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(!) Info minute – Revue de Presse

CHEM Trust – qui se définit comme un organisme (britannique) travaillant à empêcher les fracking pollution CHEM Trustproduits chimiques fabriqués par l’homme de causer des dommages à long terme sur la faune ou les êtres humains, en veillant à ce que les produits chimiques qui causent de tels dommages soient remplacés par des alternatives plus sûres publie un rapport sur les risques – publie ce 21 Juin 2015 un rapport intitulé « Pollution de la fracturation hydraulique : Quelle est la toxicité des produits chimiques de la fracturation et quelle incidence peut-elle avoir sur la faune et les personnes au Royaume Uni et dans l’UE ».

Nous précisons que les conclusions et recommandations de CHEM Trust que nous retranscrivons ici CHEM Trustne reflètent pas les positions des collectifs français opposés à la recherche et l’exploitation des pétrole et gaz de schiste et de houille. Les collectifs français restent opposés à toute forme de recherche et d’exploitation des hydrocarbures dits de schiste ou de houille et considèrent comme une nécessité absolue d’orienter les moyens de la recherche et les investissements vers l’efficacité énergétique et le développement des énergies moins polluantes et renouvelables (voir figure en bas de page).

Toutefois, il nous a paru intéressant de relayer cette étude et ses conclusions qui  mettent une nouvelle fois en évidence les risques liés à la recherche et l’exploitation des hydrocarbures extrêmes et le manque criant de réglementation et de moyens pour leur mise en application dans les pays qui s’avèrent pourtant être les plus riches du monde: ceux de l’Union Européenne. Alors que certains se sont positionnés pour la recherche et l’exploitation.

Résumé des recommandations

Après avoir exploré la toxicité des produits chimiques de la fracturation hydraulique et les risques qu’elle pose pour la faune et l’homme CHEM Trust formule les principales recommandations suivantes:

1) La composition de tout les produits chimiques utilisés dans la fracturation doit être divulguée, sans appliquer de réserve liée au secret commercial.
2) Le renforcement de la réglementation de l’Union Européenne sur la fracturation hydraulique est nécessaire, afin d’assurer que l’Étude d’impact environnemental soit rendue obligatoire pour chaque site, que l’’utilisation des produits chimiques soit contrôlée et transparente, qu’une surveillance efficace soit obligatoire, que la gestion des eaux usées soient sans danger, avec l’interdiction absolue de l’élimination des eaux usées par réinjection dans le sol.
3) La réglementation doit protéger l’environnement et les personnes, même lorsque les puits de fracturation ne sont plus utilisés, ceci comprend des obligations financières pour couvrir les coûts de dépollution.
4) Le suivi effectif et efficace est essentiel pour assurer que les contrôles réglementaires soient respectés. Cela signifie que les régulateurs doivent avoir les ressources nécessaires pour mener à bien ces fonctions; ceci constitue une préoccupation particulière quand l’Agence de l’environnement (EA) du le Royaume-Uni connaît de substantielles coupes budgétaires.

Un moratoire en Europe

De plus,

De l’avis de CHEM Trust, un moratoire sur la fracturation hydraulique doit être mis en place au niveau de l’Union Européenne et persister tant qu’il n’y a pas l’assurance que l’ensemble de ses recommandations est en place.

On notera, et c’est particulièrement important, que CHEM Trust a mis l’accent sur les effets toxiques des polluants tout en précisant que leur position n’a pas pris en compte l’examen des effets de la fracturation sur le changement climatique ni son potentiel de causer des tremblements de terre.

Recommandations issues du document d’étude et de positionnement

Concernant la réglementation
• Les recommandations de la Commission européenne sur la fracturation datant de Janvier 2014 nécessitent d’être converties en loi. Sans une législation efficace et juridiquement contraignante et spécifiquement conçue pour faire face à la fracturation hydraulique, dans l’Union Européenne les personnes et la faune ne seront pas correctement protégés.
• Toutes les opérations qui impliqueront le recours à la fracturation, y compris l’exploration, devraient être précédées d’Études d’impact environnemental.
• Il est clair que les puits défectueux représentent un risque majeur de pollution, aussi les normes de qualités et les standards de construction et de sécurité doivent être fortement réglementés et revêtir un caractère obligatoire.
• Les déchets toxiques et radioactifs provenant éventuellement des opérations de fracturation devraient exiger une attention spécifique et leur élimination devrait être abordée spécifiquement dans les règlements de l’UE. Précisément, le stockage souterrain des eaux usées (par exemple par réinjection) devrait être interdit.
• Les sociétés entreprenant les opérations de fracturation devraient avoir à disposer de garanties suffisantes pour couvrir les futures demandes d’indemnisation et payer pour la restauration des sites et la dépollution à la fin de la durée de vie du puits.

Divulgation des produits chimiques utilisés
• La divulgation complète de tous les produits chimiques utilisés est nécessaire et doit inclure les données concernant sur leurs profils de risque, les informations devraient être claires, accessibles au public, ainsi que l’évaluation de tous les effets sanitaires et environnementaux potentiels. Le secret commercial ne doit pas pouvoir être évoqué pour dissimuler l’identité chimique des produits.
• Les fabricants et distributeurs de produits chimiques doivent produire et communiquer les scénarios d’exposition humaine et environnementale des substances utilisées dans la fracturation. Ces scénarios d’exposition devraient être accessibles au public et préciser quelles sont les hypothèses formulées dans leur calcul, par exemple pour ce qui concerne le stockage et le sort réservé aux liquides de reflux.
• En outre, l’analyse des risques chimiques liés à la fracturation hydraulique (y compris les scénarios d’exposition) doivent considérer les impacts de fuites provenant des puits et des tuyauterie, ainsi que lors du stockage et du transport, celles-ci constituant clairement des risques prévisibles.

Suivi
• Sous la supervision d’un régulateur, les opérateurs de puits de fracturation devraient entreprendre une surveillance systématique de la qualité de l’air, de la terre et de l’eau dans le voisinage de leurs sites avant, pendant et après l’opération. Ceci afin d’assurer que ce soit définies les données de base pour identifier toute pollution ultérieure.
• Des inspections détaillées menées par des experts indépendants en matière de géologie et de protection des eaux souterraines devraient avoir lieu pendant la mise en œuvre des activités pour assurer la construction de puits en toute sécurité et l’élimination appropriée de tous les produits chimiques, y compris l’eau contaminée, les boues et autres déchets.
• Des systèmes de surveillance devraient être mis en place afin de détecter l’apparition de problèmes chroniques ou aigus sur la santé des travailleurs, des résidents, du bétail et de la faune.
• Même quand les puits sont épuisés et scellés, ils restent une menace pour la terre et l’eau et doivent être surveillés. Les opérateurs doivent engager des ressources pour veiller à ce que tous les problèmes futurs soient identifiés et puissent être traités.

Les régulateurs
• La réglementation et la surveillance d’un grand nombre de puits de fracturation constituent un défi pour les régulateurs. Aussi devrait-il y avoir le personnel et les ressources nécessaires et suffisantes pour accomplir le travail avec efficacité. Ceci constitue une préoccupation particulière au Royaume-Uni, où le personnel des organismes de réglementation tels que l’évaluation environnementale a été réduit ces dernières années.
• Il est également essentiel que les régulateurs disposent d’une expertise suffisante dans la gamme complète des problèmes relatifs à la fracturation, y compris, par exemple, la sécurité des puits.

Localisation
• La vulnérabilité des eaux souterraines à la pollution par la fracturation devrait être reconnue et aucune opération ne devait être autorisée dans les zones de protection d’eaux souterraines.
• Aucun forage suivi de fracturation ne devrait être autorisé, à proximité ou au-dessous des sites clés concernant de la faune, y compris les sites Natura 2000 (les deux zones spéciales de conservation et dans les Zones de protection spéciale au Royaume-Uni, dans les parcs nationaux ainsi que sur les sites d’intérêt scientifique particulier).
• Les communautés locales devraient être impliquées dans les décisions sur les projets de fracturation les concernant; voir aussi à ce sujet les positions des Amis de la Terre sur la fracturation hydraulique pour plus d’informations à ce sujet et les autres problématiques le concernant.

Approvisionnement en eau
• Les régulateurs doivent interdire la fracturation là où la disponibilité de l’eau est insuffisante pour les opérations de fracturation hydraulique, ou si l’extraction de cette eau a un effet négatif sur la faune ou les personnes.

Télécharger le document en anglais ici

Positionnement collectifs stop petrole gaz de schiste et de houille

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David Cameron a toujours été fasciné par l’essor de l’industrie des hydrocarbures de schiste en Amérique du Nord. L’année dernière, le premier ministre britannique avait affirmé que son gouvernement mettrait tous les moyens pour exploiter le schiste en Grande-Bretagne. Et pourtant, malgré ces déclarations et la levée d’un moratoire sur la fracturation hydraulique en 2012, le pays n’a pas encore commencé de nouveau forage. C’est pourquoi, la décision du Conseil du Comté de Lancashire du 15 Juin 2015 d’autoriser qu’un site test soit foré dans le comté en réjouit certains. Pour les partisans de l’exploitation des hydrocarbures de schiste, cette décision constitue la première « étape majeure vers la révolution énergétique en Grande-Bretagne ». Pourtant, ceux qui espèrent une révolution du schiste à l’américaine feraient mieux de revoir leurs ambitions et faire preuve de réalisme.

Le Royaume-Uni n’est pas l’Amérique, la terre y est peuplée … ou protégée

Une des raisons pour lesquelles la fracturation hydraulique n’a pas été mise en œuvre et a peu de chance d’être développée à grande échelle est liée à la localisation des gisements d’hydrocarbures. Michael Stephenson du l’Institut géologique britannique (British Geological Survey) affirme queUK shales  gaz de schiste Royaume Uni bien que les chiffres exacts ne soient pas connus, on estime à environ 36 milliards de mètre cubes de gaz dans le nord de l’Angleterre, enfouis dans le sous-sol d’une zone située entre Lancaster, Wrexham, Scarborough et Nottingham. En 2011 Cuadrilla, une société d’énergie, après avoir foré dans le Lancashire a spéculé sur le fait que les réserves de gaz de la Grande-Bretagne dépasseraient largement les estimations antérieures. Toutefois, elle a été empêchée d’explorer davantage après que le forage ait causé des microséismes dans la région. C’est ce qui avait conduit au moratoire. Comme l’affirme le journal britannique The Economist, le problème est que la plupart des gisements de gaz se trouvent sous des zones densément peuplées. Dans le nord, le schiste se trouve soit sous les grandes villes soit sous de riches terres agricoles ou alors dans des parcs nationaux particulièrement bien protégés. Et contrairement à ce qu’il se passe aux États-Unis, en Grande-Bretagne les droits pour l’exploitation du pétrole et du gaz appartiennent à la Couronne et non pas à des particuliers qui pourraient être plus faciles à convaincre … à coup de livres sterling.

Forte mobilisation populaire contre l’exploitation des hydrocarbures par le fracking

En Grande Bretagne, il existe une forte mobilisation populaire contre la fracturation hydraulique et des grandes associations comme les Amis de la Terre et Greenpeace, ont été particulièrement virulentes contre la fracturation et les petits groupes citoyens locaux se sont multipliés. En 2013 lesUK STOP FRACKING manifestants ont contribué à l’arrêt du forage exploratoire de Cuadrilla à Balcombe dans le Sussex, au sud-est de l’Angleterre. Dans le Lancashire un groupe d’opposition au gaz de schiste appelé le «Lancashire Nanas» comprend aussi des grands-mères locales particulièrement actives sur le terrain. Et puis peut-être que la principale raison pour laquelle la fracturation hydraulique n’a pas encore connu l’essor annoncé par certains est liée au fait que le gouvernement a été lent à démarrer en dépit de la rhétorique de M. Cameron. En 2014, la Chambre des Lords a publié un rapport mettant en évidence les processus réglementaires complexes qu’impliquerait la mise en œuvre de la fracturation, des processus qui seraient alors supervisés par divers organismes publics. On se souviendra également que de l’aveu même du conseiller scientifique en chef du gouvernement en décembre 2014, les conséquences de la fracturation hydraulique seraient « dramatiques« .  Et puis, en Janvier 2015, sous la pression des travaillistes, le gouvernement a finalement interdit la fracturation hydraulique dans les parcs nationaux et zones naturelles équivalentes.

Malgré les annonces du gouvernement conservateur, le gaz de schiste ne passera pas

Cameron et M. Amber Rudd, le nouveau secrétaire à l’énergie, voudraient à présent avancer et permettre la levée des restrictions. Mais Quentin Fisher de l’Université de Leeds affirme que même avec une nouvelle législation, les progrès seront lents. La plus grande partie des hydrocarbures de Frack-Free-Lancashire-Logoschiste dans des régions telles que le Lancashire restera forcément enfouie dans le sous-sol : Pour M. Stephenson, seulement 1% à 2% sont techniquement en mesure d’être fracturées. Aux États-Unis, d’immenses zones sont remplies de milliers de puits; Les plans actuels de Cuadrilla consistent en quatre puits, mais la société espère avoir jusqu’à 100 sites dans le comté au cours des prochaines décennies. Cette même société qui selon Charles Hendry, alors ministre de l’énergie, avait déclaré en 2014 dans une lettre à la compagnie que l’«échec» avait mis en lumière les « faiblesses dans la performance de Cuadrilla en tant que titulaire [du permis]. Le puits en question souffrait en effet de sérieuses « défaillances de structure ».

Pendant ce temps là, les manifestants sont en train de s’échauffer pour une autre série d’«actions directes». La « révolution du schiste en Grande-Bretagne » risque de prendre encore beaucoup de temps, si toutefois elle devait arriver un jour.

Source : The Economist

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Comme le rapporte Multinationale.org, EDF, l’entreprise publique d’électricité française, exploite discrètement des puits de gaz de schiste aux États-Unis. Aussi invraisemblable que cela puisse paraître, il s’agit là d’un scénario bien réel. Alors qu’elle appartient à un État qui a interdit la fracturation hydraulique sur son propre territoire en raison des risques environnementaux, EDF a décidé d’adopter une politique exactement inverse, en achetant des puits de gaz de schiste en Pennsylvanie et au Texas. Et pas qu’un peu!

EDF et le gaz de schiste : quésaco?

D’après l’article de Multinationale.org qui a mené l’enquête, tout part d’une filiale d’EDF opérant loin des regards du grand public. Il s’agit d’EDF Trading. Celle-ci regroupe les activités de négoce du groupe et emploie environ de millier de personnes, principalement à Londres, où elle a son siège, et aux États-Unis. Comme beaucoup d’autres activités d’EDF hors de France, elle reste mal connue dans notre pays, et le gouvernement français semble ne s’y intéresser que lorsqu’il est temps d’encaisser les dividendes reversés à la maison mère. EDF Trading est chargée de l’achat et de la vente de charbon, de pétrole, de gaz et d’électricité pour le compte du groupe EDF, dont elle est filiale à 100%, ainsi que du négoce des crédits carbone.

Quand EDF se réinvente en pétrolier texan…
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Pour optimiser ses activités de négoce, EDF Trading a été amenée à acquérir des infrastructures de transport et de stockage de charbon, de gaz et d’autres matières premières. Et désormais, elle a choisi d’acquérir et opérer directement ses propres opérations d’extraction de gaz. Pour ce faire, EDF Trading a créé une sous-filiale dédiée, EDF Trading Resources (ou EDFTR), dont le siège social est à Austin au Texas, et qui se présente comme une « compagnie indépendante d’exploration et de production de pétrole et de gaz naturel » ! Elle est dirigée par une petite équipe de cadres issus du milieu pétrolier texan. EDFTR ne possède en fait que deux zones d’opérations, l’une dans l’Est du Texas (environ 500 puits sur 120 kilomètres carrés), l’autre en Pennsylvanie, dans le comté de Greene, qui correspond à la formation de gaz de schiste de Marcellus (sur 80 kilomètres carré).

… et fait de la fracturation hydraulique en Pennsylvanie
edf shale gaz

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Dans son « Rapport développement durable 2014 » [qui a été retiré de son site web depuis la publication de l’article de Multinationale.org], EDF reconnaît recourir à la fracturation hydraulique en Pennsylvanie. « Le premier forage est prévu fin 2014-début 2015. Le projet est en phase de développement (préparation pour le premier forage et acquisition de droits fonciers) », précise le rapport (de manière quelque peu anachronique puisque ce document a été publié début juin 2015). Le site web d’EDF Trading Resources évoque quant à lui 45 puits en Pennsylvanie.

L’Est du Texas est lui aussi une zone d’exploitation de gaz de schiste (formation de Haynesville), mais EDF ne dit pas explicitement dans ce cas si elle y recourt ou non à la fracturation hydraulique. Ces puits ont été achetées à la firme canadienne Encana en 2012. Et d’autres investissements pourraient être sur les rails puisqu’EDF Trading a également signé en 2013 un protocole d’accord avec l’entreprise énergétique indienne GAIL pour rechercher conjointement des concessions de gaz de schiste à acquérir aux États-Unis.

Une activité controversée

EDF assure que ses forages par fracturation hydraulique seront développés « selon les plus hauts standards industriels ». Mais pour ses opérations en Pennsylvanie, il a choisi un partenaire qui n’a rien de rassurant : Alpha Natural Resources, une entreprise spécialisée non dans le gaz de schiste, mais dans le charbon.  Alpha Natural Resources a écopé en 2014 d’une amende record de 227,5 millions de dollars, la plus importante jamais infligée dans le secteur du charbon par l’Agence fédérale de protection de l’environnement (EPA). En cause, le déversement illégal de millions de litres de déchets toxiques dans les cours d’eau de Virginie occidentale. Ce qui n’augure pas forcément bien de l’impact environnemental des forages d’EDF en Pennsylvanie. 

La France, propriétaire d’EDF, a pourtant interdit la fracturation hydraulique en 2011

La France, propriétaire d’EDF, a pourtant interdit la fracturation hydraulique en 2011 et, pour l’instant, le gouvernement tient bon face aux pressions des lobbies industriels qui souhaitent revenir sur cette mesure. À l’époque où il était PDG de l’entreprise, Henri Proglio est même réputé avoir fait pression contre l’exploitation du gaz de schiste en Europe, au contraire de la plupart de ses homologues des grands groupes énergétiques du continent, apparemment parce qu’il en craignait la concurrence vis-à-vis du nucléaire. EDF est aussi ostensiblement absente du « Centre hydrocarbures non conventionnels », le lobby récemment créé par les grands groupes du CAC40 pour promouvoir la cause des gaz et pétroles de schiste en France. Suite et plus d’information sur multinationale.org.

Ne pas confondre EDF Electricité de France avec EDF Environmental Defense Fund société qui n’est pas non plus opposée à l’exploitation du gaz de schiste.

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Cinq ans après s’être lancée dans une étude ambitieuse sur l’impact de la fracturation hydraulique sur l’environnement, l’Agence fédérale américaine de protection de l’environnement (EPA) a considérablement réduit la portée et l’importance de ses recherches. Quelle en est la raison? L’immixtion de l’industrie pétrolière et gazière dans ce processus.

Tentative de conduire une étude scientifique faisant référence

Dans plus de 3000 pages de documents que l’ONG Greenpeace a pu obtenir suite à une requête d’accès aux dossiers, il est possible de constater que le travail des responsables de l’EPA est constamment annoté, édité et révisé par des responsables de l’industrie des combustibles fossiles. Mais pourquoi l’industrie est-elle impliquée à ce point? Parce que dans son approche initiale, l’étude de l’Agence nécessitait le soutien de l’industrie.

L’Agence de protection de l’environnement voulait identifier quels étaient les risques –s’il en existait- que fait porter la fracturation hydraulique sur l’eau potable auxetude gaz de schiste fracking et impact sur eau États-Unis. En 2011, l’administrateur adjoint du Bureau de la recherche et du développement de l’EPA déclarait : «Il s’agit de recourir aux meilleurs moyens possibles offerts par la science pour faire ce que le peuple américain attend de l’EPA à savoir – veiller à ce que la santé des communautés et des familles soit protégée » Pour ce faire, le plan de l’EPA comprenait l’utilisation de modèles théoriques, des enquêtes sur les contaminations signalées dans cinq États et l’évaluation des niveaux de pollution, avant et après la fracturation hydraulique sur deux sites distincts.

Exigences et obstruction de l’industrie du fracking

Cependant, pour atteindre l’ensemble de ces objectifs, il était nécessaire que l’EPA obtienne l’accord de sociétés comme Chesapeake Energy (CHK) et Range Resources pour leur coopération. De leur côté, CHK et Range, ont exploité cette dépendance de l’EPA à leur endroit en obtenant progressivement plusieurs concessions de l’Agence fédérale. Il s’agissait notamment d’établir des accords de confidentialité, d’obtenir des copies des photos et des vidéos prises par l’EPA lors de la visite des sites, d’avoir un double des échantillons prélevés sur leurs sites (afin de mener leurs propres études), et d’être prévenues à l’avance de toutes les visites sur les sites par les équipes de recherche. Et la liste continue.

Lorsque Range et CHK ont fini par recevoir les visites de contrôle des experts et bureaux d’étude mandatés par l’EPA, la portée initiale de l’étude avait été considérablement révisée… à la baisse. Comme le media Desmoblog l’explique, les documents démontrent que les responsables des sociétés pétrolières imposaient de telles exigences que le travail prévu par l’EPA devenait impossible à mettre en œuvre et qu’en fin de compte, cela a conduit l’Agence à abandonner un objectif clé de la recherche, à savoir la mesure des niveaux de pollution avant et après la fracturation hydraulique sur deux nouveaux sites de forage.

CHK n’a pas facilité les choses quand elle a choisi de forer sur un site du Shale d’Haynesville … avant que l’EPA ne puisse effectivement prélever ses échantillons de référence. Pour Geoffrey Thyne, géochimiste et membre du groupe des experts scientifiques indépendants qui ont examiné le projet de plan de l’étude, « en termes de données réelles, nous ne pourrons en savoir plus que ce que nous avions fait il y a cinq ans ». Ce qui devait devenir l’instrument de référence a été anéanti par un long processus bureaucratique de développement d’un protocole de recherche qui ne produira aucun résultat significatif.

Les fonctionnaires et scientifiques ne veulent pas cautionner

Comme le rapporte le site insideclimatenews, les recherches universitaires ont déjà répondu à plusieurs des questions que l’EPA s’était initialement posées. En 2013, des études de l’Université Duke et de l’Université du Texas à Arlington ont montré que les fracking fracturation hydraulique eaupuits d’eau potable situés à proximité des sites de fracturation présentaient des niveaux significatifs de contamination par des produits chimiques comme le méthane et l’arsenic, ainsi que d’autres métaux lourds. Ce même média indique également qu’à en juger par les paroles de fonctionnaires fédéraux et les fuites de documents eux-mêmes, sur le plan réglementaire personne n’est satisfait du rapport de l’EPA. : « Plus d’une demi-douzaine d’anciens hauts responsables de l’EPA, ainsi que des membres de l’administration et du Congrès ont fait écho à l’opinion émise par M. Thyne, tout comme l’ont fait des scientifiques et les écologistes. Presque tous les anciens fonctionnaires ont demandé à ne pas être cités à cause des transactions en cours entre le gouvernement et l’industrie ».

Alors que de nombreux média ont rapidement simplifié un communiqué de presse de l’EPA qui indiquait que « la fracturation hydraulique n’a pas d’impact « général » sur l’eau » en concluant en l’ « absence de risque du fracking sur l’environnement », il convient de se rappeler pourquoi l’EPA ne peut conclure en l’innocuité de la fracturation hydraulique sur la ressource en eau.

 

Source en anglais : Planetexpert

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Le boom du pétrole de schiste qui a transformé les États-Unis en plus grand exportateur de carburant au monde et fait baisser le prix de l’essence à la pompe est en passe de s’enrayer tandis que l’OPEP maintient sa production.

Selon les estimations de l’agence américaine de l’énergie, ce mois-ci, la production de brut à partir des principaux gisements de schiste tels que le Bakken du Dakota du Nord et le schiste d’Eagle Ford au Texas devrait connaître une contraction de 1,3% pour atteindre 5,58 millions de barils par jour. En Juicontraction de la production de petrole de schiste aux USAllet elle chutera encore pour atteindre 5,49 millions de barils par jour, le niveau le plus bas depuis Janvier. Avec la décision de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) de maintenir son niveau de production de pétrole, la production issue des schistes aux États-Unis est sous la pression face à la nécessité de rééquilibrer une surabondance de l’offre mondiale. EOG Resources Inc., le plus grand producteur de pétrole de schiste du pays, le gestionnaire de fonds spéculatifs Andrew J. Hall et les banques, y compris Standard Chartered Plc ont prévu des baisses de production aux États-Unis suite à la chute des prix du brut de l’année dernière. En mars dernier, le pays en était à son plus haut niveau de production depuis quatre décennies. Selon James Williams, président de la société de conseil en énergie WTRG Economics, « La production va baisser parce-que les forages connaissent une baisse de 57% cette année. Jusqu’à présent cette tendance a été contrée par le fait que nous ayons recours à des équipements de forage particulièrement efficaces dans des zones ou les rendements sont les plus élevés. Donc, cela a retardé le déclin. « 

Une baisse du nombre de forages

D’après les données de l’Agence américaine de l’énergie, malgré la baisse du nombre de puits de pétrole depuis 26 semaines consécutives, au mois de Mars la production intérieure américaine de pétrole brut a bondi de 126 000 barils par jour, ou 1,3%, à 9,53 millions, le plus haut niveau depuis 1972. « Nous ne croyons pas à un changement de tendance dans la production de pétrole des États-Unis. À notre avis,shale fail l’approvisionnement en pétrole des États-Unis est toujours en baisse, et cette tendance à la baisse est susceptible de se poursuivre tout à long de l’année« . C’est ce qu’affirme Nicholas Swowdon analyste à la banque Standard Chartered dans une note de recherche du 1er Juin. Toujours selon la banque, « la production de pétrole de schiste va diminuer de 105 000 barils par jour en Juillet après avoir chuté de 86.000 barils p/j en Juin « . De son côté Bill Thomas, directeur d’EOG Resources, a déclaré lors d’une conférence le mois dernier que la production américaine devrait poursuivre sa chute jusqu’à la fin de l’année. Les prévisions de l’Agence américaine de l’énergie pour la production de pétrole des États-Unis couvrent le rendement des grands gisements qui mis ensemble représentaient 95% de la croissance de la production nationale de 2011 à 2013.

Eagle Ford et Bakken en baisse

Toujours selon les prévisions de l’Agence américaine de l’énergie, la production du bassin d’Eagle Ford au Texas, le deuxième plus grand champ de pétrole des États-Unis, devrait se contracter de 49 000 barils par jour en Juillet pour atteindre 1,59 millions. La production du bassin de schiste de Bakken dans le Dakota du Nord, elle, va décroitre de 29.000 barils/jour pour atteindre 1,24 millions. Quant au renThese seven regions accounted for 95% of domestic oil production growth and all domestic natural gas production growth during 2011-13.dement du bassin permien de l’ouest du Texas et du Nouveau Mexique, le plus grand champ de pétrole des États-Unis, il devrait augmenter de 3 000 barils par jour pour atteindre 2,06 millions. Ces prévisions de l’Agence américaine pour la production d’huile sont basées sur le nombre d’appareils de forage opérationnels dans chaque gisement et les estimations sur la façon dont ils sont productifs. Alors que les foreurs américains sont en train de se replier, l’OPEP, qui représente plus d’un tiers de la production pétrolière mondiale, continue de résister aux appels à freiner sa propre production. Ce groupe de 12 pays a en effet décidé la semaine dernière de maintenir son rang avec un objectif quotidien de production de 30 millions de barils de brut. Et selon les données compilées par Bloomberg, la production effective combinée des pays de l’OPEP a dépassé ce niveau pour chacun des 12 derniers mois,

Une victoire à la Pyrrhus

L’Agence américaine de l’énergie (EIA) prévoit qu’en Juillet la production des gisements de schiste baisse de 93 000 barils par jour, la plus forte baisse depuis que le boom a commencé. Cette baisse brutale valide la stratégie des membres de l’OPEP qui chute prix baril petroleont décidé de conserver leur part de marché et laisser chuter les prix pour forcer les autres à réduire leur production. C’est ce que pense Bill O’Grady, du cabinet Confluence Investment Management. Toutefois, pour certains membres de l’OPEP comme le Venezuela, dont les budgets sont gravement impactés par des prix du pétrole qui ont pratiquement été divisés par 2 depuis l’été dernier, ça peut représenter une victoire à la Pyrrhus . Pour eux, la baisse de production des États-Unis pourrait ne pas être suffisamment rapide pour entrainer une augmentation des revenus issus du brut.

Source : Bloomberg

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Aujourd’hui, le Parlement Européen examinait le rapport sur la stratégie européenne pour la sécurité énergétique de la commission de l’industrie,(à consulter ici) de la recherche et de l’énergie et le soumettait au vote de l’Assemblée. Un amendement qui avait été déposé pour demander un moratoire sur la fracturation hydraulique dans les pays de l’Union a été adopté.

Les parlementaires adoptent l’amendement contre le fracking

Contre toute attente, l’amendement est passé avec 338 votes « pour », 319 « ceu amend stop frackingontre » et 42 absentions. Avec ce vote, c’est la première fois qu’une majorité du Parlement européen soutient un moratoire sur la fracturation hydraulique lequel « invite instamment les États membres à ne pas autoriser de nouvelles activités s’accompagnant de l’exploration ou de l’extraction de combustibles non conventionnels sur le territoire de l’Union européenne tant que leur innocuité pour l’environnement, les citoyens et les travaux n’est pas prouvée ».

… mais rejette l’adoption du rapport

Toutefois lors de cette séance, l’ensemble du texte et du rapport a été finalement rejeté (315 « contre » et 277 « pour » voir le détail ici) probablement en raison du vote sur l’ amendement lequel était sans doute inacceptable pour une grande partie des députés favorables au rapport. Ils auront alors préféré rejeter le rapport dans son entièreté que de voir cet amendement repris dans le rapport.

La suite

Le texte de ce rapport devrait être normalement renvoyé à la commission du Parlement Européen où il avait été initialement discuté pour ensuite être présenté à nouveau au vote en commission et en assemblée plénière.logo-ffe-30mm
On notera que ce texte du Parlement Européen n’a pas de conséquence juridiquement contraignante. Ce n’est qu’une résolution proposée par le Parlement que la Commission n’est pas obligée de suivre ou de considérer. Toutefois, il permet de constater quel est le rapport de force au sein du Parlement. Symboliquement un vote favorable à un moratoire sur la fracturation est déjà une avancée, même si elle reste minime. Pour une fois, alors que le lobby pro-gaz de schiste exerce de très grosses pressions (lire ici), cette décision parlementaire est le reflet de l’expression populaire.

Dans le cadre de la consultation publique organisée par la Commission européenne en 2013, 64% des participants estimaient que le gaz de schiste ne devait absolument pas être développé en Europe.

Et TAFTA dans tout ça ?

Un accord commercial majeur est en cours de négociation entre l’Union européenne et les États-Unis et menace les pouvoirs dont disposent les gouvernements pour protéger les populations et l’environnement des nouvelles technologies à risque telles que laSTOP TAFTA- fracturation hydraulique (fracking en anglais) (lire ici). Malgré les mobilisations contre cet accord, la commission poursuit les négociations. Pourtant, surprise également aujourd’hui au Parlement Européen. Alors que les députés européens devaient prendre position mercredi 10 juin sur le TAFTA , à la surprise générale, le vote a été reporté par le président Martin Schulz. Ce retournement traduit les divisions des députés devant le manque de transparence et la complexité des négociations. Députés qui ne peuvent lire le traité que… sous surveillance ! (lire les explications sur Reporterre).

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En 2010, le Congrès américain avait demandé à l’Agence Fédérale pour la Protection de l’Environnement (EPA) d’étudier l’impact de la fracturation hydraulique sur l’eau potable. Ce rapport d’évaluation très attendu aux États-Unis a été publié le 4 juin 2015. Il examine l’incidence sur l’eau de la fracturation hydraulique, technique que nécessite l’exploitation des pétrole et gaz de schiste . Le rapport réfute la conclusion d’une précédente étude effectuée en 2004 par la même agence gouvernementale qui concluait à l’absence de menace du fracking sur l’eau potable. A l’époque, cette conclusion avait  permis de dispenser la fracturation hydraulique de répondre aux obligations de la Loi sur la protection de l’eau potable (Safe Drinking Water Act).

L’administration confirme que le « fracking » n’est pas exempt de risque

Tout d’abord le rapport indique que la fracturation hydraulique mise en œuvre pour l’exploitation de l’huile et du gaz de schiste n’a pas conduit à « des impacts systémiques répandus sur la ressource en eau potable aux États-Unis ». Et c’est heureux. Si les opérations de fracking qui ont envahi de nombreuses régions des États-Unis depuis les dix dernières années avaient conduit à « des impacts systémiques répandus sur la ressource en eau potable » ça se saurait. D’ailleurs, on notera que personne n’a jamais prétendu que la fracturation hydraulique produisait « des impacts systémiques répandus sur la ressource en eau potable ». Le rapport confirme aussi que la fracturation pourrait contaminer l’eau potable dans « certaines conditions », comme lorsque les fluides utilisés dans le processus fuient dans la nappe phréatique. Il confirme également des cas de contamination de l’eau. Ça on le savait (lire ici et ).

L'utilisation de l'eau dans le processus de fracturation hydraulique gaz de schiste

Un examen des 5 étapes du cycle de l’eau dans la fracturation hydraulique

Cette étude a examiné l’utilisation de l’eau à travers cinq étapes du processus : l’approvisionnement en eau pour la fracturation hydraulique; le mélange de l’eau avec les produits chimiques pour créer fluide de fracturation; le reflux du fluide après son injection sous haute pression dans le sous-sol pour fracturer la roche et libérer le pétrole ou le gaz; le traitement des sous-produits des liquides de reflux de fracturation; et les puits d’injection fréquemment utilisés pour se débarrasser des fluides de fracturation hydraulique lorsque le processus est terminé.
Se faisant, le rapport a identifié plusieurs voies par lesquelles le risque de contamination de l’eau existe, y compris les déversements, les défauts de construction et d’étanchéité de puits, les problèmes de retraitement et la mauvaise élimination des eaux usées. Très ciblé sur la question de l’eau, le rapport n’évoque pas l’impact sur la qualité de l’air, les abondantes fuites de méthane générées par l’exploitation, le stockage et le  transport du gaz, l’empreinte au sol gigantesque de l’exploitation des hydrocarbures, ni la fragilité du modèle économique pour une activité outrageusement subventionnée.

► Concernant l’impact des prélèvements d’eau,

5.7 millions de litres d’eau sont nécessaires pour chaque puits en moyenne. Cette estimation fournie par le rapport représente probablement les besoins pour la fracturation d’une grande variété de types de puits, y compris des puits verticaux qui utilisent généralement beaucoup moins d’eau par puits que les puits horizontaux généralement mis en œuvre dans le cas de l’exploitation des pétroles et gaz de schiste. Ainsi, les estimations publiées pour les puits de gaz de schiste horizontaux sont généralement plus élevées (environ 15 millions de litres (Vengosh et al., 2014)). Il existe aussi de grandes variations dans les volumes d’eau utilisés par puits selon les États et les bassins. De plus de 19 millions de litres dans l’Arkansas, la Louisiane et la Virginie occidentale à moins 3,8 millions de litres en Californie, au Nouveau-Mexique et dans l’Utah. Cette variation résulte de plusieurs facteurs, y compris la durée d’exploitation du puits, la formation géologique et la formulation du fluide de fracturation. La question de l’impact des prélèvements de l’eau pour les opération d’exploitation des hydrocarbures non conventionnels sur la quantité et la qualité de l’eau potable est extrêmement variable selon les localités où est pratiquée la fracturation hydraulique. Il en est de même pour ce qui concerne les conflits d’usage avérés ou potentiels.

► Concernant les incidents liés à la manipulation des produits chimiques utilisés,

Rappelons que les fluides de fracturation hydrauliques sont conçus pour exécuter des fonctions spécifiques telles que: créer et élargir les fractures, le transports de l’agent de soutènement (sable ou micro-billes) pour le placer dans les fissures crées par la fracturation. Le fluide est généralement constitué de trois parties: (1) le fluide de base, qui est le plus grand constituant en volume: C’est de l’eau; (2) des additifs généralement un mélange d’une grande variété de produits chimiques; et (3) l’agent de soutènement. Les additifs sont choisis pour servir un but précis (par exemple, ajuster le pH, augmenter la viscosité, limiter la croissance bactérienne). Les produits chimiques représentent généralement un faible pourcentage (2% à 5%) du volume de fluide injecté dans son ensemble. Mais ramené aux 5 millions de litres de liquides injectés par puits, des milliers de litres de produits chimiques peuvent être potentiellement stockées sur place et utilisés au cours des activités de fracturation hydraulique.

L’EPA a examiné les risques liés au stockage et à la manipulation de ces produits sur les sites d’opération de fracking. Elle note que la fréquence des déversements accidentels de produits chimique varie d’une région à l’autre et a pu se produire dans certains cas sur  1% des sites d’exploitation alors que dans d’autres cas jusqu’à à 12% des sites ont été concernés. Ces estimations comprennent les déversements de fluides de  fracturation hydraulique et de produits chimiques tels qu’ils ont été signalés par les opérateurs et enregistrés officiellement par l’administration publique. L’EPA admet toutefois ignorer si ses chiffres sont représentatifs et extrapolables. Les causes de déversements incluent la défaillance d’équipement, l’erreur humaine, la défaillance de l’intégrité du contenant, ainsi que d’autres causes telles de la météo et vandalisme. La cause la plus fréquemment signalée étant la défaillance du matériel.

► Concernant les volumes et la nature des produits chimiques utilisés dans la fracturation hydraulique,

Les estimations tirées de la base de données de l’EPA développés à partir FracFocus (voir plus bas) suggèrent que le volume moyen des produits chimiques injectés par puits est de 2500 litres par produit chimique. L’EPA supposant qu’en moyenne 14 produits chimiques sont utilisés par puits, elle estime que 34 000 litres de produits chimiques sont injectés par puits. Elle estime que les volumes peuvent varier de 9800 litres à 69 000 litres de produits chimique par puits. Quant à la nature des produits, l’EPA indique simplement que les propriétés physico-chimiques estimées ont été obtenues pour 453 produits chimiques du total des 1076 substances chimiques déclarées dans les fluides de fracturation hydraulique. Sachant que les industriels ne sont pas tenus de déclarer la composition des mélanges effectués pour la fracturation hydraulique, il est évident que l’administration fédérale se retrouve dans l’impossibilité d’étudier les impacts de ces cocktails chimiques notamment lorsque ceux-ci ont connu de très fortes pressions et hautes températures et qu’ils remontent à la surface en même temps de d’autres molécules. L’eau de reflux suite à l’opération de fracturation peut en effet contenir des métaux (comme le baryum, le cadmium, le chrome, le plomb, le mercure) ainsi que des composés organiques tels que le benzène.

► Concernant l’impact potentiel des produits chimiques sur la santé humaine,

Après avoir indiqué que les produits utilisés ont des effets reconnus sur la santé (cancers, effets sur le système immunitaire, changements dans le poids, modification de la chimie du sanguine, cardiotoxicité, neurotoxicité, toxicité hépatique et rénale, toxicité reproductive et développementale), le rapport botte en touche en indiquant que « comme la plupart des produits chimiques sont utilisés fréquemment sur une base nationale (comprendre au niveau d’un état), l’exposition potentielle est susceptible d’être un problème local ou régional, plutôt qu’un problème national. En conséquence, l’examen des dangers et des risques associés à ces additifs chimiques serait plus utile sur une base spécifique au site et est au-delà de la portée de cette évaluation ». Et pourtant des études confirment ces risques comme le rapporte par exemple cette étude menée par une équipe de recherche de l’Université de Yale.

► Concernant l’impact des fuites sur les aquifères,

Le rapport dit qu’ « aucun des déversements de fluide de fracturation hydraulique n’a atteint les eaux souterraines. Cela pourrait être dû à une absence d’impact;  Cependant, l’infiltration dans le sol et le lessivage dans les eaux souterraines des fluides déversés peut prendre plusieurs années. Ainsi, poursuit l’EPA, il peut ne pas être immédiatement évident qu’un déversement a atteint les eaux souterraines ou non ». Or c’est bien ce risque que les opposants à l’exploitation des gaz et pétrole de schiste mettent en évidence: Le risque à moyen ou long terme de contamination de l’environnement, qu’il s’agisse de l’eau ou de l’air ainsi que de son impact sur la santé. Ce qui peut prendre des années. Et apparaître bien après que les opérations d’extractions d’hydrocarbures auront pris fin. Et alors que les industriels auront plié bagages.

Les données utilisées sont celles fournies par les industriels sur une base volontaire

D’où proviennent les données? Et quelle est leur validité ? Dans le résumé de l’étude, l’EPA indique que les données utilisées dans l’évaluation des puits proviennent de « FracFocus », un site Internet accessible au public alimenté par les informations fournies par les opérateurs de puits de production de pétrole et de gaz. Les informations y sont communiquées par les industriels sur une base volontaire ou en fonction des exigences de certains États relatives aux produits utilisés dans les fluides de fracturation hydraulique. Il ne s’agit donc aucunement d’une étude prospective menée par l’État dans laquelle les opérateurs auraient l’obligation de fournir une information systématique. Alors que c’était ce qui avait été initialement envisagé par l’EPA, ces derniers s’y sont refusé. Cela confirme et montre la crainte qu’ont les industriels concernant la surveillance attentive de leurs opérations mais aussi l’influence qu’ils exercent sur les autorités politiques et celles en charge de la définition et de l’application de la réglementation. Comme nous l’évoquions ici, la réglementation fédérale sur les pratiques des industriels reste en effet très timide.

En France, on ne manquera pas de constater dans les jours à venir l’empressement du lobby organisé en faveur de l’exploitation des pétroles et gaz de schiste à claironner que la fracturation hydraulique n’a pas d’impact sur la ressources en eau potable et que les bonnes pratiques de cimentation permettent de conduire une exploitation des hydrocarbures non conventionnels en toute sécurité. Ces bonnes pratiques ont un coût et restent parfois très théoriques. L’expérience américaine le prouve. Et ce n’est pas un chantier vitrine que réclament les industriels pour convaincre l’opinion publique qui permettra de changer la réalité des choses. Nos ingénieurs et géologues des pétroles le savent.  

(!) Info minute – Revue de Presse

C’est le media suisse arcinfo.ch qui rapporte cette information, la société Celtique Energie Neuchâtel SA fondée en 2010, a été liquidée fin mai. Elle voulait forer au Val-de-Travers pour y trouver du gaz. Un projet avorté suite à un moratoire de 10 ans voté par le Grand Conseil en mai 2014. Une vérification en France confirme que Celtique ferme également sa société Celtique Jura. En revanche au 3 Juin 2015, la société Celtique Rhône-Alpes ex-titulaire du permis des Moussières existe toujours.

Celtique au Val-de-Travers, c’est vraiment fini: la société fondée à Neuchâtel il y a cinq ans a été dissoute et liquidée à fin mai par décision de son assemblée générale, selon le registre suisse du commerce. Le site internet qui détaillait le projet de forage à Noiraigue a par ailleurs été désactivé tout comme celui qui faisait la promotion du projet des Moussières en France.

Pas de renouvellement du permis des Moussières mais des activités et projets en Aquitaine

Les projets de Celtique sont compromis de l’autre côté de la frontière suisse dans le Jura et le Haut-Bugey (Ain) où la demande de renouvellement du permis des Moussières a été rejetée par l’État après trois ans de lutte citoyenne (voir info ici).

celtique Jura ferme stop gaz de schiste

Celtique Jura est liquidée. Au 3 Juin 2015, Celtique Rhône-Alpes ex-titulaire du permis des Moussières existe toujours.

Toutefois, dans la partie occidentale de la France, la société est titulaire d’un permis de recherche d’hydrocarbures (le permis de Claraq) sur lequel un premier forage a été autorisé et effectué en 2014 dans le Béarn sur la Commune de Fichous-Riumayou. Elle a part ailleurs fait une demande pour un autre permis celui de Séméacq (voir page 6 de ce bulletin et lire aussi).

Moratoire de dix ans dans le canton de Neuchatel

En Suisse, Celtique Energie, groupe d’origine britannique, avait fait part à l’été 2013 de sa volonté d’effectuer un forage exploratoire à Noiraigue. Il estimait que le sous-sol du collectif val de travers manif saint claudeVal-de-Travers contient une quantité de gaz gigantesque, représentant sept ans de consommation en Suisse. Les représentants de Celtique en Suisse avaient effectué un gros travail de lobbying pour convaincre le monde politique de l’intérêt de son projet, faisant miroiter des retombées économiques importante pour le Vallon. Un collectif citoyen du Val-de-Travers , inquiet pour l’approvisionnement en eau de tout le canton, avait lancé une pétition et récolté rapidement plus de 10’000 signatures. Le groupe britannique était en fait soupçonné de recherche de gaz de schiste, pour laquelle des forages par fracturation hydraulique (fracking) sont nécessaires. Le Grand Conseil avait alors voté, en mai 2014, un moratoire de dix ans sur les forages d’hydrocarbures.