GAZ « DE HOUILLE » : A TRITTELING-REDLACH, LE FORAGE EST À L’ARRÊT ET LES EFFLUENTS DE FORAGES SE VOLATILISENT

Publié: 18 décembre 2013 dans énergie climat, forage d'hydrocarbures, gaz de houille
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(!) Info minute – Revue de Presse

Le 16 décembre 2013 Lettre ouverte au Ministre de l’Écologie            

Depuis octobre 2013, la société EGL travaille sur un chantier de forage à Tritteling-Redlach dans le bassin de Saint Avold (en Moselle) pour évaluer la présence de gaz de couche, communément appelé « gaz de houille ». Mais le forage est arrêté depuis une dizaine de jours, et ce pour une durée indéterminée, selon les laconiques informations transmises par la commune aux habitants du village ce 3 décembre. Des « problèmes techniques » justifient cet arrêt, que d’anciens mineurs interprètent comme un potentiel blocage d’une tête de forage dans le puits, problème toujours délicat à résoudre.

forageMais ceci n’est qu’une broutille de quelques dizaines (voir centaines) de milliers d’euros. Ce qui inquiète beaucoup plus les membres des collectifs français « Non aux pétrole et gaz de schiste et de houille » est la gestion des effluents de ce forage – qui se présentent sous la forme de très grandes quantités de boues extrêmement chargées en sel, et pouvant contenir, en plus de produits toxiques utilisés par les agents chargés du forage, des éléments fossiles : métaux lourds, chrome, arsenic, lithium, mercure, strontium, baryum, voire radium, etc., des particules en concentration variable suivant les sites explorés et donc potentiellement radioactives.

Ce qui est inquiétant, c’est que ces boues ont été convoyées, y compris à travers le village, dans des véhicules-citernes appartenant à des exploitants agricoles du village ! A l’heure où nous rédigeons ces lignes et malgré plusieurs courriers adressés à la préfecture de Moselle et à la DREAL, à laquelle la première nous renvoie, nous n’avons pu obtenir aucune information sur l’endroit où ces eaux ont officiellement été amenées, sur les autorisations et habilitations de transport, ni surtout sur la nature de ces eaux.

Selon des témoins, plusieurs de ces véhicules chargés en provenance du site de forage se seraient engagés sur une voie sans issue débouchant dans des champs proches du village. D’autres se seraient dirigés directement vers des exploitations agricoles locales. Nous avons donc de fortes raisons de penser que ces boues de forages ne sont pas gérées comme il se doit, qu’elles sont soit déversées en pleine nature, soit peut-être stockées dans des fosses à purin, ce qui a été observé pour les boues d’un forage gazier en Suisse où 850 tonnes de boues ont été stockées ainsi durant plusieurs mois.

Les Collectifs français « NON au pétrole et gaz de schiste et de houille », gaz de couche en l’occurrence, demandent aujourd’hui instamment aux plus hautes autorités de l’État de prendre toutes les mesures pour que les citoyens puissent bénéficier dans les plus brefs délais d’informations fiables et complètes concernant ce forage. Nous exigeons que soient précisées de même, et de manière exhaustive, toutes les mesures prises par les autorités de notre pays, de manière générale et au cas par cas, pour l’élimination des effluents de ce forage et de tous les autres forages en cours en France. Nous exigeons qu’une enquête soit menée par les services de l’État afin de préciser les responsabilités concernant, dans le cas de la gestion des boues de forage, le non-respect et les manquements à la charte de l’environnement, à la directive sur l’eau, à la législation environnementale dans notre pays et à la directive REACH de manière générale.

Les Collectifs français « NON aux pétrole et gaz de schiste et de houille »*

NON AUX HYDROCARBURES DE SCHISTE ET DE HOUILLE,
NON AUX ÉNERGIES EXTRÊMES,
NI ICI NI AILLEURS, NI AUJOURD’HUI NI DEMAIN

commentaires
  1. Aldo SCALZO dit :

    quelle ignorance? Vous mélangez tout. Il ne faut pas confondre gaz de houille et gaz de schiste. A Tritteling la technique utilisée n’est pas identique à la fracturation qui d’ailleurs est interdite en France. La DREAL Lorraine a donné son autorisation à ce chantier car le dossier a été sérieusement étudié. Aucune substance toxique ni même polluante n’est injectée dans ces forages. Les analyses de ces eaux d’exhaures démontrent une faible présence de métaux lourd et un débit d’environ 4m3/ jour (une goutte d’eau) Si ce projet se concrétise, des centaines d’emplois pourront être crées et notre région en a sérieusement besoin
    Par pitié, évitez de raconter n’importe quoi et informez vous sérieusement. En tenant ce genre de propos vous ne donnez aucun crédit au développement industriel de la région.
    .

    • noschiste dit :

      Monsieur,

      A l’inverse de ce que vous affirmez nous ne faisons aucune confusion entre l’exploitation des gaz dit de schiste et celle des gaz de mine ou de couche. La question ici évoquée est précisément celle de la gestion des boues d’un forage hydrocarbure.
      Il n’est nullement évoqué l’injection de « substance toxique ni même polluante » (sur quelle base pourrions-nous l’affirmer dans un dossier si opaque ?) . En revanche la question posée est celle de la composition et de la gestion des effluents de forage. Si tout ceci se pratiquait ou toute transparence, l’information serait facilement accessible auprès de l’administration.
      Notre propos ne consiste pas à vouloir dénigrer ou donner du crédit au développement industriel de la région mais d’alerter sur les risques liés aux pratiques non transparentes.
      Par contre, que certains syndicats défendent la prolongation d’un système non pérenne et obsolète aux conséquences économiques, écologiques et sanitaires désastreuses pour les populations en faisant miroiter la création de « centaines d’emplois » sur la base de ce type de projet ne nous semble guère responsable.

  2. lO dit :

    L’état ne prendra aucunes responsabilités- il est vil, noir et cruel ….regroupons nous et battons nous……°O°

  3. De fait, le forage a repris depuis ce lundi 16 décembre (je suis sur place) et même de plus belle ! Il est probable que les exploitants agricoles ne savaient pas ce qu’ils faisaient mais qu’en est-il de la préfecture en charge de la salubrité, de la sécurité et de la santé des populations, saisie en urgence ? Qu’en est-il du maire de la commune ? De la DREAL qui malgré de nombreuses relances, n’a jamais fait analyser ces eaux ? Et surtout, tous ces convoyages d’eaux et boues de forages vont-ils reprendre eux aussi de plus belle, maintenant que le consortium est de retour ??
    Au secours ! Où donc est passée la démocratie ? Car pour rappel, zéro enquête publique par les services de l’état, zéro réunion publique par le maire et zéro réunion d’information par le consortium. On est bien au 21e siècle ou je me suis trompée de siècle ??

  4. stef dit :

    Bon, le mal est fait !
    Souhaitons que l’état prenne ses responsabilités et que ce genre d’épisode ne puisse plus se reproduire.
    Bonnet d’âne aux exploitants agricoles qui ont participé…Savaient-ils ce qu’ils faisaient ou ont-ils été « utilisés » ?

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