(!) Info minute – Revue de Presse

Dix ans après la fermeture de la dernière mine de charbon en France, les bassins houillers du Nord ou de Lorraine font de nouveau parler d’eux. Ils sont le terrain de jeu d’entreprises désireuses d’exploiter du « gaz de couche ». Pour être extrait, ce gaz, contenu dans des couches de charbon profondément enfouies, pourrait nécessiter les mêmes méthodes que celles utilisées pour les hydrocarbures de schiste, avec de lourds impacts environnementaux. C’est le cas en Australie où les mobilisations citoyennes se renforcent. Dans le Pas-de-Calais, les riverains des bassins houillers s’inquiètent et prévoient de manifester le 13 avril.

Avez-vous déjà entendu parler du « gaz de couche » (coalbed methane en anglais) ? Ce gaz n’est autre que du méthane piégé au cœur des veines de charbon des anciennes houillères. Il est principalement exploité aux États-Unis, au Canada et en Australie. Mais d’anciens bassins houillers français dans le Nord-Pas-de-Calais, le Jura, la Lorraine, la Provence et les Cévennes sont dans la ligne de mire des entreprises gazières. Ainsi, l’entreprise britannique European Gas Limited (EGL), qui a racheté l’entreprise publique Gazonor – ex-Charbonnages de France – dispose de plusieurs permis exclusifs de recherches en Lorraine (ici et ), dans le Jura et dans le bassin de Gardanne (Bouche-du-Rhône).

Houille ouille ouilleEst-ce la même chose que le « gaz de mine » à l’origine des célèbres coups de grisou, ces explosions accidentelles dans les mines de charbon ? Non, car ce qui est appelé gaz de mine peut-être récupéré sans forage à l’entrée des mines. Sa teneur en méthane est limitée et son exploitation, bien qu’utile, est peu rentable sans le soutien financier des pouvoirs publics [1]. De son côté, le gaz de couche est constitué très majoritairement de méthane fixé dans le charbon, souvent profondément enfoui au delà de 1000 mètres sous terre. Le gaz, prisonnier des veines de charbon, ne peut-être récupéré en surface comme le gaz de mine.

Un « gaz made in France » promu par le gouvernement

schiste made-in-france gaz de houilleA la différence des projets d’exploitation de gaz et pétrole de schiste auxquels la très grande majorité des élus locaux se sont largement opposés, le gaz de couche suscite une large adhésion. En faisant miroiter un gaz moins cher, une réduction de la facture énergétique, de nouvelles activités industrielles et des perspectives d’emplois, les prospecteurs gaziers semblent avoir convaincu la très grande majorité des élus du Nord-Pas-de-Calais et de Lorraine. Bertrand Péricaud, élu régional communiste, a ainsi présidé une mission d’enquête pour le Conseil régional du Nord-Pas de Calais, en affirmant vouloir gagner « la bataille du gaz de couche ».

Pour l’élu communiste, l’exploitation de ce gaz non conventionnel pourrait attirer dans la région des entreprises très consommatrices de gaz, soucieuses de sécuriser leur approvisionnement et de disposer de prix inférieurs à celui du marché. Une position appuyée par Arnaud Montebourg, ministre du redressement productif, qui considère que ce « gaz made in France, un gaz en marinière en quelque sorte » (sic) pourrait contribuer à réduire « le risque de délocalisation [des industries chimiques] vers des pays où le prix du gaz est très bas ».

En régions, des élus divisés

La mission d’enquête du Conseil régional Nord-Pas de Calais se veut enthousiaste. Avant même tout forage, en se basant sur les estimations de EGL, elle annonce un total de 850 emplois non délocalisables et l’extraction de l’équivalent de 3 % de la consommation annuelle de gaz du pays pendant vingt à trente ans. Une ambition contradictoire avec l’engagement de la région à réduire de 60 % sa consommation énergétique et à diviser par quatre ses émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2050. Les élus écologistes nordistes dénoncent « un contresens historique et politique » et ont décidé de claquer la porte de la mission d’enquête, en affirmant « rejeter l’exploration comme l’exploitation du gaz de couche ».

En Lorraine, au contraire, le vice-président écologiste de la région, Daniel Béguin, soutient l’exploitation des gaz de couche. Il affirme qu’il y a besoin de gaz « pour assurer la transition énergétique dans les trente ans à venir ». Ce qui revient à vouloir extraire plus d’énergies fossiles pour pouvoir s’en passer. L’entreprise EGL a obtenu en 2012 des autorisations préfectorales de travaux pour quatre communes en Moselle [2]. Aucune enquête publique et aucune étude d’impact n’ont été menées. Même si l’exploitant a déjà évoqué l’utilisation de la fracturation hydraulique par le passé, il se défend aujourd’hui de vouloir recourir à cette technique. Et affirme qu’il pourra produire du gaz par « simple dépressurisation », en insistant sur la fracturation naturelle du charbon.

Impacts sur la qualité de l’air, de l’eau et du sol

Des craintes relatives aux impacts environnementaux générés par ces exploitations sont cependant émises dans un récent rapport de l’Institut national de l’environnement industriel et des risques (Ineris). Le niveau des nappes phréatiques, la qualité des eaux souterraines et de surface, ainsi que celle de l’air et des sols pourraient être affectés. Le rapport pointe également des risques accidentels comme la migration non-maîtrisée de gaz vers la surface. A ce sujet, Roland Pellenq, directeur de laboratoire au CNRS, estime qu’elles sont inhérentes à l’exploitation du gaz non conventionnel, y compris donc les gaz de couche.

Gaz de couche HouilleDans la région Nord-Pas-de-Calais, la résistance locale s’organise. Le collectif citoyen Houille ouille ouille multiplie les initiatives pour alerter la population, les associations et les pouvoirs publics sur les deux permis d’exploration délivrés, pour une surface totale de 1400 km2. Ils font valoir que les documents qui ont justifié la délivrance du permis du Valenciennois d’octobre 2009, et du permis du Sud-Midi de juillet 2010, mentionnaient « la mise en œuvre des techniques de la fracturation hydraulique en fonction de la perméabilité du charbon » [3]. Depuis le vote de la loi d’interdiction de la fracturation hydraulique de juillet 2011, EGL, qui a été récemment rachetée par Transcor Astra Group, filiale de la holding d’Albert Frère – milliardaire et actionnaire de Total – se garde bien d’en faire mention. Néanmoins, le collectif citoyen considère que le doute subsiste et que l’industriel pourrait être tenté d’y revenir une fois les lourds investissements entrepris.

Gaz de couche = fracturation hydraulique ?

A l’initiative d’une lettre ouverte signée par des organisations nationales telles que les Amis de la Terre, Attac France ou la Confédération paysanne, les collectifs citoyens contre les gaz de couche expliquent que partout où le gaz de couche est exploité, la fracturation hydraulique est utilisée. Ainsi, Origin Energy, exploitant du gaz de couche dans le Queensland, en Australie, a annoncé le 11 mars avoir stoppé sa production après la découverte d’amiante dans les fluides de forage résultant de l’utilisation de la fracturation hydraulique.

Toujours en Australie, une nappe phréatique vient d’être polluée par l’entreprise Santos qui exploite un gisement de gaz de couche. Suite à une fuite sur un bassin de rétention contenant les fluides de forage et de fracturation, de nombreux métaux lourds (plomb, aluminium, arsenic, baryum, bore, nickel et uranium) ont été détectés dans l’eau à des niveaux élevés, supérieurs à 20 fois la norme pour l’uranium. L’agence de l’environnement australienne a ouvert une enquête. Sur place, les mobilisations des riverains se renforcent avec le mot d’ordre « Farmers, lock the gate » (Paysans, fermez le portail).

Considérant que « l’heure n’est plus à l’extraction forcenée des énergies fossiles », les collectifs citoyens appellent à manifester le dimanche 13 avril à Divion (Pas-de-Calais), l’une des deux villes concernée par des forages d’EGL prévus cette année. Dans un bassin minier, classé par l’Unesco et dont le sous-sol a été rendu instable par l’exploitation du charbon, les collectifs ne veulent pas entendre parler d’exploitation de gaz de couche. En lieu et place, ils en appellent à « une réelle transition énergétique, basée sur la sobriété, les énergies renouvelables et la relocalisation des activités ».

par Maxime Combes

publié sous le titre « Après les gaz de schiste, voici les gaz de couche, le nouveau filon des pétroliers« 

gaz de couche-lock-the-gate- gaz de schiste

(!) Info minute – Revue de Presse

Suite au désaveu exprimé lors des élections municipales, abstention record et dégringolade du « Parti Socialiste », le nouveau gouvernement décidé par François Hollande voit l’arrivée de Ségolène Royal au Ministère de l’Écologie du Développement Durable et de l’Énergie.
Ségolène RoyaleLa bonne nouvelle est que la nouvelle ministre connaît déjà ce ministère ; elle l’a toutefois pratiqué alors que son domaine de compétence était bien plus restreint, c’était sous François Mitterrand, c’était le ministère de l’environnement, c’était il y a 22 ans et ce fut court : 11 mois et 27 jours .
La deuxième bonne nouvelle c’est que l’énergie reste de la compétence de ce ministère. Toutefois soyons réalistes: de son côté Arnaud Montebourg nouveau ministre de l’économie garde son portefeuille du « redressement productif ». Il ne restera pas muet sur le sujet et exercera toute son influence. Et on connaît sa position sur la question de la recherche et de l’exploitation des hydrocarbures en général et des pétrole et gaz de schiste en particulier : Cherchons et forons dès que possible quitte à soutenir de surprenants concepts (le gaz de schiste « écologique » ) et surtout faisons la promotion du concept de la recherche (même utopique) pour stigmatiser les opposants au gaz de schiste qu’on fera passer pour de sombres obscurantistes, opposés à toute recherche, des hommes de cro-magnon ayant quand-même découvert la bougie.

Ségolène Royal ni pour (le gaz de schiste) ni contre (une nouvelle technique d’exploitation)

Ségolène Royal serait-elle exactement sur la même ligne qu’Arnaud Montebourg ?

montebourg_A une époque où la primaire du parti socialiste en vue de désigner le candidat à la présidentielle battait son plein, l’un(4) et l’autre(5) se disaient contre l’exploitation du gaz de schiste par la fracturation hydraulique. C’était en 2011. Même Nicolas Sarkozy alors Président avait reculé sur le sujet. Le refus de ces projets d’exploitation des gaz de schiste était quasi général dans la classe politique, les campagnes françaises grondaient qui n’avaient été ni consultées ni informées alors qu’elles découvraient que des permis de recherche avaient été octroyés sans même consulter les habitants ni leur élus. Ségolène Royal indiquait alors être « « favorable à l’interdiction » de l’extraction du gaz de schiste tant que « la maîtrise » de cette exploitation « n’est pas garantie ». Ne fermant pas la porte à une exploitation par « les générations futures », elle jugeait « nécessaire de poursuivre la recherche sur les procédés d’extraction propres à long terme » ».

Une deuxième partie de quinquennat avec ou sans recherche de gaz de schiste ?

hollande conf envi gaz de schisteSur le gaz de schiste, la communication de François Hollande reste invariable : « Pas d’exploitation durant mon mandant mais ne nous interdisons pas de développer la recherche ». Toutefois de grandes incertitudes persistent : De nombreuses demandes de permis de recherche d’hydrocarbures pour l’essentiel non –conventionnels n’ont toujours pas été rejetées et des permis font l’objet de demandes de prolongation. Philippe Martin, troisième ministre de l’écologie du premier ministre Ayrault en 22 mois indiquait qu’aucun nouveau permis de recherche d’hydrocarbure ne serait accordé avant l’adoption du nouveau code minier. Déclaration par la suite démentie par les faits.
Or nous n’avons de cesse de le répéter : un permis de recherche constitue un droit d’une durée de 5 ans ouvrant à un autre droit qui est celui de forer. Même si le titulaire d’un permis doit désormais soumettre son projet de forage à une autorisation, même si une société doit démontrer l’exécution de son engagement financier pour maintenir ou renouveler ses droits, l’administration centrale en charge des mines est clémente et pleine de créativité, elle joue la montre pour prolonger ou renouveler les permis, avec l’espoir de voir s’assouplir la position de l’exécutif … et du législateur.

Madame Royal sera-t-elle ouverte à l’expression citoyenne? Considère-t-elle toujours que la France doit être ce grand pays « champion européen de la transition énergétique ». Saura-t-elle s’imposer pour l’organisation de la conférence sur le climat à Paris en 2015 ou l’organisation de ce sommet restera-t-elle la seule prérogative du ministre des affaires étrangères Laurent Fabius? Les semaines à venir devraient permettre d’en savoir plus sur l’ambition de ce gouvernement envers la transition énergétique.

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(1) http://fr.wikipedia.org/wiki/S%C3%A9gol%C3%A8ne_Royal
(2) Gaz de schiste : l’extraction «propre» relance le débat
(3) Réponse de Ségolène Royal au questionnaire de GREENPEACE, Positionnements et engagements en matière de politique climatique et Énergétique
(4) Montebourg : Le gaz de schiste, une fausse bonne idée
(5) Gaz de schiste, nucléaire, taxe carbone : que va faire Ségolène Royal ?

 

(!) Info minute – Revue de Presse

Vite dit, avec « l’Echo des Forages » Haute-Savoie, Bulletin N°10

Les gaz de schiste ça tue, ça pollue, et ça perd de l’argent !
  • GAZ DE SCHISTE USA 4La révolution des huiles et du gaz non conventionnels a eu un effet minime sur l’économie des Etats-Unis (on prévoit 0,84% de croissance pour l’ensemble de la période entre 2012 et 2035 soit 0,04% une relance astronomique du modèle économique que qu’aucun imagine encore pouvoir faire perdurer). En Europe, les effets potentiels seraient plus maigres encore, selon l’Institut du développement durable et des relations internationales (IDDRI)(4).
Et pourtant «ils» en veulent toujours !
  • Le Conseil national de l’industrie (CNI) a exhorté le gouvernement français à assurer « un coût de l’énergie compétitif » pour ce secteur en France et a également plaidé pour le gaz de schiste, lors de la remise le 13 mars de son rapport annuel (7).
  • Markus Beyrer, le secrétaire général de l’organisation patronale européenne, BusinessEurope, a demandé aux chefs d’État européens de prendre du recul sur la question de l’exploration et de l’extraction des gisements de gaz de schiste en Europe. Ce gaz pourrait, selon lui, assurer l’indépendance énergétique du continent (8) …contrairement à l’avis des experts de l’Union Européenne pour lesquels « le meilleur des scénarios pour le développement du gaz de schiste en Europe est celui dans lequel il pallie le déclin de la production de gaz conventionnel, maintenant une dépendance vis-à-vis des importations de l’ordre de 60% » (9)».
La faute à Poutine…
  • TTIPIl a ajouté que les licences d’exportation de gaz naturel liquéfié en provenance des USA – autrement dit du gaz de schiste – seraient encore plus faciles à obtenir si le TTIP (Grand Marché Transatlantique en Français) était en vigueur.
  • En France il est bon de rappeler que nous n’importons que 16% de notre gaz de Russie, l’essentiel venant de Norvège (42%) puis des Pays Bas (16%), de l’Algérie (9%) et divers autres pays.
Et le silence du gouvernement français est assourdissant !
Le gaz de schiste ça n’est pas fini, agissons!nonaugds
Ils le disent par le Cinéma

Le gaz de schiste, un gisement de cinéma. Deux films sortent au même moment

  • L’un (« No Gazaran » de Doris Buttignol et Carole Menduni) raconte le naissance du mouvement d’opposition au gaz de schiste en France
  • L’autre (« Holy field Holy War » de Lech Kowalski) nous emmène dans cette Pologne où les paysans sont confrontés aux menaces de font peser agro-business et gaz de schiste

Voir ces films et débattre: Des informations sur la programmation dans les salles en Rhône-Alpes dans notre calendrier du menu de gauche sur cette page)

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(1) http://www.observatorulph.ro/exclusiv/37592-dezvaluiri-despre-cazul-copilului-ucis-de-gazele-sondei-omv
(2) http://www.salfordstar.com/article.asp?id=2196
(3) http://naturealerte.blogspot.fr/2014/03/11032014usa-gaz-de-schiste-une-premiere.html
(4) https://stopgazdeschiste.org/economie/les-gaz-de-schiste-ne-sauveront-pas-leurope/
(5) http://m.lesechos.fr/redirect_article.php?id=0203389787838&fw=1
(6) http://www.bastamag.net/Union-europeenne-pas-d-etude-d
(7) http://www.dhnet.be/dernieres-depeches/afp/le-conseil-national-de-l-industrie-demande-une-energie-moins-chere-en-france-53220e5035701fd1bcccf4ae
(8) http://m.euractiv.com/details.php?lang=fr&aid=534161
(9) http://ec.europa.eu/dgs/jrc/downloads/jrc_report_2012_09_unconventional_gas.pdf
(10) http://www.europaforum.public.lu/fr/actualites/2014/03/sommet-ue-usa/index.html
(11) Article publié sur Ecowatch le 13 mars, 2014 – Titre original «200+ Groups Tell Congress and Obama : Reject Fast-Tracking Exports of Fracked Gas Overseas(1)»
(12) http://www.actu-environnement.com/ae/news/accord-libre-echange-ue-usa-fracturation-hydraulique-21093.php4

 

 

(!) Info minute – Revue de Presse

Article publié sur Ecowatch le 13 mars, 2014 – Titre original «200+ Groups Tell Congress and Obama : Reject Fast-Tracking Exports of Fracked Gas Overseas(1)»

USA export hydrocarbures et charbonSuite à une tentative faite par l’Administration Obama et John Bohener, Président de la Chambre des Représentants, d’accélérer les exportations de gaz naturel pour faire pression sur la Russie (dans le contexte des tensions croissantes entre le pays et l’Ukraine), «  Americans against Fracking(2) » et d’autres groupes et associations ont demandé au Président Obama, à John Kerry, Secrétaire d’Etat et au Congrès des USA de rejeter les projets visant à exporter le gaz naturel liquéfié (GNL) vers l’étranger.

Puisque l’exportation du pétrole et du gaz ne peut qu’accélérer le rythme de la fracturation hydraulique aux USA, plus de 200 groupes ont signé cette lettre qui exhorte les législateurs de protéger la population américaine , leurs économies et leurs ressources vitales de la fracturation hydraulique.

Wenonah Hauter, Directrice exécutive de «Food and Water Watch» déclare: «Ça n’est pas à ExxonMobil et aux autres géants du pétrole et du gaz de décider de notre politique étrangère. Nous ne pouvons sacrifier la population ici aux USA pour des objectifs illusoires de politique étrangère sur le court terme. Nous demandons solennellement au Congrès et à l’Administration Obama  de refuser les exportations de pétrole et de gaz».

Stop LNG exportLes exportations de pétrole et de gaz vers l’étranger entraineraient inévitablement une augmentation du prix du gaz naturel pour les consommateurs  américains et augmenteraient encore le rythme des forages et de la fracturation hydraulique, d’après une analyse faite par « Food and Water Watch ». De plus,  la construction des infrastructures nécessaires à l’extraction puis l’exportation du gaz naturel représente des investissements énormes.

Or on s’attend à ce que les ressources en «tight oil» aux USA n’excèdent pas sept ans, et cela seulement si l’autorisation de forer et de fracturer sans limites est accordée à l’industrie du pétrole et du gaz. D’après les estimations de « Food and Water Watch », si la consommation domestique de gaz naturel reste constante et au niveau de consommation de l’année 2010, les ressources américaines n’excèderont pas 22 ans.

La fracturation hydraulique a un impact important sur l’environnement, l’économie et la santé publique. En plus de polluer les ressources en eau, le processus laisse également échapper du méthane dans l’atmosphère. Le méthane, puissant gaz à effet de serre, est au moins 25 fois plus puissant que le CO2 sur 100 ans, et sur 20 ans, cause entre 79 et 105 fois plus de réchauffement que le CO2. La «National Oceanographic and Atmospheric Administration» a trouvé que l’importance des fuites de méthane dans au moins deux champs gaziers en cours d’exploitation était très supérieure à l’estimation actuelle faite par le «US Greenhouse Gas Inventory»  (préparé par l’Agence américaine de Protection de l’environnement).

Pour Jesse Bacon du groupe «Environmental Action» : «L’accélération de la fracturation hydraulique pour exporter le pétrole et le gaz à l’étranger ne fera qu’exacerber le changement climatique. Les combustibles fossiles constituent une forme d’énergie polluante et de court terme. Ils ne devraient pas intervenir dans l’approvisionnement en énergie de notre planète,  ni dans notre politique étrangère».

Dans un récent bilan effectué par le Département de la Défense des États-Unis, le changement climatique est classé comme une menace  importante et croissante pour la sécurité. Plusieurs allusions au changement climatique figurent dans ce bilan qui indique que «les pressions exercées par le changement climatique  auront un effet sur la compétition pour les ressources, tout en imposant des charges supplémentaires sur les économies, les sociétés ainsi que les institutions gouvernementales partout dans le monde». 

Il est également expliqué dans cette analyse produite par l’administration militaire américaine que «ces effets constituent des multiplicateurs de menaces qui aggraveront les facteurs de tension à l’étranger, tels que la pauvreté, la dégradation environnementale, l’instabilité politique et les tensions sociales – conditions qui peuvent favoriser les activités terroristes et autres formes de violence».

Pour Russell Greene du groupe «Progressive Democrats of America» «le Président Obama et le Secrétaire d’Etat John Kerry devraient défendre les intérêts des américains, non les intérêts de l’industrie du pétrole et du gaz. Il faut qu’ils soient forts et, dans leur prise en charge de cette délicate situation diplomatique, ils ne doivent pas céder à la pression exercée par l’industrie du pétrole et du gaz».

D’après la Traduction effectuée par Maureen Johnson que nous remercions

(1) Plus de 200 groupes disent au Congrès et à Obama : N’accélérez pas les exportations de gaz extrait par la fracturation hydraulique vers l’étranger.
(2) Les américains opposés au « fracking »(fracturation hydraulique)

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A une question envoyée par une citoyenne au sujet de la directive portant sur les évaluations d’impact environnemental (EIE), la présidente Présidente de la Commission de l’emploi et des affaires sociales au Parlement européen, Madame Pervenche Beres répond en substance :

Le Parlement européen a adopté hier la révision de la directive portant sur les évaluations d’impact environnemental (EIE) de certains projets publics et privés. Cette directive établit un principe simple : avant d’autoriser la réalisation d’un projet public ou privé susceptible d’avoir une incidence sur l’environnement, les autorités compétentes des États membres ont l’obligation de recueillir les informations nécessaires pour effectuer une évaluation de ces incidences. Surtout, tout État membre qui ne procèdera pas à une EIE sera dans l’obligation de justifier publiquement son choix auprès de la Commission.
Le gaz de schiste fait partie des projets potentiellement couverts par la directive.
Une victoire importante a été emportée lors des négociations avec les États membres : les entreprises ne pourront pas séparer artificiellement leur projet d’exploitation de gaz de schiste afin d’échapper à une évaluation des incidences environnementales. Il s’agissait d’une des lacunes juridiques de l’ancienne directive qui est aujourd’hui comblée. Les avancées obtenues par le Parlement européen sur la transparence, la participation publique et l’intégration de nouveaux facteurs environnementaux sont indéniables. La fracturation hydraulique restera interdite en France, et une  majorité progressiste en Europe permettra d’étendre cette interdiction dans l’Union européenne !

Sincères salutations, Pervenche Berès, Présidente de la Commission de l’emploi et des affaires sociales Parlement européen

Pourtant la directive exclut le gaz de schiste

Juste après le vote mercredi au parlement à Strasbourg, l’AFP titrait même « Le gaz de schiste exempté d’études d’impact environnemental obligatoires dans l’UE » .

Le gaz de schiste exclu 2Et comme le précise le communiqué de presse du parlement européen, « les demandes du Parlement, des évaluations obligatoires d’impact environnemental pour l’extraction et l’exploration de gaz de schiste – quel que soit le rendement escompté – n’ont pas été incluses dans la législation« 

Le gaz de schiste excluEt Pervenche Berès a bien voté pour l’exclusion du gaz de schiste de cette directive

Comme l’indique le relevé des votes de ce jour, la présidente de la Commission de l’emploi et des affaires sociales au Parlement européen à bien voté pour l’exclusion des gaz de schiste de cette directive. D’autre députés ont voté contre, et c’est précisément parce-que cette directive n’était pas assez exigeante.

(!) Info minute – Revue de Presse

jouarre 22 09 2013 13La bataille a été longue et elle aboutit à une décision du tribunal administratif de Melun qui réjouira l’ensemble des citoyens, élus et associations qui se sont battus contre ces projets de forage de pétrole et gaz de schiste, localement, en Seine-et-Marne et partout en France.

Ce matin c’est par un tweet de l’avocat Arnaud Gossement que l’on apprend la décision du tribunal de Melun « @ArnaudGossement Exclu – #schiste : le tribunal administratif de Melun vient d’annuler totalement l’autorisation de forage revendiquée par Hess à Nonville 77 »

Information relayée plus tard par l’AFP : « Le tribunal administratif de Melun a interdit mercredi un forage d’exploration pétrolière à Nonville (Seine-et-Marne), ont indiqué des sources concordantes à l’AFP, une décision présentée comme une première en France du côté des militants anti-gaz de schiste. La décision du tribunal revient à « annuler totalement l’autorisation de forage » obtenue par le groupe américain Hess Oil, a déclaré l’avocat de la commune, Me Arnaud Gossement. « Le jugement devrait être signé et notifié dans l’après-midi aux parties » qui en connaîtront alors les détails, a ajouté une source judiciaire. »

L’intercommunalité Moret-Seine-et-Loing et la commune de Nonville, qui avaient saisi la justice, craignaient que le pétrolier ne détourne la loi Jacob de 2011, confirmée par le Conseil constitutionnel, interdisant la fracturation hydraulique en France. Comme dans bien d’autres localités de Seine-et-Marne où Hess Oil dispose de permis de recherche d’hydrocarbure, il était clair que ces demandes faites par la société américaine auprès de l’État français étaient motivées par l’appât du gain qu’aurait généré la découverte de pétrole de schiste.

A présent, « le pétrolier n’a plus le droit de forer dans cette commune à 70 kilomètres au sud-est de Paris », a expliqué Me Gossement, même si le permis exclusif de recherche d’hydrocarbures qu’il détient n’a pas été formellement annulé par le tribunal. « C’est la première fois qu’un forage de ce type est interdit » en France, a-t-il ajouté.

En 2013, Hess Oil avait déjà procédé à un forage contesté à Jouarre (Seine-et-Marne), sans fracturation hydraulique mais en creusant jusqu’à 2.918 mètres sous terre. Des carottes de terre échantillons de roche ont été prélevées prélevés, notamment entre 2.250 et 2.785 m, dans la roche-mère du Lias, la couche géologique où peut se trouver du pétrole de schiste.

Le groupe, qui possède en tout neuf permis miniers dans le bassin parisien, a aussi foré à Chartronges (Seine-et-Marne) et Huiron (Marne). Si la nouvelle du jour est bonne, la bataille est loin d’être terminée et les collectifs maintiennent leur demande : L’annulation de l’ensemble des permis de recherche d’hydrocarbure liquide ou gazeux, lesquels visent des gisements non conventionnels, aucune délivrance de nouveaux permis et l’orientation des moyens financiers et de la recherche vers les énergies propres et renouvelables.

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Lettre ouverte des collectifs citoyens et associations opposés à l’exploration et l’exploitation des réserves d’hydrocarbures non conventionnels

Nous, collectifs citoyens et associations nationales, souhaitons alerter la population, les élus, les administrations, les médias et le monde scientifique des dangers et conséquences dramatiques que représentent les projets d’exploration ou d’exploitation de gaz de couche dans les anciens bassins houillers (Nord/Pas-de-Calais, Jura, Lorraine, Provence, Cévennes)

De quoi parle-t-on ?

Le gaz de couche (coalbed methane en anglais) est du méthane piégé dans les micro-pores du charbon des veines profondes non exploitées ou incomplètement exploitées.

C’est un hydrocarbure de roche mère, non conventionnel comme les huiles et gaz de schiste.

Technique d’extraction des gaz de couche

forages horizontaux gaz de couchePour exploiter le gaz de couche, il est nécessaire de coupler à un forage vertical des forages horizontaux en étoile qui s’étendent dans la veine de charbon. Par le pompage de l’eau en bas du puits, il est possible de créer une dépression qui facilite la libération du méthane. La stimulation par l’injection d’un fluide, que ce soit de l’eau ou un autre fluide de fracturation, permet l’exploitation industrielle du gaz de couche.

Aux États-Unis et au Canada qui exploitent ces gaz, c’est le plus souvent la fracturation hydraulique qui est utilisée pour rentabiliser les forages.

Si la fracturation hydraulique est interdite en France pour l’exploration et l’exploitation de ces gaz, la loi de juillet 2011 laisse ouverte la possibilité d’utilisation de la fracturation hydraulique pour des puits d’expérimentation.

Nous craignons que cette exploration ne soit prétexte à contourner la loi.

stop gaz de houille gaz de schisteEn effet les rapporteurs de l’office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques, contre l’avis de tous les experts ne considèrent pas le gaz de couche comme un hydrocarbure de roche mère et passent ainsi sous silence la nécessité de la stimulation .

Quant à l’Académie des sciences, elle propose de faire de l’expérimentation pour la fracturation hydraulique dans les anciens bassins ’charbonniers’.

L’exploitation des hydrocarbures de roche mère nécessite des techniques de plus en plus polluantes, dont le rendement énergétique est de plus en plus faible. Comme pour toutes les autres énergies extrêmes, leur extraction n’est pas souhaitable.

L’exploration des gaz de couche, si elle est autorisée, entrainera une exploitation, toujours de courte durée qui dévastera les régions de par la multiplicité des forages nécessaires, impactera les paysages, polluera l’air et les ressources en eau, dévalorisera le patrimoine bâti…

La création d’emplois promise est un leurre ! Il y aura plus d’emplois perdus que créés, notamment dans l’agriculture avec une incidence forte sur le tourisme vert.

La France s’est engagée à diviser par QUATRE ses émissions de gaz à effet de serre d’ici 2050 et à diminuer d’à minima 30 % la consommation d’énergies fossiles d’ici 2030.

A l’heure de la transition énergétique et des annonces en ce sens, il serait inconcevable de gaspiller des centaines de millions d’euros dans l’exploration et l’exploitation de nouvelles ressources énergétiques fossiles : il est donc urgent de sortir de notre dépendance aux énergies fossiles et d’empêcher l’exploitation du gaz de houille dans nos régions.

De véritables politiques d’efficacité et de sobriété énergétiques et le développement des énergies renouvelables permettraient de créer des emplois locaux, pérennes et respectueux de l’environnement et de notre SANTE !

Il faut aussi empêcher l’exploration et l’exploitation des gaz de couche
Ni ici, ni ailleurs, ni aujourd’hui, ni demain

Co-signataires

Agir pour l’Environnement, Aitec-IPAM, Amis de la Terre France, Attac France, Confédération paysanne, Convergence citoyenne pour la Transition énergétique, Coordination Eau Île-de-France, Attac-Artois-Ternois, Cèze et Ganière (07), Eau Secours 62 …

Collectif Houille-Ouille-Ouille 59/62, Collectif Vigilance Gaz de Gardanne Pays d’Aix (13), Collectif Stop Gaz de Schiste 39, Collectif Stop Gaz d’Hydrocarbures de Lorraine et d’Alsace, Collectif Auzonnet Cèze et Ganière (30), Collectif Hautes Cévennes (30), Collectifs Isérois Stop aux GHRM 38, Collectif Stop Gaz de Schiste (69), Collectif Non au Gaz de Schiste 91, Collectif des Trois Valléees (IDF), Collectif des Taupes Enervées (IDF), Collectif Causse Méjean – Gaz de Schiste NON ! (48)
Les Dindons de la Farce (France), Collectif Florac (48), Collectif Anti Gaz de Schiste Anduze (30), Collectif Dégaze Gignac et Environs (34), Collectif Nonaugazdeschiste.roynac26, Touche Pas à mon Schiste (07), Collectif 07 SGHDS, Collectif NPGDS Bocage gâtinais (77- 89 – 45) Hainaut59 (59), Collectif Île-de-France Non aux Gaz et Pétrole de Schiste (75, IDF), Collectif ALDEAH, Collectif Stop Pétrole de Schiste Sud 77 (77), Collectif Non au Gaz et Huile de Schiste (47), Collectif Fumades (30), Collectif Potelières (30), Collectif Cigalois (30), Collectif 32 non au gaz de schiste (32)…

(!) Info minute – Revue de Presse

Une seule technique pour le gaz de schiste : la fracturation hydraulique

fracturation hydrauliqueLe Ministre du redressement productif Montebourg a beau se faire le très actif porte flambeau d’une prétendue technique propre, la réalité technologique est bien là et ce sont les exploitants eux-mêmes qui le confirment : seule la fracturation hydraulique permet l’exploitation industrielle des gisements d’hydrocarbures non conventionnels tels que les gaz ou pétroles de schiste.  Cette technique est interdite par la loi en France[1] et elle doit le rester. Et sans le recours à cette technique très généralement mise en œuvre via des forages profonds déviés à l’horizontale, aucun exploitant ne pourra extraire du sous-sol ces gouttelettes de gaz ou de pétrole fermement emprisonnées dans les roches compactes depuis des millénaires. Pour faire jaillir ces molécules de carbone emprisonnées sous terre, il est bien nécessaire de fracturer la roche à l’aveugle par l’injection massive d’eau et produits chimiques sous très haute pression. C’est ce que font les américains qui exploitent leurs gisements domestiques d’hydrocarbures depuis une dizaine d’années à présent. Même si certains, pour mieux faire passer la pilule, souhaiteraient des variations de langage en empruntant à l’imaginaire des 1000 et une nuits des mots tels que « stimulation » ou « massage[2] » de roche, c’est bien du fracking dont il s’agit, c’est-à-dire de la fracturation hydraulique.

La magie d’une nouvelle technologie et du made in France fait l’objet d’un intense lobbying…

Relayée par la navigatrice Maud Fontenoy -dont on peut bien se demander pourquoi elle se prononce subitement en faveur de l’exploitation des gaz de schiste- l’apparition soudaine dans les media français d’une nouvelle technique miraculeuse pourrait, nous dit-on, révolutionner le mode d’extraction des hydrocarbures extrêmes. A la TSF[3], le ministre productiviste champion du Made in France l’assure également, le fracking à l’heptafluoropropane est The Solution, pardon La Solution. La France organisatrice en 2015 detransition au gaz de schiste 21ième conférence internationale sur le climat et dont le chef de l’État a fixé un objectif de faire baisser de 30% la consommation nationale d’énergies fossiles d’ici 2030[4], cette France se voudrait être la terre d’accueil de la recherche et du développement de cette nouvelle technologie? Une technologie qui, rappelons-le, consiste à injecter du propane liquide –puissant gaz à effet de serre sous sa forme gazeuse- pour faire une fracturation hydraulique (interdite en France) et faire ressortir du gaz – puissant gaz à effet de serre, tout ça en réduisant nos émissions de gaz à effet de serre.  Mais poursuivons…

… pour une technique au fluoropropane qui ne sera pas opérationnelle avant des années …

Les rapporteurs du très pro gaz de schiste OPECST l’indiquaient déjà dans leur rapport sur les technologies alternatives à la fracturation hydraulique[5], cette technique n’existe que sur le papier. Le journaliste Sylvain Lapoix qui a enquêté[6] le confirme également : la fracturation au fluoropropane ne sera pas opérationnelle avant des années. Cette méthode vantée depuis le mois de janvier par Arnaud Montebourg puis par Laurent Fabius n’a fait l’objet d’aucune expérimentation à grande échelle. La société l’ayant développée espère pouvoir faire de la France sa première zone test.  Cette nouvelle vague de communication en faveur de la recherche de gaz de schiste voudrait promouvoir la « fracturation au propane » pour extraire « proprement » les hydrocarbures enfermés dans les couches de schiste entre 2000 et 4000 mètres sous terre. Toujours selon Lapoix qui l’a interrogé, John Francis Thrash, patron de la société eCorpStim et initiateur de la fameuse fracturation au propane non inflammable rappelle être « venu à Paris pour suivre le débat sur l’interdiction de la fracturation hydraulique (…). Après le vote, [il a] proposé de rencontrer des responsables, élus et techniciens du ministère, pour évoquer {son] alternative» et est revenu le 18 avril 2013 pour une audition de l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques (Opecst) dans le cadre du rapport sur les techniques alternatives à la fracturation hydraulique. Soit sept mois avant la « découverte » d’Arnaud Montebourg.

… et pour conserver les permis de recherche ou … en octroyer d’autres

La fracturation au fluropropane ne sera pas opérationnelle avant des années. A ce jour un seul test a été fait au Texas sans toutefois injecter de matériaux de soutènement pour maintenir les fractures ouvertes. On est donc très loin de la possibilité d’une mise en application au niveau industriel et de manière rentable.  Le Directeur général de Total Shale Gas Europe, Bruno Courme est lui-même peu convaincu par cette invention :  « La stimulation au propane est intéressante pour certains types de réservoirs. Total se montre toutefois réticent face à ce procédé, probablement par manque d’expérience, puisque nous n’avons jamais pratiqué ce type d’opération et que la gestion en surface nous semble complexe. Par conséquent, Total n’est pas prêt à promouvoir cette technique en Europe. »  Or pour certains, le temps presse, et comme le répète à l’envie le Président de l’Union française des industries pétrolières Jean-Louis Schilansky, une centaine de demandes de permis de recherche d’hydrocarbures est en attente et de nombreux autres permis n’ont pas encore été abrogés ou vont tout simplement arriver à leur terme. Le lobby fossile veut voir le maintien ou l’extension des droits des titulaires des permis,  pour durer … et forer si la conjoncture politique venait à le permettre.

fracking planeteRécapitulons le projet si l’on suit les idées de certains dans le pays devant accueillir la vingt-et-unième conférence internationale sur le climat: On va faire baisser la consommation d’énergies fossiles en France tout en lançant l’exploitation d’hydrocarbures non conventionnels nécessitant l’implantation de dizaine de milliers de forages avec une technique qu’on ne maîtrise pas, au nom d’une croissance dont on espère un jour la reprise, alors qu’il est démontré qu’aux États-Unis, l’exploitation sans retenue de ces même hydrocarbures génèrerait « moins de 0,04 % de croissance supplémentaire par an sur vingt-trois ans».  Tandis que, summum de l’invraisemblance, le patron d’Exxon Mobil a entamé une procédure de justice pour qu’on  ne vienne pas « fracturer dans son jardin »[9].

Lire pourquoi le gaz de schiste ne sera jamais une énergie propre

Lire également L’heptafluoropropane, nouveau nom de la pierre philosophale ?


[1] Loi du 13 Juillet 2011 visant à interdire l’exploration et l’exploitation des mines d’hydrocarbures liquides ou gazeux par fracturation hydraulique et à abroger les permis exclusifs de recherches comportant des projets ayant recours à cette technique
[2] Christophe Margerie PDG de TOTAL, Gérad Mestrallet PDG de GDF Suez : « Ne dites plus fracturation mais massage de la roche »
[3] Le sigle « TSF » pour Transmission sans fil date des débuts des transmissions radio. Il a longtemps été utilisé pour désigner Les émetteurs, les récepteurs ainsi que les programmes qui permettaient de recevoir les émissions diffusées par les ondes radio.
[4] Hollande veut réduire de 30% la consommation d’énergies fossiles
[5] Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques  http://www.assemblee-nationale.fr/14/pdf/rap-off/i1581.pdf
[6] Reporterre : La fracturation au fluoropropane ne sera pas opérationnelle avant des années.
[7] Compte rendu Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques Audition, ouverte à la presse, sur « les techniques alternatives à la fracturation hydraulique pour l’exploration et
l’exploitation des hydrocarbures non conventionnels » Jeudi 18 avril 2013
[8] Une étude relativise les bénéfices du gaz de schiste, Anne Feitz les Echos
[9] Le patron d’Exxon Mobil dit non au gaz de schiste près de chez lui