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19 octobre Global Frackdown – Journée Mondiale contre le fracking      (!) Info minute – Revue de Presse

Le Conseil Constitutionnel à tranché

Communiqué des pays du nord de Rhône-Alpes & de Franche Comté

La loi est maintenue. Le Conseil constitutionnel a rendu aujourd’hui son avis sur la légalité de l’interdiction de la fracturation hydraulique, décidée en 2011, et qui empêche de fait l’extraction du gaz de schiste sur le territoire français.

Une loi pourtant jugée imparfaite tant par les pétroliers que les opposants au développement de la recherche et de l’exploitation des hydrocarbures non conventionnels.

Une loi qui autorise … la recherche de pétrole et gaz de schiste

villeneuve de berg fevrier 2011 Josh Fox en France septembre 2013Cette loi stipule en son article 2 qu’il est créé une Commission nationale d’orientation, de suivi et d’évaluation des techniques d’exploration et d’exploitation des hydrocarbures liquides et gazeux [qui] a notamment pour objet d’évaluer les risques environnementaux liés aux techniques de fracturation hydraulique ou aux techniques alternatives. On notera toutefois qu’à ce jour les membres de cette commission n’ont pas été nommés, elle ne siège donc pas. Elle indique ensuite en son article 4 que le Gouvernement remet annuellement un rapport au Parlement sur l’évolution des techniques d’exploration et d’exploitation et la connaissance du sous-sol français, européen et international en matière d’hydrocarbures liquides ou gazeux, sur les conditions de mise en œuvre d’expérimentations réalisées à seules fins de recherche scientifique sous contrôle public, sur les travaux de la Commission nationale d’orientation, de suivi et d’évaluation créée par l’article 2, sur la conformité du cadre législatif et réglementaire à la Charte de l’environnement de 2004 dans le domaine minier et sur les adaptations législatives ou réglementaires envisagées au regard des éléments communiqués dans ce rapport.

Cette loi – c’était connu depuis les débats du printemps 2011 et sa promulgation en Juillet 2011- ouvre bien une possibilité à la recherche et les parlementaires de l’OPECST ne s’y sont pas trompés qu’ils poussent en tous sens pour tenter de faire croire qu’une technique magique autre que la fracturation hydraulique va permettre de faire de l' »exploitation écologique ».

La mobilisation continue, rassemblements et manifestations le 19 octobre 2013

La situation n’a donc pas évolué(1) et malgré les annonces et le vacarme médiatique, la menace persiste. Il existe bien des forages profonds en cours dans le bassin parisien. Il existe bien de nombreuse demandes de permis et de renouvellement. Il existe également des permis qui pourraient conduire rapidement à des travaux. La mobilisation citoyenne ne doit pas faiblir et il faudra à nouveau le démontrer dans les points de rassemblement partout en France et ailleurs le samedi 19 octobre.

Ces projets nous n’en voulons pas, ni ici ni ailleurs!

Les mobilisations en France le 19 Octobre 2013

  • Béziers: Journée Internationale contre les GDS: 10H30 (info)
  • Essonne: n’inschistez pas on en veut pas: 14H (info)
  • Etampes: Global Frackdown 2 – Etampes: 14H – 20H (info)
  • Montélimar: Global Frackdown 2: 14H – 16H (info)
  • Montereau-Fault-Yonne: Journée à Montereau-Fault-Yonne:
  • 10/9 at 15H – 22H (info)
  • Paris: Péniche “Stop Schistes” (info)
  • Saint-Claude: Evénement à Saint-Claude: 10H – 21H. (info)
  • Toulouse: Global Frackdown 2 – TOULOUSE (31) 14H (info)
  • Villebéon: Global Frackdown 2 – Villebéon: 15H – 22H (info)
  • Lille : Rassemblement place de la République 14H

(1) Lire à ce sujet : Vendredi le Président rejette 7 demandes, mardi les maires sont convoqués par le Préfet pour annoncer les travaux  et François Hollande et Delphine Batho mal (ou trop bien) conseillés sur les Gaz de Schiste?

Edit : Voir aussi une lecture de la décision du Conseil Constitutionnel par Arnaud Gossement

19 octobre Global Frackdown – Journée Mondiale contre le fracking      (!) Info minute – Revue de Presse

Communiqué

Samedi 19 octobre 2013, les collectifs Francs‐comtois et Rhône‐alpins appellent à une mobilisation générale contre les forages d’hydrocarbures et le gaz de schiste, à Saint‐Claude (Jura), à l’occasion de la journée internationale contre la fracturation hydraulique.

MANIF StClaude 19 octobre gaz de schisteLes habitants et les élus du Jura, du Doubs, de l’Ain, des Savoie, du Rhône, d’Isère, de Suisse convergeront vers la cité pipière, au cœur du Parc naturel régional du Haut‐Jura. Cette région rurale (dix A.O.C. en vins et en fromages), qui s’est développée grâce à la force hydraulique et qui mise aujourd’hui sur le tourisme vert et blanc, est concernée par quatre permis de recherches d’hydrocarbures : les permis des Moussières, de Pontarlier (Celtique Energie Petroleum), de Lons-le‐ Saunier (European Gas Limited), de Gex (attribué à un consortium).

Elle a déjà payé pour voir ce que le contact avec les pétroliers pouvait donner : en 1989, Esso Rep a pollué une source qui alimentait deux villages du Haut‐Bugey lors d’une simple phase de prospection.

Aujourd’hui les pétroliers les pétroliers s’efforcent de faire annuler ou de contourner la loi interdisant la recherche d’hydrocarbures par fracturation hydraulique. Ils se veulent rassurants sur leur maîtrise technique, quand dans le même temps Vermillon, premier producteur de pétrole en France, pollue une rivière de Seine‐et‐Marne (15 juin 2013). Elles certifient vouloir prospecter des hydrocarbures conventionnels, alors que leurs documents internes font mention de gaz de schiste (c’est le cas de Celtique Energie Petroleum, titulaire des permis des Moussières et de Pontarlier).

Nous manifestons pour rappeler que les territoires que les sociétés pétrolières se sont arrogés sont habités. Et que leurs populations entendent préserver la qualité de leur environnement, de leurs réseaux d’eau potable, seule richesse souterraine vitale.

Le programme du 19 octobre à Saint‐Claude
  • Dès 9h: stands associatifs (Place du 9 avril 1944)
  • 10h: conférence de Thomas Porcher, docteur en économie à l’université de Paris 1Panthéon‐Sorbonne, auteur du « Mirage du gaz de schiste » (salle Bavoux Lançon).
  • 12h : multiplex Skype avec des habitants de Pologne et d’Argentine confrontés au gaz de schiste.
  • 14h30: manifestation (Place du 9 avril 1944 et centre ville)
  • Fin de journée: soupe citoyenne, musique…
  • 21h: soirée Slam « Y’a de l’eau dans le gaz » (Café de la Maison du Peuple)
A Saint‐Claude, ça va fumer !

Informations pratiques ici

19 octobre Global Frackdown – Journée Mondiale contre le fracking      (!) Info minute – Revue de Presse

… parcequ’ils sont nombreux à y avoir déjà de gros intérêts

Sylvain Lapoix, journaliste qui a vulgarisé auprès du lectorat francophone de nombreuses informations sur la mise en œuvre de la fracturation hydraulique ainsi que l’émergence d’une véritable bulle financière aux États-Unis (voir notamment le site OwniSchiste) dresse pour Reporterre la liste des grosses entreprises françaises ayant un intérêt direct dans le développement de la recherche et des l’exploitation des pétroles et gaz de schiste. Nous reprenons ici in extenso son article publié sur le site Reporterre et invitons également les férus de bande dessinées à se procurer la Revue Dessinée(1) dans laquelle il publie avec le dessinateur Daniel Blancou une saga sur les gaz de schiste très bien documentée.

Si le lobby en faveur de l’exploitation du gaz de schiste est si fort en France, c’est que plusieurs grandes entreprises sont engagées dans cette activité aux États-Unis : de Vallourec à Vinci en passant par Veolia, Lafarge et Suez, elles sont nombreuses à en tirer déjà profit.

Une leçon du vieil Ouest est revenue à la mode avec le boom des gaz de schiste aux États-Unis  : « Durant la ruée vers l’or, les seuls à être sûr de faire fortune étaient les vendeurs de pioche. » Passé de l’artisanat du tamisage des rivières à l’ère industrielle, les chercheurs d’or gris ont désormais besoin de la fracturation hydraulique et du forage horizontal pour faire cracher les schistes profonds. Mais si les méthodes ont changé, il y a toujours des quincaillers pour profiter de la manne, dont plusieurs d’entreprises françaises du Cac 40 spécialisées dans des segments clefs de ces techniques : tubage, béton, chimie, services pétroliers et eau. Au delà d’une vision « industrielle » par laquelle ils encouragent une exploitation tous azimuts des ressources énergétiques, les majors françaises défendent avec les gaz de schiste des relais de croissance pour leurs propres activités. Des retombées bien plus certaines qu’une baisse des prix de l’énergie pour les ménages.

Vallourec et Lafarge déjà leader aux États-Unis

D’un point de vue industriel, la fracturation hydraulique et les forages horizontaux sont des techniques intensives en matériel comme en compétence. La phase de forage mobilise trois ingrédients principaux  : un « rig » (la plateforme de forage), du tubage (canalisations insérées dans le puits sur toute sa longueur), et du béton (sous forme de « manteau  » coulé le long du tubage pour assurer son étanchéité et la résistance à la pression).

GDS1Sous la marque VAM USA, la société Vallourec s’est imposée comme un des leaders des tubages traités et des joints filetés qui garnissent chaque puits de gaz de schiste sur un minimum de cinq kilomètres [1]. Fin 2012, l’entreprise a inauguré une usine spécialisée à Youngstown (Ohio) d’un coût de 1,05 milliards de dollars. Une adaptation judicieuse pour l’entreprise dont le directeur des affaires industrielles espère doubler le business « dans les deux ans qui viennent  ». Philippe Crouzet, le patron de l’entreprise Vallourec, est l’époux Sylvie Hubac, directrice du cabinet du président de la République. Il avait pesé publiquement, en juin dernier, pour le limogeage de la ministre de l’Écologie Delphine Batho, jugée trop opposée aux gaz de schiste.

Pour le coffrage, la société Lafarge qui est sur les rangs  : sponsors du congrès « Global WellCem » regroupant les experts du bétonnage de puits, le cimentier français dispose d’une unité de production de ciment technique à Allentown, en Pennsylvanie, livrant les forages du gisement de gaz de schiste de Marcellus.

On ne saurait bien sûr oublier Total, directement engagée dans l’exploitation du gaz de schiste aux Etats-Unis, notamment à travers sa filiale Chesapeake.

Quant aux sociétés de services pétroliers, les maîtres d’ouvrages sont le plus souvent des multinationales (Schlumberger, Baker Hughes et Halliburton) sous-traitant l’exécution à des maîtres d’ouvrages locaux. Pour le forage pétrolier de Jouarre, c’est une foreuse de la société Cofor (filiale de Vinci) qui est utilisée par Schlumberger, chargée du chantier par la société Hess, producteur titulaire du permis. La société de certification CGG Veritas (présente sur le forage deep offshore en Guyane) bénéficie aussi de l’appel d’air en matière d’expertise.

Relais de croissance pour Suez et Veolia

La fracturation hydraulique, par laquelle les gaz ou huiles présents en microbulles dans la couche de schiste sont « libérés », mobilise quant à elle des grandes quantités de matériau  : dix à vingt millions de litres d’eau, cinq cents tonnes de proppant (granulé chargé de « bloquer » les fissures, le plus souvent du sable) et cinquante tonnes de produits chimiques.

GDS2<–  Camion de transport de solution liquide pour la fracturation.

Sur ce dernier volet, la société SNF capte un tiers du marché américain des polymères solubles, utilisés pour rendre l’eau plus visqueuse et à même d’amener le proppant dans les fissures. Ce segment (en hausse de 20% par an) constitue désormais 100 millions de dollars de chiffre d’affaires pour la société.

Du côté des grandes entreprises, les sociétés Arkema (issue de la branche chimie de Total) et Saint-Gobain proposent toute une gamme de produits, notamment des alternatives au sable (dont le prix explose) sous forme de billes de céramique. A l’occasion de sa journée des investisseurs du 18 septembre 2012, Arkema présentait comme facteurs clefs de croissance de son activité le secteur pétrolier et gazier via le « enhanced recovery of oil ». Un terme décrivant dans le domaine les nouvelles techniques d’extraction intensive, à commencer par le fracking.

Suez et Veolia, enfin, placent de grands espoirs dans les déchets de ce procédé  : pour chaque puits 60 à 80% de l’eau utilisée pour fracturer la couche de schiste remonte à la surface, soit des millions de litres d’eau usée. Si la réglementation américaine autorise l’enfouissement dans des « puits poubelles », les normes environnementales européennes, plus strictes, ouvrent un boulevard pour le retraitement massif de ces déchets chargés de polymères, acides et autres dérivés de pétrole.

GDS3Veolia(2) mène ainsi une expérience conjointe avec la société Chevron en Californie visant à une gestion plus efficace de l’eau dans la fracturation hydraulique et a remporté en avril dernier un contrat pour le traitement des eaux usées issues de l’exploitation des gaz de houille du bassin de Surat, en Australie, d’un montant de 650 millions d’euros. L’occasion pour son PDG Antoine Frérot de s’enthousiasmer dans le rapport annuel du groupe  : « L’extraction des gaz de schiste constitue pour nous un autre secteur d’avenir. Veolia se range parmi les très rares entreprises au monde maîtrisant la chaîne des techniques nécessaires pour exploiter proprement ces gaz, sans pollution hydrique et en recyclant la totalité des volumes d’eau utilisés ».

(1) La Revue Dessinée, 4 fois par an dans toutes les bonnes librairies

(2) Voir aussi notre article « Des gaz de schiste propres puisqu’on vous le dit!« 

Source : Reporterre

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avocatAvant de prendre leur décision, les « Sages » du Conseil Constitutionnel ont écouté hier 24 septembre les avocats de Schuepbach (société Américaine qui demande l’invalidation de la loi de Juillet 2011 interdisant la fracturation hydraulique) ainsi que les avocats des parties adverses (Greenpeace et France Nature Environnement venus défendre l’État, ou en d’autres termes l’intérêt public). Les plaidoiries peuvent être écoutées sur la vidéo publiée par le Conseil Constitutionnel suite à cette audience publique, dernière étape d’une procédure relative à une question prioritaire de constitutionnalité (QPC) engagée par Schuepebach LLC ex-détenteur des permis de recherche de gaz de schiste de Nant (Aveyron) et de Villeneuve de Berg (Ardèche). 

Ces plaidoiries évoquent pourcasing l’un l’absence de danger d’une technique largement utilisée aux États-Unis, pour les autres le principe de prévention qui doit être appliqué à la fracturation hydraulique dont on connait déjà les nombreux impacts mais également les incertitudes à moyens et long termes. Par exemple, la durée de vie des « casing » (caisson en ciment devant permettre d’assurer l’étanchéité avec la roche ou les aquifères et par lequel passent les tubes utilisés pour la fracturation puis pour l’évacuation des hydrocarbures vers la surface), leur comportement en cas de micro-séismes constituent des contraintes … dont les répercussions ne sont mesurables que quelques décennies après la mise en œuvre des forages et leur exploitation par les industriels.

En attendant la décision qui sera rendue par le Conseil Constitutionnel le vendredi 11 octobre 2013, il nous a semblé utile d’effectuer un rappel sur la multitudes des impacts générés par l’exploitation des pétroles et gaz de schiste, une industrie non conventionnelle et dont la mise en œuvre s’apparente aux expériences du Dr Frankenstein.

Nous vous proposons une lecture qui alimentera vos soirées et week-end en republiant quatre articles riches en informations et réflexions sur les conséquences de la recherche et de l’exploitation des pétrole et gaz de schiste mais également sur le « mirage économique » que représentent de tels projets.

Pourquoi, au juste, l’exploitation des hydrocarbures liquide et gazeux par la fracturation hydraulique est-elle une industrie dévastatrice? Sa singularité, son immensité, sa différence par rapport à d’autres industries et la menace pour l’organisation sociale et la nature environnante.

Après un retour sur sa carrière professionnelle de chercheur, le Dr Anthony Ingraffea décrit l’invraisemblable processus de l’exploitation massive et à très court termes d’hydrocarbures que la nature a mis des millions d’années à fabriquer.

Lire l'article 1

Dans un deuxième temps, il revient sur la technique de la fracturation hydraulique et passe en revue les conséquences et risques multiples que génère cette industrie sur l’environnement, les ressources en eau, la santé, et de quelle manière l’exploitation à grande échelle vient s’immiscer dans le cadre de vie de la population jusqu’à le coloniser définitivement.

Bien évidemment en France, les industriels des hydrocarbures et leurs défenseurs arguent de la différence existant entre le droit minier aux USA et celui en vigueur dans l’Hexagone (et ses nombreux territoires hors d’Europe). Ce droit en France est en cours de réforme et malgré un toilettage (de circonstance?) il ne protègera pas durablement les populations des risques générés par ce nouveau modèle d’industrie minière dont on ne mesurera les conséquences que bien des années après. De plus, si elle persiste, la frénésie d’une exploitation massive et immédiate engendrera une destruction massive et privera les générations futures de « ressources » qui pourraient leur être utiles.

Lire l'article 2

Le mirage économique d’une jeune industrie mortifère

Alors que les majors de l’industrie pétrolière et gazière finissent pas reconnaître que la surexploitation des hydrocarbures non conventionnels se fait à perte (pertes financières et brulage massif d’hydrocarbures que l’on ne peut évacuer des sites d’exploitation faute d’infrastructures de transport et d’un marché local suffisant), ce même lobby pourtant massivement subventionné poursuit son offensive de communication massive sur les gains économiques que représenteraient l’exploitation de ces hydrocarbures en France (1).

Revenons donc sur un article du journaliste Sylvain Lapoix publié en juin 2011 et qui relayait déjà le phénomène de bulle financière, d' »un modèle économique qui ne marche tout simplement pas ».

Lire l'article 4

Pour finir, cet article d’écowatch qui indique que toutes les régions où l’exploitation du gaz de schiste a lieu, aucune stabilité économique n’a été prouvée alors que la dégradation de l’environnement et ses conséquences, elles, sont bien réelles. Les auteurs concluent que plutôt que d’offrir à la nation un siècle d’énergie pas cher et la prospérité économique, le fracking (la fracturation hydraulique) fournira seulement une décennie de gaz et d’abondance de pétrole, tout au plus, et la création d’une nouvelle bulle financière fragile qui est déjà en train de se dégonfler

Lire l'article 3

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(1) Lire également Le Mirage du Gaz de schiste Thomas Porcher. Que se passerait-il si la France décidait d’exploiter son gaz de schiste ? Y aurait-il des créations d’emplois, une baisse du prix de l’énergie ou un retour de la compétitivité ? Accéderions-nous au Graal de l’indépendance énergétique ? Thomas Porcher propose une étude inédite sur les conséquences d’une ouverture législative à une telle exploitation. En s’appuyant sur l’expérience américaine et en prenant en compte les spécificités juridiques et économiques de la France, il vient contrebalancer point par point une information largement dominée par les lobbies et apporte des réponses cruciales en plein débat sur le gaz de schiste en France.
Thomas Porcher est docteur en économie, professeur en marché des matières premières à l’ESG-MS et chargé de cours en économie internationale à l’université Paris-Descartes. Ces analyses sur l’énergie ont été reprises dans plusieurs rapports du gouvernement et de l’Assemblée nationale.

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Communiqués des collectifs français
 
PREMIERE AUDIENCE PUBLIQUE AU CONSEIL CONSTITUTIONNELLe Conseil Constitutionnel examine en audience publique ce mardi 24 septembre la Question prioritaire de constitutionnalité (QPC) introduite par la société Schuepbach Energy LLC dans le cadre du recours de cette société contre l’abrogation, en octobre 2011, de ses permis de recherche d’hydrocarbures dits de « Nant » et de « Villeneuve-de-Berg ». Cette QPC demande que les articles 1 et 3 de la loi du 13 juillet 2011 interdisant la fracturation hydraulique soient déclarés anticonstitutionnels.
 
Les Collectifs rappellent respectueusement au Conseil Constitutionnel leur attachement, ainsi que celui d’une majorité des citoyens en France, à l’actuelle interdiction de la fracturation hydraulique dont les conséquences environnementales et sanitaires à court, moyen et long termes sont clairement démontrées par de nombreuses études scientifiques et par les résultats catastrophiques de l’exploitation des hydrocarbures par cette technique dans d’autres pays.
 
Les Collectifs s’étonnent par ailleurs que les dix mémoires en intervention contestant la QPC « Schuepbach » et demandant le maintien de la loi du 13 juillet 2011, déposés le 5 août dernier par une association et des citoyens demeurant dans des zones concernées par des permis de recherche d’hydrocarbures (Aude, Gard, Gers, Seine-et-Marne) – dont celui dit de « Nant » – aient été rejetés par le secrétaire général du Conseil Constitutionnel, sans avoir été transmis pour être examinés sur le fond. Les interventions des conseils, régional d’Ile-de-France et général de Seine-et-Marne, solidaires, ainsi que de l’Adepad+(1) et du Mnle(2) ont également été rejetées dans les mêmes conditions.
 
Les Collectifs réaffirment leur opposition à l’expérimentation, l’exploration et l’exploitation d’hydrocarbures nécessitant une fracturation hydro-chimique ou toute autre stimulation de la roche. Une interdiction qu’il convient de maintenir et de renforcer afin que notre pays s’oriente clairement et le plus rapidement possible vers des énergies à faible impact environnemental. Ceci lui permettant en partie de respecter son engagement à contenir les effets des activités humaines sur le dérèglement climatique constaté ainsi qu’à préserver les ressources et les milieux que nous léguerons aux générations futures.
 
 
Signataires (collectifs et associations)
Carmen (02), Collectif 07 (07), Citoyens du Narbonnais Non Gaz et Pétrole de Schiste (11), FRAPNA Drôme (26), Grand Valentinois (26), Gard Rhodanien (30), Les Mages AJC (30), Auzonnet, Cèze et Gagnière (30), Garrigue Vaunage (30), Roquedur-Le Vigan (30), Anduze (30), Viganais Non aux gaz et pétrole de schiste (30), Barjac (30), Basta ! Gaz Alès (30), Territoire en transition Vidourle-Vaunage (30), Gers Non au gaz de schiste (32), Montpellier littoral Contre les gaz et pétrole de schiste (34), Eco’lectif Dégaze Gignac et environs (34), Grand Montpellier (34), Clapiers (34), Stop aux GHRM 38Lot-et-Garonne Non au gaz de schiste (47), Association Stop au gaz de schiste- Non al gas d’esquist 47 (47), Causse Méjean-Gaz de schiste NON ! (48), Florac Non au gaz de schiste (48), Houille ouille ouille (59-62), Stop Gaz de Schiste 69 (69), Pays fertois (77), Pays de Coulommiers (77), Briard (77), Bassée-Montois (77), Bocage gâtinais (77-89-45), Stop pétrole de schiste 77 (77), Collectif 83 (83), Essonne Non aux gaz et pétrole de schiste (91), Ile-de-France Non aux gaz et pétrole de schiste, Association nationale No Gazaran !
 
(1) Association de défense de l’environnement et du patrimoine à Doue 77510 et aux communes environnantes
(2) Mouvement national de lutte pour l’environnement

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Des dindons prennent le beffroi

Mises à jour de la situation en continu (photos à venir) :  http://www.aldeah.org/fr/stop-forages-schiste

jouarre-22/09/2013. Depuis 06h53 ce matin, 30 personnes du collectif des Dindons de la farce occupent la plateforme pétrolière de la Petite Brosse à Jouarre (Seine-et-Marne). Nous avons escaladé la tour de forage, nous y sommes enchaînés, avons déployé des banderoles et entendons y rester. Par cette action résolue, nous souhaitons attirer l’attention du public et des médias sur la farce qui se déroule sous nos yeux et dont nous refusons d’être les dindons.

La plateforme occupée est celle de la compagnie états-unienne HESS Oil, l’entreprise qui cette dernière année a réalisé plusieurs forages préparatoires sur des permis de recherche d’hydrocarbures officiellement déclarés comme portant sur l’huile de schiste[1]. Il est de notoriété publique que l’huile de schiste est impossible à extraire sans recourir à une fracturation et qu’aujourd’hui seule la technique de fracturation hydraulique présente les conditions de rentabilité jugées satisfaisantes par les pétroliers.

Pourquoi  HESS Oil avance dans ses travaux alors qu’une loi (Loi n° 2011-835 du 13 juillet 2011 ) lui interdit de passer à l’acte ? Pourquoi cherche-t-elle des hydrocarbures qu’elle ne pourrait pas exploiter ? Difficile d’imaginer qu’un industriel entreprenne ces opérations coûteuses (12 millions d’euros par forage, soit plusieurs dizaines de millions d’euros par permis) sans attendre un possible retour sur investissement. Alors, pourquoi ? Spéculation?  Ou bien les dirigeants d’HESS Oil sont-ils si sûrs que l’interdiction sera levée comme le laisse craindre la Question Prioritaire de Constitutionnalité déposée par la compagne texane Schuepbach qui cherche à invalider la loi du 13 juillet (la décision du Conseil Constitutionnel sera rendue début octobre) ? Espèrent-ils, aussi, qu’à force de lobbying, un miracle ne rende les dangers de la fracturation hydraulique « socialement acceptables » jusqu’à ce que les dégâts, irréversibles, ne commencent à apparaître?

jouarre 22 09 2013 13Les sites forés sont prêts pour la suite des opérations. Après en avoir terminé avec Jouarre, la foreuse HH300 de la COFOR (filiale de Vinci), utilisée par HESS Oil et conçue pour forer dans les schistes, partira sur une autre plateforme, probablement celle de Fonteney-de-Bossery (10 Aube), site qui offre une vue plongeante sur la centrale nucléaire de Nogent-sur-Seine, à moins de 110 km de Paris, en bord de Seine.

Alors cette foreuse, pour l’instant, nous la gardons. Pour mettre en lumière la farce en cours. Pour rappeler au Président Hollande – qui déclarait qu’il n’y aurait pas d’exploration d’hydrocarbures non conventionnels en France – de tenir sa parole. Pour que la Conférence environnementale en cours ne soit pas un nouveau catalogue d’intentions. Pour exiger la fin des forages exploratoires visant le gaz et le pétrole de schiste, de houille et l’huile lourde, l’abrogation de tous les permis de recherche portant sur ces hydrocarbures, le rejet de toutes les demandes de permis en cours d’instruction, l’abandon de tous les projets similaires et un ferme engagement pour une vraie transition énergétique et écologique.

Parce que la poursuite de ces travaux est une preuve flagrante des promesses non tenues ;  
parce que les lobbies pétro-gaziers sont résolus à avancer dans l’exploration et l’exploitation des sources d’énergie « extrêmes » en France, dans le total mépris du refus de la population ; pour défendre notre eau et notre air, notre santé, la beauté de nos paysages, les alternatives écologiques et une vision du monde régi par d’autres rêves que le profit : NON AUX HYDROCARBURES DE SCHISTE NI DE HOUILLE, NI AUJOURD’HUI, NI DEMAIN, NI ICI, NI AILLEURS

 Contacts presse :

Collectif des Dindons de la Farce :Estelle Tardy : 0652621368Julien Renault : 0675605934 Collectifs locaux (non parties prenantes dans l’action) :Collectif du Pays fertois, Isabelle Lévy : 0663040519Permanence du Collectif Ile-de-France : 0622447428

Suivre en direct : http://www.aldeah.org/fr/stop-forages-schiste


[1] “Les hydrocarbures de roche-mère en France”, rapport provisoire du CGIET et du CGEDD, février 2012, p.13 et annexe 3

EDIT 22/09/2013 10h00; Des encouragements viennent de partout et notamment , Angleterre, Pays-Bas, USA.
Un encouragement de Josh Fox qui était à Jouarre il y a moins d’un mois.

JF to Jouarre

Courte video des Dindons de la Farce sur l’occupation de la plateforme et de la tour de forage

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Le COLLECTIF 07 STOP AU GAZ DE SCHISTE INFORME L’OPECST * !

lenoir et batailleLundi 16 septembre 2013, le Collectif 07 STOP AU GAZ DE SCHISTE était invité en Préfecture de l’Hérault, par les deux parlementaires en charge du rapport sur « les techniques alternatives à la fracturation hydraulique pour l’exploration et l’exploitation des hydrocarbures non conventionnels ».

Cette invitation confirme le Collectif 07 STOP AU GAZ DE SCHISTE en qualité d’interlocuteur incontournable des pouvoirs publics et consacre le travail accompli collectivement par les différentes composantes du mouvement, commissions scientifique, juridique, communication, collectif des élus.

Lors de l’entretien, les représentants du Collectif ont été très surpris de la méconnaissance par leurs interlocuteurs des données financières et économiques du dossier gaz de schiste aux USA.

Le boom du gaz de schiste est encore présenté comme un modèle à reproduire, alors que la quasi-totalité des entreprises étatsuniennes du secteur affichent des résultats désastreux, et que les banques réduisent drastiquement leurs engagements dans le secteur.

L’accent a été mis sur la contradiction incompréhensible qu’il y aurait à autoriser une exploration et une exploitation de ressources carbonées avec une méthode au rapport bénéfice/risques extrêmement défavorable, alors que le pays s’engage dans un processus de transition énergétique privilégiant les énergies renouvelables.

Les représentants du Collectif ont insisté également sur la totale neutralité d’une éventuelle exploitation en France du point de vue de la sacro sainte indépendance énergétique, s’agissant de ressources extraites par des sociétés très majoritairement étrangères, au moyen d’une technologie exclusivement étatsunienne, et vendues sur le marché international de Londres.

Bien évidemment, l’aspect primordial de l’impact environnemental, immédiat, mais aussi à moyen et long terme, qu’aurait une éventuelle exploitation a été fortement souligné, preuves à l’appui, par le Collectif.

La demande de MM LENOIR, Sénateur de l’Orne, & BATAILLE, Député du Nord, de recevoir du Collectif les éléments de nature à remédier à leur méconnaissance de certains aspects du dossier permettra, espérons le, de progresser vers une analyse de la question des gaz de schiste enfin objective, dégagée de la fascination pour un modèle nord-américain obsolète et non reproductible en Europe.

Plus que jamais, restons vigilants et actifs !

*Office Parlementaire d’Evaluation des Choix Scientifiques & Technologiques

Lire aussi : Gaz de schiste : La France doit maintenir une loi d’interdiction   et  Gaz et pétrole de schiste, rapport d’étape de l’OPECST un tissu de mensonges éhontés!

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FRACTURATION HYDRAULIQUE LETTRE AUX MEMBRES DU CONSEIL CONSTITUTIONNEL

Objet : QPC 2013-346

Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs les membres du Conseil Constitutionnel

2, rue de Montpensier 75001 PARIS

Prochainement, vous étudierez et statuerez sur la QPC 2013-346 posée par M. SCHUEPBACH sur la constitutionnalité des articles 1 et 3 de la loi n°2011-835 visant à interdire l’exploration et l’exploitation des mines d’hydrocarbures liquides ou gazeux par fracturation hydraulique et à abroger les permis exclusifs de recherches comportant des projets ayant recours à cette technique.

Citoyennes et citoyens, nous nous permettons de vous faire part de nos inquiétudes. Comme vous le savez, le gaz de schiste n’est pas une énergie fossile comme les autres. Sa recherche, par la seule technique existante utilisée par les industriels – la fracturation hydraulique – a des impacts sur la quantité et qualité de l’eau des nappes alluviales et des rivières.

Elle nécessite d’énormes quantités d’eau, alors que le réchauffement climatique produit peu à peu ses effets.

L’Agence de l’Eau Rhône Méditerranée et Corse a publié en septembre 2012 un rapport de synthèse des connaissances sur les impacts du changement climatique sur l’eau dans le grand Sud-Est français : « Moins de neige, une eau plus rare et aléatoire, des rivières plus basses en été : les nouvelles données du changement climatique obligent à repenser la gestion de l’eau. Région la plus sensible de France au changement climatique, cette région connaît déjà des situations de pénuries d’eau sur 40 % de son territoire, d’où l’urgence d’envisager des mesures d’adaptation ambitieuses ».

De plus, les procédés d’épuration des eaux issues de la fracturation hydraulique et contenant du méthane et les résidus des environ 600 produits chimiques utilisés n’existent pas.

C’est pourquoi nous sommes déterminés à protéger l’eau de nos territoire menacée par les permis de recherche. Modestement, nous considérons qu’autoriser la fracturation hydraulique serait contraire au principe de précaution et à la Charte de l’environnement.

Dans l’attente de votre décision qui sera importante pour l’avenir de notre région, croyez Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs, à notre considération distinguée.

Rhône-Alpes le 16 septembre 2103

Les Collectifs Stop au Gaz et Huiles de Schiste

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Article à propos de l’examen de la QPC le 24 sept par le Conseil Constitutionnel