Archives de la catégorie ‘forage d’hydrocarbures’

(!) Info minute – Revue de Presse

jouarre 22 09 2013 13La bataille a été longue et elle aboutit à une décision du tribunal administratif de Melun qui réjouira l’ensemble des citoyens, élus et associations qui se sont battus contre ces projets de forage de pétrole et gaz de schiste, localement, en Seine-et-Marne et partout en France.

Ce matin c’est par un tweet de l’avocat Arnaud Gossement que l’on apprend la décision du tribunal de Melun « @ArnaudGossement Exclu – #schiste : le tribunal administratif de Melun vient d’annuler totalement l’autorisation de forage revendiquée par Hess à Nonville 77 »

Information relayée plus tard par l’AFP : « Le tribunal administratif de Melun a interdit mercredi un forage d’exploration pétrolière à Nonville (Seine-et-Marne), ont indiqué des sources concordantes à l’AFP, une décision présentée comme une première en France du côté des militants anti-gaz de schiste. La décision du tribunal revient à « annuler totalement l’autorisation de forage » obtenue par le groupe américain Hess Oil, a déclaré l’avocat de la commune, Me Arnaud Gossement. « Le jugement devrait être signé et notifié dans l’après-midi aux parties » qui en connaîtront alors les détails, a ajouté une source judiciaire. »

L’intercommunalité Moret-Seine-et-Loing et la commune de Nonville, qui avaient saisi la justice, craignaient que le pétrolier ne détourne la loi Jacob de 2011, confirmée par le Conseil constitutionnel, interdisant la fracturation hydraulique en France. Comme dans bien d’autres localités de Seine-et-Marne où Hess Oil dispose de permis de recherche d’hydrocarbure, il était clair que ces demandes faites par la société américaine auprès de l’État français étaient motivées par l’appât du gain qu’aurait généré la découverte de pétrole de schiste.

A présent, « le pétrolier n’a plus le droit de forer dans cette commune à 70 kilomètres au sud-est de Paris », a expliqué Me Gossement, même si le permis exclusif de recherche d’hydrocarbures qu’il détient n’a pas été formellement annulé par le tribunal. « C’est la première fois qu’un forage de ce type est interdit » en France, a-t-il ajouté.

En 2013, Hess Oil avait déjà procédé à un forage contesté à Jouarre (Seine-et-Marne), sans fracturation hydraulique mais en creusant jusqu’à 2.918 mètres sous terre. Des carottes de terre échantillons de roche ont été prélevées prélevés, notamment entre 2.250 et 2.785 m, dans la roche-mère du Lias, la couche géologique où peut se trouver du pétrole de schiste.

Le groupe, qui possède en tout neuf permis miniers dans le bassin parisien, a aussi foré à Chartronges (Seine-et-Marne) et Huiron (Marne). Si la nouvelle du jour est bonne, la bataille est loin d’être terminée et les collectifs maintiennent leur demande : L’annulation de l’ensemble des permis de recherche d’hydrocarbure liquide ou gazeux, lesquels visent des gisements non conventionnels, aucune délivrance de nouveaux permis et l’orientation des moyens financiers et de la recherche vers les énergies propres et renouvelables.

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Lettre ouverte des collectifs citoyens et associations opposés à l’exploration et l’exploitation des réserves d’hydrocarbures non conventionnels

Nous, collectifs citoyens et associations nationales, souhaitons alerter la population, les élus, les administrations, les médias et le monde scientifique des dangers et conséquences dramatiques que représentent les projets d’exploration ou d’exploitation de gaz de couche dans les anciens bassins houillers (Nord/Pas-de-Calais, Jura, Lorraine, Provence, Cévennes)

De quoi parle-t-on ?

Le gaz de couche (coalbed methane en anglais) est du méthane piégé dans les micro-pores du charbon des veines profondes non exploitées ou incomplètement exploitées.

C’est un hydrocarbure de roche mère, non conventionnel comme les huiles et gaz de schiste.

Technique d’extraction des gaz de couche

forages horizontaux gaz de couchePour exploiter le gaz de couche, il est nécessaire de coupler à un forage vertical des forages horizontaux en étoile qui s’étendent dans la veine de charbon. Par le pompage de l’eau en bas du puits, il est possible de créer une dépression qui facilite la libération du méthane. La stimulation par l’injection d’un fluide, que ce soit de l’eau ou un autre fluide de fracturation, permet l’exploitation industrielle du gaz de couche.

Aux États-Unis et au Canada qui exploitent ces gaz, c’est le plus souvent la fracturation hydraulique qui est utilisée pour rentabiliser les forages.

Si la fracturation hydraulique est interdite en France pour l’exploration et l’exploitation de ces gaz, la loi de juillet 2011 laisse ouverte la possibilité d’utilisation de la fracturation hydraulique pour des puits d’expérimentation.

Nous craignons que cette exploration ne soit prétexte à contourner la loi.

stop gaz de houille gaz de schisteEn effet les rapporteurs de l’office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques, contre l’avis de tous les experts ne considèrent pas le gaz de couche comme un hydrocarbure de roche mère et passent ainsi sous silence la nécessité de la stimulation .

Quant à l’Académie des sciences, elle propose de faire de l’expérimentation pour la fracturation hydraulique dans les anciens bassins ’charbonniers’.

L’exploitation des hydrocarbures de roche mère nécessite des techniques de plus en plus polluantes, dont le rendement énergétique est de plus en plus faible. Comme pour toutes les autres énergies extrêmes, leur extraction n’est pas souhaitable.

L’exploration des gaz de couche, si elle est autorisée, entrainera une exploitation, toujours de courte durée qui dévastera les régions de par la multiplicité des forages nécessaires, impactera les paysages, polluera l’air et les ressources en eau, dévalorisera le patrimoine bâti…

La création d’emplois promise est un leurre ! Il y aura plus d’emplois perdus que créés, notamment dans l’agriculture avec une incidence forte sur le tourisme vert.

La France s’est engagée à diviser par QUATRE ses émissions de gaz à effet de serre d’ici 2050 et à diminuer d’à minima 30 % la consommation d’énergies fossiles d’ici 2030.

A l’heure de la transition énergétique et des annonces en ce sens, il serait inconcevable de gaspiller des centaines de millions d’euros dans l’exploration et l’exploitation de nouvelles ressources énergétiques fossiles : il est donc urgent de sortir de notre dépendance aux énergies fossiles et d’empêcher l’exploitation du gaz de houille dans nos régions.

De véritables politiques d’efficacité et de sobriété énergétiques et le développement des énergies renouvelables permettraient de créer des emplois locaux, pérennes et respectueux de l’environnement et de notre SANTE !

Il faut aussi empêcher l’exploration et l’exploitation des gaz de couche
Ni ici, ni ailleurs, ni aujourd’hui, ni demain

Co-signataires

Agir pour l’Environnement, Aitec-IPAM, Amis de la Terre France, Attac France, Confédération paysanne, Convergence citoyenne pour la Transition énergétique, Coordination Eau Île-de-France, Attac-Artois-Ternois, Cèze et Ganière (07), Eau Secours 62 …

Collectif Houille-Ouille-Ouille 59/62, Collectif Vigilance Gaz de Gardanne Pays d’Aix (13), Collectif Stop Gaz de Schiste 39, Collectif Stop Gaz d’Hydrocarbures de Lorraine et d’Alsace, Collectif Auzonnet Cèze et Ganière (30), Collectif Hautes Cévennes (30), Collectifs Isérois Stop aux GHRM 38, Collectif Stop Gaz de Schiste (69), Collectif Non au Gaz de Schiste 91, Collectif des Trois Valléees (IDF), Collectif des Taupes Enervées (IDF), Collectif Causse Méjean – Gaz de Schiste NON ! (48)
Les Dindons de la Farce (France), Collectif Florac (48), Collectif Anti Gaz de Schiste Anduze (30), Collectif Dégaze Gignac et Environs (34), Collectif Nonaugazdeschiste.roynac26, Touche Pas à mon Schiste (07), Collectif 07 SGHDS, Collectif NPGDS Bocage gâtinais (77- 89 – 45) Hainaut59 (59), Collectif Île-de-France Non aux Gaz et Pétrole de Schiste (75, IDF), Collectif ALDEAH, Collectif Stop Pétrole de Schiste Sud 77 (77), Collectif Non au Gaz et Huile de Schiste (47), Collectif Fumades (30), Collectif Potelières (30), Collectif Cigalois (30), Collectif 32 non au gaz de schiste (32)…

(!) Info minute – Revue de Presse

C’est ce que rapporte le Wall Street Journal dans son édition du 20 février 2014[1], sous le titre « le PDG d’Exxon se joint à une action en justice  qui invoque des préoccupations concernant le fracking » indiquant que « des résidents de la banlieue de Dallas luttent contre la construction d’eau château d’eau qui pourrait fournir de l’eau pour forage ».

Bartonville, Texas- Un soir de novembre dernier, un homme aux cheveux blancs s’est présenté à une réunion du conseil municipal pour protester contre la construction d’un château d’eau près de sa maison dans cette riche banlieue près de Dallas.  Cet homme, c’était Rex Tillerson, le PDG d’Exxon Mobil[2].

Lui et ses voisins ont intenté une action en justice pour bloquer la construction de ce château d’eau, invoquant l’illégalité du projet lequel créerait «une nuisance sonore, des dangers liés à la circulation», en partie liée à des camions utilisés pour la fourniture d’eau pour la fracturation hydraulique. Le fracking, qui nécessite de gros camions pour transporter et pomper des quantités massives d’eau, est une technique permettant de fissurer les roches compactes en grande profondeur pour accéder à des hydrocarbures non conventionnels tels que du pétrole ou gaz de schiste. Cette exploitation à démarré à très grande échelle aux États-Unis depuis une dizaine d’année. Elle constitue un élément essentiel de l’activité d’Exxon.

LOL A BARTONVILLE TEXASMais revenons aux arguments déposés par les plaignants[3] dont fait partie à titre très actif le patron d’Exxon Mobil. Les plaignants indiquent tout d’abord qu’ « ils vivent dans un quartier constitué de villas dont la valeur moyenne dépasse plusieurs millions de dollars ». Que les propriétaires de ces maisons les ont construites ou acquises pour vivre dans une zone « dépourvue de toute activité industrielle, d’immeubles, ou autres infrastructures qui pourraient nuire au style rural et paisible du quartier ». Un des propriétaires indique que  l’acquisition de sa maison était conditionnée par le fait que les services d’approvisionnement en eau de la ville (BWSC)[4]  propriétaires d’un terrain contigu n’y engageraient pas de travaux. LOL A BARTONVILLE TEXAS 2A l’époque les services municipaux avaient indiqué que seul un réservoir de faible hauteur (ne dépassant pas la taille des arbres) pourrait y être installé. Il était convenu qu’aucuns travaux ne pourraient engagés « au détriment de  la santé publique, la sécurité, le moral, le confort et le bien-être général ».

Alors que les heureux et multimillionnaires propriétaires étaient assurés de résider dans un environnement dénué de toute nuisance, vient le projet de la BWSC : Il s’agit d’ériger un château d’eau permettant le stockage de 2840 m3 d’eau et surplombant à une hauteur de 48 mètres « soit l’équivalent d’une immeuble de 16 étages » selon les plaignants. La construction est déjà en cours. L’action judiciaire à démarré et le porte parole d’Exxon indique que la société n’est nullement engagée dans cette action judiciaire. Quand au patron d’Exxon, nous attendons avec impatience ses déclarations.

Comment on dit déjà ? Not in my back yard? NIMBY [5]


[1] Exxon CEO Joins Suit Citing Fracking Concerns, Residents of Dallas Suburb Fight Construction of Tower That Would Provide Water for Drilling
[2] Source : Marketwatch Feb. 20, 2014
[3] Deuxième réquisition des plaignants Mars 2013
[4] Bartonville Water Supply Corp
[5] Pas dans mon jardin

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Alors qu’en France le Groupement des Entreprises Parapétrolières et paragazières (GEP) lance sa campagne de dénigrement  du film Gasland réalisé par Josh Fox et tente de minimiser les risques liés à l’exploitation du gaz de schiste, il y a quelques jours, en Pennsylvanie, un arbitre a ordonné à Chesapeake Appalaches LLC de dédommager une habitante du comté de Bradford d’un montant de près de $ 60,000 pour avoir contaminé son puits d’eau avec du méthane.

Revenons brièvement sur cette histoire[1] qui démontre très simplement la mauvaise fois des promoteurs de la recherche et de l’exploitation des hydrocarbures non conventionnels.

  Gaz de schiste Chesapeake Pennsylanie pollution eau par forageEn Juin 2008, Jacqueline Place avait signé un bail comprenant une clause d’arbitrage laquelle mentionnait l’Association Américaine d’Arbitrage[2] (agissant comme un tribunal de commerce) comme arbitre pour la résolution de toute réclamation résultant de dommages causés par les activités de la Chesapeake.

En Décembre 2008, Mme Place a embauché un prestataire pour effectuer un état zéro de l’eau de son puits. Selon des documents juridiques fournis par son avocat, ce test indiquait la présence de méthane à un niveau de 0,01 particules par million. Ce test deviendra la pièce maîtresse pour l’arbitrage.

En Août 2009, la compagnie Chesapeake a  achevé le forage d’un puits (Barret 2H) pour extraire le gaz du sous-sol de la propriété de Mme Place. Ce forage hydrocarbure se situe alors à moins de 100 mètres (80 yards) du puits de Mme Place.

Le 22 Mars 2010, Mme Place remarque que son eau est devenue « rouge-brun » et huileuse. Elle saisit alors Chesapeake ainsi que le département de la protection de l’environnement de la Pennsylvanie. L’un et l’autre effectuent des prélèvements et des tests de l’eau de son puits au mois d’avril suivant. Lesquels tests révèlent une présence de méthane 1300 à 2000 fois supérieure à ce qu’indiquaient les tests effectués par Madame Place en 2008.

Le département de la protection de l’environnement a déclaré cette eau impropre à la consommation et Chesapeake a du fournir une réserve d’eau temporaire et mettre en place un équipement pour le monitorage de la présence du méthane.

Pendant les mois qui ont suivi, Chesapeake, le département de la protection de l’environnement et le prestataire de Mme Place ont continué à effectué des tests de l’eau du puits lesquels continuaient d’indiquer des niveaux de méthanes des centaines de fois plus élevés que ceux mesurés lors de l’état zéro effectué par Mme Place avant le forage, ainsi qu’une augmentation de la présence de fer et de la turbidité.

En Décembre 2010, le  département de la protection de l’environnement a donné la permission à Chesapeake de reconnecter le puits de Mme Place ce qu’a fait la société en Janvier 2011. En Février 2011, le département de la protection de l’environnement a publié une note administrative confirmant que les travaux de Chesapeake avaient causé un « impact temporaire  » sur le puits et recommandant la poursuite de la surveillance par des tests.

L’Agence américaine de protection de l’environnement et le prestataire de Mme Place ont continué la surveillance au cours des 16 mois suivant pour finalement trouver du méthane à des niveaux plus élevés que le niveau mesuré avant le forage mais au-dessous du niveau maximum toléré par  l’Agence de protection de l’environnement.

En mai 2013, un expert embauché par Mme Place trouvait un niveau de méthane de 0,042 particules par million. Mme Place et son fils continuent de boire de l’eau en bouteille.

« En résumé, Jacqueline Place a vécu pendant 10 mois totalement privée de l’accès à l’eau de son puits et depuis sa « restauration » a eu a subir une alimentation en eau polluée de manière chronique, nécessitant une vigilance constante et une surveillance continue » selon le rapport produit par le tribunal de commerce ».

Ross F. Schmucki , l’arbitre de l’Association américaine d’arbitrage, a ordonné à Chesapeake[3] de payer 59,381.42 $ à Madame Place.


[1] D »après l’article publié le 19 février 2014 par le Time Tribune.com
[2] American Arbitration Association
[3] Chesapeake est le principal partenaire avec lequel TOTAL a investi dans la recherche de gaz de schiste aux États-Unis

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Par Thérèse Delfel, du collectif citoyen Stop Gaz d’Hydrocarbures de Lorraine et d’Alsace. Article également paru dans Marianne du 14 au 20 février 2014

Malgré les engagements du Président de la République il ressort d’une récente information, publiée dans Libération, qu’Arnaud Montebourg, ministre du Redressement productif, ne s’y résout pas, guettant le moment politique propice pour présenter un rapport préconisant la technique dite << propre >> du NFP (non-flammable propane), par injection de fluoropropane au lieu de la fracturation hydraulique avec eau et additifs chimiques, alors utilisés en moindre quantité. ll vient d’avoir le soutien de Laurent Fabius. Selon I’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques dans son rapport de novembre 2013, ce NFP « supprime à lOO% le risque industriel ». Cet argument, virtuel et impossible à vérifier autrement qu’en prenant des risques réels sur le terrain, là où vivent des personnes en chair et en os, relève de la négation de la réalité dans laquelle nous vivons, et toutes les critiques à l’encontre de cette démarche, qu’elles proviennent des verts, du NPA ou de membres du gouvernement, sont fondées. Les collectifs Stop gaz de schiste et de couche partagent ce rejet.

schiste bitumineuxLa technique NFP prétendument « propre » aggrave un autre risque, intellectuel celui-là : s’enliser dans des débats stériles sur des énergies fossiles de plus en plus extrêmes. Extrêmes dans leurs méthodes d’extraction de plus en plus brutales. Extrêmes dans l’atteinte à des sites de plus en plus précieux visés par les consortiums pétroliers, Extrêmes dans les moyens à mettre en œuvre pour une piètre rentabilité. ll y a trois décennies, il fallait qrosso modo un baril de pétrole pour en produire 1OO. Actuellement il en faut un pour produire environ 10 barils de pétrole ! Nous sommes lancés dans une course contre nous-mêmes, anachronique et suicidaire. Gaz à effet de serre 25 fois plus nocif que le CO, dont nous ne savons déjà que faire, tant il aggrave le dérèglement climatique, le méthane recherché représenterait surtout de quoi alimenter la spéculation et le gaspillage. Toute production d’énergie fossile génère des dégradations irrémédiables, au moment de l’extraction, lors de la transformation et lors de la consommation or quiconque comprend que l’air respirable, l’eau potable et les sols arables sont nos fondamentaux, irremplaçables au point que quelques minutes sans air, quelgues jours sans eau et quelques semaines sans nourriture signeraient notre arrêt de mort, comprend que cette course aux énergies fossiles est un anachronisme d’autant plus aigu qu’elle se situe dans un contexte de dégradation avancée des milieux naturels qui permettent la vie. Les effets sur l’emploi ? Six cent mille puits forés aux États-Unis- détruisant les terres arables, la ressource en eau et l’atmosphère – ont généré 500 000 emplois, soit 0,8 emploi destructeur par puits. Et l’impossibilité définitive à créer des milliers d’emplois agricoles sains, pérennes et protecteurs des personnes autant que du milieu naturel, dont elles sont tributaires à partir de terres arables, se résume à cette équation : 1 km2 = 100 ha ;1 ha = un emploi en agriculture paysanne ; 7 O54 km2 de permis pétroliers déjà attribués uniquement en Lorraine (30% de sa superficie totale) = environ 700 000 emplois potentiels perdus, à cause de terres arables vouées à devenir friches industrielles. Les financements ? En Lorraine, nous avons « l’exemple » d’European Gas Limited : un consortium australo-américano britannique financé au départ par Enron (la société américaine qui, avec Merrill Lynch, avait été au centre du plus grand scandale financier des dernières décennies), immatriculé en Angleterre et au pays de Galles pour n’avoir pas à déclarer ses résultats comptables en France, dirigé par un PDG qui a créé un « cayman based investment fund » (Maoming lnvestments). Ce consortium si vertueux attend 20 millions d’euros d’aides publiques françaises, tous les ingrédients pour un prochain mégascandale ! En résumé, tous les collectifs s’accordent sur ce point : ni gaz de schiste ni gaz de couche, ni ici ni ailleurs, ni aujourd’hui ni demain, ni fracturation hydraulique ni technique de PerlimPinPin.

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Les chiffres sont têtus…et certains sondeurs aussi, qui s’ingénient à les tordre pour leur faire dire ce pour quoi ils sont payés.

IFOP 24 pc janv 2014Le dernier sondage de l’IFOP[1] confirme que moins d’un français sur quatre souhaite voir encouragée la filière des gaz de schiste pour la production de chaleur et d’électricité, alors que neuf sur dix se prononcent pour encourager  la filière des  énergies renouvelables. Remarquable clairvoyance des citoyens face au déferlement médiatique pro-gaz de schiste de nombre de politiciens, industriels, universitaires et même « écologiste people »…

Alors comment soutenir l’insoutenable ? microtrotoir figaro fev 2014Par exemple, en limitant l’échantillon aux lecteurs du Figaro. On obtient un magnifique 72% de favorables à l’exploration du gaz de schiste. La seule conclusion qu’on puisse en tirer, en comparant avec le sondage précédent, c’est que les lecteurs du Figaro ne sont pas représentatifs du peuple français : on s’en doutait un peu. Seraient-ils aveuglés par le souci de maintenir à tout prix  leur niveau de consommation, ou espèrent-ils que ce sont les pauvres qui paieront l’addition climatique ?

sondage 69pc ok recherche gds envi janv 2014Et puis il y a les pervers avec les questions vicieuses : « faut-il mener des recherches pour trouver un mode d’exploitation du gaz de schiste compatible avec la protection de l’environnement ? ». Notez bien les termes : « mener des recherches », pas « faire des forages d’exploration » : avec les « recherches » on imagine des scientifiques en blouse blanche dans leur laboratoire aseptisé, pas des foreurs en train de fracturer le sous-sol dans la boue et le vacarme dans le champ d’à côté. Quant au « mode d’exploitation  compatible  avec la protection de l’environnement » leur a-t-on dit, aux sondés, qu’il consistait à utiliser pour l’extraction du gaz de schiste un autre gaz dont le potentiel de réchauffement climatique est 4300 fois celui de gaz carbonique ? Bonjour l’environnement !

Et si on vous proposait du gaz disponible sans forage, qui ne provoquerait pas de réchauffement climatique et en plus serait renouvelable ?  Vous seriez contre, vous ?

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Communiqué des collectifs français « NON aux pétrole et gaz de schiste et de houille »

Les collectifs français « NON aux pétrole et gaz de schiste et de houille » ont quelques questions à poser à M. Schilansky. Ce dernier, s’exprimant ce mercredi 5 février au nom de l’Union française des industries pétrolières (UFIP), affirme : « La fracturation telle que  pratiquée aujourd’hui n’est pas une technique sale. C’est juste pas vrai!« 
 
  • Monsieur Schilansky, pensez-vous qu’ignorer les défis climatiques, en accroissant la production et donc la consommation d’hydrocarbures, soit un choix intelligent pour la France ? stop gaz de schiste fracking-2
  • Pensez-vous que des millions, voire des milliards de m3 d’eau définitivement souillées par des contaminants fossiles et par des particules radioactives, sans parler des produits toxiques utilisés par les compagnies pétrolières et gazières, pour l’extraction comme pour le raffinage des hydrocarbures de schiste, soient une aubaine pour la France?
  • Pensez-vous que des centaines voire des milliers d’hectares de terres agricoles, de forêts ou de landes sacrifiés pour implanter des appareils de forage, construire des routes d’accès, et implanter des gazoducs dans les campagnes soient un cadeau pour la France?
  • OLYMPUS DIGITAL CAMERAPensez-vous que ce que vivent aujourd’hui des milliers d’Américains, d’Australiens, de Canadiens, etc. : la maladie des riverains des puits, la mort de leurs animaux, les risques de malformations congénitales de leurs enfants, comme le fait craindre une récente étude  (1),  soient un avenir souhaitable pour les Français?
  • Et enfin, pensez vous qu’il soit plus important pour notre société d’exploiter à court terme des ressources avec de tels impacts environnementaux, sociaux et sanitaires, là où la même énergie et le même financement  pourraient être engagés dans des mesures accompagnant la sobriété énergétique au gain bien plus judicieux à moyen et long termes?
Notre réponse est NON!
 
stop gaz de schiste fracking-1Monsieur Schilansky, vous dites que « Pendant ce temps, on ne fait rien, c’est du temps qu’on perd« . Le temps c’est de l’argent. Mais qui perd du temps, à votre sens? Les pétroliers et les financiers? Les industriels qui imposent une course en avant dans la production de biens de consommation?  Quelle urgence avons-nous à épuiser la terre et le capital que représentent les hydrocarbures présents dans son sous-sol, .si ce n’est purement  spéculative?
 
Dans un monde fini, on ne peut envisager une croissance sans limites. C’est une loi physique et non une fantaisie d’écologistes. Ne devrions-nous pas concentrer nos efforts à anticiper l’avenir, développer des voies alternatives, recourir avec sobriété aux énergies renouvelables et y faire exceller la France tout en créant des emplois de proximité et pérennes? 
 
Monsieur Schilansky, vous dites qu’ « aujourd’hui, il y a 112 permis bloqués, d’entreprises essentiellement étrangères qui ont fait des demandes auprès de l’administration française« .
Devons -nous les plaindre?
Ces entreprises étrangères qui font de gros dégâts environnementaux à l’étranger en utilisant la fracturation hydraulique en feront-elles moins en France? Viendront-elles réparer les dégâts qu’elles auront produit, dans  vingt ans ou dans cinquante ans ?
 
Notre réponse est NON!
 
La France des Lumières, la France des droits de l’Homme, la France d’Aujourd’hui peut redevenir un phare pour le monde, non pas en accueillant des investisseurs étrangers, en soutenant l’exploitation des énergies fossiles, et en développant des techniques à fort impact environnemental, sanitaire et social, comme vous l’appelez de vos vœux, mais en montrant la voie de la transition écologique et énergétique. C’est le choix de notre Gouvernement, c’est le choix de très nombreux citoyens plus soucieux de l’avenir de leur descendance que des courbes de la Bourse. La France n’est pas à vendre, ni aujourd’hui, ni demain.

Les collectifs français « NON aux pétrole et gaz de schiste et de houille »

NON AUX HYDROCARBURES DE SCHISTE ET DE HOUILLE, 
NON AUX ÉNERGIES EXTRÊMES,
NI ICI NI AILLEURS, NI AUJOURD’HUI NI DEMAIN
total economie verte

(!) Info minute – Revue de Presse

Une conférence de presse

Ce matin, Jean-Louis Schilansky, Président de l’Union française des industries pétrolières (UFIP) membre de CESE[1] désigné par le Mouvement des entreprises de France (MEDEF), donnait une conférence de presse. Il ne s’agit pas de laisser retomber le soufflé du gaz de schiste. La campagne de communication 2014 des industriels pour la recherche d’hydrocarbures non-conventionnel sur le territoire français est en effet lancée depuis quelques jours. Il s’agit de frapper fort, de bousculer l’édifice qui protège encore à peu près les territoires français de la recherche d’hydrocarbures de schiste.

Une campagne de communication pour le gaz de schiste …
  • Elle a commencé par un ballon d’essai lancé par le Ministre Arnaud Montebourg sur Europe 1 : Il affirmait ne pas désespérer de convaincre le Président de la République de revenir sur sa promesse de ne point exploiter le gaz de schiste, il qu’il faut travailler à trouver des techniques propres[2] .
  • Elle fut suivie de l’échos donné par le Patron de TOTAL qui depuis DAVOS déclarait « L’Europe dit aujourd’hui: Nous ne voulons pas interdire le développement du gaz de schiste. Par contre, on va demander à ceux qui veulent le faire d’être extraordinairement respectueux de l’environnement, de faire attention. Très bien! C’est le genre de message qu’on aimerait avoir partout[3] ».
  • Puis le Canard enchainait en indiquant que le Ministre du redressement productif allait voir ce qu’on allait voir (après les élections municipales) et qu’il disposait d’un rapport prouvant que l’on peut faire de la fracturation hydraulique … enfin non, qu’il existe une technique propre pour fracturer le sous-sol en utilisant du gaz liquéfié, précisément de l’heptafluropropane (une potion dont on sait qu’elle aurait un impact désastreux sur l’environnement puisque qu’étant un puissant gaz à effet de serre[4]).
  • Débarque ensuite -par une interview donnée au Parisien- la navigatrice Maud Fontenoy qui affirme que «Le gaz de schiste est devenu un atout écologique» et qu’il va falloir informer des français très désinformés puisqu’ils ne sont seulement 24% a être en faveur de l’exploitation des gaz de schiste. Elle récidive en publiant une tribune dans le journal Libération[6] où elle affirme sans ambages « grâce aux progrès de la recherche, la fracturation hydraulique n’est plus l’unique procédé d’extraction du gaz de schiste » . On se demande comment celle qui en a « ras le bol des écolos[7] » parvient à ce genre de conclusion sans que son « argumentaire » ne lui soit soufflé par certains industriels. On notera quoiqu’il en soit qu’une fracturation pratiquée avec un liquide reste une « fracturation hydraulique ». Cette technique est donc interdite par la loi.
… et le lancement d’un film de promo sur le gaz de schiste et contre Gasland

Puis on apprend par Usine Nouvelle[8] que le « groupement des entreprises parapétrolières et paragazières (GEP) a produit un film sur le gaz de schiste et la fracturation hydraulique censé prendre le contre-pied du documentaire oscarisé « Gasland » qui sert de porte-étendard aux anti-gaz de schiste. « Le film ‘Gasland’ s’est emparé du sujet, qui aurait dû être une affaire de professionnels« , explique Jean Ropers, président du GEP. »

???????????????????????????????Le film voudrait démontrer que « les risques sont maîtrisés par l’industrie » et dire que « Gasland est là qui enflamme l’imaginaire collectif ». On apprend que Josh Fox « dresse un procès d’intention aux exploitants des gaz de schiste » . La scène du robinet qui s’enflamme y est présentée comme Le mensonge du film de Josh Fox. Le film commandité par les pétroliers français est certainement plus fin de son équivalent américain Truthland . Il s’achèvera cependant par une envolée lyrique sur fond de flamme du parc de Chestnut Ridge par la phrase suivante « L’éternelle flamme de méthane brûle au milieu des eaux alors qu’autour à des centaines de km à la ronde aucun gisement de schiste n’est exploité ».

pétrolier gaziers industrielsBien entendu aucun autre argument présenté par Gasland ainsi que la recherche citoyenne en France sur les questions liées aux produits chimiques, à la remontée de produits toxiques ou radioactifs, de retraitement de l’eau de fracturation, d’émission de gaz à effet de serre ne sera abordé, il s’agit avant tout de décrédibiliser Fox … et ceux qui ne croient pas en la « révolution du gaz de schiste »

Resserrons les rangs, car comme le dit si bien Monsieur Schilansky « C’est une longue saga, mais nous n’abandonnerons pas« . Que lui et ses amis soient assurés d’une chose : Ils nous trouveront sur leur chemin.

L’industrie du pétrole agit comme l’industrie du tabac
The Sky is Pink, (le ciel est rose) : La réponse du réalisateur de GASLAND est déjà là!

En 18 minutes, Josh Fox, réalisateur de GASLAND, propose une réponse aux attaques des industriels sur le robinet qui s’enflamme et bien d’autres informations sur les méthodes de lobbying des pétroliers. Une très bonne analyse des moyens par lesquels l’industrie arrive à imposer ses idées malgré des preuves scientifiques contraires. (Cliquez sur CC en rouge, pour activer les sous titres en français)