Gaz de schiste : Le mythe des emplois, un regard réaliste

Publié: 11 juin 2014 dans énergie climat, forage d'hydrocarbures, gaz de schiste
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 Sauvegarde du principe de précaution j’écris à mon député            (!) Info minute – Revue de Presse

Les faits démontrent que la plupart des emplois de courte durée dans l’industrie gazière ne paie pas tant que ça.

Traduit par nos soins d’après le texte de Theo Colborn(1) publié 25 Février 2014 sur le site hcn.org

T31 IM DOU 105

Théo Colborn: Présidente-Fondatrice du Endocrine Disruption Exchange [TEDx], basé à Paonia dans le Colorado, et Professeur(e) Emérite de Zoologie à l’Université de Floride, Gainesville. Elle est spécialiste en santé environnementale et fait l’objet d’une reconnaissance toute particulière pour ses travaux sur les effets des produits chimiques /perturbateurs endocriniens sur la santé.

À la télévision, la radio et sur les grands panneaux d’affichage dans l’Ouest des États-Unis, le secteur de l’énergie vend l’idée que la production de gaz naturel est source de ces emplois tellement nécessaires. Les pub affichent de superbes paysages, presque euphoriques et conçus pour nous faire ressentir le bien-être.

Le contraste entre le sentiment de bien-être affiché sur ces publicités et la réalité de la plupart des emplois qu’ils vantent est également magnifique. Certes il y a des emplois, mais la plupart des ouvriers des champs gaziers sont des travailleurs faiblement rémunérés qui n’ont pas de la sécurité de l’emploi, pas d’assurance médicale ni de sécurité sociale, pas de syndicats ni aucun recours contre les abus de l’industrie.

Ces travailleurs ne sont pas protégés par l’Administration fédérale de la sécurité et de la santé au travail(2) parce qu’ils ne travaillent pas dans des bâtiments ni au fond d’une mine. Ils commencent tout juste a faire l’objet d’une certaine attention de la part de l’Institut national pour la sécurité et la santé – une bonne chose, car des ouvriers victimes de blessures au travail -et à cause de celles-ci – dans l’incapacité définitive de travailler se voient systématiquement refuser toute indemnisation compensatoire. Quant à ceux qui tombent malades, ils sont généralement incapables de prouver que leur maladie est liée à l’exposition de quelquechose lié à leur travail.

Les emplois dans l’industrie de l’énergie peuvent être divisés en deux classes. La première comprend les employés qui reçoivent des salaires élevés ainsi que des avantages et des congés payés. Cette main-d’œuvre salariée comprend ceux qui supervisent le forage, la production d’énergie et la pose des canalisations de collecte. Ces emplois sont cependant limitées, et dépendant du nombre de forages et d’opérations de fracturation hydraulique opérés à travers le pays.

La seconde catégorie et la plus importante comprend des journaliers qui sont payés à l’heure et souvent en quête désespérée d’heures supplémentaires afin de toucher un revenu décent. Ils comprennent les membres des petites équipes des sites de forage qui se déplacent avec les foreuses, constamment en mouvement et se demandant où ils dormiront le lendemain.

Au-delà du travail de forage et de fracturation, une série de petits boulots existe allant des travaux de remblaiement et d’aménagement du site de forage à l’obtention de l’agrément des propriétaires. L’essentiel de ses taches est généralement sous-traitée, générant des sous-contrats et des sous-employés.

Ces boulots incluent la conduite des camions-citernes et d’équipements lourds, le soudage, le nettoyage de l’intérieur des réservoirs de fracturation, le travail autour des compresseurs et des solvants toxiques ainsi que la maintenance et la réparation de la vaste infrastructure de pipeline qui évacue le méthane. Ces travailleurs sont généralement les premiers à intervenir en cas de fuite, ce sont eux qui doivent pelleter la saleté et déverser les dispersants. Le travail qu’ils font peut les exposer aux composés volatils toxiques qui, lorsqu’ils sont inhalés, peuvent avoir un impact sur la santé, immédiatement ou parfois avec retard et de manière durable.

Les ouvriers travaillent de longues heures, prennent des risques physiques et bénéficient de peu de protection. Ainsi de nombreux de sous-traitants incitent par exemple les travailleurs à rester indépendants, assurent même qu’ils inscrivent leur propre nom sur leur camion, donnant ainsi l’illusion de la multiplicité des petites entreprises impliquées dans les chantiers alors que ces ouvriers dépendent en réalité en majorité du même sous-traitant sans pourtant bénéficier des droits et avantages sociaux censés venir avec l’emploi.

Lorsque les entreprises lèvent le camp et se déplacent, ces travailleurs « indépendants » se retrouvent sans droits au chômage, tout simplement parce que les travailleurs indépendants ne sont pas obligés de cotiser à une assurance chômage. Les entreprises de forage n’assument aucune responsabilité envers eux; ces travailleurs doivent couvrir leurs propres impôts, leur assurance maladie ainsi que les frais médicaux et lorsque les entreprises décident d’aller forer ailleurs, ils n’ont tout simplement pas de chance.

Beaucoup de travailleurs contractuels sous sont médicaments et souvent de manière illégale et non-contrôlée, pour traiter les troubles liés à leur activité, mais aussi pour rester éveillés jusqu’à la fin de leur quart. Comme ils n’ont pas d’assurance santé, ils se tournent généralement vers les services d’urgence de l’hôpital le plus proche, ce qui oblige la communauté locale à prendre en charge le traitement que ces ouvriers ne peuvent pas se permettre.

En plus de souffrir de problèmes allant de troubles immunitaires, à l’hypertension en passant par la perte de libido et les troubles pulmonaires chroniques, ces ouvriers sont également fortement exposés à l’alcoolisme et à la toxicomanie. Au cours de la dernière décennie, alors que l’ouest du Colorado a connu un boom de l’exploitation du gaz de schiste, le comté de Garfield a établi un centre de désintoxication de 90 lits qui aident les travailleurs dont le test urinaires se révèle positif trois fois de suite…

Il est regrettable que la loi du silence, teintée de crainte, imprègne cette main-d’œuvre de la sous-traitance. Souvent, elle découle de la loyauté des travailleurs qui préfèrent ces emplois à pas de boulot du tout. Pendant ce temps, les sociétés pétrolières et gazières prévoient de porter ces emplois de seconde zone à 870 ,000 d’ici à 2015. Ces travailleurs mériteraient certainement une meilleure alternative.

(1) Theo COLBORN est Présidente-Fondatrice du Endocrine Disruption Exchange [TEDx], basé à Paonia dans le Colorado, et Professeur(e) Emérite de Zoologie à l’Université de Floride, Gainesville. Elle est spécialiste en santé environnementale et fait l’objet d’une reconnaissance toute particulière pour ses travaux sur les effets des produits chimiques /perturbateurs endocriniens sur la santé. Plus d’informations ici

(2) Federal Occupational Safety and Health Administration

commentaires
  1. PHILIPPE dit :

    Merci de nous informer sur les conditions de travail de ces ouvriers, qui personnellement ne me surprennent pas venant de ces industries.

    NON AU GAZ DE SCHISTE? NI ICI NI AILLEURS.

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