Articles Tagués ‘7 permis gaz de schiste’

Par Jacques Cambon – Initialement publié dans le Sarkophage

Les gaz (et huiles) de schiste sont avant tout une tentative ultime, et donc d’autant plus dangereuse, des compagnies pétrolières pour garder le contrôle de la production d’énergie et donc globalement de l’économie. En attendant de mettre la main sur les ressources naturelles par le biais de « l’économie verte » pour contrôler ensuite les énergies renouvelables, elles entendent extraire jusqu’à la dernière goutte d’hydrocarbure, même économiquement non rentable, quitte à saccager la planète.
Bien entendu, ces entreprises n’ont pas attendu ces ressources dites non conventionnelles pour commencer ce saccage : pollution pétrolière dans le delta du Niger ou le Golfe du Mexique, asséchement et contamination des nappes d’eau fossile d’Arlit au Niger pour extraire l’uranium, destruction des zones humides d’Atacama au Chili pour produire le lithium de nos piles électriques…La liste est interminable, mais avec les gaz de schiste et autres ressources « extrêmes », c’est la généralisation des désastres écologiques qui nous est promise !
Concrètement il s’agit d’aller rechercher des hydrocarbures naturels situés à plusieurs milliers de mètres de profondeur sous la forme de gouttelettes éparpillées dans des roches sédimentaires compactes, souvent des argiles schisteuses. Pour ce faire, il faut fissurer la roche pour libérer le gaz et une seule technique est aujourd’hui opérationnelle, c’est la fracturation hydraulique. Après avoir foré un puits vertical pour atteindre la « roche mère », on prolonge ce forage par des drains horizontaux pour la pénétrer profondément sur quelques centaines à quelques milliers de mètres. Ensuite on injecte dans ces forages un mélange d’eau, de sable et de produits chimiques, dont beaucoup sont gravement toxiques, sous plusieurs centaines de bars de pression :la pression de l’eau va fracturer la roche autour des drains, le sable empêcher que les fractures se referment et les produits chimiques faciliter l’écoulement du gaz qui pourra ainsi remonter vers la surface…Mais où sont donc les problèmes, puisque ce gaz est pratiquement le même que le « gaz naturel » que nous utilisons aujourd’hui ?

D’abord la consommation d’eau pour une fracturation est considérable, équivalant à la consommation journalière d’une ville de 100 000 habitants. Ensuite cette eau, chargée de ses additifs toxiques (acides forts, composés du chrome, de l’aluminium ou du bore, hexane, toluène, benzène, méthanol…) et des polluants dont elle se charge au passage (éléments radioactifs, bactéries…), va rester pour une bonne part dans le sous-sol où elle va migrer de façon totalement incontrôlable au gré des fractures que l’on vient de créer et des failles naturelles, polluant les aquifères profonds et même superficiels. L’autre partie de l’eau remontée en surface avec le gaz sera, une fois séparée de ce dernier, soit évaporée en libérant ses polluants volatils dans l’air, soit réinjectée dans le sol…En plus de cette pollution de l’eau, de l’air en raison des fuites de gaz (essentiellement du méthane, gaz à effet de serre plus de 20 fois plus dangereux que le gaz carbonique), du sol (car en exploitation ce n’est pas un puits qu’il faut mais un champ de puits, distants de quelques centaines ou milliers de mètres les uns des autres), il faut mentionner l’augmentation déjà observée du nombre de séismes.
Car ce tableau n’est pas virtuel : l’exploitation des gaz de schiste est pratiquée aux USA depuis une quinzaine d’année et plus de 400 000 puits seraient en service avec les conséquences que l’on vient de décrire. Peut-être acceptés parce que dans des zones à faible densité de population, et compensés par l’appât financier pour les propriétaires selon la loi étasunienne, ces impacts suscitent des rejets de plus en plus forts ailleurs, du moins dans les pays où la société civile peut s’exprimer. Car après les USA et le Canada, ce sont l’Europe, l’Afrique et l’Asie qui sont visées. Certains états ont déjà pris, souvent sous la pression citoyenne, des législations restrictives : moratoires en Bulgarie, dans les Cantons de Vaud et Fribourg en Suisse, dans l’Etat du Vermont aux USA, et interdiction de la fracturation hydraulique en France en juillet 2011.
Mais cette dernière loi n’est pas suffisamment claire pour être totalement efficace.  D’abord parce qu’elle ne définit pas ce qu’est la fracturation hydraulique, ouvrant droit à de possibles dérives vers des pratiques tout aussi néfastes sous des appellations différentes. Ensuite parce qu’elle n’empêche pas des forages soi-disant conventionnels dans des secteurs où l’on sait que la géologie imposera tôt ou tard des pratiques de « stimulation », pour reprendre l’euphémisme des foreurs. Enfin parce qu’elle tolère la fracturation hydraulique « à des fins de recherche scientifique » pratiquée par des entreprises industrielles dont le profit et le seul mobile, et qui ne se cachent d’ailleurs pas de vouloir contourner cette interdiction, ou mieux « en sortir » comme ils le proclament eux-mêmes. Et la refonte du Code Minier envisagée par le nouveau gouvernement ne remet pas en cause les soixante et un permis en cours qui sont présentés comme des recherches de « pétrole ou gaz conventionnels » mais autorisent en fait la recherche de tous les types d’hydrocarbures.
Seule une mobilisation citoyenne fortes saura imposer l’abandon définitif partout dans le monde de cette extraction dont la finalité claire est bien de retarder le plus possible la transition vers une société sobre en énergies, renouvelables bien entendu. Quant au réchauffement climatique  induit par la mise sur le marché de ce supplément d’hydrocarbures, inutile de dire que c’est le dernier des soucis des pétroliers, des financiers et des politiques qui les soutiennent.

Cette semaine en Rhône-Alpes: Agenda ici      SIGNEZ  LA PETITION !                           ( !) Info minute 
Rassemblements et manifestations le 22 septembre             ALERTE en cours dans le Gard et l’Ardèche
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==> Suite à l’annonce du Président Hollande, seules 2 demandes sont en voie de rejet. Celle de Lyon-Annecy et celle de Montfalcon.
Voir ici pourquoi. Voir ici pourquoi il est incohérent que seules ces deux demandes soient rejetées.

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Petit récapitulatif qu’il ne faut pas hésiter à relayer dans les campagnes et dans les villes. Mise à jour du 15.09.2012 . Dernière version ici
Samedi 22 SEPTEMBRE MANIFESTONS A AIX LES BAINS (73)

voir également la synthèse nationale des permis et demandes en fin d’article

Les permis exclusifs de recherche d’hydrocarbures liquides ou gazeux après l’annonce du Président Hollande le 14.09.2012 :

Rhône-Alpes Nord reste touchée par:

2 permis en cours de validité (Les Moussières et Gex): des autorisations de travaux peuvent être déposées à tout moment

3 demandes de permis jugée recevables (Blyes, Gex Sud) et 1 demande de permis en cours d’instruction (PréAlpes). Il semble que la demande d’Abondance n’ait finalement pas été jugée recevable.

Les permis de recherche d’hydrocarbures existants :
Le permis des Moussières :
– La compagnie Celtique Energy Petroleum s’est vue accorder ce permis par arrêté du 14 mars 2008. Le permis est valable pour 5 ans (renouvelables deux fois).– Le périmètre de ce permis inclus les départements de l’Ain, des deux Savoie et du Jura.– Sur la base des découvertes d’Esso Rep en 1998, Celtique envisage d’effectuer un forage exploratoire et a démarché des communes du plateau de Hauteville dans l’Ain.– Le périmètre de ce permis inclut les départements de l’Ain, des deux Savoie et du Jura.  Plus d’informations ici   et là
Le permis de Gex :
– La compagnie E-Corp est à la tête d’un consortium de trois sociétés qui s’est vu accorder ce permis par arrêté du 28 mai 2009. Le consortium est constitué de Edgon Resources (New ventures) Ltd (britanique) racheté par E-Corp, Eagle Energy Ltd Canadien) et Nautical Petroleum Plc: Société britannique. Le permis est valable pour 5 ans (renouvelables deux fois).– Les documents disponibles indiquent le souhait du titulaire de faire ses premiers forages en 2012 /2013.– Le périmètre de ce permis inclut les départements de l’Ain (Pays de Gex), des deux Savoie et du Jura.Plus d’informations ici   et là

–  On notera également que le périmètre du permis de Lons le Saulnier  inclut également des territoires du Nord de la Région Rhône-Alpes.

Les demandes de permis de recherche d’hydrocarbure recevables en cours d’instruction :

L’instruction des ces permis fait l’objet d’une accélération. Lire ici  et là . La délivrance de nouveaux permis est probablement très proche!

Le permis de Blyes :
– La compagnie Realm a déposé cette demande jugée recevable par les services de l’État.
– Cette demande est en concurrence la demande du permis Lyon-Annecy. Va-t-elle être accordée ?
– Le périmètre de ce permis inclut les départements de l’Ain, de l’Isère, du Rhône et des deux Savoie. Surface sollicitée : 3293 km2.Plus d’informations ici
Le permis de Gex Sud :
– C’est le consortium titulaire du permis de Gex qui a déposé cette demande jugée recevable par les services de l’État.
– Cette demande est en concurrence avec la demande du permis de Lyon Annecy. Va-t-elle être accordée?
– Le périmètre de ce permis inclut les départements des deux Savoie. Surface sollicitée : 1991 km2.Plus d’informations ici
Les demandes de permis de recherche d’hydrocarbure en cours d’instruction :
Le permis PréAlpes :
– C’est la société Continental Oil and Gas PTY Ltd qui a déposé cette demande en cours d’instruction au niveau des services de l’État.  Le pétitionnaire (une société australienne) .

– Le périmètre de ce permis touche la Savoie, Isère, Drôme, Hautes-Alpes.  Surface sollicitée : 5 378 km2.
Plus d’informations ici
Le permis d’Abondance :
– C’est la société Pétrosvibri qui a déposé cette demande en cours d’instruction au niveau des services de l’État.  Le pétitionnaire (une société suisse) a déjà fait un forage sous le lac Léman à partir de la Suisse en 2010 .

– Le périmètre de ce permis touche la Haute- Savoie et inclut la partie française du Lac Léman.  Surface sollicitée : 810 km2.
Plus d’informations ici   et là     Il semble que cette demande ne soit finalement pas recevable
IMPORTANT:
Selon le Ministère de l’Ecologie du Développement Durable des Transports et du Logement:Les permis de Lyon-Annecy, Blyes, Montfalcon, Valence extension et Montélimar visaient spécifiquement les GAZ de SCHISTE.Selon le rapport de la mission d’inspection menée par les experts du CGEIET à la demande des Ministres de l’Écologie et de l’Industrie en 2011, l’ensemble des demandes de permis recevables mentionnées dans cet article visent des gaz et ou huile de roche mère. (voir l’annexe III du rapport accessible sur le site de la documentation française  ou directement ici)

 

Le Président de la République a annoncé lors de son discours d’ouverture de la conférence environnementale le rejet de 7 demandes de permis de recherche d’hydrocarbure. Mais qu’en est-il des 39 autres permis clairement identifiés « hydrocarbures de roche mère » en annexe 3 du rapport « Les Hydrocarbures de roche mère en France » publié en mars 2012 par le CGIET et le CGEDD (http://www.developpement-durable.gouv.fr/Mission-d-inspection-sur-les-gaz.html).

Les demandes de Brignole, Lyon-Annecy, Beaumont de Lomagne, Cahors, Gréoux les Bains, Valence, Montfalcon, + extension de Montelimar devraient être, à la demande du Président de la République, prochainement rejetés par la Ministre de l’Ecologie.

Les Collectifs Stop au gaz de schiste ne peuvent se satisfaire de cette déclaration qui oubli les 39 demandes de permis identifié hydrocarbures de roche mère toujours en cours d’instruction. Pourtant le Président de la République déclare dans ce discours « personne ne peut affirmer que l’exploitation des gaz et huiles de schiste par fracturation hydraulique, seule technique aujourd’hui connue, est exempt de risques lourd pour la santé et l’environnement. »

Qu’en est-il également des permis accordés dont les gisements visés sont susceptibles d’être des gisements de roche mère comme c’est le cas du permis « Bassin d’Alès » où la compagnie titulaire, Mouvoil SA, prétend rechercher des hydrocarbures conventionnels à 2400m sous la surface de la terre ?

Pour les Collectifs, cette déclaration vise avant tout à désamorcer et désolidariser la mobilisation citoyenne contre les gaz et huiles de roche mère. Elle nous rappel étrangement l’annonce par l’ancien Président Sarkozy de l’abrogation des permis de Villeneuve de Berg, Montélimar et Nant lors de sa venue dans les Cévennes. Le changement c’est pareil qu’avant !

Les Collectifs demandent :

– Le rejet de l’ensemble des demandes de permis identifiés « roche mère » tel que signalé dans l’annexe 3 du rapport « Les Hydrocarbures de roche mère en France » publié en mars 2012 par le CGIET et le CGEDD.

– Un moratoire sur les permis accordés pour permettre de vérifier la réalité des objectifs poursuivis par les titulaires.

– Plus d’autonomie des territoires dans la gestion et les choix politiques énergétiques et plus largement la mise en œuvre d’une transition énergétique sans énergies fossiles et fissibles.

Une journée de mobilisation internationale est prévue le 22 septembre 2012. En France des rassemblements sont prévu :

A Beaumont de Lomagne (82)

· À Saint Christol lez Alès (30) · À Tournon en Brie (77) · Paris · Aix les Bains (74)

Les collectifs Stop au gaz et huile de schiste