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Par Fabrice Delaye, Natrium, le 31 octobre 2012 (Repris avec l’accord de l’auteur- Initialement publié par Bilan.ch )

Pour mesurer ce qu’a pu être la puissance industrielle des États-Unis, il faut prendre la route qui quitte Pittsburgh vers le sud en suivant la rivière Ohio. Tous les trois ou quatre kilomètres, une aciérie ou une centrale électrique. Gigantesque. Toutes ne fonctionnent pas, cependant. Les premières sont pour la plupart à l’abandon quand elles n’ont pas été démontées, et les secondes, quand elles tournent au charbon, sont à l’arrêt. «Celles qui fument, ce sont les centrales à gaz», explique Daniel Donovan, porte-parole du géant de la production électrique et du gaz naturel Dominion. «Parce qu’ici, aujourd’hui, le gaz naturel est moins cher que la houille.»
Loin d’être une bénédiction comme on pourrait le croire, cette situation est la porte d’entrée vers l’envers du décor du miracle des gaz de schiste. Car l’abondance des gaz de schiste sert de tremplin aux politiciens comme à Wall Street pour affirmer que des prix de l’énergie parmi les moins élevés de la planète sont le prélude de la renaissance industrielle de l’Amérique. Mais pour le moment ce n’est qu’une promesse. Et elle repose sur des mythes.

 Après la ruée vers l’or, déjà les villes fantômes

Le boom spectaculaire des gaz de schiste a commencé il y a environ six ans grâce à la combinaison de deux nouvelles technologies. La fracturation hydraulique, ou fracking, a permis d’abord d’amener de la pression pour extraire des couches de schiste le gaz naturel qui y est prisonnier mais qui ne remonte pas tout seul, comme dans les gisements classiques. Les forages multidirectionnels et horizontaux ont augmenté les rendements extraits de ces couches géologiques étendues mais souvent minces. Bien sûr, pour extraire les gaz de schiste, il faut beaucoup d’eau et des produits chimiques, ce qui a fait bondir les écologistes qui redoutent la pollution des nappes phréatiques. La scène du robinet qui verse du feu à la place de l’eau dans le film Gasland a ainsi capturé les imaginations.
Toutefois, cette scène dit aussi autre chose que la pollution: la profusion. A l’autre bout de la Pennsylvanie, dans la région rurale qui borde l’État de New York, les fermiers n’ont pas résisté aux 12,5% de royalties garanties par les compagnies exploitantes comme Chesapeake. Du coup, phénomène traditionnel de l’économie américaine, on a assisté à une ruée vers l’or des gaz de schiste. Mais ce boom est suivi maintenant par un «bust», un effondrement. Dans cette région, un millier de forages sont à l’arrêt.
Le phénomène est plus général. Après un investissement dans les forages de 126 milliards de dollars par les 50 premières compagnies du secteur pétrole et gaz des États-Unis au cours des six dernières années, le fracking est en crise. En témoignent les derniers résultats trimestriels des principaux fournisseurs: Halliburton, Baker Hughes et Schlumberger. «Nous perdons notre chemise», a même commenté récemment Rex Tillerson, le CEO d’Exxon Mobil, qui a payé 41 milliards de dollars en 2010 pour le spécialiste des gaz de schiste XTO. Le fameux magnat texan du pétrole T. Boone Pickens s’est, lui, exclamé en plein conseil d’administration cet été: «Il faut arrêter de forer!», selon le New York Times.
«Deux phénomènes se sont rejoints, explique Daniel Donovan. D’une part, les températures douces de l’hiver dernier ont diminué la demande, d’autre part le forage multidirectionnel a abouti à une production plus importante que prévue.» Du coup, les prix se sont effondrés de 60% depuis 2008 pour naviguer entre 2 et 3,5 dollars le million de BTU (British Thermal Unit, l’unité du gaz naturel aux États-Unis). Et comme tout va très vite en Amérique, on évoque maintenant des villes fantômes dans ce qui était il y a encore six mois l’eldorado des gaz de schiste.

À la source de la réindustrialisation

Pourtant, l’histoire ne s’arrête de loin pas là. Non seulement les consommateurs de gaz américains bénéficient de tarifs particulièrement bas, mais le gaz naturel étant un hydrocarbure, c’est une ressource précieuse pour toutes sortes d’usages qui vont bien au-delà du chauffage. C’est pour cela que la ruée des gaz de schiste s’est maintenant déplacée au cœur des Appalaches, à la frontière sud de la Pennsylvanie, de l’Ohio et de la Virginie occidentale. A Natrium, très précisément.
Dans cette localité, qui doit son nom à la désignation du sodium dans la table périodique des éléments, Dominion vient de dépenser un demi-milliard en dix mois pour construire ce qui sera à la fin de l’année la plus grande raffinerie de gaz de schiste des États-Unis. Et, ce qu’ici tous espèrent, l’amorce d’une reconquête industrielle.
Casque sur la tête, Tommey Gump, le superintendant des opérations de liquéfaction du gaz chez Dominion, explique pourquoi il est nécessaire de raffiner les gaz de schiste qui pullulent dans cette région minière. Le gigantesque gisement de gaz de schiste Marcellus, qui s’est formé au dévonien, court entre 1000 et 2000 mètres de profondeur sous les Appalaches depuis la Virginie occidentale et l’Ohio au sud jusqu’au milieu de l’Etat de New York au nord, après avoir traversé la Pennsylvanie. Dessous et plus à l’ouest, cette formation, dont les réserves sont estimées à 3 trillions de mètres cubes de gaz, en recouvre une autre baptisée Utica, qui en contient un autre trillion. Ce n’est donc pas loin du tiers des réserves de gaz de schiste des États-Unis (13,6 trillions de mètres cubes) que l’on trouve dans cette immense région.
Mais il y a une différence essentielle entre le gaz qu’on extrait au nord et celui qui commence à être exploité au sud de la formation Marcellus. Le premier est dit «dry» tandis que le second est qualifié de «et». Cela signifie que les premiers gisements contenaient surtout du méthane, dont l’usage est d’abord destiné au chauffage domestique. Pas vraiment de quoi lancer une renaissance industrielle. Par contre, dans la région de Natrium, les gaz de schiste ont un contenu élevé en hydrocarbures lourds. A partir de cette ressource, la raffinerie de Natrium va produire différents gaz tels que butane, isobutane, propane et éthane qui, eux, sont destinés à des usages industriels.
Des différentes tours de craquage de chacun de ces gaz que désigne Tommey Gump, c’est celle qui doit produire l’éthane qui retient le plus l’attention. Ce gaz liquéfié est, en effet, le précurseur de l’éthylène, lui-même source de nombreux plastiques. On y est! Cette «renaissance industrielle» que vendent aujourd’hui tant Wall Street que les candidats à la présidence est chimique. L’énergie bon marché n’est pas le sujet. Ce n’est pas parce que le gaz naturel est cinq ou six fois moins cher à New York qu’à Genève que l’industrie quitterait les pays à bas coûts pour revenir aux États-Unis. Certes, l’équation est plaisante et, au cœur de ce «rust belt» qui recouvre les fameux Etats indécis que sont précisément la Pennsylvanie et surtout le déterminant Ohio, tant Barack Obama que Mitt Romney tapent sur ce clou. Mais en matière industrielle, les décisions d’implantation répondent à des critères un peu plus subtils que la facture de gaz.

Le mythe de la compétitivité énergétique

A Chicago, Harry Moser est un militant de la relocalisation manufacturière aux Etats-Unis. Cet ancien directeur de l’entreprise genevoise AgieCharmilles aux États-Unis est même l’initiateur de la Reshoring Initiative, qui veut «ramener l’industrie à la maison». Pourtant, il n’achète pas la fable de la compétitivité énergétique des gaz de schiste. «Les coûts énergétiques ne représentent pas plus de 2% des coûts totaux dans la production manufacturière, lâche-t-il. Passer de 2 à 1% n’est pas suffisant pour motiver une relocalisation.» Mais le patron du groupe chimique belge Solvay n’expliquait-il pourtant pas, il y a peu, au quotidien Les Echos que s’il produisait aux États-Unis sa facture de gaz ne serait que de 200 millions d’euros au lieu de 500 en Europe? «C’est parce que Solvay est un groupe chimique»,  répond Harry Moser. «Non seulement c’est une industrie plus intensive en énergie mais surtout, elle utilise les hydrocarbures en tant que matières premières pour produire des plastiques.»
De fait, les exemples qui sont généralement avancés pour affirmer que les gaz de schiste vont faire revenir l’industrie aux États-Unis sont essentiellement chimiques. Le principal est celui de la construction par Dow Chemical, à Freeport au Texas, d’une usine d’éthylène de 1,7 milliard de dollars (soit 0,01% de la production industrielle des Etats-Unis, qui représente 12% du PIB). Encore une goutte d’eau pour affirmer une renaissance industrielle.
Pour autant, Harry Moser identifie d’autres facteurs qui sont effectivement de nature à ramener des emplois industriels aux États-Unis. Le principal c’est qu’entre une croissance débridée d’un côté et une grande récession de l’autre les différences salariales entre la Chine et les États-Unis se sont atténuées ces dernières années. «Depuis huit ans, les salaires chinois augmentent de 15% par an et la devise s’apprécie de 6%. Cela signifie que les salaires chinois représentent maintenant entre 15 et 20% de ceux des Américains. Toutefois, ces derniers ont une productivité trois fois plus élevée, si bien que lorsque vous mettez dans la balance les coûts liés au transport, la logistique, etc., la différence n’est plus si grande.»
Certes, mais la productivité chinoise peut augmenter. Et Harry Moser considère lui-même que les industries très intensives en main-d’œuvre, comme le textile ou l’assemblage électronique, ne reviendront pas. A cela s’ajoute une autre difficulté: le manque de techniciens et d’ouvriers qualifiés. On ne perd pas pendant des décennies des emplois industriels sans les savoir-faire qui vont avec. Or le système éducatif américain pêche au plan de l’apprentissage.

Les chimères de la machine à créer des jobs

Cette question de la qualification nous ramène à Natrium, au gaz de schiste et à la promesse de Mitt Romney de ramener des millions de jobs manufacturiers et à celle, plus raisonnable, de Barack Obama de voir le gaz créer 600 000 emplois d’ici à 2020 après en avoir généré 60  000 depuis cinq ans.
Devant un réservoir géant de propane, Timothy Greenier, le chef du chantier de Natrium, explique que lire la suite ici.

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Communiqué de presse, Mercredi 7 Novembre, Bruxelles – Corporate Europe Observatory
Selon un nouveau rapport de Corporate Europe Observatory [1], les compagnies pétrolières et gazières américaines et européennes ont lancé une campagne acharnée pour empêcher toute régulation européenne concernant le développement de l’industrie du gaz de schiste de voir le jour. Avant la fin Novembre, les eurodéputés donneront leur accord ou pas pour introduire de nouvelles réglementations européennes dans ce domaine.
Cette bataille féroce comprends un lobbying intensif du Parlement européen et de la Commission, des rapports d’expertise financés par l’industrie, des publicités et des sites internet, conçus afin de prouver que les gaz de schiste ne constituent pas une menace pour l’environnement ou pour la santé publique et de promouvoir l’illusion d’une nouvelle source de carburant écologique.
Cependant ce rapport montre que le développement des gaz de schiste menace le développement des énergies renouvelables – et risque d’enfermer l’Union européenne dans un avenir de combustibles fossiles.
L’auteur du rapport, Laura Weis, affirme que:
« Les grands acteurs de l’industrie pétrolière et gazière tentent de façonner les gaz de schiste comme une source de carburant respectueux de l’environnement, et ont attiré les eurodéputés avec des repas et autres cocktails pour les convaincre de ses avantages. Ils ont déjà investi des millions d’euros dans des opérations de lobbying à Bruxelles pour tenter d’induire en erreur les décideurs publiques et lutter contre toute forme de réglementation nécessaire à la protection de l’environnement et de la santé publique. « 
 
Le rapport montre que les compagnies pétrolières dont ExxonMobil, Chevron, Statoil, Total et PGNiG Pologne travaillent avec des entreprises de relations publiques pour organiser des événements au sein du Parlement pour plaider en faveur des gaz de schiste. Ils ont été soutenus par les eurodéputés polonais et le gouvernement polonais, qui a utilisé la présidence de l’UE en 2011 dans le but de promouvoir leur programme sur les gaz de schiste.
 
Lors de ces événements les préoccupations environnementales et sanitaires liées au développement des gaz de schiste ont été totalement ignorées.
 
Des projets d’extraction (ou fracturation hydraulique) de gaz de schiste sont déjà en cours dans plusieurs pays de l’UE. Les premiers puits ont été forés en Pologne en 2009, mais des moratoires sur la fracturation hydraulique ont été adoptés dans un certain nombre d’autres états membres, dont la France et la Bulgarie. La commission environnement du Parlement européen et la DG Environnement de la Commission européenne recommandent une législation plus stricte – tandis que la DG Énergie affirme que cela n’est pas nécessaire.
 
La Commission européenne est à l’heure actuelle en train d’évaluer la nécessité d’une régulation et devrait faire une proposition courant 2013.

Notes:
[1] Foot on the gas, lobbyists push for unregulated shale gas, Corporate
Europe Observatory, November 2012. Télécharger le rapport (en anglais)

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5 novembre que dit le rapport Gallois sur les gaz de schiste                      5 novembre que dit le gouvernement
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d’après une publication du mardi 30 octobre 2012 sur le site du collectif stop au gaz de schiste 07

Nous avons gagné une nouvelle “bataille”…

Depuis deux mois les collectifs du Gard et de l’Ardèche sont fortement mobilisés :

  • Plusieurs réunions publiques devant de très nombreuses assistances dans les villages du Bassin d’Alès et ailleurs
  • Affichage sur l’ensemble du territoire
  • Participation à la journée nationale anti-fracking de St Christol lès Alès (5000 personnes)
  • Accompagnement des maires en préfecture de Nîmes et Privas
  • Les commissions scientifiques, juridiques, VIA ont travaillé et édité de nombreux documents.

Ce travail a servi de support à trois rencontres ministérielles qui se sont déroulées en Septembre :

  • Participation de membres de collectifs à la Conférence environnementale sur invitation du Gouvernement
  • Rencontre entre des membres de la Commission juridique des collectifs Gard et Ardèche et des membres du Cabinet de la Ministre de l’écologie
  • Rencontre entre les Maires du Gard, les Maires de l’Ardèche, des membres de la Commission Scientifique, deux Députés du Gard et de l’Ardèche et Mme Batho, Ministre de l’Ecologie.

La forte mobilisation des populations Gardoises et Ardéchoises, ainsi que de leurs élus, a largement soutenu et contribué au succès de ces démarches.

C’est cette mobilisation qui a fait que la société Mouvoil, qui devait venir à l’automne, a annoncé reporter ses travaux sismiques sur le Permis Bassin d’Alès. Cette annonce a été faite ce matin par un courriel de M. Combemal, du Bureau des Affaires Environnementales de la Direction des Relations avec les Collectivités Territoriales.

Attention, il ne s’agit bien là que d’un report : Mouvoil a accepté d’attendre les résultats de la Commission d’Expertise nommée par le Ministère de l’Ecologie. Cette commission, une fois nommée, peut rendre ses travaux très rapidement.

Nous devons prendre acte de ce recul et considérer que cela est une victoire au même titre que celle de la loi du 13 juillet 2011 interdisant la facturation hydraulique. Au même titre également que la mobilisation de l’été 2011 qui avait, déjà, fait reculer Mouvoil.

Nous n’avons cependant pas gagné la guerre :
  • Les permis d’Ales sont toujours considérés comme conventionnels, donc toujours explorables (selon l’avis du préfet d’Ardèche à la réunion des Maires de l’Ardèche).
  • Les gaz de schiste apparaissent toujours comme une alternative à la crise dans l’esprit d’une partie importante des décideurs économiques et de nombreux politiques.
  • Les autres permis octroyés en France sont toujours ouverts à l’exploration.

Les collectifs n’ont pas crié au loup pour rien : il y a eu un réel danger de voir les pétroliers venir chez nous cet automne. Sans la détermination de cette rentrée, nous aurions perdu une bataille importante.

Nous devons rester vigilants et prêts à nous mobiliser fortement à nouveau : arriver à la victoire demandera du temps. Ce temps nous devons le gérer intelligemment en nous économisant et en ne perdant pas confiance. Chaque bataille gagnée renforce cette confiance.

Septembre 2012 a été une bataille gagnée contre Mouvoil.

CE QUI EST POSSIBLE ET (IL)LÉGITIME DANS LE SUD DE LA RÉGION RHÔNE-ALPES L’EST ÉGALEMENT DANS LE NORD. POURSUIVONS ENSEMBLE NOTRE COMBAT POUR FAIRE ANNULER LES PERMIS DES MOUSSIERES ET DE GEX.

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                            5 novembre 2012 : Que dit exactement le rapport Gallois sur le Gaz de schiste
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Louis Gallois: « Hors de question de faire l’impasse sur les gaz de schiste »

La presse en ligne en a fait ses titres cette semaine: Louis Gallois, missionné par le gouvernement pour faire un rapport sur la compétitivité des entreprises françaises, prend position en faveur de l’exploitation des Gaz de Schiste. Mieux, M. Gallois aurait asséné à la ministre Delphine Batho que « la France a deux richesses phares, le nucléaire et les gaz de schiste », et qu’« il est hors de question de faire l’impasse« . Nommé Commissaire Général à l’Investissement en Conseil des ministres au printemps dernier, mais surnommé le moine dans le petit monde des grands patrons pour son mode de vie d’ascète, Monsieur Gallois n’y va pas par quatre chemins: Le sous-sol français recèle la deuxième réserve européenne de gaz de schiste, le rapport contiendra un chapitre sur la nécessité d’exploiter les gaz de schiste.

La patronne du Medef rapidement relayée par l’UFIP reprend la nouvelle dans la foulée. Madame Parisot se fait en effet la porte parole de l’industrie française de l’extraction des hydrocarbures depuis que le gouvernement a annoncé son intention de mettre un coup de frein au projets d’explorations par la fracturation hydraulique. Annonce qui n’a pas encore rassuré les citoyens et élus mobilisés depuis deux ans.

Les gaz de schiste, les hydrocarbures de roche mère, est-ce bien « fini pour 5ans » ?

Madame Batho Ministre en charge de l’Ecologie et de l’énergie le répète à l’envie : « En France, le débat politique est clos, les gaz de schiste ne passeront pas par nous ». Depuis l’Inde où elle participe à la conférence de l’ONU sur la biodiversité, la ministre assume un « désaccord net » avec M. Gallois sur le sujet des gaz de schiste. « Certains tenteront en permanence de remettre le sujet sur la table mais, d’un point de vue politique, le débat sur les gaz de schiste est clos« , a indiqué Mme Batho à l’AFP.

Quant au chef de l’État, interrogé en marge d’un sommet européen, sur un éventuel changement de position sur la base du rapport de l’ex-patron d’EADS, M.Hollande a assuré ne pas l’avoir lu. « Je ne suis même pas sûr qu’il soit écrit puisqu’il est remis le 5 novembre. Je ne sais pas ce qu’il contient« , a-t-il ajouté. Mais, selon François Hollande, « c’est un rapport qui engage son auteur, qui n’engage pas le gouvernement, pas le président de la République« .

Une chose est sûre, la liste des permis d’exploration d’hydrocarbures de roche mère reste la même depuis les élections présidentielles. Seuls trois permis avaient été abrogés par M. Sarkozy il y a un an. Quant aux demandes de permis, la liste s’allonge et F.Hollande a demandé le rejet de 7 demandes. Or il en reste près d’une centaine.

Et pendant ce temps-là on nous ferait le coup (le coût ?) des gaz de schiste finançant la transition énergétique !

Des « conseillers en stratégie de rupture » quand à eux n’hésitent pas à proposer que l’on coupe la poire en deux. D’un côté des citoyens sont fâchés mais quelque peu ignorants, de l’autre de cupides industriels ne veulent pas rater la marche forcée vers cette exploitation dont les USA sont le modèle de référence.

La solution est là. Les deux auteurs de cet article après avoir listé l’ensemble des moyens à mettre en œuvre pour démontrer que l’exploration de cette réserve d’hydrocarbure est finalement sans danger car contrôlable par l’État, concluent: « Cette réserve économique, si elle est confirmée, peut-elle financer des normes environnementales qui garantissent la sécurité du citoyen et une rémunération locale doublées d’un mécanisme de financement de la transition énergétique ? C’est une condition à fixer pour décider une exploitation positive de cette ressource, sous le contrôle des citoyens et de l’État.
Arrêtons ce débat caricatural, et si toutes les conditions ne sont pas réunies, n’exploitons pas les gaz de schiste. En revanche, si il est possible dans le respect des intérêts des citoyens et dans la préservation des biens environnementaux de mettre la France sur le chemin de la croissance et de la transition écologique, faisons-le ! » .

Qu’elle est simple, qu’elle est belle cette conclusion qui propose de réconcilier l’irréconciliable, on dirait du … François Hollande, ou du Christophe de Margerie

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                                   > > >   ALERTE en cours dans le Gard et l’Ardèche   Position des camions < <
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Le Ministère en Charge de l’Écologie a publié 7 arrêtés de rejet de demande de Permis Exclusif de Recherche d’Hydrocarbure. Ces arrêtés sont signés des Ministres en charge de l’Écologie et de l’Énergie ainsi que du Redressement Productif.

Les pétitionnaires ont deux mois pour faire appel de ces décisions.

En voici quelques uns:
Lyon-Annecy (Schuepbach)
Montfalcon (BNK)
Valence (3 Legs Oil & Gas)
Montélimar extension manque à l’appel pour le moment (22.10.2012 publié sur le site du MEDDE)
Gréoux-les-Bains (Thermopyles)
Brignole (Schuepbach)
Beaumont de Lomagne (BNK)
Cahors (3 Legs Oil & Gas)

Pour ce qui concerne notre Région, le gouvernement a omis jusqu’à présent le rejet de trois demandes supplémentaires :

Le gouvernement doit sérieusement considérer ne pas renouveler les permis de recherche des Moussières et de Gex.

Les collectifs citoyens restent très préoccupés par:

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Le Consultant SIA Conseil a publié le 19/09/2012 un communiqué de presse (1), repris par la plupart des journaux nationaux, prétendant que l’exploitation des gaz de schiste permettrait, sur la base « d’hypothèses extrêmement prudentes voire conservatrices » de créer « au minimum 100 000 emplois d’ici 2020 ».

Leurs « hypothèses extrêmement prudentes » se basent sur l’évaluation des ressources la plus optimiste, celle de l’Agence américaine d’information sur l’énergie (EIA) qui estime les réserves de gaz de schiste européennes mobilisables à 18 000 milliards de m3 (mais seulement 6 000 milliards de m3 selon Medlock, Jaffe et Hartley (2)), dont 5 100 milliards pour la France. L’estimation d’EIA pour la Pologne s’élevait à 5 300 milliards de m3 de gaz, et vient d’être revue à la baisse après les premiers sondages par l’Institut national de géologie de Pologne (PIG) qui annonce une fourchette entre 350 et 770 milliards de m3, soit 10 fois moins ! Quant aux services géologiques américains (United States Geological Survey) ils ont publié en juillet 2012 un rapport estimant les gisements polonais de gaz de schiste à seulement 38 milliards de m3 (6). Qui doit-on croire !?

Cette hypothèse s’appuie ensuite sur les « informations confidentielles » des 2 sociétés dont les 3 permis de recherche ont été annulés suite à la loi du 13 juillet 2011, et qui prétendent sans aucun test d’exploitation que ces 3 concessions auraient représenté 500 milliards de m3, soit 1/10 de la réserve nationale estimée par l’EIA. SIA multiplie donc par 10 les évaluations relatives à ces 3 permis. En se basant toujours sur les chiffres des ex-titulaires des 3 permis, SIA prévoit le forage dans chacune de ces 3 zones de 30 puits par an (soit 90 en tout), chaque puits produisant en 20 ans 30 millions m3, dont 12 millions m3 la première année. En commençant à forer en 2015 on pourrait donc d’ici 2020 forer 450 puits qui produiraient 1,6 milliards m3 cette année-là, soit 3% de notre consommation de gaz.

Pour évaluer la force de travail nécessaire au forage et à l’exploitation de ces puits, SIA annonce utiliser « les niveaux d’emplois observés aux Etats-Unis ;…sur les 3 premières années (forage) 13 personnes par puits sont nécessaires, sur les 20 années suivantes (exploitation) il suffit de 0,18 personnes par puits ». Or ce n’est pas ce qui ressort des données (4) du Marcellus Shale Education and Training Centre (MSETC) que nous avons consultées.

Selon ces documents le forage d’un puits nécessite « l’équivalent de 11,53 (ou 13 selon les documents) emplois à temps plein sur un an »  c’est-à-dire que la somme des heures de travail des personnels nécessaires pour réaliser un puits, divisée par 2080 heures (temps de travail annuel dans l’industrie américaine) conduit à 11,53 (ou 13) EPTA (Équivalent Plein Temps Annuel). Que ce puits soit réalisé en 3 mois ou en 3 ans ne change rien à ce chiffre, qui de plus ne représente pas 12 ou 13 postes mais un ensemble d’employés « court terme » à temps partiel, dont le nombredépend du rythme et de l’organisation du travail. Il semble que SIA Conseil ait interprété ce chiffre comme le nombre d’heures exécutées par an et ait de plus considéré que le forage d’un puits prendrait 3 ans (ce qui est loin des statistiques américaines, qui évoquent une fourchette de 2 à 4 mois). Par contre, pour ce qui est de l’exploitation des puits, c’est-à-dire leur surveillance lors de la production durant plusieurs années le MSETC parle bien de 0,18 emploi permanent « long terme » par puits créé.

Sur les bases des chiffres du MSETC le forage de 90 puits par an générerait donc 2 158 416 heures de travail, soit au rythme français (1650 heures/an), 1308 équivalents postes à plein temps. Quant à l’exploitation, elle engendrerait en 2020 96 postes, soit un total de 1 404 équivalents postes à plein temps en 2020 pour ces trois périmètres. Où sont Les 4 000 emplois industriels de SIA ? Et dire que qu’on peut extrapoler à la totalité de la France en multipliant par 10 relève de l’acte de foi !

SIA table en plus sur 1,52 emploi induit par emploi industriel créé en se basant sur les chiffres américains. Même le rapport des CGIET et CGEDD (1) estime cette extrapolation inappropriée en raison des différences entre les marchés de l’emploi américains et français, et évaluent pour leur part les créations totale d’emplois à « quelques centaines », l’essentiel du travail étant réalisé par le personnel étranger des entreprises de forage. Et ces estimations ne tiennent pas compte des emplois qui seraient détruits dans l’agriculture ou le tourisme : une étude irlandaise (5) a mis en évidence, outre un solde négatif, la précarité des emplois créés. Qu’en serait-il en France où l’agriculture compte un million d’actifs permanents (soit 750 000 EPTA) (7) et le tourisme emploi plus d’un millions de personnes, en croissance moyenne de 27 % par an depuis 10 ans (8)

Mais dans tous les cas on est loin du chiffre « magique » des 100 000 emplois annoncés !

 

REFERENCES

  1. Communiqué de presse : Gaz non conventionnels, au minimum 100 000 emplois créés d’ici 2020 selon le scénario SIA Conseil – Energie .SIA-Conseil Septembre 2011
  2. Unconventional gas : potential energy market impact in the European Union – European Commission Joint Research Centre – 2012
  3. Les hydrocarbures de roche-mère en France – Rapport du Conseil Général de l’industrie, de l’énergie et des technologies et du Conseil Général de l’environnement et du développement durable – février 2012
  4. Marcellus shale workforce needs assessment – Marcellus Shale Education and Training Centre – juin 2009
  5. Report on the effects of the shale gas extraction by means of the hydraulic fracturing in the Republic of Ireland – Fracking Research and Information Centre of Sligo
  6. Bulletin électronique du ministère des affaires étrangères françaises
  7. Ministère de l’Agriculture – Agreste – Janvier 2012
  8. Rapport du Conseil National du Tourisme, Ministère de l’Economie et des Finances,2011, « le poids économique et social du tourisme en France »).

PLUS D’INFORMATION:

  • La fable des 100 000 emplois du gaz de schiste sur http://www.stopgazviganais.org
  • Les emplois au pifomètre des gaz de schiste par Sylvain Lapoix sur OWNI.fr
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Ce matin, le conseil régional Rhône-Alpes a adopté le vœu intitulé « Pour un avenir énergétique sans gaz et huiles de schiste pour un débat national clair sur les hydrocarbures non conventionnels« .

Le Conseil régional souhaite :  1) Que le gouvernement remette à l’ordre du jour parlementaire, sous la forme d’un projet de loi, la proposition de loi N°3690 du 13 juillet 2011, (« Interdiction de l’exploration et de l’exploitation des hydrocarbures non conventionnels, abrogation des permis exclusifs de recherche de mines d’hydrocarbures non conventionnels, transparence dans le code minier ») rejetée par l’Assemblée Nationale lors de la précédente législature ;  2) Que l’Etat associe les collectivités territoriales, et plus largement l’ensemble de la société civile à la réforme du code minier, par une procédure de concertation adaptée aux différentes étapes de cette réforme ;  3) Qu’en attendant la réforme du code minier, le ministère de l’Ecologie continue de publier l’ensemble des pièces de tous les dossiers de permis ou de demandes de permis d’exploration d’hydrocarbures non conventionnels adressés à ses services, et gèle leur instruction.                                    le texte complet du vœu complet à télécharger ici
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Ce positionnement des élus est la conséquence de la mobilisation citoyenne de grande ampleur qui ne désenfle pas depuis le premier rassemblement de février 2011 à Villeneuve de Berg jusqu’au rassemblement d’Aix les Bains il y a quelques jours.

Les élus « vont au charbon » (sic!) et on appréciera certainement le rappel sur la proposition de loi N°3690 qui fut rejetée en 2011 et pour laquelle aucun obstacle ne devrait figurer à présent puisque cette ppl était portée par un certain Jean-Marc Ayrault actuel chef du gouvernement. Figuraient également au nombre d’autres illustres personnes portant cette proposition, M. Arnault Montebourg actuel Ministre du redressement productif ainsi que Monsieur Brottes (élus de l’Isère) dont on dit qu’il a l’oreille du Président de la République et qui est à l’origine d’une autre proposition de loi sur l’énergie discutée ces dernières heures au parlement.

L’ouverture des dossiers de demande de Permis de recherche d’hydrocarbure: elle est réclamée depuis des mois par les collectifs citoyens et associations qui n’en ont obtenu qu’une partie. La commission d’accès aux documents administratif (CADA) s’est positionnée plusieurs fois sur ce point, mais une partie de l’administration fait de la résistance. Nous reviendrons prochainement sur la réponse invraisemblable formulée par une préfecture de notre Région à la demande d’accès à des dossiers (remis par le titulaire d’un permis existant) formulée par des citoyennes. 

Quand à l’affirmation de principes sur le processus de consultation démocratique qui devrait gouverner des décisions aussi importantes de les choix énergétiques, ont ne peut que la saluer. Nous la saluons.

Jamais content ? Pas encore du tout rassuré !

Et bien non. Et nombre de citoyens engagés dans cette quête de transparence, dans l’alerte de leurs voisins sur les menaces que représentent ces projet qu’ils n’ont pas choisi et pour lesquels ils n’ont jamais été consultés, nombre de ces citoyens ont entendus plusieurs choses ces derniers jours:

– Un président de la république qui rejette ces projets pour la période du quinquennat tandis que des préfets convoquent des maires pour annoncer le démarrage de travaux de recherche en Ardèche du Sud et Gard Nord.

– Une Ministre de l’Écologie qui annonce que la  Commission nationale d’orientation, de suivi et d’évaluation des techniques d’exploration et d’exploitation des hydrocarbures liquides et gazeux ne sera pas mise en oeuvre tandis que le Président du Sénat nomme le sénateur Michel Teston à la demande du Premier Ministre pour siéger dans cette commission en application de la loi n° 2011-835 du 13 juillet 2011 et du décret n° 2012-385 du 21 mars 2012.

– La recherche et l’exploitation des gaz et huile de schiste ne doit pas avoir lieu en France tandis que seul le rejet de 7 demandes de permis à été annoncé et les foreurs

Nous demandons toujours :
  • Un rejet définitif de la possibilité d’aller rechercher et exploiter les hydrocarbures de roches mère et tous réservoirs non conventionnels
  • La protection durable des territoires et la possibilité de choisir l’avenir énergétique par la refonte du code minier et un débat décentralisé sur la transition énergtique
  • Un rejet immédiat des demandes de Permis Exclusifs de Recherche d’Hydrocarbure.
  • L’annulation des permis déjà délivrés

En Rhône-Alpes il s’agit de:

Par Jacques Cambon – Initialement publié dans le Sarkophage

Les gaz (et huiles) de schiste sont avant tout une tentative ultime, et donc d’autant plus dangereuse, des compagnies pétrolières pour garder le contrôle de la production d’énergie et donc globalement de l’économie. En attendant de mettre la main sur les ressources naturelles par le biais de « l’économie verte » pour contrôler ensuite les énergies renouvelables, elles entendent extraire jusqu’à la dernière goutte d’hydrocarbure, même économiquement non rentable, quitte à saccager la planète.
Bien entendu, ces entreprises n’ont pas attendu ces ressources dites non conventionnelles pour commencer ce saccage : pollution pétrolière dans le delta du Niger ou le Golfe du Mexique, asséchement et contamination des nappes d’eau fossile d’Arlit au Niger pour extraire l’uranium, destruction des zones humides d’Atacama au Chili pour produire le lithium de nos piles électriques…La liste est interminable, mais avec les gaz de schiste et autres ressources « extrêmes », c’est la généralisation des désastres écologiques qui nous est promise !
Concrètement il s’agit d’aller rechercher des hydrocarbures naturels situés à plusieurs milliers de mètres de profondeur sous la forme de gouttelettes éparpillées dans des roches sédimentaires compactes, souvent des argiles schisteuses. Pour ce faire, il faut fissurer la roche pour libérer le gaz et une seule technique est aujourd’hui opérationnelle, c’est la fracturation hydraulique. Après avoir foré un puits vertical pour atteindre la « roche mère », on prolonge ce forage par des drains horizontaux pour la pénétrer profondément sur quelques centaines à quelques milliers de mètres. Ensuite on injecte dans ces forages un mélange d’eau, de sable et de produits chimiques, dont beaucoup sont gravement toxiques, sous plusieurs centaines de bars de pression :la pression de l’eau va fracturer la roche autour des drains, le sable empêcher que les fractures se referment et les produits chimiques faciliter l’écoulement du gaz qui pourra ainsi remonter vers la surface…Mais où sont donc les problèmes, puisque ce gaz est pratiquement le même que le « gaz naturel » que nous utilisons aujourd’hui ?

D’abord la consommation d’eau pour une fracturation est considérable, équivalant à la consommation journalière d’une ville de 100 000 habitants. Ensuite cette eau, chargée de ses additifs toxiques (acides forts, composés du chrome, de l’aluminium ou du bore, hexane, toluène, benzène, méthanol…) et des polluants dont elle se charge au passage (éléments radioactifs, bactéries…), va rester pour une bonne part dans le sous-sol où elle va migrer de façon totalement incontrôlable au gré des fractures que l’on vient de créer et des failles naturelles, polluant les aquifères profonds et même superficiels. L’autre partie de l’eau remontée en surface avec le gaz sera, une fois séparée de ce dernier, soit évaporée en libérant ses polluants volatils dans l’air, soit réinjectée dans le sol…En plus de cette pollution de l’eau, de l’air en raison des fuites de gaz (essentiellement du méthane, gaz à effet de serre plus de 20 fois plus dangereux que le gaz carbonique), du sol (car en exploitation ce n’est pas un puits qu’il faut mais un champ de puits, distants de quelques centaines ou milliers de mètres les uns des autres), il faut mentionner l’augmentation déjà observée du nombre de séismes.
Car ce tableau n’est pas virtuel : l’exploitation des gaz de schiste est pratiquée aux USA depuis une quinzaine d’année et plus de 400 000 puits seraient en service avec les conséquences que l’on vient de décrire. Peut-être acceptés parce que dans des zones à faible densité de population, et compensés par l’appât financier pour les propriétaires selon la loi étasunienne, ces impacts suscitent des rejets de plus en plus forts ailleurs, du moins dans les pays où la société civile peut s’exprimer. Car après les USA et le Canada, ce sont l’Europe, l’Afrique et l’Asie qui sont visées. Certains états ont déjà pris, souvent sous la pression citoyenne, des législations restrictives : moratoires en Bulgarie, dans les Cantons de Vaud et Fribourg en Suisse, dans l’Etat du Vermont aux USA, et interdiction de la fracturation hydraulique en France en juillet 2011.
Mais cette dernière loi n’est pas suffisamment claire pour être totalement efficace.  D’abord parce qu’elle ne définit pas ce qu’est la fracturation hydraulique, ouvrant droit à de possibles dérives vers des pratiques tout aussi néfastes sous des appellations différentes. Ensuite parce qu’elle n’empêche pas des forages soi-disant conventionnels dans des secteurs où l’on sait que la géologie imposera tôt ou tard des pratiques de « stimulation », pour reprendre l’euphémisme des foreurs. Enfin parce qu’elle tolère la fracturation hydraulique « à des fins de recherche scientifique » pratiquée par des entreprises industrielles dont le profit et le seul mobile, et qui ne se cachent d’ailleurs pas de vouloir contourner cette interdiction, ou mieux « en sortir » comme ils le proclament eux-mêmes. Et la refonte du Code Minier envisagée par le nouveau gouvernement ne remet pas en cause les soixante et un permis en cours qui sont présentés comme des recherches de « pétrole ou gaz conventionnels » mais autorisent en fait la recherche de tous les types d’hydrocarbures.
Seule une mobilisation citoyenne fortes saura imposer l’abandon définitif partout dans le monde de cette extraction dont la finalité claire est bien de retarder le plus possible la transition vers une société sobre en énergies, renouvelables bien entendu. Quant au réchauffement climatique  induit par la mise sur le marché de ce supplément d’hydrocarbures, inutile de dire que c’est le dernier des soucis des pétroliers, des financiers et des politiques qui les soutiennent.