Articles Tagués ‘gaz de couche’

      (!) Info minute – Revue de Presse

[Ce témoignage a été recueilli dans l’État du Queensland au Nord-Est de l’Autralie, bordé par la mer de corail. Cet article a été publié en anglais sur un site Internet australien le 22 avril 2014. Il en a été retiré au bout de quelques heures. Suite à des pressions ? Nous conservons l’anonymat de l’auteur et du site source – mais lisez donc!]

J’ai contacté le groupe de soutien communautaire (Gasfield Community Support group)[1] après avoir entendu L. S.[2] dire sur la radio qu’aucun travailleur dans l’industrie du gaz de houille n’était tombé malade et que les analyses indiquaient que la qualité de l’air et de l’eau était bonne.

Bassin_recup_eau_salee-J’ai commencé dans l’industrie en 2008, et j’ai travaillé pendant 3 ans et demi sur une tour de forage mobile. Au début, j’étais employé par Forages M[3], société qui a ensuite été reprise par A. J’ai travaillé d’abord comme assistant avant de passer à foreur principal adjoint. L’une des tâches consistait à mélanger les produits chimiques dans la fosse à boue avant le pompage vers la colonne de forage. Différents polymères étaient utilisés. On injectait la boue, composée d’eau salée, de Chlorure de potassium (KCl) et d’un polymère (le JK261) comme lubrifiant de la colonne de forage. En moyenne, s’il n’y avait pas de pertes, vous deviez utiliser 12 tonnes de chlorure de potassium et 15 palettes (720 bidons / 10800 kg) de polymère pour maintenir la viscosité et lubrifier la tête de forage. Les polymères étaient envoyés dans la fosse par l’intermédiaire d’une trémie. Les polymères devaient être pulvérisés dans la trémie et nous revenaient en pleine figure, dans les yeux; nous respirions cela constamment. Cela pouvait durer des heures de suite. Nous portions des masques, quelquefois de sécurité (à filtre), sinon de simples masques en papier.

Les masques étaient également nécessaires lors du mélange du ciment pour la fabrication du tubage (casing) lorsqu’Halliburton ne venait pas et que nous avions à faire le boulot nous-mêmes.

forage gaz de couche charbonLors de la foration au travers des couches très perméables du Permien ou du Jurassique, parfois, les boues de forage disparaissaient. Il pouvait s’agir d’énormes pertes de boue. Nous prenions des échantillons de carottage lorsque l’opérateur nous le demandait. En fait nous prenions des échantillons sur chaque puits de forage, habituellement à environ 600 mètres de profondeur. 80% du temps, ça se passait bien, le retour était correct. Mais dans 20% des cas, en particulier à Fairview, à l’Est d’Injune, on ne pouvait pas arrêter les pertes.

On pouvait utiliser environ 20 tonnes de KCl (un semi-remorque complet) avec de l’eau. Il y avait 50 000 litres d’eau dans chacune des trois fosses. Sur une plateforme de forage, lors d’un quart de 12 heures, nous utilisions 27 tonnes de KCl avec 100 000 litres d’eau et d’autres produits chimiques. Pour l’équipe de quart suivante, c’était la même chose, et ça pouvait durer des jours à faire exactement la même chose, jusqu’à ce que les pertes soient stoppées.. Ils utilisaient des solutions de KCl, et de polymères JK261 et CR650 à très forte concentration. Le KCl servait à lutter contre les remontées de gaz. Pour lutter contre les fuites ils utilisaient un « bouche trou » composé de papier d’aluminium et de sciure grossière, pour essayer de remplir le trou et de le boucher.

Iforage -ls essayaient de stopper la perte et de colmater le trou. Pour cela ils utilisaient peut-être 10 produits chimiques différents en plus de la bentonite, ils continuaient les injections, essayant de combler les pertes. Si les boues disparaissaient le gaz pouvait remonter ; ils essayaient de le bloquer par différents moyens et continuaient d’injecter la boue dans la colonne de forage pour colmater le trou. Ils essayaient d’empêcher les remontées de gaz. Ils avaient la trouille des remontées de gaz et du risque d’explosion; c’était une phase très dangereuse et ça arrivait souvent (peut-être 20% du temps).

Dans le bassin sud de Gunnedah Coonabarrabin, ils ont foré un trou et touché la nappe phréatique. L’eau douce coulait hors du trou, diluant la teneur en sel. Ils ont du faire venir des camions pour évacuer l’eau plus loin; ils ont installé le tubage et essayé de le sceller avec du ciment. Il y avait de sacrés problèmes dans le bassin de Gunnedah parce que les aquifères étaient proches de la surface, ils ont dû passer à travers les aquifères et continuer à forer pour accéder à la veine de charbon. Une fois c’est une tête de forage qui s’est coincée dans un trou. Ils ont amené une substance noire dans un conteneur de 1000 litres. Ils appelaient ce produit « pipe free » (conduite libre). Je ne sais pas comment cela a fonctionné. Je pense qu’ils ont pompé vers le bas de la colonne de forage pour essayer de libérer et récupérer ce matériel qui coûte une fortune. Ca puait à mort ! Ca sentait mauvais et c’était dangereux: on nous a dit de ne surtout pas en mettre sur notre peau. C’est arrivé lors d’un forage à Fairview près d’Injune. C’est arrivé à peu près lors d’un forage sur cinq. Mouse_holeMais avec un peu de patience ils pouvaient récupérer le matériel avec cette méthode. Quand l’outil cassait il fallait essayer de le « repêcher » puis cimenter le trou, se déplacer de quelques mètres, pour recommencer un nouveau forage. (Çà s’est passé environ trois fois quand j’étais là, mais il y a qu’une seule fois où ils ont utilisé ce déboucheur « pipe free ») Pour eux la perte de matériel de forage dans le puits est un grand problème et de plus très coûteux. La société W. faisait les enregistrements (logging). Ils utilisaient du matériel radioactif. J’ai entendu dire qu’ils avaient perdu des outils dans le puits, mais pas à l’époque où j’étais là.

Parfois il y avait des problèmes avec le bouchon terminal, des bulles de gaz traversant le ciment sans qu’ils puissent les arrêter. Les bulles sortaient de l’eau qui se trouvait au-dessus du ciment dans la cavité. Je l’ai vu trois ou quatre fois. A Fairview, il y avait tellement de forages qu’on aurait dit un porc-épic. Les forages pouvaient être espacés de 150 mètres par moment. En d’autres endroits la distance entre les puits était de plusieurs kilomètres. Maintenant, il y a plein de puits en production là-bas.

J’ai commencé à tomber malade, avec des saignements de nez sur une base régulière en 2011. Avant ça, je n’avais jamais eu un saignement de nez de ma vie. Mon horaire de travail était dehors pendant 18 jours, à la maison pour 9 jours avec deux jours de voyage. (Je suis un agriculteur en bio, totalement autonome et à l’énergie solaire, et j’étais en train de me préparer aussi pour mes vieux jours. Je travaillais là-bas pour l’argent. J’étais prudent et je la fermais – j’avais déjà perdu un emploi après avoir dit ce que je pensais). J’allais mieux lorsque j’étais à la maison et pendant les jours de congé; Quand j’y retournais (au boulot), il y avait encore du sang qui coulait de mon nez. J’avais des saignements de nez dans la douche.

On a arrêté le boulot plus tôt que prévu à la fin de 2011, en raison du temps humide. Je toussais et ne je pouvais vider mes poumons. Je suis allé chez le médecin fin Novembre / début Décembre. Il a écouté à mes poumons et m’a envoyé faire une radio pulmonaire.

J’ai eu un terrible sentiment d’angoisse et je me sentais très mal. L’angoisse était là toute la journée à partir de la minute où je me réveillais jusqu’au soir en me couchant. On m’a également envoyé faire un scanner pour trouver que j’avais un emphysème modéré. Pourtant je n’avais fumé qu’une paire d’années à 19/20 ans et pas depuis. J’ai regardé l’Internet et vu le Dr R. près de Wesley. J’ai fait des tests pendant six heures et eu une biopsie au poumon. On m’a dit que j’avais une inflammation, une infection du poumon, la bronchite. Je voulais une compensation, et j’insistais pour faire reconnaître cette affection comme maladie professionnelle. Le Dr R. ne pouvait s’engager fermement sur l’origine du mal. J’ai eu des indemnités de maladie pour quelques mois – j’ai été arrêté pendant quelques mois puis ils m’ont dit que j’étais apte à retourner travailler. Je ne voulais pas retourner mélanger des produits chimiques; ils m’ont dit qu’il n’y avait rien d’autre pour moi – je n’ai rien obtenu. Ils s’en sont lavé les mains.

Maintenant, je suis de retour à la ferme. Je ne tousse plus toujours autant, mais je n’ai pas récupéré 100% de ma capacité pulmonaire. J’ai de la toux, des glaires et une perte de fonction pulmonaire. Quand je travaillais sur les plates-formes, j’avais des spasmes dans les mains. Quand j’attrapais une clé Stillson pour serrer un joint de forage, en essayant de la déposer je n’arrivais pas à ouvrir ma main. Je devais utiliser l’autre main pour ouvrir les doigts.

graisse forageIl y avait de la graisse au plomb, de la graisse très épaisse, utilisée sur les joints de forage. Il y avait également une graisse à base de zinc appelée ZN50. Les jeunes gens avec qui je travaillais ici s’en mettait partout. Elle est cancérigène.

Ils en passaient un seau de 20 kg tous les 10 jours. Un autre foreur, âgé de 27 ans, avait la peau dans un sale état. Ca avait l’air d’une dermatite. Il avait l’épiderme rouge autour des yeux et des cheveux. Il allait mieux à chaque fois qu’il revenait de ses périodes de repos. Nous avons perdu le contact.

Avec la baisse de l’activité industrielle beaucoup de gens n’ont pas de travail. Il s’agissait d’une plate-forme fonctionnant 24 heures sur 24 avec des rotations de 12 heures et des équipes de 4 : un foreur qualifié, deux ouvriers qualifiés et un ouvrier non qualifié (« offsider ») . Il y avait toujours une équipe au repos. A part les gens avec qui vous travailliez, vous ne connaissiez personne.

Il y avait de grands camps. Nous vivions dans des camps ou des chambres d’hôtel, jusqu’à 80% du temps dans des camps.

boues de forage bassin rétensionLes gens se sont plaints de l’eau à mainte reprise. Le camion n’avait tout simplement pas l’air hygiénique. L’eau était stockée à côté de la fosse septique qui a débordé à plusieurs reprises. Les gens avaient des maux de ventre. Je ne suis pas sûr que l’eau de boisson était de l’eau puisée par forage. A cause de plaintes, deux ou trois fois, l’opérateur est allé chercher l’eau potable plus loin.
L’eau dans les bassins de décantation était recyclée pour le prochain forage. Les déblais de forage retournaient dans les fosses. Dans le bassin Gunnedah ils ont commencé à garnir les fosses avec de grandes bâches en plastique. Ils n’ont pas fait la même chose dans la région de Queensland. Il y avait des centaines de tonnes de déblais. C’était un vrai problème. Je ne sais pas ce qui a finalement été fait de ces fosses. Ni du plastique. Ni des déblais.

Quand nous étions là-bas, s’il y avait 10 cm de pluie, de l’eau saumâtre commençait à déborder des bassins de rétention.

S’ils savaient que la pluie venait, ils essayaient de pomper les boues dehors et de les balancer ailleurs.

La compagnie a planté des espèces fourragères, et non des espèces végétales indigènes australiennes.Je pense qu’ils les ont plantés pour se débarrasser de l’eau issue des veines de charbon en l’utilisant pour l’irrigation. La compagnie en a planté peut-être 4000 ha. C’est alors devenu un problème. Des graines ont été emportées et poussent sur le bord des routes et des voies navigables. Cette espèce est devenue un vrai ravageur.

L’activité industrielle a décollé très rapidement; passant d’une industrie australienne contrôlée avec une poignée d’entreprises et de tours de forage australiennes, à une multitude de forages opérés par des sociétés venant du Canada, du Mexique et d’ailleurs. Quel que soit les contrôles dont ils faisaient l’objet dans le passé, ceux-ci semblent avoir disparu d’un coup.

A-drill-pipe-at-a-shale-Quand je travaillais dans le bassin Gunnedah, il y avait beaucoup de protestations de la part des gens du coin, il fallait passer à travers des barrages routiers. Il y avait aussi des concessions de mines de charbon à ciel ouvert qui autorisaient les acheteurs étrangers (en particulier les Chinois) à acquérir des terrains. Les agriculteurs n’appréciaient pas ça. En raison des protestations, l’industrie a du améliorer son image et il y a eu plus de contrôles que dans la région de Queensland. Les problèmes avec les agriculteurs dans le Queensland occidental étaient moins importants. Il y avait bien un puits par propriété et disons jusqu’à 10 puits sur les grandes propriétés. La compagnie construisait un grand aéroport. Je n’ai pas vu de protestation de la part des agriculteurs dans le Queensland. Ce n’était pas un problème sur les grandes propriétés. Et puis la compagnie elle-même était propriétaire de grandes surfaces.

arcadia-valley-La vallée de l’Arcadie, au nord d’Injune est un pays vierge, magique et de grande importance pour les autochtones aborigènes. Il s’agit d’une vallée du Rift, avec d’énormes escarpements et des grottes. Elle n’aurait pas du être touché, elle devrait être patrimoine classé.

La compagnie avait une plate-forme dans la vallée de l’Arcadie et qui a perturbé les sites sacrés aborigènes. Il y avait peut-être six forages. Il n’y avait ni plus ni moins de soins pris qu’à Fairview. Pour moi, c’est une véritable honte.

Le gaspillage était immense. En un quart de 12 heures, 2000 litres de gas-oil étaient utilisés, seulement pour une plate-forme d’exploration. (Pour un puits de production pour extraire le gaz du sous-sol, la consommation de carburant serait astronomique.)

En plus du forage, il y avait des climatiseurs et des générateurs qui fonctionnaient tout le temps. Il y avait des centaines de plates-formes dans la région. Il y avait des déversements et des fuites de gas-oil.

Et puis d’autres déchets, des poubelles industrielles remplies de fûts en plastique vidées deux fois par semaine; Il y avait aussi un énorme gaspillage de nourriture.

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[1] Le Groupe de soutien communautaire a été mis en place pour les résidents qui vivent dans des zones de gisement de gaz, qui se sentent en détresse ou inquiets face à l’industrie d’extraction de gaz de couche, qui ont du mal à traiter avec les sociétés impliquées dans d’extraction de gaz de couche, qui subissent les impacts depuis l’arrivée de l’extraction de gaz de couche sur leurs terres. De nombreux membres sont victimes de problèmes de santé depuis le lancement de l’extraction du gaz de couche dans la région. http://westerndowns.group-action.com/about-2/

[2] Le nom des personnes n’est pas publié. Le fait qu’il l’ait été dans le texte original est peut-être la cause du retrait de l’article du site Internet australien.

[3] Le nom des sociétés n’est pas publié. Le fait qu’il l’ait été dans le texte original est peut-être la cause du retrait de l’article du site Internet australien.

Révision du code minier : Pétition                                                     (!) Info minute – Revue de Presse

Ce matin, à Daneshill, non loin de Retford ville du Nottinghamshire en Angleterre, après avoir escaladé la structure de 15 mètres, un militant anti- fracking s’est « verrouillé » sur le haut d’une tour de forage. Ce site d’exploration de gaz de couche est exploité par Dart Energy.

Will Daneshwill gaz de couche dart energyCette action directe à entrainé la suspension des travaux de recherche du méthane contenu dans la roche de charbon explorée par la compagnie Dart Energy.

Déjà, il y a plusieurs semaines, le manifestant nommé Will avait « occupé » le portail d’entrée du site pour empêcher la circulation des véhicules dans la zone.

Avec la complicité d’autres militants qui détournaient l’attention, Will a pu franchir la barrière tôt ce matin et grimper sur la tour avant de s’y verrouiller.
La Police est arrivée sur place pour « maintenir l’ordre » et tenter de négocier avec les manifestants.

Daneshill15042014Will a déroulé une grande banderole avec l’inscription «NO FRACKING » sur cette plate-forme où le forage avait commencé la semaine dernière.

Peter Kennedy, un militant du collectif « Frack Free » a déclaré :  » Will s’est verrouillé sur la plate-forme suite aux graves préoccupations liées à l’impact de l’extraction de gaz sur l’environnement et les communautés locales. Son action fait suite à la publication d’un rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur les changements climatiques, lequel appelle à un quadruplement de l’utilisation des sources d’énergie renouvelables et de la réduction massive de l’utilisation des combustibles fossiles. Or des milliards de livres sterling risquent d’être consacrés à la construction de l’infrastructure nécessaire à cette ruée vers ce gaz sale, ce qui nous enfermerait pour une nouvelle génération dans l’utilisation des combustibles fossiles. Cet argent serait bien mieux utilisé si on le consacrait au développement des énergies propres et vertes dont nous avons désespérément besoin  »

De son côté Dart Energy a déclaré à plusieurs reprises « ne pas avoir l’intention de pratiquer la fracturation hydraulique à Daneshill » et qu’ils « évacueront dès que les tests de production de méthane auront été conduits ».

En France, cette histoire rappelle celle de l’occupation de la plate forme de Hess Oil à Jouarre. Elle rappelle aussi la mobilisation dans le Nord contre les mêmes projets d’exploitation de gaz de couche. Nous sommes solidaires des habitants et militants de cette région de l’Angleterre qui luttent contre le développement de ces projets fossiles.

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Mise à jour : 9h00 plus tard, l’occupation de la tour de forage se poursuivait.Will occupy Daneshwill rig gaz de couche dart energy 3Will occupy Daneshwill rig gaz de couche dart energy 4

Il est ensuite redescendu sain et sauf et a été embarqué au poste de POLICE. Cette incursion sur le site de forage avait été rendue possible grâce à la complicité d’autres militants. Prétextant la « fête de la lune rousse », ils avaient réussi à déjouer l’attention de la sécurité pendant que Will, déguisé en Robin des bois, franchissait la palissade à l’aide d’une échelle en bois avant d’aller gravir la tour de forage.

Bien vu les Anglais! Bien joué l’Écossais!

(!) Info minute – Revue de Presse

Vite dit, avec « l’Echo des Forages » Haute-Savoie, Bulletin N°10

Les gaz de schiste ça tue, ça pollue, et ça perd de l’argent !
  • GAZ DE SCHISTE USA 4La révolution des huiles et du gaz non conventionnels a eu un effet minime sur l’économie des Etats-Unis (on prévoit 0,84% de croissance pour l’ensemble de la période entre 2012 et 2035 soit 0,04% une relance astronomique du modèle économique que qu’aucun imagine encore pouvoir faire perdurer). En Europe, les effets potentiels seraient plus maigres encore, selon l’Institut du développement durable et des relations internationales (IDDRI)(4).
Et pourtant «ils» en veulent toujours !
  • Le Conseil national de l’industrie (CNI) a exhorté le gouvernement français à assurer « un coût de l’énergie compétitif » pour ce secteur en France et a également plaidé pour le gaz de schiste, lors de la remise le 13 mars de son rapport annuel (7).
  • Markus Beyrer, le secrétaire général de l’organisation patronale européenne, BusinessEurope, a demandé aux chefs d’État européens de prendre du recul sur la question de l’exploration et de l’extraction des gisements de gaz de schiste en Europe. Ce gaz pourrait, selon lui, assurer l’indépendance énergétique du continent (8) …contrairement à l’avis des experts de l’Union Européenne pour lesquels « le meilleur des scénarios pour le développement du gaz de schiste en Europe est celui dans lequel il pallie le déclin de la production de gaz conventionnel, maintenant une dépendance vis-à-vis des importations de l’ordre de 60% » (9)».
La faute à Poutine…
  • TTIPIl a ajouté que les licences d’exportation de gaz naturel liquéfié en provenance des USA – autrement dit du gaz de schiste – seraient encore plus faciles à obtenir si le TTIP (Grand Marché Transatlantique en Français) était en vigueur.
  • En France il est bon de rappeler que nous n’importons que 16% de notre gaz de Russie, l’essentiel venant de Norvège (42%) puis des Pays Bas (16%), de l’Algérie (9%) et divers autres pays.
Et le silence du gouvernement français est assourdissant !
Le gaz de schiste ça n’est pas fini, agissons!nonaugds
Ils le disent par le Cinéma

Le gaz de schiste, un gisement de cinéma. Deux films sortent au même moment

  • L’un (« No Gazaran » de Doris Buttignol et Carole Menduni) raconte le naissance du mouvement d’opposition au gaz de schiste en France
  • L’autre (« Holy field Holy War » de Lech Kowalski) nous emmène dans cette Pologne où les paysans sont confrontés aux menaces de font peser agro-business et gaz de schiste

Voir ces films et débattre: Des informations sur la programmation dans les salles en Rhône-Alpes dans notre calendrier du menu de gauche sur cette page)

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(1) http://www.observatorulph.ro/exclusiv/37592-dezvaluiri-despre-cazul-copilului-ucis-de-gazele-sondei-omv
(2) http://www.salfordstar.com/article.asp?id=2196
(3) http://naturealerte.blogspot.fr/2014/03/11032014usa-gaz-de-schiste-une-premiere.html
(4) https://stopgazdeschiste.org/economie/les-gaz-de-schiste-ne-sauveront-pas-leurope/
(5) http://m.lesechos.fr/redirect_article.php?id=0203389787838&fw=1
(6) http://www.bastamag.net/Union-europeenne-pas-d-etude-d
(7) http://www.dhnet.be/dernieres-depeches/afp/le-conseil-national-de-l-industrie-demande-une-energie-moins-chere-en-france-53220e5035701fd1bcccf4ae
(8) http://m.euractiv.com/details.php?lang=fr&aid=534161
(9) http://ec.europa.eu/dgs/jrc/downloads/jrc_report_2012_09_unconventional_gas.pdf
(10) http://www.europaforum.public.lu/fr/actualites/2014/03/sommet-ue-usa/index.html
(11) Article publié sur Ecowatch le 13 mars, 2014 – Titre original «200+ Groups Tell Congress and Obama : Reject Fast-Tracking Exports of Fracked Gas Overseas(1)»
(12) http://www.actu-environnement.com/ae/news/accord-libre-echange-ue-usa-fracturation-hydraulique-21093.php4

 

 

(!) Info minute – Revue de Presse

Lettre ouverte des collectifs citoyens et associations opposés à l’exploration et l’exploitation des réserves d’hydrocarbures non conventionnels

Nous, collectifs citoyens et associations nationales, souhaitons alerter la population, les élus, les administrations, les médias et le monde scientifique des dangers et conséquences dramatiques que représentent les projets d’exploration ou d’exploitation de gaz de couche dans les anciens bassins houillers (Nord/Pas-de-Calais, Jura, Lorraine, Provence, Cévennes)

De quoi parle-t-on ?

Le gaz de couche (coalbed methane en anglais) est du méthane piégé dans les micro-pores du charbon des veines profondes non exploitées ou incomplètement exploitées.

C’est un hydrocarbure de roche mère, non conventionnel comme les huiles et gaz de schiste.

Technique d’extraction des gaz de couche

forages horizontaux gaz de couchePour exploiter le gaz de couche, il est nécessaire de coupler à un forage vertical des forages horizontaux en étoile qui s’étendent dans la veine de charbon. Par le pompage de l’eau en bas du puits, il est possible de créer une dépression qui facilite la libération du méthane. La stimulation par l’injection d’un fluide, que ce soit de l’eau ou un autre fluide de fracturation, permet l’exploitation industrielle du gaz de couche.

Aux États-Unis et au Canada qui exploitent ces gaz, c’est le plus souvent la fracturation hydraulique qui est utilisée pour rentabiliser les forages.

Si la fracturation hydraulique est interdite en France pour l’exploration et l’exploitation de ces gaz, la loi de juillet 2011 laisse ouverte la possibilité d’utilisation de la fracturation hydraulique pour des puits d’expérimentation.

Nous craignons que cette exploration ne soit prétexte à contourner la loi.

stop gaz de houille gaz de schisteEn effet les rapporteurs de l’office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques, contre l’avis de tous les experts ne considèrent pas le gaz de couche comme un hydrocarbure de roche mère et passent ainsi sous silence la nécessité de la stimulation .

Quant à l’Académie des sciences, elle propose de faire de l’expérimentation pour la fracturation hydraulique dans les anciens bassins ’charbonniers’.

L’exploitation des hydrocarbures de roche mère nécessite des techniques de plus en plus polluantes, dont le rendement énergétique est de plus en plus faible. Comme pour toutes les autres énergies extrêmes, leur extraction n’est pas souhaitable.

L’exploration des gaz de couche, si elle est autorisée, entrainera une exploitation, toujours de courte durée qui dévastera les régions de par la multiplicité des forages nécessaires, impactera les paysages, polluera l’air et les ressources en eau, dévalorisera le patrimoine bâti…

La création d’emplois promise est un leurre ! Il y aura plus d’emplois perdus que créés, notamment dans l’agriculture avec une incidence forte sur le tourisme vert.

La France s’est engagée à diviser par QUATRE ses émissions de gaz à effet de serre d’ici 2050 et à diminuer d’à minima 30 % la consommation d’énergies fossiles d’ici 2030.

A l’heure de la transition énergétique et des annonces en ce sens, il serait inconcevable de gaspiller des centaines de millions d’euros dans l’exploration et l’exploitation de nouvelles ressources énergétiques fossiles : il est donc urgent de sortir de notre dépendance aux énergies fossiles et d’empêcher l’exploitation du gaz de houille dans nos régions.

De véritables politiques d’efficacité et de sobriété énergétiques et le développement des énergies renouvelables permettraient de créer des emplois locaux, pérennes et respectueux de l’environnement et de notre SANTE !

Il faut aussi empêcher l’exploration et l’exploitation des gaz de couche
Ni ici, ni ailleurs, ni aujourd’hui, ni demain

Co-signataires

Agir pour l’Environnement, Aitec-IPAM, Amis de la Terre France, Attac France, Confédération paysanne, Convergence citoyenne pour la Transition énergétique, Coordination Eau Île-de-France, Attac-Artois-Ternois, Cèze et Ganière (07), Eau Secours 62 …

Collectif Houille-Ouille-Ouille 59/62, Collectif Vigilance Gaz de Gardanne Pays d’Aix (13), Collectif Stop Gaz de Schiste 39, Collectif Stop Gaz d’Hydrocarbures de Lorraine et d’Alsace, Collectif Auzonnet Cèze et Ganière (30), Collectif Hautes Cévennes (30), Collectifs Isérois Stop aux GHRM 38, Collectif Stop Gaz de Schiste (69), Collectif Non au Gaz de Schiste 91, Collectif des Trois Valléees (IDF), Collectif des Taupes Enervées (IDF), Collectif Causse Méjean – Gaz de Schiste NON ! (48)
Les Dindons de la Farce (France), Collectif Florac (48), Collectif Anti Gaz de Schiste Anduze (30), Collectif Dégaze Gignac et Environs (34), Collectif Nonaugazdeschiste.roynac26, Touche Pas à mon Schiste (07), Collectif 07 SGHDS, Collectif NPGDS Bocage gâtinais (77- 89 – 45) Hainaut59 (59), Collectif Île-de-France Non aux Gaz et Pétrole de Schiste (75, IDF), Collectif ALDEAH, Collectif Stop Pétrole de Schiste Sud 77 (77), Collectif Non au Gaz et Huile de Schiste (47), Collectif Fumades (30), Collectif Potelières (30), Collectif Cigalois (30), Collectif 32 non au gaz de schiste (32)…

Mais aussi l’article paru dans le Canard enchainé le 29/01/2014   (!) Info minute – Revue de Presse

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Lettre ouverte des collectifs français Non aux pétrole et gaz de schiste et de houille* Le 28 janvier 2014 

À ARNAUD MONTEBOURG 

 Ministre du Redressement productif

Gaz de schiste : Réfléchissons ensemble de manière réellement raisonnable

Monsieur le Ministre,

C’est avec une grande indignation que nous avons entendu vos propos sur les « gaz de schiste », le 23 janvier dernier sur Europe 1 (1)

Alors que, par ces propos, vous reconnaissez l’existence d’un problème environnemental et affirmez qu’ « aux États-Unis les dégâts sont très importants« , vous préconisez à nouveau la recherche des hydrocarbures dits de schiste dans notre pays, et ce malgré la loi qui interdit l’usage de la fracturation hydraulique. Vous voulez donc que l’on y « réfléchisse ensemble de manière raisonnable« . Mais qu’est-ce qui est « raisonnable » pour vous ?

  • Est-ce raisonnable de vouloir extraire des hydrocarbures en utilisant des techniques dont on sait pertinemment qu’elles impactent inévitablement et irrémédiablement le sous-sol, l’eau, le sol et l’air? 
  • Est-ce raisonnable d’extraire ces hydrocarbures « de la fin des haricots », alors qu’ils impactent très négativement le climat ?
  • Est-ce raisonnable de faire passer les intérêts des industriels avant ceux des populations qui y perdront leur santé, leur tranquillité, leurs moyens de subsistance, voire leurs droits et libertés élémentaires?
  • Est-ce raisonnable de faire la sourde oreille à toutes les études médicales, géologiques, hydrologiques, toxicologiques, radiologiques, et même économiques qui montrent qu’à court, voire à moyen terme, les forages utilisant la fracturation hydraulique (ou autres) pour extraire ces hydrocarbures non-conventionnels sont une catastrophe ? 
  • Est-ce  raisonnable de penser qu’une croissance infinie dans un monde fini est possible ?

transition énergie propresMême si la situation est certes difficile dans notre pays (elle est difficile partout), nous bénéficions de ressources et d’un patrimoine naturels inestimables – l’eau, la terre, les paysages – qui nous permettent de vivre et qui sont valorisés économiquement, notamment par le tourisme et l’agriculture. Comme  vous l’avez vous même soulevé, aux États-Unis, du fait de l’exploitation intensive des gaz de schiste, de vastes territoires sont devenus invivables pour les populations, suite à la pollution irréversible du sol, de l’eau et de l’air. Ce pays  devra faire face, dans les années à venir, à l’impossibilité d’approvisionner en eau potable une grande partie de ses populations, y compris pour l’agriculture, et à des problèmes majeurs de santé publique. Est-ce cette forme de raison que vous voulez faire entendre aux Françaises et aux Français?

Pourquoi vouloir commettre avec le sous-sol français les mêmes erreurs que celles qui sont commises aux Etats-Unis, en Australie, au Canada, en Roumanie ou en Pologne? En Pologne, où San Leon Energy Plc (SLE) se vante d’avoir réussi à essorer le sous-sol pour récolter 1,700 m3 de gaz par jour à Lewino (2) ce qui est ridicule ( (0.34%) comparé aux 500,000 m3/jour supposés être le minimum pour un puits « normal ». 

Il y a cependant un point sur lequel nous sommes presque d’accord, mais pour des raisons inverses : vous déplorez le fait que la France, par l’entremise de ses fleurons industriels que sont TOTAL et GDF-SUEZ, mais aussi Vallourec, ou Véolia, pour ne citer qu’elles, en soit réduite à aller forer à l’étranger – dans des pays où les industriels ont de forts soutiens des gouvernements, tels que la Grande-Bretagne et la Pologne – pour faire de la recherche, pour valoriser et pour améliorer « ses » technologies.

Nous le déplorons également. En effet, nous ne pouvons accepter que ces entreprises participent à l’effort de destruction massive de notre planète. Nous dénonçons cette hypocrisie qui consiste à faire ailleurs ce que l’on ne peut pas faire chez soi, tout en en connaissant les impacts environnementaux et sociaux désastreux. Nous ne pouvons en aucun cas souscrire à cette nouvelle forme de colonialisme qui consiste à détruire l’environnement, à contrevenir aux droits des populations et à mettre en danger leur santé, que ce soit chez nos voisins anglais ou italiens ou ailleurs, pour le profit d’entreprises multinationales basées en France.

C’est pourquoi, Monsieur le Ministre, nous vous demandons de vous pencher, de manière réellement raisonnable, sur la nécessité absolue de développer sans délai toutes les pistes visant à entamer la transition écologique et énergétique. Nous vous demandons de ne pas oublier l’engagement du président Hollande, lors de son discours du 14 juillet 2013, à ne pas faire de fracturation hydraulique ni pour explorer ni pour exploiter les hydrocarbures. Nous vous demandons de regarder, comme vous le dites, la réalité en face et de comprendre qu’en aucun cas, les hydrocarbures non-conventionnels n’apporteront, ni à court terme, ni à long terme, une solution viable aux problèmes de la France, pas plus qu’à ceux de l’Europe. Nous vous exhortons à encourager les industriels français à engager toute forme de recherche dans le domaine technologique et industriel pour un fonctionnement énergétique économe, à veiller à ce que les ressources non renouvelables, en particulier fossiles, soient utilisées avec la plus grande parcimonie, à assurer une protection maximale de la ressource en eau, et à  favoriser dans tous les domaines la mise en place de solutions alternatives propres et recyclables, non impactantes pour l’environnement.

Veuillez croire, Monsieur le Ministre, en notre vigilante considération

Les Collectifs français « NON aux pétrole et gaz de schiste et de houille »

NON AUX HYDROCARBURES DE SCHISTE ET DE HOUILLE,

NON AUX ÉNERGIES EXTRÊMES,

NI ICI NI AILLEURS, NI AUJOURD’HUI NI DEMAIN

 (1) http://www.europe1.fr/MediaCenter/Emissions/Europe-soir-nicolas-poincare/Videos/EXTRAIT-Gaz-de-schiste-il-faut-travailler-a-trouver-des-techniques-propres-pour-Montebourg-1780691/
(2) http://www.bloomberg.com/news/2014-01-23/san-leon-nears-first-commercial-european-shale-gas-in-poland.html

Collectifs signataires : Association non au gaz de schiste des Pays de Savoie et de  l’Ain, Association Stop au gaz de schiste-Non al gas d’esquist (47), C.R.I Nonville (77), Coillectif Stop au gaz de schiste Anduze (30), Collectif « Eco’lectif Dégaze de Gignac et Environs  » (34), Collectif « Montpellier Littoral contre les gaz, pétrole de schiste! »(34), Collectif « non gaz de schiste » Florac (48), Collectif 07 Stop au Gaz et Huile de Schiste (07), Collectif 32 Non au gaz de schiste, Collectif 91 non au gaz et huile(petrole) de schiste (91), Collectif Basta! Gaz Alès (30), Collectif Causse Méjean – Gaz de schiste NON! » (48), Collectif citoyen Pézenas, Castelnau de Guers et environs ( 34 ), Collectif de RIVIERES, Collectif de vigilance CAMIS’GAZ (30), Collectif des Arcs Sur Argens (83), Collectif des taupes énervées, Collectif du Ceressou (34), Collectif du Pays de Coulommiers – Non aux gaz et pétrole de schiste (77), Collectif du Pays Fertois – Non aux pétrole et gaz de schise (77), Collectif du Valromey pour la sauvegarde de l’eau, contre les forages  d’hydrocarbures (01), Collectif Garrigue Vaunage (30), Collectif Gaz de Schsite Non Clapiers (34), Collectif GAZPART (02), Collectif Grand Valentinois (26), Collectif Hainaut 59 ( Nord), Collectif Haut-Bugey, non aux forages d’hydrocarbures (01), Collectif Hautes Cévennes (30), Collectif Houille ouille ouille (59/62), Collectif Ile-de-France Non aux gaz et pétrole de schiste (75 et IDF), Collectif non au gaz et huile de schiste 47, Collectif non au gaz et huiles(petrole)de schiste des 3 vallées(91 et alentour), Collectif NPGDS du Bocage gâtinais (77-89-45), Collectif Roquedur-Le Vigan (30), Collectif Stop gaz de schiste 69, Collectif stop GDHC d’Alsace et de Lorraine, Collectif viganais (30), Collectif  Auzonnet Cèze et Ganière, Collectifs Isérois STOP aux GHRM (38), Gard Rhodanien « Garrhodstopgaz » (30), Les Dindons de la Farce, Non gaz de schiste ouest-Aveyron (Villefranche de Rouergue) (12), Stop au gaz de schiste 39, Stop Pétrole De Schiste Sud 77,  Touche pas à mon schiste (07)

(!) Info minute – Revue de Presse

Le 16 décembre 2013 Lettre ouverte au Ministre de l’Écologie            

Depuis octobre 2013, la société EGL travaille sur un chantier de forage à Tritteling-Redlach dans le bassin de Saint Avold (en Moselle) pour évaluer la présence de gaz de couche, communément appelé « gaz de houille ». Mais le forage est arrêté depuis une dizaine de jours, et ce pour une durée indéterminée, selon les laconiques informations transmises par la commune aux habitants du village ce 3 décembre. Des « problèmes techniques » justifient cet arrêt, que d’anciens mineurs interprètent comme un potentiel blocage d’une tête de forage dans le puits, problème toujours délicat à résoudre.

forageMais ceci n’est qu’une broutille de quelques dizaines (voir centaines) de milliers d’euros. Ce qui inquiète beaucoup plus les membres des collectifs français « Non aux pétrole et gaz de schiste et de houille » est la gestion des effluents de ce forage – qui se présentent sous la forme de très grandes quantités de boues extrêmement chargées en sel, et pouvant contenir, en plus de produits toxiques utilisés par les agents chargés du forage, des éléments fossiles : métaux lourds, chrome, arsenic, lithium, mercure, strontium, baryum, voire radium, etc., des particules en concentration variable suivant les sites explorés et donc potentiellement radioactives.

Ce qui est inquiétant, c’est que ces boues ont été convoyées, y compris à travers le village, dans des véhicules-citernes appartenant à des exploitants agricoles du village ! A l’heure où nous rédigeons ces lignes et malgré plusieurs courriers adressés à la préfecture de Moselle et à la DREAL, à laquelle la première nous renvoie, nous n’avons pu obtenir aucune information sur l’endroit où ces eaux ont officiellement été amenées, sur les autorisations et habilitations de transport, ni surtout sur la nature de ces eaux.

Selon des témoins, plusieurs de ces véhicules chargés en provenance du site de forage se seraient engagés sur une voie sans issue débouchant dans des champs proches du village. D’autres se seraient dirigés directement vers des exploitations agricoles locales. Nous avons donc de fortes raisons de penser que ces boues de forages ne sont pas gérées comme il se doit, qu’elles sont soit déversées en pleine nature, soit peut-être stockées dans des fosses à purin, ce qui a été observé pour les boues d’un forage gazier en Suisse où 850 tonnes de boues ont été stockées ainsi durant plusieurs mois.

Les Collectifs français « NON au pétrole et gaz de schiste et de houille », gaz de couche en l’occurrence, demandent aujourd’hui instamment aux plus hautes autorités de l’État de prendre toutes les mesures pour que les citoyens puissent bénéficier dans les plus brefs délais d’informations fiables et complètes concernant ce forage. Nous exigeons que soient précisées de même, et de manière exhaustive, toutes les mesures prises par les autorités de notre pays, de manière générale et au cas par cas, pour l’élimination des effluents de ce forage et de tous les autres forages en cours en France. Nous exigeons qu’une enquête soit menée par les services de l’État afin de préciser les responsabilités concernant, dans le cas de la gestion des boues de forage, le non-respect et les manquements à la charte de l’environnement, à la directive sur l’eau, à la législation environnementale dans notre pays et à la directive REACH de manière générale.

Les Collectifs français « NON aux pétrole et gaz de schiste et de houille »*

NON AUX HYDROCARBURES DE SCHISTE ET DE HOUILLE,
NON AUX ÉNERGIES EXTRÊMES,
NI ICI NI AILLEURS, NI AUJOURD’HUI NI DEMAIN

(!) Info minute – Revue de Presse

gaz de houilleLa concession couvrant 150 communes sur le territoire du Nord / Pas-de-Calais, avait été attribuée à la société GAZONOR en 1992 et pour 25 ans, dans l’objectif de maintenir en dépression les vides créés par 200 ans d’exploitation du charbon, de telle sorte que le méthane libéré par le charbon ne s’échappe pas dans l’atmosphère. Ce gaz est pompé et commercialisé par GAZONOR et nous ne pouvons qu’être en accord avec l’exploitation de ce gaz de mine qui représenterait un danger pour les populations s’il s’accumulait dans les vides miniers.

Gazonor sollicite le prolongement de sa concession « d’hydrocarbure liquide et gazeux » pour 25 ans.

Le dossier d’enquête publique nous révèle les objectifs de GAZONOR pour cette période, objectifs qui nous apparaissent comme inquiétants :

  • demander l’extension des concessions sur les permis de recherche du sud-midi et du valenciennois
  • exploiter le gaz de couche pour alimenter de petites unités de production d’électricité sur tous ces territoires.
Remarques sur le dossier d’enquête publique

S’il agit d’une demande de prolongation, les activités décrites dans ce dossier ne devraient concerner que l’exploitation du gaz de mine, sans aucune référence aux gaz de couche.

S’il s’agit d’une nouvelle demande -concernant l’exploitation des gaz de couche-, ce dossier doit contenir une étude d’impact relative à l’exploitation des gaz de couche ; ce qui n’est pas le cas ici puisque l’étude d’impact ne concerne que l’activité « gaz de mine ».

Les quatre demandes d’autorisation de travaux de forage d’exploration visant le gaz de couche ont été déposées le 31 mai 2012, ce qui a permis à Gazonor d’échapper à une enquête publique, obligatoire pour ce type de travaux depuis le 1er juin 2012.

Deux autorisations ont été accordées (Avion et Divion), par la préfecture, mais le public n’a jamais été consulté sur une éventuelle exploitation des gaz de couche dans la région, ce qui est contraire à la convention d’Aarhus.

Dans les objectifs énoncés par Gazonor, on peut lire p 26 du document 1 :

« la négociation d’un tarif de rachat de la production d’électricité à partir de l’énergie de récupération qu’est le gaz de mine« .

Cette annonce tient de la malhonnêteté : il s’agit de produire de l’électricité à partir du gaz de mine … et de couche !

Les rendements de gaz de mine diminuent ; dans le dossier d’enquête publique, il est clairement énoncé la volonté de Gazonor d’exploiter du gaz de couche pour produire de l’électricité.

D’ailleurs, cette subvention a été annoncée en juin dernier par Pascal Canfin –ministre délégué au développement- ; dès le lendemain, on pouvait lire sur le site d’EDF :

 » Selon la société European Gas Limited (EGL), qui dispose de plusieurs permis d’exploration en France après avoir racheté Gazonor en 2008, les réserves de gaz de houille en Lorraine seraient conséquentes (371 milliards de m3), soit l’équivalent de neuf années de consommation de gaz en France. »

Sauf qu’il s’agit pour EGL d’exploiter le gaz de couche et pas le gaz de mine.

Cette subvention nous apparaît scandaleuse puisque qu’elle sera financée par les factures d’électricité des consommateurs, au titre de la CSPE, censée financer le développement des énergies renouvelables. Même la commission de régulation de l’énergie (CRE) a émis un avis négatif sur cette subvention, jugeant le tarif de rachat de cette énergie beaucoup trop élevé !

Allons-nous subventionner les forages d’exploration pour les gaz de couche en vidant les poches de ceux qui ont de plus en plus de mal à payer leur facture d’électricité, alors que Gazonor appartient à un groupe financier (Transcor Astra Groupe) ?

Enfin, nous ne pouvons qu’exprimer notre profond désaccord avec cette politique énergétique qui consisterait à consommer toujours plus d’énergie fossile, malgré les cris d’alarme sur le changement climatique et ses conséquences que lancent l’AIE et le GIEC.

Il est temps d’engager une vraie transition énergétique, basée sur la sobriété et l’efficacité énergétique, de refuser les nouvelles énergies qui nous emmènent vers des dégâts environnementaux de plus en plus nombreux -que nous laissons aux générations suivantes à gérer !

Il n’y a pas urgence à exploiter ces gaz de couche qui au mieux représenteraient 9 à 15 ans de consommation française et provoqueraient des dégâts environnementaux graves et irréversibles (pollution des nappes phréatiques et des eaux de surface, séismes…), même sans utilisation de la fracturation hydraulique ; alors laissons les sous terre.

Par contre, il y a urgence à expérimenter de nouvelles façons de vivre ensemble, à consommer autrement dans le respect des écosystèmes et dans un esprit de partage, à sortir nos productions d’énergie de la financiarisation.

La région Nord / Pas de Calais s’est engagée à grands frais vers une troisième révolution industrielle, porteuse d’une transition énergétique prometteuse. La France –dont le Nord/Pas-de-Calais, avec son master Plan- s’est engagée à diviser par quatre sa production de gaz à effet de serre d’ici 2050 ; cet objectif ne peut pas être tenu en exploitant de nouvelles sources d’énergie fossile ; produire de l’électricité à partir d’énergie fossile dans notre région révèlerait d’une incohérence politique.

Compte tenu du fait que cette demande de prolongation de concession n’est pas limitée au domaine du gaz de mine, nous demandons aux commissaires-enquêteurs nommés de donner un avis défavorable à ce dossier.

 

Associations & collectifs signataires

Associations de la région: Collectif Houille-ouille-ouille-59/62; 12 rue la Bruyère, 59491 Villeneuve d’Ascq ; AIVES; Heuringhem (62);  Amap  » le panier de Marie Groëtte »; Bruay-la-Buissière (62); 13 rue ferrié ; Amis de la terre; Lille (59); APEA; Ardres (62); Association EQVIR; Isbergues (62); Association Oc 62; Lens (62); Attac ; Valenciennes (59); Attac ; Villeneuve d’ascq (59);  Attac Artois; Arras (62); Collectif anti-tht 59/62; Leforest (62); Confédération Paysanne Nord/Pas-de- Calais; Arras (62); CRANE; Cuincy (59); Eau secours 62; Lens (62); Leforest Environnement; Leforest (62); LPO Nord; Brunemont (59); Novissen; Drucat (80); Oc 59; Lille (59); RNP; Rivière (62); Top Théatre; Lille (59); Vie Partagée ; Méricourt (62);

Collectifs hors région: Collectif Stop GDHC d’Alsace et de Lorraine ; Collectif  » gaz de schiste Non Merci » de clapiers (34) ; Collectif « Montpellier Littoral contre les gaz, pétrole de schiste! » ; Collectif « non gaz de schiste » Florac (48) ; Collectif « Stop Pétrole de Schiste Sud 77 » ; Collectif 07 Stop Gaz et Huiles de Schiste ; Collectif 91 NON au gaz et huile(pétrole) de schiste ; Collectif Auzonnet, Cèze et Ganière (30) ; Collectif Bassin de Thau ; Collectif Basta! Gaz Alès ; Collectif Carmen 02 ; Collectif Causse Méjean – Gaz de Schiste NON !; Collectif de Gignac (34) ; « Eco’lectif Dégaze de Gignac et Environs ; Collectif du Bocage gatinais ; Collectif du Haut-Bugey Non aux forages hydrocarbures ; Collectif du Pays-Fertois (77) ; Collectif Hautes Cévennes (30) ; Collectif Orb Jaur non au gaz de schiste (34) ; Collectif Orb Taurou Collectif piémont cévenol ; Collectif roynac26 ; Collectif Sete ; Collectif stop gaz de schiste 69 ; Collectif Stop Gaz de schiste Anduze ; Collectif de Barjac (30) ; Collectif citoyen Ile-de-France non aux gaz et pétrole de schiste et de couche ; Collectifs Isérois  » Stop aux GHRM 38 « ; Collectifs locaux adhérents de l’Association « Collectifs 83 Non au Gaz de Schiste »

– Toutes les info sur les manif en France –

#globalfrackdown Des récits dès que possible. Les rédacteurs se sont couchés tard 😉  (!) Info minute – Revue de Presse

Quelques photos en attendant      Edit : Récit ici

 Saint Claude le mirage du gaz de schiste 19 octobre 2013 Thomas Porcher Jacques Cambon Saint Claude France Zurawlow Pologne Duplex 19 octobre 2013 Homo schistus Saint Claude Rassemblement stop gaz de schiste Saint claude 19 octobre 2013 Saint Claude manif globalfrackdown 19 octobre 2013 stop gaz de schiste Manifestation Saint Claude Stop gaz de schiste 19 octobre 2013 Manif Saint Claude tout n'est pas permis 19 octobre 2013 Saint Claude Franche Comte manifestation Stop gaz de schiste Rhône Alpes Manif Saint Claude non aux forages 19 octobre 2013 Manifestation saint claude 19 octobre 2013 No Gazaran stop gaz de schiste Manif saint claude 19 octobre 2013 gloabalfrackdown stop gaz de schiste franche comté Saint Claude manif globalfrackdown soirée slam maison du peuple

  • Béziers: Journée Internationale contre les GDS: 10:30 a.m. (info)
  • Essonne: n’inschistez pas on en veut pas: 2:00 p.m. — 5:00 p.m. (info)
  • Etampes: Global Frackdown 2 – Etampes:  2:00 p.m. — 8:00 p.m. (info)
  • Montélimar: Global Frackdown 2: 2:00 p.m. — 6:00 p.m. (info)
  • Montereau-Fault-Yonne: Journée à Montereau-Fault-Yonne:
    10/9 at 5:00 p.m. — 10: 00 p.m. (info)
  • Nice: Rassemblement anti-gaz de schiste: 10:00 a.m. — 3:00 p.m. (info)
  • Paris: Péniche “Stop Schistes”: TBD (info)
  • Saint-Claude: Evénement à Saint-Claude: 10:00 a.m. — 9:00 p.m. (info)
  • Toulouse: Global Frackdown 2 – TOULOUSE (31) FRA: 2:00 p.m. (info)
  • Toulouse: Non au gaz et pétrole de schiste: 2:00 p.m. — 5:00 p.m. (info)
  • Villebéon: Global Frackdown 2 – Villebéon: 5:00 p.m. — 10:00 p.m. (info)