(!) Info minute – Revue de Presse

Depuis le 21 novembre 2013, nos voisins et amis Suisses du Collectif Val-de-Travers publient dans le Courrier du Val-de-Travers Hebdo, une information sur le projet de forage de Noiraigue. Il nous semble tout à fait opportun de faire la chambre d’écho et d’offrir à nos lecteurs la possibilité de lire cette analyse tant elle est pertinente. Après les huit premiers articles publiés ici depuis le 13 janvier 2014, voici le neuvième épisode.

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9.Un forage en travers des Gorges: non merci!
L’eau potable bue par deux personnes sur trois dans notre canton provient des captages dans les Gorges de l’Areuse . Les éléments développés aujourd’hui ont pour objectif, une fois de plus, de démontrer que la réalisation d’un forage profond en amont de captages si précieux est totalement inacceptable. Le Collectif Val-de-Travers défend un bien commun de très grande valeur, à l’échelle cantonale.
Imaginez-vous dès maintenant bien au chaud, à environ 2200 mètres sous la surface. Vous êtes dans le Buntsandstein, susceptible de contenir des hydrocarbures, hypothétiquement en gisement conventionnel. Ces couches sont le point de mire déclaré des promoteurs du forage.
La température intérieure est d’environ 76°C, en raison de son augmentation naturelle avec la profondeur. Passons en revue quelques hypothèses de travail et voyons ensemble que l’ambiance est, en définitive, assez lourde…
Première hypothèse
Si des hydrocarbures étaient présents dans le Buntsandstein sous Noiraigue, que se passerait-il s’ils étaient emprisonnés serrés, dans un réservoir compact, dit « tight »? Dans ce cas de figure, l’industrie pétro-gazière utiliserait sans ménagement des additifs chimiques, associés à de la fracturation hydraulique, pour mieux extirper les hydrocarbures de ce type de gisement non-conventionnel. Remarquons au passage que dans sa communication « grand-public », cette industrie évite généralement toute référence aux additifs utilisés. Or, comme les promoteurs clament haut et fort ne pas vouloir utiliser ce procédé à Noiraigue, ils marqueraient dommage sur leur investissement. Mais pas complètement, en tenant compte du contexte énergétique mondial dans ce domaine! Par ce forage, ils acquerraient également, en quelque sorte au dépens de notre collectivité, des données d’une grande valeur en regard de leurs objectifs et velléités sur d’autres sites dans l’arc jurassien. Côté rentrées financières pour le Canton et la Commune de Val-de-Travers: zéro. Par contre, ce qui serait nettement plus préoccupant serait d’avoir ce forage profond sur les bras. Pire encore? La frustration au ventre de savoir que des hydrocarbures non-conventionnels sont présents, tout en n’osant y toucher, la tentation serait grande pour qu’ils reviennent à la charge. Dans dix ans? Dans cinquante ans? Quel que soit le laps de temps, notre sous-sol sera toujours autant fracturé, hétérogène, karstifié, etc. Et nous aurons toujours autant besoin de notre ressource en eau potable de qualité. Par conséquent, en particulier pour ce forage, c’est un leurre de compter sur des avancées technologiques ou scientifiques!
Deuxième hypothèse
Que se passerait-il si des hydrocarbures étaient présents dans un Buntsandstein tout à la fois « très conventionnel », mais « trop pauvre » pour laisser entrevoir son exploitation? Mêmes conclusions que ci-dessus: les promoteurs lèveraient l’ancre, pas si bredouilles ni désintéressés que cela, Canton et Commune de Val-de-Travers ne verraient pas leurs caisses se renflouer « comme par enchantement » et le puits resterait à jamais en travers de la… gorge des générations futures.
Il nous semble important de relever que la présence même d’un puits profond à cet endroit pose des questions quant aux conséquences de sa dégradation due aux effets du temps. Des communications verticales entre les différents aquifères pourraient à terme insidieusement impacter la qualité des ressources en eau souterraine.
Troisième hypothèse
Et si le gisement dans le Buntsandstein était du genre « bonne pâte et bon producteur »? hypothèse que les promoteurs évaluent eux -mêmes, comme très peu probable! De la bouche de ces mêmes promoteurs, qui reconnaissent n’avoir encore exécuté, ni coordonné aucun forage, dans tous les cas en Europe, l’exploitation de ce gisement impliquerait la réalisation de six à dix autres forages dans la région! Or, l’emplacement de ce forage exploratoire a justement été choisi pour éviter qu’il ne traverse l’aquifère très sensible du Malm. Qu’en serait-il pour les six à dix autres? Nous sommes très perplexes! D’autant plus que, tenez-vous bien,  dans le rapport de synthèse relatif à ce projet de premier forage, il n’est pas totalement exclu que le Malm puisse tout de même être présent! Une fois de plus, on croit rêver, mais non!
Plan B?
Par revirement de situation, les promoteurs pourraient avoir comme « plan B » d’exploiter le gisement uniquement à partir du forage exploratoire, en le développant largement. En effet, les techniques actuelles en matière de forage profond pourraient leur permettre de forer plusieurs branches radiales, pour puiser dans le gisement, tout autour et à partir du forage principal. Ce mode de faire peut être comparé un peu aux baleines d’un parapluie tout retourné, malmené qu’il est par une bourrasque de vent. Le plan « parapluie » ne rendrait en rien ce projet plus acceptable, et ce, pour les nombreuses raisons déjà évoquées dans ces colonnes au fil des semaines, en tête desquelles un milieu souterrain naturel, faut-il le rappeler, fracturé, hétérogène, karstifié, etc., donc difficilement modélisable.
Plan C?
Une autre pirouette des promoteurs, pour tenter de tout de même administrer la pilule au patient récalcitrant qui ne veut pas la prendre par voie orale, pourrait consister à proposer la réalisation d’un forage dévié, pour « taper à distance » dans le Buntsandstein. Ainsi, en forant à partir d’un autre endroit que depuis Noiraigue, ils pourraient avoir l’outrecuidance de prétendre amoindrir les risques… Or, cette façon de faire serait largement réfutable, compte tenu de tous les éléments apportés ici et au fil des semaines précédentes. Une des filiales des promoteurs prévoit d’ailleurs ce genre de forages, dans deux projets actuels de forages d’hydrocarbures dans l’Ain (Jura français). Aux dernières nouvelles, les forages déviés ne permettent pas de s’affranchir de la présence de conduits karstiques ou de la fracturation pré-existante! Il y a une vingtaine d’années, des forages exploratoires à but d’hydrocarbures avaient défrayé la chronique, exactement dans cette région. Des pertes de boues de forage massives étaient survenues, autant dans les couches du Malm que du Dogger!
Cela avait engendré de la pollution, des pertes de débit et des tarissements de sources. L’approvisionnement en eau potable de plusieurs villages avait été lourdement touché. Des adductions alternatives avaient dues être mises en place dans l’urgence et des sources ont dû être irrémédiablement et définitivement abandonnées.
Dans cette affaire et à notre sens, l’intérêt prépondérant est de protéger durablement le bien commun que sont, à un niveau cantonal, les ressources souterraines en eau potable des Gorges de l’Areuse.
Au plaisir de vous retrouver. Belle semaine à vous.
Les dangers du gaz de schiste dans le Jura [ 1][ 2][ 3][ 4][ 5][ 6][ 7][ 8] [ 9] [10]

4/02: Maud Fontenoy continue de ramer pour le gaz de schiste         (!) Info minute – Revue de Presse

Montebourg l'enchanteurComme les alchimistes du moyen âge cherchaient, sans succès, la « pierre philosophale » permettant de transformer le plomb en or, Monsieur Montebourg cherche la substance qui permettrait de transformer le gaz de schiste en carburant écologique. Le dernier avatar de ce produit miracle serait l’heptafluoropropane, CH3F7 pour les intimes, gaz qui, une fois liquéfié, remplacerait l’eau dans le processus de fracturation hydraulique, et qui avait déjà séduit MM Lenoir et Bataille rapporteurs de l’OPECST[1]. La société eCorp qui tente de promouvoir ce procédé[2] n’y voit bien entendu que des avantages. Essayons de démêler le vrai du faux.

 Rappelons d’abord que l’exploitation du gaz de schiste nécessite trois étapes :

¤ Le creusement des forages
 ¤ La fracturation hydraulique
              ¤ L’extraction et le traitement du gaz

Nous employons le mot forages au pluriel car il ne faut pas oublier que si l’on recherche du gaz, ce n’est pas pour le laisser au fond mais pour l’exploiter, et que l’exploitation nécessiterait des milliers de puits.

Le creusement des puits utilise de la boue de forage constituée au minimum d’eau, d’argile et de polymères. Cette boue, qui sert à refroidir et lubrifier l’outil de forage, sert aussi à remonter en surface les débris de roche broyés par la foration, et avec eux les éléments présents dans le sous-sol, dont certains peuvent être toxiques comme les métaux lourds, le toluène, le benzène, le radon ou les bactéries anaérobies… Par ailleurs le simple percement de forages peut engendrer des pollutions des milieux traversés, particulièrement en zone karstique. La nature du fluide utilisé ensuite pour la fracturation ne diminue en rien ces risques.

Pour la fracturation proprement dite, la société eCorp propose donc d’envoyer dans les puits, une fois forés, de l’heptafluoropropane liquéfié. Mélangé à du sable et injecté sous haute pression ce produit provoquerait des microfissures dans la roche où il se mêlerait au méthane qu’on veut extraire. Retournant à son état naturel (gazeux) sous l’effet de la forte température, il pourrait remonter par le puits avec le gaz extrait dont il serait séparé en surface pour être réutilisé. Point positif donc, l’économie des dizaines de milliers de mètres cube d’eau nécessaires pour une fracturation hydraulique et la disparition des additifs chimiques (en totalité ? c’est moins sûr !)

Mais qu’en est-il de ce produit lui-même ? Ce gaz peut être utilisé dans les extincteurs (sous l’appellation FM200) mais uniquement en l’absence d’autre solution : « sa toxicité propre est faible mais il est fortement déconseillé en raison de son potentiel de réchauffement climatique[3] » : en effet son potentiel de réchauffement global à 20 ans est 4300 fois celui du CO2[4] ! Si sa présence dans le sous-sol peut sembler acceptable, son retour en surface est plutôt inquiétant, d’autant que les dernières estimations donnent des taux de fuites entre 2 et 11% dans les installations gazières américaines[5]. Et les opérations de séparation de l’heptafluoropropane d’avec le méthane pour recycler le premier risquent d’augmenter encore ce taux.

Car comme le rappelle le Professeur Tony Ingraffea[6] le pire est après la fracturation « Les gens qui sont contre la fracturation hydraulique ne pensent pas à tout ce qui se passe avant et après. L’opération de « fracking » en tant que tel présente des risques limités pour la qualité de l’air, mais les polluants issus des gaz d’échappement des moteurs diesel et les émissions de méthane associées aux processus d’excavation, de forage, la déshumidification, la compression, le traitement et le transport du gaz par pipeline présentent de graves problèmes pour la qualité de l’air et le réchauffement climatique ». Et que dire en y rajoutant l’heptafluoropropane ?

Sans parler des forages eux-mêmes dont l’isolation (tube d’acier plus ciment) n’est pas adaptée à la taille des molécules de méthane selon une étude conjointe du CNRS et du MIT[7], ce qui expliquerait les fuites systématique de gaz dans le sous-sol et donc les nappes phréatiques. Le remplacement du liquide de fracturation par un gaz ne serait pas pour améliorer les choses.

Et au fait, en dehors de ses inconvénients climatiques rédhibitoires, cette technique est-elle opérationnelle techniquement et économiquement ? Même pas ! La société eCorp a bien fait quelques essais, mais au propane (inflammable et explosif !) et aucun à l’heptafluoropropane. Cette idée géniale ne leur est venue qu’en 2013. Et de plus, ce produit est rare et cher, plus 10 € le kilo semble-t-il, et son éventuel recyclage aura son prix : la faisabilité financière de cette technique est mise en doute même par le pourtant très bienveillant OPECST.

Il est temps d’arrêter cette spirale infernale : le méthane quand il brûle produit du CO2, quand il fuit c’est un gaz à effet de serre 56 fois pire que le CO2 à 20 ans. L’heptafluoropropane est un gaz à effet de serre 4300 fois plus puissant que le CO2 à 20 ans. Et on voudrait nous faire croire qu’en utilisant le second pour extraire le premier on va  obtenir un « combustible propre » ?

MM Montebourg[8], Lenoir, Bataille et Cie nous prendraient-ils vraiment pour des blaireaux ?

 J.C.

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Depuis le 21 novembre 2013, nos voisins et amis Suisses du Collectif Val-de-Travers publient dans le Courrier du Val-de-Travers Hebdo, une information sur le projet de forage de Noiraigue. Il nous semble tout à fait opportun de faire la chambre d’écho et d’offrir à nos lecteurs la possibilité de lire cette analyse tant elle est pertinente. Après les sept premiers articles publiés ici depuis le 13 janvier 2014, voici le huitième épisode.

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8. Arrivée fracassante dans l’Autunien
Depuis quelques semaines, notre foreuse virtuelle a été strictement programmée pour exécuter les opérations telles que planifiées par les promoteurs du forage d’hydrocarbures de Noiraigue. Leur rapport de synthèse est actuellement aux mains du Conseil d’État qui doit prendre une décision officielle quant à la suite, ou non, à donner à ce projet…
 
La semaine dernière, la foreuse s’est arrêtée au fond du trou, dans le Permien. Où exactement? Mystère. Avec quelles intentions? Mystère. Pour resituer le contexte, la cible déclarée des promoteurs est une structure géologique profonde, en forme de dôme, dont le point culminant se situe à environ 2200 m. sous la surface. Plus précisément, les grès bigarrés du Buntsandstein sont visés, hypothétiquement susceptibles de contenir des hydrocarbures. Or, les promoteurs prévoient d’outrepasser, somme toute assez rapidement, cette formation rocheuse, pourtant déclarée si prometteuse. Ils veulent forer plus profondément, dans le Permien. Tentons de décrypter ce qu’implique ce choix et la manière dont tout cela est explicité dans leur rapport (RTH).
 
La distillerie…
 
Les hydrocarbures sont issus de la lente évolution de la matière organique (micro-organismes animaux et végétaux) contenue dans les sédiments rocheux se déposant au fond d’océans. Considérons un niveau repère, renfermant une bonne quantité de matière organique initiale. Au fil du temps, cette couche sera surmontée par d’autres sédiments. Donc, sa profondeur d’enfouissement augmentera, et avec elle, la pression et la température. Le processus de maturation, ou de « distillation » de la matière organique est en route. Les conditions physiques régnant dans le sous-sol évoluent et des transformations chimiques s’opèrent. Petit à petit, au cours de temps géologiques, la matière organique initiale se métamorphose en hydrocarbures, soit en pétrole et/ou en gaz.
 
Roche-mère et roche-réservoir
 
A partir de la matière organique originelle qu’elle contient, la roche-mèreest celle qui enfante… des hydrocarbures. Quant à la roche-réservoir, elle est en quelque sorte « la nounou poreuse et perméable » chez qui ces hydrocarbures se concentrent, après migration dans le sous-sol. Cette migration s’opère notamment à la faveur de failles ou de structures géologiques favorables.

Dans le cas de Noiraigue, le Buntsandstein est considéré potentiellement comme une roche-réservoir. Notons déjà à ce stade que les schistes de l’Autunien (Permien inférieur), présumés présents en dessous du Buntsandstein, sont reconnus à large échelle pour être une roche-mère, par l’industrie gazière et pétrolière.
 
Plutôt du genre… conventionnel …
 
Dans la thématique qui nous occupe, un gisement est un volume de roches renfermant des hydrocarbures. Ces derniers sont soit présents dans de menus espaces de la roche, soit plus fermement retenus en son sein. Les hydrocarbures, qu’il s’agisse de gaz ou de pétrole proviennent de gisements dits « conventionnels », ou « non-conventionnels », la distinction résidant dans la méthode utilisée pour les extraire, plus ou moins péniblement, du sous-sol. Le caractère « conventionnel » s’applique lorsque la porosité et la perméabilité de la roche sont optimales ou faciles à développer, pour atteindre une bonne productivité du champ gazier ou pétrolier. Cette définition est d’autant plus tangible quand la concentration en hydrocarbures du gisement est forte. En règle générale, plusieurs forages doivent être réalisés pour exploiter un champ d’hydrocarbures.

 
… ou non-conventionnel?
 
Quant au « non-conventionnel », il vise à produire du gaz de houille, du gaz ou du pétrole dits « de schiste » ou des hydrocarbures de réservoirs compacts, aussi appelés « tight ».
Dans la pratique, des méthodes très invasives doivent alors être utilisées, afin de « stimuler » la libération des hydrocarbures piégés dans ces roches de faibles porosité et perméabilité. Cela se traduit par l’emploi de grandes quantités d’eau et de produits chimiques, favorisant le drainage des hydrocarbures, en ayant recours au procédé de fracturation hydraulique. La méthode « non-conventionnelle » a pour objectif « d’ouvrir » la formation rocheuse et de la rendre « coopératrice ». En termes imagés, c’est: « tu vas l’cracher l’morceaud’hydrocarbures? ou bien?« .
 
Sésame dans l’Autunien?
 
Sur la base de profils de sismique-réflexion, sortes d’échographies du sous-sol établies à partir de mesures réalisées en surface, les promoteurs semblent convaincus de la présence massive de couches du Permien, sous les pieds des Néraouis, en dessous de la cible officielle du Buntsandstein. L’aubaine visée par les promoteurs? Soit dit en passant, l’interprétation de ces mesures ne donne pas d’informations probantes ni sur l’état de la fracturation à petite échelle du sous-sol, ni sur le niveau de karstification des différentes couches et encore moins sur les contraintes, ou forces tectoniques régnant en profondeur.
 
A bon entendeur
 
Et si l’Autunien était présent, effectivement visé et tout à la fois atteint par le forage? Et si les promoteurs étaient tentés de le « titiller », comme cela s’opère de par le monde dans les forages exploratoires d’hydrocarbures de gisements de ce type? Et si ce gisement non-conventionnel de roche-mère s’avérait productif sous la contrainte des méthodes invasives évoquées plus haut? Ces interrogations ne sont pas de pures conjectures émises par un groupe d’illuminés à la bougie! Non! Elles sont réelles et très préoccupantes, tout comme les conséquences qui pourraient en découler! Ce d’autant que le rapport (RTH) est, il va sans dire, totalement muet à ce sujet.
 
Moins j’en dis, mieux c’est?
 
Indépendamment du contexte hydrogéologique très délicat, si l’objectif était purement la recherche d’hydrocarbures conventionnels dans le Buntsandstein, n’eut-il pas été judicieux de planifier des échantillonnages de fluides? La réalisation de tests de production dans cette couche? La conduite de procédés de stimulation hydraulique et chimique du réservoir? Ces opérations sont pourtant habituellement réalisées dans la pratique, en phase exploratoire! Que se passerait-il dans les faits là-bas au fond?
 
Au plaisir de vous retrouver. Belle semaine à vous.
 
 
Les dangers du gaz de schiste dans le Jura [ 1][ 2][ 3][ 4][ 5][ 6][ 7] [ 8] [ 9] [10]

Mais aussi l’article paru dans le Canard enchainé le 29/01/2014   (!) Info minute – Revue de Presse

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Lettre ouverte des collectifs français Non aux pétrole et gaz de schiste et de houille* Le 28 janvier 2014 

À ARNAUD MONTEBOURG 

 Ministre du Redressement productif

Gaz de schiste : Réfléchissons ensemble de manière réellement raisonnable

Monsieur le Ministre,

C’est avec une grande indignation que nous avons entendu vos propos sur les « gaz de schiste », le 23 janvier dernier sur Europe 1 (1)

Alors que, par ces propos, vous reconnaissez l’existence d’un problème environnemental et affirmez qu’ « aux États-Unis les dégâts sont très importants« , vous préconisez à nouveau la recherche des hydrocarbures dits de schiste dans notre pays, et ce malgré la loi qui interdit l’usage de la fracturation hydraulique. Vous voulez donc que l’on y « réfléchisse ensemble de manière raisonnable« . Mais qu’est-ce qui est « raisonnable » pour vous ?

  • Est-ce raisonnable de vouloir extraire des hydrocarbures en utilisant des techniques dont on sait pertinemment qu’elles impactent inévitablement et irrémédiablement le sous-sol, l’eau, le sol et l’air? 
  • Est-ce raisonnable d’extraire ces hydrocarbures « de la fin des haricots », alors qu’ils impactent très négativement le climat ?
  • Est-ce raisonnable de faire passer les intérêts des industriels avant ceux des populations qui y perdront leur santé, leur tranquillité, leurs moyens de subsistance, voire leurs droits et libertés élémentaires?
  • Est-ce raisonnable de faire la sourde oreille à toutes les études médicales, géologiques, hydrologiques, toxicologiques, radiologiques, et même économiques qui montrent qu’à court, voire à moyen terme, les forages utilisant la fracturation hydraulique (ou autres) pour extraire ces hydrocarbures non-conventionnels sont une catastrophe ? 
  • Est-ce  raisonnable de penser qu’une croissance infinie dans un monde fini est possible ?

transition énergie propresMême si la situation est certes difficile dans notre pays (elle est difficile partout), nous bénéficions de ressources et d’un patrimoine naturels inestimables – l’eau, la terre, les paysages – qui nous permettent de vivre et qui sont valorisés économiquement, notamment par le tourisme et l’agriculture. Comme  vous l’avez vous même soulevé, aux États-Unis, du fait de l’exploitation intensive des gaz de schiste, de vastes territoires sont devenus invivables pour les populations, suite à la pollution irréversible du sol, de l’eau et de l’air. Ce pays  devra faire face, dans les années à venir, à l’impossibilité d’approvisionner en eau potable une grande partie de ses populations, y compris pour l’agriculture, et à des problèmes majeurs de santé publique. Est-ce cette forme de raison que vous voulez faire entendre aux Françaises et aux Français?

Pourquoi vouloir commettre avec le sous-sol français les mêmes erreurs que celles qui sont commises aux Etats-Unis, en Australie, au Canada, en Roumanie ou en Pologne? En Pologne, où San Leon Energy Plc (SLE) se vante d’avoir réussi à essorer le sous-sol pour récolter 1,700 m3 de gaz par jour à Lewino (2) ce qui est ridicule ( (0.34%) comparé aux 500,000 m3/jour supposés être le minimum pour un puits « normal ». 

Il y a cependant un point sur lequel nous sommes presque d’accord, mais pour des raisons inverses : vous déplorez le fait que la France, par l’entremise de ses fleurons industriels que sont TOTAL et GDF-SUEZ, mais aussi Vallourec, ou Véolia, pour ne citer qu’elles, en soit réduite à aller forer à l’étranger – dans des pays où les industriels ont de forts soutiens des gouvernements, tels que la Grande-Bretagne et la Pologne – pour faire de la recherche, pour valoriser et pour améliorer « ses » technologies.

Nous le déplorons également. En effet, nous ne pouvons accepter que ces entreprises participent à l’effort de destruction massive de notre planète. Nous dénonçons cette hypocrisie qui consiste à faire ailleurs ce que l’on ne peut pas faire chez soi, tout en en connaissant les impacts environnementaux et sociaux désastreux. Nous ne pouvons en aucun cas souscrire à cette nouvelle forme de colonialisme qui consiste à détruire l’environnement, à contrevenir aux droits des populations et à mettre en danger leur santé, que ce soit chez nos voisins anglais ou italiens ou ailleurs, pour le profit d’entreprises multinationales basées en France.

C’est pourquoi, Monsieur le Ministre, nous vous demandons de vous pencher, de manière réellement raisonnable, sur la nécessité absolue de développer sans délai toutes les pistes visant à entamer la transition écologique et énergétique. Nous vous demandons de ne pas oublier l’engagement du président Hollande, lors de son discours du 14 juillet 2013, à ne pas faire de fracturation hydraulique ni pour explorer ni pour exploiter les hydrocarbures. Nous vous demandons de regarder, comme vous le dites, la réalité en face et de comprendre qu’en aucun cas, les hydrocarbures non-conventionnels n’apporteront, ni à court terme, ni à long terme, une solution viable aux problèmes de la France, pas plus qu’à ceux de l’Europe. Nous vous exhortons à encourager les industriels français à engager toute forme de recherche dans le domaine technologique et industriel pour un fonctionnement énergétique économe, à veiller à ce que les ressources non renouvelables, en particulier fossiles, soient utilisées avec la plus grande parcimonie, à assurer une protection maximale de la ressource en eau, et à  favoriser dans tous les domaines la mise en place de solutions alternatives propres et recyclables, non impactantes pour l’environnement.

Veuillez croire, Monsieur le Ministre, en notre vigilante considération

Les Collectifs français « NON aux pétrole et gaz de schiste et de houille »

NON AUX HYDROCARBURES DE SCHISTE ET DE HOUILLE,

NON AUX ÉNERGIES EXTRÊMES,

NI ICI NI AILLEURS, NI AUJOURD’HUI NI DEMAIN

 (1) http://www.europe1.fr/MediaCenter/Emissions/Europe-soir-nicolas-poincare/Videos/EXTRAIT-Gaz-de-schiste-il-faut-travailler-a-trouver-des-techniques-propres-pour-Montebourg-1780691/
(2) http://www.bloomberg.com/news/2014-01-23/san-leon-nears-first-commercial-european-shale-gas-in-poland.html

Collectifs signataires : Association non au gaz de schiste des Pays de Savoie et de  l’Ain, Association Stop au gaz de schiste-Non al gas d’esquist (47), C.R.I Nonville (77), Coillectif Stop au gaz de schiste Anduze (30), Collectif « Eco’lectif Dégaze de Gignac et Environs  » (34), Collectif « Montpellier Littoral contre les gaz, pétrole de schiste! »(34), Collectif « non gaz de schiste » Florac (48), Collectif 07 Stop au Gaz et Huile de Schiste (07), Collectif 32 Non au gaz de schiste, Collectif 91 non au gaz et huile(petrole) de schiste (91), Collectif Basta! Gaz Alès (30), Collectif Causse Méjean – Gaz de schiste NON! » (48), Collectif citoyen Pézenas, Castelnau de Guers et environs ( 34 ), Collectif de RIVIERES, Collectif de vigilance CAMIS’GAZ (30), Collectif des Arcs Sur Argens (83), Collectif des taupes énervées, Collectif du Ceressou (34), Collectif du Pays de Coulommiers – Non aux gaz et pétrole de schiste (77), Collectif du Pays Fertois – Non aux pétrole et gaz de schise (77), Collectif du Valromey pour la sauvegarde de l’eau, contre les forages  d’hydrocarbures (01), Collectif Garrigue Vaunage (30), Collectif Gaz de Schsite Non Clapiers (34), Collectif GAZPART (02), Collectif Grand Valentinois (26), Collectif Hainaut 59 ( Nord), Collectif Haut-Bugey, non aux forages d’hydrocarbures (01), Collectif Hautes Cévennes (30), Collectif Houille ouille ouille (59/62), Collectif Ile-de-France Non aux gaz et pétrole de schiste (75 et IDF), Collectif non au gaz et huile de schiste 47, Collectif non au gaz et huiles(petrole)de schiste des 3 vallées(91 et alentour), Collectif NPGDS du Bocage gâtinais (77-89-45), Collectif Roquedur-Le Vigan (30), Collectif Stop gaz de schiste 69, Collectif stop GDHC d’Alsace et de Lorraine, Collectif viganais (30), Collectif  Auzonnet Cèze et Ganière, Collectifs Isérois STOP aux GHRM (38), Gard Rhodanien « Garrhodstopgaz » (30), Les Dindons de la Farce, Non gaz de schiste ouest-Aveyron (Villefranche de Rouergue) (12), Stop au gaz de schiste 39, Stop Pétrole De Schiste Sud 77,  Touche pas à mon schiste (07)

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Depuis le 21 novembre 2013, nos voisins et amis Suisses du Collectif Val-de-Travers publient dans le Courrier du Val-de-Travers Hebdo, une information sur le projet de forage de Noiraigue. Il nous semble tout à fait opportun de faire la chambre d’écho et d’offrir à nos lecteurs la possibilité de lire cette analyse tant elle est pertinente. Après les six premiers articles publiés ici depuis le 13 janvier 2014, voici le septième épisode.

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7. Le fond du trou dans le Permien… mais où?

La semaine dernière, nous avons passé en revue les grandes lignes de ce qu’impliquerait la réalisation de la section intermédiaire du forage à but d’hydrocarbures de Noiraigue. Notre foreuse virtuelle s’est arrêtée dans les grès du Buntsandstein, à environ 2200 mètres sous la surface. Nous verrons aujourd’hui que les promoteurs, non contents d’avoir atteint cet objectif officiel, ont planifié d’aller encore plus loin, plus en profondeur. Jusqu’où ? Comment et pourquoi ?

Un forage profond est en quelque sorte une antenne télescopique déployée pointe en bas, étape par étape, dans le sous-sol. Chaque section est forée, tubée, et enfin l’espace annulaire entre le tubage et la roche est cimenté. Ainsi, à l’amorce de la section suivante, le diamètre de forage diminue. En effet, l’outil de forage rotatif passe d’abord à l’intérieur du tubage de la section venant d’être dûment équipée, avant de pouvoir grignoter les roches de la nouvelle section. Au niveau des couches qui pourraient hypothétiquement contenir des hydrocarbures, le puits ne sera évidemment pas tubé. Il sera laissé en trou nu.
Aquifères saumâtres
Dans l’article précédent, nous nous sommes quittés alors que le tubage en acier de cette longue section intermédiaire, d’environ 2200 mètres avait été posé et cimenté. Il faut espérer que les roches tant du Lias que du Trias aient été clémentes avec les hypothèses de travail des promoteurs. Dans les faits, la cimentation pourra-t-elle être réalisée comme planifiée sur le papier, c’est-à-dire sur toute la longueur, et sans problème ? Des niveaux aquifères profonds et saumâtres sont reconnus dans ces formations. Seront-ils à l’origine de problèmes de qualité d’adhérence de la cimentation au tubage, mais aussi d’adhérence aux formations rocheuses, et ce, déjà au moment même de la réalisation de la cimentation ? Comme écrit précédemment: une parfaite cimentation serait cruciale dans le contexte hydrogéologique régional, mais est plutôt chimérique dans la pratique !
Transparence, transparence…
Dans leur rapport technique hydrogéologique (RTH), les promoteurs prévoient alors un essai de pression, cette fois dans le Buntsandstein, sans plus de détail. Ce test sera-t-il à nouveau conduit jusqu’à atteindre la pression requise pour fracturer la roche ? Le rapport n’en pipe mot. Quoi qu’il en soit, les contraintes tectoniques probablement importantes à ces profondeurs pourraient se voir être libérées. De la sismicité pourrait alors être induite et ressentie jusqu’en surface (voir à ce sujet notre article N°5 « Arrêt sur image à 600 mètres de profondeur« ). Pour mémoire, suite à l’importante mise en pression appliquée à 600 m. sous la surface, le Toarcien en tremble encore…, et nous n’osons penser aux conséquences graves si le moindre risque de pollution de nos eaux souterraines devenait réalité.
Le fond du tr-où ?
Après avoir réalisé cet essai de pression dans le Buntsandstein et sans plus attendre, les promoteurs remettent la foreuse en route, pour perforer la dernière section du puits. Les boues de forage saturées en sel utilisées jusqu’ici auront préalablement été remplacées et devront être gérées comme des déchets particuliers. Tout un programme, en considérant la manière dont cela s’est déroulé à Noville (VD) en 2010, lors de la réalisation d’un forage exploratoire d’hydrocarbures. Quant au troisième mélange de boues employé, il sera constitué à base d’eau, sans aucune matière solide. Rien n’est par contre mentionné au niveau des additifs chimiques qui seront bien entendu utilisés… Une fois la foreuse en route vers le Permien, le rapport (RTH) devient à notre sens lacunaire et tout à la fois ambigu. Aucune profondeur finale n’est planifiée. Le Permien sera-t-il pénétré sur 50 ou 500 mètres?!
Rebelotte
Dès l’énigmatique profondeur finale atteinte dans le Permien, les promoteurs ont prévu de nettoyer le puits par circulation, avant de retirer le train de tige. Alors, une série de mesures pourront être réalisées dans la section en trou nu. Ensuite, la vérification de l’adhérence de la cimentation au tubage du puits…intermédiaire sera conduite. De nouveau, avec un train de retard (Article 6 « Objectif officiel : grès du Buntsandstein« ), cette fois en regard des roches du Lias, Toarcien compris et du Trias ! Prompts à contenir des hydrocarbures susceptibles de migrer en direction de nos aquifères par l’annulaire entre le tubage de la section intermédiaire et la roche, le Buntsandstein et le Permien auront été forés. Une fois de plus, les promoteurs ne dérogent pas aux pratiques habituelles induites notamment par des impératifs de rentabilité, malgré l’importance capitale pour notre canton des aquifères situés en aval de ce forage.

Cela dit, plusieurs éléments laissent à penser que les promoteurs se cachent derrière l’objectif officiel des grès du Buntsandstein, avant tout pour acquérir des données plus en profondeur, dans le Permien. Quels sont les objectifs réels des promoteurs ? Cette piste sera explorée dans notre prochain article.
Ne nous laissons pas berner ! La réalité d’un forage profond tel celui planifié à Noiraigue en amont de captages d’eau potable cruciaux pour notre canton n’est pas un long fleuve tranquille, où quelques personnes s’imaginent pouvoir garder toute la maîtrise grâce aux meilleures techniques disponibles, aussi sophistiquées soient-elles. Au plaisir de vous retrouver. Belle semaine à vous.
Les dangers du gaz de schiste dans le Jura [ 1][ 2][ 3] [ 4][ 5][ 6][ 7][ 8][ 9] [10]

(!) Info minute – Revue de Presse

Communiqué de presse des collectifs français Non aux pétrole et gaz de schiste et de houille**

Le baiser de Judas ? Quin c’hé nin, c’hé nin !*

judasLes collectifs « NON au pétrole et gaz de schiste et de houille » réunis en coordination nationale à Valence les 25 et 26 janvier 2014 sont scandalisés par les nouvelles et récentes déclarations d’Arnaud Montebourg, qui relaie une fois de plus les demandes des industries pétrolières et gazières pour développer les forages expérimentaux sur nos territoires.

Les collectifs s’indignent par ailleurs du fait que le ministère de l’Écologie ait été exclu de la révision du code minier. Le texte de ce nouveau code est une régression, car il ouvre la voie à des forages expérimentaux sous le simple régime de la déclaration. Les collectifs ne sont pas dupes des objectifs visés par ces expérimentations : ouvrir la porte à l’exploitation massive des pétrole et gaz de schiste et de houille.

Ils refusent catégoriquement que le gouvernement, comme il l’envisage, fasse légiférer par ordonnance sur cette question. C’est pourquoi ils demandent à leurs représentants d’exiger un vrai débat parlementaire, base de la démocratie.

Les nouveaux permis accordés concernent majoritairement les gaz de couche, ce qui montre la volonté  du gouvernement de lancer leur exploitation à grande échelle. L’offensive des pétroliers se traduit concrètement par des forages d’expérimentation, déjà en cours en Lorraine, et autorisés dans le Nord-Pas de Calais. L’opérateur EGL est présent partout (Lorraine, Nord/Pas-de-Calais, Jura, Gardanne), alors qu’il ne maîtrise pas les techniques de forage – contrairement à ce qu’il prétend – comme le démontre l’accident survenu lors du forage en cours à Tritteling, en Moselle(1), en décembre dernier, dont la gestion opaque est scandaleuse.

En outre, après l’envoi d’une lettre ouverte le 16 décembre dernier(2), les collectifs attendent toujours des éclaircissements du ministère de l’Écologie du Développement Durable et de l’Énergie sur le traitement et l’élimination des effluents du même forage de Tritteling, et dénoncent le manque de transparence et les contradictions des autorités et de l’industriel. Toujours en Lorraine,comment l’état français apporte-t-il son soutien à EGL au travers du partenariat de recherche EGL-CNRS-Géoressources-Faculté de Nancy ? À quelles fins sont utilisés les fonds publics(3) ?

Des alternatives aux hydrocarbures existent. Sortons des schémas archaïques et productivistes et de la frénésie extractiviste !

 

NON AUX HYDROCARBURES DE SCHISTE ET DE HOUILLE, NI ICI NI AILLEURS, NI AUJOURD’HUI NI DEMAIN

 *Quand c’est Non, c’est Non !

(1)    http://stopgazdeschiste39.wordpress.com/2014/01/11/sale-temps-en-lorraine-escamotage-opacite-intox/

(2)    Gaz de houille: A TRITTELING-REDLACH, LE FORAGE EST À L’ARRÊT ET LES EFFLUENTS DE FORAGES SE VOLATILISENT

(3)    http://herveferon.fr/index.php/l-actualite-ici-et-la/actualite/938-le-gaz-de-charbon-en-lorraine-une-piste-innovante-pour-la-reconversion-economique-de-notre-region%29

** Collectifs signataires :  Collectif stop gaz de schiste Anduze(30), Collectif citoyen Ile-de-France non aux gaz et pétrole de schiste et de couche, Collectif « Montpellier Littoral contre les gaz, pétrole de schiste! »(34), Collectif Houille ouille ouille (59/62), Collectif GAZPART (02), Collectif Florac Non au Gaz de Schiste (48), Collectif Causse Méjean – Gaz de Schiste NON ! (48), Les Dindons de la Farce, Collectif Non au gaz de schiste Montélimar Drôme Sud (26), Collectif 07 SHDS, Bastagaz Alès (30), Collectif de Valence, Collectif du Val de Drôme, FRAPNA Drôme, Collectif viganais (30)

(!) Info minute – Revue de Presse

On n’aime pas taper sur les ONG environnementales. On n’oserait pas dire du mal d’une organisation qui, flamberge au vent, a décidé il y a un an de rejoindre notre combat en se lançant dans la diffusion d’informations sur « les enjeux sanitaires, environnementaux et économiques liés à l’exploitation des gaz de schiste ». Une diffusion (c’est un comble quand on découvre qui est le président de l’association) payante puisque seul un petit résumé est accessible gratuitement.

A première vue on aurait pu se laisser tenter. Nous collectifs en Rhône-Alpes avons failli nous laisser tenter. Et puis à regarder le pédigrée de l’association nous avons eu des doutes. En février 2013, approchés par un représentant français de cette association qui cherchait de l’information et des subventions pour financer un travail de recherche, nous nous sommes questionnés au sujet de cette organisation qui arrivait « après la bataille ». Certes le combat était loin d’être gagné ni même fini (il commençait à peine), mais la première bataille qui avait vu citoyens, collectifs et associations français battre campagnes et villes pour informer sur les gaz de schiste et les conséquences  de son exploitation, cette bataille du printemps 2011 avait tout de même débouché sur une loi d’interdiction d’une technique (celle de la fracturation hydraulique) certes insuffisante et sur l’abrogation de permis de recherche de gaz de schiste (seulement trois permis mais c’était un début).

jan-kulczyk_Alors pourquoi avons-nous refusé toute collaboration et toute activité commune ? Tout simplement parce-que nous nous sommes un peu renseignés sur ce qu’était cette association ou plutôt ce qu’elle était devenue depuis 2008. Greencross International est une association qui « œuvre à aider à la solution des problèmes mondiaux de l’eau et contribuer au maintien de la paix entre les peuples » et qui fut fondée par Mikhail Gorbachev en 1993. Sa section française fut présidée par le savoyard écrivain, philosophe, journaliste et naturaliste Yves Paccalet.  Et c’est la démission de ce dernier qui a attiré notre attention, ou plutôt la raison de sa démission. Celle-ci intervient effectivement en 2008 après deux ans d’engagement de Paccalet « la présidence internationale de Mikhaïl Gorbatchev [lui étant apparue comme] une garantie d’efficacité et de liberté » . Or, fin 2007, Gorbatchev laisse la présidence du conseil d’administration vacante. Greencross International choisit son nouveau président en la personne du polonais Jan Kulczyk. Ce monsieur, première fortune de Pologne, a de nombreux intérêts financiers dans les industries les plus polluantes au nombre desquelles, l’automobile et … les hydrocarbures.

Alors en effet nous n’aimons pas « taper sur les ONG environnementales » et qui plus est lorsque qu’il s’agit d’une organisation qui œuvre également à la paix et au rapprochement entre les peuples. Mais si sa gouvernance ne lui a pas permis de changer de président depuis sept ans maintenant et que Kulczyk actuellement investi dans le projet Elektrownia Północ c’est-à-dire la mise en œuvre de la plus grosse centrale à charbon d’Europe en est toujours le président, en effet cela nous pose un problème. Ce monsieur Kulczyk qui est également membre de la « Climate change task force », un groupe de travail qui se définit comme « une synergie d’experts sur le climat, des dirigeants du monde, prix Nobel de la paix, et façonneurs d’opinion – qui aident à créer la volonté politique de lutter contre le changement climatique».

Décidément … 

(!) Info minute – Revue de Presse

Depuis le 21 novembre 2013, nos voisins et amis Suisses du Collectif Val-de-Travers publient dans le Courrier du Val-de-Travers Hebdo, une information sur le projet de forage de Noiraigue. Il nous semble tout à fait opportun de faire la chambre d’écho et d’offrir à nos lecteurs la possibilité de lire cette analyse tant elle est pertinente. Après les cinq premiers articles publiés ici depuis le 13 janvier 2014, voici le sixième épisode.

Val Travers bannière-

6. Objectif officiel: grès du Buntsandstein

Nous avons entamé il y déjà quelques jours une descente virtuelle dans le sous-sol de Noiraigue, sur la base des données publiques des promoteurs du forage. Après avoir mis en évidence plusieurs dangers manifestes pour les eaux potables du canton, nous nous sommes arrêtés dans les schistes du Toarcien, à 600 mètres de profondeur. Remettons la foreuse en route, et voyons ce que la section suivante du forage nous réserverait.

L’objectif affiché des promoteurs est d’atteindre les grès poreux et perméables du Buntsandstein, supposés contenir d’éventuels hydrocarbures. Pour y arriver, la foreuse va devoir perforer 1600 mètres supplémentaires de roches. L’outil de forage, appelé trépan, se trouvera alors à environ 2200 mètres sous la surface. Dans sa descente, il traversera tout le Toarcien et le reste du Lias, puis le Trias (voir fig.7). Ce dernier est un empilement rocheux complexe d’environ 1200 mètres d’épaisseur, n’affleurant pas en surface dans notre région. Il est essentiellement constitué de marnes et de roches évaporitiques (dolomies, gypses/anhydrite et sel). Ayant largement contribué à la formation de la chaîne du Jura, la succession ainsi que l’état de déformation de ses couches sont difficilement prévisibles. Qu’à cela ne tienne! La foreuse est en marche.

Le cauchemar des boues de forage

Les boues de forage ont de nombreuses fonctions. Par leur circulation contrôlée (surface à  fond du trou à  surface), elles ramènent constamment à nos yeux les débris arrachés au massif rocheux par le trépan en profondeur. Les foreurs font évoluer la composition des boues au fur et à mesure des roches traversées. Dans le rapport technique hydrogéologique (RTH) des promoteurs, pour en améliorer la performance au niveau de la section intermédiaire qui nous occupe, les boues se verront complétées, dans un premier temps, par des polymères… Ce sont des additifs chimiques. Il en existe une multitude, dont certains cocktails sont d’ailleurs brevetés et leur composition tenue secrète. Leur innocuité, que ce soit à court ou long terme reste à démontrer en cas de migration –de notre point de vue, absolument inadmissible –dans nos aquifères! Dans un second temps, dès que la tête de forage passera l’épaule dans le Trias, des roches salines seront rencontrées. Les boues utilisées jusqu’à présent devront alors être remplacées par un système saturé en sel, contenant tout autant d’additifs!

Une facture salée?

Petit rappel : le Toarcien n’est toujours pas tubé et il vient de subir un test de fracturation hydraulique. De surcroît, juste au-dessus, la couche inférieure du Dogger (l’Aalénien) est connue comme étant fortement fracturée dans la région de Neuchâtel. Il est plausible qu’elle le soit également à Noiraigue. Autrement dit, Toarcien et Aalénien se comporteront-ils comme des éponges au contact avec les boues?

Vous l’aurez compris : l’infiltration potentielle et insidieuse de boues de forages «polymérisées » et/ou fortement salées dans le Toarcien, se propageant dans l’Aalénien, en direction de l’aquifère du Dogger ne présage rien de bon pour nos eaux souterraines!

Un train de retard…

Admettons qu’aucun accident majeur ne soit survenu jusque-là: ouf! Nous voilà enfin à 2200 mètres sous la surface, dans les grés bigarrés du Buntsandstein! L’ensemble des tiges au bout duquel se trouve le trépan peut être retiré. C’est ce moment-là qu’ont choisi les promoteurs notamment pour contrôler la cimentation du puits… supérieur!

Ce test leur permet de vérifier la qualité effective de l’isolement hydraulique des couches aquifères du Dogger, 1600 mètres plus haut! On croit rêver: il faut attendre que la tête de forage soit arrivée dans le Buntsandstein pour voir se réaliser ce test d’adhérence de la cimentation au tubage au niveau de l’aquifère du Dogger!

Une parfaite cimentation est pourtant indispensable pour éviter, au moins à court terme, une migration ascendante de fluides dans l’espace annulaire entre la roche et le tubage, en direction de nos aquifères. Par fluides, il faut entendre: fluides et boues de forage, hydrocarbures, hydrogène sulfuré, eaux fortement salées d’aquifères plus profonds, etc.

Il eut été nettement plus responsable (mais plus coûteux pour les promoteurs) de prévoir la possibilité de défauts de cimentation au niveau de l’aquifère du Dogger, avec mesures correctives, et ce, avant de poursuivre vers le Buntsandstein! Soit dit en passant, au vu de tous les éléments plaidant en défaveur de ce projet, cela ne le rendrait en rien plus acceptable si les promoteurs revoyaient leur copie…

Revenons à nos moutons

Le temps est venu de placer un tubage en acier sur cette longue section fraîchement forée, en partie dans des roches salifères et sulfatées. Il convient ensuite de cimenter ce tubage sur environ 2200 mètres de longueur, entre le sommet du Buntsandstein et la surface. Cette

opération n’est de loin pas une mince affaire… Bref, si nous mentionnions tous les risques possibles, nous ne nous en sortirions plus! Considérons donc ces opérations comme réalisées sans incident important ou disqualifiant. Sur cette base, nous poursuivrons la prochaine fois pour atteindre, finalement, le fond du trou!

Au plaisir de vous retrouver. Belle semaine à vous.

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