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(!) Info minute revue de presse

Traduction libre par nos soins de l’article paru sous le titre Fracking Economics Revealed as Shale Gas Bubble, Not Silver Bullet dans EcoWatch le 23 mai 2013

Alors que plusieurs projets de loi sur l’activité liée au gaz naturel sont en attente dans l’Etat de New York, aujourd’hui, les élus ont été informés sur les recherches qui en révèlent ses limites économiques.

Drill Baby DrillOrganisé par la campagne des citoyens pour l’environnement , Earthworks, Energy Policy Forum, Environmental Advocates of New York, Frack Action et le Post Carbon Institute , le briefing a porté sur deux tout nouveaux rapports publiés au printemps. En résumé, les analyses scientifiques et financières indiquent que les avantages à moyen et à long terme de l’exploitation du gaz de schiste peuvent-être une illusion plus semblable à la bulle immobilière qu’au miracle économique promis par l’industrie du gaz.

Les rapports, Drill Baby Drill[1]  du géologue spécialiste du charbon et du gaz David Hughes et Shale and Wall Street  (Le schiste à Wall Street)  de l’analyste financier Deborah Rogers évaluent la viabilité économique du boom du pétrole et du gaz de schiste qui balaye l’Amérique et pourrait toucher New York par la fracturation des bassins schisteux de Marcellus et de l’Utica. Ils offrent une analyse approfondie et une mise à jour des données sur plus de 60.000 puits de pétrole et de gaz ainsi qu’un examen complet de la situation financière des principales entreprises actuellement impliquées dans l’exploitation locale de ces énergies fossiles.

Ensemble, les auteurs concluent que plutôt que d’offrir à la nation un siècle d’énergie pas cher et la prospérité économique, le fracking (la fracturation hydraulique) fournira seulement une décennie de gaz et d’abondance de pétrole, tout au plus, et la création d’une nouvelle bulle financière fragile qui est déjà en train de se dégonfler. Les autres conclusions des recherches discutées lors de cette réunion d’information sont les suivantes:

  1. Les booms du gaz et du pétrole de schiste ont été survendus. Selon les données de production des puits disponibles dans de nombreux États, les réserves de gaz de schiste et de pétrole de schiste ont été surestimées par les opérateurs de 400 à 500 pour cent.
  2. En coulisses Wall Street a joué un rôle clé en surévaluant le boom du schiste par le biais de fusions et acquisitions et des frais transactionnels, selon les mêmes principes observés dans le boom immobilier qui a conduit à la crise financière.
  3. La productivité élevée dans les gisements schisteux est rare. Cinq gisements de gaz et deux gisements de pétrole représentent à eux seuls 80 pour cent de la production de ces sources d’énergie, et alors même que les zones les plus productives de ces principaux gisements constituent de relativement petites «zones»[2].
  4. Les taux de récupération sont déjà en déclin dans de nombreux sites d’exploitation de schiste. Les taux élevés d’investissements par puits nécessaires au maintien de la production signifient que la production de gaz de schiste américain a peut-être déjà atteint son apogée et le maintien de la production exigera un taux élevé de forages coûteux et potentiellement non rentables.

Marcellus déclin de production « L’exploitation des gaz et pétrole de schiste a toujours été présentée à New York et dans le pays comme un moyen de générer des retombées économiques et la création d’emplois, avec un risque limité d’impacts environnementaux et de santé publique« , explique Deborah Rogers. « Mais les chiffres ne mentent pas. Dans toutes les régions où l’exploitation du gaz de schiste a lieu, aucune stabilité économique n’a été prouvée alors que la dégradation de l’environnement et ses conséquences, elles, sont bien réelles « .

« Sur la base de notre recherche et de ce qui apparaît de plus en plus évident sur ces sites d’exploitation de gaz et de pétrole, un nouveau dialogue sur l’énergie est clairement nécessaire au niveau national et dans les États comme New York, » indique David Hughes. « Étant donné le potentiel existant, ses limites ainsi que les coûts financiers et environnementaux de cette énergie que l’industrie et ses promoteurs au niveau gouvernemental vantent comme une panacée, il sera tout simplement impossible d’atteindre « l’indépendance énergétique » en forant et en fracturant à tout va.« 


[1] La phrase anglaise « Drill, baby, drill! » , qui peut être traduite en français par « Fore, chéri, fore ! », est un slogan de campagne du parti républicain pendant l’élection présidentielle de 2008 aux États-Unis. Ce slogan exprime le soutien de ce parti à l’intensification des forages pétroliers en vue d’augmenter les ressources en énergie

[2] Notre suggestion : lire ou relire Gaz de schiste la naissance de Frankenstein première partie et deuxième partie l’interview du Dr Anthony Ingraffea sur l’invraisemblable mitage du paysage,  l’occupation des terres agricoles et les conséquences sociale, sanitaires et environnementales.

(Re)Lire également : Gaz de schiste les nouveaux subprimes Sylvain Lapoix

Chez votre libraire, demandez Le Mirage du Gaz de schiste Thomas Porcher. Que se passerait-il si la France décidait d’exploiter son gaz de schiste ? Y aurait-il des créations d’emplois, une baisse du prix de l’énergie ou un retour de la compétitivité ? Accéderions-nous au Graal de l’indépendance énergétique ? Thomas Porcher propose une étude inédite sur les conséquences d’une ouverture législative à une telle exploitation. En s’appuyant sur l’expérience américaine et en prenant en compte les spécificités juridiques et économiques de la France, il vient contrebalancer point par point une information largement dominée par les lobbies et apporte des réponses cruciales en plein débat sur le gaz de schiste en France.
Thomas Porcher est docteur en économie, professeur en marché des matières premières à l’ESG-MS et chargé de cours en économie internationale à l’université Paris-Descartes. Ces analyses sur l’énergie ont été reprises dans plusieurs rapports du gouvernement et de l’Assemblée nationale.

stop fracking

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Le Conseil économique, social et environnemental régional Rhône-Alpes (CESER-RA) dans son projet de contribution intitulé « Rhône-Alpes: la transition énergétique au service de la performance économique et sociale » remet sur le tapis la possibilité de la recherche de gaz et pétrole de schiste. Faisant fi de la délibération du Conseil régional de février 2011, le Conseil économique, social et environnemental régional Rhône-Alpes préconise « d’une part pour les gaz et huile de schiste, que le Bureau de recherches géologiques, minières (BRGM) effectue un recensement cartographique des ressources potentielles et leurs conditions d’exploitation, d’autre part de laisser ouverte et d’encourager la recherche afin d’explorer d’autres voies d’extractions visant à maîtriser les risques (notamment sanitaires et environnementaux) »[1].

 Appelons un chat un chat : au cours des auditions des pétrogaziers réalisées par l’OPECST le 18 avril dernier[2]  Christian Besson de l’Agence Internationale de l’Energie a évalué à  une centaine le nombre de forages nécessaires pour savoir de quelles ressources on se prive par « obscurantisme » et tous les participants ont confirmé qu’il n’y avait pas aujourd’hui d’alternative à la fracturation hydraulique que nous devrions d’ailleurs appeler de son vrai nom : fracturation « hydro-chimique » Donc le souhait du CESER est bien de voir réaliser une centaine de forages suivis de fracturation hydraulique.

Les collectifs opposés à la recherche et l’exploitation de gaz et huile de schiste pointent que de telles recommandations sont en parfaite contradiction avec la position adoptée par le Conseil Régional Rhône-Alpes depuis 2010 et confirmée dans sa délibération de février 2011 qui exprime son « opposition à toute exploration / exploitation de gaz de schiste sur son territoire »[3]. De-même, de telles propositions formulées par le CESER vont à l’encontre de la volonté exprimées par des milliers de citoyens depuis plus de deux ans dans l’ensemble des départements de Rhône-Alpes alors qu’une multitude de permis de recherche d’hydrocarbure avait été délivrée sans consultation de la population et de ses représentants. Qui plus est, dans la région dont les sites classés SEVESO sont les plus nombreux !

 « Cette histoire de gaz de schiste que les industriels veulent remettre de force sur le tapis démontre par elle-même les dangers de son exploitation » indique Jean-Louis Choppy un des porte-parole du collectif stop au gaz de schiste 07. « Donnez l’autorisation de forer (ce qui est une nécessité lorsqu’on parle de recherche) et vous ne pourrez pas maîtriser les fuites de gaz comme on le constate en Amérique du Nord». « Un recensement des ressources non conventionnelles nécessiterait des forages suivis de fracturation hydraulique (qui ne seraient pas réalisés par le BRGM qui n’en a pas les moyens, mais par des entreprises privées) et souvent pour notre région dans de fragiles zones karstiques que le BRGM[4] proposait d’ailleurs d’exclure des zones de recherche !», renforce Jacques Cambon hydrologue et coprésident du collectif des pays de Savoie et de l’Ain concerné par deux permis de recherche et trois demandes toujours non rejetée par l’administration.

Si la loi interdisant la fracturation hydraulique votée avant les élections de 2012 a freiné les projets de forage, la remise en cause de la légalité du texte (par des compagnies qui s’étaient vues octroyer des permis en toute discrétion[5]) voté par le législateur en 2011 est une des failles d’un dispositif de protection environnementale et sanitaire que les industriels et certains investisseurs veulent faire voler en éclats. En Rhône-Alpes[6] seulement deux permis de recherche d’hydrocarbure on été abrogés, quatre sont actifs ; quatre demandes ont été rejetées (le sont-elles définitivement ?) et trois sont toujours en cours d’instruction.

Ce que François Hollande lors de l’ouverture de la conférence environnementale le 14 septembre 2012 affirmait vouloir interdire sur le territoire national tout au long de son quinquennat, l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques (OPECST)[7] le remet déjà en cause à travers l’examen de supposées « techniques alternatives à la fracturation hydraulique pour l’exploration et l’exploitation des hydrocarbures non conventionnels », techniques dont l’inexistence a été confirmée lors de la première audition . Si les préconisations de l’OPECST et du lobby des ingénieurs des mines et du MEDEF  sont appuyées par les CESER de diverses régions, cela donnera l’impression qu’il existe un consensus, voire une volonté générale d’aller forer. Et tout ça pour tenter de sortir à grand frais quelques hydrocarbures dont l’intérêt économique est loin d’être prouvé alors que la recherche est à la peine pour financer le développement des énergies propres et renouvelables, seules à même de prolonger la survie de l’espèce humaine dans un environnement sain.


[1]           Pages 59 et 60 du projet de contribution paragraphe 5.2.2

[2]           www.journaldelenvironnement.net/article/l-alternative-a-la-fracturation-hydraulique-la-fracturation-hydraulique,34250

[3]           Délibération du Conseil Régional Rhône-Alpes 24 et 25 février 2011 : « UNE ÉCORÉGION PRÉSERVÉE SANS EXPLOITATION DE GAZ DE SCHISTE »

 [4]           Rapport Final BRGM RP-60312-FR  Septembre 2011

[5]             Gaz de schiste : l’interdiction de la fracturation hydraulique est-elle constitutionnelle ? http://www.actu-environnement.com/ae/news/loi-fracturation-hydraulique-recours-qpc-conseil-etat-18276.php4

[6]                      http://www.sghds-ra.org/  « PERMIS ET DEMANDES DE PERMIS DE RECHERCHE D’HYDROCARBURES »

[7]                      http://www.senat.fr/opecst/saisine.html Saisine n° 2012-06 : « les techniques alternatives à la fracturation hydraulique pour l’exploration et l’exploitation des hydrocarbures non conventionnels »

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Introduction à l’article d’Alain Campiotti publié le 19-05-2013 sur Bilan.ch

La révolution des hydrocarbures non conventionnels a touché la Suisse. Le Jura et le Plateau sont des zones de prospection. Mais la technique fait peur. Enquête. 

Sur la carte, c’est un petit rectangle blanc. Vu de près, c’est un chantier en sommeil auquel les promeneurs qui marchent vers la réserve naturelle des Grangettes prennent à peine garde. Une bataille de l’énergie se livre là, qui a pour toile de fond la révolution mondiale des hydrocarbures non conventionnels.

noville_022_puit_forageA deux kilomètres de Villeneuve, entre Noville et le Léman, le rectangle blanc coiffe un puits de 4300  mètres qui descend en arc sous le lac, à 3500  mètres de profondeur. La roche qui a été ramenée de si loin montre la présence de gaz naturel emprisonné dans une épaisse couche de grès sous l’anticlinal au large de Clarens.

Beaucoup de gaz? «Oui, dit avec malice Philippe Petitpierre. Entre zéro et vingt-cinq années de consommation suisse, mais plus près de vingt-cinq ans…»

Petitpierre, en Suisse romande, est le prince du gaz: tous les fils de cette industrie semblent conduire à lui. Entre autres casquettes, il dirige les opérations de Petrosvibri, l’entreprise qui a foré sous le Léman. Ce printemps, il parle par ellipses prudentes, parce que la passe est délicate. Ses actionnaires diront dans quelques semaines s’ils sont prêts à envisager l’exploitation du trésor gris sous le lac bleu.

Or, venant en majorité des Services industriels genevois, lausannois et d’autres, ils font plutôt la moue devant le pactole promis. Pourquoi? A cause de ce gros mot qui fait peur aux politiques: fracturation.

carte_shistesuisse_2Les voisins des Grangettes avaient été les premiers à s’inquiéter, au moment du lancement du projet, il y a cinq ans. Petrosvibri avait fait valoir un investissement de près de 8 millions dans des travaux préparatoires de protection du site, ce qui avait amené Pro Natura à retirer son opposition. Le gérant de la réserve, Olivier Epars, qui est aussi député vaudois Vert, a encore récemment interpellé le Conseil d’Etat. 

Les écologistes comme lui reçoivent toute nouvelle découverte de source d’énergie fossile comme une malédiction: c’est chaque fois un obstacle, ou un détour sur le chemin du renouvelable. Si vraiment le gaz non conventionnel du Léman doit être exploité, ils demandent des garanties absolues sur les techniques qui seront employées.

Or la technique connue, la fracturation hydraulique abondamment utilisée outre-Atlantique, les gouvernements romands n’en veulent pas, les Fribourgeois et les Vaudois l’ont déjà fait savoir.

«Ce qui s’est passé aux Etats-Unis, c’est le catalogue de tout ce qu’il ne faut pas faire!», admet Jon Mosar, professeur de géologie à l’Université de Fribourg, l’un des meilleurs connaisseurs du sous-sol suisse. La faute à George Mitchell?

Ce pétrolier texan, à la fin du siècle dernier, a dépensé beaucoup de millions – et de subventions fédérales – pour développer des techniques et des instruments capables d’arracher au sous-sol les hydrocarbures insaisissables.

Le pétrole et le gaz (conventionnels) que nous consommons sont puisés dans des structures volumineuses: on plante une paille, et on suce. Mais des quantités plus importantes de résidus précieux (non conventionnels) sont emprisonnées dans des roches plus profondes, schiste, grès, etc.

La fracturation hydraulique, qui permet de libérer ce gaz ou ce liquide en fissurant la roche, est connue depuis longtemps; elle est couramment utilisée en géothermie.

Mais quand le prix des hydrocarbures était bas et la technique rudimentaire, l’exploitation non conventionnelle n’avait aucun sens économique. Ce que Mitchell a apporté, au moment où les cours prenaient l’ascenseur, c’est la maîtrise, à grande profondeur, du forage horizontal le long de la couche de schiste ou de grès gorgée d’hydrocarbures.

Le puits est alors rempli d’un mélange d’eau, de sable et de produits chimiques sous une pression telle que la roche se fissure; le sable – ou de petites billes de verre – maintient les failles ouvertes; les produits chimiques aident au forage et stimulent l’écoulement des hydrocarbures libérés.

1.               Craintes mondiales

Avant de devenir un fracas mondial, la ruée sur le schiste américain a commencé en douceur. Profitant d’une législation souple et de la structure de la propriété, les pétroliers, petits et gros, sont partis à la chasse au trésor, creusant des trous partout. Aux Etats-Unis, les privés possèdent aussi leur sous-sol. Les prospecteurs leur proposaient des contrats juteux, qu’ils ont souvent signés.

Ce pétrolier texan, à la fin du siècle dernier, a dépensé beaucoup de millions – et de subventions fédérales – pour développer des techniques et des instruments capables d’arracher au sous-sol les hydrocarbures insaisissables. Lire la suite ici

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Communiqué | Vendredi 17 Mai 2013

Les deux collectivités territoriales ont décidé de faire appel du rejet de leur recours contre le permis dit de « Château-Thierry ».

HH30 Bassin parisienEn avril 2011 la Région et le Conseil général de Seine-et-Marne ont déposé conjointement un recours contre l’arrêté préfectoral du 12 octobre 2010 qui autorise la société TOREADOR ENERGY à effectuer des travaux de recherches concernant les gaz et pétroles de schiste, notamment sur le territoire de la commune de Doue en Seine-et-Marne.

Suite à son examen du recours en séance publique du 11 avril, le tribunal administratif de Melun a rejeté ce recours. Déterminés à faire obstacle aussi bien à l’exploration qu’à l’exploitation des huiles gaz et pétroles de schiste, la Région et le Conseil général ont décidé de faire appel de cette décision.

Les contrôles inopinés demandés par la ministre de l’écologie depuis l’automne dernier, et le retrait par la préfète de Seine-et-Marne de la phase 2 du « permis de Nemours » le 30 avril les confortent dans leur action.

Pour Jean-Paul Huchon, « la priorité absolue c’est la transition énergétique. L’exploitation de ces ressources n’est pas une solution, même à court terme. Il faut faire des choix. Celui de la Région c’est de promouvoir l’efficacité énergétique et les énergies renouvelables ».

De son côté, Corine Rufet, Vice-présidente en charge de l’environnement, de l’agriculture et de l’énergie, souligne que « chercher du pétrole c’est regarder vers le passé. Avec la transition énergétique nous voulons inventer un nouvel avenir pour les territoires. La Seine-et-Marne est pour la Région un territoire prioritaire en matière d’énergies renouvelables et de préservation de l’environnement ».

Pour Vincent Eblé, Sénateur et Président du Conseil général de Seine-et-Marne, « Depuis 2006, nous nous battons avec nos partenaires pour faire respecter un Plan départemental de l’eau applicable à tous les Seine-et-Marnais : collectivités, agriculteurs et particuliers. Alors que cette politique porte enfin ses fruits, pourquoi remettre en danger la qualité de l’eau quand on sait qu’une mauvaise étanchéité des puits peut conduire à la contamination des nappes phréatiques ? »

Jean Dey, 1er Vice-président du Conseil général chargé de l’environnement et du développement durable rappelle d’ailleurs qu’en Seine-et-Marne, « la nappe du Champigny, qui alimente plus d’un million de Franciliens, connait des restrictions répétées. Elle a d’ailleurs été classée par l’Etat en Zone de Répartition des Eaux (ZRE). Dès lors, il parait parfaitement irresponsable de laisser des pétroliers gaspiller d’immenses quantités d’eau lorsque l’on sait qu’un seul puits, pour une simple fracturation, utilise 15 à 20 000 m3 d’eau ! »

A l’occasion d’un débat organisé ce soir* à Mareuil-les-Meaux (77) par Ile-de-France environnement, dans le cadre du débat national pour la transition énergétique, Corinne Rufet, et Marie Richard, Vice-présidente du Conseil général, iront débattre avec les habitants des enjeux de la transition énergétique.

                                                                                                    (!) Info minute revue de presse

C’était en 2011 à la veille de la campagne électorale, au moment du vote de la loi publiée en Juillet et interdisant le recours à la fracturation hydraulique, la Fédération Française de Spéléologie s’était clairement positionnée contre la recherche et l’exploitation de gaz de schiste quelque soit la méthode utilisée. Dans une brève et claire déclaration, les spéléo demandaient « l’interdiction définitive de tout projet d’exploitation de ces énergies fossiles sur le territoire français quelque soit la technique employée« .

Ce week-end du 18 au 20 mai 2013 aura lieu le cinquantième anniversaire de la Fédé Française de Spéléologie . Mais qui sont ces spéléo ? Les média en parlent quand l’un d’eux reste coincé sous terre et qu’un spéléo secours est activé. Les spéléo initient aussi les jeunes à la découverte du monde sous –terrain pendant les vacances, lors de sorties.

speleoMais sait-on que les spéléo au-delà de leurs bizarres mœurs les amenant à ramper dans la boue, franchir des étroitures et faire des pendules dans des puits sous-terrains vertigineux sont également les découvreurs et les gardiens d’un monde dans lequel circulent de gigantesques quantités d’eau, un écosystème également mis en péril par l’activité de l’homme ? Scientifiques, les spéléologues s’investissent également dans des activités de dépollution comme le relate ce récent article au sujet de spéléo aveyronnais.

speleo 2Alors que les promesses pré-campagne électorale de 2011 d’une interdiction de la recherche et de l’exploitation des hydrocarbures de roche mère ainsi que la loi d’interdiction sont mises à mal par la volonté des élus réunis au sein de l’OPECST mais également des pétroliers contestant l’abrogation de leur permis de recherchele symbole de ces spéléo gardiens du monde sous-terrain renouvelant leur opposition exprimée en 2011 serait un signal fort alors que l’expérimentation de la fracturation du sous-sol est à nouveau évoquée … on ne peut plus sérieusement.

                                                                                                    (!) Info minute revue de presse

Source: Corporate Europe Observatory par Pia Eberhardt, Timothé Feodoroff, Emma Lui, Cecilia Olivet et Stuart Trew

Corporate Europe ObservatoryAlors que les états membres de l’Union Européenne (UE) analysent les conséquencesimage_ceta_fracking_briefing environnementales du développement du gaz de schiste par la fracturation hydraulique, des négociations sont en cours pour un Accord Économique et Commercial Global (AECG) entre le Canada et l’Union Européenne. Controversé, ce dernier permettrait aux investisseurs de contester la décision des gouvernements de réguler ou d’interdire la fracturation.

Ce document met en relief le débat public entourant la fracturation; les intérêts des compagnies pétrolières et gazières dans les réserves de gaz de schiste en Europe et les conséquences que la clause regardant la protection des investissements inclue dans l’AECG pourrait avoir sur le pouvoir des gouvernements de réglementer ou d’interdire la fracturation. Il comprend l’étude de cas de la société Lone Pine Resources Inc. versus le Canada, qui conteste le moratoire sur la fracturation et poursuit le gouvernement canadien en faisant valoir cette clause, et met en garde que cela pourrait se produire en Europe. Il recommande de ne pas inclure le mécanisme de règlement de litige entre les investisseurs et l’État dans l’AECG.

DES GÉANTS DE L’ÉNERGIE NORD-AMÉRICAINE DIRIGENT LA FRACTURATION EN EUROPE

Total, une société française ayant une filiale au Canada, a investi au Danemark, en Pologne et en France. Enimage... 2010, le gouvernement danois a émis deux permis d’exploration à Total, et malgré un moratoire, la société a commencé le forage exploratoire au pays. Total  possède une concession en Pologne. La société a également investi en France avant le moratoire, et a soumis un appel contestant le retrait de son permis. Chevron, une société américaine ayant des filiales au Canada, détient et exploite quatre concessions de gaz de schiste dans le sud-est de la Pologne, et depuis 2012, creuse des puits exploratoires. Avant le moratoire roumain, Chevron possédait une gigantesque concession de gaz de schiste à Bârlad. Chevron détenait également une participation de 50 % dans une société d’exploration et de production en Lituanie.

Au début de 2013, Shell a signé le plus important contrat de gaz de schiste en Europe, une transaction de 10 milliards $ en Ukraine, où elle creusera 15 puits d’essai. En 2011, ExxonMobil a signé un accord avec la société d’état énergétique de l’Ukraine, Naftogaz. La société souhaite exploiter le potentiel du gaz de schiste en Allemagne, en réponse au moratoire de la Rhénanie-du-Nord-Westphalie, Exxon a développé un site Web visant à apaiser les inquiétudes du public.

En collaboration avec Lane Energy, Conoco Philips, une société du Texas, évalue les réserves de 445 000 hectares dans le nord de la Pologne. Il existe d’autres sociétés nord-américaines qui sont intéressées par les réserves de gaz de schiste de l’Europe, notamment Halliburton, Enegi, Talisman et Encana.

Projet traité commercial Canada Union Europeenne

La suite à lire ici

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Traduction libre de l’article publié le 21.04.2013 par Jennifer Brown dans Science in Film

Avant Première de Gasland 2

Gasland 2 premiereLe public s’est levé pour une ovation après la projection du documentaire Gasland 2. C’était la première mondiale du nouveau film sur la fracturation hydraulique qui s’est tenue au Festival du Film de Trebica à New York ce 21 Avril. Ce film montre ce que le cinéma fait de mieux pour informer et éclairer le public sur une question importante de politique mondiale de nos jours.

« Fracking » (la fracturation hydraulique) est devenu un gros mot après avoir contaminé l’eau et les terres des communautés de Pennsylvanie et du Wyoming. La fracturation hydraulique est une technique d’extraction de gaz par forage qui utilise des centaines de produits chimiques toxiques injectés dans des puits profonds. Cette technique permet de briser la roche de schiste et de forcer l’expulsion du gaz de schiste emprisonné sous terre. Gasland, le docu film produit en 2010, suivait la piste sale des produits chimiques. Ceux-ci passaient des forages de gaz vers les cours d’eau puis dans les robinets d’eau des maisons – lesquels s’enflammaient.

Le film Gasland a été nominé pour un Academy Award en 2010. Il a mis au grand jour la question explosive de la fracturation hydraulique et a lancé une bataille environnementale de grande ampleur. Des scientifiques, des médecins, des artistes et des collectifs citoyens ont rejoint cette cause partout à travers les États-Unis. Yoko Ono et Sean Lennon ont fondé Artists Against Fracking (Les Artistes contre la Fracturation Hydraulique) pour mobiliser avec les arts. Le film m’a inspiré l’écriture d’un roman sur la fracturation hydraulique qui est sorti en 2012, appelé Brindle 24 , le dernier jour dans la vie d’une ville.

A présent le cinéaste Josh Fox est de retour avec Gasland 2. Cette deuxième partie de Gasland documente un second type de piste sale, celui de l’argent des compagnies de forage et d’exploitation de gaz qui passe directement dans la poche de nos élus. Fox suggère que notre processus démocratique lui-même est fracturé. Les décisions relatives à la fracturation sont contaminées par les intérêts des entreprises au détriment des petits propriétaires fonciers et de la santé des familles. Dans une vague de contamination intense et généralisée comme celle qui a suivi la fracturation hydraulique, les citoyens avaient le droit de s’attendre à ce que le gouvernement les protège. Cet espoir demeure non réalisé. Mais la lutte pour l’accès à l’eau potable ne va pas prendre fin de si tôt.

Les conséquences de la fracturation

Fracturation hydraulique ..Les conséquences de la fracturation sont présentées dans Gasland 2 par le scientifique Tony Ingrafea de l’Université Cornell[1]. Il montre comment les forages pour l’extraction de gaz en grande profondeur fuient. Le méthane s’infiltre ensuite autour des puits de gaz et contamine les puits d’eau, des ruisseaux et même des aquifères dont de nombreuses communautés dépendent pour leur consommation en eau potable. Le méthane qui s’échappe est toxique tant pour les humains que les animaux et il accélère le réchauffement climatique en contaminant l’air. En outre, les produits chimiques toxiques utilisés dans le processus de forage contaminent l’air, la terre et l’eau à proximité des sites de forage.

D’autres faits scientifiques présentés dans le film nous concernent tous lorsque nous vivons à proximité d’une zone fracturée, il s’agit de l’augmentation des tremblements de terre et des séismes. La fracturation pour l’extraction du gaz se fait par l’injection de produits chimiques toxiques à des pressions extrêmement élevées pour faire sortir le gaz. Ces injections déstabilisent le lit rocheux sous terre et sont liées à un nombre croissant de tremblements de terre. Malgré cela, la fracturation hydraulique est encore pratiquée en Californie à proximité des failles naturelles où les séismes constituent déjà une menace majeure.

Un espoir pour l’avenir

Après le film, le réalisateur Josh Fox a rejoint les familles et sympathisants sur la scène – l’artiste Yoko Ono, l’actrice Deborah Winger, et beaucoup de gens touchés par la contamination chimique liée à la fracturation hydraulique pratiquée près de leurs habitations. Ils ont répondu aux questions de l’auditoire. Les spectateurs ont demandé, comment aider comment s’impliquer de manière solidaire alors que la fracturation hydraulique continue de se développer dans le monde entier. Le message était clair – croyez en votre propre pouvoir et votre capacité à gouverner. Faites entendre votre voix pour tenir les élus responsables de la protection de notre air et de l’eau.

Si l’extraction de ce gaz est trop toxique, les énergies renouvelables comme le solaire, l’éolien et l’hydraulique peuvent alimenter les besoins énergétiques du pays. Un nouvel éclairage brillant dans le débat sur ​​l’énergie est l’analyse des énergies renouvelables pour l’avenir que vient de sortir de Mark Jacobson. Il a également assisté à la première  projection de Gasland 2 et est monté sur scène. Mark Jacobson de Standord a répondu aux questions concernant la transition vers les énergies renouvelables et l’abandon des techniques anciennes et sales comme la fracturation pour le gaz de schiste. Cela s’est terminé sur une note d’espoir, et je me réjouis de plus d’énergies renouvelables et moins de « fracking » pour notre avenir.

Auteure, chercheure, éducatrice en soins de santé Jennifer Brown vit à New York. Elle a publié des romans, des histoires courtes et des poèmes et elle blogue sur la science à « Film Annex » et « ScienceRevolution.org ».
JJBrown a travaillé dans la recherche avant de se tourner vers la fiction. Elle détient un doctorat en génétique issu de son travail avec le prix Nobel Barbara McClintock. Les ouvrages de JJBrown sur la génétique et l’éducation à la santé sont publiés dans de grandes revues dont les travaux sont évalués par les pairs.

Note: Face à la remise en cause de ces projets d’extraction de pétrole et gaz de schiste aux USA, l’industrie pétrolière et gazière met en œuvre une campagne de communication très agressive. Elle s’est même payé le luxe de produire une fausse bande annonce du film GASLAND 2 AVANT même la sortie de la bande annonce officielle du film de Josh Fox ! A lire ici

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Hydrocarbures non conventionnels : audition par l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et techniques (OPECST) ou comment l’alternative à la fracturation hydraulique est … la fracturation hydraulique.

OPECST...Dire qu’il a fallu rassembler 15 députés, autant de sénateurs, le gratin de l’industrie pétrolière française (plus quelques acteurs internationaux) et un « comité scientifique » inféodé à l’Institut Français du Pétrole, pour en arriver  à la conclusion suivante : il n’y a pas aujourd’hui d’alternative à la fracturation hydraulique !

Conclusion ? Va-t-on renoncer aux gaz de schiste ? Non, bien entendu !

On va nous raconter que maintenant on sait les extraire avec beaucoup moins d’eau, de la graine de haricot, du jus de citron et du liquide vaisselle (mais biodégradable !), et que ça s’appelle « fissuration hydraulique» …et le tour est joué.

manipulation ...Et comme on ne veut pas mourir idiots, on va lancer un grand programme de « recherche scientifique » pour savoir de quoi on se prive par « obscurantisme ». Et ce programme nécessitera une centaine de puits, selon Christian Besson de l’Agence Internationale de l’Energie. Et ces puits seront bien entendu « fissurés » voire « massés » comme l’affirmait sans rire le PDG de GDF Suez.

Certes, ils ne l’ont pas dit aussi clairement, mais nous pourrions écrire dès à présent les conclusions du rapport de l’OPECST prévu pour le mois d’octobre : le « regard d’envie » que le député (PS) Bataille a avoué porter sur les américains en raison du « saut économique  que permet le gaz de schiste » ne laisse pas de place au doute. « Drill baby drill ! » est leur nouveau slogan, drill mais en maillot rayé.

Par contre, pour ce qui est de « l’acceptabilité sociale » souhaitée par Bruno Courme, directeur de Total Gas Shale Europe, ils peuvent toujours rêver… ils trouveront du monde sur leur chemin !

Mais à propos, que s’est-il dit pendant cette fameuse réunion? A lire ici

JC