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Source : The Guardian

–> 27/09/2018: Vous voulez exprimer votre solidarité avec les prisonniers voir ici comment procéder

Une première depuis 1932 au Royaume-Uni, trois militants environnementaux sous les verrous suite à une manifestation contre l’exploitation d’hydrocarbures par fracturation hydraulique !

Trois militants anti-fracking sont les premiers militants environnementaux à être emprisonnés pour une manifestation au Royaume-Uni depuis 1932.

Simon Roscoe Blevins, âgé de 26 ans, et Richard Roberts, âgé de 36 ans, ont été condamnés à 16 mois de prison et à Richard Loizou, âgé de 31 ans, mercredi après avoir été reconnu coupable de nuisance publique par un jury du tribunal de Preston en août. Un autre accusé, Julian Brock, âgé de 47 ans, a été condamné à 12 mois de prison avec sursis après avoir plaidé coupable à la même infraction.

Les quatre hommes ont été inculpés après avoir participé à une manifestation de protestation directe de quatre jours qui a empêché un convoi de camions transportant du matériel de forage d’entrer sur le site de fracturation de Preston New Road, près de Blackpool.

Il s’agirait donc des premiers militants écologistes à recevoir des peines de prison pour une manifestation au Royaume-Uni depuis l’intrusion de masse de Kinder Scout dans le Peak District en 1932.

Le mardi 25 juillet 2017 vers 8h, alors que sept camions contenant du matériel de forage tentaient de s’approcher du site, Roberts, restaurateur de pianos londoniens, franchit un cordon de police et grimpe sur le premier camion. Loizou, un enseignant de Devon, monte dans la cabine du dernier camion.

Vers 15h18, Blevins, un pédologue de Sheffield, également grimpe également sur l’un des camions. Aux premières heures du lendemain matin, Brock, de Torquay, grimpe aussi sur un camion du convoi.

Des manifestants jettent des couvertures, de la nourriture et de l’eau aux hommes alors qu’ils campaent sur les véhicules. Loizou redescend le 27 juillet à 5h10 après 45 heures. Blevins fait de même à 16h45 le 28 juillet après avoir passé un peu plus de 73 heures sur son camion. Roberts descend à 20h13 le même jour, après 84 heures. Brock ne redescendra pas de son camion avant le 29 juillet à 11h35, après environ 76 heures.

Le site près de Preston New Road a été le point focal des protestations depuis que le gouvernement a annulé une décision du conseil du comté de Lancashire et a donné son accord à la société d’énergie Cuadrilla pour l’extraction de gaz de schiste dans deux puits sur le site en octobre 2016. arrêté depuis que Cuadrilla a commencé à construire une plateforme de fracturation sur le site en janvier 2017.

La société a déclaré que la fracturation devrait commencer dans les prochaines semaines, confirmant lundi que 28 camions avaient apporté du matériel de fracturation sur le site.

Condamnant les hommes, le juge Robert Altham a déclaré qu’il pensait que les trois hommes risquaient de récidiver et qu’ils ne pouvaiten pas être réhabilités car «chacun reste motivé par une confiance sans faille dans sa droiture». Il a déclaré que les prévenus étaient motivés par un souci sérieux de l’environnement, mais qu’ils considéraient le public comme «des dommages collatéraux nécessaires et justifiés».

Les membres de la famille des hommes assis dans la galerie publique ont fondu en larmes lorsque les verdicts ont été lus. Ils ont chanté une chanson et les ont embrassés quand ils ont été reconduits hors du tribunal.

Parlant au nom de l’accusation, Craig MacGregor a déclaré que la police avait fait valoir que la manifestation avait entraîné une perturbation importante des déplacements, ce qui avait entraîné la fermeture de la route jusqu’à ce qu’une contrournement soit établi. La police a déclaré que la vie des habitants avait été perturbée et que l’activité commerciale des entreprises locales avait été impactée. MacGregor a déclaré que les chauffeurs de camion ont été invités à rester sur place et qu’ils n’ont pas pu rentrer chez eux. Il a déclaré que la protestation avait coûté 12 000 livres sterling à la police et environ 50 000 livres sterling à Cuadrilla.

(!) Info minute – Revue de Presse

Pour faire taire les opposants locaux à l’extraction du gaz de schiste, le Royaume-Uni consentira de fortes indemnités aux communes et contribuables.

Promotion du gaz de schiste et suppression du ministère de l’environnement

Fraichement arrivée au 10 Downing Street, Theresa May qui a remplacé DavidTheresa May stop gaz de schiste Cameron au poste de premier ministre du Royaume-Uni semble vouloir hâter les forages et la production de gaz de schiste par fracturation hydraulique. Il existe dix zones ayant reçu un visa d’exploitation en Angleterre et au Pays de Galles et le nouveau gouvernement veut contrer l’opposition des habitants en leur accordant de fortes indemnités. L’une des dernières mesures de l’ancien ministère fut de supprimer les subventions à 36 entreprises se consacrant à la production de biomasse renouvelable. Dès la formation de son gouvernement, Theresa May a quand à elle supprimé le ministère dévolu à la préservation de l’environnement et au changement climatique. Ses prérogatives sont désormais vaguement dévolues au ministère du Développement économique, de l’énergie et de la stratégie industrielle. 

Des indemnités pour influer sur les maires réticents
Ce lundi, le gouvernement britannique dévoilait les détails d’un vaste plan d’indemnisation pour les zones de future extraction de gaz de schiste. Cela pourrait représenter en moyenne une somme rondelette de 13 000 livres par foyer (et jusqu’à 65 000 dans les localités très peu peuplées) pour les communes. Le but est bien évidemment d’influer sur les maires réticents, qui pourraient craindre pour leur réélection s’ils refusaient cette manne inattendue. Selon les nouvelles modalités envisagées, une partie de ces sommes pourraient être directement versée aux habitants. Le budget global représenterait près de 12 millions d’euros au cours actuel. Faire bénéficier les contribuables du voisinage des futures implantations industrielles (et polluantes) pourrait s’appliquer, à l’avenir, à d’autres types d’investissements.

Les journaux conservateurs anglais favorables au Brexit vantent les avantages de l’extraction par fracturation et les retombées favorables constatées au États-Unis en se gardant de pointer les désastres sanitaires et environnementaux. Rappelons également que la géologie européenne n’est pas comparable à la nord-américaine. De même le modèle d’exploitation très invasif par la multiplication des forages n’est pas applicable dans une Europe où la densité de la population est beaucoup plus élevée que chez l’oncle Sam.

Source: Blastingnews

(!) Info minute – Revue de Presse

Le gouvernement néerlandais a interdit vendredi 10 juillet tout forage commercial pour le gaz de schiste d’ici à 2020, évoquant notamment la méthode controversée d’exploitation, le fracking. En France, la loi d’interdiction de la fracturation hydraulique bloque également ce type d’exploitation depuis 2011.

« La recherche et l’exploitation commerciale de gaz de schiste n’est pas à l’ordre du jour pour les cinq prochainesschaliegas stop gaz de schiste Pays Bas années », a déclaré le ministre néerlandais de l’Economie Henk Kamp lors d’une conférence de presse à l’issue d’un Conseil des ministres. « Selon des enquêtes mandatées le gouvernement, il y a encore des incertitudes sur les effets du forage profond pour le gaz de schiste aux Pays-Bas », a précisé le gouvernement dans un communiqué, précisant qu’aucun forage d’exploration n’a encore été effectué sur le territoire néerlandais.

Annulation de permis …

Des permis d’exploration délivrés dans le passé puis suspendus, ne seront pas renouvelés, a par ailleurs indiqué Henk Kamp, selon lequel les Pays-Bas compteraient entre 200 et 500 milliards de mètres cubes de gaz de schiste dans leur sol. Les Pays-Bas sont le deuxième producteur européen de gaz naturel traditionnel. En 2011, les revenus du gaz avaient contribué à hauteur de 8% aux recettes de l’État.

… mais la relance de la recherche n’est pas exclue

Un rapport sur les sources d’énergie aux Pays-Bas prévu pour 2015 doit déterminer si le gaz de schiste entreSCHALIEGAS non merci Pays-Bas en ligne de compte dans le paysage énergétique du pays à l’horizon 2020. Si la réponse est positive, des forages d’exploration mis en place par l’État, et non par des sociétés privées, pourraient avoir lieu au plus tôt en 2018. Des recherches menées avec d’autres pays sont également envisagées. Toutefois, dans un tel cas de figure, l’exploration et l’exploitation commerciales ne seraient pas autorisées avant 2020.

La fracture hydraulique, ou fracking, est la seule technique éprouvée pour exploiter les hydrocarbures de schiste. Elle est très utilisée aux États-Unis, interdite en France tandis qu’au Royaume-Uni l’exploitation du gaz de schiste est une priorité du gouvernement Cameron. Toutefois, récemment, des demandes de permis d’exploration ont été rejetées. En Allemagne, le gouvernement a repoussé à après l’été un vote au parlement sur une loi sur le fracking.

Source: AFP

(!) Info minute – Revue de Presse

Ce lundi 29 Juin 2015, le Conseil de comté du Lancashire (Nord-Ouest de l’Angleterre) a rejeté une demande de permis de forage de gaz de schiste qui devait être suivi de fracturation hydraulique. Cette demande faite par la société Cuadrilla a été vivement combattue par de nombreux citoyens mobilisés depuis de long mois. Une telle décision est un coup majeur porté contre le souhait hautement revendiqué par le premier ministre conservateur David Cameron de lancer la recherche et l’exploitation des hydrocarbures non conventionnels sur le sol britannique.

Un deuxième décision de rejet en deux semaines

A l’annonce de cette décision, des centaines de militants anti-gaz de schiste qui se tenaient à l’extérieur du bâtiment où le Conseil devait prendre sa décision ont réagi avec joie et deskeep lancashire frack free acclamations. Ceux qui étaient dans la salle du Conseil ont applaudit à l’annonce du verdict. Ce rejet surprise concerne un site de Preston New Road, près de Little Plumpton sur la Fylde, où Cuadrilla espérait forer quatre puits avant d’entreprendre des opérations de fracturation hydraulique pour l’extraction de gaz de schiste.

Au Conseil, neuf conseillers de la commission développement qui en comporte 14 ont voté en faveur d’une motion de rejet de la demande, leur décision se fondant sur l’impact visuel et sonore inacceptable. Une expérience de surveillance des activités sismiques figurant à la demande a également motivé ce rejet.

Cette décision qui était attendue depuis longtemps et avait été retardée fait suite à une autre décision prise la semaine précédente de rejet d’une autre demande de Cuadrilla à Roseacre Wood, entre Preston et Blackpool. Les fonctionnaires chargés de l’analyse des demandes avaient de leur côté formulé un avis de rejet pour la demande de Roseacre Wood mais recommandaient d’approuver celle de Preston New Road. Les élus n’auront donc pas suivi ce dernier avis.

Déception des industriels

Avant de prendre leur décision, les élus ont été avertis qu’en cas rejet, Cuadrilla seule société à avoir déjà pratiqué la fracturation hydraulique au Royaume Uni pourrait faire appel. Dans un communiqué, la société déclare qu’elle est « surprise et déçue » par la décision, et qu’elle « reste mobilisée pour exploiter le gaz de schiste dans le Lancashire » (sic!). « Nous allons maintenant prendre le temps d’examiner nos options concernant un appel de cette décision, ainsi que pour les autres demandes récemment rejetées, et ceci contre l’avis des fonctionnaires chargés de l’examen des dossiers » précise le communiqué. Centrica, qui détient une participation de 25% dans Cuadrilla , s’est déclarée extrêmement déçue par la décision. « Ceci a représenté un investissement important pour nous d’arriver où nous sommes aujourd’hui, donc nous allons consulter nos partenaires de Cuadrilla pour décider des prochaines étapes ».

Pressions non dissimulée des industriels

Ken Cronin, patron d’Ukoog, qui représente l’industrie du schiste, a appelé le gouvernement à revoir le processus de planification. « Cette décision après un long processus de 15 mois ne peut pas être correcte, et je prie instamment le gouvernement d’examiner en urgence le processus de prise de décision ».

Enthousiasme des écologistes face à la décision de rejet de la demande de permis

Pour Liz Hutchins, chargée de campagnes aux Amis de la Terre, et présente sur place avec d’autres militants : « Ceci est une grande victoire qui va au-delà de nos attentes. Il n’était pas possible pour les conseillers de prendre une décision qui allait à l’encontre du souhait de la population. Ceci est lancashire-fracking-prostestun vrai coup porté à Cuadrilla et au gouvernement. Évidemment Cuadrilla va essayer de faire appel, mais nous voulons un engagement de David Cameron de ne pas aller à l’encontre des souhaits exprimés par la population locale ici ». Pour Daisy Sands, chargée de campagne énergie climat à Greenpeace UK « cette décision est un Waterloo pour l’industrie du fracking et un triomphe pour la démocratie locale ». Environ 500 personnes manifestaient devant l’hôtel de ville au moment où se prenait la décision tandis que plus de 50.000 personnes avaient signé une pétition appelant au rejet des demandes de permis.

Plusieurs conseillers ont déclaré que cette décision avait été extrêmement difficile à prendre, l’un disant même qu’elle avait été « l’une des décisions les plus difficiles de notre vie ». Un membre du comité ajoutant qu’ils avaient eu à faire face à une pression intolérable sur cette l’affaire. Marcus Johnstone, membre du comité explique: « La décision de refuser cette demande a été prise par un vote du comité, lequel est composé de conseillers élus, et chaque membre du comité a finalement exprimé son vote sur la base des éléments de preuve qu’il avait pu consulter pour décider si la proposition était acceptable en termes de planification, et pour les gens qu’ils ont la charge de représenter ».

Une sérieuse épine dans le pied du gouvernement britannique

David Cameron avait indiqué que les conservateurs feraient tout pour lancer l’exploitation du gaz de schiste et Amber Rudd, en charge de l’énergie et du climat au gouvernement, avait promis après sa nomination qu’elle « livrerait du gaz de schiste ». Pour Andrea Leadsom, ministre de l’énergie, la fracking_lancashire_decisiondécision est «décevante». Pour elle « le gaz de schiste représente un énorme potentiel pour le Royaume-Uni. Il est l’occasion de développer une nouvelle source d’énergie domestique qui permettrait de remplacer les importations et de créer des dizaines de milliers d’emplois. Je suis convaincu qu’on y arrivera. Et le gouvernement en soutiendra le développement ».

Pour le Professeur Jim Watson, Directeur de recherche au Centre de recherche sur l’Énergie du Royaume-Uni, « La décision d’aujourd’hui illustre une fois encore que le gaz de schiste est très controversé, et elle aura des implications sur la rapidité avec laquelle la recherche et l’exploitation du gaz de schiste peuvent être développées. Bien que cela montre que les décisions locales continueront de peser dans nos choix énergétique, il est probable que cette décision sera contestée ».

Source : The Guardian

(!) Info minute – Revue de Presse

David Cameron a toujours été fasciné par l’essor de l’industrie des hydrocarbures de schiste en Amérique du Nord. L’année dernière, le premier ministre britannique avait affirmé que son gouvernement mettrait tous les moyens pour exploiter le schiste en Grande-Bretagne. Et pourtant, malgré ces déclarations et la levée d’un moratoire sur la fracturation hydraulique en 2012, le pays n’a pas encore commencé de nouveau forage. C’est pourquoi, la décision du Conseil du Comté de Lancashire du 15 Juin 2015 d’autoriser qu’un site test soit foré dans le comté en réjouit certains. Pour les partisans de l’exploitation des hydrocarbures de schiste, cette décision constitue la première « étape majeure vers la révolution énergétique en Grande-Bretagne ». Pourtant, ceux qui espèrent une révolution du schiste à l’américaine feraient mieux de revoir leurs ambitions et faire preuve de réalisme.

Le Royaume-Uni n’est pas l’Amérique, la terre y est peuplée … ou protégée

Une des raisons pour lesquelles la fracturation hydraulique n’a pas été mise en œuvre et a peu de chance d’être développée à grande échelle est liée à la localisation des gisements d’hydrocarbures. Michael Stephenson du l’Institut géologique britannique (British Geological Survey) affirme queUK shales  gaz de schiste Royaume Uni bien que les chiffres exacts ne soient pas connus, on estime à environ 36 milliards de mètre cubes de gaz dans le nord de l’Angleterre, enfouis dans le sous-sol d’une zone située entre Lancaster, Wrexham, Scarborough et Nottingham. En 2011 Cuadrilla, une société d’énergie, après avoir foré dans le Lancashire a spéculé sur le fait que les réserves de gaz de la Grande-Bretagne dépasseraient largement les estimations antérieures. Toutefois, elle a été empêchée d’explorer davantage après que le forage ait causé des microséismes dans la région. C’est ce qui avait conduit au moratoire. Comme l’affirme le journal britannique The Economist, le problème est que la plupart des gisements de gaz se trouvent sous des zones densément peuplées. Dans le nord, le schiste se trouve soit sous les grandes villes soit sous de riches terres agricoles ou alors dans des parcs nationaux particulièrement bien protégés. Et contrairement à ce qu’il se passe aux États-Unis, en Grande-Bretagne les droits pour l’exploitation du pétrole et du gaz appartiennent à la Couronne et non pas à des particuliers qui pourraient être plus faciles à convaincre … à coup de livres sterling.

Forte mobilisation populaire contre l’exploitation des hydrocarbures par le fracking

En Grande Bretagne, il existe une forte mobilisation populaire contre la fracturation hydraulique et des grandes associations comme les Amis de la Terre et Greenpeace, ont été particulièrement virulentes contre la fracturation et les petits groupes citoyens locaux se sont multipliés. En 2013 lesUK STOP FRACKING manifestants ont contribué à l’arrêt du forage exploratoire de Cuadrilla à Balcombe dans le Sussex, au sud-est de l’Angleterre. Dans le Lancashire un groupe d’opposition au gaz de schiste appelé le «Lancashire Nanas» comprend aussi des grands-mères locales particulièrement actives sur le terrain. Et puis peut-être que la principale raison pour laquelle la fracturation hydraulique n’a pas encore connu l’essor annoncé par certains est liée au fait que le gouvernement a été lent à démarrer en dépit de la rhétorique de M. Cameron. En 2014, la Chambre des Lords a publié un rapport mettant en évidence les processus réglementaires complexes qu’impliquerait la mise en œuvre de la fracturation, des processus qui seraient alors supervisés par divers organismes publics. On se souviendra également que de l’aveu même du conseiller scientifique en chef du gouvernement en décembre 2014, les conséquences de la fracturation hydraulique seraient « dramatiques« .  Et puis, en Janvier 2015, sous la pression des travaillistes, le gouvernement a finalement interdit la fracturation hydraulique dans les parcs nationaux et zones naturelles équivalentes.

Malgré les annonces du gouvernement conservateur, le gaz de schiste ne passera pas

Cameron et M. Amber Rudd, le nouveau secrétaire à l’énergie, voudraient à présent avancer et permettre la levée des restrictions. Mais Quentin Fisher de l’Université de Leeds affirme que même avec une nouvelle législation, les progrès seront lents. La plus grande partie des hydrocarbures de Frack-Free-Lancashire-Logoschiste dans des régions telles que le Lancashire restera forcément enfouie dans le sous-sol : Pour M. Stephenson, seulement 1% à 2% sont techniquement en mesure d’être fracturées. Aux États-Unis, d’immenses zones sont remplies de milliers de puits; Les plans actuels de Cuadrilla consistent en quatre puits, mais la société espère avoir jusqu’à 100 sites dans le comté au cours des prochaines décennies. Cette même société qui selon Charles Hendry, alors ministre de l’énergie, avait déclaré en 2014 dans une lettre à la compagnie que l’«échec» avait mis en lumière les « faiblesses dans la performance de Cuadrilla en tant que titulaire [du permis]. Le puits en question souffrait en effet de sérieuses « défaillances de structure ».

Pendant ce temps là, les manifestants sont en train de s’échauffer pour une autre série d’«actions directes». La « révolution du schiste en Grande-Bretagne » risque de prendre encore beaucoup de temps, si toutefois elle devait arriver un jour.

Source : The Economist

(!) Info minute – Revue de Presse

Malgré l’opposition massive des citoyens européens au gaz de schiste, la Commission Européenne persiste dans la direction opposée. Après avoir exempté ces activités d’études d’impact environnemental spécifiques, elle met en place aujourd’hui un « réseau » d’experts largement dominé par les industriels et les gouvernements favorables au gaz de schiste.

Selon les Amis de la terre Europe et le Corporate Europe Observatory, qui publient aujourd’hui une étude à ce sujet, sur 60 membres confirmés de ce réseau [1], 40% travaillent pour des entreprises comme Total, GDF Suez ou Shell, directement impliquées dans le gaz de schiste, ou pour des lobbies du secteur pétrolier et gazier [2]. Ceux qui représentent la société civile, en revanche, se comptent sur les doigts d’une main. Le reste est constitué soit de scientifiques dont la majorité est liée financièrement à l’industrie, soit de représentants de bureaux publics de recherche géologique, dont les intérêts sont souvent étroitement alignés sur ceux des promoteurs du gaz de schiste.

Le « réseau européen scientifique et technologique européen sur l’extraction des hydrocarbures non conventionnels » [3] a pour mission officielle de collecter desconsultation gaz de schiste informations sur les développements du gaz de schiste en Europe et d’évaluer les technologies utilisées pour extraire les ressources non conventionnelles, autrement dit la fracturation hydraulique et ses alternatives potentielles (pour l’instant totalement chimériques). Le tout, selon la Commission, dans le cadre d’un « échange d’idées équitable et équilibré ». L’une des cinq personnes désignées par la Commission pour présider les groupes de travail du « réseau », le Polonais Grzegorz Pieńkowski, se montre plus franc dans un entretien avec un magazine professionnel : « La mise en place [de ce réseau] est un pas en vue de renverser l’attitude défavorable ou soupçonneuse envers le gaz de schiste qui prévaut en Europe en une attitude plus pragmatique et, en dernière instance, favorable. »

Dans le cadre de la consultation publique organisée par la Commission européenne en 2013, 64% des participants estimaient que le gaz de schiste ne devait absolument pas être développé en Europe

La cause pouvait pourtant sembler entendue. Les sondages réalisés au niveau européen démontrent que l’immense majorité des personnes interrogées sont opposées au développement du gaz de schiste sur le continent [4]. Les quelques pays dont les gouvernements sont ouvertement favorables à cette industrie – la Pologne et le Royaume-Uni notamment – ont été abandonnés des multinationales pétrolières et gazières, ou sont sur le point de l’être, en raison des résistances locales et de campagnes d’exploration décevantes (voir cet article).

Passage en force

La Commission européenne s’est déjà trouvée à nombreuses reprises sous le feu des critiques pour avoir mis en place des groupes d’« experts » dominés par les intérêts Grand-Marche-Transatlantique_Illustration TAFT TTIPindustriels, que ce soit dans le domaine des OGM, des perturbateurs endocriniens, de la régulation de la finance, ou de la pollution de l’air. Ce qui ne l’empêche pas de récidiver aujourd’hui avec le gaz de schiste. Elle a directement sélectionné les cinq présidents des groupes de travail : on y retrouve deux représentants d’entreprises pétrolières et gazières (ConocoPhillips et Cuadrilla), deux représentants de gouvernements pro-gaz de schiste (Royaume-Uni et Pologne) et le Français François Kalaydjian, employé d’une organisation de recherche française liée à l’industrie et connue pour ses prises de positions favorables aux énergies fossiles, l’Institut français du pétrole [5].

Au final, une large majorité des membres du réseau, soit en personne soit à travers les entreprises, gouvernements et organisations qu’ils représentent, se sont déjà fait remarquer par leurs prises de position favorables au gaz de schiste ou par leurstop tafta opposition à des régulations trop strictes de ces activités. Interpellé par les associations, le Joint Research Center (JRC), dont la mission est de coordonner les groupes d’experts de la Commission européenne, se content de jouer avec les mots : comme il ne s’agit pas d’un groupe officiellement chargé de « conseiller » la Commission, mais seulement de rassembler des informations, il ne serait pas sujet aux normes d’équilibre et d’indépendance requises pour les autres groupes d’experts. De sorte que le JRC ne voit « aucune raison de modifier les règles ou la structure des groupes de travail ou leurs présidents ».

« Sous couvert de mettre en place un ‘réseau scientifique et technologique’, la Commission utilise des fonds publics pour créer un lobby favorable à l’industrie pétrolière et gazière, dénoncent les Amis de la terre Europe et le Corporate Europe Observatory. Ce qui est particulièrement inquiétant, c’est que malgré l’opposition massive du public, la Commission cherche une nouvelle fois à faire entrer discrètement le gaz de schiste par la porte de derrière, en essayant de faire en sorte que la question ne soit pas ‘si’ l’Europe veut la fracturation hydraulique, mais ‘comment’. »

Retrouver l’article source sur le site de l’observatoire des multinationales

[1] Le réseau compte 74 membres officiels, mais 14 sont des employés de la Commission européenne.
[2] L’Union française des industries pétrolières (UFIP) a deux représentants, dont Jean-Louis Schilansky, par ailleurs président du « Centre de documentation sur les hydrocarbures non conventionnels », le lobby récemment créé par les entreprises françaises intéressées au développement du gaz de schiste.
[3] European Science and Technology Network on Unconventional Hydrocarbon Extraction. Voir ici.
[4] Un baromètre européen de janvier 2013 montrait par exemple que seuls 9% des personnes interrogées estimaient que la production d’hydrocarbures non conventionnels devaient être priorisée. Dans le cadre de la consultation publique organisée par la Commission européenne elle-même en 2013, 64% des participants estimaient que le gaz de schiste ne devait absolument pas être développé en Europe, et 20% supplémentaires qu’il ne devait être développé qu’à conditions que des garanties sanitaires et environnementales suffisantes soient en place.
[5] Rebaptisé Institut français du pétrole – énergies nouvelles (IFP-EN) pour faire bonne mesure, mais selon François Kalaydjian, les « énergies nouvelles » semblent surtout se référer aux divers moyens de prolonger la vie des énergies fossiles, voir ici.

(!) Info minute – Revue de Presse

En France, les industries du pétrole du gaz et de la chimie s’apprêtent à relancer une offensive pour tenter de convaincre population et élus des « bienfaits » de l’exploitation des pétroles et gaz de schiste. Dans quelques jours nous assisterons à cette nouvelle offensive de communication agrémentée de la mise en ligne d’un site Internet. Ceci tandis que l’on confirme que le rêve américain du gaz de schiste s’estompe en Pologne et alors même que l’Écosse décide d’un moratoire illimité sur la fracturation hydraulique et que le Pays de Galles emboite le pas aux pays voulant se prémunir des conséquences sanitaires et environnementales désastreuses provoquées par l’exploitation des hydrocarbures non conventionnels.

Le parlement gallois a en effet voté ce 4 février 2015 l’interdiction de la fracturation hydraulique rendant impossible la délivrance de permis de recherche et d’exploitation de gaz de schiste. Les écologistes, qui s’opposent à l’utilisation de la fracturation hydraulique en raison des risques de pollution ont salué la décision du Pays de Galles.

wales against fracking stop gaz de schisteL’agence Reuters fait échos aux déclarations des Amis de la Terre pour qui «le gouvernement de Westminster doit rattraper son retard avec l’Écosse, le Pays de Galles et de nombreuses autres régions du monde dans la mise en œuvre d’un moratoire sur la fracturation ».

En effet, la semaine dernière, l’Écosse avait imposé un moratoire sur la fracturation hydraulique quelques jours après une motion visant à interdire cette technologie à travers le pays mais rejetée par le parlement à Londres.

Le Premier ministre britannique David Cameron, qui a voulu lancer le pays à corps perdu dans l’exploitation des hydrocarbures non conventionnels, doit faire face à une vigoureuse opposition à l’exploitation des gaz de schiste.