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(!) Info minute – Revue de Presse

Des citoyens, regroupés en collectifs et associations sont mobilisés contre le projet de forage de TOTAL lequel a reçu l’autorisation de l’administration danoise. Chaque jour, des militants se positionnent sur la route d’accès au chantier pour bloquer les camions qui arrivent chargés de matériel de forage.

Selon le site danois de la multinationale d’origine française TOTAL, ce premier foragepermis gaz de schiste TOTAL danemark exploratoire (du nom de Vendsyssel-1 sur le permis de Nordjylland) sera opéré au nord du Danemark, à Ovnstrupvej, entre les localités de Dybvad et Frederikshavn et le matériel de forage doit arriver sur site au premier trimestre 2015.

C’est précisément dans cette phase que se trouve le projet de TOTAL. Projet qui est loin de faire l’unanimité puisque le conseil municipal de la commune voisine de Furesø a décidé d’envoyer une lettre au gouvernement dans laquelle il rappelle que le Danemark est un des rares pays à s’alimenter en eau exclusivement à partir de ses ressources souterraines et que les risques de contamination liés à la fracturation hydraulique sont importants. De plus « la région et les municipalités ont fixé un objectif pour que la production d’électricité et de chaleur soit faite à 100 pour cent sur la base d’énergie renouvelable », écrit le maire dans sa lettre au ministre de l’Environnement Kirsten Brosbøl.

Face à ce projet qui entre dans une phase opérationnelle critique, une partie de la population se mobilise et depuis quelques jours, les camions transportant le matérieldanemark stop gaz de schiste TOTAL 1 de forage sont accueillis par les protestations des habitants et de militants venus de Copenhague. Ces actions de désobéissances civiles sont l’ultime recours face à un projet qui n’a pu être stoppé par les voies légales. « L’exploitation du gaz de schiste est extrêmement nocive pour le climat et l’environnement, nous devons donc faire tout notre possible pour l’arrêter », dit Winston Nielsen un militant du groupe « bloquons le derrick ».

Hier comme aujourd’hui, les forces de l’ordre sont intervenues pour dégager les personnes qui avaient bloqué l’accès au site et une manifestation est prévue à Copenhague le 10 Avril après-midi .

danemark stop gaz de schiste TOTALdegagement blocage site gaz de schiste TOTAL danemarksite de forage gaz de schiste TOTAL Danemark 1

 

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Après avoir soutenu l’interdiction de l’exploitation des gaz de schiste sur le territoire national, le gouvernement français pousse très activement au développement de la recherche et de l’exploitation de ces hydrocarbures non conventionnels en Algérie. Selon l’Ambassadeur de France, le renforcement du partenariat français avec l’Algérie dans ce domaine est l’une des priorités de l’Hexagone.

L’interdiction en France

La pratique de la fracturation hydraulique –seule technique permettant l’exploitation des gaz et pétrole de schiste- a été interdite en France par la loi du 13 Juillet 2011. Votée et publiée moins d’un an avant les élections présidentielles et législatives de 2012, sa mise en application a conduit le gouvernement Fillon (UMP) à décider de l’abrogation de (seulement) 3 permis de recherche de gaz de schiste dans le Sud de la France. Puis lors de la première « conférence environnementale », le président Hollande (PS) a annoncé le rejet de 7 demandes de permis de recherche hydrocarbure (PERH). Il indiquait au même moment que tant qu’il serait président, l’exploitation du gaz de schiste n’aurait pas lieu en France.

Relance du lobbying pro recherche de gaz de schiste en France

Depuis, sur le territoire national, le lobby pro gaz de schiste qui avait perdu cette première et essentielle bataille met tout en œuvre pour convaincre parlementaires, gouvernements et population de la nécessité de lancer « la France » dans l’«inventaire de ses ressources en hydrocarbure» par l’octroi de permis de recherche. Entendons-nous bien: D’une part les « réserves » « conventionnelles » sont pratiquement épuisées -donc la recherche dont on parle est bien celle d’ hydrocarbures « non conventionnels » la plupart issus des roches mères- d’autre part l’investissement effectué par le titulaire (privé) d’un permis de recherche nécessite un retour, donc l’accord tacite de pouvoir exploiter la «ressource» qui aura pu être identifiée. De ce point de vue, le code minier permet la conversion aisée d’un permis de recherche en permis d’exploitation. Rappelons par ailleurs que la durée d’un PERH est de 5 ans renouvelable deux fois ouvrant ainsi un droit de 15 ans au titulaire !

Forons et fracturons … mais en Algérie

Quelques semaines seulement après la conférence environnementale de 2012, on apprenait que la France et l’Algérie allaient signer un accord permettant des recherches françaises sur le territoire algérien dans le domaine de l’exploitation des gaz de schiste. Naturellement, cette information était accompagnée de démentis et enfouie pour ne point tropfrance algerie gaz de schiste éveiller les soupçons.

Depuis décembre 2014, on parle à nouveau (si peu dans les media français) des projets de recherche de gaz de schiste en Algérie. La population du Sud algérien se mobilise en effet massivement et sans relâche contre les forages et les opérations de fracturation testées par la compagnie nationale SONATRACH avec la participation technique de compagnies étrangères comme Halliburton. Alors que cette mobilisation populaire dans le Sahara pour la préservation des ressources en eau et contre ce qui risque de se transformer en véritable écocide de désenfle pas, l’ambassadeur de France en Algérie déclare ouvertement que la compagnie française TOTAL présentera un dossier pour exploiter le gaz de schiste après la fin de la phase des essais entrepris par Sonatrach et que «le renforcement du partenariat français avec l’Algérie dans ce domaine est l’une des priorités de l’Hexagone pour hisser les relations économiques entre les deux pays ».

Les collectifs français sont solidaires de la population algérienne en lutte contre ces projets dont le gouvernement français se rend complice. Les déclarations de l’ambassadeur de France contribuent à jeter de l’huile sur le feu. Elles sont le reflet de l’action d’un gouvernement qui n’a aucune préoccupation pour la question environnementale. Et c’est ce même gouvernement qui organise le sommet mondial sur le climat en décembre 2015.

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Assiste-t-on à la fin du « rêve d’un eldorado polonais du gaz de schiste »? La compagnie d’origine américaine Chevron a annoncé qu’elle allait abandonner ses recherches de gaz de schiste en Pologne, après ce que certains qualifient de plus grand échec face aux espoirs que l’industrie plaçait dans la production de gaz de schiste en Europe.

La transnationale Chevron a annoncé qu’elle abandonnait ses projets en Pologne, le jour ou elle déclarait que ses résultats pour le quatrième trimestre de 2014 avaient chuté de près de 30%t par rapport à l’année précédente, à 3,5 milliards de dollars.

occupychevronzurawlowParmi les compagnies pétrolières internationales, Chevron est celle qui a engagé les plus gros investissements pour la recherche de gaz de schiste en Europe où elle s’est notamment concentrée à l’Est. Elle a foré plusieurs puits d’exploration en Pologne ainsi qu’en Roumanie, tout en signant des accords en Ukraine et en Lituanie.

Chevron, qui avait déjà quitté la Lituanie, maintient encore un bureau en Ukraine même si pour le moment les négociations avec le gouvernement de Kiev sont dans une impasse. La société déclare également qu’elle est toujours en train d’évaluer les résultats de son puits d’exploration en Roumanie (lire aussi ici).

Le retrait de Chevron de Pologne illustre les pressions qu’exerce la chute des prix du pétrole sur les compagnies pétrolières. Toutefois les échecs dans la recherche de gaz de schiste en Europe sont essentiellement liés à une géologie beaucoup plus complexe qu’aux États-Unis et à une opposition de la population pour des raisons sanitaires et environnementales. L’extraction de gaz et de pétrole de schiste nécessite en effet le recours à la technique de la fracturation hydraulique.

En Europe, la question de l’exploitation des pétrole et gaz de schiste fait beaucoup de bruit et à ce jour peu de projets fonctionnent réellement. En Grande-Bretagne, où le gouvernement du Premier ministre David Cameron a tenté de relancer l’industrie, les efforts de forage se sont heurtées au scepticisme des experts ainsi qu’à de fortes oppositions locales.

La France, qui dit-on aurait une « géologie prometteuse », maintient l’interdiction de la fracturation hydraulique. L’Allemagne, également considérée comme une région au riche potentiel en gaz de schiste n’a pas encore accepté de permettre l’exploration nécessaire pour confirmer si la géologie du pays est aussi prometteuse que l’espèrent les pétroliers.

A ce jour, la Pologne n’a finalement connu qu’une expérience très coûteuse. Soixante-huit puits de recherche de gaz de schiste y ont été forés. Mais aucun ne s’est lancé dans la production. C’est ce que confirme M. Grzegorz Pienkowski, directeur de l’Institut géologique polonais de Varsovie.

Dans une interview, M. Pienkowski confirme que les roches rencontrées lors de ces forages se soZurawlow does not want gas gaz de schistent avérés difficiles à travailler contrairement aux formations schisteuses des États-Unis, qui sont plus fragiles et plus facilement fracturables en raison de leur teneur en carbonate de calcium. Le schiste polonais est lui plus compact et difficile à fracturer. En outre, certaines des structures très argileuses gonflent au contact de l’eau et limitent ou rendent impossible l’extraction d’hydrocarbure.

Chevron est la dernière entreprise à quitter la Pologne. Exxon Mobil, le français TOTAL (lire ici), l’italien Eni et certaines petites entreprises ont déjà abandonné leur recherches dans ce pays qui au début de cette décennie, était présenté comme celui en Europe avec le meilleur potentiel. Bien qu’il y ait eu peu de forage d’exploration en Pologne, le pays qui dispose de grandes formations de schiste semblait susceptible de produire de grandes quantités de gaz. Le gouvernement avait également mis en place des politiques incitatives (lire aussi ici) pour développer une industrie nationale de production de gaz de schiste présentée comme un moyen de réduire sa dépendance au gaz en provenance de Russie.

 D’après Source en anglais

le 17/01/2015                                                                   (!) Info minute – Revue de Presse


Les dangers de l’exploitation des gaz et des huiles de schistes par fracturation hydraulique dans les pays qui en ont fait l’expérience, ainsi que la quasi-unanimité des scientifiques et de nombreux experts nationaux et internationaux à ce sujet, suscitent l’inquiétude, légitime, des populations du Sud Algérien, notamment les habitants de In Salah, ainsi que la préoccupation de la majorité des Algériens. 

Il est formellement établi que la technique d’exploitation des gaz de schistes par fracturation hydraulique est nocive, forage gaz de schisteaussi bien sur les équilibres environnementaux que sur la santé. Les conclusions des expériences actuelles dans les pays qui ont fait le choix de l’exploitation des gaz de schiste sont alarmantes, ce qui a fait interdire définitivement cette technique en France et plus récemment (décembre 2014), dans l’État de New York et au Canada, sans oublier le désenchantement en Pologne.

Sont incriminés la toxicité des produits utilisés dans le fluide de fracturation (agents de soutènement, réducteurs de friction, surfactants, gélifiants, inhibiteurs de corrosion, antimousses…) dont certains sont cancérogènes (benzène, formaldéhyde, naphtalène…), neurotoxiques (aluminium, hexane, acrylamide, toluène, xylène…), ou toxiques pour la reproduction (acide borique, toluène). Certaines substances considérées comme des perturbateurs endocriniens sont également utilisées (phtalates, butoxyéthanol…)». Est également mentionnée la toxicité de certains éléments naturels, remontés en surfaces, par les boues et la difficulté de traiter ces dernières (métaux lourds, produits hautement radioactifs, bactéries anaérobies qui au contact de l’air produisent un gaz asphyxiant), en plus de la pollution de l’air et des nappes phréatiques.

Un autre inconvénient et non des moindres ; cette technique nécessite l’utilisation de quantités astronomiques d’eau qui, en Algérie, ne pourront être puisées que dans la nappe albienne fossile et non renouvelable. Cette eau pourrait servir au développement d’autres secteurs tels que l’agriculture, le tourisme, pourvoyeurs d’un plus grand nombre de postes de travail pour les populations locales, de façon durable et respectueuse de leur lieu de vie.

Pour finir, il est de plus en plus établi que l’investissement dans les gaz de schistes ne soit pas rentable et qui a crée une véritable bulle spéculative. Il est important de signaler que les coûts secondaires à l’impact sur la santé et l’environnement ne sont toujours pas intégrés dans l’investissement.

En ce qui nous concerne en Algérie, n’oublions pas Reggane, B2 Namous, Haoud Berkane Haoud Berkaoui (OKN32 et voir note ici) et le risque que représente actuellement l’enfouissement du CO2 dans la région de In Salah. N’oublions pas, également, que l’eau sera notre or bleu après l’ère de l’or noir. Dire Non à l’exploitation de gaz de schistes c’est dire OUI à une Algérie responsable.

Plus que jamais, devant l’effondrement des cours des hydrocarbures qui nous met face a notre réalité économique et à sa fragilité, une réflexion large et stratégique s’impose afin d’impulser une véritable vision quant à la politique économique et énergétique de notre pays : nécessité de diversifier notre économie pour qu’elle devienne créatrice de richesses, et nécessité de diversifier nos ressources énergétiques hors fossiles. Il est de notre responsabilité à tous de réfléchir en termes d’équité intergénérationnelle et de se projeter vers l’avenir de nos enfants et des enfants de nos enfants.

Par devoir citoyen et en soutien aux populations du Sud qui nous ont donnés une leçon de citoyenneté, notamment par leurs refus de toute récupération ou manipulation, nous faisons l’appel suivant :

– La nécessité d’un moratoire en attendant des process plus respectueux de l’environnement et de la biodiversité, et rentable économiquement.- L’urgence de réactiver le Conseil national de l’Énergie- Impulser un débat national, serein, sur l’avenir économique et énergétique de l’Algérie, impliquant tous les acteurs de la société algérienne dans la transparence la plus totale.

L’Algérie est à un tournant décisif de son histoire, celui de la deuxième indépendance, économique celle-là, qui risque d’être compromise par des décisions précipitées et pas assez concertées. Les citoyennes et les citoyens, au nom de la responsabilité, doivent imposer l’ouverture d’un champ de réflexion à toutes les bonnes volontés du pays, pour sauver l’Algérie du péril.

Dr Sabrina RAHMANI

P/Le Collectif “Non à l’exploitation de gaz de schiste en Algérie”

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Depuis le 31 décembre 2014, des milliers de personnes se mobilisent dans le sud algérien pour réclamer un moratoire sur les hydrocarbures non conventionnels. La colère fait suite à la décision du gouvernement algérien de lancer la recherche active de gaz de schiste et à l’inauguration d’un puits d’extraction dont la torchère, symbole de son activité, a été allumée et inaugurée par les officiels. Des femmes ont rejoint les protestataires dont les rangs initialement formés par les écologistes de l’Ong In Salah Sun & Power se sont rapidement élargis à la population. Le mouvement s’est étendu à plusieurs villes de la région comme Tamanrasset, Ghar, Tit et El Mena. Des collectifs et associations de France, d’Espagne et d’ailleurs en Europe expriment leur solidarité aux habitants.

Marche des femmes 8 janvier 2014 à In Salah – Photo El Watan

Nous, citoyennes et citoyens d’Europe et d’ailleurs, résolument opposés à l’exploration et l’exploitation du gaz de schiste, et de tous les hydrocarbures non-conventionnels, exprimons notre très forte solidarité aux habitants d’In Salah et aux acteurs sociaux locaux en Algérie qui, depuis le  31 décembre, sont en résistance active contre la coalition des entreprises TOTAL, PARTEX et SONATRACH, compagnie étatique algérienne et acteur international majeur dans l’industrie des hydrocarbures.

Nous nous souvenons de cette funeste période, dans les années 60, durant laquelle les Français ont procédé à des essais de tirs nucléaires impactant très fortement et durablement ce territoire ; dans la même zone où le gouvernement algérien et les sociétés transnationales veulent désormais exploiter le gaz de schiste.

Nous nous souvenons du propos du ministre des affaires étrangères français, Laurent Fabius, qui, à son retour d’un séjour en Algérie en juin 2014, déclarait son soutien aux entreprises françaises qui iraient explorer le gaz de schiste ailleurs, alors que la fracturation hydraulique est interdite en France.

Nous dénonçons l’hypocrisie du gouvernement français qui consiste à interdire dans son pays la seule technique possible pour extraire du gaz de schiste en raison de ses impacts négatifs sur l’environnement et la santé, tout en la soutenant ailleurs et en s’assurant une large part du même gaz qui pourrait être extrait du sous-sol algérien.

En aucune manière, nous ne pourrions tolérer l’usage de la répression décidé par le gouvernement algérien pour protéger les intérêts d’entreprises prédatrices.

Nous saluons l’exemplarité de la détermination des habitants d’In Salah, confrontés depuis toujours à des conditions de vie très difficiles, leur combat existentiel et leur intransigeance à vouloir préserver leur territoire et leurs nappes phréatiques, alors que rien n’est fait par les autorités algériennes pour les aider à maintenir leurs activités.

Nous refusons qu’en Algérie et ailleurs, la vie des habitants et des territoires soit sacrifiée et les ressources naturelles indéfiniment accaparées par des entreprises privées.

Votre résistance est la nôtre, votre lutte transcende les frontières !

Gaz et huile de schiste, gaz de houille : ni ici, ni ailleurs !

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Sans surprise, le lobby pro gaz de schiste ne désarme pas. Et puisque le Président de la République à annoncé, « moi Président il n’y aura pas d’exploitation de la gaz de schiste », les industriels font pression pour que soit lancé malgré tout un grand inventaire des « ressources » en hydrocarbures non conventionnels. Un « observatoire » verra le jour sous peu avec un l’objectif clair de convaincre les décideurs et de travailler activement à l’acceptation sociale de la recherche et de l’exploitation des gaz et pétroles de schiste en France. Enfin dans cet article, ne pas manquer l’émission demain mardi 14 octobre 2014 sur France 5.

« Observatoire » ou « centre d’information et de documentation » sur le gaz de schiste

Les industriels n’étaient pas loin de tenir le stylo lors de l’attribution des permis d’exploration de gaz de schiste en 2010. Puis en 2011, ils avaient permis aux parlementaires de retoquer la proposition de loi initiale d’interdiction de la recherche et de l’exploitation des hydrocarbures non conventionnel pour en faire une imparfaite loi d’interdiction de la fracturation hydraulique. Et depuis, ils attaquent à tout va les décisions concernant les abrogations de permis et rejets de demandes ou mutations. A présent comme le précise le Journal du Dimanche, ils s’attèlent à la création d’un « observatoire » ou « centre d’information et de documentation » sur le gaz de schiste. « L’objectif serait de collecter un maximum de « données et d’informations vérifiées et crédibles », car explique l’un des leaders de ce projet « on entend tout et n’importe quoi sur le sujet« , . « Encore secret – car pas finalisé -, cet observatoire devrait voir le jour à la fin de l’année 2014 ou au début de l’année 2015 pour continuer à peser dans le débat. Il regroupera des industriels, des économistes, des sociologues et des scientifiques pour traiter des questions sur l’exploration, l’exploitation, la technique de fracturation hydraulique« . Devraient être membres de ce « centre d’information », Total, GDF Suez, Imerys ou encore Vallourec.

Que les industriels fassent du lobbying, ça n’est pas nouveau. Que l' »information » diffusée auprès des décideurs et du public soit incomplète, tendancieuse voire truffée de mensonges, ça n’est pas nouveau non plus.  Que leur discours soient repris comptant par une partie de la classe politique et certains élus en particulier, c’est de l’irresponsabilité et un danger pour la démocratie. C’est également en l’espèce un danger immédiat pour la santé et l’environnement. Brandir le mensonge de la croissance et de la création de dizaines de milliers d’emplois (lire iciici, et ) qui pourraient être générés par le développement de l’exploitation des gaz de schiste, c’est particulièrement cynique dans un contexte de baisse générale de l’activité, d’augmentation du chômage et de la pauvreté.

Faire « l’inventaire des hydrocarbures en France »,  c’est donner de multiples permis de forage. Donner des permis de forage c’est octroyer une autorisation de quinze ans pendant laquelle, la loi peut être révisée. C’est permettre de convertir aisément des permis de recherche en permis d’exploitation. Le code minier qui le permet est particulièrement souple.
« Gaz de schiste, les lobbies contre-attaquent » à ne pas manquer le reportage de France 5, le mardi 14 octobre à 20h40

France 5 TV schiste -Et puisque nous parlons de ce lobby, ne manquez pas la diffusion du reportage « Gaz de schiste, les lobbies contre-attaquent » sur la chaine française France 5 TV ce mardi 14 Octobre 2014 à 20h40. Ce reportage sera suivi d’un débat. Voilà quelques éléments de présentation produits par Télérama. « Depuis des années, les lobbyistes, hommes de main des industriels, jouent dans l’ombre des parties qui sacrifient la santé publique aux intérêts financiers. Vache folle, sang contaminé, amiante : dans ces scandales sanitaires retentissants, ils ont manipulé l’opinion et les politiques en toute impunité. Aujourd’hui, leur nouveau terrain de jeu, c’est les gaz de schiste, dont la France a interdit l’exploitation en 2011. Depuis, les lobbyistes du secteur n’ont qu’un objectif : convaincre les politiques de faire marche arrière. Pour cela, ils noyautent les organes du pouvoir, s’appuient sur des hauts fonctionnaires, s’entourent de scientifiques complaisants, fournissent des études partisanes et bernent les médias. La critique TV de télérama du 11/10/2014: Ne vous laissez pas décourager par l’emballage dramatisant de cette bonne enquête, mise en scène façon thriller paranoïaque. Michel Tedoldi y décortique la montée en charge des lobbies ­industriels sur l’exploitation du gaz de schiste, interdite en France en 2011 sous la présidence de Nicolas Sarkozy. En 2012, Delphine Batho, alors ministre de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie, obtient que l’interdiction soit étendue à l’exploration des ressources potentielles, et fait confirmer par François Hollande le rejet des permis de forage accordés à cet effet. C’est sur ce point, celui de la recherche, que les pro-gaz de schiste s’appuient pour faire pression sur les politiques. Ils finissent par obtenir l’éviction de la ministre ­gênante, et gagnent la faveur de certains de ses collègues — Arnaud Montebourg, puis Laurent Fabius.. la suite sur télérama.fr.

Lire également l’interview de Delphine Batho ex Ministre de l’Écologie du gouvernement Ayrault.

Demandez aux habitants de Rhône-Alpes, de PACA, d’Ile-de-France, s’ils veulent des forages à côté de chez eux, la réponse est non !
La loi: La France a porté un message universel, en affirmant qu’il n’y a pas que le profit à court terme, qu’il faut prendre en compte la nature, l’eau, le climat… ­Depuis, il y a eu des mobilisations ­citoyennes en Roumanie, en Pologne, et l’Allemagne, qui était censée se ­lancer dans le gaz de schiste, a repoussé la décision à 2021. Le combat est inégal, la pression des multinationales ­augmente, et c’est pour cela qu’elles concentrent leur attention sur la France.

Révision du code minier : Pétition                                                        (!) Info minute – Revue de Presse

VARSOVIE , le 27 mai ( d’après Reuters ) – La société polonaise Baltic Ceramics Investments émet des actions pour aider à financer la construction d’une usine qui devrait fabriquer des produits de haute technologie utilisés dans la fracturation hydraulique. Une telle usine viendrait renforcer le potentiel de développement du gaz de schiste en Europe de l’Est.

ceramique fracturation hydrauliqueLa société prévoit de produire des agents de soutènement en céramique, des billes sphériques minuscules et presque indestructibles qui sont injectées sous terre lors des opérations de fracturation hydraulique mises en œuvre pour libérer les hydrocarbures (pétroles ou gaz de schiste) piégés dans la roche mère.

«Nous aurons la première usine de ce type dans l’Union européenne ,  » a déclaré Dariusz Janus, dirigeant d’IndygoTech Minerals , la holding qui contrôle Baltic Ceramics Investments . Ces agents de soutènement en céramique, qui peuvent résister à des températures et des pressions très élevées, sont utilisés pour maintenir ouvertes les fractures dans la roche de schiste, ce qui est nécessaire dans les gisements difficiles à exploiter, ce qui est le cas en Pologne selon les experts.

Plus de 50 puits exploratoires de gaz de schiste ont été forés jusqu’à présent en Pologne, et les experts indiquent que des dizaines d’autres sont nécessaires pour déterminer si la production commerciale à grande échelle du gaz de schiste est viable. Ceci représente des millions de dollars de dépenses d’exploration, ce qui amené United Oilfield Services à ouvrir une base logistique en Pologne en Août dernier. Le géant américain Halliburton est également en train de construire un centre pour ses opérations polonaises.

Baltic Ceramics souhaite voir l’usine fonctionner l’année avant la fin de l’année 2015. Elle a réussi des essais aux États-Unis ce qui l’a amenée à commander des équipements pour l’usine. La société a reçu un financement de 11 millions de dollars de l’Union européenne , et un autre de 4 millions de dollars de fonds publics de la Pologne « pour stimuler l’innovation ». L’émission de 3,4 millions de dollars en actions viendra compléter le financement du projet dont le montant total est estimé à  plus 33 Millions d’Euros.

D’autres pays d’Europe orientale, comme la Roumanie et l’Ukraine , cherchent à développer le gaz de schiste , ce qui ajoute à la demande potentielle de services et de fournitures.

PERSPECTIVES

gaz de schiste fracking fracturation hydrauliqueBaltic Ceramics vise la production de 135 000 tonnes de produits de soutènement par an , soit environ 5 pour cent de la demande mondiale. La société affirme posséder suffisamment de matières premières pour couvrir jusqu’à 80 années de production.  » Nous avons déjà des demandes venant de compagnies de recherche de gaz de schiste en Pologne, en Roumanie, en Ukraine et en Grande-Bretagne » ajoute le dirigeant de Baltic Ceramics. La demande pour ces agents de soutènement en céramique a fortement augmenté ces dernières années suite au boom du pétrole et gaz de schiste aux États-Unis. Pour la société polonaise, la rentabilité sera atteinte si la production annuelle reste au dessus de 25 000 tonnes. Cette usine sera installée à Lubsko à l’Ouest de la Pologne non loin de la frontière avec l’Allemagne.

Par ailleurs la crise Russie – Ukraine produit une pression sur la Pologne et le reste de l’Union européenne pour réduire la dépendance aux importations de gaz russe. Janus affirme que cette situation politique est « très favorable » pour l’entreprise. Il ajoute que le principal atout de Baltic Ceramics est sa localisation en Pologne, ce qui lui permettra de fournir aux opérateurs en Europe des agents de soutènement en céramique nettement plus rapidement et à meilleur prix que les sociétés telles que Carbo Ceramics ou Imerys qui les produisent aux États-Unis.

La Pologne avait l’ambition de reproduire le boom du schiste américain, mais une révision à la baisse des estimations de ses réserves de gaz, des conditions géologiques plus difficiles qu’aux États-Unis et le départ de nombreuses majors mettent en doute ses perspectives de « révolution du gaz de schiste ».

Révision du code minier : Pétition                                                        (!) Info minute – Revue de Presse

26 mai 2014 Observatoire des multinationales par Olivier Petitjean

Si les problèmes environnementaux associés à la fracturation hydraulique ne suffisaient pas déjà, ce sont désormais aussi les bienfaits économiques allégués du gaz de schiste qui apparaissent comme un mirage. Ce qui n’empêche pas les multinationales pétrolières et gazières d’en faire la promotion aux quatre coins du monde. Malgré le caractère quasi spéculatif de ces projets, ils bénéficient des financements et du soutien de nombreuses institutions financières – parmi lesquelles les grandes banques françaises. Interpellées par les Amis de la terre, les banques concernées se cachent derrière leur petit doigt. Une attitude qui contraste avec les initiatives prises dans d’autres pays, comme les Pays-Bas.

gaz de schiste les banquesMême si la France a fermé la porte au gaz de schiste sur son territoire, ses entreprises ne se privent pas d’en faire la promotion en Europe et ailleurs, et d’y investir des ressources parfois considérables. C’est le cas, bien sûr, pour les grands opérateurs gaziers, Total et GDF Suez, et pour les fournisseurs traditionnels du secteur des hydrocarbures. Mais c’est aussi le cas des banques. Selon une étude réalisée pour le compte des Amis de la terre Europe, dont nous avons pu prendre connaissance en exclusivité, les banques françaises figurent en bonne place parmi les institutions financières les plus actives dans le financement du gaz de schiste dans le monde.

Au vu du caractère extrêmement controversé de l’industrie des gaz et pétrole de schiste, on aurait pu s’attendre à un peu plus de prudence. La seule technique d’extraction viable à ce jour est la fracturation hydraulique, facteur de pollution des nappes phréatiques et d’aggravation des risques sismiques. Outre ces impacts locaux, l’attention se porte de plus en plus désormais sur les conséquences de l’extraction des hydrocarbures de schiste pour la pollution de l’air et pour le climat. Plusieurs études récentes ont montré que la fracturation hydraulique occasionne d’importantes émissions de méthane, un gaz à effet de serre beaucoup plus puissant que le CO2. Et le gaz ou le pétrole extraits restent, en eux-mêmes, des sources d’énergie fossile, émettrices de carbone.

Le rapport commissionné par les Amis de la terre Europe identifie les banques et autres institutions financières qui soutiennent 17 entreprises actives dans la prospection et l’exploitation de gaz de schiste au niveau mondial, parmi lesquelles les majors Total, Shell et Chevron, les firmes pétrolières nord-américaines Cuadrilla, Marathon Oil et Talisman Energy, ou encore l’argentine YPF et la polonaise PGNiG. L’étude prend en compte différentes formes d’implication financière des banques dans les entreprises concernées (prêts, souscriptions d’actions ou d’obligations, garantie d’émission d’actions ou d’obligations) et évalue cette implication selon une échelle graduée : faible, moyenne ou haute.

Les grandes institutions financières françaises – BNP Paribas, Société générale, Amundi, Axa et Crédit agricole – non seulement financent toutes sans exception des entreprises actives dans le gaz de schiste, mais elles figurent aussi souvent parmi les plus impliquées dans le secteur, aux côtés de banques telles que Citi ou UBS. Les firmes polonaises, PGNiG et PKN Orlen, sont les premières bénéficiaires des largesses financières françaises : l’implication de BNP Paribas et de la Société générale dans ces deux entreprises est qualifiée de « haute » [1]. Mais c’est aussi le cas de firmes nord-américaines, très actives dans la promotion du gaz de schiste dans plusieurs pays, comme Marathon Oil [2] et Talisman Energy [3]. Les institutions financières françaises soutiennent également le développement du gaz de schiste en Argentine et en Afrique du Sud via leur implication dans, respectivement, les firmes Repsol et Sasol. Enfin, elles sont évidemment très présentes aussi aux côtés de Total, pour des sommes encore plus considérables [4].

Les critères sociaux et environnementaux mis en place par les banques sont-ils crédibles ?

Les Amis de la terre Europe ont écrit aux banques et compagnies d’assurances concernées pour les interpeller sur les risques du gaz de schiste et leur demander de se désengager du secteur. Seule la Société générale n’a pas daigné leur répondre. La réponse d’Amundi résume l’attitude générale : « Amundi (…) est particulièrement sensible aux questions environnementales et plus largement à l’ensemble des critères ESG (Environnemental, Sociétal, Gouvernance). Elle en tient compte dans ses processus d’analyse et de choix d’investissement (…) [Or] la notation résultant de nos critères d’analyse n’exclut pas à ce jour PGNiG de notre univers d’investissement. » Bref : ne vous inquiétez pas, nous avons déjà mis en place tous les critères de « responsabilité » et de « durabilité » nécessaires, vous n’avez qu’à nous faire confiance même si nous ne vous en dirons pas plus.

De la même manière, BNP Paribas affirme être « parfaitement conscient des risques et opportunités relatif [sic] à cette activité », ayant participé aux côtés d’autres institutions financières à l’élaboration d’un « guide pour les financiers », intitulé « Shale gas exploration and production : lire la suite ici