant sembler entendue. Les sondages réalisés au niveau européen démontrent que l’immense majorité des personnes interrogées sont opposées au développement du gaz de schiste sur le continent [4]. Les quelques pays dont les gouvernements sont ouvertement favorables à cette industrie – la Pologne et le Royaume-Uni notamment – ont été abandonnés des multinationales pétrolières et gazières, ou sont sur le point de l’être, en raison des résistances locales et de campagnes d’exploration décevantes (voir cet article).

Passage en force

La Commission européenne s’est déjà trouvée à nombreuses reprises sous le feu des critiques pour avoir mis en place des groupes d’« experts » dominés par les intérêts Grand-Marche-Transatlantique_Illustration TAFT TTIPindustriels, que ce soit dans le domaine des OGM, des perturbateurs endocriniens, de la régulation de la finance, ou de la pollution de l’air. Ce qui ne l’empêche pas de récidiver aujourd’hui avec le gaz de schiste. Elle a directement sélectionné les cinq présidents des groupes de travail : on y retrouve deux représentants d’entreprises pétrolières et gazières (ConocoPhillips et Cuadrilla), deux représentants de gouvernements pro-gaz de schiste (Royaume-Uni et Pologne) et le Français François Kalaydjian, employé d’une organisation de recherche française liée à l’industrie et connue pour ses prises de positions favorables aux énergies fossiles, l’Institut français du pétrole [5].

Au final, une large majorité des membres du réseau, soit en personne soit à travers les entreprises, gouvernements et organisations qu’ils représentent, se sont déjà fait remarquer par leurs prises de position favorables au gaz de schiste ou par leurstop tafta opposition à des régulations trop strictes de ces activités. Interpellé par les associations, le Joint Research Center (JRC), dont la mission est de coordonner les groupes d’experts de la Commission européenne, se content de jouer avec les mots : comme il ne s’agit pas d’un groupe officiellement chargé de « conseiller » la Commission, mais seulement de rassembler des informations, il ne serait pas sujet aux normes d’équilibre et d’indépendance requises pour les autres groupes d’experts. De sorte que le JRC ne voit « aucune raison de modifier les règles ou la structure des groupes de travail ou leurs présidents ».

« Sous couvert de mettre en place un ‘réseau scientifique et technologique’, la Commission utilise des fonds publics pour créer un lobby favorable à l’industrie pétrolière et gazière, dénoncent les Amis de la terre Europe et le Corporate Europe Observatory. Ce qui est particulièrement inquiétant, c’est que malgré l’opposition massive du public, la Commission cherche une nouvelle fois à faire entrer discrètement le gaz de schiste par la porte de derrière, en essayant de faire en sorte que la question ne soit pas ‘si’ l’Europe veut la fracturation hydraulique, mais ‘comment’. »

Retrouver l’article source sur le site de l’observatoire des multinationales

[1] Le réseau compte 74 membres officiels, mais 14 sont des employés de la Commission européenne.
[2] L’Union française des industries pétrolières (UFIP) a deux représentants, dont Jean-Louis Schilansky, par ailleurs président du « Centre de documentation sur les hydrocarbures non conventionnels », le lobby récemment créé par les entreprises françaises intéressées au développement du gaz de schiste.
[3] European Science and Technology Network on Unconventional Hydrocarbon Extraction. Voir ici.
[4] Un baromètre européen de janvier 2013 montrait par exemple que seuls 9% des personnes interrogées estimaient que la production d’hydrocarbures non conventionnels devaient être priorisée. Dans le cadre de la consultation publique organisée par la Commission européenne elle-même en 2013, 64% des participants estimaient que le gaz de schiste ne devait absolument pas être développé en Europe, et 20% supplémentaires qu’il ne devait être développé qu’à conditions que des garanties sanitaires et environnementales suffisantes soient en place.
[5] Rebaptisé Institut français du pétrole – énergies nouvelles (IFP-EN) pour faire bonne mesure, mais selon François Kalaydjian, les « énergies nouvelles » semblent surtout se référer aux divers moyens de prolonger la vie des énergies fossiles, voir ici.

(!) Info minute – Revue de Presse

Assiste-t-on à la fin du « rêve d’un eldorado polonais du gaz de schiste »? La compagnie d’origine américaine Chevron a annoncé qu’elle allait abandonner ses recherches de gaz de schiste en Pologne, après ce que certains qualifient de plus grand échec face aux espoirs que l’industrie plaçait dans la production de gaz de schiste en Europe.

La transnationale Chevron a annoncé qu’elle abandonnait ses projets en Pologne, le jour ou elle déclarait que ses résultats pour le quatrième trimestre de 2014 avaient chuté de près de 30%t par rapport à l’année précédente, à 3,5 milliards de dollars.

occupychevronzurawlowParmi les compagnies pétrolières internationales, Chevron est celle qui a engagé les plus gros investissements pour la recherche de gaz de schiste en Europe où elle s’est notamment concentrée à l’Est. Elle a foré plusieurs puits d’exploration en Pologne ainsi qu’en Roumanie, tout en signant des accords en Ukraine et en Lituanie.

Chevron, qui avait déjà quitté la Lituanie, maintient encore un bureau en Ukraine même si pour le moment les négociations avec le gouvernement de Kiev sont dans une impasse. La société déclare également qu’elle est toujours en train d’évaluer les résultats de son puits d’exploration en Roumanie (lire aussi ici).

Le retrait de Chevron de Pologne illustre les pressions qu’exerce la chute des prix du pétrole sur les compagnies pétrolières. Toutefois les échecs dans la recherche de gaz de schiste en Europe sont essentiellement liés à une géologie beaucoup plus complexe qu’aux États-Unis et à une opposition de la population pour des raisons sanitaires et environnementales. L’extraction de gaz et de pétrole de schiste nécessite en effet le recours à la technique de la fracturation hydraulique.

En Europe, la question de l’exploitation des pétrole et gaz de schiste fait beaucoup de bruit et à ce jour peu de projets fonctionnent réellement. En Grande-Bretagne, où le gouvernement du Premier ministre David Cameron a tenté de relancer l’industrie, les efforts de forage se sont heurtées au scepticisme des experts ainsi qu’à de fortes oppositions locales.

La France, qui dit-on aurait une « géologie prometteuse », maintient l’interdiction de la fracturation hydraulique. L’Allemagne, également considérée comme une région au riche potentiel en gaz de schiste n’a pas encore accepté de permettre l’exploration nécessaire pour confirmer si la géologie du pays est aussi prometteuse que l’espèrent les pétroliers.

A ce jour, la Pologne n’a finalement connu qu’une expérience très coûteuse. Soixante-huit puits de recherche de gaz de schiste y ont été forés. Mais aucun ne s’est lancé dans la production. C’est ce que confirme M. Grzegorz Pienkowski, directeur de l’Institut géologique polonais de Varsovie.

Dans une interview, M. Pienkowski confirme que les roches rencontrées lors de ces forages se soZurawlow does not want gas gaz de schistent avérés difficiles à travailler contrairement aux formations schisteuses des États-Unis, qui sont plus fragiles et plus facilement fracturables en raison de leur teneur en carbonate de calcium. Le schiste polonais est lui plus compact et difficile à fracturer. En outre, certaines des structures très argileuses gonflent au contact de l’eau et limitent ou rendent impossible l’extraction d’hydrocarbure.

Chevron est la dernière entreprise à quitter la Pologne. Exxon Mobil, le français TOTAL (lire ici), l’italien Eni et certaines petites entreprises ont déjà abandonné leur recherches dans ce pays qui au début de cette décennie, était présenté comme celui en Europe avec le meilleur potentiel. Bien qu’il y ait eu peu de forage d’exploration en Pologne, le pays qui dispose de grandes formations de schiste semblait susceptible de produire de grandes quantités de gaz. Le gouvernement avait également mis en place des politiques incitatives (lire aussi ici) pour développer une industrie nationale de production de gaz de schiste présentée comme un moyen de réduire sa dépendance au gaz en provenance de Russie.

 D’après Source en anglais