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(!) Info minute – Revue de Presse

Aux États-Unis, dans l’État de l’Oklahoma, on assiste à une fulgurante augmentation des séismes liés à l’exploitation du gaz de schiste. Alors que les grandes plaines de l’État ne subissaient que seulement deux séismes par an, c’est à présent deux fois par jour que la terre tremble. La fracturation hydraulique pour récupérer des hydrocarbures est à nouveau en cause. 

2 séismes par an puis 585 séismes en 2014 et  600 en 2015

Situé en plein milieu des États-Unis et bien loin des principales failles géologiques, l’Oklahoma a enregistré 585 séismes de magnitude d’au moins 3.0 sur l’échelle de Richter en 2014. C’est plus duLE GAZ DE SCHISTE FRACKING OKLAHOMA SEISMES TREMBLEMENTS TERRE triple que les 180 survenus en Californie située, elle, sur plusieurs failles. « C’est complètement sans précédent« , souligne George Choy, sismologue au Centre de surveillance géologique. Le rythme s’affole, avec déjà 600 séismes depuis début 2015. La secousse la plus puissante, d’une magnitude de 4,5 a été mesurée dans la petite ville de Crescent. 

Sandra Voskuhl, 76 ans, a grandi dans cet Oklahoma rural qui a connu ces dernières années un véritable boom dans l’exploitation de gisements de pétrole par fracturation hydraulique. Elle n’avait jamais ressenti de secousse comme celle du 27 juillet: « Vous l’entendez venir. Tout a tremblé« , raconte-t-elle, se rappelant avoir hurlé quand les cadres photos sont tombés des murs. « On a besoin du pétrole pour nos travailleurs et notre économie, mais ces séismes sont assez effrayants« . 

Les eaux de reflux polluées réinjectées dans le sol

La fracturation hydraulique consiste à injecter à haute pression de l’eau mélangée à du sable et àfracking tremblements de terre gaz de schiste des produits chimiques pour fracturer les formations rocheuses du sous-sol et en extraire le pétrole et le gaz qui y sont emprisonnés.  Mais, en plus du pétrole et du gaz, une eau nauséabonde et saumâtre ressort également du sol dont les pétroliers se débarrassent en l’injectant dans d’autres puits, profonds parfois de plus de 1500 mètres. Cet ajout artificiel d’eau dans les sous-sols modifie la pression sur les lignes de faille, causant des glissements qui font trembler la terre, explique George Choy. 

Les scientifiques divergent sur la magnitude maximale que les séismes causés par la fracturation hydraulique pourraient atteindre. Pour certains, ils ne dépasseront jamais 4 ou 5, suffisant pour endommager les vitres et faire trembler les étagères, mais d’autres envisagent des magnitudes de 7, qui feraient s’effondrer des immeubles. « Quand vous injectez de l’eau dans le sous-sol, elle n’en ressortira jamais. Vous la mettez à des endroits où il n’y en a jamais eu auparavant. Plus vous en mettez, plus la zone affectée sera importante. On ne sait pas quelles seront les conséquences à long terme« , reprend George Choy. 

Les cobayes de l’exploitation

La fracturation hydraulique a permis de récupérer d’importantes quantités de pétrole et de gaz dans plusieurs Etats, créant un boom économique qui s’est amoindri ces derniers temps par l’importante baisse des prix du pétrole. Mais elle a aussi suscité des inquiétudes relatives aux tremblements de terre et à la contamination des nappes phréatiques. 

Le rythme d’augmentation de l’activité sismique en Oklahoma effraye ainsi beaucoup d’habitants: « Nous sommes le seul État où ce problème est apparu… et nous avons continué« , regrette Johnson Bridgwater, directeur exécutif du groupe écologiste Sierra Club. « Nous voulons que la sécurité publique soit une priorité, au lieu que l’on considère cet État comme un laboratoire géant« , dit-il encore. 

Appel au moratoire

L’Oklahoma compte 4500 puits dans lesquels sont réinjectées les eaux usées de la fracturation Oklahoma-Earthquake-Caused-by-Fracking-Hydraulic-Fracturing-Natural-Gas-Drilling-Seismic-Activity-Environmental-Damage-Protest BAN FRACKINGhydraulique, dont 3200 opèrent quotidiennement. La gouverneure républicaine Mary Fallin a mis du temps à accepter de reconnaître un lien entre fracturation hydraulique et activité sismique. Devant l’évidence, elle a enfin pris des dispositions cette année et certaines zones commencent à être surveillées, pour être sûr que l’eau n’est pas réinjectée trop profondément ou en trop grandes quantités. 

« Nous espérons que tout cela aura un impact significatif sur les séismes, mais c’est un processus en cours et nous continuerons à évaluer les résultats que nous obtenons aujourd’hui et avec d’éventuelles autres actions à l’avenir« , indique le directeur de la communication de la gouverneure, Alex Weintz. Mais le Sierra Club, estimant ces mesures très insuffisantes, a appelé à un moratoire sur les puits de réinjection d’eau dans les 21 comtés d’Oklahoma les plus à risque.

GAZ DE SCHISTE FRACKING OKLAHOMA SEISMES

Source : AFP

En Pennsylvanie, où l’industrie du fracking est très active, la lutte pour protéger les familles impactées par les effets nocifs de cette méthode de forage dangereuse est un vrai chaos. La semaine dernière après des mois de résistance face à sa requête dans le cadre de la loi sur la liberté de l’information, l’État a finalement remis à l’organisation « Food & Water Watch » plus de 100 pages de documents. Et ce que l’organisation a pu y lire est particulièrement choquant. Les documents indiquent clairement que l’administration sanitaire de Pennsylvanie a régulièrement fait preuve d’une négligence et d’une incompétence alarmantes dans ses réactions face aux dizaines de signalements de problèmes de santé liés au fracking faits par des habitants.

C’est en juillet 2014 que le pot aux roses est découvert, quand un rapport de « State Impact Pennsylvania » révèle qu’ordre avait été donné aux employés des services de santé de ne pas réagir aux signalements de problèmes de sanitaires liés au « fracking » (le processus d’exploitation du gaz de schiste).

Ordre est donné aux professionnels de santé de garder le silence

D’après le témoignage de deux anciens employés du département de la santé, celui-ci a adopté une politique visant à empêcher les professionnels de santé s’occuper des plaintes formulées par les habitants concernant les impacts sanitaires liées aux forages de gaz de schiste. Toujours selon le même témoignage, les employés recevaient l’instruction explicite de ne pas discuter avec les habitants qui téléphonaient pour signaler des problèmes de santé : « Nous n’avions absolument pas le droit de leur parler. Nous ne connaissons pas d’autre situation qui ait fait l’objet de telles consignes de silence».

Refus de l’administration de communiquer l’information

En juillet, 2014, le département de la santé refusait de donner suite à la demande d’information de « Food & Water Watch » et c’est finalement le bureau de « Bureau des archives déclassifiées » (l’équivalent en France de la Commission d’accès aux documents administratifs – CADA) qui a enjoint l’administration sanitaire de communiquer les documents demandés.

Entre le 30 mars 2011 et le 6 avril 2015, l’administration sanitaire a enregistré pas moins de 87 plaintes déposées par des habitants inquiets, des professionnels de santé, des élus et des agences au nom des habitants de Pennsylvanie.

Les problèmes de santé les plus souvent mentionnés par les habitants étaient des problèmes respiratoires, l’asthme, des irritations de la gorge et du nez, ainsi que les odeurs nauséabondes, des problèmes de peau, des problèmes abdominaux et la pollution sonore. Des habitants se sont plaints aussi de cancers et d’importantes chutes de cheveux.   Des médecins ont même appelé parce qu’ils « voyaient un nombre inhabituel de lésions/éruptions cutanées chez les habitants ».

Les preuves que révélaient déjà les études scientifiques

Les problèmes de santé évoqués concordent avec les études scientifiques sur les effets sanitaires potentiels de l’exploitation des hydrocarbures par le fracking. Les produits chimiques utilisés dans le fracking causent des affections à la peau, aux yeux, au systèmes respiratoire, immunitaire, endocrinien et cardiovasculaire et peuvent causer des cancers.

L’association « Food & Water Watch » s’est opposée pendant près d’une année aux multiples services administratifs pour obtenir ces documents. Aujourd’hui, nous savons pourquoi. Il est à présent nécessaire de documenter et mettre en question la négligence manifeste de l’administration sanitaire qui n’a pas réagi face aux graves problèmes de santé de la population qu’elle a la responsabilité de protéger. L’association continuera à utiliser les instruments juridiques et la sensibilisation de la population pour découvrir la vérité et demander que les responsabilités soient établies.

Pour « Food & Water Watch » le Gouverneur Wolf doit absolument briser le cycle d’abus de l’industrie du gaz et du pétrole interdisant désormais tout nouveau projet de forage dans cet état.

Source: Ecowatch

(!) Info minute – Revue de Presse

Une équipe de chercheurs vient de publier une nouvelle étude dans la revue scientifique Nature Communications dans laquelle ils présentent leur analyse des facteurs qui ont contribué à la baisse de 11% des émissions de CO2 aux États-Unis entre 2007 et 2013.
De nombreux médias et experts ont attribué initialement le changement à la montée de la fracturation hydraulique et au remplacement du charbon «sale» par le gaz naturel à « combustion propre ». Qu’en est-il ?

Impact de la récession de 2007 sur la consommation

Cette nouvelle étude a analysé les modèles qui déterminent réellement la consommation nationalerecession usa 2007 aux États-Unis et il apparaît clairement que le gaz naturel a joué un rôle mineur dans l’histoire du charbon ces quelques dernières années. Et particulièrement lorsqu’on examine la Grande Récession en 2007: à la mi-2007 , la bulle immobilière américaine a éclaté, provoquant une grave récession. Le chômage a plus que doublé au cours des 2 années suivantes. Les revenus ont chuté, et le taux de pauvreté a augmenté. Et entre 2007 et 2009, les émissions de carbone ont diminué de 9,9%.

Le boom du gaz de schiste n’a pas commencé avant 2009

L’étude montre que plus de la moitié du déclin du charbon fut due à une baisse drastique du volume des biens consommés par la population américaine. Près d’un tiers de la baisse pourrait êtrebaisse CO2 USA baisse charbon et consommation pas augmentation gaz de schiste attribuée à des changements dans la structure de production, comprenant également la délocalisation des industries américaines vers la Chine et d’autres pays. Seulement 17% pourraient être attribuées à des changements du mix énergétique pour produire de l’énergie, et pourtant ceci n’est pas lié à la hausse de la production des hydrocarbures non conventionnels. En effet, le boom du gaz de schiste n’a pas commencé avant 2009. Et avant cela, le charbon était déjà sur le déclin.

Depuis la reprise une baisse de CO2 de 0,2% par an seulement

Après 2009, alors que l’économie commençait à se redresser et que les Américains ont recommencébaisse CO2 USA - à consommer des biens en quantités plus importantes, les émissions de carbone ont diminué de 0,2% seulement par an, en moyenne. À ce moment, le boom du gaz de schiste a commencé à avoir un effet sur les émissions de carbone. Et malgré cela, il n’a pas constitué le facteur le plus important dans le déclin des émissions de CO2. Des changements dans la production et la consommation ont dominé de 2009 à 2011, puis un hiver doux en 2012 et des prix élevés de l’essence de 2011 à 2013 laissent à penser que les Américains ont utilisé moins d’énergie globalement, émettant moins de CO2.

Ce ne sont pas les quelques autres augmentations de consommation de l’utilisation du gaz naturel essentiellement produit par la fracturation hydraulique aux États-Unis qui peuvent avoir eu un grand effet global sur les émissions de gaz à effet de serre ni sur le réchauffement. Le boom du gaz naturel pourrait même aggraver la situation. À court terme, le gaz sera en concurrence avec les énergies renouvelables, comme le vent et l’énergie solaire.

Sources: http://www.nature.com/ncomms/2015/150721/ncomms8714/pdf/ncomms8714.pdf
http://www.sciencedaily.com/releases/2015/07/150721124716.htm
http://www.smithsonianmag.com/science-nature/recession-not-fracking-drove-drop-us-carbon-emissions-180955972/?no-ist

(!) Info minute – Revue de Presse

Le gouvernement néerlandais a interdit vendredi 10 juillet tout forage commercial pour le gaz de schiste d’ici à 2020, évoquant notamment la méthode controversée d’exploitation, le fracking. En France, la loi d’interdiction de la fracturation hydraulique bloque également ce type d’exploitation depuis 2011.

« La recherche et l’exploitation commerciale de gaz de schiste n’est pas à l’ordre du jour pour les cinq prochainesschaliegas stop gaz de schiste Pays Bas années », a déclaré le ministre néerlandais de l’Economie Henk Kamp lors d’une conférence de presse à l’issue d’un Conseil des ministres. « Selon des enquêtes mandatées le gouvernement, il y a encore des incertitudes sur les effets du forage profond pour le gaz de schiste aux Pays-Bas », a précisé le gouvernement dans un communiqué, précisant qu’aucun forage d’exploration n’a encore été effectué sur le territoire néerlandais.

Annulation de permis …

Des permis d’exploration délivrés dans le passé puis suspendus, ne seront pas renouvelés, a par ailleurs indiqué Henk Kamp, selon lequel les Pays-Bas compteraient entre 200 et 500 milliards de mètres cubes de gaz de schiste dans leur sol. Les Pays-Bas sont le deuxième producteur européen de gaz naturel traditionnel. En 2011, les revenus du gaz avaient contribué à hauteur de 8% aux recettes de l’État.

… mais la relance de la recherche n’est pas exclue

Un rapport sur les sources d’énergie aux Pays-Bas prévu pour 2015 doit déterminer si le gaz de schiste entreSCHALIEGAS non merci Pays-Bas en ligne de compte dans le paysage énergétique du pays à l’horizon 2020. Si la réponse est positive, des forages d’exploration mis en place par l’État, et non par des sociétés privées, pourraient avoir lieu au plus tôt en 2018. Des recherches menées avec d’autres pays sont également envisagées. Toutefois, dans un tel cas de figure, l’exploration et l’exploitation commerciales ne seraient pas autorisées avant 2020.

La fracture hydraulique, ou fracking, est la seule technique éprouvée pour exploiter les hydrocarbures de schiste. Elle est très utilisée aux États-Unis, interdite en France tandis qu’au Royaume-Uni l’exploitation du gaz de schiste est une priorité du gouvernement Cameron. Toutefois, récemment, des demandes de permis d’exploration ont été rejetées. En Allemagne, le gouvernement a repoussé à après l’été un vote au parlement sur une loi sur le fracking.

Source: AFP

(!) Info minute – Revue de Presse

Les personnes vivant à proximité des sites de fracturation pourraient être affectées par des problèmes de santé ainsi que des difficultés financières tandis que –sans véritable surprise- le gaz de schiste ne peut contribuer à limiter le changement climatique. C’est ce qu’indique un rapport finalement révélé par le gouvernement britannique. Un rapport que les autorités avaient tenté de dissimuler. Ou plus précisément un rapport qui avait été publié partiellement, puisque les parties les plus sensibles en avaient été expurgées.

Un rapport caché

Le rapport – qui avait été initialement fortement expurgé mais qui a maintenant été entièrement publié après que la commissaire à l’information ait ordonné au gouvernement de le faire – comprend des passages marquants -lesquels avaient été précédemment dissimulés- sur les risques de vivre près de sites où son exploité les hydrocarbures par fracturation hydraulique:

« Les propriétés situées dans un rayon de 8 km (5 miles) du site de forage peuvent également faire l’objet d’un surcoût d’assurance afin de couvrir les pertes en cas d’explosion sur le site. »

« Une telle situation auraient sans aucun doute des impacts sociaux » peut-on noter dans le rapport. D’autres impacts sanitaires et financiers affectant les communautés rurales locales sont détaillés dans le rapport – et sont finalement rendus publics. Depuis l’été dernier, l’association Greenpeace UK demandait au département en charge de l’environnement, de la nourriture et des affaires rurales (DEFRA -Department for Environment, Food & Rural Affairs au department) de lui communiquer les informations manquantes. Ses requêtes étant restées sans réponse, l’ONG a finalement obtenu gain de cause à travers le Commissariat à l’information (l’équivalent de la Commission d’accès aux documents administratifs CADA en France) lequel a enjoint le gouvernement britannique de rendre publique la totalité du rapport. En voici les points saillants :

Santé : l’eau, le bruit, la lumière et la pollution de l’air

Les populations pourraient subir les conséquences de la contamination des eaux de surface par les opérations de fracturation hydraulique – le rapport ne relève pas la contamination directe de l’eau potable, mais cette contamination « peut affecter la santé humaine forage gaz de schisteindirectement par la consommation de la faune contaminée, du bétail, ou des produits agricoles ». Le rapport reconnaît également que les pollutions sonores et lumineuses à partir des plates-formes peuvent également induire des problèmes tels « certains résidents peuvent être éprouvés par les bruits assourdissants et la pollution lumineuse qui peut perturber les habitudes de sommeil ». Le rapport ajoute qu’ « au-delà des odeurs nocives qui peuvent être ressenties, le processus de ventilation des gaz peut également avoir un impact sur la qualité de l’air pour les résidents locaux ».

La circulation des camions à destination et au départ des sites – qui peut correspondre à une moyenne de 14 à 51 voyages par jour sur une période de plusieurs semaines – peut également avoir un impact par la pollution de l’air et la pollution sonore que génèrent ses mouvements.

Les divers troubles pouvant affecter la santé des populations peuvent également générer un engorgement des services de santé qui devraient par ailleurs faire face à une demande supplémentaire venant des ouvriers impliqués dans les travaux de forage, de fracturation et de mise en service des sites de production d’hydrocarbure.

Le rapport indique qu’il est difficile de savoir si le financement supplémentaire versé aux communautés locales permettra de couvrir à terme les coûts supplémentaires liés au fonctionnement des nouvelles écoles et nouveaux centre de soins nécessaires lesquels devront continuer à être utilisés et pris en charge par les communautés rurales existantes.

Impacts financiers sur le logement et l’emploi

Vous vivez à proximité d’un puits d’où l’on va exploiter le gaz ou le pétrole de schiste ? La valeur de votre maison pourrait baisser de 7% si vous habitez dans un rayon de 2 kilomètres (alors que d’autres estimations, parlent d’une baisse de 10% jusqu’à 70% des valeurs immobilières) et vous pourriez voir le montant de votre police d’assurance habitation augmenter pour couvrir les risques en cas d’explosion sur le site.

Vous êtes locataires, les loyers risquent d’augmenter lors de l’afflux des foreurs dans la région.

Pour l’économie locale, l’exploitation des pétroles et gaz de schiste, c’est la pochette surprise : des avantages à court terme masquent les coûts (pertes) réels dans d’autres secteurs, y compris « l’agriculture, le tourisme, l’agriculture biologique, la chasse, la pêche et les loisirs de plein air » précise le rapport qui questionne le devenir des économies locales après le départ des foreurs. Concernant les populations locales qui pensaient trouver du travail dans l’industrie de la fracturation hydraulique, il existe aussi une sérieuse incertitude d’une part sur « la durabilité des investissements dans le gaz de schiste » et d’autre part sur « les compétences nécessaires requises dans les métiers de l’exploitation des hydrocarbures limitant de ce fait l’offre d’emplois locaux ».

Incertitude réglementaire … et défausse du gouvernement

Alors que le budget du ministère britannique en charge de l’énergie et du climat est en très nette diminution, il est intéressant de voir que le rapport recommande « une augmentation de la capacité des agences sanitaires et de protection de l’environnement en charge du contrôle de l’application de la réglementation » !

Tentant d’éteindre l’incendie crée par la publication du rapport, le département en charge de l’environnement, de la nourriture et des affaires rurales a déclaré que « ce document a été établi comme un projet de discussion interne – son niveau d’analyse n’est pas suffisamment robuste, il n’a pas fait l’objet d’une revue par des pairs et reste incomplet. Il ne contient pas de nouvelles données ou de preuves documentée, et la plupart des conclusions équivalent à des conjectures sans fondement, qui ne représentent pas les vues des fonctionnaires ou des ministres ».

Ça ne vous rappelle rien ? On dirait, peut-être en pire, la dissimulation par le gouvernement en France du rapport de l’ADEME « Vers une France 100% renouvelable en 2050 ».

Lire le rapport non expurgé dans son intégralité ici

Source EnergyDesk Greenpeace UK

(!) Info minute – Revue de Presse

Comme le rapporte l’agence Reuters, une récente série de secousses sismiques dans l’État américain de l’Oklahoma a contraint l’autorité locale de régulation de l’énergie à envisager en urgence des restrictions supplémentaires sur l’activité de forage liée au gaz et au pétrole de schiste, a déclaré mercredi un porte-parole.

Des séismes qui ne sont pas directement liés à la réinjection des fluides de fracturation hydraulique

Entre les 17 et 24 juin de cette année 2015, 35 secousses d’une magnitude égale ou supérieure à 3,0 y ont été enregistrées, selon l’institut géologique de l’Oklahoma. Source d’inquiétude supplémentaire pour le régulateur, certaines de ces secousses se sont produites dans la région métropolitaine d’Oklahoma City, où il n’existe pas de puits d’injection d’eau à haute pression.

Il y a deux mois, de nouvelles règles concernant l’élimination des eaux usées issues du forage sont entrées en vigueur sur ordre de l’OCC (Oklahoma Corporation Commission),seisme gaz de schiste fracturation impact maisons oklahoma l’autorité de régulation de l’industrie des hydrocarbures. Ces règles interdisent d’éliminer les eaux usées saumâtres sous la formation géologique la plus profonde, une pratique qui est considérée comme l’une des principales causes des tremblements de terre, et elles obligent les exploitants à réduire la profondeur de leurs puits de forage. « Nous devons à nouveau revoir notre approche« , a déclaré le porte-parole de l’OCC Matt Skinner. « Il y a eu une énorme hausse (des secousses). Cela change la donne. »

Pour l’USGS, il existe un risque de séisme catastrophique

Selon l’USGS, l’institut géologique des États-Unis, une telle multiplication des secousses accroît la possibilité d’un séisme catastrophique à l’avenir. L’Oklahoma connaît une augmentation de son activité sismique depuis 2009, qui coïncide avec une forte expansion de son activité de forage. La production pétrolière de cet État du Middle West a doublé au cours des sept dernières années.

Avant le pic de la semaine écoulée, les séismes survenaient d’ordinaire une à deux fois par jour, selon les chiffres de l’USGS. Avant 2009, ils se produisaient une à deux fois par an. Les scientifiques attribuent cette multiplication des secousses à la forte hausse des quantités d’eaux usées salées injectées dans le sous-sol. Entre 1997 et 2013, ces volumes de liquides injectés ont doublé, passant de 80 à 160 millions de barils par mois.

Les demandes de moratoire face à l’appât du gain à court terme

Des militants locaux appellent à un moratoire sur l’activité pétrolière mais la plupart des élus locaux rechignent à sanctionner une industrie qui représente plus de 7% des recettes de l’État grâce aux taxes prélevées sur la production, sans compter les emplois et revenus indirects.

Source : Reuters

(!) Info minute – Revue de Presse

CHEM Trust – qui se définit comme un organisme (britannique) travaillant à empêcher les fracking pollution CHEM Trustproduits chimiques fabriqués par l’homme de causer des dommages à long terme sur la faune ou les êtres humains, en veillant à ce que les produits chimiques qui causent de tels dommages soient remplacés par des alternatives plus sûres publie un rapport sur les risques – publie ce 21 Juin 2015 un rapport intitulé « Pollution de la fracturation hydraulique : Quelle est la toxicité des produits chimiques de la fracturation et quelle incidence peut-elle avoir sur la faune et les personnes au Royaume Uni et dans l’UE ».

Nous précisons que les conclusions et recommandations de CHEM Trust que nous retranscrivons ici CHEM Trustne reflètent pas les positions des collectifs français opposés à la recherche et l’exploitation des pétrole et gaz de schiste et de houille. Les collectifs français restent opposés à toute forme de recherche et d’exploitation des hydrocarbures dits de schiste ou de houille et considèrent comme une nécessité absolue d’orienter les moyens de la recherche et les investissements vers l’efficacité énergétique et le développement des énergies moins polluantes et renouvelables (voir figure en bas de page).

Toutefois, il nous a paru intéressant de relayer cette étude et ses conclusions qui  mettent une nouvelle fois en évidence les risques liés à la recherche et l’exploitation des hydrocarbures extrêmes et le manque criant de réglementation et de moyens pour leur mise en application dans les pays qui s’avèrent pourtant être les plus riches du monde: ceux de l’Union Européenne. Alors que certains se sont positionnés pour la recherche et l’exploitation.

Résumé des recommandations

Après avoir exploré la toxicité des produits chimiques de la fracturation hydraulique et les risques qu’elle pose pour la faune et l’homme CHEM Trust formule les principales recommandations suivantes:

1) La composition de tout les produits chimiques utilisés dans la fracturation doit être divulguée, sans appliquer de réserve liée au secret commercial.
2) Le renforcement de la réglementation de l’Union Européenne sur la fracturation hydraulique est nécessaire, afin d’assurer que l’Étude d’impact environnemental soit rendue obligatoire pour chaque site, que l’’utilisation des produits chimiques soit contrôlée et transparente, qu’une surveillance efficace soit obligatoire, que la gestion des eaux usées soient sans danger, avec l’interdiction absolue de l’élimination des eaux usées par réinjection dans le sol.
3) La réglementation doit protéger l’environnement et les personnes, même lorsque les puits de fracturation ne sont plus utilisés, ceci comprend des obligations financières pour couvrir les coûts de dépollution.
4) Le suivi effectif et efficace est essentiel pour assurer que les contrôles réglementaires soient respectés. Cela signifie que les régulateurs doivent avoir les ressources nécessaires pour mener à bien ces fonctions; ceci constitue une préoccupation particulière quand l’Agence de l’environnement (EA) du le Royaume-Uni connaît de substantielles coupes budgétaires.

Un moratoire en Europe

De plus,

De l’avis de CHEM Trust, un moratoire sur la fracturation hydraulique doit être mis en place au niveau de l’Union Européenne et persister tant qu’il n’y a pas l’assurance que l’ensemble de ses recommandations est en place.

On notera, et c’est particulièrement important, que CHEM Trust a mis l’accent sur les effets toxiques des polluants tout en précisant que leur position n’a pas pris en compte l’examen des effets de la fracturation sur le changement climatique ni son potentiel de causer des tremblements de terre.

Recommandations issues du document d’étude et de positionnement

Concernant la réglementation
• Les recommandations de la Commission européenne sur la fracturation datant de Janvier 2014 nécessitent d’être converties en loi. Sans une législation efficace et juridiquement contraignante et spécifiquement conçue pour faire face à la fracturation hydraulique, dans l’Union Européenne les personnes et la faune ne seront pas correctement protégés.
• Toutes les opérations qui impliqueront le recours à la fracturation, y compris l’exploration, devraient être précédées d’Études d’impact environnemental.
• Il est clair que les puits défectueux représentent un risque majeur de pollution, aussi les normes de qualités et les standards de construction et de sécurité doivent être fortement réglementés et revêtir un caractère obligatoire.
• Les déchets toxiques et radioactifs provenant éventuellement des opérations de fracturation devraient exiger une attention spécifique et leur élimination devrait être abordée spécifiquement dans les règlements de l’UE. Précisément, le stockage souterrain des eaux usées (par exemple par réinjection) devrait être interdit.
• Les sociétés entreprenant les opérations de fracturation devraient avoir à disposer de garanties suffisantes pour couvrir les futures demandes d’indemnisation et payer pour la restauration des sites et la dépollution à la fin de la durée de vie du puits.

Divulgation des produits chimiques utilisés
• La divulgation complète de tous les produits chimiques utilisés est nécessaire et doit inclure les données concernant sur leurs profils de risque, les informations devraient être claires, accessibles au public, ainsi que l’évaluation de tous les effets sanitaires et environnementaux potentiels. Le secret commercial ne doit pas pouvoir être évoqué pour dissimuler l’identité chimique des produits.
• Les fabricants et distributeurs de produits chimiques doivent produire et communiquer les scénarios d’exposition humaine et environnementale des substances utilisées dans la fracturation. Ces scénarios d’exposition devraient être accessibles au public et préciser quelles sont les hypothèses formulées dans leur calcul, par exemple pour ce qui concerne le stockage et le sort réservé aux liquides de reflux.
• En outre, l’analyse des risques chimiques liés à la fracturation hydraulique (y compris les scénarios d’exposition) doivent considérer les impacts de fuites provenant des puits et des tuyauterie, ainsi que lors du stockage et du transport, celles-ci constituant clairement des risques prévisibles.

Suivi
• Sous la supervision d’un régulateur, les opérateurs de puits de fracturation devraient entreprendre une surveillance systématique de la qualité de l’air, de la terre et de l’eau dans le voisinage de leurs sites avant, pendant et après l’opération. Ceci afin d’assurer que ce soit définies les données de base pour identifier toute pollution ultérieure.
• Des inspections détaillées menées par des experts indépendants en matière de géologie et de protection des eaux souterraines devraient avoir lieu pendant la mise en œuvre des activités pour assurer la construction de puits en toute sécurité et l’élimination appropriée de tous les produits chimiques, y compris l’eau contaminée, les boues et autres déchets.
• Des systèmes de surveillance devraient être mis en place afin de détecter l’apparition de problèmes chroniques ou aigus sur la santé des travailleurs, des résidents, du bétail et de la faune.
• Même quand les puits sont épuisés et scellés, ils restent une menace pour la terre et l’eau et doivent être surveillés. Les opérateurs doivent engager des ressources pour veiller à ce que tous les problèmes futurs soient identifiés et puissent être traités.

Les régulateurs
• La réglementation et la surveillance d’un grand nombre de puits de fracturation constituent un défi pour les régulateurs. Aussi devrait-il y avoir le personnel et les ressources nécessaires et suffisantes pour accomplir le travail avec efficacité. Ceci constitue une préoccupation particulière au Royaume-Uni, où le personnel des organismes de réglementation tels que l’évaluation environnementale a été réduit ces dernières années.
• Il est également essentiel que les régulateurs disposent d’une expertise suffisante dans la gamme complète des problèmes relatifs à la fracturation, y compris, par exemple, la sécurité des puits.

Localisation
• La vulnérabilité des eaux souterraines à la pollution par la fracturation devrait être reconnue et aucune opération ne devait être autorisée dans les zones de protection d’eaux souterraines.
• Aucun forage suivi de fracturation ne devrait être autorisé, à proximité ou au-dessous des sites clés concernant de la faune, y compris les sites Natura 2000 (les deux zones spéciales de conservation et dans les Zones de protection spéciale au Royaume-Uni, dans les parcs nationaux ainsi que sur les sites d’intérêt scientifique particulier).
• Les communautés locales devraient être impliquées dans les décisions sur les projets de fracturation les concernant; voir aussi à ce sujet les positions des Amis de la Terre sur la fracturation hydraulique pour plus d’informations à ce sujet et les autres problématiques le concernant.

Approvisionnement en eau
• Les régulateurs doivent interdire la fracturation là où la disponibilité de l’eau est insuffisante pour les opérations de fracturation hydraulique, ou si l’extraction de cette eau a un effet négatif sur la faune ou les personnes.

Télécharger le document en anglais ici

Positionnement collectifs stop petrole gaz de schiste et de houille

(!) Info minute – Revue de Presse

Lettre ouverte de Serge Fortier, qui fut longtemps porte parole du Regroupement interrégional sur le gaz de schiste de la Vallée du Saint-Laurent et qui réagit aux conclusions du rapport BAPE[1] sur le projet de construction d’une installation de liquéfaction de gaz naturel à Bécancour (Québec). Réaction à ces conclusions qui ne font que nourrir la volonté du lobby des hydrocarbures de nous enfoncer de plus en plus dans le dérèglement du climat. Nous la publions en expression de notre solidarité avec les citoyens du Québec dont les terres sont menacées par l’exploitation intensive du gaz de schiste, mais aussi parce ces projets d’industrialisation en Amérique de Nord ont bien pour vocation d’exporter le gaz de schiste … vers l’Europe. Ce sont des têtes de pont dont le fonctionnement est négocié par l’Accord économique et commercial global (AECG) entre le Canada et l’Union européenne (UE) et le TAFTA.

Le brin de scie qui nous empêche de voir la poutre qu’on a dans l’œil

Que de belles paroles de la part des gouvernements qui se disent préoccupés par le réchauffement climatique et qui, dans leurs décisions colorées de parti-pris, font exactement le contraire. Denon au gaz de schiste moratoire permettre la liquéfaction du gaz naturel est un autre des moyens hypocrites pris par le lobby des hydrocarbures et leurs fidèles politiciens qui leur mangent dans la main, pour nous maintenir dans ce qui nous détruit depuis un siècle, car pour fournir de telles usines (car il y en aura d’autres) il faut augmenter la production de gaz naturel non conventionnels, comme le gaz de schiste.

Peu de gens voient ce qui est en train de se mettre en place au Québec. Peu de gens prennent le temps ou ont le temps de reconnaitre toutes les entourloupettes que fait le lobby pétrolier et gazier pour augmenter leur influence sur le marché des énergies, alors qu’il faut impérativement inverser cette pression.

Pauvres enfants que nous mettons au monde! L’usine de Stolt n’est que le brin de scie qui nous empêche de voir la poutre qu’on a dans l’œil. Quel bel héritage nous lèguerons à nos enfants! Quel égoïsme et quelle lâcheté de continuer à imposer le même style d’économie qui a fait ses preuves de son échec sur tous les plans, assurant rien d’autre à nos enfants chéris que malheur, endettement et maladie.

Je pourrais en écrire long, car j’en ai long sur le cœur, moi qui consacre ma vie depuis 2010 au dossier des gaz de schiste dans la Vallée du St-Laurent, en m’impliquant à fond dans le regroupement de 115 comités de citoyens qui ont ramené à la raison… non, pas vraiment… qui ont mis un «Wo» à l’enthousiasme fou de nos politiciens d’ouvrir la porte aux gazières.

Mais cette même gang est encore là à pousser des projets insensés. Et comme ils n’ont pas trouvé le moyen d’envahir notre belle Vallée du St-Laurent avec des puits de gaz de schiste, sachant qu’on les attendait de pied ferme, ces hypocrites s’enlignent pour nous l’imposer de force en mettant en place des usines comme Stolt, en faisant la promo du Gaz naturel, en encourageant la consommation de gaz pour le chauffage des résidences en maintenant les prix bas du gaz et en augmentant le prix de l’électricité, etc, etc.

Ce n’est pas nécessaire d’avoir un diplôme pour voir toute cette manipulation. Et pendant ce temps, le temps passe, le climat se réchauffe, les initiatives vertes stagnent et, comble de malheur et d’illogisme, l’ère des hydrocarbures s’installe petit à petit au Québec. Quelle gang de peureux nous sommes, de marcher à contre-courant du gros bon sens sous prétexte de créer quelques jobs temporaires! Dites-moi où vous voyez dans cette décision une volonté de changement vers des énergies propres?

Préparez-vous les jeunes! L’héritage que vous légueront vos parents sera loin d’être un cadeau! Mon enfant, pour te prouver comment je t’aime, je te lègue mes déchets qui dérèglent le climat dans lequel tu vivras. Arrange-toi avec ça, moi j’étais trop lâche et trop égoïste pour chercher à faire mieux!

[1] Le Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) est un organisme voué à l’information et à la consultation publiques sur des projets susceptibles d’avoir un impact majeur sur l’environnement ou sur toute autre question relative à la qualité de l’environnement. http://www.bape.gouv.qc.ca/sections/faq/#qcq