Archives de la catégorie ‘énergie climat’

(!) Info minute – Revue de Presse

Comme le rapporte le correspondant du journal Le Monde à Varsovie, la Commission européenne a décidé ce jeudi 28 avril de renvoyer la Pologne devant la Cour de justice de l’Union européenne pour « des manquements présumés de sa législation en matière d’études d’impact environnemental concernant la fracturation hydraulique » – méthode controversée d’extraction du gaz non conventionnel.

« En vertu de la loi polonaise, il est possible de forer jusqu’à une profondeur de 5 000 mètres, sans évaluer préalablement l’impact potentiel sur l’environnement, indique l’exécutif communautaire dans un communiqué. Le seuil introduit ne prend pas en compte tous les critères et les normes établies par la directive sur l’évaluation d’impact environnemental. » Pourtant selon la législation européenne, les forages profonds doivent être évalués pour les déchets qu’ils produisent, pour leurs effets sur l’eau et le sol et leur impact sur les ressources naturelles.

Grand succès de la mobilisation anti-fracturation hydraulique

Comme le rapporte toujours Le Monde, pour Antoine Simon de  l’ONG Les Amis de laZurawlow does not want shale gas Terre Europe  « C’est un grand succès de la mobilisation anti-fracturation hydraulique, s’est réjoui Antoine Simon, de. Nous devons maintenant attendre la décision de la Cour, mais compte tenu de l’évidence de l’infraction, nous sommes sans doute proches de voir la plus haute instance européenne émettre un précédent juridique contraignant sur la fracturation hydraulique. »

L’Eldorado du gaz de schiste qui fait pschitt ?

Alors la Pologne futur « Eldorado européen du gaz de schiste » tel que la qualifiaient les éditorialistes favorables à l’exploitation des gaz non conventionnels ? Il semblerait que ça ne soit guère qu’un mythe. Face à l’absence de ressources exploitables, les majors se sont retirées les unes après les autres (lire ici, et ). La décision de la Commission européenne pourrait bien porter le coup de grâce.

(!) Info minute – Revue de Presse

AUTORISATION REFUSÉE – LE COLLECTIF HALTE AU FORAGES VAUD FAIT RECOURS ET ANNONCE QU’UNE AUTRE MARCHE SERA ORGANISÉE 

La Municipalité de Noville s’oppose à la manifestation prévue pour le 8 mai (lire ici). Pour le collectif Halte aux forages Vaud, il n’est pas question de renoncer à ce projet, mais il est nécessaire de le reporter. Le collectif souligne que « la Municipalité, contrairement à l’usage, n’indique aucune voie de recours contre sa décision et a coupé court à toute discussion en refusant d’entrer encore en matière ».

Par son porte-parole, le collectif Halte aux forages Vaud a transmis le 25 avril 2016 à la presse sa position  et son soutien.

bandeau_marche_reportee noville 8 mai 2016

(!) Info minute – Revue de Presse

Communiqué de Presse des collectifs locaux contre les pétrole et gaz de schiste et de couche réunis en Coordination Nationale.

Lyon, le 03 avril 2016

Les collectifs français opposés à la recherche et l’exploitation des pétrole et gaz de schiste et de couche (de charbon) se sont réunis en coordination nationale à Lyon les 02 et 03 avril 2016.

Les collectifs opposés au pétrole et gaz de schiste et de couche se sont réunis les 2 et 3 Avril à Lyon en coordination nationale. A cette occasion, cette dernière s’est élargie de militants provenant de Lacq. Cet ancien site majeur de l’exploitation du gaz en France connaît une réactivation avec de nouveaux permis d’exploration et de recherche d’hydrocarbures malgré l’impact sur la santé des riverains confirmé récemment.

Dans la continuité de la mobilisation de Barjac le 28 février dernier qui a rassemblé 15000 personnes, dont plus de 350 élus, les collectifs demandent à la Ministre de l’Environnement, de l’Énergie et de la Mer, Ségolène Royal, de se mettre en cohérence avec ses propos sur la fin de l’attribution de permis d’exploration et de recherche d’hydrocarbures.

« C’est à la lumière de ces nouveaux choix, consolidés par la loi de transition énergétique, que le ministère met en place un système de refus de toute nouvelle demande d’autorisation de recherches d’hydrocarbures conventionnels »
Ségolène Royal, interrogée à l’Assemblée nationale par le député socialiste Yves Blein le mardi 12 janvier.

Les collectifs demandent donc à la Ministre de rejeter toutes les demandes, renouvellements, mutations, prolongations et prorogations des permis d’hydrocarbures liquides ou gazeux.

Parallèlement en Lorraine, les forages se multiplient, l’entreprise La Française de l’Énergie parle déjà d’exploitation pour 2018 alors que la population montre son opposition et s’organise en collectif. Une grande mobilisation se prépare dans les prochains mois.

D’ores et déjà, les collectifs soutiennent et appellent à participer au blocage du sommet du pétrole et gaz offshore qu’organise Total à Pau du 5 au 7 avril.

Face à l’urgence climatique, l’exploration et l’exploitation des hydrocarbures extrêmes en France et ailleurs implique de construire une nouvelle organisation de société sobre en énergie hors du mythe de la croissance, fût-elle « verte ».

(!) Info minute – Revue de Presse

Adaptation libre d’après une traduction par nos soins de l’article publié par le site Grist sous le titre Half of U.S. oil is now fracked — but it might not stay that way.

Les États-Unis sont rapidement devenus un géant mondial de la fracturation hydraulique, et le phénomène ne ralentit pas pour le moment.

La fulgurante augmentation de la production des hydrocarbures aux États-Unis

Selon un rapport publié en mars 2016 par l’agence américaine de l’énergie (Energy Information Administration – EIA),production petrole de schiste USA FR la fracturation hydraulique représente désormais plus de la moitié de toute la production quotidienne américaine de pétrole alors qu’elle ne comptait que pour 2 pour cent en 2000. Les 300.000 puits de fracturation en production aux États-Unis pompaient 4,3 millions de barils par jour en 2015 – une évolution notable si l’on compare aux 102.000 barils quotidiens pendant l’année 2000. Cette croissance a permis aux États-Unis d’«augmenter sa production de pétrole plus rapidement que jamais dans son histoire », note le rapport, et elle place les USA au troisième rand mondial pour la production de pétrole derrière l’Arabie Saoudite et la Russie.

Les dangers de la fracturation hydraulique

Mais la fracturation hydraulique (fracking), un processus qui consiste à injecter un cocktail de produits chimiques fracking exploitation petrole gaz de schistedans les profondes roches de schiste pour les fissurer et en extraire le pétrole et le gaz – pose un problème majeur. Elle risque de contaminer l’eau et les fuites de méthane que génère le processus d’exploitation et de distribution contribuent à l’aggravation du changement climatique (lire ici et ). Et un faisceau croissant de preuves scientifiques confirme que les opérations liées à la fracturation hydraulique – en particulier, l’évacuation des eaux usées chimiquement chargés dans des puits souterrains – peuvent contribuer à l’activité sismique (lire ici et ).

La fracturation hydraulique en débat dans la course à l’investiture démocrate

Le prochain locataire de la Maison Blanche pourrait décider si ce boom de la fracturation hydraulique doit se poursuivre ou non. Ou, au moins, un président démocrate pourrait essayer de l’arrêter, alors que la question de la fracturation hydraulique est devenue une préoccupation majeure dans la course à l’investiture démocrate pour la présidentielle américaine de 2016. Bernie Sanders a proposé d’interdire totalement le processus et ceci par une décision de l’exécutif, mais sa proposition pourrait être aussi controversé que le processus de forage lui-même: Par exemple, le journal Mother Jones met en garde averti en indiquant qu’une telle interdiction conduirait les consommateurs et les opérateurs à se tournent vers le charbon pour l’énergie – un carburant qui libère moins de méthane, mais est le principal coupable du changement climatique mondial. De son côté, la favorite des démocrates en campagne Hillary Clinton a adopté un ton plus dur sur le fracking que lorsqu’elle était secrétaire d’État, affirmant à présent qu’elle Présidente elle adoptera une réglementation limitative vis-à-vis des opérateurs de fracturation hydraulique ajoutant que «le temps que nous mettions en place toutes ses réglementations, je ne pense pas il y aura beaucoup d’endroits en Amérique où le fracking continuera à avoir lieu ». Rappelons tout de même qu’en tant que secrétaire d’Etat en 2010, Madame Clinton faisait la promotion du gaz de schiste comme «le plus propre des combustibles fossiles disponibles pour la production d’énergie d’aujourd’hui ». Elle ajoutait même que « si sa production était développée, le gaz de schiste pourrait apporter une contribution importante à l’approvisionnement énergétique de notre région, comme il le fait maintenant pour les États-Unis. ». Et l’administration qu’elle dirigeait n’a eu de cesse  de promouvoir la fracturation hydraulique dans les pays en développement.

Quoiqu’il en soit, l’interdiction de la fracturation hydraulique n’aura pas le soutien du Congrès. Et on peut bien imaginer que dans le futur aux États-Unis, la fracturation hydraulique – et ses effets secondaires – continuera d’être cette usine à gaz, avec son corolaire de problèmes.

(!) Info minute – Revue de Presse

Libre traduction par nos soins de l’article publié par Grist.org sous le titre Oil companies want to get in on the action in Cuba

C’est un nouveau jour pour Cuba et les États-Unis. Un peu plus d’un an après le début duobama-cuba-embargo- dégel officiel des relations entre les deux nations, dimanche (20 mars 2016) le président Obama est devenu le premier président américain à visiter l’île depuis … Calvin Coolidge (soit depuis 88 ans). Au cours d’une visite de deux jours et demi, selon la Maison Blanche Obama a rencontré le président cubain Raúl Castro pour discuter de la levée de l’embargo en place depuis 1962 ainsi que des opportunités économiques et des violations des droits de l’homme. Il devait également assister à un match de baseball.

Obama n’est pas le seul que Cuba intéresse. Le monde des affaires, y compris l’industrie pétrolière, lorgne lui aussi l’île nation.

En octobre dernier, cent vingt chefs d’entreprise se sont rendus à Cuba pour discuter du développement pétrolier offshore. Alors que les entreprises américaines n’ont toujours pas le droit de détenir des actifs pétroliers à Cuba, elles peuvent être impliquées dans des opérations de forage et de gestion de la sécurité. Et Cuba pourrait être accueillante l’explique Bloomberg:

La chute des cours du pétrole a forcé le Venezuela à réduire son soutien à Cuba et cela va amener la « nation officiellement communiste » à s’ouvrir à l’investissement étranger et à construire son rapprochement avec les États-Unis, selon un rapport de l’agence Moody du mois de décembre. EtHIBERNIA OIL DRILLING PLATFORM TOWED OUT TO SEA une telle ouverture pourrait se traduire par une augmentation de la production de pétrole laquelle se situe actuellement à 50.000 barils par jour. Le bureau de recherche géologique des États-Unis (US Geological Survey – USGS) estime que 4,6 milliards de barils de pétrole brut sont nichés dans le bassin du Nord de Cuba, avec la plus grosse part se situant à moins de 80 kilomètres de la côte cubaine; Le bureau de recherche géologique américain estime que ces « réserves » équivalent à un cinquième de celles identifiées dans les mers arctiques au large de l’Alaska. Mais ce pétrole – s’il existe vraiment – ne nécessiterait pas le recours à des technologies de très haut niveau généralement nécessaires à l’exploitation en région difficile et la production ne nécessiterait qu’un court transport en barge pour rejoindre les raffineries américaines du golfe du Mexique.

Évidemment, la perspective d’un tel développement de la production pétrolière dans les eaux cubaines n’est pas du goût des écologistes. Les forages pourraient être entrepris à une cinquantaine de miles (80 km) des côtes de la Floride et en cas de fuite la marée noire pourrait atteindre facilement les côtes américaines. Ceci sans compter l’impact climatique lié à la production et la consommation de ce pétrole. Un notera que l’altitude de Cuba est très peu élevée rendant l’île particulièrement vulnérable à l’élévation du niveau de la mer.

Une note de briefing officielle sur le voyage d’Obama à Cuba émanant de la Maison Blanche mentionne les changements climatiques et l’intention des deux pays de travailler ensemble sur la lutte et de s’y adapter. Cette note ne fait aucune mention du pétrole ni du gaz. « Les États-Unis et Cuba reconnaissent les menaces posées par le changement climatique à nos deux pays», peut-on lire « y compris l’aggravation des impacts tels que la poursuite de l’élévation du niveau de la mer, l’acidification alarmante de nos océans, et l’incidence frappante des événements météorologiques extrêmes. La coopération dans l’action pour relever ce défi est plus importante que jamais ».

Relever ce défi est en effet un challenge à la fois pour Washington et La Havane, mais alors que les compagnies pétrolières montrent un intérêt grandissant pour les « réserves » de pétrole de Cuba, on risque encore une fois de voir triompher le profit au détriment du progrès. C’est arrivé partout ailleurs. Alors quid de Cuba?

(!) Info minute – Revue de Presse

L’ECHO DES FORAGES

Bulletin de liaison du Collectif Non au gaz de schiste – Pays de Savoie et de l’Ainle gaz de schiste ce n'est pas fini

Une mobilisation réussie
  • Suite à la décision du Tribunal Administratif de redonner à TOTAL le permis de Montélimar, annulé par l’État suite à la loi du 13 Juillet 2011, et qui s’étend sur 5 départements (Ardèche, Drome, Gard, Vaucluse et Hérault), les collectifs français ont organisé un grand rassemblement le 28 février à Barjac dans le Gard. Plus de 15 000 personnes (dont 80 dans 2 bus organisés par notre collectif NGDS PSA) ont répondu à l’appel.

  • L’objectif était d’exiger :

    que le permis de Montélimar soit définitivement abrogé.

    que pour la trentaine d’autres permis arrivés à échéance (dont Gex), aucune demande de renouvellement ou de prolongation exceptionnelle ne soit accordée.

    que les 133 demandes de permis en cours d’instruction sur le territoire français ( dont Gex Sud, Abondance, Blyes, Préalpes) soient définitivement rejetées.

    que les positions prises par la ministre de l’écologie, de ne plus délivrer d’autorisation de recherches d’hydrocarbures même conventionnels soient mises en œuvre immédiatement.

    que le gouvernement, sur proposition du Parlement, prépare une loi interdisant toute exploration ou exploitation d’hydrocarbures non conventionnels, ainsi qu’il s’y était engagé pendant la campagne électorale de 2012.

    que les accords de libre-échange TAFTA et CETA, qui donneraient les mains libres aux pétroliers états-uniens ou canadiens, ne soient pas signés par nos gouvernants.

Pour quels résultats ?
  • Le PDG de TOTAL a déclaré1  » à 30 dollars le baril de pétrole, j’ai autre chose à faire que de chercher du gaz de schiste dans des endroits où l’on ne veut pas de nous ». D’autant plus que toujours selon lui, il n’est « pas sûr qu’il existe du gaz de schiste dans cette région. » Il n’a toutefois pas renoncé officiellement à ce permis, ni dit ce qu’il ferait si le baril de pétrole remontait à 100 dollars !

  • Le vœu intitulé « La Région Auvergne Rhône-Alpes réaffirme son opposition à l’exploration ou l’exploitation des gaz de schiste », présenté par les groupes d’opposition du Conseil Régional a été adopté le 17 mars en Auvergne-Rhône Alpes, l’exécutif se prononçant alors pour l’abrogation du permis de Montélimar, et ceux de Blyes, des Moussières et du Pays de Gex2. Bravo !

  • Nous attendons toujours la réaction de l’État !

  • Une réunion nationale des collectifs est prévu les 2 et 3 avril pour se concerter sur les suites à donner.

La vigilance s’impose toujours !
  • Il ne faudrait pas croire que TOTAL et consorts ont été touchés par la grâce suite à la Conférence Environnementale de Paris. C’est toujours le souci du profit qui prime.

  • La preuve : ils organisent du 5 au 7 avril à Pau (64) le sommet MCE Deepwater Development3 qui rassemblera les décideurs stratégiques des marchés du gaz et du pétrole en eaux profondes (TOTAL, Shell, Exxon, Repsol, BP etc.). L’objectif déclaré est de « mettre les principales compagnies pétrolières et gazières opérant en mer autour de la table pour discuter du futur de cette industrie et trouver des solutions communes à la baisse des cours du pétrole et du gaz ». Il s’agira de « mettre en commun toutes les compétences permettant la réduction des coûts et l’augmentation de l’exploitation du pétrole et du gaz » …et l’augmentation des gaz à effet de serre ? Les bonnes résolutions de la COP21 s’oublient vite.

  • Ils renoncent (provisoirement) à polluer le terre avec les gaz de schiste pour mieux polluer la mer avec les forages en eau profonde ! Un appel4 non-violent à bloquer les fossoyeurs du climat et des océans est lancé par Action non-violente COP21, La Coordination des Alternatiba, Les Amis de la Terre- France, Attac-France, Bizi !, Le Village Emmaüs Lescar-Pau, Nation Ocean, et 350.org. Soutenons le.

  • Et la menace est toujours là en Suisse voisine, dans le Canton de Vaud.

Mais « tenir«  n’est pas facile !
  • Paradoxalement, cette situation de vigilance est plus difficile à assumer pour une association comme la nôtre que celle de menace imminente que nous avons connue dans nos débuts. Le rejet final du Permis des Moussières, l’apparent désintérêt (conjoncturel) des pétroliers, les déclarations lénifiantes du Gouvernement nous incitent à oublier la question des gaz de schiste pour se préoccuper du climat en général, des accords de libre-échange, de l’état d’urgence ou du code du travail (et j’en oublie…). Mais les pétroliers eux restent en en embuscade et ne lâchent rien !

  • Le Conseil d’Administration que vous avez élu début 2015 a assuré la veille, mais il a besoin de renouvellement, plusieurs membres ayant annoncé leur départ après notre assemblé générale prochaine. Nous avons besoin de sang neuf.

Une Assemblée Générale pour résister
  • Nous devons définir ensemble :

    • comment rester vigilants ?

    • avec quelle organisation ?

    • avec qui aux commandes ?

  • Ce sera donc l’enjeu de cette

Assemblée Générale le 9 avril 2016 à 14h

Salle des Eaux et Forêts, 113 Bd du Fier à Annecy

Venez nombreux et n’oubliez pas d’adhérer à votre collectif pour 2016 par courrier ou sur http://collectif.ngds74.info/

(!) Info minute – Revue de Presse

Article publié dans Telerama et repris ici avec l’aimable autorisation de son auteur Emmanuel Tellier

Plus de 900 tremblements de terre en 2015. Du jamais vu dans l’Oklahoma, territoire normalement à l’abri des secousses sismiques, dont les habitants découvrent avec horreur les conséquences de l’exploitation abusive des hydrocarbures.

Imaginez : vous vous appelez Jack ou Jessica, vous avez 15 ans, et vous habitez avec vos parents à Stillwater, placide bourgade de l’Oklahoma – cet immense état du Sud des États-Unis posé au dessus du Texas. A l’école, depuis vos 10 ans, on vous a appris que vous résidiez, petit veinard, dans ce grand couloir central américain béni des dieux car paisiblement situé entre deux grandes failles sismiques : celle de San Andreas tout à l’Ouest du pays (menace permanente pour la Californie), et celle, moins connue, de New Madrid plus à l’Est, une zone dont le centre se trouve dans la vallée du Mississipi. Mais pour vous, à Stillwater, tout va bien, vous êtes au calme. Pour preuve, mamie et papy peuvent en attester : aucun séisme significatif n’a été relevé pendant des décennies. Amen.

Mais voilà qu’au printemps 2010, la terre s’est mise à trembler. Puis à nouveau quatre mois plusla-terre-tremble-en-oklahoma-a-cause-des-forage-de-petrole-et-de-gaz-de-schiste (Charlie Riedel AP SIPA) tard. Trois secousses importantes (autour de 4 sur l’échelle logarithmique de Richter) enregistrées sur l’année calendaire. Pas de quoi s’inquiéter, vous expliquait alors l’institutrice : c’est juste la faille de New Madrid qui fait des siennes, et envoie ses mauvaises ondes jusqu’à l’Oklahoma. Sauf qu’en 2014, les secousses sont devenues plus fréquentes, plus fortes également (5 sur l’échelle de Richter). Un matin, votre oncle Brad a vu le hangar où il range ses tracteurs climatisés John Deere s’écrouler comme une pancake, et le surlendemain, votre grand mère Eleanor a eu la surprise de découvrir un trou de huit mètres de profondeur dans son jardin.

Murs fissurés et fenêtres désaxées

Nous voilà en 2016 et l’affaire des « Oklahoma quakes » éclate enfin au grand jour. Le chiffre donnerait presque envie de rire s’il n’était pas dramatique : en 2015, ce sont 907 secousses sismiques qui ont été enregistrées dans l’Oklahoma. C’est trois cent fois plus qu’en 2010 ! Depuis début 2016, on en est déjà à 160. Entre trois et quatre séismes par jour ! Dans toutes les villes autour de la capitale fédérale Oklahoma City, les vitres tremblent matin et soir, des canalisations de gaz rompent sous l’effet des secousses, des usines doivent mettre leurs salariés au chômage technique parce que les machines-outils sont déréglées, des grues de chantier s’effondrent. Jack, Jessica, il faut regarder les choses en face : votre État est malade. Malade de son sous-sol, maltraité par les dizaines de producteurs d’énergies fossiles qui y pompent gaz et pétrole de schiste, et réalisent des profits remarquables en violentant, bousculant, fracturant l’écorce terrestre.

L’explication technique des « Oklahoma quakes » tient en trois mots : rejets de déchets liquides.earthquake seisme fracking gaz de schiste shale Les sociétés d’extraction, qui ont acheté des parcelles par milliers à partir de 2010 et les exploitent à fond depuis 2014, utilisent une technique de réinjection dans le sous-sol des mélanges d’eau et de produits chimiques utilisés pour les forages. Il y aurait actuellement plus de quatre cents « injection wells » (puits d’injection) dans l’Oklahoma. Fait notable : un tel procédé n’est pas seulement utilisé pour l’extraction de gaz de schiste par fracturation hydraulique —technique dont on sait avec certitude qu’elle provoque des ravages écologiques irréversibles—, mais aussi pour faire remonter pétrole et sables pétrolifères vers la surface. Or quand ces eaux usées sont enfouies dans un sous-sol de nature instable, ou qu’une faille (même minime) se trouve à proximité, les plaques terrestres peuvent se soulever, provoquant à coup sûr un séisme plus ou moins localisé. Au cœur de la « Bible belt », on ne compte plus le nombre de maisons aux murs fissurés, aux fenêtres désaxées, aux crucifix tombés au sol. Dans certains districts, les compagnies d’assurance ne veulent même plus garantir les biens immobiliers… Au moins les habitants de l’Oklahoma peuvent-ils se rassurer en se disant qu’ils ne sont pas les seuls à vivre sur une terre qui gigote : leurs cousins du Wyoming et de l’Arkansas sont également concernés. Il y aurait aujourd’hui plus de deux millions de points de forage utilisant des techniques d’injection et de rejet massif d’eaux usées sur le territoire américain. 

Detroit, Cleveland, Pittsburgh, Rochester… dans le même état de mort clinique

Alors bien sûr, le prix des carburants a chuté aux Etats-Unis – et un peu partout dans le monde. Mais à quel prix écologique ? On connaissait déjà les eaux polluées, impropres à la consommation, de la ville de Flint, dans le Michigan – scandale récent de loin le plus médiatisé (et tant mieux), mais n’oublions pas que les nappes phréatiques de centaines d’autres sites dans les bassins industriels de Detroit, Cleveland, Pittsburgh, Rochester (liste non exhaustive) sont dans le même état de mort clinique. La seule nouveauté par rapport au retentissant scandale de la pollution du Love Canal, dans le Nord de l’Etat de New York, par l’entreprise de produits chimiques Hooker Chemicals (une monstrueuse affaire révélée en 1978) étant que désormais, le silence des témoins et voisins gênants est acheté très en amont, et de manière plus efficace. On connaissait aussi cette histoire délirante de fuites sur des puits d’extraction de méthane en Californie. On connaissait encore la capacité formidable de compagnies américaines comme Texaco-Chevron à aller polluer très au-delà des frontières où résident ses riches actionnaires. Voilà donc, depuis deux ans, qu’on découvre aussi la capacité des mêmes producteurs d’hydrocarbures à pomper les sols américains et à en recracher les déchets en pleine nature comme le ferait un chien errant ayant déniché un os à moelle un peu gros à avaler d’un coup. 

Hier (lundi 7 mars), sentant la fureur des habitants de l’Oklahoma grossir de jour en jour, les autorités fédérales ont demandé aux représentants des producteurs de pétrole et de gaz de « réduire de manière substantielle la quantité de rejets industriels qu’ils destinent à être enfouis dans les sols ». La formulation est suffisamment floue pour que cette requête non contraignante leur entre par une oreille et ressorte par l’autre, façon fuite de liquide saumâtre s’écoulant silencieusement dans la lithosphère. Jusqu’au prochain gros boum ?

(!) Info minute – Revue de Presse

Le message est clair. Il est constant et sans ambiguïté depuis 5 ans. Le gaz de schiste c’est « Non » ! 15 000 personnes se sont rassemblées ce dimanche 28 février 2016 à Barjac dans le Gard pour affirmer une nouvelle fois et avec fermeté leur refus de la recherche et de l’exploitation des hydrocarbures non conventionnels. Les pétrole et gaz de schiste et de couche, c’est non, ni ici ni ailleurs !

Ce rassemblement fait échos à la première grande mobilisation citoyenne contre le gaz de schiste à Villeneuve de Berg en Ardèche, il y a 5 ans, le 26 février 2011. Celle-ci avait conduit à rendre illégale la pratique de la fracturation hydraulique et mis un sérieux coup de frein aux ambitions des industriels dans la recherche de gaz de schiste en France.

Nous étions des milliers de manifestants à réclamer ce dimanche à Barjac (Gard), une loi claire interdisant toute exploration et exploitation des hydrocarbures non conventionnels.

Le défilé, organisé au lendemain de la forte mobilisation contre l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, a rassemblé 15.000 personnes. Les ruelles du petit bourg médiéval situé aux confins des Monts de l’Ardèche et des Cévennes, un des bastions de la résistance au gaz de schiste, ont résonné de « No Gazaran », « non au gaz de schiste », « transition maintenant »!stop gaz de schiste barjac 4

En tête du cortège rassemblant toutes les générations et manifestant au rythme des percussions, de nombreux élus, essentiellement locaux, ont manifesté ceints de leur écharpe tricolore. Parmi les opposants, certains avaient fait de longs trajets pour prendre part à la mobilisation.

Les promesses non tenues

« La ministre de l’Écologie Ségolène Royal n’a cessé de nous faire des promesses non tenues, comme tous ses prédécesseurs. On en a assez, si le gouvernement socialiste veut légiférer, il faut qu’il le fasse tout de suite », avait auparavant réclamé Paul Reynard, l’un des porte-paroles des collectifs anti-gaz de schiste, lors d’une conférence de presse à laquelle participaient une centaine de journalistes. « A défaut, la mobilisation, non violente depuis le début, pourrait se transformer en blocages: S’il faut en arriver là, nous sommes organisés», a rappelé Sébastien Espagne, un autre porte-parole du mouvement.

La loi reste imparfaite et doit être corrigée

En 2011, la loi Jacob a interdit la technique d’extraction par fracturation hydrauliqstop gaz de schiste barjac 3ue, mais pas la recherche. Or les pétroliers et autres multinationales misent sur le long terme (…), espérant que le pouvoir politique changera et leur permettra d’exploiter des hydrocarbures au mépris des conséquences catastrophiques sur l’environnement et le réchauffement climatique. C’est la ré-attribution à TOTAL fin janvier du permis de recherches de Montélimar par le tribunal administratif de Cergy-Pontoise (Val d’Oise) qui a relancé la mobilisation (lire ici et ). « Cette décision a vraiment mis en colère les gens. Ça a beaucoup élargi notre mouvement », a commenté M. Reynard. « Mme Royal a fait appel mais ce n’est pas suffisant », a souligné Sébastien Espagne.

Révision du code minier, serpent de mer ou patate chaude

De son côté, Mme Royal assurait dimanche soir sur France 3 qu’ « il n’y aura(it) plus de permis pour rechercher les gaz de schiste et le nouveau code minier, qui est en cours de réforme, intègrera cette interdiction » avant d’ajouter que « Cette disposition s’appliquera à tous les permis de recherche d’hydrocarbures en cours de validité et aux demandes de permis en cours d’instruction ». « Le projet de réforme du code minier sera présenté au Conseil d’État au cours du premier semestre 2016 », a ensuite ajouté la ministre dans un communiqué.

Cette réforme du code minier est un serpent de mer et les collectifs citoyens demandent à nouveau des actes concrets et notamment que les 133 demandes de permis en cours d’instruction en France soient rejetées et que les permis qui ont été accordés soient abrogés.

Nous demandons au gouvernement d’avoir le courage politique d’interdire clairement et totalement le gaz de schiste.

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Avec AFP