Articles Tagués ‘Josh Fox’

(!) Info minute – Revue de Presse

Une conférence de presse

Ce matin, Jean-Louis Schilansky, Président de l’Union française des industries pétrolières (UFIP) membre de CESE[1] désigné par le Mouvement des entreprises de France (MEDEF), donnait une conférence de presse. Il ne s’agit pas de laisser retomber le soufflé du gaz de schiste. La campagne de communication 2014 des industriels pour la recherche d’hydrocarbures non-conventionnel sur le territoire français est en effet lancée depuis quelques jours. Il s’agit de frapper fort, de bousculer l’édifice qui protège encore à peu près les territoires français de la recherche d’hydrocarbures de schiste.

Une campagne de communication pour le gaz de schiste …
  • Elle a commencé par un ballon d’essai lancé par le Ministre Arnaud Montebourg sur Europe 1 : Il affirmait ne pas désespérer de convaincre le Président de la République de revenir sur sa promesse de ne point exploiter le gaz de schiste, il qu’il faut travailler à trouver des techniques propres[2] .
  • Elle fut suivie de l’échos donné par le Patron de TOTAL qui depuis DAVOS déclarait « L’Europe dit aujourd’hui: Nous ne voulons pas interdire le développement du gaz de schiste. Par contre, on va demander à ceux qui veulent le faire d’être extraordinairement respectueux de l’environnement, de faire attention. Très bien! C’est le genre de message qu’on aimerait avoir partout[3] ».
  • Puis le Canard enchainait en indiquant que le Ministre du redressement productif allait voir ce qu’on allait voir (après les élections municipales) et qu’il disposait d’un rapport prouvant que l’on peut faire de la fracturation hydraulique … enfin non, qu’il existe une technique propre pour fracturer le sous-sol en utilisant du gaz liquéfié, précisément de l’heptafluropropane (une potion dont on sait qu’elle aurait un impact désastreux sur l’environnement puisque qu’étant un puissant gaz à effet de serre[4]).
  • Débarque ensuite -par une interview donnée au Parisien- la navigatrice Maud Fontenoy qui affirme que «Le gaz de schiste est devenu un atout écologique» et qu’il va falloir informer des français très désinformés puisqu’ils ne sont seulement 24% a être en faveur de l’exploitation des gaz de schiste. Elle récidive en publiant une tribune dans le journal Libération[6] où elle affirme sans ambages « grâce aux progrès de la recherche, la fracturation hydraulique n’est plus l’unique procédé d’extraction du gaz de schiste » . On se demande comment celle qui en a « ras le bol des écolos[7] » parvient à ce genre de conclusion sans que son « argumentaire » ne lui soit soufflé par certains industriels. On notera quoiqu’il en soit qu’une fracturation pratiquée avec un liquide reste une « fracturation hydraulique ». Cette technique est donc interdite par la loi.
… et le lancement d’un film de promo sur le gaz de schiste et contre Gasland

Puis on apprend par Usine Nouvelle[8] que le « groupement des entreprises parapétrolières et paragazières (GEP) a produit un film sur le gaz de schiste et la fracturation hydraulique censé prendre le contre-pied du documentaire oscarisé « Gasland » qui sert de porte-étendard aux anti-gaz de schiste. « Le film ‘Gasland’ s’est emparé du sujet, qui aurait dû être une affaire de professionnels« , explique Jean Ropers, président du GEP. »

???????????????????????????????Le film voudrait démontrer que « les risques sont maîtrisés par l’industrie » et dire que « Gasland est là qui enflamme l’imaginaire collectif ». On apprend que Josh Fox « dresse un procès d’intention aux exploitants des gaz de schiste » . La scène du robinet qui s’enflamme y est présentée comme Le mensonge du film de Josh Fox. Le film commandité par les pétroliers français est certainement plus fin de son équivalent américain Truthland . Il s’achèvera cependant par une envolée lyrique sur fond de flamme du parc de Chestnut Ridge par la phrase suivante « L’éternelle flamme de méthane brûle au milieu des eaux alors qu’autour à des centaines de km à la ronde aucun gisement de schiste n’est exploité ».

pétrolier gaziers industrielsBien entendu aucun autre argument présenté par Gasland ainsi que la recherche citoyenne en France sur les questions liées aux produits chimiques, à la remontée de produits toxiques ou radioactifs, de retraitement de l’eau de fracturation, d’émission de gaz à effet de serre ne sera abordé, il s’agit avant tout de décrédibiliser Fox … et ceux qui ne croient pas en la « révolution du gaz de schiste »

Resserrons les rangs, car comme le dit si bien Monsieur Schilansky « C’est une longue saga, mais nous n’abandonnerons pas« . Que lui et ses amis soient assurés d’une chose : Ils nous trouveront sur leur chemin.

L’industrie du pétrole agit comme l’industrie du tabac
The Sky is Pink, (le ciel est rose) : La réponse du réalisateur de GASLAND est déjà là!

En 18 minutes, Josh Fox, réalisateur de GASLAND, propose une réponse aux attaques des industriels sur le robinet qui s’enflamme et bien d’autres informations sur les méthodes de lobbying des pétroliers. Une très bonne analyse des moyens par lesquels l’industrie arrive à imposer ses idées malgré des preuves scientifiques contraires. (Cliquez sur CC en rouge, pour activer les sous titres en français)

19 octobre Global Frackdown – Journée Mondiale contre le fracking      (!) Info minute – Revue de Presse

Interview réalisée par Hervé Kempf (Reporterre)

Josh Fox est le réalisateur de Gasland, le film qui a réveillé les consciences sur la réalité du gaz de schiste. Dans un entretien avec Reporterre, il explique que ce qui se joue dans cette bataille écologique, c’est la vitalité de la démocratie face aux grandes compagnies multinationales.


Josh Fox Photo H.Kempf ReporterreJosh Fox est le réalisateur du film Gasland, sorti en 2010, et qui a montré l’ampleur des pollutions provoquées par l’exploitation du gaz de schiste. Il a réalisé un nouveau film, Gasland II. Il est en France pour quelques jours. Reporterre l’a rencontré le 5 septembre près de Jouarre, là où une exploration de pétrole de schiste a commencé, et rencontre une vive opposition.
En quoi votre nouveau film est-il différent du précédent ?

Josh Fox – Le premier film décrivait les multiples façons par lesquelles l’exploitation du gaz de schiste génère des pollutions, et les multiples façons dont les gens en sont affectés. Ce film est se concentre sur les nombreuses différentes façons – pas seulement par l’argent ou le lobbying – par lesquelles l’industrie du pétrole et du gaz s’est incrustée au sein même du système démocratique pour l’influencer. Ce que nous avons constaté à de multiples reprises en faisant ce film, c’est que les gens n’ont pas de recours quand ils sont confrontés à l’industrie du pétrole et du gaz.

Est-ce un exemple de ce qui arrive en général à la démocratie ou est-ce très spécifique au gaz de schiste ?

fox-5_sept_2013-H.Kempf ReporterreBeaucoup de choses sont très spécifiques à cette industrie aux Etats-Unis, mais malheureusement, c’est aussi exemplaire de la façon dont les grandes compagnies agissent en démocratie. Elles veulent circonvenir le peuple. Elles conduisent des négociations directes avec le gouvernement à l’écart du peuple. La seule façon par laquelle les gens peuvent agir est de protester, de s’imposer dans la prise de décisions, comme vous l’avez fait en France, ou comme en Australie ou en Grande-Bretagne.

Aux Etats-Unis – et je crains que ce soit pareil ailleurs -, notre gouvernement trahit le peuple. C’est très choquant de constater que l’administration Obama cache des documents produits par l’État, avant les élections, pour que les gens n’en aient pas connaissance. On montre tout ceci dans le film. Par exemple, on savait que l’EPA [1] enquêtait sur les cas de pollution au Texas, et soudain, ils ont abandonné cette enquête. Même chose dans le Wyoming. On a des documents montrant que l’EPA savait scientifiquement qu’il y avait des migrations de l’eau, et l’a caché. On a des preuves très fortes sur tout ceci.

Comment expliquez-vous la position d’Obama, qui est perçu comme de gauche en France ?

Au début de l’administration Obama, en 2009, l’EPA a commencé à enquêter très sérieusement sur les pollutions. Sa directrice, Lisa Jackson, travaillait vraiment dans l’intérêt du peuple. Mais quand la campagne électorale a commencé en 2012, on a constaté un changement du jour au lendemain : l’EPA a abandonné ses recherches, le chef des enquêtes a démissionné, Lisa Jackson a démissionné. Il y a eu des fortes pressions pendant la campagne électorale pour mettre la pédale douce sur ce sujet.

Obama et son administration sont-ils connectés aux grandes entreprises de l’industrie et du gaz ?

On sait qu’ils ont rencontré très, très souvent les représentants de l’industrie. En revanche, à de multiples reprises, des lettres ont été envoyées à l’administration pour lui demander de rencontrer les scientifiques qui montrent qu’il y a des problèmes, de rencontrer les gens qui souffraient de l’exploitation du gaz de schiste. La réponse a été : non.

Obama essaye peut-être de faire des petites choses. Mais il ne s’agit pas de faire des petits pas ; il s’agit de développer vigoureusement les énergies renouvelables et de stopper les fossiles. Mais ces gens ne peuvent pas le faire. Ils n’ont pas de leadership.

On parle de révolution énergétique, du boom de la richesse en Dakota en Nord, d’indépendance énergétique des États-Unis : est-ce exact ?

Il y a beaucoup de pétrole au Dakota du Nord .Mais ce n’est pas une bonne chose : nous devons diminuer la production de pétrole.

Pourquoi ?

Parce que selon tous les indicateurs – sur la démocratie, sur la pollution, sur le climat -, les carburants fossiles sont nuisibles. Il ne faut pas en produire plus, mais diminuer leur production.
Vu de l’espace, on observe une grande tache brillante au-dessus de l’agglomération de Chicago ou de celle de Minneaopolis. Mais aussi une au-dessus du Dakota du Nord, où il n’y a pas de grande ville ; mais ils brûlent tellement de gaz qu’on le voit de l’espace.
Nous avons besoin de moins de pétrole et de gaz, pas de plus.

Et en ce qui concerne l’indépendance énergétique des États-Unis ?

La seule véritable indépendance énergétique est celle des énergies renouvelables. Là, il ne s’agit pas d’indépendance, mais de la la liberté pour les grandes compagnies de faire du profit. BP, Shell, Statoil, qui exploitent gaz et pétrole aux États-Unis ne sont pas des compagnies américaines. Ces corporations n’ont pas de pays. Cette histoire d’indépendance est un non-sens.

On ne peut pas avoir une vraie démocratie sans être libérés des combustibles fossiles,sans être libérés de ces compagnies. Elles ont pollué la démocratie. Nous avons besoin de nous exprimer, de développer les énergies renouvelables, c’est notre avenir.

Comment expliquez-vous que les grands médias militent pour le gaz de schiste ?

Les compagnies font un très bon travail de communication. Rappelez-vous en 2003, avant la guerre d’Irak. Tous les médias ne cessaient de dire que Saddam Hussein avait des armes de destruction massive. Leurs arguments avaient l’air très raisonnables. Cela s’est révélé faux et ça a conduit à un désastre.
Quand vous examinez attentivement leurs arguments sur le gaz de schiste, ils ne tiennent pas. Mais des millions de dollars en publicité et en communication sont déversés par l’industrie.

Quelle est la situation du mouvement d’opposition aux États-Unis et ailleurs ?

Il devient de plus en plus fort. Dans l’État de New York et en Pennsylvanie, 60 % des gens sont favorables à un moratoire sur le gaz de schiste. Au Colorado, ville après ville votent pour une interdiction de la fracturation hydraulique. En Californie, le mouvement se renforce ; en juin, des centaines de milliers de signatures contre la production de gaz de schiste avaient été enregistrées.

Cela arrive aussi autour du monde. On a été à Bruxelles, au Parlement européen, on a rencontré des activistes des Pays-Bas, de France, d’Espagne, d’Allemagne…

Ils sont en train de prendre conscience que leur vrai bataille, c’est la lutte pour la démocratie.

—————————————————————-

[1] EPA : Environmental protection agency, l’équivalent aux États-Unis du ministère français de l’Écologie

Source: Article publié sur le site Reporterre le 06/09/2013

Lire aussi : Josh Fox en France … et de passage en Ardèche

Cyber action en cours                                                                                                    (!) Info minute revue de presse

Traduction libre de l’article publié le 21.04.2013 par Jennifer Brown dans Science in Film

Avant Première de Gasland 2

Gasland 2 premiereLe public s’est levé pour une ovation après la projection du documentaire Gasland 2. C’était la première mondiale du nouveau film sur la fracturation hydraulique qui s’est tenue au Festival du Film de Trebica à New York ce 21 Avril. Ce film montre ce que le cinéma fait de mieux pour informer et éclairer le public sur une question importante de politique mondiale de nos jours.

« Fracking » (la fracturation hydraulique) est devenu un gros mot après avoir contaminé l’eau et les terres des communautés de Pennsylvanie et du Wyoming. La fracturation hydraulique est une technique d’extraction de gaz par forage qui utilise des centaines de produits chimiques toxiques injectés dans des puits profonds. Cette technique permet de briser la roche de schiste et de forcer l’expulsion du gaz de schiste emprisonné sous terre. Gasland, le docu film produit en 2010, suivait la piste sale des produits chimiques. Ceux-ci passaient des forages de gaz vers les cours d’eau puis dans les robinets d’eau des maisons – lesquels s’enflammaient.

Le film Gasland a été nominé pour un Academy Award en 2010. Il a mis au grand jour la question explosive de la fracturation hydraulique et a lancé une bataille environnementale de grande ampleur. Des scientifiques, des médecins, des artistes et des collectifs citoyens ont rejoint cette cause partout à travers les États-Unis. Yoko Ono et Sean Lennon ont fondé Artists Against Fracking (Les Artistes contre la Fracturation Hydraulique) pour mobiliser avec les arts. Le film m’a inspiré l’écriture d’un roman sur la fracturation hydraulique qui est sorti en 2012, appelé Brindle 24 , le dernier jour dans la vie d’une ville.

A présent le cinéaste Josh Fox est de retour avec Gasland 2. Cette deuxième partie de Gasland documente un second type de piste sale, celui de l’argent des compagnies de forage et d’exploitation de gaz qui passe directement dans la poche de nos élus. Fox suggère que notre processus démocratique lui-même est fracturé. Les décisions relatives à la fracturation sont contaminées par les intérêts des entreprises au détriment des petits propriétaires fonciers et de la santé des familles. Dans une vague de contamination intense et généralisée comme celle qui a suivi la fracturation hydraulique, les citoyens avaient le droit de s’attendre à ce que le gouvernement les protège. Cet espoir demeure non réalisé. Mais la lutte pour l’accès à l’eau potable ne va pas prendre fin de si tôt.

Les conséquences de la fracturation

Fracturation hydraulique ..Les conséquences de la fracturation sont présentées dans Gasland 2 par le scientifique Tony Ingrafea de l’Université Cornell[1]. Il montre comment les forages pour l’extraction de gaz en grande profondeur fuient. Le méthane s’infiltre ensuite autour des puits de gaz et contamine les puits d’eau, des ruisseaux et même des aquifères dont de nombreuses communautés dépendent pour leur consommation en eau potable. Le méthane qui s’échappe est toxique tant pour les humains que les animaux et il accélère le réchauffement climatique en contaminant l’air. En outre, les produits chimiques toxiques utilisés dans le processus de forage contaminent l’air, la terre et l’eau à proximité des sites de forage.

D’autres faits scientifiques présentés dans le film nous concernent tous lorsque nous vivons à proximité d’une zone fracturée, il s’agit de l’augmentation des tremblements de terre et des séismes. La fracturation pour l’extraction du gaz se fait par l’injection de produits chimiques toxiques à des pressions extrêmement élevées pour faire sortir le gaz. Ces injections déstabilisent le lit rocheux sous terre et sont liées à un nombre croissant de tremblements de terre. Malgré cela, la fracturation hydraulique est encore pratiquée en Californie à proximité des failles naturelles où les séismes constituent déjà une menace majeure.

Un espoir pour l’avenir

Après le film, le réalisateur Josh Fox a rejoint les familles et sympathisants sur la scène – l’artiste Yoko Ono, l’actrice Deborah Winger, et beaucoup de gens touchés par la contamination chimique liée à la fracturation hydraulique pratiquée près de leurs habitations. Ils ont répondu aux questions de l’auditoire. Les spectateurs ont demandé, comment aider comment s’impliquer de manière solidaire alors que la fracturation hydraulique continue de se développer dans le monde entier. Le message était clair – croyez en votre propre pouvoir et votre capacité à gouverner. Faites entendre votre voix pour tenir les élus responsables de la protection de notre air et de l’eau.

Si l’extraction de ce gaz est trop toxique, les énergies renouvelables comme le solaire, l’éolien et l’hydraulique peuvent alimenter les besoins énergétiques du pays. Un nouvel éclairage brillant dans le débat sur ​​l’énergie est l’analyse des énergies renouvelables pour l’avenir que vient de sortir de Mark Jacobson. Il a également assisté à la première  projection de Gasland 2 et est monté sur scène. Mark Jacobson de Standord a répondu aux questions concernant la transition vers les énergies renouvelables et l’abandon des techniques anciennes et sales comme la fracturation pour le gaz de schiste. Cela s’est terminé sur une note d’espoir, et je me réjouis de plus d’énergies renouvelables et moins de « fracking » pour notre avenir.

Auteure, chercheure, éducatrice en soins de santé Jennifer Brown vit à New York. Elle a publié des romans, des histoires courtes et des poèmes et elle blogue sur la science à « Film Annex » et « ScienceRevolution.org ».
JJBrown a travaillé dans la recherche avant de se tourner vers la fiction. Elle détient un doctorat en génétique issu de son travail avec le prix Nobel Barbara McClintock. Les ouvrages de JJBrown sur la génétique et l’éducation à la santé sont publiés dans de grandes revues dont les travaux sont évalués par les pairs.

Note: Face à la remise en cause de ces projets d’extraction de pétrole et gaz de schiste aux USA, l’industrie pétrolière et gazière met en œuvre une campagne de communication très agressive. Elle s’est même payé le luxe de produire une fausse bande annonce du film GASLAND 2 AVANT même la sortie de la bande annonce officielle du film de Josh Fox ! A lire ici