Articles Tagués ‘fracturation hydraulique’

(!) Info minute – Revue de Presse

USA : L’EPA CONCLUT À UN RISQUE DE POLLUTION DE LA FRACTURATION HYDRAULIQUE SUR LES RESSOURCES EN EAU

Un rapport de l’EPA (Agence de protection de l’environnement américaine) conclut que la technique d’extraction par la fracturation hydraulique peut avoir des effets néfastes sur la qualité et la disponibilité des réserves d’eau.

Néanmoins, Thomas Burke, conseiller scientifique de l’EPA, souligne que cette évaluation est incomplète du fait que manquent des données sur l’état de l’eau « avant et après la fracturation » (état zéro de l’eau) sur les sites de fracturation.

Ce rapport fournit toutefois des preuves scientifiques que cette technique d’extraction peut avoir des effets indésirables fréquents et importants sur les réserves d’eau situées à proximité des puits de gaz et de pétrole de schiste.

Le rapport souligne également une importante diminution de la disponibilité de l’eau du fait de la grande consommation de cette ressource par la technique de la fracturation hydraulique.

Le rapport souligne encore la pollution engendrée par la concentration de substances chimiques toxiques contenues dans le fluide de « fracking », tant lors de la fracturation que lors du stockage de la partie récupérée lors du flux de retour. Aux États-Unis le mode de traitement des eaux usées du fracking consiste généralement à les stocker dans des puits. Elles sont ainsi abandonnées sous terre.

Le rapport souligne enfin la faiblesse des structures des puits qui engendrent une pollution des sols mais aussi de l’air.
Lire: https://www.epa.gov/hfstudy

(!) Info minute – Revue de Presse

Traduction et adaptation par nos soins de l’article Oil And Gas Companies Dump Fracking Wastewater Directly Into Oceans With EPA Approval

Dans le Golfe du Mexique, les compagnies pétrolières et gazières déversent des quantités illimitées d’eaux usées et de produits chimiques directement dans l’océan avec l’approbation de l’EPA, l’autorité environnementale fédérale des États-Unis.

284 milliards de litres de fluide de fracturation hydraulique rejetés en mer

Six ans après la marée noire provoquée par l’explosion en 2010 de la plateforme « Deepwater Horizon» opérée par BP, bien que beaucoup pensent que la situation the-gulf-of-mexicos-dead-zone-with-an-offshore-fracking-well-in-the-horizon-credit-oceandoctor-orgdans le Golfe du Mexique soit de « retour à la normale », l’écosystème a continué de souffrir en silence pendant ces dernières années. En effet, les compagnies pétrolières et gazières, avec la pleine approbation de l’EPA, ont poursuivi le rejet de quantités illimitées d’eaux usées de forage et de produits chimiques dans l’océan. Pour la seule année 2014, on estime ces rejets à 75 milliards de gallons (soit 284 milliards de litres !). Bien que ces énormes volumes d’eaux usées ne puissent pas contenir d’huile et soient soumis à des normes de toxicité, les opérateurs pétroliers et gaziers ne sont contraints qu’à quelques tests annuels de toxicité de ces déchets, et ceci sans surveillance. Lorsque le Centre pour la diversité biologique (Center for Biological Diversity) a contacté l’EPA pour plus d’informations, l’EPA a répondu qu’elle «ne savait pas vraiment quels types de produits chimiques étaient déversés dans le Golfe du Mexique ». En dépit de ce manque évident de connaissances et de son incapacité à assurer une véritable surveillance de l’activité des compagnies pétrolières, l’EPA a annoncé un projet de plan … lequel poursuivra cette même «politique» en vigueur depuis des années.

1.500 opérations de fracking dans l’océan exemptées de contrôle

Bien que de nombreux opposants à la fracturation hydraulique (« fracking ») se concentrent principalement sur les forages terrestres, la fracturation hydraulique offshore dans les écosystèmes océaniques a également été en plein essor ces dernièresstop-gaz-de-schiste-offshore-fracking-credit-ib-times années. Pour les quatre années de 2010 à 2014, alors que l’écosystème du Golfe était encore fort impacté  par la marée noire provoquée par l’accident de la plateforme BP Deepwater Horizon, l’administration Obama a approuvé 1.500 opérations de fracking offshore dans 630 puits différents. Ces puits ont bénéficié d’autorisations de l’EPA les exemptant des tests de contrôle complets d’impact environnemental. Mais alors pourquoi l’EPA ferait cela? Tout a commencé en 2005 avec l’adoption de la Loi sur la politique énergétique (Energy Policy Act), aussi connu comme « la faille de Cheney ».

La fracturation hydraulique exemptée de l’application de la  Loi sur l’assainissement de l’eau

Ce dispositif législatif exempte de façon permanente les fluides de fracturation de l’application de la Loi sur l’assainissement de l’eau. Celle-ci a été adoptée en grande partie grâce aux efforts de lobbying de Dick Cheney, vice-président à l’époque et ancien PDG d’Halliburton. A cause de cette exemption, l’EPA est incapable et ne veut pas réglementer sur les eaux usées de fracturation hydraulique. Et même si l’EPA pouvait réglementer le contenu des eaux de rejets du fracking, les sociétés pétrolières pourraient refuser de divulguer la liste des produits chimiques utilisés en application du secret commercial et industriel. La politique actuelle n’impose pas aux compagnies pétrolières de divulguer la liste des produits chimiques qu’elles utilisent pour la fracturation, seuls certains opérateurs ont fourni quelques informations sur une base volontaire via le site internet FracFocus. Même si ni le gouvernement ni les citoyens sont en mesure de connaître précisément la composition des fluides de fracturation, des recherches indépendantes ont montré qu’ils sont pleins de composants chimiques toxiques et cancérigènes. Des produits chimiques tels que le benzène, le formaldéhyde et le sulfure d’hydrogène ont été trouvés autour des puits terrestres, certains d’entre eux dépassant cinq fois les limites autorisées par la réglementation fédérale.

Malgré le désastre environnemental… on continue

Malgré cela, les compagnies pétrolières et l’EPA maintiennent que le rejet des fluides devrait continuer à ne pas être réglementé, affirmant que ces liquides de fracturation hydraulique sont suffisamment dilués par l’océan. Or la science utilisée pour soutenir ce point de vue remonte aux années 1980, période à laquelle la fracturation était encore rare et alors que le Golfe du Mexique était beaucoup moins pollué qu’à présent. Or tout indique que ces opérations ont un impact sur la biodiversité du Golfe du Mexique. En fait, il existe une «zone morte» de la taille du Connecticut, où il n’y a plus suffisamment  d’oxygène dissous dans l’eau pour assurer la vie. Or comme par hasard la plupart des puits de fracturation se situent dans cette zone. Il est difficile de dire si cela est dû aux retombées de la marée noire de 2010, à la présence de puits de fracturation, ou d’autres contaminants, mais clairement le rejet des eaux usées toxiques et cancérigènes ne fera rien pour restaurer ce magnifique écosystème océanique.

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(Gauche) puits de fracturation offshore dans le Golfe du Mexique | (Droite) La zone morte du Golfe du Mexique

 

 

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L’épopée polonaise visant l’exploitation du gaz de schiste arrive à son terme. Les compagnies d’État PGNiG et le raffineur de pétrole PKN Orlen ont annoncé mettre un point final à leurs projets de recherche.

L’aventure dans laquelle Donald Tusk avait engagé la Pologne il y a cinq ans prévoyait des débuts de production pour 2014. On parlait d’un « Eldorado » et de ressources qui allaient abreuver la Pologne et le reste de l’Europe en gaz stop-gaz-de-schiste-polognenaturel.

Ces projets de recherche de gaz de schiste avaient alors attiré les majors pétrolières telles que Chevron Corp, Exxon Mobil et TOTAL mais une à une les entreprises s’étaient retirées après des résultats décevants et face à la chute des prix du pétrole.

Les compagnies d’État polonaises dont PGNiG et PKN Orlen étaient les dernières à travailler sur les projets de gaz de schiste du pays. « La discussion et les projets liés au gaz de schiste sont une question close pour nous» a déclaré Miroslaw Kochalski, chef adjoint de PKN Orlen lors d’une conférence de presse ce mercredi.

Y faisant échos, Piotr Wozniak, directeur exécutif de PGNiG, à confirmé l’échec de la recherche du gaz de schiste en Pologne.

Source Reuter 12 octobre 2016

 

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Si les pétroliers français sont encore en vacances (mais plus poumanif non forage gaz non conventionnel villeneuve noville suisse 3 septembre 2016r très longtemps…) ceux de Suisse envisagent déjà de rechercher du “gaz de réservoir compact”, donc par fracturation hydraulique puisqu’il n’y a pas d’autre technique opérationnelle (lire ici) à ce jour, sous le lac Léman (lire ici).
Le Collectif Non au Gaz de Schiste des Pays de Savoie et de l’Ain soutient donc le Collectif Halte aux Forages Vaud pour refuser la nouvelle demande de forage à Noville, nous sommes autant concernés que nos  voisins suisses.
Plus d’information sur gare aux forages

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La presse se fait le relai d’une « interdiction de la fracturation hydraulique » en Allemagne. Ceci pourrait être une bonne nouvelle si cette interdiction était totale. Or ce que s’apprête à voter le Bundestag ressemble à s’y méprendre à l’ « interdiction » de la fracturation hydraulique en France. On interdit mais on autorise la recherche, donc des forages suivis de fracturation hydraulique.

fracking stop gaz de schiste Allemagne-L’agence Reuter rapporte que « La « grande coalition » au pouvoir en Allemagne s’est entendue mardi (21 Juin 2016) pour interdire la fracturation hydraulique pour l’exploitation des gaz de schiste, ce pour une durée indéterminée, à l’issue de plusieurs années d’âpres débats sur la question ». Or  si la loi est approuvée par le Bundestag, l’Allemagne suivra l’exemple de la France en interdisant la fracturation hydraulique mais en autorisant la recherche. Les deux formations politiques composant la grande coalition (l’Union chrétienne-démocrate (CDU) d’Angela Merkel et les sociaux-démocrates du SPD)  se sont entendues mardi sur une interdiction pour « une durée indéterminée », mais le texte de compromis prévoit que le parlement fédéral réexamine la décision en 2021 soit dans 5 ans. 

En réalité un moratoire de cinq ans avec recherche sur site autorisée 

Le texte adopté par la coalition et que les écologistes veulent amender prévoit les points suivants :

  1. Un moratoire sur la fracturation hydraulique pour l’extraction de gaz et pétrole de schiste ainsi que des gaz de couche jusqu’au 31 Décembre ici 2021.
  2. Une interdiction générale de la fracturation hydraulique au sein et sous les zones protégées, les bassins versants, les barrages et les lacs, qui servent directement à l’approvisionnement en eau potable.
  3. Jusqu’à quatre projets de recherche sur la fracturation hydraulique pour l’extraction de gaz et pétrole de schiste ainsi que des gaz de couche. Il semble qu’à l’heure actuelle le Land de Basse-Saxe (où l’industrie du pétrole et du gaz est très active en Allemagne) sera affecté.
  4. Un groupe d’experts sera mis en place. Il surveillera les projets de recherche et fera un rapport au parlement allemand (Bundestag). Il s’agit là exactement de la même mesure prévue dans la loi française qui autorise la recherche et la place sous la surveillance d’un « groupe d’experts ».
  5. La fracturation hydraulique pour l’extraction d’hydrocarbures de réservoir étanche (Tight gas, tight oil) restera autorisée. Pire encore pour cette dernière la loi ne prévoit aucune restriction dans les sites Natura 2000 !
Comme en France, un moratoire pour étouffer l’opposition populaire 
fracking stop gaz de schiste allemagne

En Allemagne les brasseurs de bière sont opposés à la fracturation hydraulique qui mettrait à risque les sources d’eau

Comme en France et ailleurs, les industriels exercent une pression sans relâche. Si l’expérience américaine – dont les impacts avérés sont largement relayés par les associations et collectifs citoyens- peut inquiéter les politiques, ceux-ci votent des demi-mesures et de courts « moratoires ». Ces périodes sont mises à profit pour étouffer la pression populaire contre ces projets néfastes et  tenter de faire passer progressivement la pilule en attendant une alternance politique. De ce point de vue, 2017 risque d’être une année décisive en France. Les partis politiques et candidats annoncés pour l’élection présidentielle qui s’opposent à la recherche et l’exploitation de gaz de schiste ne sont pas légion!   

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Après l’autorisation accordée la veille à la société Third Energy de rechercher du gaz de schiste dans le nord-est de l’Angleterre, les opposants à la fracturation hydraulique appellent à la formation d’un mouvement d’opposition national.

Comme le rapporte l’AFP, cette autorisation, qui porte sur un site de forage situé près du village de Kirby Misperton, est la première accordée au Royaume-Uni depuis 2011, quand des tests menés dans le Lancashire (nord-ouest) avaient été considérés comme responsables de séismes mineurs dans la zone.

Une région touristique en danger

Ce mardi 24 mai, l’association de défense de l’environnement Les Amis de la keep the fracking out of the UK stop gaz de schisteTerre UK (Friends of the earth) a lancé une pétition (lire et signer ici) pour empêcher la réalisation de forages.  » Nous savons que la fracturation hydraulique comporte de sérieux risques pour la population locale, pour notre santé, notre eau, notre faune, et contribue au changement climatique« , écrit-elle.  » La réalisation (des projets de fracturation hydraulique) mettrait en danger les jolis paysages du Yorkshire et notre industrie touristique, avec la venue de millions de visiteurs chaque année, qui alimentent des milliers d’emplois« , s’inquiètent par ailleurs les opposants qui rappellent que les projets visent aussi bien le gaz de schiste que le gaz de couche.

Une autorisation donnée malgré 4.375 objections contre 36 avis favorables!

Selon l’AFP, l’autorisation a été votée lundi par sept voix contre quatre par les élus du conseil du comté du North Yorkshire, qui avaient reçu 4.375 objections à ce projet, contre 36 avis favorables. Le directeur général de Third Energy a promis « une approche responsable », faisant valoir que sa société forait des sites, produisait du gaz et générait de l’électricité « en toute sécurité et en toute discrétion depuis plus de 20 ans dans le North Yorkshire ». Selon le quotidien The Times, les forages pourraient ne démarrer que cet hiver, en novembre ou décembre, avec l’espoir que le froid découragera les manifestants.

Après le moratoire, risque de multiplication des projets de forages

Selon les média britanniques, la décision du North Yorkshire devrait ouvrir la voie à d’autres autorisations, alors que la société Cuadrilla Ressources attend une réponse d’ici le mois de juillet sur des demandes d’exploration sur deux sites du Lancashire.

Le moratoire imposé sur la fracturation hydraulique après les secousses de 2011 avait été levé dès l’année suivante, le gouvernement du Premier ministre David Cameron cherchant à encourager l’exploitation du gaz de schiste, vue comme « une potentielle source d’énergie bon marché », à l’heure du déclin des champs pétrolifères de la mer du Nord. Mais les forages sont restés au point mort depuis.

Le procédé de fracturation hydraulique consiste à créer des fissures souterraines et y infiltrer un mélange d’eau, de sable et de produits chimiques pour permettre l’extraction de gaz capturé dans la roche. Très polluant il est utilisé pour extraire les pétrole et le gaz de schiste mais aussi les hydrocarbures de réservoir compact ainsi que le gaz de couche.

Source:  AFP via Romandie

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Paris – Le groupe pétrolier canadien Vermilion a renoncé à son recours contre une interdiction de réaliser un forage d’exploration pétrolière à Nonville (Seine-et-Marne), la rendant ainsi définitive, a-t-on appris mercredi auprès de l’avocat de la commune. Cette procédure fait suite à une forte mobilisation locale et à la ténacité de citoyens qui n’ont jamais lâché le dossier.

Rejet de l’appel et désistement du pétrolier Vermilion

Cette interdiction de forage avait été prononcée en 2014 par le tribunal administratif de Melun à l’encontre du groupe pétrolier américain Hess Oil, dont la licence a été reprise par Vermilion.  Première en France, cette décision à l’encontre de Hess Oil dont l’objectif était l’extraction de pétrole de schiste avait ensuite été contestée devant stop petrole gaz de schiste NONVILLE 2la cour administrative d’appel de Paris. « Lors d’une audience lundi, nous avons appris que le rapporteur public – ses conclusions sont généralement suivies – allait nous donner raison: rejet de l’appel et confirmation du jugement du tribunal administratif », a expliqué Me Arnaud Gossement à l’AFP.  Dans la foulée, Vermilion a renoncé à son recours, à la veille de l’audience jeudi où devaient être présentées les conclusions du rapporteur public. Ce dernier va d’ailleurs accepter ce désistement, confirmant ainsi le jugement du tribunal de Melun, a expliqué Me Gossement.

Le projet de forage visait le pétrole de schiste

Selon l’avocat de Nonville, le projet de forage portait très clairement sur du pétrole de schiste: c’est écrit noir sur blanc dans le jugement du tribunal administratif. C’est bien ce qu’avaient mis en évidence une poignée de citoyens qui avait fouillé le dossier avant que la commune ne s’attache les service de l’avocat spécialiste de la protection de l’environnement.

Or, une des seules techniques disponibles à ce jour pour extraire ce type de pétrole, lastop petrole gaz de schiste NONVILLE 1 fracturation hydraulique, est critiquée pour les risques qu’elle fait courir à l’environnement et interdite en France depuis 2011.

Hess Oil avait de son côté assuré à plusieurs reprises vouloir simplement sonder par des forages conventionnels le sous-sol du bassin parisien pour rechercher des hydrocarbures non exploités. La société elle-même, avant la loi de 2011, avait fait circuler un dossier de presse auprès des élus locaux dans lequel il était écrit noir sur blanc qu’il y aurait schiste et fracturation hydraulique. Comme par enchantement, après la loi, elle a prétendu le contraire, a commenté Arnaud Gossement.

C’est pour cela que ce jugement est très important: (…) c’est la première fois que nous avons un jugement qui annule une autorisation de forage pour du pétrole de schiste. C’est la première fois qu’on a une application claire, nette, directe de la loi de 2011, a-t-il ajouté.

 

Avec AFP via Romandie

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Après l’annonce faite de l’importation de gaz de schiste par des opérateur énergétiques français (EDF et ENGIE), la ministre de l’Énergie et de l’Environnement Ségolène Royal a indiqué à l’assemblée nationale mardi 10 mai 2016 qu’elle allait ‘examiner juridiquement la façon dont nous pouvons interdire l’importation de gaz de schiste en France’. Alors réelle possibilité et volonté politique ou nouveau coup de bluff pour tenter de tempérer la fronde contre le gaz de schiste en France ?

Si la France interdit la recherche et l’exploitation de gaz de schiste pour des raisons de protection de l’environnement, elle doit en interdire l’importation

La Ministre était interpelée à l’assemblée nationale ce mardi sur les contrats passéssegolene Royal stop gaz de schiste par les deux groupes français EDF et ENGIE, dont l’État est actionnaire, avec le groupe américain Cheniere pour se fournir en gaz naturel liquéfié (GNL) produit aux États-Unis et dont une partie est issue de gisements de gaz de schiste. « Il y a, c’est vrai, dans ces contrats que j’ai regardé de près (…) 40% de gaz d’origine gaz de schiste », a indiqué Mme Royal. Avant de poursuivre : « Puisque la France interdit la fracturation hydraulique pour des raisons de protection de l’environnement, j’ai interrogé ces deux entreprises sur les raisons pour lesquelles elles n’avaient pas été vigilantes, lors de la passation de ces contrats, »

Contrats de fourniture de GNL américain issus de l’exploitation de méthane par fracturation hydraulique

Dans le détail, EDF a signé un accord avec une filiale de l’américain Cheniere Energy en 2014 pour la fourniture de 770.000 tonnes de GNL par an, pendant au moins 20 ans. A la signature du contrat, les premières livraisons avaient été prévues pour 2019. L’électricien français, aussi fournisseur de gaz, a signé en 2015 un autre contrat avec Cheniere pour des livraisons de GNL d’ici 2018.

Interrogations sur la faisabilité de l’interdiction d’importer du gaz de schiste

Une telle mesure (d’interdiction) suscite des interrogations sur sa faisabilité. Sur le plan juridique, les accords commerciaux internationaux prévoient qu’un pays puisse appliquer des mesures restrictives pour le commerce si elles poursuivent un but légitime, comme la protection de l’environnement. Mais faut être parfaitement cohérent dans la manière dont on l’applique, indique Sébastien Jean, directeur du Cepii, centre de recherche et d’expertise sur l’économie mondiale.
Appliquer ce principe au gaz de schiste ne lui semble pas évident, dans la mesure où le fait qu’il y ait une pollution issue de la consommation de gaz est évident, mais cela n’a rien de spécifique au gaz de schiste et n’est donc pas un argument recevable en l’occurrence.

L’État actionnaire d’EDF peu mettre des conditions à l’approvisionnement

Juridiquement je ne sais pas si c’est faisable, mais l’État actionnaire peut peser et mettre des conditions pour que l’approvisionnement en gaz de schiste soit exclu, avance Laureline Bourit, porte-parole de l’association Les Amis de la terre. L’État est en effet actionnaire à près de 85% d’EDF et détient un peu moins d’un tiers du capital d’ENGIE.

Mais pour Arnaud Gossement, avocat spécialiste des questions d’environnement, il serait difficile de rendre ces contrats illégaux car « le gaz et l’huile de schiste sont considérés comme des hydrocarbures comme les autres. Il faudrait donc que la ministre modifie le droit français et européens. »

La France doit rester leader pour interdire l’exploitation et l’utilisation des hydrocarbures non conventionnels

S’il faut modifier le droit et bien allons-y et que la France continue d’être leader dans l’opposition à la recherche et l’exploitation de pétrole et gaz de schiste, activités qui nécessitent de recourir à des techniques risquées et polluantes. Que la France se batte réellement auprès de ses partenaires européens pour interdire la recherche, l’exploitation et l’importation d’hydrocarbures non conventionnels. Le gaz de schiste rappelons-le est du méthane, lequel génère de puissants gaz à effet de serre, contribuant à court terme au réchauffement climatique.

Sources : AFP via Romandie, France Info