Cyber action en cours (15 avril 2013)                                                               (!) Info minute revue de presse

« Un développement sûr et durable de l’exploitation des gaz de schiste, c’est faisable… » !!!

greenwash-C’est du moins ce qu’affirme le Centre pour le développement durable des schistes  (« Center for sustainable shale development »)  qui vient d’être créé en Pennsylvanie. Une officine des pétroliers ? Non, pas tout à fait… « une collaboration sans précédente » (c’est eux qui l’écrivent)[1] entre des fondations philanthropiques (dont la Fondation Heinz, dont le nom est connu des amateurs de ketchup), des associations de protection de la nature et, quand même, Shell, Chevron, et  deux « petits » producteurs EQT Corporation et Consol Energy (avec respectivement 4 000 et 14 900 puits de gaz, tout de même !). Le but de cet attelage pour le moins inattendu : définir des normes pour l’exploitation des gaz de schiste « pour protéger la qualité de l’air, les ressources en eau et le climat » : tiens donc ! Ce n’était pas le cas jusqu’à présent ? La lecture de ces normes[2], par ailleurs assez peu contraignantes, permet de mesurer la piètre qualité de la réalisation et de l’exploitation actuelle des puits…

Une alliance des industriels avec certaines ONG contre (la) nature

Le principe même de ce dialogue direct, sans passer par l’État, a de quoi enchanter les tenants de l’ultralibéralisme… mais que vaudra pour ces sociétés un engagement que personne ne pourra les contraindre à respecter ? Et en quoi un tel engagement est-il réellement protecteur de l’environnement, puisque rien dans les normes proposées ne permet d’empêcher ou même de limiter la fracturation hydraulique. Le seul résultat sera de donner à peu de frais un « petit coup de vert » à ces pétroliers.

greenwashing-On peut se demander pourquoi des associations de protection de la nature se livrent à ce petit jeu. Et on peut trouver des éléments de réponse en s’apercevant, par exemple, qu’un des directeurs du Clean Air Task Force (une de ces associations) est en même temps consultant pour des sociétés gazières…D’autres associations environnementales américaines comme  Sierra Club ou Ohio Citizen Action ont d’ailleurs vivement critiqué la démarche : « La majorité du gaz naturel doit rester dans le sol si nous voulons avoir une chance d’éviter un désastre climatique » a dit Deb Nardone de Sierra Club[3] .

Et rappelons enfin que par nature le développement des gaz de schiste, énergie fossile, ne peut être durable … mais c’est peut-être ce que certains n’ont pas encore compris !

JC

(!) Info minute revue de presse

SONDAGE OU INTOX ?                                                                      

 Sondage Gaz de Schiste« Gaz de schiste : 80% des français éclairés favorables à l’expérimentation d’une technologie alternative » titre le web. Magazine Enerzine  (1) , suite à un sondage réalisé par l’IFOP (2) pour la société Ecorpstim, filiale de la société gazière eCorp, titulaire entre autres du Permis de recherche de Gex.(3)

Un français « éclairé » est celui qui, comme 53% des 1508 personnes sondées en février 2013, croit « savoir de quoi il s’agit ». Et dont les réponses montrent que beaucoup n’ont eu qu’une information partielle, voire partiale…Remarquons d’abord que 80% de 53%, ça ne fait jamais que 42% et que l’astuce permet de présenter les résultats sous un jour un peu biaisé.

sondageMais soyons positifs. Ce sondage affirme que 92% des français ont entendu parler des gaz de schiste, et qu’une immense majorité de ceux qui « savent » (entre 90 et 94%) est consciente des risques environnementaux liés à la consommation d’eau et à la pollution des nappes « par les produits chimiques utilisés ». On ne leur a pas posé la question des autres risques comme la migration du gaz, les remontées de métaux lourds ou d’éléments radioactifs, les risques sismiques, les émanations de gaz dans l’air…dommage ! Toutefois 85% des mêmes estiment que « l’exploitation des gaz de schiste est un technique que l’on maitrise mal ».

Ensuite plus de 70% de ces « français éclairés » (soit 37% de l’échantillon total) pensent que cette exploitation « augmenterait l’indépendance énergétique de la France » (de combien ? la question n’est pas posée, et pour cause !), que « les ressources de gaz de schiste sont importantes en France » (c’est combien importantes, alors que personne ne sait vraiment ?) et qu’elle « créerait de nombreux emplois en France » (oui, quelques centaines selon le Rapport du Conseil Général de l’Economie, de l’Industrie, de l’Energie et des Technologies…sans parler des emplois perdus dans l’agriculture ou le tourisme !). On voit bien à quelles lanternes ont été éclairés ces Français-là …qui restent toutefois plus sceptiques (autour de 60%) sur une la ré-industrialisation du pays, le recul induit du nucléaire ou l’action sur la baisse des prix.

Concernant des forages scientifiques « pour évaluer les ressources présentes en France »  58% des citoyens « éclairés », soit 31% des sondés, se disent plus ou moins favorables : leur a-t-on dit que ces forages seraient réalisés par des entreprises (et pas par des scientifiques) dont l’intention est bien d’exploiter ce qu’ils pourraient trouver ?

Enfin vient la vraie question de Ecorpstim, société qui cherche à promouvoir  la « stimulation des puits » par le propane : « s’il existait aujourd’hui une technique alternative qui ne nécessiterait ni eau, ni produits chimique pour extraire le gaz de schiste, seriez-vous favorables à ce qu’elle soit testée à titre expérimental en France ? » Ben oui…si on pouvait avoir le beurre et l’argent du beurre, on pourrait se laisser tenter. A part que la technique promue par Ecorpstim est « expérimentale » et utilise du propane, gaz dangereux,  explosif et asphyxiant … ce qu’on a oublié de dire aux sondés dont 46% (80% de 53%) se sont laissés  prendre au mirage de l’extraction propre.

« Un bel exercice de communication » comme le résume sobrement Pierre Le Hir sur le site du Monde du 27 mars.

JC

(1) http://www.enerzine.com/12/15518+ifop—les-mentalites-francaises-sur-le-gaz-de-schiste-evoluent+.html

(2)   http://www.ifop.com/?option=com_publication&type=poll&id=2199

(3) Ecorp qui est également pétitionnaire de la demande d’une extension de périmètre de recherche minière avec Gex Sud, demande jugée recevable.

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JV, récit militant le 18.03.2013

NANTUA MANIF 16 MARS 2013Nous étions près de trois mille, samedi 16 mars 2013, à défiler dans les rues de Nantua, pour demander le non-renouvellement du Permis des Moussières, défendre nos ressources en eau, notre agriculture, notre économie touristique…

La manifestation lancée par les collectifs rhône-alpins et franc-comtois contre les hydrocarbures s’est tenue dans une ambiance festive et bon enfant, malgré la gravité de l’enjeu.

L’information aux élus

Guy Faure (hydrogéologue), Jacques Cambon (hydrologue) et Bertrand Valton (Fédération de spéléologie de l’Ain) ont animé en matinée une réunion d’information à l’intention des élus, à la salle des fêtes de Charix.

Afin de rappeler qu’aucun forage ne se fait à l’eau claire, que les couches visées par la Celtique EnergieMatinée avec les élus 16 mars 2013 Petroleum nécessitent « une amélioration de la perméabilité » selon un document de l’entreprise datant de 2006, que la pollution de la source de la Moullaz par Esso en 1989 provient d’une perte de forage… Et que personne ne peut garantir qu’un tel accident ne se reproduira pas, vue la complexité de nos réseaux karstiques.

Le cortège

Parti de l’Esplanade du lac, le cortège a été ouvert par la colonne de tracteurs des paysans du Haut-Bugey et du Haut-Jura. Les agriculteurs se sont mobilisés en nombre: c’est la survie de leur métier qui en jeu. Leurs attelages, haut en couleurs et en slogans, affichaient la détermination des collectifs contre les projets de forage sur le massif jurassien.

Manifestation nantua 13 mars 2013Dans le cortège :

  • des enfants parce que c’est de leur avenir dont il s’agit.
  • des parents parce qu’ils sont des citoyens responsables.
  • des grands-parents parce qu’ils ont l’expérience : leurs propres grands-parents ont connu ces temps où l’approvisionnement en eau était une problématique quotidienne.
  • des paysans parce qu’ils veulent continuer à faire une agriculture de qualité.
  • des spéléologues parce qu’ils connaissent la complexité de nos réseaux souterrains.
  • une soixantaine de maires et d’élus de tout bord politique, car il s’agit de défendre tous ensemble notre territoire.
  • des Genevois parce que c’est l’ensemble de l’arc jurassien qui est concerné, des deux côtés des crêtes.
  • une Polonaise parce que son pays connaît les conséquences désastreuses de l’exploitation des hydrocarbures non conventionnels.
  • des Ardèchois, des Drômois, des Gardois, des Haut-Savoyards, des Isérois, des Jurassiens, des Lyonnais parce que nous sommes tous reliés comme les doigts de la main… Ni ici, ni ailleurs !
La délégation

MAnifestation nantua les élusUne délégation a été reçue en sous-préfecture de Nantua par la sous-préfète Madame Eléodie Sches : une quarantaine de maires en écharpe, renforcés par les élus genevois, accompagnaient Christine Monnet, représentante du collectif Haut-Bugey.

« Le message le plus fort aujourd’hui, c’est vous qui l’avez donné, a commenté Jean-Pierre Carminati, le maire de Nantua, à l’issue de la manifestation. Il n’y aurait rien eu de pire que si nous nous étions retrouvés à cinq cents. Nous étions trois mille ! C’est celui-là qui est envoyé à Paris. Élus, collectifs et tous les partis réunis derrière un même intérêt : notre territoire ».

L’unité politique

Manif Nantua 16 mars AbbadLes élus étaient réunis derrière un même combat, toutes couleurs politiquesManif Nantua 16 mars les élus confondues : Damien Abad (député d’Oyonnax – UMP), Jacques Berthou (sénateur de l’Ain – PS), Florence Blatrix (première secrétaire du PS de l’Ain), Jean-Pierre Carminati (maire de Nantua – SE), Alain Chabrolle (vice-président de la région Rhône-Alpes – EELV), Sylvie Goy-Chavent (sénatrice de l’Ain – UDI), Francis Lahaut (maire de Saint-Claude – Front de gauche), Anne Mahrer (présidente des Verts genevois), Jean-Daniel Maire (vice-président du conseil général du Jura – PS), Guillaume Mathelier (premier secrétaire du PS de Haute-Savoie), Rachel Mazuir (président du conseil général de l’Ain – PS), Jean-Gabriel Nast (président du Parc naturel régional du Haut-Jura – UMP), le PCF de l’Ain, André Philippon (vice-président du conseil général de l’Ain – PS), Michelle Rivasi (députée européenne – EELV), Michel Rivat (conseiller général du canton de Brénod, maire de Champdor – socialiste), Hervé Leroy, maire de Lantenay, Alain Balland, maire de Corcelles, Hervé Ozil, maire de Lagorce (Ardèche),….

Nantua 16 mars 2013 TLes élus ont été invités à maintenir la pression en sollicitant ces prochains jours une audience auprès de Jean-Marc Ayrault, « parce qu’en matière d’arbitrage, le Ministère de l’économie l’emporte toujours sur le Ministère de l’environnement ».

Une association des élus du territoire du permis des Moussières doit voir le jour.

Le rassemblement s’est achevé avec la lecture d’un message adressé par les collectifs du Nord de la Loire aux manifestants de Nantua.

Le combat continue.

Communiqué

Nantua 16 MARS 2013 ManifestationLes collectifs citoyens ont pris connaissance de la demande de renouvellement du permis des Moussières déposée par la compagnie Celtique Energie au mois de novembre 2012 et jugée recevable depuis le 3 décembre 2012. Ils s’opposent à ce que l’Etat accorde un renouvellement de l’autorisation de recherche d’hydrocarbures alors qu’aucuns travaux n’ont pu démarrer depuis 2008.

Avant qu’il ne soit trop tard, ils en appellent au bon sens de l’administration et du pouvoir politique afin de cette demande ne soit pas accordée, qu’il soit mis fin au permis de Gex de la même manière et que les demandes de permis de recherche d’hydrocarbure de Blyes (gaz de schiste) et de Gex-Sud ne soient pas accordées.

Union sacrée entre la population et ses représentants de tous bords politiques contre ces projets

Les collectifs citoyens et associations qui luttent depuis plus de deux ans contre ces projets d’exploitation de ressources fossiles saluent le positionnement clair des représentants locaux, de la majorité du conseil général, de parlementaires de l’opposition comme de la majorité ainsi que d’élus régionaux et européens. Ce front pour la protection des territoires, des ressources en eau, de l’activité paysanne et touristique a pris une telle importance que la sous préfète de Nantua a exprimé le souhait de rencontrer une délégation citoyenne le jour de la manifestation.

La garantie contre la pollution n’existe pas, les emplois durables, ce n’est qu’un conte de fée

Dans de récentes déclarations, le gérant de la société Celtique Energie en France prétendait que la compagnie était assurée contre des risques de pollutions dans le cadre de ses travaux ! Une telle affirmation reflète le manque de considération qu’apporte cette société à la population qui sait parfaitement qu’aucune compagnie d’assurance ne peut offrir de telle garanties. Le titulaire de ce permis de recherche pétrolière tente par tous les moyens d’amadouer les habitants et leurs représentants en leur faisant miroiter de mirifiques redevances, le développement d’une activité économique et d’emplois, alors qu’il est clair que ces promesses ne peuvent évidemment pas être tenues tant une telle activité est éphémère. Les entreprises de forage et de stimulation du puits qui interviendraient, viendraient avec leurs équipes de techniciens spécialisés. Aucun emploi ne sera créé, sauf peut-être dans le domaine du transport des déblais pour les quelques mois que dureront les travaux de forage. Ce qui ne représente rien en comparaison des emplois existant dans le tourisme, les  productions agricoles, les appellations contrôlées et l’eau de source (Les Neyrolles à Nantua ), tous menacés par un accident industriel…Sans compter la dévaluation du prix du foncier…

L’utilisation de l’eau, le mensonge continue

La compagnie Celtique appuyée par le cabinet Antéa tente de faire croire que l’évolution des techniques mettrait à l’abri l’entrepreneur des risques engendrés par les forages sur les aquifères circulant dans cette zone karstique que constitue le territoire visé par le pétrolier alors que le risque persiste. Aucune assurance de ce type n’existe bien évidemment. Pire, nulle part n’est fait mention publiquement de la technique d’injection d’eau nécessaire à la mise en pression du « réservoir » de la Chandelière Nord que Celtique souhaite explorer à partir des communes de Lantenay ou de Corcelles. Pomper encore de l’eau dans les réserves locales pour faire sortir le pétrole ? De qui se moque-t-on ? Pourquoi dissimuler cet aspect technique fondamental de l’exploration de ce réservoir d’huile ?

Ce que cherche vraiment la Celtique Energie Petroleum

La Celtique Energie Petroleum dit ne s’intéresser au pétrole conventionnel uniquement parce  que la fracturation hydraulique est illégale actuellement en France, depuis la loi de juillet 2011. Lors de la demande initiale (mars 2008) l’objectif visé était pourtant bien «les hydrocarbures de roches mères » (pétrole, huile et gaz dits « de schiste »).

Dans sa demande de renouvellement déposée en octobre 2012, l’entreprise vise des hydrocarbures « conventionnels  » dans des couches géologiques qui correspondent aux couches des hydrocarbures non conventionnels.

Espère t-elle seulement un changement de politique de la part du gouvernement?

Pour les collectifs, il est urgent que l’Etat se préoccupe des recherches d’énergies renouvelables « propres » et non de celles des hydrocarbures qui mettent en danger nos ressources en eau, l’activité touristique et agricole vitales sur les zones des permis de forages des Moussières, de Gex et de Blyes, et ne résoudront en rien le passage à une transition énergétique décarbonée, inéluctable et urgente !

Journée régionale d’opposition à Nantua le samedi 16 mars avec manifestation à partir de 14h00
  • Rassemblement sur l’Esplanade du Lac à partir de 14 heures : prise de paroles puis cortège à travers la ville.
  • 15 h 30 : délégation à la sous-préfecture d’élus et de membres des Collectifs.
  • Retour à l’Esplanade du Lac : prise de paroles des corporations professionnelles, des associations, des politiques.

Info covoiturage voir ici

Lire aussi:

Hydrocarbures non conventionnels et glissement sémantique, les collectifs du Nord de Rhône-Alpes interpellent leurs élus
Vous avez dit « hydrocarbures conventionnels » ?
Des Gaz de schiste propres, puisqu’on vous le dit !

 

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Messieurs les foreurs,

ayrault dit non aux gaz de schisteDans votre récente lettre au Premier Ministre vous vous inquiétez de la mise en place de la commission prévue par la loi du 13 juillet 2011. Nous tenons à vous rassurer pleinement : outre le représentant du Sénat, Michel Teston, l’Etat a désigné, par le décret 2012-385 du 21 mars 2012, 5 représentants, fonctionnaires des finances et/ou des mines. Quant à l’Assemblée nationale elle a désigné son représentant Fabrice Verdier  le 3 septembre 2012. Cette commission chargée en particulier d’émettre «un avis public sur les conditions de mise en œuvre des expérimentations» est bien en train de se mettre en place.

Mais pourquoi faire ? Puisque l’OPECST sous la houlette de MM Lenoir et Bataille se prépare à émettre un rapport favorable à l’exploitation des hydrocarbures non conventionnels avec, dès l’étude de faisabilité, une définition restrictive de la fracturation hydraulique qui laisse augurer de la suite : la fracturation avec n’importe quel autre fluide que l’eau sera acceptée…De quoi combler les vœux de tous ceux qui, avec notre Président de la République, laissent la porte ouverte «à d’autres techniques que la fracturation hydraulique».

Vos patrons pétroliers ne s’y sont pas trompés d’ailleurs, qui maintiennent, voire multiplient, les demandes de permis de recherche dans des zones où il n’y a pas d’hydrocarbures conventionnels : ils veulent se positionner pour attendre tranquillement que le nouveau code minier, dont ils disent bien fort qu’il devrait exclure des décisions les collectivités locales et les citoyens,  leur permette enfin d’accéder aux hydrocarbures non conventionnels.

Mais si certains de nos élus nationaux se laissent tromper par les sirènes des pétroliers, aux intérêts mercantiles desquels vous venez ajouter vos propres visées corporatistes, les citoyens et les élus de base continueront à défendre l’eau, l’air, la terre, le cadre de vie et même l’économie (quoique vous puissiez en penser !). Ils continueront à lutter pour une transition vers une consommation énergétique fondée sur la sobriété, l’efficacité et les énergies renouvelables, et dans laquelle les hydrocarbures non conventionnels n’ont pas leur place.

Et comme pour les élus qui veulent ouvrir cette boite de pandore, les citoyens n’hésiteront pas une seconde à vous traduire devant les tribunaux pour tout dégât occasionné à leur espace de vie. Un homme averti en ce troisième millénaire en vaut bien plus de deux du siècle passé…il est urgent de vous reconvertir dans les énergies renouvelables, messieurs les foreurs !

JC

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ClR(1) 11 Mars 2013

André Cazetien est ancien élu du bassin de Lacq. Il est maire honoraire de la ville nouvelle de Mourenx, dans le bassin de Lacq. Instituteur, il a été maire durant 18 ans de cette ville construite pour accueillir les milliers d’ouvriers venus dans le Béarn afin de travailler à l’exploitation du gaz. Militant écologiste, il est, à 89 ans, l’auteur de nombreux livres parmi lesquels « Et organisons-nous! » (Utovie, 2012), qui fait écho à celui de Stéphane Hessel.

Exploitation du gaz à Lacq (64) – février 2013

Exploitation du gaz à Lacq (64) – février 2013

 Nous publions ici un extrait de l’article « Gaz de schiste, gaz de Lacq: Une philosophie nouvelle » (Article paru dans L’âge de faire, n71, janvier 2013) qui témoigne des premières années de l’exploitation du gaz à Lacq et de ses conséquences pour les habitants.

 « Il y a cinquante ans, l’exploitation du gisement de Lacq ne fut pas une banale activité industrielle. Les ravages de nos plantations agricoles, viticoles notamment, les détériorations d’installations métalliques, les masques à gaz des enfants à l’école et à la maison et leur envoi, gratuit pour les familles de Lacq, en classe de neige en vallée d’Aspe, l’extinction d’une torchère de l’usine de Lacq et l’hospitalisation d’une partie du personnel, l’incendie d’une unité de l’usine, tout cela, et j’en passe, a marqué douloureusement les premières années de vie dans ce bassin industriel.

Il fallut la lutte intense, à l’appel de l’Association de défense des populations de la région de Lacq, animée notamment par Félicien Prué, maire d’Abidos, et par moi-même, directeur de l’école de Lacq. Les tracteurs des paysans barrèrent la route nationale, plus d’un millier de paysans se rassemblèrent à Lacq, le député Guy Ebrard créa, avec les maires de la région, une deuxième association de défense. La vie de tout ce qui vit, humains, animaux et plantes, était mise à rude épreuve par la pollution. Sans la lutte, il n’y aurait pas eu les travaux anti-polluants réalisés par la SNPA (Société nationale des pétroles d’Aquitaine, qui a exploité le gaz de Lacq et fusionnera avec Elf dans les années 70) ».

Lacq 1960 Elève arrivant à l'école avec masque à gaz obligatoire

Légende: Lacq, 1960. La pollution est intense. Un élève arrive à son école. Il porte son cartable et un masque à gaz obligatoire

La leçon que nous voulons en tirer, c’est que l’exploitation des énergies fossiles, conventionnelle ou non conventionnelle, est toujours polluante et qu’il a fallu, déjà à l’époque, la mobilisation de la population pour que les pouvoirs publics s’ en préoccupent un tant soit peu. Vouloir faire passer les projets actuels pour des projets « conventionnels », et prétendre que les techniques sauront résoudre toutes les difficultés (Comme le gaz souffré fut dompté par les ingénieurs à Lacq) n’élimine pas les conséquences de cette exploitation pour la population sur son territoire. « Qui veut aujourd’hui du gaz de schiste? », demande André Cazetien. « Quand la planète, malmenée par l’homme, se réchauffe et perd sa vie. Nous choisissons le Soleil, le Vent, la Mer – Inépuisables, Non polluants – Qui nous font vivre ». Non à l’exploitation des gaz de schistes, oui à la transition énergétique!

(1) chercheure et membre du collectif stop au gaz de schiste 69

… ou comment les villageois en Pologne se font envahir par l’industrie du gaz de schiste
Julien Mucchielli | Étudiant journaliste Publié avec l’accord de l’auteur. Précédente publication 11.03.2013 sur Rue89
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Le sous-sol regorge de gaz de schiste, les majors nord-américaines accourent… Et la Pologne se voit déjà autosuffisante. Mais le manque de transparence inquiète.

entree_lewino_pologne_gaz_de_schisteAu bord de la route qui sillonne champs et forêts, un panneau vert annonce en deux langues le hameau de Lewino. Ici, c’est la Cachoubie, une terre qui se targue de posséder sa propre langue et sa culture. Un pays au cœur de la région administrative de Poméranie, où d’innombrables lacs s’étirent et délimitent terres agricoles et forêts de bouleaux.

Les chemins sont déserts, et les cheminées fument – à moins que ce ne soit la brume matinale qui s’accroche aux toits des masures. Au cœur du hameau, encerclé par les champs labourés, une immense dalle de béton arbore en son centre une drôle de vanne rutilante, faisant l’effet d’un phare dans le brouillard. C’est la tête d’un puits qui devrait servir à l’exploration du sous-sol, à la recherche du gaz de schiste dont regorgent les alentours.

tete_de_puits_lewino_pologne_gaz_de_schiste_retouche

Déception après les fortes estimations US

Le 21 mars 2012, un rapport de l’institut géologique polonais établit les réserves de ce gaz dit non-conventionnel à 1 920 milliards de mètres cubes. En tenant compte des moyens techniques aujourd’hui disponibles, 346 milliards à 768 milliards de mètres cubes seraient directement exploitables. C’est dix fois moins que les 5 300 milliards pronostiqués par une étude de l’agence américaine de l’énergie un an plus tôt.

Qu’importe, cela représente environ 50 ans d’autosuffisance gazière pour la Pologne. Et une aubaine pour les compagnies énergétiques du monde entier.

Essentiellement nord-américaines – sur dix-neuf, deux sont polonaises – ces sociétés affluent, et essaiment leurs puits qui serviront à l’exploration. Le gouvernement polonais leur a cédé des permis à bas prix, décidé à favoriser l’expansion rapide de cette industrie.

La Pologne achète 70% de son gaz à la Russie, à un prix relativement élevé. Les 30% restants proviennent d’Allemagne, qui tient ce gaz de la Russie. La production massive de gaz de schiste assurerait donc, enfin, la sécurité énergétique au pays, tout en l’affranchissant de la tutelle du géant russe.

Des avantages à qui rejoint « cette aventure »

L’emballement pour le gaz de schiste est immédiat. Tout le monde espère enfin se défaire du voisin russe tant redouté, et les médias autant que l’opinion publique approuvent ce progrès, ce « miracle du gaz de schiste ». Le gouvernement compte sur la création de 500 000 emplois directs et indirects, et d’importants bénéfices financiers, notamment fiscaux. Dans son dernier budget, l’Etat prévoit d’investir dans cette industrie 12 milliards et demi d’euros d’ici 2020.

Des lois sur mesure 1 de 2Début 2012, une nouvelle loi entre en vigueur, refondant le droit minier polonais. Cette loi favorise l’exploration du gaz de schiste par les compagnies énergétiques. Le premier ministre Donald Tusk l’expliquait en mai 2012 :

« Il est nécessaire de mettre en place un régime fiscal spécial pour cette manne économique, avec un système juridique qui puisse être profitable aussi bien pour notre propre pays, mais également avantageux pour ceux qui viendront coopérer avec nous dans cette aventure. »

Il s’agit par là de faciliter le travail d’exploration, pour que l’industrie entre dans sa phase d’exploitation le plus tôt possible, devenant économiquement rentable. Le gouvernement espère que ce stade débute en 2014. « Pas avant sept ou dix ans », tempère Andrzej Sikora, directeur de l’institut des études énergétiques, un think tank qui conseille le gouvernement et les compagnies.

Faire baisser les prix du gaz russe

L’expert souligne les difficultés rencontrées par les sociétés de forage, qui ne parviennent pas toujours facilement à déceler les réserves mirobolantes. Un seul forage d’exploration coûte entre 13 millions et 14 millions d’euros, estime PGNiG, l’une des compagnies polonaises qui fore déjà des puits. Selon sa présidente Grazyna Piotrowska-Oliwa, on ne connaîtra pas l’état des réserves avant deux à trois ans. Et une montée en production conséquente prendra au moins dix ans.

Néanmoins, les premiers millions de mètres cubes de gaz de schiste « made in Poland » offriront des arguments supplémentaires dans les négociations avec Gazprom pour faire baisser les prix du gaz russe. Un motif de réjouissance immédiat à Varsovie.

De la vodka pour que tout se passe bien

Les habitants voient ainsi pousser sur leurs terres des dizaines de puits, qui déjà émergent aux quatre coins du pays. Et surtout en Poméranie. Cette région du nord-ouest, très rurale, est la plus riche en gaz de schiste. C’est aussi une région pauvre, pour qui cette industrie est l’opportunité de créer de l’emploi et de la richesse. Et d’assurer l’indépendance énergétique, encore.

« Il est important pour nous d’assurer une indépendance au niveau local, notamment pour éviter les coupures énergétiques dans les périodes de grand froid », plaide Maria Klawiter, jeune femme blonde avenante, chargée de mission pour le gaz de schiste en région de Poméranie.

Pour le compte du gouvernement, elle parcourt les localités du territoire, rencontrant les élus locaux et les habitants. La plupart sont acquis à la cause, ou n’y trouvent rien à redire sur le principe. Il est vrai que les compagnies soignent leur communication. Comme à Lewino, début 2012, où le canadien Talisman Energy a organisé un cocktail, avec victuailles et vodka à profusion, laissant les invités ravis.

Qui exploitera enfin le puits du village ?

Malgré cet emballement, certains habitants de la bourgade s’estiment mal informés. Justyna Kos, une agricultrice quadragénaire, a créé une association qui tente de glaner des informations. Quotidiennement, elle fait des revues de presse, interpelle la compagnie et les pouvoirs publics, pour savoir ce qu’il adviendra du puits de son village.

« Il y a un mois, une annonce dans la presse locale prédisait le retour de Talisman Energy [après le cocktail, ndlr]. Puis, un autre article a affirmé que la compagnie allait fermer son bureau à Varsovie, et quitter la Pologne. La concession serait reprise par des Chinois. »

Il ne s’agit même pas de protester. Tout le monde, sur le principe, est favorable. Mais autant tirer profit de cette aubaine équitablement. Le maire de la commune de Linia, dont dépend Lewino, n’est que déférence face aux aspirations de l’industriel qui bénéficie de facilités administratives.

Monika, l’une des rares à se méfier
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Ailleurs en Cachoubie, au village de Stzeszewo, un puits turbine. Ici, la fracturation a déjà eu lieu, et les travailleurs du gaz s’affairent sur le site. A quelques centaines de mètres seulement, des habitations. C’est là qu’habite Monika Galasiewicz, une jeune femme agent immobilier dans la ville voisine de Lebien.

Elle est l’une des rares à se méfier de la nouvelle industrie. Monika tente d’alerter ses concitoyens sur les dangers environnementaux liés à la fracturation hydraulique. Souvent en vain.

« Pour certains habitants, nous sommes des hurluberlus. “Pourquoi s’opposer à un progrès technique qui nous rapporterait de l’argent ?” Voilà ce qu’ils disent. »

Pourtant selon elle, les dégâts se font déjà sentir. « Ils ont enfoui des résidus de forage dans le champ qui jouxte le puits, tout le monde l’a vu », s’étrangle-t-elle. Ses voisins, eux, profitent des avantages directs liés à la présence des ouvriers.

Menace sur les réserves d’eau (et les agriculteurs)

L’hôtel du coin ne désemplit pas depuis des mois, et plusieurs personnes ont été engagées dans la sécurité du site. « Ils voient les bénéfices à court terme et n’ont rien à faire des conséquences sur la nature », déplore-t-elle, dépitée.

Des lois sur mesure 2 de 2Peu nombreux, les écologistes essaient de s’organiser. Çà et là, émergent de petites associations, comme celle de Monika. Une figure s’impose. Marek Kryda, 54 ans et la moustache fine, est le porte-voix indiscutable de la question verte. Il s’insurge contre la folie du gaz de schiste.

Selon lui, cette industrie est obsolète avant même d’exister. Surtout, il décrie les conséquences graves qu’elle pourrait avoir sur les réserves d’eau de la région. La Pologne en général, et la Poméranie en particulier en manquent cruellement.

Or, pour réaliser une fracturation, 15 000 m3 d’eau sont nécessaires. « Pour l’approvisionnement, ils n’auront d’autre choix que de pomper les nappes phréatiques, au détriment des agriculteurs », dénonce Kryda. Une réelle menace pour les habitants qui vivent essentiellement du travail de la terre et de l’élevage. « En été, le niveau des nappes est très bas. Un pompage intense pourrait conduire à de véritables pénuries », prévient-il.

A Lewino, Justyna Kos confirme que Talisman Energy a rénové les pompes d’irrigation, démontrant la volonté de l’entreprise de s’y raccorder pour alimenter son puits.

Une énergie propre, comparée au charbon

L’eau, la grande affaire. Car à la pénurie pourrait s’ajouter la pollution. La fracturation hydraulique, procédé par lequel on injecte à 800 bars de pression un mélange d’eau (à 93%), de sable et de produits chimiques, a déjà fait des ravages environnementaux en Amérique du Nord. En fracturant la roche, ce mélange se disperse dans le sous-sol, mal contenu par la protection métallique qui isole le puits. Une partie du liquide regagne la surface, et stagne dans un bassin de rétention. Le reste, 30% à 90% selon les études, circule sous terre, et peut contaminer les nappes phréatiques.

Mais les habitants ne semblent guère se soucier des conséquences. Ils écoutent le gouvernement et les compagnies qui leur expliquent que les techniques ont évolué. Plus sûre, plus propre, la fracturation sèche permettrait d’éviter les avaries. Une technique qui, hélas, est loin d’être opérationnelle, mais qui rend le gouvernement optimiste.

Maria Klawiter, elle, martèle que « la fracturation hydraulique n’a aujourd’hui rien à voir avec ce qui s’est pratiqué aux Etats-Unis il y a vingt ans. Elle respecte les standards environnementaux de l’Union européenne, et ne présente presque plus de risques ». Surtout, elle insiste sur la « propreté » de cette énergie, comparée à la combustion du charbon.

« 93% de notre énergie provient du charbon, l’énergie la plus polluante pour l’atmosphère, celle qui produit le plus de gaz à effet de serre. Passer au gaz de schiste nous permettra de réduire notre bilan carbone. »

« Ça en sera fini du tourisme » sur la Baltique

Marek Kryda ne partage pas cet optimisme. D’abord, il fustige tout l’argent investi dans les énergies fossiles, au détriment des énergies renouvelables. Puis, il conteste l’ampleur du nombre de nouveaux emplois. « La plupart des emplois qualifiés seront importés par les compagnies, car nous n’avons pas les ressources nécessaires », prévient-il. Enfin, il alerte sur les conséquences néfastes induites par l’industrie minière, au détriment du tourisme.

« Au bord de la mer Baltique, 80% des gens vivent directement ou indirectement du tourisme. Si des dizaines de puits travaillent le long de la côte, ça en sera fini de ce secteur. »

Plusieurs puits ont déjà poussé sur cette côte bordée d’immenses plages de sable surmontées de dunes. Dans ce coin très prisé en été, où nombre de Polonais viennent s’adonner aux sports nautiques, certains habitants s’inquiètent des forages. Et de l’activité sismique qui en découle : les murs de certaines maisons arborent de nettes fissures sur plusieurs mètres. Résultat direct, selon leurs propriétaires, de la fracturation.

Un espion dans une réunion d’information

Plusieurs s’organisent, exigent des explications et des réparations auprès des compagnies énergétiques. Certains ont pris la fibre écologique. Régulièrement, ils se réunissent, discutent et débattent. Ils ne comprennent pas que les industriels et le gouvernement restent si discrets sur la nature de cette activité. Beaucoup, comme les agriculteurs, assistent à ces réunions sans être engagés, simplement pour s’informer et comprendre.

Début octobre 2012, l’une de ces réunions s’est tenue dans un hôtel de la ville de Leba. Dans l’assemblée, une taupe, mandatée par une compagnie énergétique, enregistre les discussions. L’homme en tire un rapport, qu’il transmet à sa hiérarchie et aux autorités polonaises. La conclusion de ce document relate les grandes décisions prises lors de la réunion : créer un centre de coordination des actions, interpeler les députés, informer le médiateur chargé des affaires citoyennes, demander des rapports sur l’impact environnemental.

Tout cela, consigné à l’adresse du ministère des Affaires étrangères, démontre le souci du gouvernement de ne pas se faire déborder par des activistes qu’ils jugent « écofanatiques ». C’est le quotidien Gazeta Prawna qui a révélé l’espionnage.

« On est pour, sur le principe »

L’issue du combat ne laisse aucun doute, et les écologistes ne se font guère d’illusion. La Pologne, qui se développe à un rythme effréné, a besoin d’énergie. Ne pas recourir à cet eldorado gazier serait perçu comme un renoncement à une expansion économique qui fait la fierté du pays. Alors les puits se multiplient le long des routes de campagne, entre deux champs.

Mais à Lewino, personne ne connaît encore l’avenir du puits foré cette année : fracturera ? Fracturera pas ? Justyna Kos, l’agricultrice, prévient :

« On est pour, sur le principe. A condition qu’il n’y ait aucun préjudice pour l’environnement. Qu’on ne doive pas quitter nos terres polluées. Dans le cas contraire, on s’y opposera. »

Cette semaine en Rhône-Alpes: Agenda ici    NANTUA 16 MARS 2013  (!) Info minute revue de presse
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Après le soutien exprimé par des parlementaires de l’opposition élus des pays de Gex, de Savoie et du Bugey, les élus de la majorité au Conseil Général de l’Ain expriment leur opposition à tout projet de forage hydrocarbure dans la région.

Ils ont tenu à le faire savoir aux collectifs citoyens qui les ont sollicités depuis près de deux ans. Par ce courrier ils encouragent les élus communaux des territoires concernés par le permis des Moussières à exprimer ouvertement leur opposition à ces projets de forage. La sauvegarde de l’économie locale est en jeu, la qualité de l’eau qui circule dans cette région karstique aussi.

Répondant à l’appel des collectifs citoyens de Rhône-Alpes et du Jura, des élus européens, des élus régionaux, des parlementaires, des conseillers généraux, des conseillers municipaux et maires seront présents à la manifestation du samedi 16 mars 2013 à Nantua.

Soutien élus majorité CG 01 16 MARS NANTUA