Archives de la catégorie ‘gaz de schiste’

Adaptation française par stopgazdeschiste.org  d’un article d’Ellen Cantarow publié en anglais sur EcoWatch.org

Pourquoi, au juste, la fracturation hydraulique est-elle une industrie dévastatrice? La meilleure façon de décrire sa singularité, son immensité, sa différence par rapport à d’autres industries et la menace pour la planète?

Quand j’ai interviewé le Dr Anthony Ingraffea Professeur de génie, chargé de l’enseignement à l’Université Cornell et président de la société « Médecins, scientifiques et ingénieurs pour une énergie saine », j’ai réalisé que ses explications étaientDr. Anthony Ingraffea peut-être les plus claires et les plus instructives de tout ce que j’avais déjà entendu sur le fracking. J’ai donc élargi l’entrevue initiale pour inclure les réflexions d’Ingraffea sur son cheminement ayant mené un initié de l’industrie à un farouche adversaire du fracking, avec ses descriptions d’une nature fascinante avec ses formations schisteuses vieilles de 400 millions d’années ainsi que, précisément, ce que font les industriels lorsqu’ils perturbent ces créations de la nature.

Ingraffea est peut-être plus connu comme co-auteur d’une étude de l’Université Cornell de 2011 qui a établi le bilan de gaz à effet de serre de l’exploitation du gaz de schiste comme étant supérieur à celui de tout autre combustible fossile comme le charbon. Le chercheur principal de cette étude sur l’effet de serre produit par l’exploitation du méthane issu des formations « schisteuses », souvent appelé « L’étude de Cornell », est Robert Howarth, professeur d’écologie et de microbiologie. La troisième co-auteure est l’assistante de recherche Renée Santoro.

Ingraffea a été chercheur principal dans des projets de recherche et de développement allant de la National Science Foundation, la NASA à travers Schlumberger, l’Institut de Recherche sur le Gaz[3], les Laboratoires de recherche Nationaux Sandia[4], L’Association des Ingénieurs du Fer et de l’acier[5], General Dynamics, Boeing et Northrop Grumman Aerospace. Après avoir été depuis si longtemps au service de l’industrie, il est devenu un adversaire redoutable pour toute personne qui ose s’opposer à lui dans un débat sur la fracturation hydraulique intensive.

Sa passion pour la justice sociale a influencé sa carrière d’enseignant. Il a favorisé l’entrée des femmes et des minorités dans le métier d’ingénieur. Il a reçu plusieurs distinctions parmi lesquelles celle du « professeur de l’année » en 1997 décernée par la Société des Femmes Ingénieures[6], mais aussi en 2001 le prix Daniel Luzar ’29 de l’excellence en enseignement décerné par le College of Engineering. Il a organisé et dirigé la Synthesis National Engineering Education Coalition. Sa mission: l’amélioration de la formation des ingénieurs de premier cycle et l’attrait d’un plus grand nombre de femmes et de minorités sur le terrain.

Ceux qui ont vu Ingraffea en action le connaissent pour sa simplicité et sa clarté, son refus de mettre en accusation ses adversaires sur tout, son approche  rigoureuse, sur des bases scientifiques, la logique avec laquelle il les démolit et son sens de l’humour. Il y a quelques années, vers la fin d’une longue conférence en Pennsylvanie (voir la vidéo ci-dessous), Ingraffea mentionnait que sur le site Internet d’Halliburton Corporation la société mentionne l’acide chlorhydrique (HCl) parmi ses produits chimiques de fracturation. Halliburton note également que l’acide chlorhydrique est couramment utilisée dans la préparation des olives noires.

Ingraffea: « C’est vraiment agréable de savoir que… » dit-il,  il attend quelques secondes la réaction de son auditoire (rires). Avec sa couronne de cheveux blancs, le sourcil noir et un visage tout droit venu de Sicile. Ce visage regarde maintenant son public étonné avec espièglerie. « Donc je suis maintenant censé moins craindre les olives noires? » Pause – rire… « ou avoir plus peur de l’acide chlorhydrique utilisé dans la fracturation? »
Il sourit, secoue la tête et reprend l’air crédule « Je ne sais pas à quoi on veut en venir. De toute évidence, avec 50 000 gallons de l’acide chlorhydrique, et il doit être acheminé par camion et stockés sur le site, et il est injecté [sans être] dilué … parce qu’il doit aller là-bas au fond et faire son boulot, qui est de dissoudre toutes ces merdes dans les perforations du schiste!  Donc me dire que c’est également utilisé dans la préparation des olives noires ne m’apporte aucune information. Ça m’agace ! » Pause, plus de rires. « Et je vais continuer à manger des olives noires, le fruit de la passion des Siciliens ! »

Q. Pouvez-vous nous parler de votre carrière antérieure et comment vous en êtes arrivés à vos points de vue actuels?

A. Au début avec un diplôme en génie de l’aérospatiale de Notre-Dame, et quelques années à la « Grumman Aerospace Corporation » je m’orientais vers une carrière d’astronaute. Les choses se passèrent différemment : la guerre du Vietnam, la première crise énergétique, je m’orientais finalement vers une carrière universitaire, et j’ai commencé à étudier la mécanique des roches en 1974 à l’Université du Colorado. Ma thèse de doctorat portait sur la propagation des fissures dans la roche. Peu d’entre nous sont entrés dans ce domaine, mais avec cette première crise énergétique, c’était comparable au défi d’aller sur la lune: comment obtenir plus d’énergie [à partir de combustibles fossiles] dans la roche. J’ai commencé des recherches sur ce sujet pour la NSF [L’Institut National des Sciences] et le DOE [Ministère de l’Energie] en 1978, et ai commencé à recevoir des fonds de recherche ainsi que des conseils de l’industrie pétrolière et gazière en 1980. Ce soutien de l’industrie a continué jusqu’en 2003, avec une grande partie en provenance de l’Institut de Recherche sur le Gaz[7] (maintenant appelé l’Institut Technologique du Gaz) et de Schlumberger[8].
Le travail avec Schlumberger mettait l’accent sur divers aspects de la fracturation hydraulique. Le seul contact que j’ai eu avec le développement du gaz de schiste était en 1983-1984. J’ai passé ma première année sabbatique au Laboratoire national Lawrence Livermore à travailler sur ce qui s’appelait alors au ministère de l’Énergie le « Projet du schiste dévonien de l’Est ». Nous avons utilisé la simulation informatique pour essayer de comprendre la rupture du schiste déjà fracturé. [Le schiste a déjà des fractures naturelles: voir les commentaires d’Ingraffea ci-dessous] Mais il s’est avéré être une impasse, personne ne savait comment le faire, ça ressemblait à un problème insoluble.

LA NAISSANCE DE FRANKENSTEIN

Les fractures dans le schiste sont apparues naturellement, il y a des millions d’années. Et ce réseau de fractures naturelles est essentiel pour le « fracking ». Si la roche n’avait pas été fracturée par la nature, l’homme ne pourrait pas la fracturer et la re-fracturer efficacement. Mais puisqu’elle est déjà naturellement fracturée, il n’y a aucun moyen humain de savoir où le fluide de fracturation ira.  En mathématiques ce qu’on appelle le « chaos non linéaire » s’applique ici, c’est-à-dire que le moindre changement au départ engendre un énorme changement dans les résultats.
Ce n’est qu’en 2007 ou 2008 que j’ai appris qu’on avait découvert le moyen de le faire. J’ai été atterré par la solution mise en œuvre qui était le développement à grande échelle de la fracturation hydraulique dans une multitude de puits avec de longs forages latéraux. C’était comme si j’avais travaillé sur quelque chose toute ma vie et que quelqu’un vienne et le transforme en Frankenstein.

Q. Pourriez-vous expliquer ce que sont ces forages latéraux?
A. Le forage latéral est la partie qui serpente à travers la couche de schiste quelle que soit la direction que prenne celui-ci.

Q. Et le liquide de fracturation (slickwater)?
R. Slickwater, c’est le nom donné au fluide de fracturation. Il a été mélangé avec un lubrifiant car contrairement à ce que vous pourriez penser, l’eau n’est pas suffisamment « glissante » ou visqueuse pour faire le travail.

Q. Pourrions-nous revenir sur le fracking? Y a-t-il un seul puits?
A. Oui. Dans ce qu’on appelle la fracturation conventionnelle pour le gaz naturel classique, il n’y a qu’un seul puits par bloc. C’est parce que l’on espère atteindre un grand volume avec une forte concentration de gaz, comme une bulle piégée si vous voulez. Or ce n’est pas le cas dans le cas des gisements non conventionnels, où le gaz est éparpillé, non concentré, donc on a besoin de percer un peu partout avec de nombreux forages  par puits et de nombreux puits par bloc.

aerialFracking 

 

Q. Qu’est-ce qu’un « pad? » Est-ce du ciment?

A. [rires] Non, on fait simplement référence à une zone. Le « pad » est la zone que l’opérateur utilise, celle nécessitée pour mener l’ensemble des opérations de forage et de fracturation, de stockage,  pour l’eau douce ainsi que pour la rétention des eaux usées. Si vous regardez les photographies aériennes, tout ce que vous voyez-toutes les plates-formes de forage, de camions etc. ce sont des « pads ». Et bien sûr ce système qui requiert la multiplication des puits, signifie le développement de beaucoup de puits dans la région, et l’agencement des « pads » les uns à côté des autres, c’est ce que l’on peut constater lorsqu’on survole la région. Il y aura un « pad » à un mile (1,5 kilomètre) au nord, un autre à un mile au sud, encore un à un mile à l’est, et un autre à un mile à l’ouest (…/…)

Le développement moderne avec l’exploitation du gaz de schiste est, à mon avis, l’inverse de ce que la nature a fait au cours dr-frankensteindes 400 derniers millions d’années. Avec le développement de l’exploitation du gaz de schiste, nous libérons le carbone que la nature a stocké pendant tout ce temps. 400 millions d’années ont été nécessaires à la nature pour le stockage souterrain du carbone et de l’eau dans les océans. Et maintenant, les humains débarquent et veulent libérer le carbone et le font en prenant l’eau douce à la surface de la terre et en la séquestrant sous terre. Et nous l’obtenons par l’injection par pompage de l’eau vers le bas. Et ceci au moment même dans l’existence de l’humanité où le réchauffement climatique provoqué par l’émission excessive de dioxyde de carbone et de méthane et où la pénurie d’eau sont des problèmes mondiaux ! Pour moi, c’est « Frankensteinien », diabolique, un processus mortel.

Q. Que pensez-vous qui soit le plus dangereux dans la fracturation hydraulique?

A suivre deuxième partie … les conséquences de l’industrie de l’extraction des hydrocarbures dits de schiste

Ellen Cantarow a été journaliste pendant les 35 dernières années, et une écrivaine publiée depuis les années 1960. Ses écrits sur Israël et la Palestine ont été largement publiés. Elle s’est plus récemment penchée sur les questions environnementales, en particulier sur l’impact du « fracking » sur les communautés. Elle est contributrice de EcoWatch, CBS News, The Nation, Alternet, La Revue européenne de l’énergie, Le Monde Diplomatique, Al-Jazeera English et bien d’autres.


[3] Gas Research Institute

[4] Sandia National Laboratories

[5] Association of Iron and Steel Engineers

[6] the Society of Women Engineers

[7] Gas Research Institute

  (!) Info minute revue de presse

J.C. 29.12.2012

Depuis le temps que nous surconsommons des hydrocarbures, gaz et pétrole, les réserves dites « conventionnelles » auxquelles on pouvait accéder facilement avec un simple forage vertical, parce qu’elles remontaient du sous-sol sous l’effet de la pression, sont en voie d’épuisement. Mais il reste des hydrocarbures « au fond du fond », enfouis à des kilomètres sous les roches, sous la mer ou la banquise, ou éparpillés dans des formations peu poreuses et peu perméables.

puits de gazDepuis longtemps les pétroliers, appâtés par l’augmentation du prix du baril, cherchent à repousser les limites d’exploitation de ces ressources pour « accéder aux réserves ultimes des champs conventionnels » (comme l’écrit Total) en forant de plus en plus profondément et en développant des techniques comme les forages « hautement déviés » (pour mieux pénétrer la roche-réservoir), les injections d’eau sous-pression (pour faire remonter les hydrocarbures), et bien entendu la fracturation hydraulique des roches-mères (pour en extraire les hydrocarbures diffus). Ces techniques d’exploitation avec un fort impact environnemental sont souvent désignées sous le vocable pudique de « stimulation ».

forages-L’exploitation par fracturation hydraulique des « shale gas » aux USA (traduit approximativement par gaz de schiste en Français) a démontré l’extrême dangerosité de ce genre de pratique, et l’opinion publique s’est dressée prioritairement contre « les gaz de schiste et la fracturation hydraulique ». Mais nous ne saurions oublier les pollutions dramatiques dues aux forages en eau profonde dans le Golfe du Mexique ou (moins médiatisées) au large de l’Afrique, ou les dégâts environnementaux irréversibles suite à l’extraction des sables bitumineux en Alberta et bientôt à Madagascar, par exemple.

Il n’y a pas d’un côté « les bons hydrocarbures conventionnels » et de l’autre « les mauvais gaz de schiste et la fracturation hydraulique », comme on voudrait nous le faire croire,  mais une évolution continue vers des pratiques de plus en plus dangereuses parce que de moins en moins maîtrisées par des entreprises dont le profit immédiat est la seule motivation. Ce que nous refusons quand nous parlons de « gaz de schiste » ce sont la recherche et l’exploitation par « stimulation » des « réserves ultimes« .

Ces pratiques peuvent avoir des conséquences désastreuses et totalement eau karstincontrôlables pour l’environnement, d’autant plus quand elles impliquent des forages en milieu karstique ou à proximité de failles sismiques. De plus, la mise sur le marché de ces produits pétroliers supplémentaires ne pourra qu’aggraver le réchauffement climatique et retarder la transition énergétique.

Nous demandons donc que la recherche et la mise en exploitation de ces hydrocarbures « ultimes » soient proscrites, quel que soit le nom qu’on leur donne et la technique de « stimulation » proposée. Et ce aussi bien en France que partout ailleurs dans le Monde !

Cette semaine en Rhône-Alpes: Agenda ici                                                                       (!) Info minute
.

C’est un article paru début octobre dans le journal Libération[1] qui révèle une information qui finalement sera restée plutôt confidentielle avant de réapparaitre sous forme de scoop lors de la visite d’État Nicole Bricqde François Hollande en Algérie[2]. La France cherche un terrain pour tester la «fracturation propre». Que dit Libération ? Fin septembre Nicole Bricq une des porte-étendard de la lutte contre la fracturation hydraulique et l’exploitation des hydrocarbures piégés dans les réservoirs non conventionnels est en visite en Algérie avec un petit groupe d’entrepreneurs français parmi lesquels figure le patron de Saltel Industries « jeune entreprise high-tech basée en France et figurant comme le leader mondial des technologies d’expansion par packer gonflable ». Cette société compte à son actif plusieurs inventions offrant « des solutions à la fois simples et rentables pour toute une variété d’applications » telles que  :

  • Colmatage de perforations et fermeture de zones de production d’eau ou de gaz
  • Réparation de casings / tubings endommagés ou corrodés
  • Colmatage des zones de pertes totales lors du forage
  • Isolation de zones en Open Hole

Voici donc cette fameuse « technique de fracturation propre » tant vantée pour rendre la poursuite de l’exploitation de ces ressources fossiles acceptable!

« Jeune ministre » de l’écologie, Nicole Bricq avait pris le risque de stopper les autorisations données à Shell pour effectuer des forages de recherche pétrolière offshore au large de la Guyane. Ceci lui avait valu son porte feuille[3]. Maintenue au gouvernement Ayrault II en charge du commerce extérieur, cette ancienne sénatrice spécialiste du budget aura tôt fait de rentrer dans le rang. En moins de six mois la voila qui facilite le développement de la recherche de gaz de schiste (interdite en France faute de technologie appropriée) en Algérie.

Aux défenseurs des nobles causes, nous sommes désolés de ne pas être en mesure de vous servir meilleur conte de Noël pour cette année.

Communiqué de presse

Paris, 21 décembre 2012

Contrairement à leurs vibrantes prises de position sur ce dossier avant les dernières élections présidentielles, une fois au pouvoir, les socialistes et leurs alliés montrent leur vrai visage. Alors que François Hollande s’est publiquement engagé en septembre dernier à ne pas permettre l’exploitation des gaz et pétrole de schiste au nom de la défense de l’environnement, son ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius, cité par le Point[1], déclarait hier qu’un accord était en cours de signature avec l’Algérie. Ce dernier ferait de l’Algérie un laboratoire que la mobilisation citoyenne sans précédent a rendu plus difficile à mettre en place en France : celui des expérimentations d’alternatives à la fracturation hydraulique. Seule technologie actuellement rentable pour exploiter les hydrocarbures de schiste, la fracturation hydraulique est interdite sur le territoire français depuis le 13 juillet 2011.

Au moment où commence le débat sur la transition énergétique convoqué par François Hollande, l’annonce de Laurent Fabius révèle le cynisme de ce pouvoir qui n’a aucun scrupule à contredire par les actes ses discours plaidant en faveur des énergies renouvelables et de la préservation de l’environnement. En effet, quelle que soit la technique utilisée pour libérer les minuscules concentrations de gaz ou de pétrole, la roche-mère doit être fracturée et les fissures gardées ouvertes, à l’aide de particules injectées par un liquide porteur. Les risques de remontée à la surface des contaminants naturellement présents dans la roche (métaux lourds, arsenic, éléments radioactifs, etc.) restent donc inchangés. De même, ni la fracturation au méthane, ni la fracturation pneumatique, ni la facturation par arc électrique, ni la fracturation au CO2, techniques extrêmement complexes en soi, ne permettront d’éviter les fuites de méthane et n’inverseront la tendance à l’aggravation de l’effet de serre. Loin de renoncer à la dépendance vis-à-vis des énergies fossiles, le gouvernement persiste dans le modèle productiviste et extractiviste, obsolète et mortifère pour la planète.

Enfin, la déclaration de Laurent Fabius est aussi un signal clair quant à la vraie nature de la politique étrangère de l’Etat socialiste. Ainsi, pendant que, devant les projecteurs, le Président avoue la responsabilité de l’ancienne métropole d’avoir instauré en Algérie un système colonial «profondément injuste et brutal»[2], dans la réalité, la France considère toujours ses ex-colonies comme des laboratoires pour les sales besognes impossibles à mener sur le territoire national[3].

Les Algériens peuvent remercier les dirigeants français et algériens qui s’entendent sans vergogne pour envisager ces projets au mépris de leur avenir. Mais nous considérons que leur avenir est aussi le nôtre. Les collectifs citoyens français en lutte contre l’exploitation et l’exploration des gaz et pétrole de schiste se joignent aux Algériens et à tous les Maghrébins pour dénoncer haut et fort cet accord et se déclarer solidaires avec la déclaration d’Oujda[4].

Ni ici, ni ailleurs – ni chez vous ni chez nous !

Ni aujourd’hui, ni demain !

NON, c’est NON, quelle que soit la technique !

Premiers signataires: Collectif citoyen Ile-de-France « Non au gaz et pétrole de schiste », Collectif Carmen (02), Collectif ALDEAH, Collectif Briard (77), Collectif Non au pétrole de schiste Bocage gâtinais (77), Collectif pays fertois (77), Collectif 92, Quartiers en transition, Collectif Rochecolombe contre le gaz de schiste (07), Collectif Causse Méjean « Gaz de Schiste NON ! » (48), Les Collectifs Isérois (38), Collectif Citoyen du Narbonnais (11), Collectif Stop au Gaz de schiste 69, Collectif Roynac (26), Collectif Barjac (30), Collectif Auzonnet, Cèze et Ganière (30), Collectif viganais contre le gaz de schiste (30), Collectif Bastagaz Alès (30), Collectif Gardonnenque (30), Collectif Hautes-Cévennes du Gard (30), Collectif Stop gaz de schiste Anduze (30), Collectif Cigalois (saint-Hippolyte-du-Fort Gard, 30), Collectif Vigilance Hautes Cévennes (30), Collectif Orb-Jaur (34), Collectif Sète (34), Inter-collectif 22 septembre sud. Toutes les signatures sur www.aldeah.org

CP


[1] Le Point. http://www.lepoint.fr/confidentiels/exclusif-gaz-de-schiste-la-france-va-explorer-en-algerie-20-12-2012-1604170_785.php

COMMUNIQUE DU RESEAU RHONALPIN DES COLLECTIFS OPPOSES À L’EXPLOITATION DES GAZ ET HUILES DE SCHISTE

Selon l’hebdomadaire le Point (1), « un accord permettant d’expérimenter une alternative à la fracturation hydraulique sur le territoire algérien sera signé » entre la France et l’Algérie.
Une expérimentation sans valeur

Les Collectifs opposés aux explorations et exploitations des gaz de schiste dénoncent depuis plus de deux ans la faiblesseFH Boutef des filières de contrôle des installations qui existent en France. En souhaitant mener ces expérimentations en Algérie, le gouvernement reconnaît implicitement le peu d’importance qu’il donne à ces contrôles. Le seul objectif de ce gouvernement est bien d’exploiter les gaz de schiste ailleurs, puis en France.

Nous pouvons aussi légitimement nous poser la question de la valeur de ces expérimentations au regard des milieux géologiques, naturels et socio-économiques profondément différent de la réalité française.

Ces expérimentations n’aurait comme seul objectif que de présenter une évolution de la fracturation hydraulique comme propre afin d’obtenir l’agrément des citoyens français.

Des airs de déjà vu…

déclanchement 3ième bombe française  Reggane SaharaDans la droite ligne de l’héritage colonial, 55 ans après avoir effectué les premiers essais nucléaires dans le Sahara algérien, la France s’apprête à nouveau à tester ses technologies controversées en territoire nord africain. Cet accord avec l’Etat Algérien est en totale contradiction avec le discours de François Hollande pour un « partenariat d’égal à égal », jeudi 20 décembre 2012.

Les Collectifs ne peuvent que renouveler leur opposition ferme à l’exploration et à exploitation des gaz et huiles de schiste. Ni ici, ni ailleurs.

 (1) http://www.lepoint.fr/confidentiels/exclusif-gaz-de-schiste-la-france-va-explorer-en-algerie-20-12-2012-1604170_785.php

 

RESEAU RHONALPIN DES COLLECTIFS OPPOSES À L’EXPLOITATION DES GAZ ET HUILES DE SCHISTE

 

Cette semaine en Rhône-Alpes: Agenda ici    Participation du public avant octroi des permis    (!) Info minute
.
Pas (encore) de rejet de la demande par l’administration

La presse locale annonce le rejet de la demande Foragesdu permis de recherche PreAlpes. Elle reprend probablement de bonne fois le titre très optimiste du communiqué de presse du député des Hautes-Alpes et vice Président de la Région PACA M. Joël GIRAUD « Delphine Batho confirme à Joël Giraud le rejet du permis d’exploitation des Préalpes concernant les Hautes-Alpes, relatif au gaz de schiste ». télécharger ici

Monsieur Giraud a bien voulu nous communiquer la réponse de la Ministre. Courrier ici Or celle-ci ne n’indique pas du tout que la demande de permis a été rejetée mais précise les modalités relatives à un tel rejet, lequel n’a pas été prononcé par l’administration. Tout au plus cette dernière émet-elle l’hypothèse du chemin que pourrait prendre cette requête.

Ce même courrier indique à nouveau qu’en septembre les demandes de permis visant le gaz de schiste ont fait l’objet d’un rejet. Or nous contestons que la totalité des demandes visant les gaz et huiles de schiste aient fait l’objet d’un rejet puisque la liste est fluctuante selon les époques.

Quelle suite ?

L’administration n’a pas fini son travail. Le Ministère que nous avons contacté indique que le CGEIET ne s’est pas encore prononcé sur la champsaur-05recevabilité du dossier de demande. De leur côté les services préfectoraux et régionaux auraient déjà émis un logique avis défavorable sur le fond puisque le pétitionnaire ne fait pas mystère de son souhait d’aller chercher du gaz de schiste dans les sous-sols de notre région. LE CGEIET favorable à la recherche minière va-t-il retoquer l’avis de l’administration locale si celle-ci se prononce sur le fond avant d’avoir instruit la forme?

Comme le rappelle la Ministre dans son courrier, le 14 septembre le Président de la République annonçait « J’ai demandé à Delphine Batho, ministre de l’Ecologie, du Développement Durable et de l’Energie, de prononcer sans attendre le rejet de sept demandes de permis déposés auprès de l’Etat et qui ont légitimement suscité l’inquiétude dans plusieurs régions. »  … qui ont légitimement suscité l’inquiétude dans plusieurs régions. Les annonces victorieuses de certains élus risquent de démobiliser les populations. Ceci n’est guère responsable au moment on l’industrie et le lobby pro gaz de schiste est en pleine offensive pour rendre les projets de recherche socialement acceptables

Cette semaine en Rhône-Alpes: Agenda ici       Nouvelle proposition de loi le texte       (!) Info minute
.
Encore des maires convoqués !

des maires convoquésLes maires de Corcelles et de Lantenay et le conseiller général du canton de Brénod dans l’Ain ont été convoqués le 14 décembre 2012 à une réunion à laquelle participera le représentant de Celtique Petroleum titulaire du permis de recherche d’’hydrocarbures des Moussières.

 Les collectifs rhônalpins et jurassiens opposés à l’’exploitation des hydrocarbures de roche mère soutiennent les élus convoqués  à cette réunion par la sous-préfète de Nantua.

   Nous voulons les soutenir et exprimer notre refus ferme et définitif de voir nos petites communes servir de terrain d’expérimentation et d’exploitation des hydrocarbures de roche mère dans nos régions aux sous sols karstiques fragiles.

Soutien aux maires devant la sous préfecture

  Nous vous invitons à aller  soutenir nos élus, devant la sous- préfecture de l’’Ain à Nantua, le Vendredi 14 décembre à partir de 14h45 à Nantua (la sous-préfecture se trouve au centre ville près de  l’abbatiale).soutiens aux maires

  Plus nous serons nombreux, plus nos élus seront forts! Nous pouvons faire reculer la société Celtique Petroleum ! Par notre présence, nous montrerons encore une fois notre détermination. Celtique ne forera pas!

Cyberaction soutien aux maires

cyberaction 01Participez à la cyber action (en cliquant ici) pour soutenir les élus locaux convoqués en sous-préfecture le vendredi 14 décembre 2012.

Marche au flambeau à Corcelles le samedi 15 décembre

et participez à la marche aux flambeaux le samedi 15 décembre 17h00 à Corcelles sur l’ancienne plateforme de forage marche aux flambeaux corcelles 14 décembre 2012!

Sur le même sujet:

A la veille du viol de la terre du Haut-Bugey par les pétroliers?
Permis des Moussières, lorsque les pétroliers désinforment
Forages d’hydrocarbures, alerte dans l’Ain et le Jura
Samedi 14 avril 2012 : 1500 personnes à Bourg en Bresse pour dire non aux forages hydrocarbures

Cette semaine en Rhône-Alpes: Agenda ici                                                                            (!) Info minute
.

Communiqué de presse des collectifs de Savoie, de l’Ain et haut jura

le 29 novembre 2012.

Rencontre régionale le week-end du 15 et 16 décembre 2012 des collectifs contre l’exploration et l’exploitation des hydrocarbures liquides et gazeux et marche aux flambeaux sur le site de l’ancien forage de Corcelles.

La menace d’exploration et d’exploitation d’hydrocarbures est loin d’être abandonnée. Les récentes déclarations du gouvernement sont ambigües sur ce sujet. Les lobbys pétroliers interviennent dans les médias à tour de bras pour vanter et inventer une croissance et des emplois qui n’existent même pas sur le papier !

Les arguments économiques, sociaux développés dans les média ne se fondent sur aucune réalité économique. Les emplois créés par cette industrie seront précaires, peu nombreux. Les chiffres avancés de plusieurs centaines de milliers d’emplois sont fantaisistes, la réalité (selon le rapport du CGIET et du CGEDD page 28) est de quelques centaines si l’étendue des réserves se révèle exacte. (rapport à télécharger ici )

L’indépendance énergétique grâce à l’exploitation des hydrocarbures de roche mère est un leurre. Le pétrole et le gaz prélevés alimenteront le marché mondial et seront revendus au cours mondial des hydrocarbures sur la base du baril de brut qui est en augmentation constante.

La recherche d’autres techniques pour extraire le gaz de schiste et remplacer la fracturation hydraulique ne rend pas très crédible la volonté du gouvernement d’une transition énergétique basée sur les énergies renouvelables. Une éventuelle compétitivité de l’industrie basée sur les hydrocarbures ne se fera que sur le très court terme.

Les forages en grande profondeur pour lesquels des autorisations ont été récemment délivrées dans le bassin parisien nous font craindre les permis des Moussières et de Gex. Notre sous-sol karstique est un véritable gruyère fait de multiples interconnexions de sources souterraines et la pollution de la source de la Moullaz par les forages de Lantenay en 1990 en est la preuve malheureusement encore aujourd’hui.

La pollution de l’eau par les forages entraine ipso facto un péril financier pour les villages: les communes d’Outiaz et de Vieu d’Izenave, après la détérioration de la source qui les alimentait en eau ont dû s’endetter pour se raccorder à un autre réseau d’eau potable. Or l’actuel code minier n’encadre absolument pas la responsabilité des concessionnaires d’exploitation d’hydrocarbures à long terme.

Le permis des « Moussières » est renouvelable en mars 2013: sa prorogation serait une catastrophe annoncée pour l’eau, l’environnement, l’agriculture, les nombreuses AOC et le tourisme.

Nous exprimerons notre crainte et notre opposition aux permis d’exploration et d’exploitation, par une marche aux flambeaux sur le site de la plate-forme pétrolière de Corcelles (plateau d’Hauteville-Lompnès ) le 15 décembre 2012 à 17h.

Programme du 15 et 16 décembre :

Le samedi 15 décembre 2012: journée d’information « juridique » ouverte à tou-te-s. A tous ceux toutes celles qui souhaitent en savoir plus sur les aspects (parfois un peu complexes) du droit régissant ces permis de recherche exclusifsforage corcelles d’hydrocarbures (PERH).

17 h : Marche aux flambeaux sur le plateau d’Hauteville. Rassemblement à Corcelles, sur le parking fléché (route de Champdor, face au GAEC de la croix blanche). Cortège aux flambeaux jusqu’au village. Retour sur le site de l’ancienne plate-forme pétrolière où une surprise attend les participants.

Le dimanche 16 décembre 2012: journée de formation VIA

Les collectifs du Haut-Bugey, Bresse Revermont, Haute Savoie, Savoie, Bugey Sud, Gex, Valromey, Jura, val des Usses, Blye, Savoie, 38 et 69.