Sauvegarde du principe de précaution j’écris à mon député            (!) Info minute – Revue de Presse
Article emprunté au site de nos cousins québécois Les Ami(e)s du Richelieu – Traduction d’un reportage d’Andrew Nikiforuk publié dans le quotidien The Tyee

La rentabilité à long terme de l’industrie est très discutable, selon des études.
Après avoir étudié les données de production de 65,000 puits forés dans 31 formations géologiques différentes de schiste non conventionnel en 2012, David Hugues prédit que l’industrie sera dans le gros pétrin à cause de sa révolution d’hydrocarbures non conventionnels en Amérique du Nord. L’éminent géologue, qui étudie les ressources énergétiques du Canada depuis 4 décennies, nous prévient que les opérations de pétrole et de gaz de schiste ont 4 gros défis à relever: les coûts d’investissements à la hausse, un rendement inégal et une empreinte environnementale croissante, le tout menant vers un épuisement rapide (de la ressource). « Le gaz de schiste peut continuer à prendre de l’ampleur, mais seulement avec des coûts plus élevés, et cette croissance exigera une série de forages en escalade accompagnée de coûts financiers collatéraux et environnementaux – et sa durabilité à long terme est très discutable, » prédisait Hugues il y a 2 ans de cela.  Des données économiques récentes sur l’industrie cueillies de Bloomberg, Energy Analyst et même International Energy Agency démontrent que Hugues visait juste.  Les mauvaises nouvelles économiques du schiste, un roc dense qui se trouve à 2 ou 3 kilomètres sous terre, viennent de plusieurs sources clés.

Des prêts incessants

fracking field Flickr SkyTruthLa première alerte sonna en 2013 dans un rapport de Virendra Chauhan, un analyste d’Energy Aspects de Londre l’an passé.

« L’autre histoire du schiste » rapportait que les taux d’épuisement des puits de schiste, produisant soit du pétrole ou du schiste, étaient si importants que les compagnies devaient constamment emprunter plus d’argent pour forer encore plus de puits.

Chauhan avait constaté que les payements sur les intérêts sur des dettes de 35 compagnies de schiste comptaient pour 40% de leur production non conventionnelle et accaparaient une part de plus en plus grande de leurs revenus.

« Par la nature même des puits de schiste, qui ont des taux de déclin élevés, font que le besoin de constamment réserver du capital pour les forages exploratoires afin de maintenir et accroitre les volumes de production, » explique Chauhan.

« Il en résulte que les dépenses moyennes de Capex (dépenses d’investissement) pour les 35 compagnies étudiées qui serviraient de guide pour l’industrie équivalent à $50 par baril de pétrole (BOE) sur les dernières 5 années, durant une période de temps que leurs revenus par BOE étaient en moyenne de $51.5. »

Le cash flow était dans le négatif soutenu pour les compagnies que Chauhan a étudié depuis 2007.

« La révolution du schiste n’est pas une panacée qui offre une extension sans fin du paradigme de la croissance, et c’est important de comprendre cela pour éviter le potentiel d’une déception aiguë des réserves globales du futur, » conclut Chauhan.

Le pic de la production

Ensuite les commentaires d’Arthur Berman, un géologue de Houston dans une entrevue pour OilPrice.com.

L’éminent analyste remarquait que la production du schiste avait atteint un sommet dans la plupart des régions exploitées (les formations étaient supposées de produire pendant des décennies), et que les compagnies dépensaient plus d’argent qu’elles gagnaient parce que la surproduction avait fait baisser le prix du gaz.

Sans des prix plus élevés pour le gaz naturel, il prédisait que « le boom du gaz de schiste n’est pas soutenable. »

Il disait que les compagnies et les gouvernements avaient trop loué le potentiel des schistes parce que « c’est tout ce qui reste au monde. Soyons francs: ce sont véritablement des rocs réservoirs terribles et c’est pourquoi nous avons attendu tout ce temps après que toutes les autres sources attirantes soient épuisées avant de les développer. »

Il pensait aussi que la folie du gaz naturel liquéfié n’était pas basée sur de vrais estimés des réserves ou en vrais dollars. « Cela m’étonne de voir que les génies derrière les exportations de gaz prennent pour acquis que les conditions d’affaires qui ont abouties en bons prix outre-mer resteront tels quels jusqu’à ce qu’ils finissent de construire leurs installations d’exportation, » dit-il.

Des recettes qui se font attendre

Les commentaires de Berman étaient suivi par une analyse pointilleuse de Ruud Weijermars, un consultant énergétique hollandais dans la publication Oil and Gas Journal. Weijermars avait un regard sobre et critique de la destinée financière des projets de gaz de schiste aux aéroports des É.-U.

Au début du boom du gaz de schiste en 2006, Chesapeake Energy avait approché l’aéroport Dallas Fort Worth Airport (DFWA). La compagnie voulait forer 330 puits et fracturer les schistes du Barnett en dessous.

La DFWA a négocié un boni à la signature de la location de 18,543 acres et des redevances de 25% sur les revenus bruts des ventes.

Mais Chesapeake avait surestimé la quantité de gaz dans le sous-sol et sous-estimé les coûts pour l’extraire. Non seulement est-ce que la compagnie semblerait avoir provoqué des séismes avec ses puits d’injections, mais a dû repenser son équipement avec des moteurs électriques pour ne pas être un risque de sécurité à l’aéroport.

Finalement, Chesapeake a seulement foré la moitié des puits qu’elle prévoyait forer à un coût de $7,21 par mille pieds cubes (Mcf) pour un marché qui offrait $4,23 Mcf. L’aéroport a fait de l’argent, mais Chesapeake a perdu $316 millions.

« Les résultats projetés du projet de développement du gaz de schiste de la DFWA est exemplaire pour les profits manquants suite aux investissements dans les champs d’exploitation du gaz de schiste des É.-U., » finit par conclure l’analyste hollandais.

« Finalement, l’approche permissive des régulateurs et des financiers et leur négligence de remarquer les signes avertisseurs des faibles principes de base sont typiquement ceux des bulles d’investissements gonflés, comme on l’a vu dernièrement durant la bulle des dot-com et du scandale immobilier. La bulle du gaz de schiste sera probablement la prochaine à éclater. »

Les forages en série

Vient ensuite une autre évaluation du Oxford Institue for Energy Studies qui donne beaucoup à réfléchir.

L’analyste Ivan Sandrea remarque que les dépenses d’investissement dans le schiste non conventionnel ont passé de $5 milliards en 2005 à $80 milliards en 2013, plus $200 milliards en fusions (d’entreprises).

Mais la prospérité n’est pas venue comme on l’espérait: « Les dépréciations affiliées par plusieurs des plus importants joueurs dans le schiste approchent maintenant $35 milliards, ce qui laisse penser que certaines de ces développements n’atteindront pas les premières attentes techniques et d’affaires. »

Sandrea ajoute que l’industrie a trouvé très peu d’endroits idéaux (sweet spots). « Dans l’ensemble, l’expérience cumulative des forages démontre que ces développements peuvent être importants en étendue, mais pas nécessairement de façon continuelle ou d’une échelle homogène; il y a des endroits où la performance d’un puits est forte et de façon répétitive à l’intérieur de chaque développement, dont certains sont meilleurs que d’autres, mais pour plusieurs compagnies, le seuil de rentabilité et les imprévus sont élevés. »

L’un des principaux problèmes est l’épuisement rapide (de la ressource) ce qui oblige les forages en série: « Mais qui peut, ou veut, financer le forage de millions d’acres et des centaines de milliers de puits à perte continuellement? »

Le mois passé, Bloomberg, le journal financier, avait rapporté que la dette courante de 61 foreurs de gaz de schiste a doublé pour atteindre $163,6 milliards sur 4 ans tandis que leurs revenus a stagné à 5,6%.

« Les foreurs sont pris dans une impasse. Ils doivent continuer à emprunter pour payer pour l’exploration nécessaire pour contrebalancer les déclins sévères de la production qui sont typiques aux puits de schiste, » rapporte Bloomberg.

« En même temps, les investisseurs font des pressions auprès des compagnies pour qu’elles fassent des coupures. Les dépenses ont baissées pour 26 des 61 compagnies étudiées. Pour les compagnies qui ne peuvent pas se permettre financièrement de continuer de forer, moins de pétrole extrait veut dire qu’il y a moins d’argent qui entre, ce qui accélère la chute libre financière. »

L’une des compagnies étudiées est Quiksilver, propriétaire d’un site potentiel d’une usine de liquéfaction de gaz naturel à Campbell River, en Colombie-Britannique. Les dépenses d’intérêts de la compagnie ont absorbé presque 45% de ses revenus.

Encana, un investisseur majeur dans les développements de schiste gazier en C.-B., a vendu beaucoup de ses propriétés de schiste et a fait des coupures de personnel de 20% à cause de problèmes financiers, dont un ration d’endettement sur fonds propre de 58%. D’autres corporations importantes comme Shell ont diminué leurs actifs en schiste.

L’article de Bloomberg prévient que « le développement du schiste aux É.-U. va faire face à d’importants bouleversements à cause des foreurs qui s’efforcent de tenir le rythme tandis que les dépenses sans fin sont nécessaires pour continuer d’extraire le pétrole et le gaz du sous-sol. »

La production du gaz de schiste en C.-B. ressent cette situation économique préoccupante. Tandis que la production des dernières années a augmenté, les revenus sous forme de redevances ont diminués dramatiquement, passant de $1 milliard par année à moins de $200 millions par année pour les propriétaires de la ressource, les gens de la Colombie-Britannique. Pendant ce temps-là, les subventions à l’industrie sous forme de crédits de redevances, de primes d’encouragement pour les infrastructures, une science gratuite et de l’eau gratuite, ont augmentées.

Gare à la ruine

Finalement, il y a l’agence International Energy Agency. Son dernier rapport documente un monde de recettes à la baisse venant des investissements dans l’énergie. Les pétrolières dépensent plus mais les recettes diminuent.

Il ne suggère pas que la production pétrolière ou gazière venant des formations fracturées de schiste nous sortirait du pétrin, ni nous garantit l’indépendance, ou même générer des recettes profitables.

le krach du schisteIl prédit plutôt, comme le mentionnait Gail Tverberg, analyste en énergie et finances, dans une entrée de blogue dernièrement, un résultat invraisemblable: « Pouvoir répondre à la demande croissante à long terme en pétrole dépend de plus en plus du Moyen-Orient, une fois la croissance actuelle des ressources hors-OPEP commencera à s’essouffler durant les années 2020. »? Quand le journal The Tyee a contacté David Hugues, un universitaire du Post Carbon Institute, il a passé ce commentaire sur les développements économiques récents de l’industrie chargée de dettes:

« Bien que la révolution du schiste ait augmenté temporairement la production pétrolière et gazière de l’Amérique du Nord, il est très douteux qu’elle sera soutenable sur le long terme. »

Le battage publicitaire à propos de « l’Amérique Saoudite » et « l’indépendance énergétique » des États-Unis ne se réalisera probablement pas et les Américains seraient bien sage de planifier leur futur énergétique sans l’aubaine d’énergies fossiles venant du schiste, dit-il.

Sauvegarde du principe de précaution j’écris à mon député            (!) Info minute – Revue de Presse

Entre Argeliers et Mirepeisset, ils étaient plusieurs centaines à s’être retrouvés pour une marche contre les projets de travaux de recherche de gaz de schiste. Dans le collimateur : le permis de recherche d’hydrocarbures liquides ou gazeux dit des « Plaines du Languedoc » attribué par l’État, en 2009, à la société Lundin Petroleum. « Il expire en  octobre prochain, explique Ania, du collectif Orb-Jaur. Nous nous mobilisons pour qu’il ne soit pas renouvelé ! »

NARBONNAIS STOP GAZ DE SCHISTE« Çà fait plus de deux cent ans qu’ils en cherchent, s’il y avait du pétrole, ils l’auraient déjà trouvé », rappèle-t-elle. En effet loin des projecteurs, le 2 octobre 2009, l’État accordait un permis d’exploration à la société Lundin International SA, filiale du groupe Lundin Petroleum, sur une superficie de 2 348 km², le permis des « Plaines du Languedoc ». De la Montagne Noire à Pézenas, en passant par les plages méditerranéennes et les coteaux du Minervois, l’entreprise était libre de procéder à l’exploration du sous-sol pour y déceler gaz ou pétrole dans les couches schisteuses. Comme ailleurs en France ce permis a été accordé sans aucune consultation de  la population ni des élus. En témoigne une mobilisation des maires à ce rassemblement; Les maires de Bize (Alain Fabre), de Ginestas (Georges Combes) et d’Argeliers (Bernard Naudy) étaient présents. «Je n’ai vu personne venir à la mairie me demander l’autorisation. Je suis venu soutenir cette marche car je m’élève contre la fracturation et je ne donnerai pas l’autorisation. Ce serait une catastrophe pour le territoire, le tourisme et l’environnement» avance Alain Fabre.

Or les permis d’exploration ne durent que cinq ans et celui de Lundin Petroleum expire à l’automne 2014. Ruben, militant de la commune de Quarante, explique : « Début juin, les maires des communes d’Argeliers, Montouliers et Ginestas ont été approchés par la société Athemis France, chargée par la multinationale Lundin Petroleum de réaliser des relevés sismiques »

Les pétroliers refusent de s’expliquer
permis_plaine_du_langudoc_v_1-7e5d6

Périmètre du permis de recherche H Plaines du Languedoc

Joint par téléphone, Alain Hontanx, directeur des opérations techniques chez Athemis France, répondait au journal Reporterre que « pour le moment, nous n’avons aucun mandat de la part de Lundin Petroleum. Adressez vous directement à eux sur toutes ces questions ». Mais l’entreprise suédoise ne souhaite pas nous parler.

Les sondeurs se taisent donc. Ce sont les militants qui expliquent de quoi il retourne. Ainsi, Pierre, de Pézenas (Hérault) détaille le procédé : « Il s’agit d’amener de gros camions, des sondeurs sismiques, aux quatre coins d’un terrain de plusieurs hectares. Ces camions envoient des ondes dans le sol en le frappant avec une masse mécanique et des ordinateurs récupèrent les échos des vibrations, un peu comme un sonar ». Ainsi l’on reconstitue les différentes couches du sol et l’on peut repérer gaz ou pétrole enfoui.

Mais tambouriner ainsi par terre n’est pas sans risque. En Pologne et en Roumanie, notamment, de telles actions ont pu ainsi provoquer des fissures importantes dans des habitations ainsi que l’effondrement de routes. « Pour l’éviter, dit Ruben, la communauté de communes Canal-Lirou, les municipalités d’Argeliers et de Quarante, entre autres, ont pris des arrêtés d’interdiction de la circulation des poids-lourds et de ces engins de mesures sismiques. »

SISMIQUE POLOGNE

Recherche sismique: Terres agricoles après le passage de camions vibreurs – Pologne orientale

Selon lui, « ces mesures constituent la troisième phase du plan de l’entreprise. Elle a déjà recoupé toutes les données historiques et préparé de nouvelles hypothèses. Et la phase suivante sera logiquement celle de l’exploration ». Et cette fois les dégâts sont beaucoup plus importants puisque pour mener l’exploration du sous-sol, on utilise la même technique que pour l’exploitation : la fameuse fracturation hydraulique.

Un procédé interdit… en théorie

La loi de 2011 est censée interdire ce procédé de fracturation hydraulique consistant en l’envoi de produits chimiques à haute pression à mille mètre sous terre pour faire exploser la roche et libérer le gaz ou le pétrole. Interdite donc, sauf en cas de recherche ou d’étude sur les quantités disponibles. Ania ajoute : « Suite à la loi, tous les industriels ont dû réaliser un rapport sur leurs pratiques expliquant qu’ils ne recourraient pas à la fracturation hydraulique et qu’ils se contenteraient d’exploitation conventionnelle » sans devoir fracturer la roche, juste en récupérant le pétrole qui jaillit du sous-sol.

Sauf que dans son rapport sur le permis des Plaines du Languedoc, l’industriel suédois précise que ses explorations pourront être réalisées « à quelques milliers de mètres de profondeur ». Pour les opposants, c’est la preuve que les intentions de l’entreprise sont tout autres.

 Avec L’indépendant.fr  la Dépêche et lire la suite sur Reporterre: Lundin, un pétrolier qui s’entend avec les dictatures

Le monument sur lequel sont accrochées des banderoles représente la révolte des vignerons du languedoc en 1907 qui a démarré à Argeliers

 

Sauvegarde du principe de précaution j’écris à mon député            (!) Info minute – Revue de Presse

La presse de ce jour rapporte les propos de M Anders Fogh Rasmussen, secrétaire général de l’OTAN selon lequel la Russie « travaille en secret avec des écologistes pour s’opposer à la fracturation hydraulique » et monterait une campagne de désinformation pour maintenir la dépendance au gaz russe. Larticle en anglais sur The Guardian  et en Français sur Médiapart

A Mr Anders Fogh Rasmussen, secrétaire général de l’OTAN

Copie à : Mr Jean-Claude Juncker (candidat à la présidence de la Commission europénne), Mr Martin Schulz (président du Parlement européen), Mr  Herman van Rompuy (président du Conseil européen)

Lettre ouverte

Objet: Vos commentaires sur l’implication de la Russie dans les groupes européens contre la fracturation hydraulique

Cher Mr Rasmussen,

logo-ffe-30mmNous, groupes de citoyens et organismes environnementaux, inquiets par la fracturation hydraulique, l’extraction du gaz de schiste, et en campagne contre le développement des hydrocarbures  non conventionnels en Europe, avons été très surpris de lire votre commentaire dans plusieurs médias européens comme quoi « la Russie, dans le cadre de leur information de pointe et d’opérations de désinformation, est engagée activement avec les organisations dites non gouvernementales – qui œuvrent  contre le gaz de schiste – pour maintenir la dépendance européenne au gaz russe importé ».

Ces allégations ne sont pas nouvelles, mais jusqu’à ce jour personne n’a rien prouvé.

Le travail de l’OTAN dépendant fortement de collecte de renseignements détaillés et précis, nous espérons que votre déclaration extraordinaire sur le mouvement européen contre la fracturation hydraulique est étayée  par des preuves. Nous vous demandons donc, en tant que secrétaire général d’une importante organisation militaire régionale d’envergure mondiale, soit d’apporter la preuve de ces accusations soir de procéder à des excuses publiques pour cette fausse déclaration.

En outre, nous tenons à attirer votre attention sur le fait que les autorités européennes, entre autre la Commission européenne, ont déjà publié plusieurs études démontrant les risques élevés liés à l’industrie de la fracturation hydraulique.

Il est aussi largement reconnu que la fracturation hydraulique, ni ne réduira la dépendance de l’Europe à la fourniture de gaz russe, ni ne conduira à la baisse du prix du gaz à la consommation. En Europe, les groupes contre la fracturation hydraulique s’accordent à dire que la dépendance croissante de l’Europe sur les combustibles fossiles importés, comme le gaz naturel, est une préoccupation. Mais nous sommes convaincus qu’un développement ambitieux des énergies renouvelables et de sérieux investissements dans l’efficacité énergétique constituent la meilleure façon de réduire notre dépendance aux combustibles fossiles russes. Nous souhaitons un débat sérieux et informé au  sujet de la sécurité énergétique.

Les groupes contre la fracturation hydraulique sensibilisent sur ​​les risques de développement du gaz de schistes pour le climat, l’air, l’eau et la santé publique. Les mouvements sociaux comme le nôtre jouent un rôle important et nourrissent un débat public sur l’avenir du climat européen, les politiques énergétiques à faible émission de carbone et sur l’environnement. Les principes de précaution et de l’action préventive, le principe du «pollueur-payeur» sont inscrits dans le traité de Lisbonne. La préservation, la protection et l’amélioration de la qualité de l’environnement et la lutte contre le changement climatique devraient être  des objectifs majeurs de l’Union Européenne.

Prétendre que le mouvement européen contre la fracturation hydraulique européenne est infiltré par des agents russes sape le débat public légitime sur les risques et les impacts de cette technique et porte atteinte à nos institutions démocratiques, que l’OTAN est pourtant censée défendre.

Ce n’est pas la première fois que nous sommes accusés d’être des agents de Gazprom ou de «travailler contre les intérêts publics de l’État ». Nous ne tolérerons plus la diffamation ou la criminalisation de notre important travail. S’il y a effectivement des groupes qui s’opposent à la fracturation, et qui travaillent en secret avec la Russie contre les intérêts des peuples européens, nous aimerions aussi savoir qui ils sont.

Par conséquent, nous attendons avec impatience de recevoir une preuve de vos accusations ou des excuses publiques

Avec nos salutations distinguées.

__________________________________

Le mouvement anti-fracking européen

Version en anglais

fracking free Europe

Sauvegarde du principe de précaution j’écris à mon député            (!) Info minute – Revue de Presse

reseau rhonalpe et franche comtéCommuniqué de presse 16 Juin 2014

Silence gardé vaut rejet

15 mois se sont écoulés depuis la fin de la période initialement accordée à la société britannique Celtique pour la recherche d’hydrocarbure dans les départements de l’Ain, du Jura, et des Savoie. C’est le délai légal dont disposait l’État pour donner une réponse à la demande de renouvellement pour une deuxième période, introduite le 3 novembre 2012 par la société. Or à ce jour, les collectifs opposés aux forages et recherches de gaz et pétrole de schiste n’ont pas eu connaissance d’un arrêté publié par l’État prononçant le renouvellement attendu par Celtique pour une nouvelle période.

Un rejet motivé par le danger pesant sur les aquifères ?

Convaincu que l’interdiction de la fracturation hydraulique ne suffirait pas à protéger les territoires contre les forages intempestifs, habitants, élus locaux et associations se sont mobilisés depuis 3 ans pour mettre fin à ce projet pour lequel ils n’avaient pas été consultés. Sous le prétexte –mensonger par ailleurs- de recherche d’hydrocarbures conventionnels, des pétroliers détiennent des permis de recherche dans des zones fragiles en termes de ressources en eau, de production agricole ou de densité de population. Le permis des Moussières en est un, « en était un » aimerait-on pouvoir confirmer aujourd’hui.

Les milliers de citoyens qui se sont mobilisés à de nombreuses reprises pour demander le rejet de ce permis attendent avec impatience la confirmation officielle du Ministère de l’Écologie, du Développement Durable et de l’Énergie.

Réseau des collectifs rhônalpins et francomtois opposés à la recherche et à l’exploitation des gaz et pétrole de schiste

Sauvegarde du principe de précaution j’écris à mon député            (!) Info minute – Revue de Presse

Communiqué de presse – Arenthon, le 13 Juin 2014

ngds74-LOGO_Collectifs Rhône-AlpesLe permis de recherche d’hydrocarbure dit permis de Gex devait arriver à échéance le 10 Juin 2014, or le même jour la compagnie Ecorp, titulaire du permis, a déposé une « demande de prolongation exceptionnelle » auprès du ministère de l’écologie du développement durable et de l’énergie.

Les collectifs « Non au gaz de schiste des pays de Savoie et de l’Ain » et l’ensemble des collectifs de la Région Rhône-Alpes rappellent la ferme opposition exprimée par la population et les élus locaux qui se sont mobilisés à de nombreuses reprises pour signifier son rejet de ces projets de recherche pétrolière.

Alors que la compagnie ECorp n’a engagé aucun dialogue avec les autorités administratives depuis 5 ans en vue d’éventuels travaux, on peut se demander ce qui inciterait le Ministère à accorder une telle prolongation puisque que le titulaire n’a respecté aucun des ses engagements financiers et techniques.

De plus les collectifs rappellent que la mission d’inspection menée par le Conseil général de l’économie de l’industrie, de l’énergie et des technologies (CGEIET) et du conseil général de l’environnement et du développement durable (CGEDD) à partir de février 2011 avait classé le permis de Gex-Sud (qui n’est qu’une extension du périmètre de Gex demandée par Ecorp) dans la liste des permis NON CONVENTIONNELS. Par ailleurs la compagnie Ecorp spécialisée dans la recherche des gaz de schiste[1] est celle qui fait la promotion[2] d’une méthode de fracturation à l’heptafluoropropane, la fameuse « fracturation écologique » prônée par le ministre Arnaud Montebourg.

Les collectifs réclament le rejet pur et simple de cette demande de prolongation ainsi que de la demande du permis de Gex-Sud faite par la même compagnie et rappellent que la recherche de gaz de schiste et autres hydrocarbures non conventionnels n’aura pas lieu en Région Rhône-Alpes.

Le gaz de schiste ni ici ni ailleurs ! Ni aujourd’hui ni demain !

[1] http://www.ecorpintl.com/company/
[2] http://www.ecorpstim.com/

Sauvegarde du principe de précaution j’écris à mon député            (!) Info minute – Revue de Presse

Négociation du partenariat transatlantique : les fuites de documents démontrent le rôle très actif de l’industrie chimique.

Le texte qui suit est l’adaptation en français par nos soins de l’article publié en mars 2014 sur le site ecowatch.org. Nous le reprenons car il est une illustration de l’incidence qu’aurait la mise en œuvre du Partenariat Transatlantique pour le Commerce et l’Investissement (PTCI ou TTIP également connu sous le nom de Grand Marché Transatlantique GMT ou TAFTA) sur l’activité chimique, industrielle et bien évidemment les méthodes d’extraction d’hydrocarbures telles que la fracturation hydraulique.

Un rapport publié en mars 2014 par le Centre pour le droit International de l’environnement (Centre for International Environmental Law (CIEL)) et ClientEarth montre comment une proposition des groupes de lobbying de l’industrie chimique (il s’agit d’une fuite) pourrait sérieusement remettre en cause la législation sur les produits chimiques toxiques.

Les documents rédigés par l’American Chemistry Council (Conseil de l’industrie chimique étasunienne) et le Conseil européen de l’industrie chimique, ont été injectés dans les négociations de Décembre dernier sur le Partenariat Transatlantique pour le Commerce et l’Investissement (PTCI) -une action qui démontre la capacité permanente de l’industrie chimique à influencer directement les pourparlers secrets entre les États-Unis et l’Union Européenne.

ttip TAFTA PTCIPour Baskut Tuncak, avocat du Centre pour le droit international de l’environnement « Cette proposition illustre deux problèmes énormes et interdépendants avec le PTCI : La position privilégiée de l’industrie dans l’élaboration de l’accord de commerce sans la participation du public, et le potentiel illimité du PTCI d’affecter la capacité des pays à réglementer les produits chimiques toxiques, l’énergie et le changement climatique, la nourriture et l’agriculture ainsi que d’autres domaines essentiels.« 

L’ingérence de l’industrie chimique dans les futurs règlements du PTCI pourrait avoir pour effet le ralentissement de la mise en œuvre des décisions de précaution sur les produits chimiques toxiques, la compromission de la prise de décision démocratique et pourrait également étouffer l’innovation pour des alternatives plus sûres.

Pendant des années, le gouvernement américain et l’industrie chimique se sont plaints des lois européennes relatives à l’industrie chimiques, les qualifiant d’obstacles au commerce, des groupes industriels les qualifiant de barrières commerciales les plus restrictives dans l’accord transatlantique.

Compte tenu de cela, il semble bien que l’objectif principal de cet accord transatlantique soit de minimiser ce qu’il appelle « les obstacles techniques au commerce », ses actions pouvant affaiblir l’introduction de lois vitales destinées à protéger les personnes et l’environnement.

Le rapport publié par le Centre pour le droit International de l’environnement indique que:

La proposition conjointe des Conseils américains et européens de l’industrie chimique cherche à utiliser le PTCI comme un mécanisme pour « s’attaquer aux obstacles nochimie-n tarifaires potentiels qui peuvent découler de mesures réglementaires discordantes. » Même si à première vue cela peut sembler être un objectif raisonnable, une étude plus approfondie de la proposition suggère fortement qu’il existe une motivation bien différente visant à exploiter les différences de réglementation entre les deux parties afin de ralentir les évolutions réglementaires à tous les niveaux, de prévenir la réglementation des perturbateurs endocriniens et d’entraver les efforts visant à promouvoir le remplacement des substances dangereuses par des alternatives plus sûres.

La suggestion de l’industrie selon laquelle les «améliorations» proposées n’impliqueront aucun changement dans les exigences légales ou réglementaires dans les deux juridictions est au mieux d’une invraisemblance extravagante, au pire d’une profonde malhonnêteté

TAFTA--Selon Vito Buonsante l’avocat de ClientEarth, « Le thème principal de ces propositions est gardé secret » et «L’industrie veut limiter la transparence de l’information, ce qui est essentiel si les gens doivent faire des choix sur ce à quoi ils s’exposent. Ils veulent aussi saper le processus démocratique en confiant la prise de décision à des comités dominés par l’industrie».

Le rapport montre également que les propositions qui ont fait l’objet de ces fuites auraient un effet particulièrement néfaste sur la législation concernant la limitation des perturbateurs endocriniens lesquels sont reconnus comme ayant une incidence sur le système hormonal.

Les perturbateurs endocriniens sont présents dans les produits de tous les jours tels que les écrans solaires, les déodorants et les jouets pour enfants.

Selon les estimations économiques utilisées par la Commission européenne, le secteur des produits chimiques serait le deuxième plus grand bénéficiaire si certaines lois étaient annulées par cet accord commercial transatlantique.

 Sauvegarde du principe de précaution j’écris à mon député            (!) Info minute – Revue de Presse

Les faits démontrent que la plupart des emplois de courte durée dans l’industrie gazière ne paie pas tant que ça.

Traduit par nos soins d’après le texte de Theo Colborn(1) publié 25 Février 2014 sur le site hcn.org

T31 IM DOU 105

Théo Colborn: Présidente-Fondatrice du Endocrine Disruption Exchange [TEDx], basé à Paonia dans le Colorado, et Professeur(e) Emérite de Zoologie à l’Université de Floride, Gainesville. Elle est spécialiste en santé environnementale et fait l’objet d’une reconnaissance toute particulière pour ses travaux sur les effets des produits chimiques /perturbateurs endocriniens sur la santé.

À la télévision, la radio et sur les grands panneaux d’affichage dans l’Ouest des États-Unis, le secteur de l’énergie vend l’idée que la production de gaz naturel est source de ces emplois tellement nécessaires. Les pub affichent de superbes paysages, presque euphoriques et conçus pour nous faire ressentir le bien-être.

Le contraste entre le sentiment de bien-être affiché sur ces publicités et la réalité de la plupart des emplois qu’ils vantent est également magnifique. Certes il y a des emplois, mais la plupart des ouvriers des champs gaziers sont des travailleurs faiblement rémunérés qui n’ont pas de la sécurité de l’emploi, pas d’assurance médicale ni de sécurité sociale, pas de syndicats ni aucun recours contre les abus de l’industrie.

Ces travailleurs ne sont pas protégés par l’Administration fédérale de la sécurité et de la santé au travail(2) parce qu’ils ne travaillent pas dans des bâtiments ni au fond d’une mine. Ils commencent tout juste a faire l’objet d’une certaine attention de la part de l’Institut national pour la sécurité et la santé – une bonne chose, car des ouvriers victimes de blessures au travail -et à cause de celles-ci – dans l’incapacité définitive de travailler se voient systématiquement refuser toute indemnisation compensatoire. Quant à ceux qui tombent malades, ils sont généralement incapables de prouver que leur maladie est liée à l’exposition de quelquechose lié à leur travail.

Les emplois dans l’industrie de l’énergie peuvent être divisés en deux classes. La première comprend les employés qui reçoivent des salaires élevés ainsi que des avantages et des congés payés. Cette main-d’œuvre salariée comprend ceux qui supervisent le forage, la production d’énergie et la pose des canalisations de collecte. Ces emplois sont cependant limitées, et dépendant du nombre de forages et d’opérations de fracturation hydraulique opérés à travers le pays.

La seconde catégorie et la plus importante comprend des journaliers qui sont payés à l’heure et souvent en quête désespérée d’heures supplémentaires afin de toucher un revenu décent. Ils comprennent les membres des petites équipes des sites de forage qui se déplacent avec les foreuses, constamment en mouvement et se demandant où ils dormiront le lendemain.

Au-delà du travail de forage et de fracturation, une série de petits boulots existe allant des travaux de remblaiement et d’aménagement du site de forage à l’obtention de l’agrément des propriétaires. L’essentiel de ses taches est généralement sous-traitée, générant des sous-contrats et des sous-employés.

Ces boulots incluent la conduite des camions-citernes et d’équipements lourds, le soudage, le nettoyage de l’intérieur des réservoirs de fracturation, le travail autour des compresseurs et des solvants toxiques ainsi que la maintenance et la réparation de la vaste infrastructure de pipeline qui évacue le méthane. Ces travailleurs sont généralement les premiers à intervenir en cas de fuite, ce sont eux qui doivent pelleter la saleté et déverser les dispersants. Le travail qu’ils font peut les exposer aux composés volatils toxiques qui, lorsqu’ils sont inhalés, peuvent avoir un impact sur la santé, immédiatement ou parfois avec retard et de manière durable.

Les ouvriers travaillent de longues heures, prennent des risques physiques et bénéficient de peu de protection. Ainsi de nombreux de sous-traitants incitent par exemple les travailleurs à rester indépendants, assurent même qu’ils inscrivent leur propre nom sur leur camion, donnant ainsi l’illusion de la multiplicité des petites entreprises impliquées dans les chantiers alors que ces ouvriers dépendent en réalité en majorité du même sous-traitant sans pourtant bénéficier des droits et avantages sociaux censés venir avec l’emploi.

Lorsque les entreprises lèvent le camp et se déplacent, ces travailleurs « indépendants » se retrouvent sans droits au chômage, tout simplement parce que les travailleurs indépendants ne sont pas obligés de cotiser à une assurance chômage. Les entreprises de forage n’assument aucune responsabilité envers eux; ces travailleurs doivent couvrir leurs propres impôts, leur assurance maladie ainsi que les frais médicaux et lorsque les entreprises décident d’aller forer ailleurs, ils n’ont tout simplement pas de chance.

Beaucoup de travailleurs contractuels sous sont médicaments et souvent de manière illégale et non-contrôlée, pour traiter les troubles liés à leur activité, mais aussi pour rester éveillés jusqu’à la fin de leur quart. Comme ils n’ont pas d’assurance santé, ils se tournent généralement vers les services d’urgence de l’hôpital le plus proche, ce qui oblige la communauté locale à prendre en charge le traitement que ces ouvriers ne peuvent pas se permettre.

En plus de souffrir de problèmes allant de troubles immunitaires, à l’hypertension en passant par la perte de libido et les troubles pulmonaires chroniques, ces ouvriers sont également fortement exposés à l’alcoolisme et à la toxicomanie. Au cours de la dernière décennie, alors que l’ouest du Colorado a connu un boom de l’exploitation du gaz de schiste, le comté de Garfield a établi un centre de désintoxication de 90 lits qui aident les travailleurs dont le test urinaires se révèle positif trois fois de suite…

Il est regrettable que la loi du silence, teintée de crainte, imprègne cette main-d’œuvre de la sous-traitance. Souvent, elle découle de la loyauté des travailleurs qui préfèrent ces emplois à pas de boulot du tout. Pendant ce temps, les sociétés pétrolières et gazières prévoient de porter ces emplois de seconde zone à 870 ,000 d’ici à 2015. Ces travailleurs mériteraient certainement une meilleure alternative.

(1) Theo COLBORN est Présidente-Fondatrice du Endocrine Disruption Exchange [TEDx], basé à Paonia dans le Colorado, et Professeur(e) Emérite de Zoologie à l’Université de Floride, Gainesville. Elle est spécialiste en santé environnementale et fait l’objet d’une reconnaissance toute particulière pour ses travaux sur les effets des produits chimiques /perturbateurs endocriniens sur la santé. Plus d’informations ici

(2) Federal Occupational Safety and Health Administration

Sauvegarde du principe de précaution j’écris à mon député            (!) Info minute – Revue de Presse

C’est ce que révèle la chaine de TV américaine News 8 dans un reportage diffusé le 5 Juin 2014.

Depuis deux ans, la chaine de télévision américaine News 8 a diffusé des reportages au sujet de l’eau qui s’enflammait, une eau puisée dans des puits du county de Parker. Une eau qui s’enflamme à cause de dangereux niveaux de méthane.
Alors que les producteurs de gaz de schiste du gisement de Barnett (un des plus grands gisement de gaz de schiste des États-Unis) nient tout lien de causalité entre cette pollution et leurs activités, deux scientifiques les contestent et affirment que les tests publiés par l’autorité locale de réglementation fournissent des preuves concrètes liant la fracturation hydraulique à la contamination des eaux souterraines. Ce qui suit est un résumé en français de ce reportage.

water well flaring ...Steve Lipsky habitant du comté de Parker a commencé à remarquer ça en 2010. L’eau de son puits était de plus en plus polluée par le méthane. Tant et si bien que dès qu’il ventilait son puits celui-ci produisait des jets de gaz. Il peut en faire la démonstration en enflammant l’évent de son puits. Aujourd’hui la contamination est telle que même l’eau de son puits s’enflamme.

L’été dernier, M. Lipsky a porté plainte auprès de l’autorité en charge du pétrole et du gaz de l’État du ​​Texas.  Des agents sont sortis et ont effectué des tests ; pas seulement pour mesurer la quantité de gaz dans son puits, mais pour déterminer précisément d’où provenait ce gaz. Ces tests ont été effectués et la semaine dernière, l’autorité d’État a publié ses conclusions officielles. (Rapport en anglais disponible ici)

water well flaring 2 ...Le rapport indique que les niveaux de concentration de méthane dans l’eau de monsieur Lipsky sont relativement élevés. Il dit également que la composition chimique de méthane ne permet pas de conclure à une source spécifique du gaz qui s’échappe du puits.

Plus précisément, les tests effectués par l’État révèlent que l’eau de monsieur Lipsky contenait 8,6 milligrammes par litre de méthane, un peu en dessous de la limite de 10 tolérée par gouvernement fédéral. Mais les tests effectués récemment par Zac Hildebrand, scientifique de l’Université du Texas à Arlington, indiquaient 83 milligrammes par litre. Le scientifique indique que c’est le plus haut niveau de contamination au méthane qu’il n’ait jamais vu. Et d’ajouter : « Ce que nous pouvons dire maintenant, c’est que c’est dangereux, c’est un niveau dangereux« .

Dans un e-mail adressé à News 8 le 8 Février dernier, la porte-parole de la Commission de régulation de l’État Stacie Fowler indiquait « la Commission est consciente des niveaux de concentration de méthane élevés. » Elle ajoutait que l’échantillonnage et le résultat des tests se concentraient sur la source du méthane et non sur la concentration du gaz.

Pour monsieur Lipsky, la Commission savait que ses tests de concentration étaient inexacts. « Pour une raison quelconque, ils ne veulent pas reconnaître les niveaux les niveaux de concentration de gaz chez moi « .

méthanePourtant, un examen des données fournies par les tests montre que la signature chimique – (analyse isotopique) – du gaz du gisement de Barnett Shale est 46.52. La mesure de la signature chimique du gaz dans le puits de Lipsky est elle de 46.63, une équivalence pratiquement identique.

« Le méthane et le nombre d’éthanes dans le gaz issu de la production des puits de Butler et Teal sont pratiquement exactement les mêmes que dans l’eau du puits de monsieur Lipsky, a déclaré Geoffrey Thyne scientifique du Wyoming expert en sciences de la terre, qui a examiné les données pour News 8. Ceci me dit que le gaz est le même, et que le gaz dans l’eau du puits de Lipsky vient bien du gisement de Barnett « .

ThyneNews 8 a également demandé son avis à Bryce Payne scientifique de Pennsylvanie, spécialiste du sous-sol. Il a examiné les données et il conclue également que le gaz trouvé dans l’eau de monsieur Lipsky est clairement le résultat des opérations de fracturation hydraulique. « Le gaz du puits référencé comme le puits N°8 (celui de Lipsky) provient vient du gisement de Barnett, et il vient pratiquement directement de Barnett« , conclue Payne.

Quoi de plus : Thyne et Payne estiment tous les deux que ces résultats de tests pourraient constituer la première preuve aux États-Unis du lien existant en la fracturation hydraulique et contamination de l’aquifère. Et Thyne de déclarer « Et ce que nous avons ici semble bien être le premier exemple que ce qui se passe en réalité« .

Le rapport de la Commission, lui, laisse ouverte la possibilité que la contamination puisse «être attribuée à … la migration naturelle de la formation de gaz » situé juste en dessous de l’aquifère.

Lorsque nous leur avons demandé de nous expliquer les écarts d’interprétation, les fonctionnaires de l’État se sont rétractés, et nous ont communiqué la déclaration suivante ; « Les responsables de la Commission appuient les conclusions émises dans le rapport du 23 mai. Nous sommes conscients des autres études en cours dans la région, et nous nous félicitons la possibilité d’examiner tous les rapports futurs« .

De son côté M. Lipsky affirme qu’il ne compte plus sur l’autorité réglementaire de l’État pour le protéger. Selon lui cette nouvelle preuve est lumineuse et sans ambigüité éclairante. Les habitants qui vivent dans la région du gisement de Barnett doivent agir maintenant pour protéger leur eau.

Et M. Lipsky de conclure « A moins que les gens ne se bougent pour aller voter et faire quelquechose, qui les empêchera de continuer à faire ce qu’ils font?« 

Accéder au reportage de  la chaine de TV américaine News 8 diffusé le 5 Juin 2014.