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(!) Info minute – Revue de Presse

Traduction libre de l’article de Paul Reig , Tianyi Luo et Jonathan N. Proctor – Septembre 2014 publié par le World Resource Institute

 Ce rapport analyse la disponibilité de l’eau dans toutes régions du monde où le gaz de schiste serait potentiellement exploitable. Il révèle également que la disponibilité de l’eau pourrait limiter l’exploitation du gaz de schiste sur tous les continents l’Antarctique excepté. Les conclusions qu’il formule sur la nécessité d’une collaboration entre les compagnies pétro gazières, les services locaux et la population pour limiter les dégâts sur l’environnement ne sont pas celles que nous soutenons face aux autres risques majeurs induits par l’exploitation et la consommation de ces ressources fossiles. Nous restons opposés à toutes formes d’exploitation d’hydrocarbures non-conventionnels.

WWRI shale gas gaz de schiste eau et risques Rapport résumé

télécharger le rapport résumé (en anglais) en cliquant sur l’image. (4 Mo)

Les ressources d’hydrocarbures de schiste sont inégalement réparties dans le monde et, pour la plupart, ne se trouvent pas là où l’eau douce est abondante. Par exemple, des pays comme la la Chine, le Mexique et l’Afrique du Sud abritent parmi les plus importantes ressources de gaz de schiste techniquement récupérables (basées sur les estimations de l’Agence américaine de l’énergie), mais sont confrontés à un stress hydrique extrêmement élevé particulièrement à où se situent les « réserves » de gaz de schiste.

Ce rapport révèle que le manque d’eau pourrait réduire le développement de l’exploitation des hydrocarbures non conventionnels dans de nombreuses régions à travers le monde:

  • 38% des ressources de gaz et pétrole de schiste se trouvent dans les zones qui sont soit arides soit avec des niveaux extrêmement élevés de stress hydrique,
  • 19% de ces « ressources » sont dans des zones à forte et très forte variabilité saisonnière ou extrêmement élevé, et
  • 15% sont situées dans des régions exposées à de forte ou très sévères sécheresses.

De plus 386 millions de personnes vivent au dessus de ces gisement de schistes, et dans 40% des cas, l’agriculture irriguée y est le plus grand utilisateur d’eau. Ainsi les forages et la fracturation hydraulique sont souvent en concurrence avec d’autres activités nécessitant des ressources en eau douce, ce qui peut entraîner des conflits avec les autres usagers de l’eau. Cela est particulièrement vrai dans les zones de stress hydrique élevé, où plus de 40% des réserves d’eau disponibles sont déjà consacrées à l’agriculture, la consommation des ménages ou l’industrie.

Les 20 pays ayant les plus grandes réserve de gaz de schiste ou de pétrole non conventionnel (tight oil) qui sont récupérables à l’aide de la technologie actuellement disponible sont présentés dans le tableau ci-dessous.

WWRI

  • 8 des 20 premiers pays ayant les plus grandes ressources de gaz de schiste sont confrontés à des conditions arides ou des tensions élevées ou très élevées sur les aquifères là où se trouvent les ressources de gaz de schiste; ce qui inclut la Chine, l’Algérie, le Mexique, l’Afrique du Sud, la Libye, le Pakistan, l’Egypte et l’Inde.
  • 8 des 20 premiers pays les riches en ressources pétrolières de type tight oil doivent faire face à des conditions arides ou des tensions élevées ou très élevées sur les aquifères là où se trouvent où se trouvent les gisements d’hydrocarbure; ce qui comprend la Chine, la Libye, le Mexique, le Pakistan, l’Algérie, l’Egypte, l’Inde et la Mongolie.

Les conditions hydrologiques varient dans l’espace et selon les saisons, avec des variations au sein même des régions schisteuses, et tout au long de l’année. Cette variation rend la capacité des entreprises à répondre aux besoins en eau douce -pour la fracturation hydraulique et le forage, hautement incertaines, et les estimations de disponibilité qui ont pu être faites par le passé ne se révèlent pas toujours correctes sur les nouveaux gisements de schiste. Ce niveau élevé d’incertitude engendre un risque économique pour les entreprises impliquées dans l’exploration de nouveaux gisements. En outre, les préoccupations du public sur la concurrence accrue et les impacts sur la disponibilité de l’eau douce constituent un risque supplémentaire pour les entreprises et peuvent conduire à des changements dans les réglementations nationales et locales, ce qui pourrait avoir une incidence sur les investissements à court et à long terme.

Les conclusions formulées par l’étude du WRI indiquent que les compagnies pétrolières et gazières impliquées des l’exploitation des hydrocarbures non-conventionnels au plan international auront à relever de grands défis pour l’accès à l’eau douce dans de nombreuses régions du monde. Ces défis mettent en évidence une solide analyse de rentabilisation pour la société engagement stratégique dans la gestion durable de l’eau au niveau local et régional. Le rapport souligne également la nécessité pour les entreprises de travailler avec les gouvernements et d’autres secteurs afin de limiter les impacts sur l’environnement et éviter l’épuisement des ressources en eau.

  • 38% des gisements de gaz et pétrole de schiste dans le monde sont situés dans des régions arides ou devant faire face à stress hydrique élevé ou très élevé.
  • 386 millions de personnes vivant au-dessus de gisements de schiste sont en compétition pour l’eau et l’inquiétude du public face à la fracturation hydraulique est plus probable dans les zones densément peuplées.
  • En Chine, 61% des gisements de gaz et pétrole de schiste sont situés dans des régions arides ou devant faire face à stress hydrique élevé ou très élevé.
  • En Argentine, 72% des gisements de gaz et pétrole de schiste sont situés dans des régions arides ou devant faire face à stress hydrique élevé ou très élevé.
  • Au Royaume-Uni, 34% des gisements de gaz et pétrole de schiste sont situés dans des régions arides ou devant faire face à stress hydrique élevé ou très élevé.

WWRI shale gas worldwide reserves mondiales gaz de schiste

Sauvegarde du principe de précaution j’écris à mon député            (!) Info minute – Revue de Presse

C’est ce que révèle la chaine de TV américaine News 8 dans un reportage diffusé le 5 Juin 2014.

Depuis deux ans, la chaine de télévision américaine News 8 a diffusé des reportages au sujet de l’eau qui s’enflammait, une eau puisée dans des puits du county de Parker. Une eau qui s’enflamme à cause de dangereux niveaux de méthane.
Alors que les producteurs de gaz de schiste du gisement de Barnett (un des plus grands gisement de gaz de schiste des États-Unis) nient tout lien de causalité entre cette pollution et leurs activités, deux scientifiques les contestent et affirment que les tests publiés par l’autorité locale de réglementation fournissent des preuves concrètes liant la fracturation hydraulique à la contamination des eaux souterraines. Ce qui suit est un résumé en français de ce reportage.

water well flaring ...Steve Lipsky habitant du comté de Parker a commencé à remarquer ça en 2010. L’eau de son puits était de plus en plus polluée par le méthane. Tant et si bien que dès qu’il ventilait son puits celui-ci produisait des jets de gaz. Il peut en faire la démonstration en enflammant l’évent de son puits. Aujourd’hui la contamination est telle que même l’eau de son puits s’enflamme.

L’été dernier, M. Lipsky a porté plainte auprès de l’autorité en charge du pétrole et du gaz de l’État du ​​Texas.  Des agents sont sortis et ont effectué des tests ; pas seulement pour mesurer la quantité de gaz dans son puits, mais pour déterminer précisément d’où provenait ce gaz. Ces tests ont été effectués et la semaine dernière, l’autorité d’État a publié ses conclusions officielles. (Rapport en anglais disponible ici)

water well flaring 2 ...Le rapport indique que les niveaux de concentration de méthane dans l’eau de monsieur Lipsky sont relativement élevés. Il dit également que la composition chimique de méthane ne permet pas de conclure à une source spécifique du gaz qui s’échappe du puits.

Plus précisément, les tests effectués par l’État révèlent que l’eau de monsieur Lipsky contenait 8,6 milligrammes par litre de méthane, un peu en dessous de la limite de 10 tolérée par gouvernement fédéral. Mais les tests effectués récemment par Zac Hildebrand, scientifique de l’Université du Texas à Arlington, indiquaient 83 milligrammes par litre. Le scientifique indique que c’est le plus haut niveau de contamination au méthane qu’il n’ait jamais vu. Et d’ajouter : « Ce que nous pouvons dire maintenant, c’est que c’est dangereux, c’est un niveau dangereux« .

Dans un e-mail adressé à News 8 le 8 Février dernier, la porte-parole de la Commission de régulation de l’État Stacie Fowler indiquait « la Commission est consciente des niveaux de concentration de méthane élevés. » Elle ajoutait que l’échantillonnage et le résultat des tests se concentraient sur la source du méthane et non sur la concentration du gaz.

Pour monsieur Lipsky, la Commission savait que ses tests de concentration étaient inexacts. « Pour une raison quelconque, ils ne veulent pas reconnaître les niveaux les niveaux de concentration de gaz chez moi « .

méthanePourtant, un examen des données fournies par les tests montre que la signature chimique – (analyse isotopique) – du gaz du gisement de Barnett Shale est 46.52. La mesure de la signature chimique du gaz dans le puits de Lipsky est elle de 46.63, une équivalence pratiquement identique.

« Le méthane et le nombre d’éthanes dans le gaz issu de la production des puits de Butler et Teal sont pratiquement exactement les mêmes que dans l’eau du puits de monsieur Lipsky, a déclaré Geoffrey Thyne scientifique du Wyoming expert en sciences de la terre, qui a examiné les données pour News 8. Ceci me dit que le gaz est le même, et que le gaz dans l’eau du puits de Lipsky vient bien du gisement de Barnett « .

ThyneNews 8 a également demandé son avis à Bryce Payne scientifique de Pennsylvanie, spécialiste du sous-sol. Il a examiné les données et il conclue également que le gaz trouvé dans l’eau de monsieur Lipsky est clairement le résultat des opérations de fracturation hydraulique. « Le gaz du puits référencé comme le puits N°8 (celui de Lipsky) provient vient du gisement de Barnett, et il vient pratiquement directement de Barnett« , conclue Payne.

Quoi de plus : Thyne et Payne estiment tous les deux que ces résultats de tests pourraient constituer la première preuve aux États-Unis du lien existant en la fracturation hydraulique et contamination de l’aquifère. Et Thyne de déclarer « Et ce que nous avons ici semble bien être le premier exemple que ce qui se passe en réalité« .

Le rapport de la Commission, lui, laisse ouverte la possibilité que la contamination puisse «être attribuée à … la migration naturelle de la formation de gaz » situé juste en dessous de l’aquifère.

Lorsque nous leur avons demandé de nous expliquer les écarts d’interprétation, les fonctionnaires de l’État se sont rétractés, et nous ont communiqué la déclaration suivante ; « Les responsables de la Commission appuient les conclusions émises dans le rapport du 23 mai. Nous sommes conscients des autres études en cours dans la région, et nous nous félicitons la possibilité d’examiner tous les rapports futurs« .

De son côté M. Lipsky affirme qu’il ne compte plus sur l’autorité réglementaire de l’État pour le protéger. Selon lui cette nouvelle preuve est lumineuse et sans ambigüité éclairante. Les habitants qui vivent dans la région du gisement de Barnett doivent agir maintenant pour protéger leur eau.

Et M. Lipsky de conclure « A moins que les gens ne se bougent pour aller voter et faire quelquechose, qui les empêchera de continuer à faire ce qu’ils font?« 

Accéder au reportage de  la chaine de TV américaine News 8 diffusé le 5 Juin 2014.

      (!) Info minute – Revue de Presse

[Ce témoignage a été recueilli dans l’État du Queensland au Nord-Est de l’Autralie, bordé par la mer de corail. Cet article a été publié en anglais sur un site Internet australien le 22 avril 2014. Il en a été retiré au bout de quelques heures. Suite à des pressions ? Nous conservons l’anonymat de l’auteur et du site source – mais lisez donc!]

J’ai contacté le groupe de soutien communautaire (Gasfield Community Support group)[1] après avoir entendu L. S.[2] dire sur la radio qu’aucun travailleur dans l’industrie du gaz de houille n’était tombé malade et que les analyses indiquaient que la qualité de l’air et de l’eau était bonne.

Bassin_recup_eau_salee-J’ai commencé dans l’industrie en 2008, et j’ai travaillé pendant 3 ans et demi sur une tour de forage mobile. Au début, j’étais employé par Forages M[3], société qui a ensuite été reprise par A. J’ai travaillé d’abord comme assistant avant de passer à foreur principal adjoint. L’une des tâches consistait à mélanger les produits chimiques dans la fosse à boue avant le pompage vers la colonne de forage. Différents polymères étaient utilisés. On injectait la boue, composée d’eau salée, de Chlorure de potassium (KCl) et d’un polymère (le JK261) comme lubrifiant de la colonne de forage. En moyenne, s’il n’y avait pas de pertes, vous deviez utiliser 12 tonnes de chlorure de potassium et 15 palettes (720 bidons / 10800 kg) de polymère pour maintenir la viscosité et lubrifier la tête de forage. Les polymères étaient envoyés dans la fosse par l’intermédiaire d’une trémie. Les polymères devaient être pulvérisés dans la trémie et nous revenaient en pleine figure, dans les yeux; nous respirions cela constamment. Cela pouvait durer des heures de suite. Nous portions des masques, quelquefois de sécurité (à filtre), sinon de simples masques en papier.

Les masques étaient également nécessaires lors du mélange du ciment pour la fabrication du tubage (casing) lorsqu’Halliburton ne venait pas et que nous avions à faire le boulot nous-mêmes.

forage gaz de couche charbonLors de la foration au travers des couches très perméables du Permien ou du Jurassique, parfois, les boues de forage disparaissaient. Il pouvait s’agir d’énormes pertes de boue. Nous prenions des échantillons de carottage lorsque l’opérateur nous le demandait. En fait nous prenions des échantillons sur chaque puits de forage, habituellement à environ 600 mètres de profondeur. 80% du temps, ça se passait bien, le retour était correct. Mais dans 20% des cas, en particulier à Fairview, à l’Est d’Injune, on ne pouvait pas arrêter les pertes.

On pouvait utiliser environ 20 tonnes de KCl (un semi-remorque complet) avec de l’eau. Il y avait 50 000 litres d’eau dans chacune des trois fosses. Sur une plateforme de forage, lors d’un quart de 12 heures, nous utilisions 27 tonnes de KCl avec 100 000 litres d’eau et d’autres produits chimiques. Pour l’équipe de quart suivante, c’était la même chose, et ça pouvait durer des jours à faire exactement la même chose, jusqu’à ce que les pertes soient stoppées.. Ils utilisaient des solutions de KCl, et de polymères JK261 et CR650 à très forte concentration. Le KCl servait à lutter contre les remontées de gaz. Pour lutter contre les fuites ils utilisaient un « bouche trou » composé de papier d’aluminium et de sciure grossière, pour essayer de remplir le trou et de le boucher.

Iforage -ls essayaient de stopper la perte et de colmater le trou. Pour cela ils utilisaient peut-être 10 produits chimiques différents en plus de la bentonite, ils continuaient les injections, essayant de combler les pertes. Si les boues disparaissaient le gaz pouvait remonter ; ils essayaient de le bloquer par différents moyens et continuaient d’injecter la boue dans la colonne de forage pour colmater le trou. Ils essayaient d’empêcher les remontées de gaz. Ils avaient la trouille des remontées de gaz et du risque d’explosion; c’était une phase très dangereuse et ça arrivait souvent (peut-être 20% du temps).

Dans le bassin sud de Gunnedah Coonabarrabin, ils ont foré un trou et touché la nappe phréatique. L’eau douce coulait hors du trou, diluant la teneur en sel. Ils ont du faire venir des camions pour évacuer l’eau plus loin; ils ont installé le tubage et essayé de le sceller avec du ciment. Il y avait de sacrés problèmes dans le bassin de Gunnedah parce que les aquifères étaient proches de la surface, ils ont dû passer à travers les aquifères et continuer à forer pour accéder à la veine de charbon. Une fois c’est une tête de forage qui s’est coincée dans un trou. Ils ont amené une substance noire dans un conteneur de 1000 litres. Ils appelaient ce produit « pipe free » (conduite libre). Je ne sais pas comment cela a fonctionné. Je pense qu’ils ont pompé vers le bas de la colonne de forage pour essayer de libérer et récupérer ce matériel qui coûte une fortune. Ca puait à mort ! Ca sentait mauvais et c’était dangereux: on nous a dit de ne surtout pas en mettre sur notre peau. C’est arrivé lors d’un forage à Fairview près d’Injune. C’est arrivé à peu près lors d’un forage sur cinq. Mouse_holeMais avec un peu de patience ils pouvaient récupérer le matériel avec cette méthode. Quand l’outil cassait il fallait essayer de le « repêcher » puis cimenter le trou, se déplacer de quelques mètres, pour recommencer un nouveau forage. (Çà s’est passé environ trois fois quand j’étais là, mais il y a qu’une seule fois où ils ont utilisé ce déboucheur « pipe free ») Pour eux la perte de matériel de forage dans le puits est un grand problème et de plus très coûteux. La société W. faisait les enregistrements (logging). Ils utilisaient du matériel radioactif. J’ai entendu dire qu’ils avaient perdu des outils dans le puits, mais pas à l’époque où j’étais là.

Parfois il y avait des problèmes avec le bouchon terminal, des bulles de gaz traversant le ciment sans qu’ils puissent les arrêter. Les bulles sortaient de l’eau qui se trouvait au-dessus du ciment dans la cavité. Je l’ai vu trois ou quatre fois. A Fairview, il y avait tellement de forages qu’on aurait dit un porc-épic. Les forages pouvaient être espacés de 150 mètres par moment. En d’autres endroits la distance entre les puits était de plusieurs kilomètres. Maintenant, il y a plein de puits en production là-bas.

J’ai commencé à tomber malade, avec des saignements de nez sur une base régulière en 2011. Avant ça, je n’avais jamais eu un saignement de nez de ma vie. Mon horaire de travail était dehors pendant 18 jours, à la maison pour 9 jours avec deux jours de voyage. (Je suis un agriculteur en bio, totalement autonome et à l’énergie solaire, et j’étais en train de me préparer aussi pour mes vieux jours. Je travaillais là-bas pour l’argent. J’étais prudent et je la fermais – j’avais déjà perdu un emploi après avoir dit ce que je pensais). J’allais mieux lorsque j’étais à la maison et pendant les jours de congé; Quand j’y retournais (au boulot), il y avait encore du sang qui coulait de mon nez. J’avais des saignements de nez dans la douche.

On a arrêté le boulot plus tôt que prévu à la fin de 2011, en raison du temps humide. Je toussais et ne je pouvais vider mes poumons. Je suis allé chez le médecin fin Novembre / début Décembre. Il a écouté à mes poumons et m’a envoyé faire une radio pulmonaire.

J’ai eu un terrible sentiment d’angoisse et je me sentais très mal. L’angoisse était là toute la journée à partir de la minute où je me réveillais jusqu’au soir en me couchant. On m’a également envoyé faire un scanner pour trouver que j’avais un emphysème modéré. Pourtant je n’avais fumé qu’une paire d’années à 19/20 ans et pas depuis. J’ai regardé l’Internet et vu le Dr R. près de Wesley. J’ai fait des tests pendant six heures et eu une biopsie au poumon. On m’a dit que j’avais une inflammation, une infection du poumon, la bronchite. Je voulais une compensation, et j’insistais pour faire reconnaître cette affection comme maladie professionnelle. Le Dr R. ne pouvait s’engager fermement sur l’origine du mal. J’ai eu des indemnités de maladie pour quelques mois – j’ai été arrêté pendant quelques mois puis ils m’ont dit que j’étais apte à retourner travailler. Je ne voulais pas retourner mélanger des produits chimiques; ils m’ont dit qu’il n’y avait rien d’autre pour moi – je n’ai rien obtenu. Ils s’en sont lavé les mains.

Maintenant, je suis de retour à la ferme. Je ne tousse plus toujours autant, mais je n’ai pas récupéré 100% de ma capacité pulmonaire. J’ai de la toux, des glaires et une perte de fonction pulmonaire. Quand je travaillais sur les plates-formes, j’avais des spasmes dans les mains. Quand j’attrapais une clé Stillson pour serrer un joint de forage, en essayant de la déposer je n’arrivais pas à ouvrir ma main. Je devais utiliser l’autre main pour ouvrir les doigts.

graisse forageIl y avait de la graisse au plomb, de la graisse très épaisse, utilisée sur les joints de forage. Il y avait également une graisse à base de zinc appelée ZN50. Les jeunes gens avec qui je travaillais ici s’en mettait partout. Elle est cancérigène.

Ils en passaient un seau de 20 kg tous les 10 jours. Un autre foreur, âgé de 27 ans, avait la peau dans un sale état. Ca avait l’air d’une dermatite. Il avait l’épiderme rouge autour des yeux et des cheveux. Il allait mieux à chaque fois qu’il revenait de ses périodes de repos. Nous avons perdu le contact.

Avec la baisse de l’activité industrielle beaucoup de gens n’ont pas de travail. Il s’agissait d’une plate-forme fonctionnant 24 heures sur 24 avec des rotations de 12 heures et des équipes de 4 : un foreur qualifié, deux ouvriers qualifiés et un ouvrier non qualifié (« offsider ») . Il y avait toujours une équipe au repos. A part les gens avec qui vous travailliez, vous ne connaissiez personne.

Il y avait de grands camps. Nous vivions dans des camps ou des chambres d’hôtel, jusqu’à 80% du temps dans des camps.

boues de forage bassin rétensionLes gens se sont plaints de l’eau à mainte reprise. Le camion n’avait tout simplement pas l’air hygiénique. L’eau était stockée à côté de la fosse septique qui a débordé à plusieurs reprises. Les gens avaient des maux de ventre. Je ne suis pas sûr que l’eau de boisson était de l’eau puisée par forage. A cause de plaintes, deux ou trois fois, l’opérateur est allé chercher l’eau potable plus loin.
L’eau dans les bassins de décantation était recyclée pour le prochain forage. Les déblais de forage retournaient dans les fosses. Dans le bassin Gunnedah ils ont commencé à garnir les fosses avec de grandes bâches en plastique. Ils n’ont pas fait la même chose dans la région de Queensland. Il y avait des centaines de tonnes de déblais. C’était un vrai problème. Je ne sais pas ce qui a finalement été fait de ces fosses. Ni du plastique. Ni des déblais.

Quand nous étions là-bas, s’il y avait 10 cm de pluie, de l’eau saumâtre commençait à déborder des bassins de rétention.

S’ils savaient que la pluie venait, ils essayaient de pomper les boues dehors et de les balancer ailleurs.

La compagnie a planté des espèces fourragères, et non des espèces végétales indigènes australiennes.Je pense qu’ils les ont plantés pour se débarrasser de l’eau issue des veines de charbon en l’utilisant pour l’irrigation. La compagnie en a planté peut-être 4000 ha. C’est alors devenu un problème. Des graines ont été emportées et poussent sur le bord des routes et des voies navigables. Cette espèce est devenue un vrai ravageur.

L’activité industrielle a décollé très rapidement; passant d’une industrie australienne contrôlée avec une poignée d’entreprises et de tours de forage australiennes, à une multitude de forages opérés par des sociétés venant du Canada, du Mexique et d’ailleurs. Quel que soit les contrôles dont ils faisaient l’objet dans le passé, ceux-ci semblent avoir disparu d’un coup.

A-drill-pipe-at-a-shale-Quand je travaillais dans le bassin Gunnedah, il y avait beaucoup de protestations de la part des gens du coin, il fallait passer à travers des barrages routiers. Il y avait aussi des concessions de mines de charbon à ciel ouvert qui autorisaient les acheteurs étrangers (en particulier les Chinois) à acquérir des terrains. Les agriculteurs n’appréciaient pas ça. En raison des protestations, l’industrie a du améliorer son image et il y a eu plus de contrôles que dans la région de Queensland. Les problèmes avec les agriculteurs dans le Queensland occidental étaient moins importants. Il y avait bien un puits par propriété et disons jusqu’à 10 puits sur les grandes propriétés. La compagnie construisait un grand aéroport. Je n’ai pas vu de protestation de la part des agriculteurs dans le Queensland. Ce n’était pas un problème sur les grandes propriétés. Et puis la compagnie elle-même était propriétaire de grandes surfaces.

arcadia-valley-La vallée de l’Arcadie, au nord d’Injune est un pays vierge, magique et de grande importance pour les autochtones aborigènes. Il s’agit d’une vallée du Rift, avec d’énormes escarpements et des grottes. Elle n’aurait pas du être touché, elle devrait être patrimoine classé.

La compagnie avait une plate-forme dans la vallée de l’Arcadie et qui a perturbé les sites sacrés aborigènes. Il y avait peut-être six forages. Il n’y avait ni plus ni moins de soins pris qu’à Fairview. Pour moi, c’est une véritable honte.

Le gaspillage était immense. En un quart de 12 heures, 2000 litres de gas-oil étaient utilisés, seulement pour une plate-forme d’exploration. (Pour un puits de production pour extraire le gaz du sous-sol, la consommation de carburant serait astronomique.)

En plus du forage, il y avait des climatiseurs et des générateurs qui fonctionnaient tout le temps. Il y avait des centaines de plates-formes dans la région. Il y avait des déversements et des fuites de gas-oil.

Et puis d’autres déchets, des poubelles industrielles remplies de fûts en plastique vidées deux fois par semaine; Il y avait aussi un énorme gaspillage de nourriture.

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[1] Le Groupe de soutien communautaire a été mis en place pour les résidents qui vivent dans des zones de gisement de gaz, qui se sentent en détresse ou inquiets face à l’industrie d’extraction de gaz de couche, qui ont du mal à traiter avec les sociétés impliquées dans d’extraction de gaz de couche, qui subissent les impacts depuis l’arrivée de l’extraction de gaz de couche sur leurs terres. De nombreux membres sont victimes de problèmes de santé depuis le lancement de l’extraction du gaz de couche dans la région. http://westerndowns.group-action.com/about-2/

[2] Le nom des personnes n’est pas publié. Le fait qu’il l’ait été dans le texte original est peut-être la cause du retrait de l’article du site Internet australien.

[3] Le nom des sociétés n’est pas publié. Le fait qu’il l’ait été dans le texte original est peut-être la cause du retrait de l’article du site Internet australien.

(!) Info minute – Revue de Presse

19 10 2013 Saint Claude manifestationDeux mille à deux mille cinq cents personnes ont participé samedi 19 octobre à la manifestation organisée à Saint-Claude (Jura) par les collectifs franc-comtois et rhône-alpins, dans le cadre de la 2e journée internationale contre la fracturation hydraulique et l’extractivisme. Six mois après Nantua (16.03.2013), qui avait réuni 3000 personnes, c’est une nouvelle démonstration de la mobilisation des citoyens de ces deux régions contre les projets pétroliers. De mémoire de Sanclaudien, ce fut samedi la plus grosse manifestation qu’ait connu la cité pipière…

Saint Claude le mirage du gaz de schiste 19 octobre 2013 Thomas Porcher Jacques CambonDans la matinée, la conférence de l’économiste Thomas Porcher a fait salle comble. Plus de 250 personnes sont venues écouter l’auteur du « Mirage du gaz de schiste » démonter un à un les arguments économiques avancés en faveur de l’exploitation des hydrocarbures non-conventionnels.
Saint Claude France Zurawlow Pologne Duplex 19 octobre 2013Deux liaisons par video conférence ont ensuite été établies avec des femmes d’agriculteurs polonais en lutte contre Chevron à Zurawlow. Puis avec une représentante des indiens Mapuche, en Patagonie argentine, opposés aux projets d’exploitation de gaz de schiste de Chevron et Total… Deux entretiens très émouvants, qui rappellent combien les compagnies pétrolières développent leurs activités au mépris des populations locales.

Rassemblement stop gaz de schiste Saint claude 19 octobre 2013Comme à Nantua, l’ambiance de la manifestation fut festive, familiale et bon enfant, malgré la gravité de l’enjeu…
Étaient ainsi réunis:
– des citoyens jurassiens, doubistes, savoyards, isérois, de l’Ain, du Rhône, de Saône-et-Loire, de la Loire, d’Ardèche, de Suisse
des associations engagées dans ce combat contre les forages d’hydrocarbures: Jura nature Environnement, les Amis de la Terre, Humeur Bio, CPIE du Haut-Jura, la FRAPNA, Attac, Greenpeace, No Gazaran…
– des élus, conseillers municipaux, conseillers généraux, conseillers régionaux, parlementaires, des partis politiques, des syndicats
– des grand-parents, des parents, des enfants
– des paysans, des pêcheurs, des apiculteurs, des commerçants, des artistes, des artisans, des spéléologues, des professionnels du tourisme, des enseignants, des élèves, des collégiens, des lycéens et des étudiants, des retraités, des fonctionnaires, des professions libérales, des chômeurs, des ouvriers, des patrons…
Une centaine de bouilles à lait de Bidons sans frontières ouvraient le cortège, une vache le fermait, rappelant que la région a bénéficié de l’une des premières A.O.C. fromagères -le Comté- et qu’elle a aujourd’hui une très forte vocation agricole…

19 10 2013 Saint Claude ouverture de manifestation AOCUne délégation des représentants des collectifs et d’élus -Francis Lahaut (maire de Saint-Claude), Hervé Leroy (maire de Lantenay), Brigitte Monnet (conseillère régionale), Jean-Gabriel Nast (président du Parc naturel régional du Haut-Jura), Raphaël Perrin (conseiller général), Barbara Romagnan (députée du Doubs)- a été reçue par Joël Bourgeot, sous-préfet de Saint-Claude. Elle a fait part de ses inquiétudes quant à l’attribution de nouveaux permis d’exploration (dans le Bas Rhin et en Meurthe-et-Moselle au mois de septembre), quant aux objectifs inavoués des pétroliers qui, depuis la loi Jacob qui leur interdit la fracturation hydraulique, ne cherchent plus que du « pétrole conventionnel ». Les élus ont exprimé leur étonnement quant à Saint Claude manif globalfrackdown soirée slam maison du peuplel’octroi de permis sur des zones karstiques, alors qu’ils sont eux-même soumis à de fortes contraintes de protection des ressources en eau. Il a été demandé le rejet de toutes les demandes de permis de recherche d’hydrocarbures, l’abrogation de tous les permis en vigueur, et la mise en œuvre de la politique de transition énergétique annoncée par le gouvernement.

Cette mobilisation générale fut une réussite. Comme à Nantua, elle a bénéficié d’un important soutien logistique de la ville de Saint-Claude, qui fait partie de ces collectivités qui ont voté une motion contre les forages d’hydrocarbures. Elle s’est achevée tard dans la nuit après une belle soirée Slam « Ya d’leau dans l’gaz » à la Maison du Peuple de Saint-Claude.

Il y aura d’autres rendez-vous: la lutte continue!

J.V.

  • Revue de presse

Compte-rendus de la manifestation de Saint-Claude
France 3 Franche-Comté: Lire le reportage
Regarder le 19/20 du 19.10.2013: cliquer ici

Le Progrès: Brève Internet ici (avec les commentaires des Internautes qui valent leur pesant de cacahuètes) et compte-rendu en pièce jointe.
Les Echos du Jura: reportages et photos ici
Reporterre : un article complet ici publié ce jour
Radio Plein Air: une brève par là

La dépêche AFP sur Global Frackdown 2, citant la manifestation de Saint-Claude, a été reprise par de nombreux médias (il n’est pas nécessaire de cliquer sur tous les liens: c’est le même texte):
La Croix, Libération, Le Nouvel Observateur, maville.com, L’Express, Boursorama, Nice Matin, La Nouvelle République, Mediapart, Le Télégramme

D’autres médias ont fait un zoom sur la manifestation de Montélimar uniquement:
France Info (« Gaz de schiste: des milliers d’opposants mobilisés »), Le Figaro, Midi Libre (« Nos pâturages valent mieux que vos forages »), Le Télégramme
Vidéo de l’AFP: à regarder .

Pour ceux qui ont manqué les annonces:
La Voix du Jura: version en ligne
Le Monde: « La contestation contre le gaz de schiste essaime dans le monde »
Médiapart – Le blog de Maxime Combes

A voir: le débat sur La Chaîne Parlementaire
Gaz de schiste : la bataille est-elle vraiment gagnée ?
Avec:

  • Christian Bataille, Député PS du Nord, vice-président de l’Office parlementaire des choix scientifiques et technologiques
  • Michèle Rivasi, Députée européenne EELV
  • Philippe Chalmin, Économiste, Spécialiste du marché des matières premières, auteur de Crises 1929, 1974, 2008 Histoire et espérances, éditions Bourin, 2013
  • Thomas Porcher, Professeur en Marchés des matières premières à l’ESG, management School, auteur de Le mirage du gaz de schiste, mai 2013
 

19 octobre Global Frackdown – Journée Mondiale contre le fracking      (!) Info minute – Revue de Presse

FRACTURATION HYDRAULIQUE LETTRE AUX MEMBRES DU CONSEIL CONSTITUTIONNEL

Objet : QPC 2013-346

Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs les membres du Conseil Constitutionnel

2, rue de Montpensier 75001 PARIS

Prochainement, vous étudierez et statuerez sur la QPC 2013-346 posée par M. SCHUEPBACH sur la constitutionnalité des articles 1 et 3 de la loi n°2011-835 visant à interdire l’exploration et l’exploitation des mines d’hydrocarbures liquides ou gazeux par fracturation hydraulique et à abroger les permis exclusifs de recherches comportant des projets ayant recours à cette technique.

Citoyennes et citoyens, nous nous permettons de vous faire part de nos inquiétudes. Comme vous le savez, le gaz de schiste n’est pas une énergie fossile comme les autres. Sa recherche, par la seule technique existante utilisée par les industriels – la fracturation hydraulique – a des impacts sur la quantité et qualité de l’eau des nappes alluviales et des rivières.

Elle nécessite d’énormes quantités d’eau, alors que le réchauffement climatique produit peu à peu ses effets.

L’Agence de l’Eau Rhône Méditerranée et Corse a publié en septembre 2012 un rapport de synthèse des connaissances sur les impacts du changement climatique sur l’eau dans le grand Sud-Est français : « Moins de neige, une eau plus rare et aléatoire, des rivières plus basses en été : les nouvelles données du changement climatique obligent à repenser la gestion de l’eau. Région la plus sensible de France au changement climatique, cette région connaît déjà des situations de pénuries d’eau sur 40 % de son territoire, d’où l’urgence d’envisager des mesures d’adaptation ambitieuses ».

De plus, les procédés d’épuration des eaux issues de la fracturation hydraulique et contenant du méthane et les résidus des environ 600 produits chimiques utilisés n’existent pas.

C’est pourquoi nous sommes déterminés à protéger l’eau de nos territoire menacée par les permis de recherche. Modestement, nous considérons qu’autoriser la fracturation hydraulique serait contraire au principe de précaution et à la Charte de l’environnement.

Dans l’attente de votre décision qui sera importante pour l’avenir de notre région, croyez Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs, à notre considération distinguée.

Rhône-Alpes le 16 septembre 2103

Les Collectifs Stop au Gaz et Huiles de Schiste

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Article à propos de l’examen de la QPC le 24 sept par le Conseil Constitutionnel

  (!) Info minute revue de presse

J.C. 29.12.2012

Depuis le temps que nous surconsommons des hydrocarbures, gaz et pétrole, les réserves dites « conventionnelles » auxquelles on pouvait accéder facilement avec un simple forage vertical, parce qu’elles remontaient du sous-sol sous l’effet de la pression, sont en voie d’épuisement. Mais il reste des hydrocarbures « au fond du fond », enfouis à des kilomètres sous les roches, sous la mer ou la banquise, ou éparpillés dans des formations peu poreuses et peu perméables.

puits de gazDepuis longtemps les pétroliers, appâtés par l’augmentation du prix du baril, cherchent à repousser les limites d’exploitation de ces ressources pour « accéder aux réserves ultimes des champs conventionnels » (comme l’écrit Total) en forant de plus en plus profondément et en développant des techniques comme les forages « hautement déviés » (pour mieux pénétrer la roche-réservoir), les injections d’eau sous-pression (pour faire remonter les hydrocarbures), et bien entendu la fracturation hydraulique des roches-mères (pour en extraire les hydrocarbures diffus). Ces techniques d’exploitation avec un fort impact environnemental sont souvent désignées sous le vocable pudique de « stimulation ».

forages-L’exploitation par fracturation hydraulique des « shale gas » aux USA (traduit approximativement par gaz de schiste en Français) a démontré l’extrême dangerosité de ce genre de pratique, et l’opinion publique s’est dressée prioritairement contre « les gaz de schiste et la fracturation hydraulique ». Mais nous ne saurions oublier les pollutions dramatiques dues aux forages en eau profonde dans le Golfe du Mexique ou (moins médiatisées) au large de l’Afrique, ou les dégâts environnementaux irréversibles suite à l’extraction des sables bitumineux en Alberta et bientôt à Madagascar, par exemple.

Il n’y a pas d’un côté « les bons hydrocarbures conventionnels » et de l’autre « les mauvais gaz de schiste et la fracturation hydraulique », comme on voudrait nous le faire croire,  mais une évolution continue vers des pratiques de plus en plus dangereuses parce que de moins en moins maîtrisées par des entreprises dont le profit immédiat est la seule motivation. Ce que nous refusons quand nous parlons de « gaz de schiste » ce sont la recherche et l’exploitation par « stimulation » des « réserves ultimes« .

Ces pratiques peuvent avoir des conséquences désastreuses et totalement eau karstincontrôlables pour l’environnement, d’autant plus quand elles impliquent des forages en milieu karstique ou à proximité de failles sismiques. De plus, la mise sur le marché de ces produits pétroliers supplémentaires ne pourra qu’aggraver le réchauffement climatique et retarder la transition énergétique.

Nous demandons donc que la recherche et la mise en exploitation de ces hydrocarbures « ultimes » soient proscrites, quel que soit le nom qu’on leur donne et la technique de « stimulation » proposée. Et ce aussi bien en France que partout ailleurs dans le Monde !

Cette semaine en Rhône-Alpes: Agenda ici              SIGNEZ  LA PETITION !                 ( ! ) Info minute
Lettre aux candidats à la présidentielle et leurs réponses

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Le pétrole flambe, le gaz de schiste attend

C’est sous ce titre que Le Monde daté du 29 février 2012 publie l’Edito hebdomadaire de l’économiste Martin Wolf. Monsieur Wolf commentateur économique en chef du Financial Times est un habitué du forum économique mondial de Davos.  L’édito a le doux bruit de l’installation d’une plateforme de forage dans la paisible campagne française.  C’est court et sans ambigüité, 484 mots pour nous dire que les français sont des imbéciles puisque face à la pénurie annoncée du pétrole et à l’augmentation des coûts des hydrocarbures ils renoncent à exploiter les fabuleuses réserves de gaz de schiste prisonnières du sous-sol. Comme c’est le cas dans bien des articles de la presse financière, le contexte géopolitique tendu prêtant les arguments à leurs auteurs, on agite la peur puisque le «  nationalisme pétrolier reste vigoureux de la Russie au Venezuela, en passant par les États du golfe Arabo-Persique ».

Au passage prêtant main forte à TOTAL dont le permis a récemment été abrogé l’économiste britannique se veut rassurant en susurrant que «l’État a les moyens, techniques et juridiques, d’en encadrer strictement la production ». Pour finir repenser le mix énergétique doit se faire « sans tabou ». Fermez le ban !

Gaz de schiste : Les coûts d’opportunité locaux de l’eau en question *

Et pourtant sur les territoires, à quelques encablures de Davos, « le peuple » certainement ignorant puisqu’il n’a pas le regard rivé sur les prévisions boursières s’oppose farouchement à cette exploitation. Les paysans sont inquiets lorsqu’ils constatent que d’immenses quantités d’eau sont nécessaires à l’exploitation de ces « ressources ». L’installation de plateformes de forage au beau milieu de terres agricoles dont les surfaces sont en diminution face à l’urbanisation n’est pas non plus jugée bienvenue. Le monde paysan dont les candidats à l’élection présidentielle tentent de s’arracher les suffrages est celui qui nous nourrit et l’AOC gaz de schiste n’a pas l’air d’enthousiasmer les foules.

(*) Le coût d’opportunité désigne la perte des biens auxquels on renonce lorsqu’on procède à un choix, autrement dit lorsqu’on affecte les ressources disponibles à un usage donné au détriment d’autres choix.