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Une surprise? Peut-être pour le grand public. Pour les citoyens, militants et associations qui s’acharnent tous les jours à découvrir la vérité depuis des mois et des années, ça ne serait qu’une confirmation.

Ce que révèle le Courrier de Neuchatel confirme que la société britannique Celtique Energie avec ses filiales enregistrées en France, en Suisse et ailleurs cherchent bien du gaz de schiste dans ce grand massif du Jura. Les élus constitués en association et qui luttent contre le renouvellement du permis des Moussières apprécieront certainement.

 HYDROCARBURES • Un rapport confidentiel de Celtique Energie révèle que la société britannique recherche du gaz de schiste sous la chaîne du Jura, alors qu’officiellement elle affirme vouloir prospecter uniquement des hydrocarbures conventionnels. Noiraigue est l’un des sites les plus prometteurs.

Les écologistes craignent qu’il y ait du gaz dans l’eau… qui alimente les deux tiers de la population du canton de Neuchâtel. Il se pourrait cependant plutôt qu’il y ait de l’eau dans le gaz pour Celtique Energie Petroleum Ltd, qui ambitionne de rechercher et d’exploiter des hydrocarbures dans le sous-sol de Noiraigue, sur le territoire de la commune de Val-de-Travers (NE), ainsi que dans l’ensemble de la chaîne du Jura, des deux côtés de la frontière.

-celtique-Dans deux documents internes destinés aux investisseurs – un rapport confidentiel et un diaporama –, que Le Courrier a pu se procurer, la société britannique affiche clairement son ambition d’exploiter du gaz de schiste. Il pourrait même s’agir d’un objectif prioritaire: le rapport révèle en effet qu’en comparaison avec le potentiel du gaz naturel, celui du gaz de schiste serait énorme.

Pourtant, la société Celtique Energie Neuchâtel SA, créée en 2009 avec 100 000 francs de capital-actions, ne déclare officiellement que deux objectifs pour le projet du Cygne blanc à Noiraigue: l’exploitation du gaz naturel, dont le réservoir pourrait, selon des études, atteindre 30 milliards de m3, dont 20 exploitables, soit l’équivalent de sept ans de consommation nationale. En cas d’échec du forage de prospection, la société envisage une solution alternative: stocker du gaz importé dans les couches imperméables de sel afin de pallier aux fluctuations des prix internationaux.

Gaz de schiste exclu, selon Celtique

Un peu partout dans le monde, l’opposition au gaz de schiste et à la technique de «fracking», fracturation hydraulique, s’organise. En cause notamment, les révélations aux Etats-Unis, où on comptait près de 500 000 puits d’exploitation en 2011, sur les eaux polluées, les robinets qui s’enflamment, les terrains qui s’effondrent et les boues radioactives. Pourtant, Celtique Energie Neuchâtel est catégorique: «En aucun cas la compagnie ne recherche de gaz de schiste», affirme-t-elle sur son site internet. «La transparence et l’information représentent les fondements essentiels à la réussite d’un projet» et «l’une des valeurs premières de l’entreprise», lit-on encore un peu plus loin.

Le rapport confidentiel, non daté (il pourrait remonter à 2009 ou début 2010), est intitulé «Jura Farm-In Opportunity: information memorandum» (Opportunités d’accord de prise d’intérêt dans le Jura: mémo d’information). Quant au diaporama de 24 pages, du 4 décembre 2012, il porte un titre évocateur: «Unconventional resource potential» (Le potentiel de ressources non conventionnelles).

Dans le rapport de 273 pages, Celtique Energie analyse en détail, outre la dynamique du marché du gaz européen et les données géologiques et sismiques existantes, le potentiel en pétrole, en gaz conventionnel, ainsi qu’en gaz non conventionnel, ou gaz de schiste, pour les quatre permis exclusifs que la société a obtenus, et qui correspondent à un territoire total de 6342 km2. Il s’agit, du côté français, du permis des Moussières, qui couvre tout l’Est du département de l’Ain, et celui de Pontarlier, qui s’étend sur une grande partie du Jura français. Du côté suisse, on compte le permis de Vallorbe, sur l’ensemble du territoire du Jura vaudois, et celui de Neuchâtel, sur tout le territoire du canton, dont le projet du Cygne blanc, à Noiraigue, fait partie. A noter que ce dernier est, et de loin, le projet de la firme britannique dont le potentiel est le plus prometteur.

Jusqu’à 22 fois plus de gaz de schiste

Celtique estime les ressources en gaz conventionnel pour l’ensemble de ses concessions à environ 57 milliards de m3 de gaz et 90 millions de barils de pétrole (un baril équivaut à 159 litres). Pour le gaz de schiste, les chiffres donnent le tournis: la société estime «la ressource potentielle de gaz non conventionnel récupérable jusqu’à 1274 milliards de m3, avec une estimation médiane de 396 milliards de m3», lit-on dans le résumé exécutif. En clair, Celtique pense être en mesure d’exploiter dans toute la chaîne jurassienne jusqu’à vingt-deux fois plus de gaz de schiste que de gaz naturel et, dans un scénario moins favorable, jusqu’à sept fois plus.

Afin d’estimer le potentiel des gisements de schiste situés dans l’étage de l’Autunien (Permien inférieur), particulièrement favorable à leur formation, et dans celui du Toarcien (Jurassique inférieur) de l’Arc jurassien, Celtique a compilé et recoupé toutes les données géologiques et sismiques existantes. Elles ont révélé que les gaz de schistes seraient probablement tout particulièrement répandus dans la partie centrale et nord du périmètre de ses concessions, où se situe précisément le projet du Cygne blanc. «Les gisements de schistes pourraient par conséquent fournir un avantage certain par rapport au potentiel du gaz conventionnel», lit-on.

Potentiel important à Noiraigue

Celtique--Le rapport ne donnant pas de chiffres précis concernant Noiraigue, nous sommes partis de l’hypothèse – théorique – que le gaz de schiste est au moins réparti équitablement sur l’ensemble de la superficie des concessions de Celtique. Sur cette base, nous avons estimé que le potentiel exploitable dans le sous-sol du Val-de-Travers pourrait s’élever entre 95 et 25-30 milliards de m3 dans un scénario conservateur, soit jusqu’à quatre fois plus que la quantité de gaz naturel annoncée (20-30 milliards de m3).

De toute évidence, Celtique n’entend pas, malgré son discours officiel, se contenter de prospecter le gaz naturel. Contrairement aux populations et aux autorités politiques concernées, les investisseurs attirés par ce marché potentiellement juteux sont, eux, informés en détail des vraies intentions de la firme. A noter que Celtique Energie Petroleum Ltd, ainsi que ses différentes filiales, sont dirigées par une poignée d’actionnaires privés à travers des sociétés dont le siège se situe dans les paradis fiscaux du Delaware (USA) et des Iles Caïmans (GB). complément à lire ici

celtique.-Permettre à Celtique de forer sur le plateau du Bugey, c’est ouvrir la porte à des forages dans la roche mère.
La technique à laquelle Celtique envisage de recourir pour forer les entrailles du plateau du Bugey si l’autorisation lui en était donnée nécessite une quantité ‘eau considérable pour mettre en pression le réservoir de la Chandelière Nord.
Le forage et l’exploitation de pétrole seraient polluants et dangereux (émission de CO2, transports lourd fréquent sur des routes départementales de montagne)
Les mirages fiscaux (redevances sur production) présentés par la Compagnie aux communes sont un véritable miroir aux alouettes puisque Celtique détient un permis de recherche et non une concession d’exploitation.
Les risques d’investissement reposent sur la population ; C’est elle qui paye l’eau et l’adduction, c’est elle qui paye les routes et leur entretien.

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DIMANCHE 9 JUIN 2013 – COMMUNIQUE DE PRESSE DES COLLECTIFS ET DES ASSOCIATIONS CONTRE LES GAZ ET HUILES DE SCHISTE ET DE HOUILLE

RÉSISTANCE SANS FRONTIÈRE: NON AUX PRATIQUES BRUTALES DE LA COMPAGNIE CHEVRON EN POLOGNE

Depuis le 3 juin, les paysans et habitants du village polonais de Zurawlow sont à nouveau confrontés à la multinationale américaine Chevron, qui, suite à une forte mobilisation de leur part, avait renoncé provisoirement, en mars 2012, à installer un puits de forage sur leur commune. Le réalisateur, Lech Kowalski avait d’ailleurs témoigné de cette lutte dans « la Malédiction du gaz de schiste », diffusé récemment sur la chaîne de télévision Arte.
occupy chevron poland june 2013Sous la protection d’agents de sécurité, et dans une très forte tension, Chevron a pris possession d’une parcelle située sur la concession de Grabowiec en vue d’y installer une clôture et de pratiquer à terme un forage sur place.
Selon les habitants, cette concession serait valable jusqu’au 6 décembre 2013 pour des tests sismiques seulement. L’autorisation pour des tests de forage a été annulée en Juin 2012. Chevron n’a donc aucune légitimité à effectuer ces travaux. (1)
Les habitants refusent ce forage visant des gaz de schiste qui pourrait conduire à la contamination de leur eau et de leurs terres ; lors des tests sismiques effectués précédemment sur place, des explosifs avaient été utilisés et avaient déjà provoqué une pollution de l’eau, devenue impropre à la consommation.
Un groupe de plus de 150 personnes occupe le terrain de Chevron 24 heures sur 24 pour empêcher ce projet et réclame le départ de la compagnie.Une des habitantes a été blessée par un véhicule de sécurité conduit par un chauffeur de Chevron, et a dû être hospitalisée.(1)
Chevron refuse la négociation et les autorités n’ont entrepris aucune action qui permettrait de résoudre ce conflit toujours en cours.
OccupyChevron picture from Andrzej BakLes collectifs français et les associations contre les gaz et huiles de schiste et de houille dénoncent les pratiques de la compagnie Chevron Polska et son mépris des populations dans un pays de droit européen. Ils exigent que cette compagnie américaine se plie aux lois en vigueur sur le territoire polonais.Ils expriment toute leur solidarité aux habitants et en particulier aux paysans de Zurawlow qui s’opposent légitimement à toute exploration et exploitation des gaz de schiste sur leur territoire.

Leur résistance est la nôtre, leur lutte transcende les frontières.

Nous soutenons avec force toutes ces luttes contre ces compagnies pétrolières et gazières qui détruisent, chaque jour un peu plus, les communautés et les territoires, que ce soit en Pologne et aux États-Unis, en Argentine et ailleurs.

NI ICI, NI AILLEURS – NI AUJOURD’HUI, NI DEMAIN !

(1) http://www.reporterre.net/spip.php?article4368

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SIGNATAIRES :
Collectif Basta ! Gaz Alès (30 Gard), Inter-collectif 22 septembre sud (30 Gard), Collectif Causse Méjean Gaz de schiste Non, (48 Lozère), Collectif Roquedur- Le Vigan (30 Gard), Collectif Rivières (30 Gard), Collectif Roynac ( 26 Drôme), Collectif Anduze (30 Gard), Collectif Les Mages AJC ( 30 Gard), Collectif 07 Ardéche (07 Ardèche), Collectif du grand valentinois (26 Drôme), Collectif petite Camargue et GDS Gardonnenque ( 30 Gard ), Association Stop au gaz de schiste-Non al gas d’esquist 47 ( 47 Lot et Garonne), Collectifs stop ghrm Isère 38 ( 38 Isère), Collectif stop gaz de schiste 69 ( 69 Rhône Alpes), Collectif du Narbonnais (11 Aude), CRI Nonville 77 ( 77 Seine et Marne), Collectif Non gaz de schiste Florac (48 Lozère), Collectif 91 non au gaz et pétrole de schiste (91 Essonne), Collectif Beaulieu (30 Gard), Collectif Rochegude (30 Gard), Collectif Barjac (30 Gard), Collectif Saint Jean de Maruejols (30 Gard), Collectif Vagnas (30 Gard), Collectif Bessas (30 Gard), Collectif Saint andré de Cruzières (30 Gard), Collectif Saint Sauveur de Cruzières (30 Gard), Collectif Saint privat de Champclos (30 Gard), Collectif Tharaux (30 Gard),Collectif Saint Victor de Malcap (30 Gard), Collectif Saint Etienne de Sermentin (30 Gard), Collectif Potelières (30 Gard), Collectif Hautes Cévennes (30 Gard), Collectif Auzonnet Cèze Gagnères (30 Gard), Écolectif Dégaze Gignac et Environs (34 Hérault), Association « netouchezpasauxenfants.com , Collectif citoyen Ile-de-France Non au gaz et pétrole de schiste, Collectif Garrigue- Vaunage (30 Gard), Collectif Briard-Nord Bourgogne, Non au gaz et pétrole de schiste 47 ( 47 Lot et Garonne), Collectif NPGDS du Bocage gâtinais, Collectif Romans Nord Drôme des collines,( 26 Drôme) Association No Gazaran. Collectif Stop-pétrole de schiste-Sud 77 (77 Seine et Marne).

Allemagne: Groupe antifracking http://www.gegen-gasbohren.de/

Alerte!  en Pologne ici                                                                           (!) Info minute revue de presse

On vous l’avait annoncé, ils l’ont fait !

Le rapport d’étape de l’OPECST (Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques) présenté le 6 juin 2013 propose de revenir sur la législation interdisant la recherche et l’extraction des gaz et huiles de schiste en utilisant la fracturation hydraulique. Compte tenu de la composition du Comité scientifique, représentant des intérêts industriels, qui était chargé de conseiller nos députés et sénateurs, le résultat était prévisible.

Bien entendu, il s’agit d’abord de « savoir ce que recèle notre sous-sol », ce qui nécessiterait quelques puits « avec tests de production … une vingtaine dans le bassin parisien et une dizaine à l’échelle de la France » dit le Rapport.  Une centaine avait dit M Besson de l’AIE (Agence internationale de l’énergie) lors de son audition par l’OPECST. Tiens, tiens…

En se fondant sur les « estimations sommaires » de la même AIE, qui se sont avérées largement surestimées en Pologne, et sur les prévisions de création d’emplois complétement fantaisistes du bureau d’étude SIA, MM Lenoir (sénateur UMP) et Bataille (député PS), avalisent toutes les contre-vérités véhiculées par les entreprises pétro-gazières.

Gaz-de-schisteSelon eux les techniques de forages et même de fracturation hydraulique sont parfaitement maîtrisées en France, puisqu’on y a réalisé plus de 6000 puits d’hydrocarbures en 70 ans dont 45 avec fracturations hydraulique. Ce n’est pas vraiment rassurant quand on pense que la production des 50 milliards de mètres cubes de gaz par an que nous consommons actuellement nécessiterait le creusement et la fracturation d’au moins 3600 puits chaque année : ce ne sont pas les mêmes ordres de grandeur ! Et avec une telle production, si elle s’avérait possible, on baisserait notre facture énergétique d’au plus 10% : on peut faire mieux et moins cher avec la promotion des énergies renouvelables.

Au passage les rapporteurs en profitent pour faire l’amalgame entre la fracturation hydraulique pour l’exploitation des hydrocarbures et celle pour la géothermie de grande profondeur, appuyant ainsi la QPC (Question prioritaire de constitutionnalité) posée par le pétrolier Schuepbach pour tenter de faire abroger la loi du 13 juillet 2011. Naïveté ou complicité ?

fracturation au chocolatQuant à leurs affirmations sur l’absence de pollutions aux États-Unis, elles ne peuvent tromper que ceux qui refusent de voir la réalité. D’ailleurs ils admettent implicitement la nocivité des produits utilisés, puisqu’ils parlent de « réduire la toxicité des additifs » en reconnaissant que ce sera « coûteux ». Et de nous proposer un fluide à base de produits ménagers (pas vraiment biologiques…) et d’additifs alimentaires à vous dégouter définitivement des jus de fruits et desserts industriels surtout avec glaçage au chocolat, en précisant toutefois que « son surcoût… limite son utilisation » !

Et puis Veolia ne demanderait qu’à produire puis retraiter l’eau de fracturation (sans garantie technique pour l’instant) pour la réutiliser, mais là aussi à quel coût ? Quand on sait que certains champs gaziers américains produisent aujourd’hui à des prix de revient inférieurs au prix du marché, et avec des techniques polluantes, à qui veut-on faire croire que les mêmes entreprises pourraient produire de façon plus propres chez nous avec un prix attractif ?

Et puis, cerise sur le gâteau, il suffirait de « faire bénéficier les collectivités locales et les propriétaires » d’une partie des retombées financières pour leur faire accepter l’inacceptable. Et bien non, messieurs nos parlementaires, cela ne suffira pas à nous faire avaliser la dégradation continue du climat, la pollution de nos ressources en eau et de notre air, la destruction de nos cadres de vie et la santé de nos enfants.

Et tant que notre Ministre de l’Ecologie maintiendra fermement sa position contre la fracturation hydraulique, renforcée par sa circulaire du 21 septembre 2012 interdisant l’exploration par sismique réflexion « dans les zones géographiques où cela ne peut être justifié par la recherche d’hydrocarbures conventionnels », nous serons à ses côtés.

Sur le même sujet:

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COMMUNIQUÉ DE PRESSE
DE COLLECTIFS CONTRE LES GAZ ET HUILES DE SCHISTE LUNDI 3 JUIN 2013

Jeudi 6 juin 2013 à 10h, l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques (OPECST) doit présenter à la presse son rapport d’étape sur les « techniques alternatives à la fracturation hydraulique pour l’exploration et l’exploitation des gaz de schiste ».

Les Collectifs contre les gaz et huiles de schiste ne peuvent que dénoncer cette approche qui vise à réduire le débat public à la dimension strictement technique des problèmes liés à l’exploration et l’exploitation des hydrocarbures non conventionnels. La question de l’opportunité même de l’exploitation de ces hydrocarbures semble déjà tranchée pour les rapporteurs MM. Jean-Claude Lenoir et Christian Bataille.

Les Collectifs craignent que ce document serve d’argument pour une remise en question de la loi du 13 juillet 2011 interdisant la fracturation hydraulique.

La question de l’opportunité de l’exploitation des hydrocarbures non conventionnels doit être abordée plus largement, notamment, en regard de l’impact sur le climat. L’exploitation et la consommation des ces ressources fossiles émettent des quantités importantes de carbone et de méthane (gaz à très fort effet de serre). Leur exploitation accélère dramatiquement le réchauffement climatique, une des raisons qui pousse une majorité de la population à la considérer comme inopportune..

Aux côtés du climatologue James Hansen, les Collectifs considèrent que ce serait un « crime contre l’humanité » de chercher à brûler toutes les ressources fossiles. La solution est de prendre en compte cette menace et de développer les énergies renouvelables dans un programme de transition énergétique les intégrant à la recherche d’une meilleure efficacité et d’une réduction de la consommation.

Contacts presse :

Rhône-Alpes : Antoine Combier : 04 75 36 72 83 – coordination@stopaugazdeschiste07.org
Ile de France : Isabelle Michaut : 06 86 16 23 35 – imichautpascual@orange.fr

Signataires :
Réseau Rhône-Alpes Stop au gaz et huiles de schiste Collectif 07 Stop au gaz de schiste Collectif 38 Stop au gaz de schiste Collectif stop gaz de schiste 69 Basta ! Gaz Alès NPGDS Bocage gâtinais Collectif Causse Méjean – Gaz de Schiste NON !
Collectif Citoyens du Narbonnais Non Gaz et pétrole de Schiste 11 Collectif Var Stop au gaz de schiste Collectif Roynac26

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Traduit par nos soins – Article de David Suzuki paru sous le titre Fracked Gas: A Bridge Fuel to Nowhere dans Ecowatch le 30.05.2013

david suzukiLa Colombie-Britannique[1] semble fonder ses espoirs (de développement) économiques sur le gaz naturel en grande partie obtenu par la fracturation hydraulique. Alors que le monde devrait être en train de faire sa transition des énergies fossiles vers les énergies propres et à la protection de l’environnement, nous sommes prêts à nous enterrer plus profondément dans le trou de carbone du changement climatique.

S’inspirant de la politique de liquidation du gouvernement de l’Alberta et du gouvernement fédéral, les dirigeants de la Colombie-Britannique veulent extraire les combustibles fossiles du sous-sol, les transporter vers la côte, les liquéfier et les expédier vers l’Asie ou partout où ils pourront trouver acheteur et aussi rapidement que possible. Il s’agit là d’un plan à court terme basé sur un mode de pensée révolue. À long terme, ce n’est bon ni pour l’économie ni pour l’environnement.

torchage gazQue les politiciens imaginent que les ressources en combustibles fossiles soient infinies ou qu’ils ne puissent penser qu’en fonction de la prochaine échéance électorale, ils vendent notre avenir et laissent un héritage désastreux pour nos enfants et petits-enfants. Pour commencer, le gaz naturel n’est pas la solution d’énergie propre telle qu’elle est souvent présentée. Selon lInstitut Pembina[2] , si seulement cinq des 12 terminaux de GNL[3] proposés étaient construits sur la côte de la Colombie-Britannique, ils pourraient cracher 63 millions de tonnes de carbone par an dans l’atmosphère ce qui dépasse le volume actuellement produit par l’exploitation des sables bitumineux de l’Alberta et qui l’équivalent de la totalité des émission de gaz à effet de serre de toute la Colombie-Britannique en 2010. Les composés organiques volatiles et les particules rejetées dans l’atmosphère seraient également de nouvelles sources importantes de pollution.

La liquéfaction du gaz pour l’exportation, qui nécessite d’énormes quantités d’énergie, n’est pas la seule source de gaz à effet de serre. Les fuites -ou ce que l’industrie appelle les « émissions fugitives« – au cours des forages, de l’extraction et du transport sont également des préoccupations. Bien que le ministère de l’Environnement de la Colombie-Britannique affirme que de 0,3 à 0,4 pour cent du gaz s’échappe dans l’atmosphère, des études indépendantes indiquent que c’est en fait de nombreuses fois ce montant.

Selon un article paru dans la revue Nature, des scientifiques de l’US National Oceanic and Atmospheric Administration et l’Université du Colorado  ont trouvé que les fuites de méthane -un gaz à effet de serre 20 fois plus puissant que le dioxyde de carbone- représentent quatre à neuf pour cent de la production totale dans deux champs gaziers aux États-Unis[4].

Même les retombées économiques de ces projets de GNL dans la province peuvent être mises en doute. De nombreux analystes s’attendent à un ajustement des prix, et lexpert en GNL Peter Hughes disait à la CBC News que la manne espérée était un «vœu pieux», car la Colombie-Britanique sera en concurrence avec les producteurs d’autres pays et régions comme le Qatar, l’Afrique de l’Est et l’Australie. Et la majeure partie de cet argent ne bénéficierait même pas à la Colombie-Britannique, puisque de nombreuses compagnies gazières sont originaires d’autres provinces ou étrangères. Quant aux emplois, l’extraction du gaz naturel , son transport et sa production en créent relativement peu en comparaison de tous les autres secteurs de l’économie, y compris le tourisme, les sciences et la technologie, les soins de santé, l’éducation et les petites entreprises.
 
En plus de cela, la fracturation hydraulique – l’injection d’eau, de sable et de produits chimiques à haute pression dans le sol pour éclater le schiste et libérer le gaz naturel- a bien d’autres conséquences environnementales. Elle exige d’énormes quantités d’eau, contamine l’eau potable, endommage l’habitat et les écosystèmes et provoque même des micro-séismes !

En plus de voir le gaz naturel comme une panacée économique, certains estiment qu’il pourrait s’agir d’un « carburant de transition « , quelque chose de plus propre que le pétrole ou le charbon à utiliser tandis que nous ferions la transition vers les énergies renouvelables. Il s’agit-là d’une transition pleine de danger, et le subventionnement et l’investissement dans l’extraction et les infrastructures de gaz naturel sans véritable engagement à nous sevrer du pétrole, du charbon et du gaz nous maintient sur la voie des énergies fossiles et décourage les investissements dans l’énergie propre et la protection de l’environnement.

L’industrie s’appuie également sur l’argent des contribuables pour subventionner, par l’impôt et des cadeaux fiscaux, la fourniture de l’eau, les routes ainsi que les énormes quantités d’énergie nécessaires pour liquéfier le gaz. Et les « émissions fugitives » provenant de l’exploitation du gaz sont exonérées de la taxe carbone. Si nous sommes vraiment en «transition» pour réduire les énergies fossiles, pourquoi subventionnerions-nous les coûts en carbone des entreprises?

Il est temps d’investir notre argent et nos ressources humaines dans des idées novatrices à long terme qui permettront de créer de bons emplois durables et assurer que nous, nos enfants et nos petits enfants continueront de jouir d’une vie saine et prospère tandis que notre magnifique environnement sera protégé. Nous avons d’abondantes ressources renouvelables et les possibilités d’économiser l’énergie et de montrer la voie dans le développement de l’énergie propre. Il est temps d’aller de l’avant.

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A propos de l’auteur : Le Dr. David Suzuki est un scientifique, animateur radio, auteur et co-fondateur de la Fondation David Suzuki . Il est Compagnon de l’Ordre du Canada et récipiendaire du Prix Kalinga pour la science, de la médaille du Programme pour l’Environnement des Nations Unies, le Right Livelihood Award 2009 et du Global 500 de l’UNESCO. M. Suzuki est professeur émérite à l’Université de la Colombie-Britannique à Vancouver et détient 27 diplômes honorifiques d’universités du monde entier. Il est connu des téléspectateurs comme animateur de l’émission de télévision de la CBC The Nature of Things, ainsi que des auditeurs ; il fut à l’origine de l’émission Quirks and Quarks de CBC Radio, ainsi que de la série plébiscitée It’s a Matter of et From Naked Ape to Superspecies. Son œuvre écrite comprend plus de 52 livres, dont 19 pour les enfants. Dr. Suzuki vit avec sa femme, le Dr Tara Cullis, et sa famille à Vancouver, Colombie-Britanique


[1] Ndt : La Colombie-Britannique, est la plus occidentale des provinces canadiennes
[2] Ndt : Plus d’information sur l’Institut Pembina ici
[3] Ndt : GNL : Gaz naturel liquéfié
[4] Ndt : Voir également à ce sujet Comment une nouvelle étude remet sérieusement en cause l’affirmation selon laquelle le gaz naturel est un carburant propre et  Les fuites de méthane lors de la production peuvent annuler les avantages climatiques du gaz naturel.

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« Les syndicats tous unis pour défendre les gaz de schiste » titre le quotidien gratuit 20 minutes dans son édition du 29 mai. De quoi s’inquiéter !

les syndicats pour le gaz de schisteMais 20 minutes n’est pas à une approximation près : «les» syndicats en question sont les mêmes –tiens, tiens- que ceux qui ont signé le fameux accord ANI qui détricote le code du travail pour permettre à ceux qui ont (encore) un emploi de travailler plus pour gagner moins avant de perdre leur travail pour de bon. On y retrouve, à côté des syndicats patronaux (MEDEF, CGPME et UPA), la même brochette de syndicats collaborationnistes : CFDT, CFTC et CFE-CGC. Les «poids lourds» du syndicalisme n’y sont pas ! Ouf !

Mais comment ces syndicats-là, même minoritaires, justifient-ils l’injustifiable ?

D’abord par l’amélioration de la balance commerciale et de l’indépendance énergétique du pays. Les experts du MEDEF n’ont-ils donc pas expliqué aux syndicalistes que, selon le rapport des ingénieurs généraux des mines du CGEIET[1] (Conseil général de l’économie, de l’industrie, de l’énergie et des technologies), lesquels ne sont pas des opposants à l’extraction, l’exploitation des gaz et huiles de schiste permettrait au mieux d’assurer la moitié de notre consommation actuelle de gaz naturel pendant 25 ans ? Soit en fait moins de 10% des hydrocarbures que nous importons aujourd’hui : pas négligeable en montant, mais on pourrait faire bien mieux avec des économies d’énergie. Rien non plus à espérer avec de tels volumes en termes de prix de l’énergie en Europe, c’est la Commission européenne qui le dit[2]. Quant à l’indépendance énergétique, on en resterait bien loin !

L’autre argument, « décisif » pour ces syndicalistes, ce sont les emplois créés. Il est vrai que le bureau d’études SIA a affirmé que l’exploitation des gaz de schiste pourrait créer 100 000 emplois en France. Cette évaluation, largement relayée par la presse dominante, est fondée sur des données américaines[3] (volontairement ?) mal interprétées, et s’avère malheureusement plus que fantaisiste[4][5]. Les ingénieurs du CGEIET estiment, dans le même rapport, ces extrapolations inappropriées et chiffrent à «quelques centaines» les emplois (précaires et peu qualifiés pour la plupart) à espérer. Et il faudrait aussi chiffrer les destructions d’emplois dans l’agriculture et le tourisme qu’induirait l’industrialisation massive des régions concernées…Et que dire du coût sanitaire et environnemental qui en résulterait, et viendrait plomber la sacro-sainte quête de compétitivité ?

Y- aurait-il eu «un peu» d’intoxication de la part du patronat envers des syndicalistes naïfs ? Ou d’autres intérêts communs inavouables ? Nous ne doutons pas de la réaction indignée de la CGT, de FO et de SUD qui devraient rapidement dénoncer cette assimilation de quelques syndicats minoritaires à TOUS les syndicats français. Nous attendons aussi avec impatience, mais un peu moins de certitude pour certains d’entre eux, leur prise de position contre la recherche et l’exploitation de ces hydrocarbures non conventionnels, nocifs pour l’environnement immédiat, le climat planétaire et l’économie, tant française que mondiale.

JC


[1] Les hydrocarbures de roche-mère en France – Rapport du Conseil Général de l’industrie, de l’énergie et des technologies  et du Conseil Général de l’environnement et du développement durable – février 2012
[2] Unconventional gas : potential energy market impact in the European Union –  European Commission Joint Research Centre – 2012
[3] Marcellus shale workforce needs assessment – Marcellus shale education and training centre – juin 2009
[4] Gaz de schiste: SIA et les 100 000 emplois bidons – Octobre 2012

[5] Trois questions à Thomas Porcher – Agir pour l’environnement 2 Mai 2013

« Réinventer la croissance , agir ensemble pour une dynamique économique« , MEDEF, CGPME, UPA, CFDT, CFTC, CFE-CGC mai 2013 : les pages où l’on évoque les gaz de schiste

 

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De Thomas Porcher – publié ici avec l’accord de l’auteur – Initialement publié dans Le Monde

A en croire l’Agence internationale de l’énergie (AIE), la production du pétrole non conventionnel (huiles de schiste, sables bitumineux) en Amérique du Nord devrait bouleverser la donne mondiale et créer un « choc d’offre » sur le marché pétrolier. Selon ses prévisions, les États-Unis deviendront le premier producteur de brut entre 2017 et 2020, et exportateur net en 2030.

Par conséquent, l’augmentation de la production américaine de pétrole entraînerait un déplacement du centre de gravité mondial de la fourniture d’énergie du Moyen-Orient aux États-Unis et redistribuerait les cartes au niveau géopolitique.

Pourtant, il y a déjà eu dans le passé un changement structurel de l’offre mondiale de pétrole, similaire à celui du développement des pétroles non conventionnels aujourd’hui, et il n’a pas amené de changements majeurs dans la géopolitique mondiale de l’or noir.

Dans les années 1970, pendant les chocs pétroliers, les États-Unis et l’Europe, durement frappés par la hausse des prix du brut, ont incité leurs compagnies pétrolières à se lancer dans des programmes d’exploration-production dans des pays n’appartenant pas à l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP). C’était notamment le cas d’Elf pour la France, qui a développé principalement sa production en Afrique. Le but était de diversifier les sources d’approvisionnement et in fine d’affaiblir le pouvoir de marché de l’OPEP.

L’offre de pétrole au niveau mondial s’est mise à augmenter et la part de l’OPEP est passée de 55 % en 1973 à moins de 30 % en 1985. La structure de l’offre mondiale ressemblait fortement à celle anticipée. Pourtant, la donne pétrolière au niveau géopolitique n’a, à l’époque, pas fondamentalement changé.

Car ce qui a toujours conféré à l’OPEP un rôle géopolitique majeur au niveau mondial est le fait d’être la seule organisation capable de jouer le rôle de swing supplier, de producteur capable de remplacer la production de tout autre pays qui viendrait à manquer. Or, pour devenir swing supplier, il faut certes une production supérieure à sa consommation intérieure, mais surtout en avoir la volonté politique, c’est-à-dire s’imposer de contraindre ses exportations de pétrole par des quotas afin de disposer de marges de production immédiatement mobilisables.

Par exemple, en 2012, l’OPEP a produit 30 millions de barils par jour (b/j) contre 24,4 millions entre 2009 et 2011, alors qu’elle avait une capacité estimée à 35,45 millions de b/j. Or, la plupart des pays hors OPEP produisent à pleine capacité et ne disposent pas de marges de production suffisantes et directement mobilisables pour exercer un pouvoir sur le marché. Dès lors l’OPEP, avec sa capacité excédentaire, acquiert un rôle majeur dans la géopolitique mondiale du pétrole.

Volonté politique

En mars 2011, pendant les révoltes arabes, la production de la Libye a chuté de 80 %, et la hausse de celle de l’OPEP (notamment Arabie saoudite, Koweït, Emirats arabes unis et Nigeria) a permis d’éviter une pénurie. Jamais la Russie, bien que premier producteur mondial de pétrole avec 10,3 millions de b/j, ni l’ensemble des pays non-OPEP, qui représente pourtant 60 % de la production mondiale, n’ont tenu ce rôle de producteur d’appoint. Car sans marges de manœuvre et sans action collective, le niveau ne signifie pas grand-chose. C’est bien la volonté politique qui confère à un pays pétrolier un rôle géopolitique majeur.

le mirage du gaz de schisteOr, la croissance exponentielle du nombre de puits aux États-Unis – 190 nouveaux puits par jour en moyenne ces sept dernières années – semble plus répondre aux choix non coordonnés des compagnies exploitantes qu’à une quelconque volonté politique de maîtrise de la production. Dans ces conditions, il est à parier que même si les États-Unis augmentent fortement leur production, ils ne deviendront pas le centre de gravité mondial de l’énergie, car, en cas de tensions géopolitiques, d’incertitude sur un pays producteur ou de flambée des prix du brut, la seule organisation capable de modifier significativement l’offre mondiale de pétrole restera l’OPEP.

Thomas Porcher (Professeur à l’ESG-MS, auteur du livre Le Mirage du gaz de schiste (éd. Max Milo 64 pages 4,90 Euro))

(!) Info minute revue de presse

Article de Nora Eisenberg traduit par nos soins initialement publié par AlterNet le 27 mars 2013 en partenariat avec GlobalPossibilities.org

Les fuites dans les systèmes de production et de distribution de gaz peuvent engendrer des niveaux de gaz à effet de serre plus élevés que les autres combustibles fossiles comme le charbon et le pétrole.

gaz-pipelineLa semaine dernière (ndt en mars 2013), les enquêteurs qui étudient les niveaux de fuite de méthane dans Manhattan ont communiqué des résultats préliminaires alarmants. L’industrie du gaz et Con Edison[1] estiment à 2,2% le niveau de fuite dans ses réseaux de distribution et à une fuite alors que, selon le Fonds pour la Défense de l’environnement (Environmental Defense Fund), au-dessus de 3,2%, le gaz naturel cesse d’avoir un avantage climatique par rapport aux autres combustibles fossiles. Mais l’étude a révélé un taux de fuite cumulatif de plus de 5%  lors de la production et de la livraison de gaz naturel. À ces niveaux, le gaz naturel –composé à 93% de méthane – a un effet de serre beaucoup plus puissant que le charbon ou le pétrole brûlé, ont déclaré les auteurs de cette étude.

« Ces rapports offrent l’analyse la plus rigoureuse des taux de fuite à ce jour« , a indiqué à Alternet Al Appleton, ancien commissaire du Département de la Protection Environnementale de la ville de New-York, « ce qui représente une réalité préoccupante pour l’environnement. » L’étude a été menée par Gas Safety Inc de Southborough, Massachusetts, pour Les Citoyens de Damas pour le développement durable (DCS) , une organisation environnementale de la Haute Vallée du Delaware qui a été à la pointe de l’activité anti-fracking dans la zone du Marcellus Shale[2].

Lors de la combustion, le gaz naturel de méthane produit du CO2, mais à un taux deux fois moindre que le charbon ou le pétrole, ce qui a contribué à la réputation du gaz naturel comme étant le combustible fossile le plus propre. Dans l’atmosphère, cependant, le méthane (CH4), composant principal du gaz naturel, est un puissant gaz à effet de serre , qui comme le CO2 absorbe le rayonnement infrarouge de la Terre et contribuant au réchauffement de la planète. En effet, ramené en poids et au fil du temps (100 ans), le méthane réchauffe 20 fois plus que le dioxyde de carbone.

Gas Safety, Inc. a enregistré les données sur les émissions réelles au cours d’un déplacement de plus de 250 kilomètres dans les rues de Manhattan. Le système de mesure de fuites utilisé comprenait un spectromètre[3] combiné avec un système GPS et un système de contrôle par ordinateur. Installé dans un véhicule équipé d’une durite de prélèvement d’air montée sur le pare-chocs arrière, (avec l’orifice d’entrée orienté vers le bas à environ 30 centimètres au-dessus de la surface de la chaussée, et l’antenne GPS sur le toit), le dispositif mesure et enregistre les niveaux de méthane dans l’air au-dessus de la chaussée avec une précision de quelques parties par milliard environ quatre fois par seconde. Le système GPS embarqué enregistre simultanément l’emplacement de l’instrument lors de l’échantillonnage. L’enquête a révélé de nombreuses fuites, certaines importantes, et peu à des niveaux de méthane acceptables.

Selon le Dr Bryce Payne, l’un des auteurs du rapport, « La fuite de méthane dans le système desservant New York à travers ConEd est probablement déjà à un niveau où les fuites de méthane ont autant ou plus d’impact sur le climat que le reste de gaz (environ 95%) qui est réellement brûlé par les consommateurs à New York. » Le rapport indique que « la perte de seulement quelques pour cent de gaz pendant la production, le transport, la distribution et l’utilisation est d’une importance capitale pour la gestion et la planification présentes et futures des systèmes nationaux et internationaux d’approvisionnement et d’utilisation ».

fracking marcellus ShaleLa mise en œuvre de la fracturation hydraulique à grande échelle dans les profonds gisements de gaz de schiste rend le gaz naturel non seulement abondant mais relativement peu cher, avec à présent près d’un tiers de l’électricité de la nation produite au gaz. La conscience nationale sur les dangers de la fracturation hydraulique – qu’il s’agisse de la contamination des eaux souterraines, de la pollution atmosphérique, des tremblements de terre, de la dévastation du paysage et de l’effondrement de la valeur du patrimoine immobilier- a littéralement explosé, laissant l’industrie et le gouvernement assurer dans la précipitation que la fracturation est sans danger.

L’industrie pétrolière a tenté de réfuter les allégations de migration de méthane montrée illustrée de manière spectaculaire par un robinet de cuisine enflammé dans le film documentaire Gasland. Et plus récemment[4] le méthane dans des contextes autres que celui de la fracturation hydraulique a commencé à faire l’objet d’une surveillance[5] .

L’étude des émissions fugitives de gaz naturel à Manhattan a été réalisée par DCS afin d’améliorer la compréhension de la relation entre la distribution du gaz et le changement climatique. Les résultats préliminaires de l’étude suggèrent qu’en raison de fuites généralisées lors de son extraction son transport et de sa livraison, l’empreinte carbone du gaz naturel est vaste et en pleine croissance. « Beaucoup ont vu dans le gaz naturel un carburant de transition vers les énergies renouvelables du futur», indique Barbara Arrindell de DCS à Alternet, « mais ce nouveau rapport confirme qu’il s’agit en fait d’une voie dangereuse vers nulle part».

A propos de l’auteure: Le travail de Nora Eisenberg fait l’objet de publication dans Village Voice, Tikkun, le Los Angeles Times, the Nation et le Guardian britannique. Son dernier roman, “When You Come Home” (Curbstone, 2009 explore l’héritage de la guerre du Golfe de 1991.


[1] Ndt : Con Edison est un fournisseur de gaz dans la ville de New York
[2] Ndt : Le Marcellus Shale, un des plus gros gisements de gaz de schiste identifié et exploité dans le Nord des États-Unis
[3] Voir la description technique en anglais ici
[4] Le Gaz Naturel et le déversement invisible: combien de méthane atteint l’atmosphère?
[5] Les fuites de méthane érodent les qualités écologiques du gaz naturel