Gaz de schiste: le GEP dénigre GASLAND alors qu’une habitante gagne son procès contre Chesapeake pour pollution d’aquifère

Publié: 19 février 2014 dans énergie climat, forage d'hydrocarbures, gaz de schiste
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(!) Info minute – Revue de Presse

Alors qu’en France le Groupement des Entreprises Parapétrolières et paragazières (GEP) lance sa campagne de dénigrement  du film Gasland réalisé par Josh Fox et tente de minimiser les risques liés à l’exploitation du gaz de schiste, il y a quelques jours, en Pennsylvanie, un arbitre a ordonné à Chesapeake Appalaches LLC de dédommager une habitante du comté de Bradford d’un montant de près de $ 60,000 pour avoir contaminé son puits d’eau avec du méthane.

Revenons brièvement sur cette histoire[1] qui démontre très simplement la mauvaise fois des promoteurs de la recherche et de l’exploitation des hydrocarbures non conventionnels.

  Gaz de schiste Chesapeake Pennsylanie pollution eau par forageEn Juin 2008, Jacqueline Place avait signé un bail comprenant une clause d’arbitrage laquelle mentionnait l’Association Américaine d’Arbitrage[2] (agissant comme un tribunal de commerce) comme arbitre pour la résolution de toute réclamation résultant de dommages causés par les activités de la Chesapeake.

En Décembre 2008, Mme Place a embauché un prestataire pour effectuer un état zéro de l’eau de son puits. Selon des documents juridiques fournis par son avocat, ce test indiquait la présence de méthane à un niveau de 0,01 particules par million. Ce test deviendra la pièce maîtresse pour l’arbitrage.

En Août 2009, la compagnie Chesapeake a  achevé le forage d’un puits (Barret 2H) pour extraire le gaz du sous-sol de la propriété de Mme Place. Ce forage hydrocarbure se situe alors à moins de 100 mètres (80 yards) du puits de Mme Place.

Le 22 Mars 2010, Mme Place remarque que son eau est devenue « rouge-brun » et huileuse. Elle saisit alors Chesapeake ainsi que le département de la protection de l’environnement de la Pennsylvanie. L’un et l’autre effectuent des prélèvements et des tests de l’eau de son puits au mois d’avril suivant. Lesquels tests révèlent une présence de méthane 1300 à 2000 fois supérieure à ce qu’indiquaient les tests effectués par Madame Place en 2008.

Le département de la protection de l’environnement a déclaré cette eau impropre à la consommation et Chesapeake a du fournir une réserve d’eau temporaire et mettre en place un équipement pour le monitorage de la présence du méthane.

Pendant les mois qui ont suivi, Chesapeake, le département de la protection de l’environnement et le prestataire de Mme Place ont continué à effectué des tests de l’eau du puits lesquels continuaient d’indiquer des niveaux de méthanes des centaines de fois plus élevés que ceux mesurés lors de l’état zéro effectué par Mme Place avant le forage, ainsi qu’une augmentation de la présence de fer et de la turbidité.

En Décembre 2010, le  département de la protection de l’environnement a donné la permission à Chesapeake de reconnecter le puits de Mme Place ce qu’a fait la société en Janvier 2011. En Février 2011, le département de la protection de l’environnement a publié une note administrative confirmant que les travaux de Chesapeake avaient causé un « impact temporaire  » sur le puits et recommandant la poursuite de la surveillance par des tests.

L’Agence américaine de protection de l’environnement et le prestataire de Mme Place ont continué la surveillance au cours des 16 mois suivant pour finalement trouver du méthane à des niveaux plus élevés que le niveau mesuré avant le forage mais au-dessous du niveau maximum toléré par  l’Agence de protection de l’environnement.

En mai 2013, un expert embauché par Mme Place trouvait un niveau de méthane de 0,042 particules par million. Mme Place et son fils continuent de boire de l’eau en bouteille.

« En résumé, Jacqueline Place a vécu pendant 10 mois totalement privée de l’accès à l’eau de son puits et depuis sa « restauration » a eu a subir une alimentation en eau polluée de manière chronique, nécessitant une vigilance constante et une surveillance continue » selon le rapport produit par le tribunal de commerce ».

Ross F. Schmucki , l’arbitre de l’Association américaine d’arbitrage, a ordonné à Chesapeake[3] de payer 59,381.42 $ à Madame Place.


[1] D »après l’article publié le 19 février 2014 par le Time Tribune.com
[2] American Arbitration Association
[3] Chesapeake est le principal partenaire avec lequel TOTAL a investi dans la recherche de gaz de schiste aux États-Unis

commentaires
  1. Cette situation, dramatique, montre tout de même que c’est AVANT d’accepter les forages que tout se joue. Ainsi en Australie, une campagne lock the gate, enjoint-elle aux propriétaires de refuser de se laisser acheter par les compagnies pétro-gazières et je vois comment à Tritteling, le fait de pouvoir mobiliser les riverains AVANT déploiement de EGL nous aurait évité cette lutte usante avec les éventuels déboires à venir. Au stade de la justice, il faut s’armer d’années de patience et trouver beaucoup d’argent ainsi que des avocats d’excellence, un sacré défi !

  2. Florence dit :

    Vous êtes surement déjà au courant, mais personne dans les medias ne semble relayer l’info…

    Enorme incendie de gaz de schiste… Chevron s’excuse avec une pizza !

    SYLVAIN LAPOIX (REPORTERRE) mardi 18 février 2014

    Depuis l’explosion de deux de ses puits de gaz de schiste en Pennsylvanie, la société Chevron n’a donné aucune explication aux riverains. Pour toute excuse, elle a envoyé au bout d’une semaine d’incendie une lettre sans explication… accompagnée d’un bon d’achat pour une pizza ! la suite ici

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