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(!) Info minute – Revue de Presse

Adaptation d’après une tribune de Scott Novak parue le 14 Juillet dans huffingtonpost.com

Le gaz de schiste extrait par fracturation hydraulique – un procédé requérant la mise en œuvre de multiples forages- serait censé être bon pour l’environnement. C’est ce que nous rabâche l’industrie du « gaz naturel », relayée par un nuée de spéculateurs et quelques politiciens vassaux (dont les campagnes électorales de certains dépendent du généreux financement de l’industrie fossile).

Le mythe du gaz propre

Aux États-Unis, le président Obama et une grande partie de la classe politique ont approuvé la production de gaz naturel par la technique du fracking (fracturation hydraulique) comme une « solution de transition», un «pont vers un avenir durable».

Le fracking n’est pas ce « pont vers un avenir durable » que les politiciens et les sociétés d’énergie prétendent qu’il est.

Ce gaz serait selon eux un carburant qui va aider l’Amérique à opérer une «transition vers une économie verte». Pourquoi cela ? Parce que le gaz naturel émet deux fois moins de dioxyde de carbone (CO2) que le charbon. Et pourtant il est important que le public comprenne que cette notion de « carburant de transition » est fausse, nuisible à la santé et l’environnement et de courte vue. C’est un mensonge relayé à coup (coût) de millions de dollars et précisément à la veille de la conférence mondiale sur le climat, la « COP21 » qui se tiendra à Paris en décembre 2015.

Le gaz non conventionnel fort émetteur de gaz à effet de serre

La notion selon laquelle le gaz naturel serait un carburant plus propre que le charbon ou le pétrole est basée sur la mesure des émissions de gaz extraits par les méthodes conventionnelles, et non celui extrait par les techniques de stimulation comme la fracturation hydraulique. En 2011, une étude de l’Université Cornell constatait que les émissions de méthane provenant de l’exploitation des gaz par fracturation « sont au moins 30% supérieures voire deux fois plus importantes que celles du gaz classique, » et ceci parce que le méthane est libéré à chaque étape du processus de fracturation. Et malheureusement, ce méthane réchauffe 34 fois plus que le dioxyde de carbone. Ceci signifie que le gaz exploité par fracturation a un effet de serre supérieur à celui du pétrole et peut avoir un impact équivalent à celui du charbon sur le long terme. En termes d’effet de serre à court termes, il est même bien pire que le charbon.

Même en améliorant les techniques d’exploitation, l’impact sur le climat est dévastateur

Même si l’injection dans le sol de produits chimiques hautement toxiques requise pour la fracturation pouvait être accomplie sans contaminer les réserves d’eaux souterraines locales, et même si les déchets très toxiques produits par le processus de fracturation pouvaient être éliminés en toute sécurité – deux scénarios qui restent actuellement hautement improbables et notamment par les coûts qu’ils représenteraient- la pollution par le méthane (et le carbone) générée par les émissions du gaz produit par la fracturation persisteront. C’est pour cette raison que le gaz non conventionnel (gaz de schiste, gaz compact (tight gas), gaz de houille etc.) ne doit pas être considéré comme un « combustible propre ». Son utilisation contribuerait à mettre en péril l’objectif d’une limite de réchauffement planétaire de 2 degrés Celsius – limite au-delà de laquelle les scientifiques prédisent des sécheresses extrêmes, l’élévation du niveau des mers, et des extinctions de masse – phénomènes dévastateurs dont l’humanité s’approche à grands pas.

Les compagnies pétrolières n’ont aucune envie de freiner les investissements dans les ressources fossiles, bien au contraire !

Non seulement le gaz de schiste n’est pas plus propre que les autres combustibles, mais il n’a jamais été prévu comme « carburant de transition » en premier lieu. Il suffit de regarder les plans des compagnies pétrogazières pour s’en convaincre. Des sociétés comme Chevron et Shell, toutes deux engagées dans d’importantes opérations d’exploitation d’hydrocarbures par fracturation, prévoient d’investir des milliards dans de nouveaux projets de combustibles fossiles au cours des dix prochaines années. Or il ne peut y avoir retour sur de tels investissements à moins que ces sociétés ne soient autorisées à poursuivre l’exploitation de la planète pour des décennies encore. Le gigantesque investissement de 54 Milliards de dollars US de Chevron dans la construction d’infrastructures de liquéfaction et d’exportation de gaz, et les 12 Milliards investis par Shell pour construire un gigantesque méthanier (une usine flottante de liquéfaction de gaz, l’engin le plus gros jamais mis sur les océans par l’homme), tous deux situés en Australie, ne sont que deux des nombreux exemples illustrant cette course effrénée au profit par l’exploitation des hydrocarbures. Pourquoi ces compagnies feraient de tels investissements si leur objectif était de passer dans le court terme à des sources d’énergie renouvelable? Mais tout simplement parce qu’elles n’en n’ont pas du tout l’intention !

Le gaz vendu comme « carburant de transition » est un déni de réalité

Enfin, affirmer que l’exploitation de gaz de schiste est un « pont vers une économie plus verte » pose avant tout la question de savoir pourquoi un tel « pont » est nécessaire. Pourquoi repousser ? Pourquoi, comme certains pays le font déjà, ne pas tout simplement investir directement avec l’objectif 100% énergies propres? Pourquoi ne pas massivement investir dans ces énergies qui ne présentent pas de risque de pollution ou de contamination des eaux souterraines? Les technologies et les plans pour que cela fonctionne sont déjà disponibles. Des pays tels que le Danemark et l’Allemagne parviennent maintenant à couvrir plus d’un quart de leurs besoins énergétiques en ayant recours aux énergies renouvelables, et pour 2050, chaque pays dispose de plans pour éliminer sa dépendance aux combustibles fossiles.

En France, le patron de TOTAL sort les muscles et concernant des permis de recherche d’hydrocarbures déclare tout en finesse aux parlementaires : « Oui, en France on ne veut pas m’accorder des permis en Guyane. J’espère qu’on ne va pas les donner à un autre. Là, je m’énerverais »

Lire aussi: Pourquoi le gaz de schiste n’est pas une énergie de transition

(!) Info minute – Revue de Presse

Les personnes vivant à proximité des sites de fracturation pourraient être affectées par des problèmes de santé ainsi que des difficultés financières tandis que –sans véritable surprise- le gaz de schiste ne peut contribuer à limiter le changement climatique. C’est ce qu’indique un rapport finalement révélé par le gouvernement britannique. Un rapport que les autorités avaient tenté de dissimuler. Ou plus précisément un rapport qui avait été publié partiellement, puisque les parties les plus sensibles en avaient été expurgées.

Un rapport caché

Le rapport – qui avait été initialement fortement expurgé mais qui a maintenant été entièrement publié après que la commissaire à l’information ait ordonné au gouvernement de le faire – comprend des passages marquants -lesquels avaient été précédemment dissimulés- sur les risques de vivre près de sites où son exploité les hydrocarbures par fracturation hydraulique:

« Les propriétés situées dans un rayon de 8 km (5 miles) du site de forage peuvent également faire l’objet d’un surcoût d’assurance afin de couvrir les pertes en cas d’explosion sur le site. »

« Une telle situation auraient sans aucun doute des impacts sociaux » peut-on noter dans le rapport. D’autres impacts sanitaires et financiers affectant les communautés rurales locales sont détaillés dans le rapport – et sont finalement rendus publics. Depuis l’été dernier, l’association Greenpeace UK demandait au département en charge de l’environnement, de la nourriture et des affaires rurales (DEFRA -Department for Environment, Food & Rural Affairs au department) de lui communiquer les informations manquantes. Ses requêtes étant restées sans réponse, l’ONG a finalement obtenu gain de cause à travers le Commissariat à l’information (l’équivalent de la Commission d’accès aux documents administratifs CADA en France) lequel a enjoint le gouvernement britannique de rendre publique la totalité du rapport. En voici les points saillants :

Santé : l’eau, le bruit, la lumière et la pollution de l’air

Les populations pourraient subir les conséquences de la contamination des eaux de surface par les opérations de fracturation hydraulique – le rapport ne relève pas la contamination directe de l’eau potable, mais cette contamination « peut affecter la santé humaine forage gaz de schisteindirectement par la consommation de la faune contaminée, du bétail, ou des produits agricoles ». Le rapport reconnaît également que les pollutions sonores et lumineuses à partir des plates-formes peuvent également induire des problèmes tels « certains résidents peuvent être éprouvés par les bruits assourdissants et la pollution lumineuse qui peut perturber les habitudes de sommeil ». Le rapport ajoute qu’ « au-delà des odeurs nocives qui peuvent être ressenties, le processus de ventilation des gaz peut également avoir un impact sur la qualité de l’air pour les résidents locaux ».

La circulation des camions à destination et au départ des sites – qui peut correspondre à une moyenne de 14 à 51 voyages par jour sur une période de plusieurs semaines – peut également avoir un impact par la pollution de l’air et la pollution sonore que génèrent ses mouvements.

Les divers troubles pouvant affecter la santé des populations peuvent également générer un engorgement des services de santé qui devraient par ailleurs faire face à une demande supplémentaire venant des ouvriers impliqués dans les travaux de forage, de fracturation et de mise en service des sites de production d’hydrocarbure.

Le rapport indique qu’il est difficile de savoir si le financement supplémentaire versé aux communautés locales permettra de couvrir à terme les coûts supplémentaires liés au fonctionnement des nouvelles écoles et nouveaux centre de soins nécessaires lesquels devront continuer à être utilisés et pris en charge par les communautés rurales existantes.

Impacts financiers sur le logement et l’emploi

Vous vivez à proximité d’un puits d’où l’on va exploiter le gaz ou le pétrole de schiste ? La valeur de votre maison pourrait baisser de 7% si vous habitez dans un rayon de 2 kilomètres (alors que d’autres estimations, parlent d’une baisse de 10% jusqu’à 70% des valeurs immobilières) et vous pourriez voir le montant de votre police d’assurance habitation augmenter pour couvrir les risques en cas d’explosion sur le site.

Vous êtes locataires, les loyers risquent d’augmenter lors de l’afflux des foreurs dans la région.

Pour l’économie locale, l’exploitation des pétroles et gaz de schiste, c’est la pochette surprise : des avantages à court terme masquent les coûts (pertes) réels dans d’autres secteurs, y compris « l’agriculture, le tourisme, l’agriculture biologique, la chasse, la pêche et les loisirs de plein air » précise le rapport qui questionne le devenir des économies locales après le départ des foreurs. Concernant les populations locales qui pensaient trouver du travail dans l’industrie de la fracturation hydraulique, il existe aussi une sérieuse incertitude d’une part sur « la durabilité des investissements dans le gaz de schiste » et d’autre part sur « les compétences nécessaires requises dans les métiers de l’exploitation des hydrocarbures limitant de ce fait l’offre d’emplois locaux ».

Incertitude réglementaire … et défausse du gouvernement

Alors que le budget du ministère britannique en charge de l’énergie et du climat est en très nette diminution, il est intéressant de voir que le rapport recommande « une augmentation de la capacité des agences sanitaires et de protection de l’environnement en charge du contrôle de l’application de la réglementation » !

Tentant d’éteindre l’incendie crée par la publication du rapport, le département en charge de l’environnement, de la nourriture et des affaires rurales a déclaré que « ce document a été établi comme un projet de discussion interne – son niveau d’analyse n’est pas suffisamment robuste, il n’a pas fait l’objet d’une revue par des pairs et reste incomplet. Il ne contient pas de nouvelles données ou de preuves documentée, et la plupart des conclusions équivalent à des conjectures sans fondement, qui ne représentent pas les vues des fonctionnaires ou des ministres ».

Ça ne vous rappelle rien ? On dirait, peut-être en pire, la dissimulation par le gouvernement en France du rapport de l’ADEME « Vers une France 100% renouvelable en 2050 ».

Lire le rapport non expurgé dans son intégralité ici

Source EnergyDesk Greenpeace UK

(!) Info minute – Revue de Presse

En 2010, le Congrès américain avait demandé à l’Agence Fédérale pour la Protection de l’Environnement (EPA) d’étudier l’impact de la fracturation hydraulique sur l’eau potable. Ce rapport d’évaluation très attendu aux États-Unis a été publié le 4 juin 2015. Il examine l’incidence sur l’eau de la fracturation hydraulique, technique que nécessite l’exploitation des pétrole et gaz de schiste . Le rapport réfute la conclusion d’une précédente étude effectuée en 2004 par la même agence gouvernementale qui concluait à l’absence de menace du fracking sur l’eau potable. A l’époque, cette conclusion avait  permis de dispenser la fracturation hydraulique de répondre aux obligations de la Loi sur la protection de l’eau potable (Safe Drinking Water Act).

L’administration confirme que le « fracking » n’est pas exempt de risque

Tout d’abord le rapport indique que la fracturation hydraulique mise en œuvre pour l’exploitation de l’huile et du gaz de schiste n’a pas conduit à « des impacts systémiques répandus sur la ressource en eau potable aux États-Unis ». Et c’est heureux. Si les opérations de fracking qui ont envahi de nombreuses régions des États-Unis depuis les dix dernières années avaient conduit à « des impacts systémiques répandus sur la ressource en eau potable » ça se saurait. D’ailleurs, on notera que personne n’a jamais prétendu que la fracturation hydraulique produisait « des impacts systémiques répandus sur la ressource en eau potable ». Le rapport confirme aussi que la fracturation pourrait contaminer l’eau potable dans « certaines conditions », comme lorsque les fluides utilisés dans le processus fuient dans la nappe phréatique. Il confirme également des cas de contamination de l’eau. Ça on le savait (lire ici et ).

L'utilisation de l'eau dans le processus de fracturation hydraulique gaz de schiste

Un examen des 5 étapes du cycle de l’eau dans la fracturation hydraulique

Cette étude a examiné l’utilisation de l’eau à travers cinq étapes du processus : l’approvisionnement en eau pour la fracturation hydraulique; le mélange de l’eau avec les produits chimiques pour créer fluide de fracturation; le reflux du fluide après son injection sous haute pression dans le sous-sol pour fracturer la roche et libérer le pétrole ou le gaz; le traitement des sous-produits des liquides de reflux de fracturation; et les puits d’injection fréquemment utilisés pour se débarrasser des fluides de fracturation hydraulique lorsque le processus est terminé.
Se faisant, le rapport a identifié plusieurs voies par lesquelles le risque de contamination de l’eau existe, y compris les déversements, les défauts de construction et d’étanchéité de puits, les problèmes de retraitement et la mauvaise élimination des eaux usées. Très ciblé sur la question de l’eau, le rapport n’évoque pas l’impact sur la qualité de l’air, les abondantes fuites de méthane générées par l’exploitation, le stockage et le  transport du gaz, l’empreinte au sol gigantesque de l’exploitation des hydrocarbures, ni la fragilité du modèle économique pour une activité outrageusement subventionnée.

► Concernant l’impact des prélèvements d’eau,

5.7 millions de litres d’eau sont nécessaires pour chaque puits en moyenne. Cette estimation fournie par le rapport représente probablement les besoins pour la fracturation d’une grande variété de types de puits, y compris des puits verticaux qui utilisent généralement beaucoup moins d’eau par puits que les puits horizontaux généralement mis en œuvre dans le cas de l’exploitation des pétroles et gaz de schiste. Ainsi, les estimations publiées pour les puits de gaz de schiste horizontaux sont généralement plus élevées (environ 15 millions de litres (Vengosh et al., 2014)). Il existe aussi de grandes variations dans les volumes d’eau utilisés par puits selon les États et les bassins. De plus de 19 millions de litres dans l’Arkansas, la Louisiane et la Virginie occidentale à moins 3,8 millions de litres en Californie, au Nouveau-Mexique et dans l’Utah. Cette variation résulte de plusieurs facteurs, y compris la durée d’exploitation du puits, la formation géologique et la formulation du fluide de fracturation. La question de l’impact des prélèvements de l’eau pour les opération d’exploitation des hydrocarbures non conventionnels sur la quantité et la qualité de l’eau potable est extrêmement variable selon les localités où est pratiquée la fracturation hydraulique. Il en est de même pour ce qui concerne les conflits d’usage avérés ou potentiels.

► Concernant les incidents liés à la manipulation des produits chimiques utilisés,

Rappelons que les fluides de fracturation hydrauliques sont conçus pour exécuter des fonctions spécifiques telles que: créer et élargir les fractures, le transports de l’agent de soutènement (sable ou micro-billes) pour le placer dans les fissures crées par la fracturation. Le fluide est généralement constitué de trois parties: (1) le fluide de base, qui est le plus grand constituant en volume: C’est de l’eau; (2) des additifs généralement un mélange d’une grande variété de produits chimiques; et (3) l’agent de soutènement. Les additifs sont choisis pour servir un but précis (par exemple, ajuster le pH, augmenter la viscosité, limiter la croissance bactérienne). Les produits chimiques représentent généralement un faible pourcentage (2% à 5%) du volume de fluide injecté dans son ensemble. Mais ramené aux 5 millions de litres de liquides injectés par puits, des milliers de litres de produits chimiques peuvent être potentiellement stockées sur place et utilisés au cours des activités de fracturation hydraulique.

L’EPA a examiné les risques liés au stockage et à la manipulation de ces produits sur les sites d’opération de fracking. Elle note que la fréquence des déversements accidentels de produits chimique varie d’une région à l’autre et a pu se produire dans certains cas sur  1% des sites d’exploitation alors que dans d’autres cas jusqu’à à 12% des sites ont été concernés. Ces estimations comprennent les déversements de fluides de  fracturation hydraulique et de produits chimiques tels qu’ils ont été signalés par les opérateurs et enregistrés officiellement par l’administration publique. L’EPA admet toutefois ignorer si ses chiffres sont représentatifs et extrapolables. Les causes de déversements incluent la défaillance d’équipement, l’erreur humaine, la défaillance de l’intégrité du contenant, ainsi que d’autres causes telles de la météo et vandalisme. La cause la plus fréquemment signalée étant la défaillance du matériel.

► Concernant les volumes et la nature des produits chimiques utilisés dans la fracturation hydraulique,

Les estimations tirées de la base de données de l’EPA développés à partir FracFocus (voir plus bas) suggèrent que le volume moyen des produits chimiques injectés par puits est de 2500 litres par produit chimique. L’EPA supposant qu’en moyenne 14 produits chimiques sont utilisés par puits, elle estime que 34 000 litres de produits chimiques sont injectés par puits. Elle estime que les volumes peuvent varier de 9800 litres à 69 000 litres de produits chimique par puits. Quant à la nature des produits, l’EPA indique simplement que les propriétés physico-chimiques estimées ont été obtenues pour 453 produits chimiques du total des 1076 substances chimiques déclarées dans les fluides de fracturation hydraulique. Sachant que les industriels ne sont pas tenus de déclarer la composition des mélanges effectués pour la fracturation hydraulique, il est évident que l’administration fédérale se retrouve dans l’impossibilité d’étudier les impacts de ces cocktails chimiques notamment lorsque ceux-ci ont connu de très fortes pressions et hautes températures et qu’ils remontent à la surface en même temps de d’autres molécules. L’eau de reflux suite à l’opération de fracturation peut en effet contenir des métaux (comme le baryum, le cadmium, le chrome, le plomb, le mercure) ainsi que des composés organiques tels que le benzène.

► Concernant l’impact potentiel des produits chimiques sur la santé humaine,

Après avoir indiqué que les produits utilisés ont des effets reconnus sur la santé (cancers, effets sur le système immunitaire, changements dans le poids, modification de la chimie du sanguine, cardiotoxicité, neurotoxicité, toxicité hépatique et rénale, toxicité reproductive et développementale), le rapport botte en touche en indiquant que « comme la plupart des produits chimiques sont utilisés fréquemment sur une base nationale (comprendre au niveau d’un état), l’exposition potentielle est susceptible d’être un problème local ou régional, plutôt qu’un problème national. En conséquence, l’examen des dangers et des risques associés à ces additifs chimiques serait plus utile sur une base spécifique au site et est au-delà de la portée de cette évaluation ». Et pourtant des études confirment ces risques comme le rapporte par exemple cette étude menée par une équipe de recherche de l’Université de Yale.

► Concernant l’impact des fuites sur les aquifères,

Le rapport dit qu’ « aucun des déversements de fluide de fracturation hydraulique n’a atteint les eaux souterraines. Cela pourrait être dû à une absence d’impact;  Cependant, l’infiltration dans le sol et le lessivage dans les eaux souterraines des fluides déversés peut prendre plusieurs années. Ainsi, poursuit l’EPA, il peut ne pas être immédiatement évident qu’un déversement a atteint les eaux souterraines ou non ». Or c’est bien ce risque que les opposants à l’exploitation des gaz et pétrole de schiste mettent en évidence: Le risque à moyen ou long terme de contamination de l’environnement, qu’il s’agisse de l’eau ou de l’air ainsi que de son impact sur la santé. Ce qui peut prendre des années. Et apparaître bien après que les opérations d’extractions d’hydrocarbures auront pris fin. Et alors que les industriels auront plié bagages.

Les données utilisées sont celles fournies par les industriels sur une base volontaire

D’où proviennent les données? Et quelle est leur validité ? Dans le résumé de l’étude, l’EPA indique que les données utilisées dans l’évaluation des puits proviennent de « FracFocus », un site Internet accessible au public alimenté par les informations fournies par les opérateurs de puits de production de pétrole et de gaz. Les informations y sont communiquées par les industriels sur une base volontaire ou en fonction des exigences de certains États relatives aux produits utilisés dans les fluides de fracturation hydraulique. Il ne s’agit donc aucunement d’une étude prospective menée par l’État dans laquelle les opérateurs auraient l’obligation de fournir une information systématique. Alors que c’était ce qui avait été initialement envisagé par l’EPA, ces derniers s’y sont refusé. Cela confirme et montre la crainte qu’ont les industriels concernant la surveillance attentive de leurs opérations mais aussi l’influence qu’ils exercent sur les autorités politiques et celles en charge de la définition et de l’application de la réglementation. Comme nous l’évoquions ici, la réglementation fédérale sur les pratiques des industriels reste en effet très timide.

En France, on ne manquera pas de constater dans les jours à venir l’empressement du lobby organisé en faveur de l’exploitation des pétroles et gaz de schiste à claironner que la fracturation hydraulique n’a pas d’impact sur la ressources en eau potable et que les bonnes pratiques de cimentation permettent de conduire une exploitation des hydrocarbures non conventionnels en toute sécurité. Ces bonnes pratiques ont un coût et restent parfois très théoriques. L’expérience américaine le prouve. Et ce n’est pas un chantier vitrine que réclament les industriels pour convaincre l’opinion publique qui permettra de changer la réalité des choses. Nos ingénieurs et géologues des pétroles le savent.  

(!) Info minute – Revue de Presse

Une traduction par nos soins d’après l’article Fossil fuels subsidised by $10m a minute, says IMF publié le 18 mai 2015 dans le journal The Guardian.

Le subventionnement de l’industrie des énergies fossiles atteint 5,300 milliards de $ pour 2015 un montant supérieur aux dépenses totales de santé consenties par tous les pays du monde.

Au niveau mondial, les compagnies d’extraction d’énergie fossile bénéficient d’un subventionnement pour un montant global qui atteint 5.3 billions de dollars US (1 billion = 1000 milliards, voir note de bas de page [1])  (4,800 milliards d’Euros) par an, soit l’équivalent, au quotidien de 10 millions de dollars (9 M d’Euros) par minute, selon une nouvelle estimation effectuée par le Fonds monétaire international (FMI)[2]. Le FMI qui qualifie cette révélation de « scandaleuse » indique que ce nombre correspond à une estimation « extrêmement robuste » du véritable coût des combustibles fossiles. La subvention de 5 300 milliards de $ estimée pour 2015 est supérieure aux dépenses totales de santé de tous les pays du monde.

Cet énorme montant est notamment lié au fait que les pollueurs ne paient pas les coûts imposés aux gouvernements par la combustion du charbon, du pétrole et du gaz. Ceux-ci comprennent les dommages causés aux populations locales par la pollution de l’air ainsi que des personnes touchées au niveau mondial par les inondations, les sécheresses et les tempêtes générées par le changement climatique.

Pour Nicholas Stern, économiste spécialiste du climat à la London School of Economics « Cette analyse de la plus haute importance, en montrant l’énormité de leurs coûts réels, brise le mythe selon lequel les combustibles fossiles ne seraient pas chers. Il n’y a aucune justification à ces énormes subventions pour les combustibles fossiles, qui faussent les marchés et endommage les économies, en particulier dans les pays les plus pauvres « . Lord Stern ajoute même que cette estimation du FMI était largement sous-estimé: « Une estimation plus complète des coûts liés au changement climatique démontreraient que ces subventions implicites des combustibles fossiles sont bien plus élevées que ce que le rapport suggère. »

Pour le FMI, la fin des subventions aux combustibles fossiles engendrerait une réduction de 20% des émissions mondiales de carbone. Ça représenterait un pas de géant vers la prise en compte du dérèglement climatique, une question sur laquelle le monde a fait trop peu de progrès à ce jour. La fin des subventions réduirait également de 50% le nombre de décès prématurés dus à la pollution de l’air, soit environ 1,6 millions de vies par an. De plus, toujours selon le FMI, « la réorientation de ces ressources aurait un effet de levier sur la croissance économique et la réduction de la pauvreté dans de nombreux pays grâce à des investissements plus importants faits dans les infrastructures, la santé et l’éducation, ainsi que par la réduction des impôts qui restreignent la croissance ».

Ceci aurait également pour autre conséquence de voir disparaitre le besoin de subventions pour les énergies renouvelables – ce relativement petit montant de 120 milliards de dollars par an – si les prix des combustibles fossiles prenaient en compte le coût total de leurs impacts.

Le subventionnement aux combustibles fossiles en chiffres

1 La subvention aux combustibles fossiles en chiffres stop petrole gaz de schiste

Pour Vitor Gaspar, en charge des affaires budgétaires au FMI et ancien ministre des Finances du Portugal « Ces estimations [des subventions aux combustibles fossiles] sont choquantes. Les prix des énergies restent lamentablement en dessous des niveaux de leurs coûts réels« . Quant à David Coady, le fonctionnaire du FMI en charge du rapport, il déclare: « Lorsque ce nombre [de 5.300 Mds de dollars] est sorti, au début nous avons pensé que nous aurions mieux faire de contrôler nos chiffres deux fois! Mais le tableau général des énormes subventions mondiales était « extrêmement robuste. Il reflète le coût réel associé à ces subventions aux combustibles fossiles. »

L’estimation du FMI des 5.3000 Mds de dollars en subventions des combustibles fossiles représente 6,5% du PIB mondial. Un peu plus de la moitié du chiffre correspond à de l’argent que les gouvernements sont obligés de dépenser pour la prise en charge du traitement des victimes de la pollution de l’air et du revenu perdu pour cause de maladie et de décès prématurés. Le chiffre est plus élevé que l’estimation de 2013 du FMI car de nouvelles données de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) indiquent que les dommages causés par la pollution de l’air sont beaucoup plus élevés que ce qu’on pensait.

Le charbon est le combustible le plus sale en termes d’émissions locales de pollution de l’air et de carbone lui-même cause de réchauffement climatique, il est donc le plus grand bénéficiaire des subventions, avec un peu plus de la moitié du total. Le pétrole, fortement utilisé dans les transports, obtient environ un tiers de la subvention et le gaz le reste.

La plus grande source unique de pollution de l’air provient des centrales à charbon chinoises, la Chine, avec sa grande population et sa forte dépendance énergétique au charbon, fournit 2.300 milliards de dollars de subventions annuelles. Viennent ensuite les États-Unis (700 Mds de dollars), la Russie (335 Mds $), l’Inde (277 Mds $) et le Japon (157 Mds $), l’Union européenne représentant pour l’ensemble de ses pays membres 330 Milliards de dollars (ou 300 Mds d’Euros) en subventions pour les combustibles fossiles.

Répartition des subventions aux combustibles fossiles

2 La subvention aux combustibles fossiles repartition des couts  stop petrole gaz de schiste

Les coûts résultant du changement climatique générés par les émissions des combustibles fossiles représentent 1.270 milliards de dollars par an, soit environ un quart du montant total du FMI. Le FMI a calculé ce coût en utilisant une estimation officielle de l’administration fédérale des États-Unis de 42 $ la tonne de CO2 (en dollars de 2015), un prix «très probablement sous-estimé », selon Groupe d’experts intergouvernemental de l’ONU sur les changements climatiques.

Le subventionnement direct du combustible pour les consommateurs, (subventions publiques sur le diesel et autres carburants), représente à peine 6% du total du FMI. Les autres facteurs locaux, tels que la réduction des taxes de vente sur les combustibles fossiles et le coût de la congestion de la circulation et les accidents, constituent le reste. Le FMI indique que les coûts liés au trafic sont inclus parce qu’une augmentation des prix accrus sur le carburant serait le moyen le plus direct pour les réduire.

Palmarès par pays du subventionnement des énergies fossiles

Palmares par pays de la subvention aux energies fossiles - stop gaz de schiste

En 2009, Barack Obama et les pays du G20 appelaient à la fin des subventions des combustibles fossiles, mais peu de progrès avaient été réalisés jusqu’à la chute des prix du pétrole en 2014. En Avril, le président de la Banque mondiale, Jim Yong Kim, déclarait que c’était une folie de voir les États continuer à promouvoir l’utilisation du charbon, du pétrole et du gaz en accordant des subventions. « Nous devons nous débarrasser des subventions aux combustibles fossiles maintenant« , disait-il.

La réforme de ces subventions augmenterait les coûts de l’énergie, mais M.Kim et le FMI notent que les subventions aux combustibles fossiles existantes bénéficient massivement aux plus riches, avec les 20% les plus riches obtenant six fois plus que les 20% les plus pauvres dans les pays à revenu faible et intermédiaire. Pour Vitor Gaspar la baisse des prix du pétrole et du charbon constituait une «occasion en or» pour éliminer les subventions et utiliser les recettes fiscales accrues pour réduire la pauvreté grâce à des investissements et à la fournir d’un appui mieux ciblé.

La réforme des subventions commencent dans des dizaines de pays, dont l’Egypte, l’Indonésie, le Mexique, le Maroc et la Thaïlande. En Inde, les subventions pour le diesel ont pris fin en Octobre 2014. « Les gens prétendaient que ça serait impossible à faire». Et pour la première fois de ce siècle, l’utilisation du charbon a également commencé à baisser en Chine.

Sur les énergies renouvelables, David Coady co-auteur de l’analyse du FMI indique « Si nous obtenons que le prix des combustibles fossiles reflète la réalité, l’argument des subventions pour les énergies renouvelables tombera et les énergies renouvelables deviendront tout d’un coup une option beaucoup plus attrayante. « 

Pour Shelagh Whitley, experte en matière de subventions à l’Overseas Development Institute[3],  » Le rapport du FMI rappelle à nouveau que les gouvernements du monde entier s’appuient sur un modèle énergétique vieux d’un siècle. Aggravant le problème, nos recherches montrent que la plupart des subventions à l’énergie mises en évidence par le FMI vont vers la recherche de nouvelles réserves de pétrole, de gaz et de charbon , alors même que nous savons qu’elles doivent être laissées dans le sous-sol si nous voulons éviter un changement climatique catastrophique et irréversible « .

Le développement de la coopération internationale, une nécessité pour lutter contre le changement climatique, s’est avéré difficile, mais pour M. Gaspar un message clé du travail du FMI, est que chaque nation bénéficiera directement de la lutte contre ses propres subventions aux combustibles fossiles. « La cerise sur le gâteau est que les avantages de la réforme des subventions – par exemple, la réduction de la pollution – bénéficierait massivement aux populations locales. En agissant localement, et dans leur propre intérêt, les [pays] peuvent contribuer de manière significative à la résolution d’un défi mondial. La piste à suivre est claire: agir localement, pour des solutions globales. »

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[1] Un billion c’est quoi ? un billion représente le nombre 1012, c’est-à-dire 1 000 000 000 000, soit mille milliards. Pour les anglophones, ce que nous appelons le billion s’appelle le trillion, voir une illustration graphique du trillion selon les anglophones ici
[2] Voir le rapport du FMI How Large Are Global Energy Subsidies? by David Coady, Ian Parry, Louis Sears, and Baoping Shang
[3] L’Overseas Development Institute ou Institut pour le développement International est un think thank britannique sur le développement international et les questions humanitaires.

(!) Info minute – Revue de Presse

« Nous ne sommes pas venus faire des affaires », a insisté François Hollande. « Nous sommes venus pour, avec les Cubains, faire un développement économique qui puisse être utile à Cuba, à la France et à la zone Caraïbes ». Cette visite programmée il y a déjà quelques mois émeut la classe politique et intellectuelle ainsi que les éditorialistes tant cette île des Caraïbes revêt de symboles depuis qu’elle avait entamé sa révolution en 1959.

Cuba, qui depuis le 7 février 1962 et suite aux nationalisations expropriant des compagniesFrançois Hollande à CUBA américaines, a connu un très sévère embargo économique de la part des proches États-Unis, reçoit la visite du chef de l’État français. Celle-ci matérialise l’accélération du rapprochement entre l’Union Européenne et Cuba et s’est caractérisée par la signature d’un accord entre la multinationale TOTAL et CubaPetroleo (Cupet) pour l’exploration de pétrole offshore au large des côtes cubaines(*). C’est ce que rapporte la télévision cubaine.

Une douzaine d’entreprises étrangères ont exploré les eaux profondes de Cuba ces dernières années avec les forages de plusieurs puits. Ceux-ci se sont avérés êtrTOTAL va forer a Cuba offshoree des échecs. TOTAL dans le début des années 1990 avait forés deux puits sans succès avant de quitter la zone en 1995.

Cuba affirme que sa zone économique exclusive au large de la côte nord-ouest détient plus de 20 milliards de barils de brut à découvrir. De son côté le bureau d’études géologiques des États-Unis (US Geological Survey) estime que la région détient entre cinq et sept milliards de barils.

Au même moment, le lundi 11 mai 2015, le gouvernement américain autorisait le groupe pétrolier Shell à réaliser des forages de pétrole ou de gaz dans l’océan arctique.

La conférence sur le climat qui se tiendra à Paris en décembre 2015 est décidément très mal partie.

(*) Edit 12/05/2015 12:30: Les agences de presse citent un porte-parole de TOTAL qui dément la signature d’un accord pour l’explo offshore. Il s’agirait d « un accord d’extension d’une lettre d’intention concernant un projet dans le Marketing & Services« . Toutefois, l’accord pour l’exploration offshore a bien été mentionné par la TV cubaine ainsi qu’un membre de la délégation française. source ici . Voilà voilà, quoiqu’il en soit « Nous ne sommes pas venus faire des affaires » et Cuba n’intéresse sûrement pas TOTAL E&P.

Sources: International Business Times, Le Monde

(!) Info minute – Revue de Presse

BANGKOK: – Une vingtaine de membres du « Réseau Stop Fracking Thaïland » se sont rassemblés devant l’ambassade des États-Unis à Bangkok le 20 avril 2015 pour protester contre la fracturation chimique en Thaïlande, pays dans lequel l’exploration des hydrocarbures non conventionnels est en cours.

Protestation contre la fracturation hydraulique

Deux représentants du réseau, le Dr Smith Tungkasmit professeur à l’université Rangsit et Pipat Samanchuen, ont été autorisés à pénétrer dans les locaux afin destop fracking thailand gaz de schiste 2 remettre une lettre à Eric Frater, premier secrétaire de la section économique de l’ambassade. La lettre demandait aux autorités américaines qu’une enquête soit diligentée «à l’encontre des entreprises Apico (Khorat), Apico LLC, Hess Corporation, Chevron et CEC et qu’elles cessent le recours à la fracturation hydraulique».

« Préoccupés par l’impact sur la santé des personnes et des communautés locales, les militants exigent que les entreprises américaines et autres qui ont des permis de recherche de hydrocarbures cessent les forages par fracturation hydraulique».

Suspicion de manquements dans la gestion des déchets

Selon les observations faites par le réseau sur le site Namoon dans la province de Khon Kaen, « une entreprise a utilisé de l’oxyde de zinc produit chimique toxique, alors que celui-ci n’est pas mentionné dans le rapport d’évaluation de l’impactstop fracking thailand gaz de schiste 1 environnemental ».

Alors que ce type de produit chimique doit être éliminé par une entreprise spécialisée dans la gestion des déchets dangereux, le « Réseau Stop Fracking Thaïland » a pu constater que des emballages habituellement utilisés pour la gestion de ce type de déchet avaient été trouvés dans une école voisine. De son coté l’entreprise dément et indique que des dons de bouteilles d’eau ont été faits à l’école et que celles –ci ont été remises dans ce type d’emballage par erreur…

Le Royaume du Siam jamais colonisé l’est désormais par les multinationales du pétrole

Selon le bureau américain de recherche géologique (U.S.Geological Survey), une évaluation du potentiel d’hydrocarbures techniquement récupérables menée en 2014 dans le bassincarte bassin gaz de schiste Thailande USGS shale gas deposit de Phitsanulok  fait état d’une estimation de 53 millions de barils de pétrole de schiste et 320 milliards de pieds cube de gaz de schiste. L’USGS indique qu’il existe probablement un potentiel d’hydrocarbures non encore évalué dans les bassins de Fang, Chiang Mai, Mae Sot, Petchabun, Suphan Buri, et Ayutthaya et que ces sites nécessitent des tests de géologie et de production.

En 2011, l’État thaïlandais a signé un protocole d’accord avec la compagnie Statoil pour étudier les ressources en hydrocarbures non conventionnels (et conventionnelles) et un petit bloc lui a été attribué pour l’exploration de gaz de houille exploration dans le sud de la Thaïlande. Par ailleurs Chevron très impliquée dans la recherche et la production offshore a mis en œuvre Platong II, la gigantesque plateforme de production de gaz dans le golfe de Thaïlande,

Cette conquête des hydrocarbures non conventionnels est largement soutenue par le Département d’État Américain. Celui-ci était particulièrement actif dans ce domaine lorsqu’une certaine Hillary Clinton en était la Secrétaire d’État.

Sources :

(!) Info minute – Revue de Presse

Malgré l’opposition massive des citoyens européens au gaz de schiste, la Commission Européenne persiste dans la direction opposée. Après avoir exempté ces activités d’études d’impact environnemental spécifiques, elle met en place aujourd’hui un « réseau » d’experts largement dominé par les industriels et les gouvernements favorables au gaz de schiste.

Selon les Amis de la terre Europe et le Corporate Europe Observatory, qui publient aujourd’hui une étude à ce sujet, sur 60 membres confirmés de ce réseau [1], 40% travaillent pour des entreprises comme Total, GDF Suez ou Shell, directement impliquées dans le gaz de schiste, ou pour des lobbies du secteur pétrolier et gazier [2]. Ceux qui représentent la société civile, en revanche, se comptent sur les doigts d’une main. Le reste est constitué soit de scientifiques dont la majorité est liée financièrement à l’industrie, soit de représentants de bureaux publics de recherche géologique, dont les intérêts sont souvent étroitement alignés sur ceux des promoteurs du gaz de schiste.

Le « réseau européen scientifique et technologique européen sur l’extraction des hydrocarbures non conventionnels » [3] a pour mission officielle de collecter desconsultation gaz de schiste informations sur les développements du gaz de schiste en Europe et d’évaluer les technologies utilisées pour extraire les ressources non conventionnelles, autrement dit la fracturation hydraulique et ses alternatives potentielles (pour l’instant totalement chimériques). Le tout, selon la Commission, dans le cadre d’un « échange d’idées équitable et équilibré ». L’une des cinq personnes désignées par la Commission pour présider les groupes de travail du « réseau », le Polonais Grzegorz Pieńkowski, se montre plus franc dans un entretien avec un magazine professionnel : « La mise en place [de ce réseau] est un pas en vue de renverser l’attitude défavorable ou soupçonneuse envers le gaz de schiste qui prévaut en Europe en une attitude plus pragmatique et, en dernière instance, favorable. »

Dans le cadre de la consultation publique organisée par la Commission européenne en 2013, 64% des participants estimaient que le gaz de schiste ne devait absolument pas être développé en Europe

La cause pouvait pourtant sembler entendue. Les sondages réalisés au niveau européen démontrent que l’immense majorité des personnes interrogées sont opposées au développement du gaz de schiste sur le continent [4]. Les quelques pays dont les gouvernements sont ouvertement favorables à cette industrie – la Pologne et le Royaume-Uni notamment – ont été abandonnés des multinationales pétrolières et gazières, ou sont sur le point de l’être, en raison des résistances locales et de campagnes d’exploration décevantes (voir cet article).

Passage en force

La Commission européenne s’est déjà trouvée à nombreuses reprises sous le feu des critiques pour avoir mis en place des groupes d’« experts » dominés par les intérêts Grand-Marche-Transatlantique_Illustration TAFT TTIPindustriels, que ce soit dans le domaine des OGM, des perturbateurs endocriniens, de la régulation de la finance, ou de la pollution de l’air. Ce qui ne l’empêche pas de récidiver aujourd’hui avec le gaz de schiste. Elle a directement sélectionné les cinq présidents des groupes de travail : on y retrouve deux représentants d’entreprises pétrolières et gazières (ConocoPhillips et Cuadrilla), deux représentants de gouvernements pro-gaz de schiste (Royaume-Uni et Pologne) et le Français François Kalaydjian, employé d’une organisation de recherche française liée à l’industrie et connue pour ses prises de positions favorables aux énergies fossiles, l’Institut français du pétrole [5].

Au final, une large majorité des membres du réseau, soit en personne soit à travers les entreprises, gouvernements et organisations qu’ils représentent, se sont déjà fait remarquer par leurs prises de position favorables au gaz de schiste ou par leurstop tafta opposition à des régulations trop strictes de ces activités. Interpellé par les associations, le Joint Research Center (JRC), dont la mission est de coordonner les groupes d’experts de la Commission européenne, se content de jouer avec les mots : comme il ne s’agit pas d’un groupe officiellement chargé de « conseiller » la Commission, mais seulement de rassembler des informations, il ne serait pas sujet aux normes d’équilibre et d’indépendance requises pour les autres groupes d’experts. De sorte que le JRC ne voit « aucune raison de modifier les règles ou la structure des groupes de travail ou leurs présidents ».

« Sous couvert de mettre en place un ‘réseau scientifique et technologique’, la Commission utilise des fonds publics pour créer un lobby favorable à l’industrie pétrolière et gazière, dénoncent les Amis de la terre Europe et le Corporate Europe Observatory. Ce qui est particulièrement inquiétant, c’est que malgré l’opposition massive du public, la Commission cherche une nouvelle fois à faire entrer discrètement le gaz de schiste par la porte de derrière, en essayant de faire en sorte que la question ne soit pas ‘si’ l’Europe veut la fracturation hydraulique, mais ‘comment’. »

Retrouver l’article source sur le site de l’observatoire des multinationales

[1] Le réseau compte 74 membres officiels, mais 14 sont des employés de la Commission européenne.
[2] L’Union française des industries pétrolières (UFIP) a deux représentants, dont Jean-Louis Schilansky, par ailleurs président du « Centre de documentation sur les hydrocarbures non conventionnels », le lobby récemment créé par les entreprises françaises intéressées au développement du gaz de schiste.
[3] European Science and Technology Network on Unconventional Hydrocarbon Extraction. Voir ici.
[4] Un baromètre européen de janvier 2013 montrait par exemple que seuls 9% des personnes interrogées estimaient que la production d’hydrocarbures non conventionnels devaient être priorisée. Dans le cadre de la consultation publique organisée par la Commission européenne elle-même en 2013, 64% des participants estimaient que le gaz de schiste ne devait absolument pas être développé en Europe, et 20% supplémentaires qu’il ne devait être développé qu’à conditions que des garanties sanitaires et environnementales suffisantes soient en place.
[5] Rebaptisé Institut français du pétrole – énergies nouvelles (IFP-EN) pour faire bonne mesure, mais selon François Kalaydjian, les « énergies nouvelles » semblent surtout se référer aux divers moyens de prolonger la vie des énergies fossiles, voir ici.

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Communiqué de presse des collectifs français Non aux pétrole et gaz de schiste et de houille*

A signer Pétition danoise pour exprimer votre refus de l’exploitation du gaz de schiste                                  Le 13 avril 2015

Cela fait 9 jours que des habitants, rejoints par d’autres Danois venus de l’ensemble du Danemark, bloquent l’accès au site de forage de TOTAL à Dybvad. Depuis plus d’uneOccupation tour de forage TOTAL Gaz de schiste Skifergas DANEMARK Greenpeace 4 semaine, chaque jour un groupe de militants manifeste pacifiquement et se positionne sur la route d’accès au chantier où se déroule la dernière phase de chantier avant le forage : Les camions sont en train de livrer les éléments de la tour de forage de la compagnie TOTAL dont l’érection est prévue pendant le mois d’avril. Chaque jour la police intervient pour expulser les manifestants qui retardent l’arrivée des camions.

La compagnie TOTAL, qui s’est vue retirer le permis de Montélimar en France en 2011 et a quitté la Pologne en 2014 suite à des recherches de gaz de schiste infructueuses, maintient ses projets de fracturation hydraulique au Nord du Danemark. C’est en effet sur la petite commune de Dybvad que dans le cadre du permis de Nordjylland(1), la multinationale pétrolière entend mettre en œuvre la fracturation hydraulique nécessaire à l’extraction de gaz de schiste. Or cette région s’alimente en eau exclusivement à partir de ses ressources souterraines et les risques de contamination liés à la fracturation hydraulique sont importants. Cette activité de recherche d’hydrocarbures, hautement émetteurs de gaz à effet de serre, a été autorisée dans une région qui s’est pourtant engagée à produire son électricité et son chauffage uniquement à travers des sources d’énergie renouvelables.

L’ensemble des recours juridiques étant épuisé, les habitants indiquent qu’ils n’ont plus d’autre choix que la désobéissance civile pour résister et manifester pacifiquement leur opposition à ces projets destructeurs.

Les collectifs citoyens qui se sont massivement mobilisés pour stopper la recherche de pétrole et gaz de schiste en France, solidaires des collectifs et associations danoises opposés à la fracturation hydraulique et à l’exploitation du gaz de schiste, demandent l’arrêt immédiat de ces travaux. Par la mise en œuvre de ces nouveaux projets d’extraction d’hydrocarbures extrêmes, l’Europe continue à faire croître sa dette en termes d’émissions de carbone et gaz à effet de serre contribuant au dérèglement climatique. Il est temps de s’engager activement vers des solutions moins énergivores et décarbonées. Seules la sobriété et l’efficacité énergétique ainsi que l’utilisation des énergies renouvelables constituent une voie raisonnable et une solution économique qui profitera au plus grand nombre.

(1) Voir le site danois de la multinationale TOTAL: http://www.skifergas.dk/nordjylland.aspx

Ce matin nous avons appris que des activistes de Greenpeace Danemark sont venus prêter main forte aux habitants de Dybvad. Ils bloquent l’accès au site et occupent la tour de forage.

Occupation tour de forage TOTAL Gaz de schiste Skifergas DANEMARK Greenpeace 1Occupation tour de forage TOTAL Gaz de schiste Skifergas DANEMARK Greenpeace 2Occupation tour de forage TOTAL Gaz de schiste Skifergas DANEMARK Greenpeace 3

* Signataires : Collectif Stop gaz de schiste 69, Collectif Non au Gaz de schiste Pays de Savoie et de l’Ain (01, 73, 74), Collectif Non aux forages Haut-Bugey (01), Collectif91 Non au gaz et huile(pétrole)de schiste, Collectif 07 Stop au Gaz et Huile de Schiste (07), Collectif biterrois contre les gaz et huiles de schistes (34), Collectif Orb Taurou non au gaz de schistes (34), Collectif Stop au Gaz de Schiste Anduze (30), Collectif houille-ouille ouille 59 / 62, Collectif non aux huiles gaz de schiste 91, Collectif les taupes énervées, Collectif Garrigue Vaunage (30), Collectif de Valgorge (07), Collectifs Isérois Stop GHRM (38), Collectif viganais contre les huile et gaz de schiste (30), Collectif Grand Valentinois (26), Collectif Causse Méjean – Gaz de Schiste NON ! (48), Les Dindons de la Farce (France), Collectif citoyen Ile-de-France non aux gaz et pétrole de schiste et de couche (Ile-de-France, Paris), Collectif « Montpellier Littoral contre les gaz, pétrole de schiste! »(34), Collectif NPGDS du Bocage gâtinais (77 – 89 – 45), Collectif Orb-Jaur non au gaz de schiste (34), Collectif bassin de Thau (34), Collectif Sète (34), Eco’lectif Dégaze Gignac et Environs (34), Collectif GAZPART (02), Collectif Florac Non au Gaz de Schiste (48), Collectif Non Gaz La Canourgue (48), Collectif Citoyen du Narbonnais Non Gaz et Pétrole de Schiste (11), Collectif Garrhodstopgaz Gard Rhodanien (30), Collectifs Isérois Stop aux GHRM (38), Collectif 32 Non au gaz de schiste (32), Collectif briard77 (77), Collectif stop gaz d’hydrocarbures de Lorraine et d’Alsace (54, 55, 57, 67, 68, 88), Collectif « non au pétrole de schiste » du Pays-Fertois (77), Collectif cévenol CAMIS’GAZ (30), Collectif Stop GDS Roquedur-Le Vigan (30), Collectif Gaz de schiste Non Merci – Clapiers (34), Collectif 82 non gaz et huile de schiste, Collectif ALDEAH (France et Amérique latine), Collectif de Barjac (30), Collectif stop gaz de schiste 39, Collectif St Jean de Maruéjols (30), Collectif Montpeyroux, Arboras, Aniane (34), Collectif du Céressous (34), Collectif Piémont Cévenol (30), Collectif “Touche pas à mon schiste !”, Bastagaz!Alès