Articles Tagués ‘heptafluoropropane’

(!) Info minute – Revue de Presse

D’après un billet extrait sans fracturation hydraulique ni boîte noire du site du collectif07.

En 2013, l’OFCE réalisait le volet économique du rapport Montebourg et envisageait 300 milliards de dollars de rente sur 30 ans. En 2015, l’Office a refait ses calculs et la rente est divisée par 20, s’effondrant à 19,6 milliards sur 45 ans.

Un rapport mis en ligne le 7 avril par Le Figaro évalue « les gains que la France debunking rapport montebourg gaz de schistepourrait attendre de l’exploitation du gaz de schiste » : d’après ce document ce serait une chance pour l’économie et une opportunité de réduire la facture énergétique. Les impacts macroéconomiques estimés seraient très importants : dans le scénario « probable », plus de 200 000 emplois seraient ainsi créés, pour 1,7 point de PIB additionnel en moyenne sur une période de 30 ans. La rente y était estimée à 10 milliards par an.

De nouveaux calculs effectués par la même équipe d’économistes à partir des chiffres réels de la production américaine donnent un résultat très différent : 0,42 milliard par an au lieu des 10 milliards prévus. Soit moins de 1% du PIB !!
Ceci en considérant que la géologie des dépôts de schiste français est favorable à l’exploitation commerciale, ce qui n’est nullement prouvé. Rappelons de l’Eldorado annoncé en Pologne qui a fait pschitt.
Ces calculs ne tiennent bien évidemment pas compte des coûts sanitaires, environnementaux, climatiques, économiques locaux …

Les limites d’un modèle américain inapplicable en Europe

Depuis le début de l’exploitation des gaz de schiste au début des années 2000, plus de 60 gisements ont été explorés aux États-Unis. Mais seuls 30 ont pu être mis enle mythe de la croissance par le gaz de schiste production commercialement, et six d’entre eux représentent plus de 90% de la production américaine totale de gaz de schiste. Si l’on considère des hypothèses géologiques correspondant à la médiane de ces six meilleurs gisements, la VAN de la ressource gazière française ressort alors à 15 milliards d’euros – soit 15 fois inférieure aux 224 milliards d’euros estimés dans le rapport sus-cité (lire aussi à ce sujet ici et ). Pire, les spécificités européennes, et en particulier la grande profondeur des gisements et des règles environnementales plus strictes, devraient accroître de l’ordre de 40% le coût d’extraction et « réduire davantage une rentabilité déjà faible« .

Un tel surcoût par rapport aux concurrents américains « rendrait l’exploitation des gaz de schiste non rentable« .

Telle est la principale conclusion d’une étude publiée début avril 2015 par l’Office français des conjonctures économiques (OFCE) relative au potentiel des gaz de schiste européens. Cette étude contredit totalement les résultats du fameux « rapport Montebourg » publié par le Figaro. Il envoie aux oubliettes les déclarations loufoques  de la rameuse Maud Fontenoy.

Pas d’alternative à la fracturation hydraulique

Quand à l’alternative à la fracturation hydraulique qu’est la technique au fluoropropane, cette technique encore expérimentale à base d' »heptafluoropropane » (ou NFP pour « non flammable propane« ) n’a jamais été testée sur le terrain et sa production est extrêmement onéreuse ce qui le rend non-rentable. Les experts français du secteur en conviennent, cette technique à l’échelle commerciale, ce n’est ni pour aujourd’hui ni pour demain. Par ailleurs son pouvoir de réchauffement climatique est selon les experts de l’ONU près de 3.000 fois plus élevé que celui du dioxyde de carbone.

Au final, l’exploitation des hydrocarbures non conventionnels reste une aberration économique sanitaire et environnementale.

No gazaran, ni ici, ni ailleurs, ni maintenant, ni jamais!

Sources

The Indépendent : Oklahoma ? The link between fracking and earthquakes is causing alarm in an oil-rich town
le blog de l’OFCE : Gaz de schiste : redressement d’un mirage
Actu-Environnement : Gaz de schiste : le rapport Montebourg remis en cause par ses auteurs
Libération : Gaz de schiste : le mythe d’une exploitation « propre »

(!) Info minute – Revue de Presse

Attention, un train peut en cacher un autre. Les très conservateurs pro-gaz de schiste, avec quelques jours de retard sur le 1er avril, se réjouissent de la « blague » faite au gouvernement avec la publication par le Figaro d’un rapport faisant la promotion d’une technique de fracturation hydraulique inexistante. Ce vacarme soudain au sujet du gaz de schiste permet de masquer « un scénario 100% renouvelable » préparé par l’ADEME… la publication duquel est en effet « retardée » alors qu’il aurait pu alimenter la loi sur la transition énergétique.

Le Monde et le scénario 100% renouvelable … escamoté

Comme le rapporte le quotidien Le Monde dans son édition du 4 Avril 2015, ce devait être le clou d’un colloque organisé, les 14 et 15 avril à Paris, par panneau-trainl’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (ADEME)[1]. L’établissement public, placé sous la double tutelle des ministères de l’écologie et de la recherche, devait y dévoiler un scénario « 100 % énergies renouvelables », traçant la voie vers un bouquet électrique intégralement composé de ressources « vertes » à l’horizon 2050. Le 4 avril 2015, la présentation avait disparu du programme des deux journées, sobrement intitulées : « Les énergies renouvelables dans le mix électrique français » Lire la suite sur le Monde.

Le Figaro et le vrai dossier de la fracturation imaginaire

Deux jours plus tard Le Figaro publie un document faisant la promotion d’une méthode de fracturation hydraulique à base de gaz liquéfié (l’heptafluropropane dontcoussin nous avions parlé ici il y a plus d’un an). Le titre accrocheur évoque un document « secret », qui aurait été caché par François Hollande lui-même; De quoi parle-t-on ? D’une note de l’alors ministre du redressement productif, le très pro-gaz de schiste Arnaud Montebourg étayée par un dossier faisant la promotion d’une méthode de fracturation de la roche profonde jusque là jamais mise en œuvre et vendue par la firme nord américaine ECorp. Le tout rédigé il y a plus d’un an. Lire le très juste article de Libération ici.

Le débat sur la gaz de schiste a eu lieu…

La presse et les média télévisés reprennent en boucle le « rapport Montebourg » et offrent la possibilité au lobby pro-gaz de schiste de se plaindre de « l’absence de débat ». Le débat a pourtant eu lieu. Il s’est tenu au parlement, c’était en 2011. Il a abouti à l’interdiction de la fracturation hydraulique. Cette année la France accueille la conférence internationale sur le climat (COP21). Veut-on y promouvoir l’exploitation du gaz de schiste émetteur de méthane fort gaz à effet de serre?

Vers un mix 100 pour cent renouvelable en 2050 ADEME
Rapport ADEME: cliquer pour accéder à la lecture du rapport
… Mediapart et le rapport de l’ADEME « vers un mix électrique 100% renouvelable en 2050

<– Au moment où nous allons mettre en ligne ce billet, Mediapart publie le rapport de l’ADEME. A lire donc!

et là lire aussi l’article de médiapart

 


_________________________

Lire aussi :

Guerre du gaz de schiste : ce point souvent oublié qui pourrait pourtant mettre tout le monde d’accord – Interview de Thomas Porcher (Docteur en économie, professeur en marché des matières premières à PSB (Paris School of Buisness) et chargé de cours à l’université Paris-Descartes) http://www.atlantico.fr/decryptage/guerre-gaz-schiste-point-souvent-oublie-qui-pourrait-pourtant-mettre-tout-monde-accord-thomas-porcher-2080375.html#swv7h7Cz1UyAJVzl.99

Gaz de schiste : Sans fracturation hydraulique, pas d’exploitation … ni d’exploration https://stopgazdeschiste.org/2014/02/27/gaz-de-schiste-sans-fracturation-hydraulique-pas-dexploitation-fluoroprane/

 Scénario Negawatt 2011 http://www.negawatt.org/scenario-negawatt-2011-p46.html

(!) Info minute – Revue de Presse

Le gros carottage pour prélever des échantillons de roche dans le sous-sol c’est fini ! Fini aussi la fracturation hydraulique ! La novlangue des pétroliers et autres chercheurs de sources d’énergie fossiles évolue. De nos jours, il est beaucoup plus chic d’évoquer le « slim hole »[1] et la « stimulation ». Ce nouvel usage linguistique fait partie de la batterie des recommandations formulées par les communicants à leur riche clientèle de l’industrie de l’énergie et de l’extraction des hydrocarbures. Plus grave, il permet de tenter un contournement des interdictions. Des compagnies en profitent et tentent de s’implanter pour aller fouiller le sous-sol. Aujourd’hui, les pays de Savoie, de l’Ain et la Suisse.

Ne dites pas fracturation  mais massage  ou stimulation

En France dès 2012, les patrons de TOTAL et de GDF Suez ont commencé à communiquer sur ce ton feutré avec les mots supposés adoucir la perception que se fait le public de la fracturation de la roche provoquée par l’injection sous très haute pression d’un fluide composé d’eau et de produits chimique, la fameuse fracturation hydraulique. Christophe de Margerie, le PDG de Total, dans un entretien au Monde le 11 janvier 2013 s’interrogeait : « Je suis fasciné par la manière dont le terme de « fracturation » a cristallisé les clivages. Aux États-Unis, on parle de massaging de la roche. C’est peut-être une idée ? ». « Le mot fracturation ne suffit pas à décrire toutes les technologies possibles, ajoutait quelques jours plus tard son homologue de GDF-Suez, Gérard Mestrallet, devant la presse. Parler de « stimulation » de la roche, c’est déjà moins violent.[2]« 

Du côté de certains ministres et élus, c’est la même chose. Que n’a-t-on entendu Arnaud Montebourg lorsqu’il était ministre parler de « gaz de schiste écologique [3]», faisant échos aux parlementaires MM. Bataille et Lenoir rapporteurs d’une mission de l’OPECST sur les gaz de schiste lesquels répétaient en cœur le discours préparé par certains industriels.

Le langage et la technique des industriels

Parmi ces industriels, la compagnie ECorp, détentrice de permis de recherche d’hydrocarbure en France Noville-forage gaz tightet en Suisse. Elle a tout d’abord murmuré à l’oreille de Montebourg, puis parlé à plus haute voix aux parlementaires français d’une technique magique -mais qui n’avait fait l’objet d’aucune mise en œuvre industrielle et, qui pourrait remplacer la fracturation hydraulique ; Il s’agissait là de la fracturation à l’heptafluoropropane. Et pourtant ailleurs, aux États-Unis, là où l’exploitation d’hydrocarbures non conventionnels a lieu, c’est bien en ayant recours de manière massive au fracking, puisque sans fracturation hydraulique, pas d’exploitation de gaz de schiste, ni de pétrole de schiste, ni de tight-oil. Car si on veut sortir ces hydrocarbures des entrailles de la terre, il faut aller secouer une roche plus ou moins compacte. Afin qu’elle libère le pétrole, le gaz ou l’huile enfouis plus ou moins profondément, la roche doit être percée, fissurée, éclatée. Il faut y injecter des produits chimiques, de l’acide, de l’eau afin que les hydrocarbures remontent en surface.

Des hydrocarbures qui vont émettre de puissants gaz à effet de serre lors de leur exploitation puis de leur combustion et qui auront nécessité de gigantesques quantités d’eau pour être extraits des profondeurs.

Un paquet complet pour ECorp dans les Pays de Savoie et en Suisse ?

Sournoisement, alors que la technique de la fracturation hydraulique a été interdite en France, alors qu’en montagnes-des-pays-de-savoieSuisse certains cantons ont également rejeté des projets d’exploration de gaz non conventionnel, ECorp poursuit son travail de lobbying et son investissement dans des demandes et permis de recherche. Dans les pays de Savoie et de l’Ain, la compagnie est détentrice du permis de Gex -pour lequel elle a récemment fait une demande de prolongation exceptionnelle, et dont elle voudrait étendre le périmètre avec la demande de permis de Gex Sud. Chez nos voisins suisses, c’est dans le Gros-de-Vaud que les habitants ont été ­informés cet été que PEOS AG -filiale zurichoise du groupe américain ECorp, basé au Texas, (en lire plus ici sur ce partenariat) détenait des permis d’exploration et envisageait des travaux de forage exploratoire[4]. Le Courrier . ch (à lire ici) explique comment le canton de Vaud, qui par ailleurs a introduit un moratoire sur toute recherche de gaz de schiste sur son territoire, pourrait laisser s’installer la compagnie.

partenariat ECORP SEAG fracturation gaz

Nous le savons, elles ne s’en cachent pas, ces compagnies jouent sur la durée et tentent d’épuiser la résistance des populations par des recours administratifs puis juridiques. Face aux manipulations et aux mensonges, il s’agira de rester éveillés et endurants.

[1]  Système d’évaluation pétrophysique faisant appel à des forages de faible diamètre.
[2] http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/01/22/gaz-de-schiste-ne-dites-plus-fracturation-mais-massage-de-la-roche_1820407_3244.html
[3] http://www.lepoint.fr/politique/et-montebourg-inventa-le-gaz-de-schiste-ecologique-11-07-2013-1702922_20.php
[4] Lettre d’information de PEOS AG aux habitants de Dommartin

Sauvegarde du principe de précaution j’écris à mon député            (!) Info minute – Revue de Presse

Adaptation par nos soins d’un article publié sur le site dailyfusion

Les déversements accidentels et l’épandage délibéré de fluides d’hydrofracking, qui reviennent à la surface pendant la fracturation hydraulique, pourraient provoquer la libération de minuscules particules dans les sols qui, souvent, s’agrègent fortement à des métaux lourds et des polluants, selon des chercheurs de l’Université Cornell.

Des recherches antérieures ont montré que 10 à 40% du mélange de l’eau et de la solution chimique injectée à haute pression dans les couches de roche profonde remonte à la surface au cours d’une opération de fracturation hydraulique. Les chercheurs du département agriculture et sciences de la vie (College of Agriculture and Life Sciences) qui étudient les impacts environnementaux de ce « liquide de reflux » ont constaté que les mêmes propriétés qui la rendent si efficace pour l’extraction du gaz de schiste peuvent aussi provoquer la migration de minuscules particules provenant du sous-sol incluant des polluants comme les métaux lourds

Ils ont décrit ces mécanismes dans un article publié en ligne le 6 Juin dans la revue American Chemical Society Environmental Science and Technology (voir note[1]).

Les particules qu’ils ont étudié sont des  (plus grands qu’une molécule, mais plus petits que ce qui peut être vu à l’œil nu), qui s’accrochent au sable et la terre en raison de leur charge électrique.

Dans les expériences menées par Wenjing Sang et les membres du groupe sols et eau, des tubes de verre ont été remplis de sable et de colloïdes de polystyrène synthétique. Les chercheurs ont ensuite injecté dans les tubes de l’eau (différents fluides dé ionisés servant de témoin), ainsi que du fluide de reflux issu d’un forage de schiste du Marcellus Shale, à différents débits et mesuré la quantité de colloïdes mobilisés.

cornell-sand-grains-сolloidsObservés au microscope, les colloïdes de polystyrène étaient visibles comme des sphères rouges entre les grains de sable gris clair, leur mouvement étant ainsi facile à suivre. Les chercheurs ont également recueilli et analysé l’eau s’écoulant hors du tube pour mesurer la concentration de colloïdes.

Ils ont constaté que moins de 5% des colloïdes ont été libérés dans les tubes témoins contenant de l’eau déminéralisée. En revanche, ce chiffre atteignait entre 32% et 36% pour la même expérience menée avec le fluide de fracturation hydraulique. En augmentant le débit d’injection du fluide de reflux, ce flux mobilisait 36% de colloïdes supplémentaires.

Les chercheurs pensent que la composition chimique du liquide de reflux modifie la puissance des forces et permet à ces colloïdes de rester fixés au sable.

Pour Cathelijne Stoof, co-auteur de cette recherche « Il s’agit d’une première étape dans la découverte des effets des liquides de reflux issus de la fracturation hydraulique sur la migration des colloïdes dans les sols»

Les auteurs espèrent à présent réaliser des expériences en utilisant des colloïdes naturels dans plusieurs formations géologiques complexes, et ceci avec diverses compositions de reflux de liquide de fracturation hydraulique provenant d’autres sites de forage.

Pour Stoof , la prise de conscience de ce phénomène et une meilleure compréhension des mécanismes sous-jacents peut aider à identifier les risques et développer des stratégies d’atténuation. «Le développement durable d’une ressource nécessite des faits sur ses impacts potentiels pour permettre aux législateurs de prendre des décisions éclairées quant à savoir si et où il peut et ne peut pas être accepté, et à élaborer des lignes directrices au cas où ça ne va pas. En cas de déversement ou de fuite, vous voulez savoir ce qui se passe lorsque le fluide se déplace à travers le sol. »

Aux Etats-Unis, l’exploitation de gaz et de pétrole de schiste à grande échelle s’est développée sans attendre les résultats de ces études qui confirment une fois de plus les risques de la fracturation hydraulique sur l’environnement et la santé. L’exploitation de ressources fossiles non durables s’est imposé sans limites. En France, la technique de la fracturation hydraulique est interdite bannissant la recherche de ces hydrocarbures de roche mère. Les collectifs citoyens et associations luttent pour le maintien de cette interdiction afin de préserver l’environnement et favoriser le développement d’un modèle énergétique favorisant l’efficacité énergétique, le renouvelable et la déconcentration des moyens de production énergétique.

[1] Sang, W., Stoof, C, Zhang, W., Morales, V., Gao, B., Kay, R., L. Liu, Zhang, Y., et Steenhuis, T. (2014). Effet des fluides de fracturation hydraulique sur des colloïdes Transport in the Unsaturated Zone Environmental Science & Technology DOI: 10.1021/es501441e

 

Sauvegarde du principe de précaution j’écris à mon député            (!) Info minute – Revue de Presse

Communiqué de presse – Arenthon, le 13 Juin 2014

ngds74-LOGO_Collectifs Rhône-AlpesLe permis de recherche d’hydrocarbure dit permis de Gex devait arriver à échéance le 10 Juin 2014, or le même jour la compagnie Ecorp, titulaire du permis, a déposé une « demande de prolongation exceptionnelle » auprès du ministère de l’écologie du développement durable et de l’énergie.

Les collectifs « Non au gaz de schiste des pays de Savoie et de l’Ain » et l’ensemble des collectifs de la Région Rhône-Alpes rappellent la ferme opposition exprimée par la population et les élus locaux qui se sont mobilisés à de nombreuses reprises pour signifier son rejet de ces projets de recherche pétrolière.

Alors que la compagnie ECorp n’a engagé aucun dialogue avec les autorités administratives depuis 5 ans en vue d’éventuels travaux, on peut se demander ce qui inciterait le Ministère à accorder une telle prolongation puisque que le titulaire n’a respecté aucun des ses engagements financiers et techniques.

De plus les collectifs rappellent que la mission d’inspection menée par le Conseil général de l’économie de l’industrie, de l’énergie et des technologies (CGEIET) et du conseil général de l’environnement et du développement durable (CGEDD) à partir de février 2011 avait classé le permis de Gex-Sud (qui n’est qu’une extension du périmètre de Gex demandée par Ecorp) dans la liste des permis NON CONVENTIONNELS. Par ailleurs la compagnie Ecorp spécialisée dans la recherche des gaz de schiste[1] est celle qui fait la promotion[2] d’une méthode de fracturation à l’heptafluoropropane, la fameuse « fracturation écologique » prônée par le ministre Arnaud Montebourg.

Les collectifs réclament le rejet pur et simple de cette demande de prolongation ainsi que de la demande du permis de Gex-Sud faite par la même compagnie et rappellent que la recherche de gaz de schiste et autres hydrocarbures non conventionnels n’aura pas lieu en Région Rhône-Alpes.

Le gaz de schiste ni ici ni ailleurs ! Ni aujourd’hui ni demain !

[1] http://www.ecorpintl.com/company/
[2] http://www.ecorpstim.com/

(!) Info minute – Revue de Presse

Une seule technique pour le gaz de schiste : la fracturation hydraulique

fracturation hydrauliqueLe Ministre du redressement productif Montebourg a beau se faire le très actif porte flambeau d’une prétendue technique propre, la réalité technologique est bien là et ce sont les exploitants eux-mêmes qui le confirment : seule la fracturation hydraulique permet l’exploitation industrielle des gisements d’hydrocarbures non conventionnels tels que les gaz ou pétroles de schiste.  Cette technique est interdite par la loi en France[1] et elle doit le rester. Et sans le recours à cette technique très généralement mise en œuvre via des forages profonds déviés à l’horizontale, aucun exploitant ne pourra extraire du sous-sol ces gouttelettes de gaz ou de pétrole fermement emprisonnées dans les roches compactes depuis des millénaires. Pour faire jaillir ces molécules de carbone emprisonnées sous terre, il est bien nécessaire de fracturer la roche à l’aveugle par l’injection massive d’eau et produits chimiques sous très haute pression. C’est ce que font les américains qui exploitent leurs gisements domestiques d’hydrocarbures depuis une dizaine d’années à présent. Même si certains, pour mieux faire passer la pilule, souhaiteraient des variations de langage en empruntant à l’imaginaire des 1000 et une nuits des mots tels que « stimulation » ou « massage[2] » de roche, c’est bien du fracking dont il s’agit, c’est-à-dire de la fracturation hydraulique.

La magie d’une nouvelle technologie et du made in France fait l’objet d’un intense lobbying…

Relayée par la navigatrice Maud Fontenoy -dont on peut bien se demander pourquoi elle se prononce subitement en faveur de l’exploitation des gaz de schiste- l’apparition soudaine dans les media français d’une nouvelle technique miraculeuse pourrait, nous dit-on, révolutionner le mode d’extraction des hydrocarbures extrêmes. A la TSF[3], le ministre productiviste champion du Made in France l’assure également, le fracking à l’heptafluoropropane est The Solution, pardon La Solution. La France organisatrice en 2015 detransition au gaz de schiste 21ième conférence internationale sur le climat et dont le chef de l’État a fixé un objectif de faire baisser de 30% la consommation nationale d’énergies fossiles d’ici 2030[4], cette France se voudrait être la terre d’accueil de la recherche et du développement de cette nouvelle technologie? Une technologie qui, rappelons-le, consiste à injecter du propane liquide –puissant gaz à effet de serre sous sa forme gazeuse- pour faire une fracturation hydraulique (interdite en France) et faire ressortir du gaz – puissant gaz à effet de serre, tout ça en réduisant nos émissions de gaz à effet de serre.  Mais poursuivons…

… pour une technique au fluoropropane qui ne sera pas opérationnelle avant des années …

Les rapporteurs du très pro gaz de schiste OPECST l’indiquaient déjà dans leur rapport sur les technologies alternatives à la fracturation hydraulique[5], cette technique n’existe que sur le papier. Le journaliste Sylvain Lapoix qui a enquêté[6] le confirme également : la fracturation au fluoropropane ne sera pas opérationnelle avant des années. Cette méthode vantée depuis le mois de janvier par Arnaud Montebourg puis par Laurent Fabius n’a fait l’objet d’aucune expérimentation à grande échelle. La société l’ayant développée espère pouvoir faire de la France sa première zone test.  Cette nouvelle vague de communication en faveur de la recherche de gaz de schiste voudrait promouvoir la « fracturation au propane » pour extraire « proprement » les hydrocarbures enfermés dans les couches de schiste entre 2000 et 4000 mètres sous terre. Toujours selon Lapoix qui l’a interrogé, John Francis Thrash, patron de la société eCorpStim et initiateur de la fameuse fracturation au propane non inflammable rappelle être « venu à Paris pour suivre le débat sur l’interdiction de la fracturation hydraulique (…). Après le vote, [il a] proposé de rencontrer des responsables, élus et techniciens du ministère, pour évoquer {son] alternative» et est revenu le 18 avril 2013 pour une audition de l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques (Opecst) dans le cadre du rapport sur les techniques alternatives à la fracturation hydraulique. Soit sept mois avant la « découverte » d’Arnaud Montebourg.

… et pour conserver les permis de recherche ou … en octroyer d’autres

La fracturation au fluropropane ne sera pas opérationnelle avant des années. A ce jour un seul test a été fait au Texas sans toutefois injecter de matériaux de soutènement pour maintenir les fractures ouvertes. On est donc très loin de la possibilité d’une mise en application au niveau industriel et de manière rentable.  Le Directeur général de Total Shale Gas Europe, Bruno Courme est lui-même peu convaincu par cette invention :  « La stimulation au propane est intéressante pour certains types de réservoirs. Total se montre toutefois réticent face à ce procédé, probablement par manque d’expérience, puisque nous n’avons jamais pratiqué ce type d’opération et que la gestion en surface nous semble complexe. Par conséquent, Total n’est pas prêt à promouvoir cette technique en Europe. »  Or pour certains, le temps presse, et comme le répète à l’envie le Président de l’Union française des industries pétrolières Jean-Louis Schilansky, une centaine de demandes de permis de recherche d’hydrocarbures est en attente et de nombreux autres permis n’ont pas encore été abrogés ou vont tout simplement arriver à leur terme. Le lobby fossile veut voir le maintien ou l’extension des droits des titulaires des permis,  pour durer … et forer si la conjoncture politique venait à le permettre.

fracking planeteRécapitulons le projet si l’on suit les idées de certains dans le pays devant accueillir la vingt-et-unième conférence internationale sur le climat: On va faire baisser la consommation d’énergies fossiles en France tout en lançant l’exploitation d’hydrocarbures non conventionnels nécessitant l’implantation de dizaine de milliers de forages avec une technique qu’on ne maîtrise pas, au nom d’une croissance dont on espère un jour la reprise, alors qu’il est démontré qu’aux États-Unis, l’exploitation sans retenue de ces même hydrocarbures génèrerait « moins de 0,04 % de croissance supplémentaire par an sur vingt-trois ans».  Tandis que, summum de l’invraisemblance, le patron d’Exxon Mobil a entamé une procédure de justice pour qu’on  ne vienne pas « fracturer dans son jardin »[9].

Lire pourquoi le gaz de schiste ne sera jamais une énergie propre

Lire également L’heptafluoropropane, nouveau nom de la pierre philosophale ?


[1] Loi du 13 Juillet 2011 visant à interdire l’exploration et l’exploitation des mines d’hydrocarbures liquides ou gazeux par fracturation hydraulique et à abroger les permis exclusifs de recherches comportant des projets ayant recours à cette technique
[2] Christophe Margerie PDG de TOTAL, Gérad Mestrallet PDG de GDF Suez : « Ne dites plus fracturation mais massage de la roche »
[3] Le sigle « TSF » pour Transmission sans fil date des débuts des transmissions radio. Il a longtemps été utilisé pour désigner Les émetteurs, les récepteurs ainsi que les programmes qui permettaient de recevoir les émissions diffusées par les ondes radio.
[4] Hollande veut réduire de 30% la consommation d’énergies fossiles
[5] Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques  http://www.assemblee-nationale.fr/14/pdf/rap-off/i1581.pdf
[6] Reporterre : La fracturation au fluoropropane ne sera pas opérationnelle avant des années.
[7] Compte rendu Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques Audition, ouverte à la presse, sur « les techniques alternatives à la fracturation hydraulique pour l’exploration et
l’exploitation des hydrocarbures non conventionnels » Jeudi 18 avril 2013
[8] Une étude relativise les bénéfices du gaz de schiste, Anne Feitz les Echos
[9] Le patron d’Exxon Mobil dit non au gaz de schiste près de chez lui

(!) Info minute – Revue de Presse

Par Thérèse Delfel, du collectif citoyen Stop Gaz d’Hydrocarbures de Lorraine et d’Alsace. Article également paru dans Marianne du 14 au 20 février 2014

Malgré les engagements du Président de la République il ressort d’une récente information, publiée dans Libération, qu’Arnaud Montebourg, ministre du Redressement productif, ne s’y résout pas, guettant le moment politique propice pour présenter un rapport préconisant la technique dite << propre >> du NFP (non-flammable propane), par injection de fluoropropane au lieu de la fracturation hydraulique avec eau et additifs chimiques, alors utilisés en moindre quantité. ll vient d’avoir le soutien de Laurent Fabius. Selon I’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques dans son rapport de novembre 2013, ce NFP « supprime à lOO% le risque industriel ». Cet argument, virtuel et impossible à vérifier autrement qu’en prenant des risques réels sur le terrain, là où vivent des personnes en chair et en os, relève de la négation de la réalité dans laquelle nous vivons, et toutes les critiques à l’encontre de cette démarche, qu’elles proviennent des verts, du NPA ou de membres du gouvernement, sont fondées. Les collectifs Stop gaz de schiste et de couche partagent ce rejet.

schiste bitumineuxLa technique NFP prétendument « propre » aggrave un autre risque, intellectuel celui-là : s’enliser dans des débats stériles sur des énergies fossiles de plus en plus extrêmes. Extrêmes dans leurs méthodes d’extraction de plus en plus brutales. Extrêmes dans l’atteinte à des sites de plus en plus précieux visés par les consortiums pétroliers, Extrêmes dans les moyens à mettre en œuvre pour une piètre rentabilité. ll y a trois décennies, il fallait qrosso modo un baril de pétrole pour en produire 1OO. Actuellement il en faut un pour produire environ 10 barils de pétrole ! Nous sommes lancés dans une course contre nous-mêmes, anachronique et suicidaire. Gaz à effet de serre 25 fois plus nocif que le CO, dont nous ne savons déjà que faire, tant il aggrave le dérèglement climatique, le méthane recherché représenterait surtout de quoi alimenter la spéculation et le gaspillage. Toute production d’énergie fossile génère des dégradations irrémédiables, au moment de l’extraction, lors de la transformation et lors de la consommation or quiconque comprend que l’air respirable, l’eau potable et les sols arables sont nos fondamentaux, irremplaçables au point que quelques minutes sans air, quelgues jours sans eau et quelques semaines sans nourriture signeraient notre arrêt de mort, comprend que cette course aux énergies fossiles est un anachronisme d’autant plus aigu qu’elle se situe dans un contexte de dégradation avancée des milieux naturels qui permettent la vie. Les effets sur l’emploi ? Six cent mille puits forés aux États-Unis- détruisant les terres arables, la ressource en eau et l’atmosphère – ont généré 500 000 emplois, soit 0,8 emploi destructeur par puits. Et l’impossibilité définitive à créer des milliers d’emplois agricoles sains, pérennes et protecteurs des personnes autant que du milieu naturel, dont elles sont tributaires à partir de terres arables, se résume à cette équation : 1 km2 = 100 ha ;1 ha = un emploi en agriculture paysanne ; 7 O54 km2 de permis pétroliers déjà attribués uniquement en Lorraine (30% de sa superficie totale) = environ 700 000 emplois potentiels perdus, à cause de terres arables vouées à devenir friches industrielles. Les financements ? En Lorraine, nous avons « l’exemple » d’European Gas Limited : un consortium australo-américano britannique financé au départ par Enron (la société américaine qui, avec Merrill Lynch, avait été au centre du plus grand scandale financier des dernières décennies), immatriculé en Angleterre et au pays de Galles pour n’avoir pas à déclarer ses résultats comptables en France, dirigé par un PDG qui a créé un « cayman based investment fund » (Maoming lnvestments). Ce consortium si vertueux attend 20 millions d’euros d’aides publiques françaises, tous les ingrédients pour un prochain mégascandale ! En résumé, tous les collectifs s’accordent sur ce point : ni gaz de schiste ni gaz de couche, ni ici ni ailleurs, ni aujourd’hui ni demain, ni fracturation hydraulique ni technique de PerlimPinPin.