Archives de la catégorie ‘énergie climat’

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Lettre ouverte des collectifs et des associations contre les gaz et huiles de schiste et de houille à Monsieur le Ministre de l’Écologie, du Développement Durable et de l’Énergie

Le 12 juillet 2013,

Monsieur le Ministre,

Vous venez de prendre récemment vos fonctions. Le traitement du dossier de « l’exploration et de l’exploitation des hydrocarbures non conventionnels » figure parmi vos attributions.

Sur cette question des hydrocarbures non conventionnels, vous vous étiez déjà exprimé en tant que député, affirmant avec détermination et fermeté que « la France doit renoncer aux gaz de schiste car on ne saurait agresser des territoires entiers contre l’avis unanime des citoyens et des élus qui y vivent (…) car, dans le cas contraire, elle tournera le dos à la nécessaire transition environnementale qu’imposent l’état de la planète et celui de nos ressources naturelles (…) car on ne peut, d’un côté, prétendre réduire notre dépendance aux énergies fossiles, et, de l’autre, accroître cette dépendance en se lançant dans l’exploitation d’une nouvelle énergie fossile ».

Les collectifs et les associations contre les gaz et huiles de schiste et de houille partagent cette vision. Cependant, nous sommes conscients que les industries pétrolières et gazières mettent tout en œuvre pour ouvrir la porte à l’extraction des hydrocarbures non conventionnels.

Comme vous le savez,
–une action juridique en cours, initiée par la société Schuepbach, cherche, par une Question Prioritaire de Constitutionnalité, à invalider les articles 1 et 3 de la loi du 13 juillet 2011 interdisant la fracturation hydraulique et
–qu’un rapport d’étape sur les techniques alternatives à la fracturation hydraulique pour l’exploration et l’exploitation des hydrocarbures non conventionnels, rédigé en juin 2013 sous l’égide de l’ Office Parlementaire d’Évaluation des Choix Scientifiques et Technologiques, tente de convaincre l’opinion publique et les élus que la fracturation hydraulique reste « la technique la plus efficace et la mieux maîtrisée pour extraire les hydrocarbures non conventionnels ».

La question des hydrocarbures non conventionnels ne saurait se réduire à sa seule dimension technique ; outre les conséquences environnementales et sanitaires désastreuses de leur exploitation, ces nouvelles ressources fossiles contribueraient irrémédiablement à accroître les émissions de gaz à effet de serre, aggravant de fait le dérèglement climatique.

Cette fuite en avant vers les énergies fossiles retarderait la nécessaire transition vers la sobriété énergétique et le développement des énergies renouvelables, conditions de notre indépendance énergétique.

C’est pourquoi, nous vous demandons, Monsieur le Ministre, de prendre toutes les dispositions nécessaires afin :

– de rejeter toutes les demandes de permis de recherche classées «gaz et/ou huile de roche-mère »
et gaz de couche/houille par les DREAL ou le CGEIET,(1)
– de rejeter toutes les demandes de prolongation de permis en cours d’examen,
– de ne signer aucun arrêté de mutation pour les permis déjà octroyés,
-de faire réévaluer par une commission indépendante les demandes/permis dont les pétitionnaires/titulaires ont mentionné la fracturation hydraulique dans leurs demandes avant les rapports complémentaires de septembre 2011 post loi de juillet,
– et d’anticiper une éventuelle invalidation de la loi actuelle par le Conseil Constitutionnel, en préparant un projet de loi qui prévoira :
   • l’interdiction de la recherche et de l’exploitation des hydrocarbures non conventionnels sur tout le territoire national,
   • la définition des hydrocarbures non conventionnels,
   • et l’interdiction de l’importation et de la commercialisation de ces mêmes hydrocarbures non conventionnels sur tout le territoire national.

Ces décisions contribueraient à favoriser un modèle énergétique moins dépendant des énergies fossiles et préservant le climat au nom de l’intérêt général et des générations futures dont vous vous êtes fait le porte parole au cours de la dernière séance plénière du débat national sur la transition énergétique le 8 juillet 2013.
Nous savons, comme vous, M .le Ministre, que des alternatives existent, alternatives qui permettent l’indépendance énergétique, la création d’emplois et le développement économique des territoires.
Les collectifs et les associations contre les gaz et huiles de schiste et de houille vous prient de croire, Monsieur le Ministre, en l’expression de leurs sentiments engagés.

(1) CG : Annexe 3 (page 140) du rapport des CGEDD et CGEIT « Les hydrocarbures de roche-mère en France » rendu public en mars 2012.
http://www.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/007612-01_et_007612-03_rapports.pdf

Signataires:

Collectif Basta ! Gaz Alès (30 Gard),Collectif Barjac (30 Gard),Collectif Anduze (30 Gard), Collectif Stop gaz de schiste Rhône Alpes Nord 69,  L’Éco’lectif Dégaze Gignac et Environs (34 Hérault), Collectif « Montpellier Littoral contre les gaz de schistes! ».(34 Hérault), Collectifs Isère: Stop GHRM 38, Collectif Briard-Nord Bourgogne, Collectif du pays Fertois (77 Seine et Marne) Collectif Île-de-France, Collectif GHDS 91, (Essonne) Collectif du bocage gâtinais, (45 Loiret, 91 Essonne, 77 Seine et Marne, 89 Yonne) Collectif du Grand Valentinois (26 Drôme), L’association C.E.P (Conservons notre Environnement et notre Patrimoine – Montady 34 Hérault), Collectif du Narbonnais Non Gaz et Pétrole de Schiste (11 Aude), Collectif Stop Pétrole schiste Nemours, (77 Seine et Marne) Collectif Gazpart (02 Soissons – Aisne), L’association Stop au gaz de schiste-Non al gas d’esquist 47 (47 Lot et Garonne), Collectif Stop au gaz de schiste 07 (07 Ardèche), Collectif Non au gaz de schiste Pays de Savoie et de l’Ain, (73 Savoie, 01 Ain) Collectif Stopgaz Viganais,(30 Gard), Collectif Sud 77 (77 Seine et Marne), Collectif Entrecasteaux (83 Var), Collectif AJC Les Mages (30 Gard), Collectif du Haut-Bugey (01 Ain), Les Collectifs non au gaz de schiste de la Drôme,( 26 Drôme),
Réseau Rhônalpin des collectifs Stop au Gaz et Huile de Schiste, Collectif du Pays de Coulommiers (77 Seine et Marne), Collectif Piémont Cévenol (30 Gard), La Convergence Citoyenne pour la Transition énergétique,(30 Gard) Collectif Gard Rhodanien, (30 Gard) Collectif Pays Cigalois, (30 Gard), Collectif Carmen ( 02 Sud de l’Aisne), Collectif Hainaut ( 59 Nord)), Collectif Rochegude (30 Gard), Collectif Hautes-Cévennes (30 Gard), Collectif ACG (30 Gard), Collectif du Valromey (01 Ain) Collectif 32 Non au gaz de schiste (32 Gers)

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Delphine Batho Virée

Delphine Batho « virée », officiellement pour avoir critiqué les coupes budgétaires du Ministère de l’Ecologie. Joli coup de menton de François Hollande qui cherche à réaffirmer son autorité contestée, mais c’est quand même la 2ème ministre de l’Ecologie qui se fait ainsi désavouer. Y aurait-il un problème de fond entre le Gouvernement de Jean-Marc  Ayrault et l’écologie ?

Nicole Bricq ViréeSoyons francs, Delphine Batho n’avait pas à ce jour fait preuve d’une combativité sans faille: succédant à Nicole Bricq, « déplacée » pour avoir cru pouvoir interdire un forage pétrolier en mer, elle avait fait plutôt profil bas. Le débat sur la transition énergétique, il est vrai un peu saboté par les industriels et les syndicats et peu soutenu par le reste du Gouvernement, était passé inaperçu. La timide « Liste des priorités établie par les différents groupes de travail » qui en émanait avait dû être  retirée précipitamment du site du Ministère sur injonction du MEDEF. Par ailleurs un certain nombre de demandes de permis de recherche d’hydrocarbures,  jugés non recevables par les services techniques régionaux,  attendaient depuis des mois la signature ministérielle de l’arrêté de rejet…

Mais ces derniers temps, Mme Batho semblait se raidir devant les pressions de lobbys et  la tentative d’invalidation de la loi « Jacob » de juillet 2011 au travers de la Question prioritaire de constitutionnalité, affirmant que « la fracturation hydraulique restera interdite en France ». Et voilà qu’à la veille d’un débat sur le sujet organisé par le Ministère  « entre experts »  (mais sans ministre…) et au moment où l’Union Européenne attend la position officielle de la France (courrier préparé par Delphine Batho mais non transmis), on la remercie…et ce alors que l’on attend la décision du Conseil Constitutionnel sur la loi « Jacob » et en pleine préparation du nouveau Code Minier ! Qui a dit : « on ne change pas de cheval au milieu du gué » ?

Philippe Martin, quand il était député et co-rapporteur de la Mission parlementaire d’information sur les gaz et huile de schiste, en juin 2011, a écrit des choses fortes  comme « « la France doit renoncer à extraire de son sous-sol les hypothétiques gaz et huile de schiste qui s’y trouveraient » , ou « La France doit enfin renoncer aux gaz de schiste – c’est la raison la plus importante à mes yeux – car, dans le cas contraire, elle tournera le dos à la nécessaire transition environnementale qu’impose l’état de la planète et celui de nos ressources naturelles » et « À court terme, et par voie de conséquence, la France doit abroger les permis exclusifs imprudemment accordés par le Gouvernement en mars 2010. »

Nous ne saurions croire qu’il a accepté ses fonctions  de Ministre de l’Ecologie sans s’être assuré qu’il pourrait y mettre en pratique ces convictions que nous partageons. C’est pourquoi nous attendons de lui de toute urgence:

>      Qu’il rejette toutes les demandes de prolongation de permis en cours d’examen

>      Qu’il rejette également toutes les demandes de permis de recherche classées « gaz et/ou huile de roche –mère » par les DREAL ou le CGEIET

>      Qu’il fasse réévaluer le caractère « conventionnels » des permis en cours par des commissions indépendantes

>      Qu’il fasse préparer immédiatement par ses services un projet de loi pour parer à une éventuelle abrogation de la loi actuelle par le Conseil Constitutionnel, projet qui prévoira :

  • L’interdiction de la recherche et de l’exploitation des hydrocarbures non conventionnels sur tout le territoire national
  • La définition des hydrocarbures non conventionnels comme « ceux ne pouvant être  extraits  par forage, et éventuellement pompage, sans nécessiter d’autres étapes de traitement »  (selon l’Etude de faisabilité du rapport de l’OPECST relatif aux techniques alternatives à la fracturation hydraulique)
  • L’interdiction de l’importation et de la commercialisation de ces mêmes hydrocarbures non conventionnels sur tout le territoire national.

De telles mesures immédiates pourraient compenser le temps inévitablement perdu en raison de ce changement d’équipe, nous redonner confiance à nous qui luttent pour la préservation de notre environnement, et éventuellement nous convaincre que les Ministres ont plus de poids que les « pions » des industriels dans les cabinets gouvernementaux ou présidentiel…

 JC

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Mardi 2 juillet 2013 – COMMUNIQUE DE PRESSE DES COLLECTIFS ET DES ASSOCIATIONS CONTRE LES GAZ ET HUILES DE SCHISTE ET DE HOUILLE

Chevron fragilisé par la résistance des paysans et résidents de Zurawlow en appelle à la force publique pour les expulser

Les collectifs français et les associations contre les gaz et huiles de schiste et de houille ont appris qu’un ordre d’expulsion des paysans et des résidents du village de Zurawlow ( Province de Zamosc au sud est de la Pologne) a été signé.
polpol1Depuis le 3 juin 2013, ils luttent contre la société multinationale Chevron pour s’opposer à leur projet de tests sismiques, précédant l’installation de puits de forages non conventionnels de gaz de schiste sur leur territoire.
Ils veulent protéger et défendre leurs terres contre cette future exploitation gazière polluante qui conduirait à terme à contaminer leur eau, leur sol, leur air. Ils avaient déjà été confrontés, lors d’essais sismiques précédents, à une pollution de leur eau. Elle avait été rendue impropre à la consommation suite à une forte turbidité des puits artésiens provenant des fortes vibrations provoquées par l’utilisation d’explosifs.
Les collectifs français et les associations contre les gaz et huiles de schiste et de houille dénoncent cette mesure d’expulsion utilisant la force publique, alors que Chevron refuse d’écouter la population et que les autorités locales, sous la pression gouvernementale, n’aident pas à résoudre ce conflit en cours.
Nous dénonçons cette décision d’expulsion qui fait suite à de nombreuses mesures d’intimidation et de pression intolérables, de menaces de sanctions, dont sont victimes les paysans et les associations polonaises qui tentent d’apporter leur soutien et ce, dans un pays membre de l’Union Européenne !
Nous nous indignons de ces pratiques visant à créer un climat de peur et cherchant par le mensonge à discréditer cette action légitime de protestation pacifique. Nos amis polonais nous rappellent que « toutes les licences accordées à Chevron par le ministère polonais de l’Environnement sont situées sur les trois plus grands réservoirs d’eau souterrains en Pologne, de sorte que le risque de pollution générale de l’eau dans la région est très fort »
Comme nos amis polonais, nous ne pouvons nous résigner à laisser impunément cette compagnie détruire et sacrifier des territoires et des paysages construits patiemment par des générations qui ont cherché à ménager les espaces et les ressources présentes.
Nous refusons qu’en Pologne et ailleurs, la vie des territoires, la Terre et l’Eau, biens communs, soient indéfiniment accaparés par les intérêts de ces compagnies pétrolières et gazières. Nous demandons aux autorités polonaises que cette ordre d’expulsion, qui conduirait à une escalade de cette légitime opposition, soit annulé.
Nous demandons aux autorités polonaises de prendre toutes les mesures nécessaires pour assurer le retrait de Chevron et préserver cette région du développement destructeur de l’extraction de gaz de schiste.

NI ICI, NI AILLEURS – NI AUJOURD’HUI, NI DEMAIN !

Signataires : Collectif Basta ! Gaz Alès (30 Gard), Collectif Roquedur – le Vigan (30 Gard), Collectif Causse Méjean – Gaz de schiste NON ! (48 Lozère), Inter-collectif du 22 septembre sud (30 Gard- 34 Hérault), Collectif stop gaz de schiste 69 (69 Rhône-Alpes), Collectif Isérois Stop GRHM 38 (38 Isère), Collectif 91 NON au gaz de schiste (91 Essonne), Collectif Montpellier et Littoral contre les gaz de schiste (34 Hérault), Collectif non au gaz de schiste Pays de Savoie et de l’Ain (73, 74 01, Savoie, Haute Savoie, Ain), Ecolectif Dégaze Gignac et Environs (34 Hérault), Collectif d’Anduze (30 Gard), Collectif de Florac (48 Lozère), Association Stop au gaz de schiste-Non al gas d’esquist 47 (47 Lot et Garonne), Collectif citoyen du Narbonnais – Non Gaz et Pétrole de Schiste (11 Aude), Collectif Garrigue – Vaunage ( 30 Gard), Collectif Île de France contre les gaz et pétrole de schiste (région Île de France), Collectif 07 Ardèche (07 Ardèche), Collectifs 83 Non au Gaz de Schiste (83 Var)

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Communiqué de presse 1er Juillet 2013

La loi du 13 juillet 2011 interdisant « l’exploration et l’exploitation des mines d’hydrocarbures liquides ou gazeux par des forages suivis de fracturation hydraulique de la roche » pourrait être abrogée par le Conseil Constitutionnel. En effet le Rapporteur public du Conseil d’Etat vient de recommander la transmission au Conseil Constitutionnel de la Question prioritaire de constitutionnalité, posée par le pétrolier texan Schuepbach contestant la loi en question.

Madame la Ministre de l’Ecologie se veut  ferme et rassurante en affirmant que si nécessaire la loi sera « confirmée et reconfirmée ». Nous ne doutons pas de sa détermination, mais si nous  attendons une possible abrogation les bras croisés nous nous trouverons devant un vide juridique, au moins le temps pour le Gouvernement de rédiger une nouvelle loi, évitant les écueils de la précédente, et de la faire voter, comme ce fut le cas pour la loi sur le harcèlement…Nous pensons qu’il faut anticiper et proposer dès à présent une nouvelle loi.

La loi dite Jacob pêchait d’abord par l’interdiction d’une pratique, la fracturation hydraulique, qu’elle ne définissait pas. Dans la mesure où c’est bien la méthode d’extraction qui définit si un hydrocarbure est conventionnel ou pas, nous proposons d’interdire simplement la recherche des hydrocarbures non conventionnels. Et nous proposons de retenir la définition proposée par MM Bataille et Lenoir dans leur Étude de faisabilité du rapport de l’OPECST sur les techniques alternatives à la fracturation hydraulique : si l’extraction nécessite d’autres étapes de traitement que le forage et le pompage, il s’agit alors d’hydrocarbures non conventionnels.

Le deuxième inconvénient de la loi actuelle est la possibilité de dérogation pour la recherche « scientifique ». Il n’est physiquement pas possible d’extraire des hydrocarbures non conventionnels sans détruire la roche dans laquelle ils sont dispersés et ce quelle que soit la nature du procédé (hydraulique, pneumatique, chimique, électrique…) cette destruction entrainerait des risques de pollution inacceptables : il n’y aura pas d’extraction propre ! Donc pas d’articles supplémentaires pour jouer aux apprentis sorciers.

Enfin, parce que nous sommes conséquents, nous ne pouvons pas accepter de favoriser ailleurs ce que nous interdisons chez nous. Nous demandons que la loi interdise la commercialisation des hydrocarbures non conventionnels en France.

Pour que cette nouvelle loi soit opérationnelle au plus tôt, nous avons donc décidé d’interpeler nos parlementaires au travers de la lettre ouverte ci-jointe en leur demandant de déposer un projet de nouvelle loi sur la base des principes ci-dessus.

Le Collectif Non au Gaz de schiste pays de Savoie et de l’Ain

Lettre aux parlementaires QPC loi gaz de schiste

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Article de Corinne Lepage publié le 26/06/2013 dans Rue 89 sous le titre « Gaz de schiste : comment Delphine Batho accepte le pillage du sous-sol national » (lire  aussi notre commentaire à la fin)

site extraction gaz de schiste PA

La loi de juillet 2011 interdisant la fracturation hydraulique pour exploiter les gaz de schiste en France pourrait être remise en cause. En effet, le Conseil d’Etat devrait autoriser son renvoi devant le Conseil constitutionnel. La chambre des conflits du Conseil d’Etat avait été saisie Schuepbach Energy, dont deux permis pétroliers avaient été annulés.

La France a connu beaucoup de ministres de l’Ecologie, certains détestaient l’environnement et ses acteurs, d’autres étaient là faute de mieux, d’autres encore ont fait de leur mieux et ont effectivement marqué des points. Mais jusqu’à présent, nous n’avions pas connu de ministre qui accepte de prendre ou d’endosser des décisions aussi contraires aux discours tenus, au demeurant le plus souvent lénifiants.

Nous aurons probablement l’occasion de le constater dans les mois qui viennent, à propos des décisions qui suivront le débat sur la transition énergétique mais nous en avons déjà un très bel exemple avec l’affaire des gaz de schiste.

Permis d’exploration signé en catimini par Borloo

Tout commence le 1er mars 2010 quand Jean-Louis Borloo, alors ministre de l’Ecologie, signe en catimini le permis d’exploration des gaz de schistes, dont celui de Montélimar. A cette époque, de gros doutes envahissent quelques associations et il faudra attendre une tribune que je signe le 20 décembre 2010 sur Rue89 pour que la mobilisation commence et que la première manifestation s’organise au Larzac.

Retour sur les grandes étapes :

  • Le 20 janvier 2011, une ordonnance prétend modifier le Code minier. Au nom de Cap21, j’attaquerai cette ordonnance qui viole ouvertement le code de l’environnement.
  • Le 13 juillet 2011, une loi interdit la fracturation hydraulique et abroge certains permis. Nathalie Kosciusko-Morizet lancera une mission pour proposer une réformette opportuniste du code minier, qui restera dans les cartons.
  • En mars 2012, alors que la technique est interdite, le ministère lance une commission nationale d’orientation, de suivi et d’évaluation de cette technique ayant pour mission « d’évaluer les risques environnementaux liés à la fracturation hydraulique et d’émettre un avis sur les conditions de mise en œuvre des expérimentations réalisées à seules fins de recherche scientifique ».
  • La ratification de l’ordonnance portant codification de la partie législative du code minier sera déposée le 4 mai 2012, entre les 2 tours de l’élection présidentielle alors que le Ministère de l’environnement n’a plus d’occupant depuis le 22 février.

Exploration signifie exploitation

Pendant toute cette période et depuis cette date, la pression des gaziers et pétroliers soutenus par le Medef ne faiblit pas. Les habitués du lobby nucléaire au sein du parlement que sont Jean-Claude Lenoir et Christian Bataille, signataires d’un rapport sur les techniques alternatives ont pris le relais.

L’exploration, coûteuse, ouvre nécessairement la voie à l’exploitation et sans appel d’offres. De plus, le code minier actuel que nous devons à Mme Kosciusko-Morizet ne prévoit aucune protection ni aucune redevance pour l’Etat dans la phase dite d’exploration. Enfin, les contrats de long terme passés par la France avec l’Algérie ou la Russie garantissent un prix élevé, ce qui signifie que l’exploitation virtuellement moins chère du gaz de schiste ne profitera qu’aux sociétés gazières et non à l’industrie et encore moins aux consommateurs.

Malgré des déclarations apparemment fermes sur le refus d’entrer dans la problématique gaz de schiste, discrètement, c’est la politique contraire qui se met en place.

Tout d’abord, en retardant la sortie de la réforme du code minier qui devrait protéger financièrement l’Etat et appliquer le droit communautaire et le droit de l’environnement.

Dans le même temps, instruire les nombreuses demandes d’autorisations qui sont dans les tuyaux, comme si de rien n’était, après avoir pris les Français pour des imbéciles en leur faisant croire que rejeter sept demandes signifiait rejeter toutes les demandes.

Enfin, sur le plan juridique, en ne s’opposant pas vigoureusement à la question prioritaire de constitutionnalité dont les titulaires d’autorisation voulaient saisir le Conseil Constitutionnel.

Il est pour le moins paradoxal de voir les pourfendeurs habituels du principe de précaution s’en prévaloir pour tenter d’obtenir l’inconstitutionnalité de la loi Jacob. Quoiqu’il en soit, au lieu de défendre la loi Jacob, le ministère, qui a hésité à intervenir, le fait de la manière la plus molle possible, comme s’il souhaitait une saisine du Conseil constitutionnel, puis une censure par ce dernier.

Profits maxima et risques minima

Si la loi était jugée inconstitutionnelle, elle ne pourrait être appliquée. Les autorisations demandées ne pourraient être refusées et l’absence de publication du code de l’environnement éviterait toute difficulté aux entreprises gazières. Succès sur toute la ligne pour les multinationales. Echec sur toute la ligne pour les citoyens.

Au-delà du cynisme qu’illustre ce comportement, il est dramatique y compris si nos réserves sont importantes. En effet, la pression pour délivrer les permis d’exploration n’a aucunement pour objectif de connaître notre richesse mais bien de s’accaparer le sous sol pour s’en réserver une exploitation future, avec les profits maxima et les risques minima.

Si en définitive l’intérêt général conduit à rendre nécessaire la connaissance de nos réserves en gaz de schiste, la seule solution conforme à l’intérêt général consiste, comme la loi l’a prévu, à confier à un organisme public le soin de répondre à cette question, puis de déterminer dans l’hypothèse où des procédés non polluants existeraient un jour, s’il convient ou non d’exploiter. Dans le cas d’une réponse positive, l’exploitation ne pourrait se faire qu’en payant à son juste prix une ressource qui appartient à la Nation, en encadrant les autorisations de règles extrêmement strictes et en assurant l’indemnisation complète et réelle de tous les préjudices qui pourraient être causés quels qu’en soit la nature.

Mais, l’histoire telle qu’elle est en train de s’écrire aboutira à une solution inverse : permettre l’exploitation des gaz de schiste, avec une méthode dont les saccages commencent à être reconnus même aux Etats-Unis, sans revenus adéquats pour l’État, et sans aucune garantie ni en amont par les études d’impact, ni en aval par une réparation intégrale de tous les préjudices y compris le préjudice écologique.

(Note: Nous aurions bien aimé que l’auteure n’oublie pas de mentionner le rôle majeur joué par les citoyens dans cette bataille lancée depuis fin 2010. Sans nous tous, sans cette mobilisation et cette vigilance, les trépans de Schuepbach et consort auraient déjà foré dans la roche mère, les puissants compresseurs auraient déjà injecté des produits dans le sous-sol sans que les « responsables » ne s’en émeuvent. Des maires peu informés et un peu malgré eux auraient signé des accords permettant à ces chercheurs de profits d’occuper nos terres et de fouiller dans ce sous-sol qui reste une propriété collective. Et puis cette exploitation ça n’est pas que le sous-sol. C’est le climat. Le méthane dont le taux de fuite(1) est très important lors de l’exploitation, du transport et de la distribution du gaz de schiste est un puissant gaz à effet de serre. Ne désarmons pas!)


[1] Lire relire à ce sujet Exploitation du gaz de schiste, une transition vers nulle part ainsi que les articles en référence

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Bien qu’il soit peu audible du public, le Débat national sur la transition énergétique semble indisposer les dirigeants du MEDEF (Mouvement des entreprises de France). D’abord ils avaient concocté dans leur coin, histoire de court-circuiter ce débat, un rapport [1] qui faisait la part belle au nucléaire et au « tout hydrocarbures », conventionnels ou non. Et pour apparaitre plus consensuels, ils y avaient associé des syndicats qui ne voient pas plus loin que le bout de la feuille de paye, les mêmes que ceux qui ont signé le fameux ANI (Accord national interprofessionnel), entériné par nos députés, qui permettra à ceux qui ont (encore) un emploi de travailler plus pour gagner moins avant de perdre leur travail pour de bon [2].

medef-uimm--pierre-gattazMalgré cette estimable et définitive contribution, le Conseil national du débat n’a-t-il pas eu l’outrecuidance de publier – et sur le site du Ministère de l’écologie en plus – la liste des priorités établies par les différents groupes de travail [3] ? Et ces priorités ne parlent du nucléaire que pour rappeler l’engagement du Président de la République à en réduire la part à 50% en 2025, et pas du tout des hydrocarbures non conventionnels. Au contraire elles  tournent autour de la sobriété, (« rénovation énergétique des bâtiments », « réduction de l’impact des transports »…), d’une « demande maitrisée » et d’un « mix énergétique diversifié à faible émissions de gaz à effet de serre ».Sans parler –horreur – de « la mise en place d’une fiscalité environnementale » !

Inacceptable pour le MEDEF qui se considère comme plus représentatif que toutes les autres parties et n’admet pas que soit considérées comme priorités les orientations qu’il n’approuve pas. Il a donc exigé – et obtenu – le retrait immédiat du document du site du Ministère. Obtenu ? Oui vous avez bien lu !

CNPF MEDEF PARISOT SCHISTECe n’est plus le Premier Ministre qui « détermine et conduit la politique du Gouvernement », conformément à la Constitution, c’est la Présidente du MEDEF ! Et ça ne va paDebat "produire en France , oui mais comment ?" Alliance centristes s’arranger avec le successeur de Mme Parisot, Pierre Gattaz (le fils de son père, ancien président du Conseil national du patronat français, ancêtre du MEDEF) qui prendra ses fonctions début juillet. Ce monsieur déclare sérieusement  qu’il espère que le MEDEF et le Gouvernement pourront « piloter le projet de loi de finance 2014 ensemble »[4]. Comme ils ont discuté ensemble avec les ONG au cours du Débat sur la transition énergétique…pour exiger in fine un droit de veto ? Serions-nous passés subrepticement de la démocratie à la ploutocratie ?

JC

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Selon les informations recueillies auprès de la DREAL (Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du Logement) Rhône-Alpes, la situation au 11/06/2013 est la suivante pour les permis de recherche d’hydrocarbures liquides ou gazeux qui la concernent.

  • Permis octroyés :
    • Permis de Gex : valable jusqu’au 28 mai 2014. La DREAL a bien noté qu’il s’agissait de « réservoirs caractérisés par leur faibles porosité et perméabilité ». Pas de DOT (Demande d’ouverture de travaux) à ce jour.
    • Permis de la Plaine d’Alès : valable jusqu’au 1er avril 2014
    • Permis du bassin d’Alès : valable jusqu’au 30 mars 2015. L’instruction de la DOT sismique est suspendue en l’attente de l’expertise en cours sur la nature des travaux
  • Demandes de prolongation :
    • Permis des Moussières : permis arrivé à échéance le 4 mars 2013. Une demande de renouvellement pour 5 ans a été déposée  en novembre 2012 et il semble que ce renouvellement ne soit pas une simple formalité. L’examen de la recevabilité est toujours en cours d’examen par la DREAL, qui précise que, durant la période d’examen de 15 mois maximum, aucune DOT ne pourra être recevable au titre de la « continuité des travaux de recherche » puisque ceux-ci n’ont jamais commencé.
  • Demandes de permis :
    • Permis de Blyes : avis défavorable de la DREAL (Hydrocarbures non conventionnels) le 28 mars 2012, attente de la décision ministérielle
    • Permis de Gex Sud : avis défavorable de la DREAL (Hydrocarbures non conventionnels) le 12 décembre 2012, attente de la décision ministérielle
    • Permis d’Abondance : avis d’irrecevabilité de la DREAL (dossier incomplet) et du Préfet de Haute Savoie le 31 décembre 2010, attente de la décision ministérielle
    • Permis Préalpes : avis défavorable de la DREAL (Hydrocarbures non conventionnels) le 8 octobre 2012, attente de la décision ministérielle
  • Permis abrogés et demandes rejetées :
  • Notre avis

Tout d’abord un rappel: les services déconcentrés de l’État donnent  un avis mais c’est PARIS qui décide. Le tout puissant CGEIET donne sa recommandation aux ministres concernés sur la décision finale à prendre.

Au regard de ce qui précède et de ce que nous connaissons, la logique voudrait qu’aucun des permis ne débouche sur des travaux de recherche et qu’aucune des demandes ne débouche sur un permis de recherche. Car comme nous le répétons depuis 2011, ce qui motive les compagnies ce sont bien ces hydrocarbures difficiles d’accès (dans des gisements non conventionnels, il n’y en a pas d’autre), dans des géologies complexes et fragiles. Donc restons extrêmement vigilants car les industriels et autres chercheurs d’or noir chassés par la loi de juillet 2011 veulent à nouveau rentrer par la fenêtre. Soyez assurés qu’il tenteront tout pour parvenir à leur fins au mépris de l’intérêt et du souhait des populations locales. Le serpent rampe on ne lui a pas écrasé la tête, il peut planter ses crochets à tout moment. De plus les procédures de recours en justice introduites par les titulaires des permis abrogés ne sont pas achevées, elles peuvent elles aussi réserver de mauvaises surprises.

! RESTONS MOBILISES et à l’écoute au début de l’été !

En Rhône-Alpes, privilégions le développement des énergies propres et renouvelables, la relocalisation et le tourisme.

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COMMUNIQUE DE PRESSE de Collectifs français- Rapport d’étape de l’OPECST du 6 juin 2013

L’Office Parlementaire d’Évaluation des Choix Scientifiques et Technologiques (OPECST) présentait le 6 juin dernier un rapport d’étape sur les « techniques alternatives à la fracturation hydraulique pour l’exploration et l’exploitation des gaz de schiste« . Pour l’ensemble des collectifs réunis, ce rapport, très largement hors-sujet, ne traite aucunement des alternatives possibles, mais fait, au contraire, l’apologie de la fracturation hydraulique, aujourd’hui jugée comme la technique « la plus efficace et la mieux maîtrisée pour extraire les hydrocarbures non conventionnels ».

Est-ce délibérément que ces deux parlementaires ignorent une multitude d’informations pourtant peu susceptibles de subjectivité ?

On peut se poser la question de leur « lobbylisation » et de leurs incompétences conjuguées, tant les inexactitudes de ce rapport sont flagrantes et plus que nombreuses.

Sur les 75 auditions effectuées par MM. Bataille et Lenoir, 73 sont celles des pro-gaz de schiste. On ne trouve ni économiste spécialiste des emplois, ni hydro-géochimiste, ni toxicologue, ni géographe, ni démographe, ni sociologue, ni médecin… Cherchez l’erreur…ou la manipulation calculée.

On ne peut qu’avoir honte du peu de crédibilité à donner à ce rapport financé par les deniers publics et qui n’apporte aucun élément nouveau, si ce n’est un renforcement pathétique de l’argumentation du MEDEF et des « pétrogaziers ».

Les collectifs citoyens dénoncent la malhonnêteté flagrante de ce rapport d’étape, truffé de contre-vérités. On y parle de 100.000 emplois (sur la base d’une erreur de calcul d’un cabinet de lobbying), d’une liste d’additifs chimiques pour la fracturation composée de produits de grande consommation, voire quasiment « bio ». On y parle de fracturation hydraulique réalisée à de nombreuses reprises en France. Il n’y a pourtant qu’un seul vrai forage effectué dans la roche-mère et stimulé grâce à la fracturation hydraulique ! Et il ne produit (le rapport le cite) qu’un seul baril de pétrole par jour (l’indépendance énergétique de la France est en marche…). Le rapport évoque la similitude de géologie entre le Dakota et le Bassin Parisien… en oubliant les millions d’habitants dudit Bassin Parisien. De plus, la question de l’impact climatique a été évacuée en un paragraphe conclu de manière lapidaire. Ce ne sont que quelques exemples de ce rapport « bidonné » par le député Bataille et le sénateur Lenoir.

Tout est fait de manière à rendre, de façon insidieuse, l’exploration et l’exploitation des gaz et huiles de schiste et du gaz de houille « socialement acceptables ».

Exploiter ces ressources fossiles en France ou ailleurs – et ce, quelle que soit la technique – ne ferait qu’accroître nos émissions de gaz à effet de serre et nous enfoncer encore un peu plus dans la crise climatique. Il a aussi été scientifiquement prouvé que l’exploitation des gaz et huiles de schiste entraîne des contaminations de l’eau potable, des fuites importantes de méthane, des pollutions de l’air et des pathologies graves (troubles endocriniens, silicoses, cancers…) chez des personnes vivant aux abords des puits, que le vrai visage des gaz et huiles de schiste, ce sont surtout les risques et les nuisances qui y sont associés. Il est quasiment criminel de ne pas avoir traité véritablement les conséquences graves et préjudiciables aux populations dans ce rapport d’étape.

Quant à cette providence en Lorraine et dans le Nord-Pas-de-Calais en forme de « gaz de houille », de quoi parle-t-on ?

Gaz de charbon ou de couche ? Il n’y a pas d’autre technique d’extraction du méthane retenu dans les couches que la fracturation, avec les mêmes impacts que pour les gaz et huile de schiste. Nous n’en voulons pas non plus ! Et nous réitérons donc notre conviction : l’exploitation des hydrocarbures non conventionnels pour la transition énergétique n’est qu’une chimère.

C’EST POURQUOI NOUS DÉNONÇONS, à nouveau et depuis toutes les régions de France, ce  pseudo rapport d’étape dont les résultats prévisibles confèrent à ses auteurs une lourde responsabilité face aux risques majeurs et avérés liés à l’éventuelle exploration et exploitation des gaz et huiles de schiste ainsi que des gaz de houille.

 CP collectifs rap int OPECST