Articles Tagués ‘fracking’

(!) Info minute – Revue de Presse

Alors que les industriels et leurs soutiens pro-gaz de schiste ont tant moqué « l’eau du robinet qui s’enflamme », cette image iconique issue du film Gasland de Josh Fox , des chercheurs de l’Université d’État en Pennsylvanie ont détecté des traces d’additifs dans l’eau du robinet des maisons voisines du champ de gaz de schiste de Marcellus. Une grande première qui serait due au procédé de fracturation hydraulique.

La fracturation hydraulique est une pratique courante pour extraire du pétrole ou du gaz naturel d’une roche trop dense pour l’utilisation d’un puits. Grâce à une injection pollution eau fracturation hydraulique gaz de schistede liquide sous pression, la roche peut se fissurer ou se micro-fissurer selon les cas. Néanmoins, cette technique n’est pas sans risque. Les impacts géologiques et la pollution des sous-sols et des nappes phréatiques sont encore des conséquences mal maîtrisées par les personnes qui pratiquent ce genre d’opérations.

Dans le bassin de Marcellus, dans l’état de New York, les chercheurs ont pour la première fois démontré que la fracturation hydraulique a causé la pollution des nappes phréatiques aux alentours.

Tout a débuté en 2012, lorsque les savants de l’Université d’État reçoivent des échantillons de l’eau du robinet de trois maisons situées à côté du champ de gaz de schiste de Marcellus, le plus important du monde en exploitation. Des habitants s’inquiétaient que leur eau fasse de la mousse… Mais jusqu’à aujourd’hui, aucun des composants de cette eau n’avait pu être identifié avec précision.

Les scientifiques ont testé la composition du liquide en lui faisant passer des examens de chromatographie gazeuse, la séparation des molécules pour mieux les distinguer, puis de spectrométrie de masse, une analyse pour détecter des molécules par la mesure de leur masse.

Les résultats, publiés dans les PNAS, (le journal de l’académie de sciences aux Etats-Unis) ont fait l’effet d’une bombe. D’une précision rare, ils constituent la preuve officielle et indiscutable que les nappes phréatiques, et donc indirectement les eaux du robinet, ont été polluées par des opérations d’extractions de gaz dans les roches. Et ce malgré la profondeur des couches de schiste dans le sol.

« Cette découverte est importante parce que nous démontrons que les produits chimiques voyagent à travers plus de deux kilomètres de couches géologiques vers les puits d’eau potable. Les molécules chimiques que nous avons identifiées venaient soit des fluides de fracturation, soit des additifs utilisés pour les forages et ils se sont déplacés avec le gaz naturel à travers des interstices naturels dans la roche« , explique Susan Brantley, directrice de l’Institut de la Terre et de l’Environnement.

Cet institut demande d’ailleurs la généralisation de cette technique de détection à l’ensemble des cas de pollution déclenchés par des opérations en lien avec le gaz de schiste dans le monde.

Quoiqu’il en soit, la pratique de la fracturation du sous-sol pour exploiter les hydrocarbure reste un danger quelque soit la technique employée. Les fractures causées par la main de l’homme (il s’agit de provoquer des fissures et de les maintenir ouvertes avec des microbilles ou du sable) sont incontrôlables et à court ou long terme déboucheront sur la contamination de l’eau ou de l’air avec son lot de conséquences sur l’environnement, la santé humaine et animale.

Sources Le Vif, Science et Avenir, Pnas.org

(!) Info minute – Revue de Presse

Note établie à partir de la dépêche publiée par Bloomberg[1] le 22 avril 2015

La moitié des 41 entreprises de fracturation hydraulique opérant aux États-Unis aura fermé ou été vendue en fin d’année en raison de la réduction des dépenses faites par les compagnies pétrolières. C’est ce que prévoit un dirigeant de la société Weatherford International Plc[2].

Rob Fulks, un dirigeant de Weatherford, déclarait dans une interview en marge de la conférence du IHS CERAWeek à Houston (Texas) equipement de fracking marcellus shale gaz de schistecette semaine que «seules pourraient rester environ une vingtaine de sociétés opératrices de fracturation hydraulique». La demande de services de fracturation hydraulique -technique permettant l’exploitation des hydrocarbures dits « de schiste » qui a généré le boom des pétrole et gaz de schiste au États-Unis est en perte de vitesse au fur et à mesure que les clients abandonnent des puits non achevés à cause de la chute des prix des hydrocarbures.

Début 2014, on comptait 61 fournisseurs de services de fracturation aux États-Unis, le plus grand marché du monde dans ce domaine. Les fusions acquisitions chez les plus gros opérateurs ont commencé avec Halliburton Co. et l’annonce faite en novembre 2014 du rachat de Baker Hughes Inc. 34,6 milliards de dollars, ainsi que le rachat de l’activité pompage sous pression de Nabors Industries Ltd par C & J Energy Services Ltd.

Toujours selon M. Fulks, Weatherford, cinquième opérateur du fracking aux États-Unis, a été contraint de réduire « considérablement » les coûts face à la baisse de la demande. De plus la compagnie a été en mesure de renégocier à la baisse les prix d’acquisition du sable utilisé comme agent de soutènement des fissures effectuées par la fracturation hydraulique et nécessaires à la libération des hydrocarbures prisonniers dans les roches compactes.

Globalement, les compagnies pétrolières ont réduit de plus de 100 milliards de dollars les dépenses au niveau mondial après la chute des prix. PacWest, puits de fracturation fracking gaz de schistesociété de consultants spécialiste des marchés liés à l’exploitation pétrolière, anticipe une chute de 35% du prix de la fracturation hydraulique cette année. Pour Alex Robart, un cadre de PacWest, « alors que beaucoup de grandes sociétés souhaitent acquérir des entreprises de fracturation hydraulique, l’écart entre les prix d’acquisition et de cession est encore trop important pour l’instant ».

De son côté M.Fulks a refusé de dire si Weatherford cherchait à acquérir d’autres entreprises de fracturation ou leurs équipements avant d’ajouter « partout où nous allons nous voyons de l’équipement parqué et à l’arrêt. Ce n’est jamais bon pour une machine de rester inutilisée, qu’il s’agisse d’une voiture, d’un avion ou de compresseurs pour la fracturation hydraulique ».

_____________________________

[1] Bloomberg LP est un groupe financier américain spécialisé dans les services aux professionnels des marchés financiers et dans l’information économique et financière aussi bien en tant qu’agence de presse que directement, via de nombreux médias (télévision, radio, presse, internet et livres) dont les plus connus sont probablement ses propres chaînes de télévision par câble/satellite. http://fr.wikipedia.org/wiki/Bloomberg_LP

[2] Weatherford est une compagnie para-pétrolière américaine. Son siège opérationnel se situe à Houston au Texas, et son siège social et fiscal en Suisse depuis 2014 : http://www.weatherford.com

Agence americaine de l energie forages hydrocarbures rapport avril 2015puits d'hydrocarbures non achevés schiste USA

En bonus, une belle image d’une opération de fracturation hydraulique. Cliquer dessus pour l’agrandir et compter camions et compresseurs

fracking fracturation hydraulique gaz de schiste 2

innovoil.co.uk

(!) Info minute – Revue de Presse

Malgré l’opposition massive des citoyens européens au gaz de schiste, la Commission Européenne persiste dans la direction opposée. Après avoir exempté ces activités d’études d’impact environnemental spécifiques, elle met en place aujourd’hui un « réseau » d’experts largement dominé par les industriels et les gouvernements favorables au gaz de schiste.

Selon les Amis de la terre Europe et le Corporate Europe Observatory, qui publient aujourd’hui une étude à ce sujet, sur 60 membres confirmés de ce réseau [1], 40% travaillent pour des entreprises comme Total, GDF Suez ou Shell, directement impliquées dans le gaz de schiste, ou pour des lobbies du secteur pétrolier et gazier [2]. Ceux qui représentent la société civile, en revanche, se comptent sur les doigts d’une main. Le reste est constitué soit de scientifiques dont la majorité est liée financièrement à l’industrie, soit de représentants de bureaux publics de recherche géologique, dont les intérêts sont souvent étroitement alignés sur ceux des promoteurs du gaz de schiste.

Le « réseau européen scientifique et technologique européen sur l’extraction des hydrocarbures non conventionnels » [3] a pour mission officielle de collecter desconsultation gaz de schiste informations sur les développements du gaz de schiste en Europe et d’évaluer les technologies utilisées pour extraire les ressources non conventionnelles, autrement dit la fracturation hydraulique et ses alternatives potentielles (pour l’instant totalement chimériques). Le tout, selon la Commission, dans le cadre d’un « échange d’idées équitable et équilibré ». L’une des cinq personnes désignées par la Commission pour présider les groupes de travail du « réseau », le Polonais Grzegorz Pieńkowski, se montre plus franc dans un entretien avec un magazine professionnel : « La mise en place [de ce réseau] est un pas en vue de renverser l’attitude défavorable ou soupçonneuse envers le gaz de schiste qui prévaut en Europe en une attitude plus pragmatique et, en dernière instance, favorable. »

Dans le cadre de la consultation publique organisée par la Commission européenne en 2013, 64% des participants estimaient que le gaz de schiste ne devait absolument pas être développé en Europe

La cause pouvait pourtant sembler entendue. Les sondages réalisés au niveau européen démontrent que l’immense majorité des personnes interrogées sont opposées au développement du gaz de schiste sur le continent [4]. Les quelques pays dont les gouvernements sont ouvertement favorables à cette industrie – la Pologne et le Royaume-Uni notamment – ont été abandonnés des multinationales pétrolières et gazières, ou sont sur le point de l’être, en raison des résistances locales et de campagnes d’exploration décevantes (voir cet article).

Passage en force

La Commission européenne s’est déjà trouvée à nombreuses reprises sous le feu des critiques pour avoir mis en place des groupes d’« experts » dominés par les intérêts Grand-Marche-Transatlantique_Illustration TAFT TTIPindustriels, que ce soit dans le domaine des OGM, des perturbateurs endocriniens, de la régulation de la finance, ou de la pollution de l’air. Ce qui ne l’empêche pas de récidiver aujourd’hui avec le gaz de schiste. Elle a directement sélectionné les cinq présidents des groupes de travail : on y retrouve deux représentants d’entreprises pétrolières et gazières (ConocoPhillips et Cuadrilla), deux représentants de gouvernements pro-gaz de schiste (Royaume-Uni et Pologne) et le Français François Kalaydjian, employé d’une organisation de recherche française liée à l’industrie et connue pour ses prises de positions favorables aux énergies fossiles, l’Institut français du pétrole [5].

Au final, une large majorité des membres du réseau, soit en personne soit à travers les entreprises, gouvernements et organisations qu’ils représentent, se sont déjà fait remarquer par leurs prises de position favorables au gaz de schiste ou par leurstop tafta opposition à des régulations trop strictes de ces activités. Interpellé par les associations, le Joint Research Center (JRC), dont la mission est de coordonner les groupes d’experts de la Commission européenne, se content de jouer avec les mots : comme il ne s’agit pas d’un groupe officiellement chargé de « conseiller » la Commission, mais seulement de rassembler des informations, il ne serait pas sujet aux normes d’équilibre et d’indépendance requises pour les autres groupes d’experts. De sorte que le JRC ne voit « aucune raison de modifier les règles ou la structure des groupes de travail ou leurs présidents ».

« Sous couvert de mettre en place un ‘réseau scientifique et technologique’, la Commission utilise des fonds publics pour créer un lobby favorable à l’industrie pétrolière et gazière, dénoncent les Amis de la terre Europe et le Corporate Europe Observatory. Ce qui est particulièrement inquiétant, c’est que malgré l’opposition massive du public, la Commission cherche une nouvelle fois à faire entrer discrètement le gaz de schiste par la porte de derrière, en essayant de faire en sorte que la question ne soit pas ‘si’ l’Europe veut la fracturation hydraulique, mais ‘comment’. »

Retrouver l’article source sur le site de l’observatoire des multinationales

[1] Le réseau compte 74 membres officiels, mais 14 sont des employés de la Commission européenne.
[2] L’Union française des industries pétrolières (UFIP) a deux représentants, dont Jean-Louis Schilansky, par ailleurs président du « Centre de documentation sur les hydrocarbures non conventionnels », le lobby récemment créé par les entreprises françaises intéressées au développement du gaz de schiste.
[3] European Science and Technology Network on Unconventional Hydrocarbon Extraction. Voir ici.
[4] Un baromètre européen de janvier 2013 montrait par exemple que seuls 9% des personnes interrogées estimaient que la production d’hydrocarbures non conventionnels devaient être priorisée. Dans le cadre de la consultation publique organisée par la Commission européenne elle-même en 2013, 64% des participants estimaient que le gaz de schiste ne devait absolument pas être développé en Europe, et 20% supplémentaires qu’il ne devait être développé qu’à conditions que des garanties sanitaires et environnementales suffisantes soient en place.
[5] Rebaptisé Institut français du pétrole – énergies nouvelles (IFP-EN) pour faire bonne mesure, mais selon François Kalaydjian, les « énergies nouvelles » semblent surtout se référer aux divers moyens de prolonger la vie des énergies fossiles, voir ici.

(!) Info minute – Revue de Presse

Communiqué de presse des collectifs français Non aux pétrole et gaz de schiste et de houille*

A signer Pétition danoise pour exprimer votre refus de l’exploitation du gaz de schiste                                  Le 13 avril 2015

Cela fait 9 jours que des habitants, rejoints par d’autres Danois venus de l’ensemble du Danemark, bloquent l’accès au site de forage de TOTAL à Dybvad. Depuis plus d’uneOccupation tour de forage TOTAL Gaz de schiste Skifergas DANEMARK Greenpeace 4 semaine, chaque jour un groupe de militants manifeste pacifiquement et se positionne sur la route d’accès au chantier où se déroule la dernière phase de chantier avant le forage : Les camions sont en train de livrer les éléments de la tour de forage de la compagnie TOTAL dont l’érection est prévue pendant le mois d’avril. Chaque jour la police intervient pour expulser les manifestants qui retardent l’arrivée des camions.

La compagnie TOTAL, qui s’est vue retirer le permis de Montélimar en France en 2011 et a quitté la Pologne en 2014 suite à des recherches de gaz de schiste infructueuses, maintient ses projets de fracturation hydraulique au Nord du Danemark. C’est en effet sur la petite commune de Dybvad que dans le cadre du permis de Nordjylland(1), la multinationale pétrolière entend mettre en œuvre la fracturation hydraulique nécessaire à l’extraction de gaz de schiste. Or cette région s’alimente en eau exclusivement à partir de ses ressources souterraines et les risques de contamination liés à la fracturation hydraulique sont importants. Cette activité de recherche d’hydrocarbures, hautement émetteurs de gaz à effet de serre, a été autorisée dans une région qui s’est pourtant engagée à produire son électricité et son chauffage uniquement à travers des sources d’énergie renouvelables.

L’ensemble des recours juridiques étant épuisé, les habitants indiquent qu’ils n’ont plus d’autre choix que la désobéissance civile pour résister et manifester pacifiquement leur opposition à ces projets destructeurs.

Les collectifs citoyens qui se sont massivement mobilisés pour stopper la recherche de pétrole et gaz de schiste en France, solidaires des collectifs et associations danoises opposés à la fracturation hydraulique et à l’exploitation du gaz de schiste, demandent l’arrêt immédiat de ces travaux. Par la mise en œuvre de ces nouveaux projets d’extraction d’hydrocarbures extrêmes, l’Europe continue à faire croître sa dette en termes d’émissions de carbone et gaz à effet de serre contribuant au dérèglement climatique. Il est temps de s’engager activement vers des solutions moins énergivores et décarbonées. Seules la sobriété et l’efficacité énergétique ainsi que l’utilisation des énergies renouvelables constituent une voie raisonnable et une solution économique qui profitera au plus grand nombre.

(1) Voir le site danois de la multinationale TOTAL: http://www.skifergas.dk/nordjylland.aspx

Ce matin nous avons appris que des activistes de Greenpeace Danemark sont venus prêter main forte aux habitants de Dybvad. Ils bloquent l’accès au site et occupent la tour de forage.

Occupation tour de forage TOTAL Gaz de schiste Skifergas DANEMARK Greenpeace 1Occupation tour de forage TOTAL Gaz de schiste Skifergas DANEMARK Greenpeace 2Occupation tour de forage TOTAL Gaz de schiste Skifergas DANEMARK Greenpeace 3

* Signataires : Collectif Stop gaz de schiste 69, Collectif Non au Gaz de schiste Pays de Savoie et de l’Ain (01, 73, 74), Collectif Non aux forages Haut-Bugey (01), Collectif91 Non au gaz et huile(pétrole)de schiste, Collectif 07 Stop au Gaz et Huile de Schiste (07), Collectif biterrois contre les gaz et huiles de schistes (34), Collectif Orb Taurou non au gaz de schistes (34), Collectif Stop au Gaz de Schiste Anduze (30), Collectif houille-ouille ouille 59 / 62, Collectif non aux huiles gaz de schiste 91, Collectif les taupes énervées, Collectif Garrigue Vaunage (30), Collectif de Valgorge (07), Collectifs Isérois Stop GHRM (38), Collectif viganais contre les huile et gaz de schiste (30), Collectif Grand Valentinois (26), Collectif Causse Méjean – Gaz de Schiste NON ! (48), Les Dindons de la Farce (France), Collectif citoyen Ile-de-France non aux gaz et pétrole de schiste et de couche (Ile-de-France, Paris), Collectif « Montpellier Littoral contre les gaz, pétrole de schiste! »(34), Collectif NPGDS du Bocage gâtinais (77 – 89 – 45), Collectif Orb-Jaur non au gaz de schiste (34), Collectif bassin de Thau (34), Collectif Sète (34), Eco’lectif Dégaze Gignac et Environs (34), Collectif GAZPART (02), Collectif Florac Non au Gaz de Schiste (48), Collectif Non Gaz La Canourgue (48), Collectif Citoyen du Narbonnais Non Gaz et Pétrole de Schiste (11), Collectif Garrhodstopgaz Gard Rhodanien (30), Collectifs Isérois Stop aux GHRM (38), Collectif 32 Non au gaz de schiste (32), Collectif briard77 (77), Collectif stop gaz d’hydrocarbures de Lorraine et d’Alsace (54, 55, 57, 67, 68, 88), Collectif « non au pétrole de schiste » du Pays-Fertois (77), Collectif cévenol CAMIS’GAZ (30), Collectif Stop GDS Roquedur-Le Vigan (30), Collectif Gaz de schiste Non Merci – Clapiers (34), Collectif 82 non gaz et huile de schiste, Collectif ALDEAH (France et Amérique latine), Collectif de Barjac (30), Collectif stop gaz de schiste 39, Collectif St Jean de Maruéjols (30), Collectif Montpeyroux, Arboras, Aniane (34), Collectif du Céressous (34), Collectif Piémont Cévenol (30), Collectif “Touche pas à mon schiste !”, Bastagaz!Alès

(!) Info minute – Revue de Presse

Traduction par nos soins de l’article publié par le Baltimore Sun le 9 avril 2015

Une nouvelle étude conduite par des chercheurs de l’université américaine Johns Hopkins lie les niveaux élevés de radon radioactif trouvé dans les maisons de Pennsylvanie à la vague de forages de puits de gaz de schiste par fracturation hydraulique.

Dans un article publié en ligne jeudi dans Environmental Health Perspectives, des chercheurs de l’École Bloomberg de santé publique de l’université Johns Hopkins ont indiqué que les niveaux de radon dans les maisons Pennsylvanie sont en hausse depuis 2004, les plus fortes hausses ayant été enregistrées dans les comtés où ont été forés la plupart des puits.

Brian S. Schwartz, professeur en santé environnementale et directeur de l’étude, considère les résultats comme inquiétants: « Nous avons trouvé des choses qui effectivement ne nous rassurent pas du tout par rapport à ce que nous pensions trouver lorsque nous avons démarré notre étude».

La Pennsylvanie a déjà des niveaux relativement élevés de radon, un gaz inodore et incolore. Produit par la désintégration de l’uranium, un minerai radioactif dans laradon plupart des sols, le gaz s’infiltre dans les maisons et les bâtiments, et peut atteindre des niveaux dangereux dans les endroits mal ventilés. L’exposition à long terme au radon[1] peut augmenter les chances d’avoir un cancer. Aux États-Unis, les responsables fédéraux de la santé disent que le radon est la deuxième cause du cancer du poumon, après le tabagisme.

En travaillant avec le réseau de santé de Pennsylvanie Geisinger Health System, les chercheurs ont analysé plus de 860 000 mesures domestiques de radon recueillies par le département de protection environnementale de Pennsylvanie entre 1989 et 2013. Ils ont confronté ces analyses de gaz à une variété d’éléments, y compris des données géologiques locales, le niveau de richesse des ménages, des données météorologiques.

L’étude a révélé que pour les bâtiments pour lesquels l’alimentation en eau provient de puits domestiques, les niveaux de radons étaient plus importants que dans ceux alimentés par le réseau municipal. Ils ont également découvert que les mesures faites en été au premier étage de bâtiments situés relativement près de puits de gaz fracturés, ont tendance à être plus élevées en radon que dans les bâtiments qui en sont éloignés.

Bien qu’il puisse y avoir d’autres explications, M. Schwartz indique que les résultats semblent être liés aux plus de 7000 puits de gaz de schiste fracturés dans l’État de Pennsylvanie au cours de la dernière décennie. Le processus de fracturation hydraulique consiste à pomper de grandes quantités d’eau, de sable et de produits chimiques dans le sol, une certaines partie de ces produits remontant ensuite en Etude lie haut niveau de radon a la fracturation hydraulique stop gaz de schistesurface avec le gaz.

Les chercheurs indiquent par ailleurs que le bassin de schiste de Marcellus est connu pour contenir de l’uranium, et qu’ainsi l’eau de reflux de la fracturation et les déchets de forage peuvent contenir des niveaux élevés de radium, qui peuvent produire du radon. Ils suggèrent également que le radon peut pénétrer dans les bâtiments par le gaz naturel utilisé pour le chauffage et la cuisine.

L’État de Pennsylvanie a récemment publié sa propre étude, estimant que les risques liés à l’exposition aux rayonnements générés par les opérations de fracturation, étaient faibles, que ça soit pour les équipes de forage ou la population.

Mais pour M. Schwartz l’étude menée par l’État de Pennsylvanie se base sur un échantillonnage de mesures de radon effectuées autour de trois douzaines de puits. Pour lui l’étude d’Hopkins fournit un meilleur aperçu de l’exposition potentielle puisqu’elle s’est faite sur la base de centaines de milliers de lectures d’échantillons à travers l’État.

_________________________

[1] Le radon, lire par exemple ce qu’on en dit sur wikipedia http://fr.wikipedia.org/wiki/Radon

(!) Info minute – Revue de Presse

Attention, un train peut en cacher un autre. Les très conservateurs pro-gaz de schiste, avec quelques jours de retard sur le 1er avril, se réjouissent de la « blague » faite au gouvernement avec la publication par le Figaro d’un rapport faisant la promotion d’une technique de fracturation hydraulique inexistante. Ce vacarme soudain au sujet du gaz de schiste permet de masquer « un scénario 100% renouvelable » préparé par l’ADEME… la publication duquel est en effet « retardée » alors qu’il aurait pu alimenter la loi sur la transition énergétique.

Le Monde et le scénario 100% renouvelable … escamoté

Comme le rapporte le quotidien Le Monde dans son édition du 4 Avril 2015, ce devait être le clou d’un colloque organisé, les 14 et 15 avril à Paris, par panneau-trainl’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (ADEME)[1]. L’établissement public, placé sous la double tutelle des ministères de l’écologie et de la recherche, devait y dévoiler un scénario « 100 % énergies renouvelables », traçant la voie vers un bouquet électrique intégralement composé de ressources « vertes » à l’horizon 2050. Le 4 avril 2015, la présentation avait disparu du programme des deux journées, sobrement intitulées : « Les énergies renouvelables dans le mix électrique français » Lire la suite sur le Monde.

Le Figaro et le vrai dossier de la fracturation imaginaire

Deux jours plus tard Le Figaro publie un document faisant la promotion d’une méthode de fracturation hydraulique à base de gaz liquéfié (l’heptafluropropane dontcoussin nous avions parlé ici il y a plus d’un an). Le titre accrocheur évoque un document « secret », qui aurait été caché par François Hollande lui-même; De quoi parle-t-on ? D’une note de l’alors ministre du redressement productif, le très pro-gaz de schiste Arnaud Montebourg étayée par un dossier faisant la promotion d’une méthode de fracturation de la roche profonde jusque là jamais mise en œuvre et vendue par la firme nord américaine ECorp. Le tout rédigé il y a plus d’un an. Lire le très juste article de Libération ici.

Le débat sur la gaz de schiste a eu lieu…

La presse et les média télévisés reprennent en boucle le « rapport Montebourg » et offrent la possibilité au lobby pro-gaz de schiste de se plaindre de « l’absence de débat ». Le débat a pourtant eu lieu. Il s’est tenu au parlement, c’était en 2011. Il a abouti à l’interdiction de la fracturation hydraulique. Cette année la France accueille la conférence internationale sur le climat (COP21). Veut-on y promouvoir l’exploitation du gaz de schiste émetteur de méthane fort gaz à effet de serre?

Vers un mix 100 pour cent renouvelable en 2050 ADEME
Rapport ADEME: cliquer pour accéder à la lecture du rapport
… Mediapart et le rapport de l’ADEME « vers un mix électrique 100% renouvelable en 2050

<– Au moment où nous allons mettre en ligne ce billet, Mediapart publie le rapport de l’ADEME. A lire donc!

et là lire aussi l’article de médiapart

 


_________________________

Lire aussi :

Guerre du gaz de schiste : ce point souvent oublié qui pourrait pourtant mettre tout le monde d’accord – Interview de Thomas Porcher (Docteur en économie, professeur en marché des matières premières à PSB (Paris School of Buisness) et chargé de cours à l’université Paris-Descartes) http://www.atlantico.fr/decryptage/guerre-gaz-schiste-point-souvent-oublie-qui-pourrait-pourtant-mettre-tout-monde-accord-thomas-porcher-2080375.html#swv7h7Cz1UyAJVzl.99

Gaz de schiste : Sans fracturation hydraulique, pas d’exploitation … ni d’exploration https://stopgazdeschiste.org/2014/02/27/gaz-de-schiste-sans-fracturation-hydraulique-pas-dexploitation-fluoroprane/

 Scénario Negawatt 2011 http://www.negawatt.org/scenario-negawatt-2011-p46.html

(!) Info minute – Revue de Presse

Le gouvernement fédéral a adopté cette semaine un projet de loi qui doit être soumis au parlement le 8 mai 2015. Il s’agit de maintenir la possibilité pour l’industrie des hydrocarbures de forer à petite échelle et le moment venu de développer un projet industriel … pourtant non rentable s’il n’est pas largement subventionné.

Le cheval de Troie de l’industrie du gaz de schiste

Des chercheurs allemands ont beau expliquer dans une récente étude[1] que l’exploitation des hydrocarbures par fracturation hydraulique en Europe n’est pas rentable, le gouvernement dirigé par la chancelière Merkel cède malgré tout au lobby des gaz de schiste.

Le porte parole Steffen Seibert rendant compte du conseil des ministres déclarait finement que le projet de loi « n’autorise pas ce qui était jusqu’à présent interdit, mais au contraire interdit beaucoup de ce qui était pour l’heure possible, comble des failles juridiques et établit des règles strictes là où il n’y avait pas de règles claires ». On pourrait se réjouir de ces dispositions restrictives si elles n’étaient l’illustration du cheval de Troie que l’industrie pétrolière maintient avec un certain succès dans plusieurs pays européens après avoir rudement bataillé en 2013 et 2014 contre l’instauration d’une directive européenne[2].

Les ministères de l’Énergie et de l’Environnement précisent que le projet de loi allemande « prévoit des interdictions dans certaines régions précises pour des questions de protection de l’eau potable, de la santé et de la nature, ainsi que des restrictions générales pour l’utilisation de la fracturation hydraulique dans les schistes, la glaise, les marnes ou les couches de charbon ». De plus il interdit l’exploitation commerciale de la fracturation hydraulique visant l’extraction des hydrocarbures dits « non conventionnels » dans des roches dures comme les schistes à des profondeurs inférieures à 3000 mètres.

L’industrie va faire mine de gémir sachant pertinemment que ce moratoire pourra être levé lorsque le contexte économique et politique s’y prêtera. En France, la prolongation de concessions et la délivrance de nouveaux permis de recherche ou leur prolongation[3] permet à leurs titulaires de maintenir une présence et de forer à tour de bras dans le bassin parisien. La zone de Champotran[4] en Seine et Marne est un exemple de l’activité en cours où les forages en grande profondeur sont effectués[11]. S’il s’agissait d’attendre un assouplissement des règles ou la délivrance d’autorisations de recherche pour stimuler la roche comme pourrait le permettre la loi de Juillet 2011, on ne s’y prendrait pas autrement.

L’Europe subventionne déjà l’industrie du gaz de schiste

Alors que l’Europe -comme le reste du monde- est face à un défi majeur concernant ses émissions de gaz à effet de serre et tandis que Paris doit accueillir la vingt et unièmeCheval_de_Troie_stop_gaz_de_schiste conférence internationale sur le Climat (COP 21) au mois de décembre 2015, l’industrie des hydrocarbures continue à bénéficier de nouvelles subventions. Dans le cadre du « programme Horizon 2020 » un fonds de recherche européen[5] propose en effet une aide de 113 millions d’euros aux entreprises qui exploitent le gaz de schiste. Autre exemple, en 2014 la société Baltic Ceramics a reçu un financement de 11 millions de dollars de l’Union européenne , et un autre de 4 millions de dollars de fonds publics de la Pologne « pour stimuler l’innovation » dans le cadre du développement d’une usine de production de billes. Cette société prévoit en effet de produire des agents de soutènement en céramique, des billes sphériques minuscules et presque indestructibles qui sont injectées sous terre lors des opérations de fracturation hydraulique mises en œuvre pour libérer les hydrocarbures (pétroles ou gaz de schiste) piégés dans la roche mère[6].

Rappelons qu’aux États-Unis où a eu lieu le « boom du gaz de schiste », la production massive d’hydrocarbures non conventionnels a été possible d’une part parce que la géologie y était très favorable dans un pays gigantesque avec une faible pression démographique mais aussi parce que les pouvoirs public étaient peu regardants sur les pratiques de l’industrie dans une situation très peu règlementée (avec les conséquences sanitaires et environnementales que l’on connaît). Par ailleurs les cadeaux fiscaux faits par les États aux opérateurs du secteur de la production pétrolière et gazière sont autant de subventions qui ont donné l’illusion d’une production économiquement rentable[7].

2017, attention à la reprise !

Malgré les récentes déconvenues des majors en Pologne, en Roumanie, en Ukraine (où les recherches s’avèrent très peu fructueuses et ne confirment pas les espérances d’un « eldorado européen des gaz de schiste », lesquels sont emprisonnés dans des systèmes géologiques capricieux et résistants), l’industrie n’a pas dit son dernier mot. Bien déterminées à essorer tout ce que notre planète contient d’hydrocarbures, et face à la baisse actuelle des cours du pétrole, les grosses compagnies réduisent les opérations à risque (dont la recherche) et débauchent à tour de bras pour continuer de gâter leurs actionnaires. Mais ceci est temporaire et même avec le retour de l’Iran, il est difficile d’imaginer que le pétrole pas cher sera durable.

Si la situation s’avère très tendue voire désastreuse pour certains opérateurs aux États-Unis et alors que la production de pétrole ainsi que le nombre de nouveaux forages commencent à baisser[8], la santé financière des majors reste outrageusement bénéficiaire. Et le secteur est prêt à augmenter la production et relancer les forages dès que l’Arabie Saoudite aura cessé sa pression.

On peut donc imaginer qu’après les élections américaines (dont les candidats sont massivement financés par l’industrie fossile), et quelques soit les engagements des États-Unis en matière d’émissions de carbone et de gaz à effet de serre, que le ou la présidente aura une dette vis-à-vis de ses « mécènes ». Il sera alors de bon ton de répéter des deux côtés de l’Atlantique que « le gaz de schiste est une énergie de transition ».

On peut également penser, et sans faire preuve d’une très grande imagination, que la même chose se prépare pour 2017 en France. En 2011, il a été demandé à l’industrie pétrolière d’être patiente. Une loi d’interdiction de la fracturation hydraulique a étémanifestation-contre-l-exploitation-du-gaz-de-schiste-a-donzere-le-16-avril-2011 votée pour éteindre la contestation. Le lobby du pétrole et du gaz de schiste un peu déçu pensait que « la blague » serait de courte durée mais François Hollande a (jusqu’à présent) maintenu son engagement de ne pas autoriser l’exploitation du gaz de schiste. Il ne serait donc pas surprenant, et quelle que soit l’équipe qui occupera l’Élysée et Matignon, qu’à partir de 2017 l’offensive des pétroliers soit massive. Entre temps, le lobby de l’énergie fossile au premier rang duquel figurent les industriels, travaille déjà à l’acceptation sociale avec la publication de nombreux articles dans les journaux, la mise en fonction de son « centre d’information sur les hydrocarbures non conventionnels » et le « recrutement » de « modèles sociaux » tels que la navigatrice Maud Fontenoy[9]. D’ores et déjà, le marketing social du gaz de schiste est engagé.

Non, les hydrocarbures non conventionnels ne sont pas une énergie de transition[10] !

______________________________

[1]  Allemagne, Europe, l’exploitation des hydrocarbures par fracturation hydraulique n’est pas rentable https://stopgazdeschiste.org/2015/03/21/allemagne-europe-lexploitation-des-hydrocarbures-par-fracturation-hydraulique-nest-pas-rentable-etude/
[2] La commission européenne baisse les bras sur les gaz de schiste http://www.euractiv.fr/sections/energie/la-commission-baisse-les-bras-sur-le-gaz-de-schiste-269574/
[3] http://www.romandie.com/news/Petrole-prolongation-dune-concession-du-canadien-Vermilion-en-Gironde/581058.rom/
[4] Voir les pages 13 et 14 du bulletin mensuel de février 2015 du bureau exploration-production des hydrocarbures (BEPH), DGEC du Ministère en charge de l’Énergie et de l’Écologie http://www.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/Bull-beph_02_2015.pdf/
[5] L’UE a commencé à subventionner le gaz de schiste http://www.euractiv.fr/sections/energie/lue-commence-subventionner-le-gaz-de-schiste-302801/
[6] Pologne: Une usine de fabrication de billes de céramique pour le fracking en Europe financée par l’Union Européenne https://stopgazdeschiste.org/2014/05/27/pologne-une-usine-de-fabrication-de-billes-de-ceramique-pour-le-fracking-en-europe-financee-par-lunion-europeenne/
[7] Ce qu’on ne dit pas sur le miracle gazier américain http://m.lesechos.fr/redirect_article.php?id=0202464816336/
[8] Chute de la production américaine de pétrole http://petrole.blog.lemonde.fr/2015/04/02/chute-de-la-production-americaine-de-petrole/
[9] Énergie : Jean Jouzel et Corinne Lepage ne partagent pas l’analyse de Maud Fontenoy http://www.techniques-ingenieur.fr/actualite/technologies-de-l-energie-thematique_89428/energie-jean-jouzel-et-corinne-lepage-ne-partagent-pas-l-analyse-de-maud-fontenoy-article_293465/
[10] Pourquoi le gaz de schiste n’est pas une énergie de transition https://stopgazdeschiste.org/pourquoi-le-gaz-de-schiste-nest-pas-une-energie-de-transition/
[11] http://colfertois.canalblog.com/archives/2015/04/04/31833721.html

(!) Info minute – Revue de Presse

Le gouvernement américain va mettre en place des mesures pour encadrer la fracturation hydraulique. Elles concerneront l’étanchéité des puits, le stockage et le traitement des eaux de fracturation ainsi que la publication de la liste des produits chimiques utilisés. Nous nous interrogeons sur l’impact réel de telles mesures sur les pratiques des sociétés de forage et de fracking américaines.

La fracturation hydraulique, qui consiste à injecter de l’eau, du sable et des produits chimiques dans le sous-sol pour y récupérer le pétrole et le gaz difficiles à extraire, suscite de plus en plus d’opposition aux États-Unis.

Dans le cadre de la mise à jour des normes et alors que la réglementation en vigueur date d’il y a 30 ans et qu’«elle n’est plus adaptée à la situation actuelle», le Bureau de gestion des terrains (BLM) du département de l’Intérieur lui-même responsable de l’exploitation des ressources naturelles et de la gestion des terres publiques aux États-Unis a reçu des contributions de plus de 1,5 million de particuliers et d’associations[1]

Quelles sont les mesures annoncées ?
  • Les mesures annoncées[2] vendredi « obligeront les groupes pétroliers et gaziers à renforcer l’étanchéité de leurs puits et des tests seront systématiquement effectués pour vérifier la qualité des parois en ciment censées empêcher la contamination des nappes phréatiques.
  • Les sociétés devront aussi publier dans un délai des 30 jours quels produits chimiques elles injectent dans le sol pour permettre l’extraction[3]».
  • Avant de commencer un forage, les compagnies pétrolières et gazières devront également « fournir davantage d’informations concernant le stockage des fluides toxiques utilisés.
  • Elles devront par ailleurs sécuriser les eaux usées dans des réservoirs couverts, au lieu de les évacuer, comme c’est parfois le cas, dans des fosses creusées à même le sol.
  • Les compagnies devront aussi détailler comment elles comptent éliminer ces produits toxiques. Enfin, elles auront à fournir plus d’informations concernant les réserves d’eau situées à proximité du forage afin que celles-ci soient protégées ».
Les limites de la réglementation fédérale

Ce premier pas vers une réglementation est toutefois limité dans la mesure où elle ne vise que les terrains qui sont la propriété de l’État fracking - -fédéral. Cela ne représente que 11 % du gaz naturel exploité et 5 % des gisements de pétrole. Environ 100 000 puits sont concernés au total. La grande majorité de l’extraction se déroule en effet sur des espaces privés ou appartenant aux États fédérés, qui restent libres d’appliquer leurs propres règles. Dans de tels cas, tant que les États n’auront pas eux-mêmes pris la décision d’une interdiction totale comme c’est par exemple le cas dans l’État de New-York, les populations et leur environnement resteront sans réelle protection et risqueront d’être impactées par un air empoisonné et une eau qui peut être contaminée.

Ensuite, il est intéressant de constater que plutôt de d’édicter des normes, l’administration fédérale requiert des entreprises qu’elles communiquent leurs plans pour le stockage et le traitement des eaux de fracturations hydrauliques. Globalement il s’agit d’appliquer un régime déclaratif[4] lequel finalement repose sur la bonne volonté et l’honnêteté supposée des entreprises. S’agissant de l’application de bonnes pratiques pour le forage et la cimentation permettant d’assurer l’intégrité des puits, les plans devront être approuvés par les ingénieurs du BLM. Toutefois, qu’en sera-t-il du suivi et du contrôle lors de la mise en œuvre des opérations sur le terrain puisque le BLM ne dispose pas du budget pour assurer l’inspection de l’ensemble des opérations de forage?

Par ailleurs, les entreprises américaines qui restent leader dans la recherche et l’exploitation des pétroles et gaz de schiste –activité nécessitant obligatoirement le recours à la fracturation hydraulique- ne se verront certainement pas obligées par la loi fédérale américaine de recourir à des « meilleures pratiques » en dehors du territoire des États-Unis. La réglementation concernant l’exploitation des ressources minières (comme les hydrocarbures liquide ou gazeux) reste généralement du seul ressort des États qui y exercent leur souveraineté. Une partie des règles est édictée dans les codes miniers, le reste des pratiques est géré par les lois sur la protection de l’eau et de l’air. Ceci nécessite des États forts et compétents, dotés de moyens pour assurer un suivi et un contrôle effectifs.

La réaction hostile des compagnies pétrolières

Cette perspective d’une nouvelle réglementation a attiré une vive opposition des groupes de l’industrie pour lesquels les nouvelles exigences réglementaires feront grimper les coûts de production. Elles sont relayées par des éditorialistes[5] qui clament que les États n’ont pas attendu pour mettre en œuvre leur propre réglementation sur la pratique de l’exploration et de l’exploitation des hydrocarbures par forage horizontal et fracturation hydraulique et de celles-ci sont bien suffisantes[6]. Sans oublier les déclarations caricaturales au sujet des produits inoffensifs utilisés pour la fracturation hydraulique puisqu’on les trouve dans la fabrication « du dentifrice, des laxatifs (sic !), de détergents, et de crème glacée ».

_________________

[1] Ainsi, récemment, en Caroline du Nord, Halliburton a fait un intense lobbying pour Interior Department Releases Final Rule to Support Safe, Responsible Hydraulic Fracturing Activities on Public and Tribal Lands http://www.doi.gov/news/pressreleases/interior-department-releases-final-rule-to-support-safe-responsible-hydraulic-fracturing-activities-on-public-and-tribal-lands.cfm
[2] Hydraulic Fracturing on Federal and Indian Lands; Oil and Gas – Prépublication avant publication au journal officiel le 26/03/2015 https://s3.amazonaws.com/public-inspection.federalregister.gov/2015-06658.pdf
[3] Ce sujet est une question sensible pour les compagnies pétrolières, qui sont très jalouses de leurs secrets industriels et n’hésitent pas à employer les grands moyens : faire passer une loi, qui condamne toute personne qui divulguerait la liste des produits chimiques utilisés pour la fracturation hydraulique.
[4] Dans le cadre des réglementations existantes au niveau des États, les déclarations faites à Fracfocus ne sont pas systématiquement revues et exploitées et dans des délais corrects par une entité indépendante ou d’État https://stopgazdeschiste.org/2014/11/25/petrole-et-gaz-de-schiste-ces-puits-geants-ou-la-fracturation-hydraulique-requiert-95-millions-de-litres-deau/
[5] Washington’s Redundant Fracking Regulations http://www.nationalreview.com/article/415738/washingtons-redundant-fracking-regulations-jillian-kay-melchior
[6] La réglementation fédérale stipule que lorsque la réglementation de l’État est aussi (ou plus) stricte c’est cette dernière qui s’appliquera.