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(!) Info minute – Revue de Presse

Aux États-Unis, dans l’État de l’Oklahoma, on assiste à une fulgurante augmentation des séismes liés à l’exploitation du gaz de schiste. Alors que les grandes plaines de l’État ne subissaient que seulement deux séismes par an, c’est à présent deux fois par jour que la terre tremble. La fracturation hydraulique pour récupérer des hydrocarbures est à nouveau en cause. 

2 séismes par an puis 585 séismes en 2014 et  600 en 2015

Situé en plein milieu des États-Unis et bien loin des principales failles géologiques, l’Oklahoma a enregistré 585 séismes de magnitude d’au moins 3.0 sur l’échelle de Richter en 2014. C’est plus duLE GAZ DE SCHISTE FRACKING OKLAHOMA SEISMES TREMBLEMENTS TERRE triple que les 180 survenus en Californie située, elle, sur plusieurs failles. « C’est complètement sans précédent« , souligne George Choy, sismologue au Centre de surveillance géologique. Le rythme s’affole, avec déjà 600 séismes depuis début 2015. La secousse la plus puissante, d’une magnitude de 4,5 a été mesurée dans la petite ville de Crescent. 

Sandra Voskuhl, 76 ans, a grandi dans cet Oklahoma rural qui a connu ces dernières années un véritable boom dans l’exploitation de gisements de pétrole par fracturation hydraulique. Elle n’avait jamais ressenti de secousse comme celle du 27 juillet: « Vous l’entendez venir. Tout a tremblé« , raconte-t-elle, se rappelant avoir hurlé quand les cadres photos sont tombés des murs. « On a besoin du pétrole pour nos travailleurs et notre économie, mais ces séismes sont assez effrayants« . 

Les eaux de reflux polluées réinjectées dans le sol

La fracturation hydraulique consiste à injecter à haute pression de l’eau mélangée à du sable et àfracking tremblements de terre gaz de schiste des produits chimiques pour fracturer les formations rocheuses du sous-sol et en extraire le pétrole et le gaz qui y sont emprisonnés.  Mais, en plus du pétrole et du gaz, une eau nauséabonde et saumâtre ressort également du sol dont les pétroliers se débarrassent en l’injectant dans d’autres puits, profonds parfois de plus de 1500 mètres. Cet ajout artificiel d’eau dans les sous-sols modifie la pression sur les lignes de faille, causant des glissements qui font trembler la terre, explique George Choy. 

Les scientifiques divergent sur la magnitude maximale que les séismes causés par la fracturation hydraulique pourraient atteindre. Pour certains, ils ne dépasseront jamais 4 ou 5, suffisant pour endommager les vitres et faire trembler les étagères, mais d’autres envisagent des magnitudes de 7, qui feraient s’effondrer des immeubles. « Quand vous injectez de l’eau dans le sous-sol, elle n’en ressortira jamais. Vous la mettez à des endroits où il n’y en a jamais eu auparavant. Plus vous en mettez, plus la zone affectée sera importante. On ne sait pas quelles seront les conséquences à long terme« , reprend George Choy. 

Les cobayes de l’exploitation

La fracturation hydraulique a permis de récupérer d’importantes quantités de pétrole et de gaz dans plusieurs Etats, créant un boom économique qui s’est amoindri ces derniers temps par l’importante baisse des prix du pétrole. Mais elle a aussi suscité des inquiétudes relatives aux tremblements de terre et à la contamination des nappes phréatiques. 

Le rythme d’augmentation de l’activité sismique en Oklahoma effraye ainsi beaucoup d’habitants: « Nous sommes le seul État où ce problème est apparu… et nous avons continué« , regrette Johnson Bridgwater, directeur exécutif du groupe écologiste Sierra Club. « Nous voulons que la sécurité publique soit une priorité, au lieu que l’on considère cet État comme un laboratoire géant« , dit-il encore. 

Appel au moratoire

L’Oklahoma compte 4500 puits dans lesquels sont réinjectées les eaux usées de la fracturation Oklahoma-Earthquake-Caused-by-Fracking-Hydraulic-Fracturing-Natural-Gas-Drilling-Seismic-Activity-Environmental-Damage-Protest BAN FRACKINGhydraulique, dont 3200 opèrent quotidiennement. La gouverneure républicaine Mary Fallin a mis du temps à accepter de reconnaître un lien entre fracturation hydraulique et activité sismique. Devant l’évidence, elle a enfin pris des dispositions cette année et certaines zones commencent à être surveillées, pour être sûr que l’eau n’est pas réinjectée trop profondément ou en trop grandes quantités. 

« Nous espérons que tout cela aura un impact significatif sur les séismes, mais c’est un processus en cours et nous continuerons à évaluer les résultats que nous obtenons aujourd’hui et avec d’éventuelles autres actions à l’avenir« , indique le directeur de la communication de la gouverneure, Alex Weintz. Mais le Sierra Club, estimant ces mesures très insuffisantes, a appelé à un moratoire sur les puits de réinjection d’eau dans les 21 comtés d’Oklahoma les plus à risque.

GAZ DE SCHISTE FRACKING OKLAHOMA SEISMES

Source : AFP

(!) Info minute – Revue de Presse

En Europe, les plus grandes compagnies de pétrole et de gaz tentent de bloquer les contrôles environnementaux sur la fracturation hydraulique. Une réglementation qui, si elle était adoptée par l’Union Européenne, est qualifiée par le gouvernement britannique de «paperasserie inutile»

Dans les coulisses, le gouvernement britannique pèse de tout son poids pour appuyer le lobbying conduit par frackingles majors du pétrole et du gaz, y compris BP, Chevron, Shell et ExxonMobil afin de convaincre les dirigeants de l’Union Européenne de s’opposer à toutes nouvelles mesures de protection de l’environnement qu’adopterait l’U.E. concernant la mise en œuvre des opérations de fracturation. C’est ce que le journal britannique le Guardian a pu lire dans des courriers (fuites).

Cette volonté de s’opposer à toute nouvelle réglementation vise plusieurs mesures de sécurité environnementale, telles que la surveillance des fuites de gaz et la captures du gaz et des composés volatils qui dans le cas contraire sont éliminés par rejet direct dans l’atmosphère ou par brûlage avec de graves conséquences environnementales et sanitaires. Tout ceci semble aller à l’encontre des assurances du Premier Ministre David Cameron qui assure que le « fracking » est sans danger « s’il est bien réglementé ». En 2013, le dirigeant conservateur n’hésitait pas à affirmer : «Nous devons faire valoir que la fracturation est sans danger … le système de réglementation dans ce pays est l’un des plus strictes au monde ». Pour le gouvernement britannique toute nouvelle forme de contrôle de l’industrie serait « une restriction inutile imposée à l’industrie du pétrole et du gaz au Royaume-Uni« .

En coulisses, une intense bataille se prépare concernant les mesures qui rendraient obligatoire l’utilisation des meilleures technologies disponibles et renforceraient les procédures de gestion des risques lors de la mise en œuvre des opérations de fracturation pour le gaz de schiste ou d’autres hydrocarbures.
Dans leur lettre adressée à Frans Timmermans, premier vice-président soit le deuxième fonctionnaire le plus puissant de la commission, les patrons de l’industriefoe ceo fracking eu lobby du pétrolière et gazière affirment qu’une telle réglementation serait lourde à mettre en œuvre et chronophage, la qualifiant « d’une utilité mineure difficile à justifier». Avant d’ajouter « Nous vous demandons d’intervenir et de … retirer cette proposition qui, si elle devait aller de l’avant, affecterait sérieusement un climat d’investissement déjà en difficulté pour la production pétrolière et gazière au sein de l’Europe» . Cette lettre est datée du 17 Juillet 2015 et signée par les présidents, les administrateurs et les membres des conseils d’administration de neuf compagnies. Les responsables des groupes incluant ConocoPhillips, Statoil, Petrobras, TOTAL, et HSE ont proposé d’exposer leurs « préoccupations » dans le cadre d’une réunion privée avec Timmermans.

Antoine Simon, porte-parole des Amis de la Terre Europe déclare : « Alors que l’industrie de la fracturation hydraulique et le gouvernement du Royaume-Uni assurent le public de leur engagement en faveur de strictes normes de sécurité, dans les coulisses, ils se battent bec et ongles pour éviter tout type de contrôle. Une approche tellement cavalière est choquante étant donné les effets destructeurs de cette industrie sale sur les gens et la planète. Nous avons besoin d’une interdiction pure et simple de la fracturation hydraulique ».

De son côté l’U.E. poursuit l’élaboration d’une proposition. Une première réunion d’experts nationaux est prévue le 13 octobre et une proposition finale doit être adoptée en mai 2018.

Mais toute nouvelle proposition va maintenant être étroitement surveillée par Timmermans, lequel est en charge du principe «mieux légiférer» cher à la commission Juncker. Mieux légiférer … pour minimiser les contraintes liées à la protection de l’environnement, de la santé et de la législation sociale.

Les majors françaises au premier plan pour aller forer au Royaume-Uni

Récemment, ce sont pas moins de 27 licences d’exploration supplémentaires, essentiellement dans le nord de l’Angleterre qui ont été délivrées. Ainsi 2.700 kilomètres carrés qui peuvent potentiellement être forés, en utilisant la technique controversée et polluante de la fracturation hydrau­lique. Engie (ex-GDF Suez) et TOTAL font partie des entreprises qui en bénéficient. Cent trente-deux autres licences sont à l’étude et une attribution est attendue d’ici à la fin de l’année.

Sources : The Guardian ; Le Monde

(!) Info minute – Revue de Presse

L’enquête publique menée suite à la demande faite par la société Vermilion de forer une dizaine de puits dans le cadre du permis de recherche d’hydrocarbures de Vert-le-Grand dans le bassin parisien est bouclée. Et le commissaire enquêteur a donné un avis défavorable. Ce résultat est celui d’une mobilisation citoyenne très tenace qui a permis d’alimenter l’enquête avec des éléments déterminants justifiant cet avis.

Il est clair que malgré les discours du titulaire du permis arguant que les forages ciblaient desn'inschistez pas essonne vert le grand gisements conventionnels, c’est bien du pétrole de schiste que souhaite exploiter le premier producteur de pétrole sur le territoire français.

Sur son site, le Collectif 91 non à l’huile (pétrole) et gaz de schiste « REMERCIE l’ensemble des habitant-es qui se sont mobilisés durant ces derniers mois, et notamment lors de l’enquête Publique, que ce soit lors du rassemblement devant les mairies concernées, mais aussi à remplir les cahiers à Leudeville et Vert le Petit, la présence en nombre à la réunion publique ».

Par ailleurs le collectif à la lecture du rapport a relevé quelques-uns des points négatifs retenus afin de motiver l’avis défavorable :
vert le grand vermilionÇa n’est un secret pour personne, la pression est maintenue par les pétroliers pour explorer les gisements (bien connus) d’hydrocarbures non conventionnels. C’est le rôle des habitants et des élus d’exprimer leur refus de voir se développer ces travaux. Les pétrole et gaz de schiste, c’est NON! La loi interdit une technique, les citoyens demandent depuis 2011 l’interdiction de la recherche et de l’exploitation. Il existe d’autres ressources renouvelables pour produire de l’énergie.
Il appartient maintenant au Préfet de rendre un avis. Augurons qui suivra celui du commissaire enquêteur et ne donnera pas suite à ces projets de forage.
L’ensemble des rapports du commissaire enquêteur sont téléchargeables (attention certains fichiers sont lourds + de 20 Mo)
Rapport 1

(!) Info minute – Revue de Presse

Les habitants de Pennsylvanie résidant dans les comtés à forte densité de puits d’exploitation d’hydrocarbures dits de schiste font face à un risque plus élevé d’être admis à l’hôpital suite à des affections causées par l’impact du processus d’exploitation des hydrocarbures non conventionnels. C’est ce que met en lumière une étude de l’université de médecine de Pennsylvanie.

Boom des pétrole et gaz de schiste rime avec boom des hospitalisations

Suite au boom des pétrole et gaz de schiste, les hospitalisations pour maladies cardiaques, neurologiques et autres sont plus élevés chez les personnes vivant près des forages de pétrole et de gaz non conventionnel, selon une nouvelle étude de l’Université de Pennsylvanie et l’Université Columbia publiée cette semaine dans la revue scientifique PLOS ONE. Aux États-Unis, au cours des dix dernières années la fracturation hydraulique a connu une augmentation fulgurante. Causé par l’explosion du nombre de forages de puits, son potentiel de pollution de l’air et de l’eau constitue une menace pour la santé publique et une préoccupation pour les riverains.

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Fig 1. Pennsylvanie Les puits actifs au fil du temps. Les puits actifs dans les comtés de Bradford et Susquehanna ont fortement augmenté de 2007 à 2011. Les puits sont représentés par des points de couleur. De 2007 à 2011, le comté de Wayne n’avait lui pas de puits en activité.

Pour répondre à cette question, des chercheurs de deux centres de recherche en santé environnementale de l’Institut national des sciences de la santé environnementale le Centre d’excellence en toxicologie environnementale de l’université de médecine de Perelman et le Centre pour la santé environnementale de Manhattan Nord à l’École de santé publique de Mailman (Université de Columbia), ont examiné le lien entre la densité de forages de puits et l’utilisation des soins de santé en triant les usagers par code postal entre les années 2007 et 2011 dans trois comtés du nord-est de Pennsylvanie.

Ayant recours à des bases de données documentant plus de 198 000 hospitalisations (pouvant comprendre plusieurs hospitalisations pour une même personne), l’équipe a examiné les 25 catégories médicales spécifiques pour les hospitalisations, telles de définies par le Conseil de santé de Pennsylvanie. Ils ont associé à ces catégories la proximité des résidents avec des puits en activité. Deux des comtés – Bradford et Susquehanna – ont connu une augmentation significative de l’activité de forage au cours de cette période de temps, tandis que le comté « témoins » celui de Wayne, n’a connu aucune activité de forage en raison d’une interdiction de forage liée à sa proximité avec le bassin de la rivière Delaware.

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Figure 2. Production de gaz (histogramme) Nombre de puits (cercles) de 2007 à 2011.

Les résidents exposés à de nombreuses substances toxiques

L’auteur principal de l’étude, M. Reynold Panettieri, Jr., professeur de médecine et directeur adjoint du Centre d’excellence en toxicologie environnementale explique : «Cette étude analyse la réaction collective des résidents –sériés par code postal- face à la fracturation hydraulique dans les comtés ayant des densités de puits élevées. A ce stade, nous soupçonnons que les résidents sont exposés à de nombreuses substances toxiques, au bruit et à des facteurs de stress en raison des opérations de forage et de fracturation hydraulique près de leur domicile, ce qui peut contribuer à l’augmentation du nombre d’hospitalisations. Cette étude représente l’une des plus complètes à ce jour qui lie les effets de l’industrie du « fracking » sur la santé ».

Cependant, les auteurs indiquent qu’une étude plus approfondie est nécessaire afin de déterminer comment les substances toxiques, ou des combinaisons individuelles spécifiques peuvent augmenter les taux d’hospitalisation. Le Pr Panetteieri détaille : « Par exemple, l’augmentation des hospitalisations en cardiologie pourrait être liée à une exposition accrue à la pollution de l’air causée par les gaz d’échappement diesel et les rejets de particules fines; Toutefois, cela nécessiterait des études de suivi individualisé pour mesurer l’exposition à des substances toxiques spécifiques. Nos résultats fournissent des indices importants justifiant de concevoir des études épidémiologiques lesquelles permettraient d’associer les expositions à des produits toxiques spécifiques à des problèmes de santé spécifiques».

Le coût de l’exploitation des gaz de schiste et le coût sanitaire

Leurs résultats ont révélé que la proportion de la population hospitalisée pour des raisons cardiologiques et neurologiques était significativement plus élevée dans les zones proches des puits en activité. Les hospitalisations pour affections de la peau, le cancer et les problèmes urologiques ont été également associés à la proximité des habitations à des puits en activité.

L’équipe a constaté que pour les 18 des codes postaux présentant une densité de puits supérieure à 0,79 puits par kilomètre carré, les résidents vivant dans ces zones présentaient un risque accru -augmentant de 27% par an- d’être hospitalisé pour raison cardiaque.

Pour ses auteurs, bien que l’étude ne prouve pas que l’exploitation des hydrocarbures par le fracking provoque effectivement ces problèmes de santé, l’augmentation des hospitalisations observée sur ce laps de temps relativement court suggère que les soins de santé liés à la fracturation hydraulique doivent être pris en compte dans le calcul du coût de l’exploitation des hydrocarbures non conventionnels.

Sources: Eurakalert.org  PLOS ONE

(!) Info minute – Revue de Presse

Adaptation d’après une tribune de Scott Novak parue le 14 Juillet dans huffingtonpost.com

Le gaz de schiste extrait par fracturation hydraulique – un procédé requérant la mise en œuvre de multiples forages- serait censé être bon pour l’environnement. C’est ce que nous rabâche l’industrie du « gaz naturel », relayée par un nuée de spéculateurs et quelques politiciens vassaux (dont les campagnes électorales de certains dépendent du généreux financement de l’industrie fossile).

Le mythe du gaz propre

Aux États-Unis, le président Obama et une grande partie de la classe politique ont approuvé la production de gaz naturel par la technique du fracking (fracturation hydraulique) comme une « solution de transition», un «pont vers un avenir durable».

Le fracking n’est pas ce « pont vers un avenir durable » que les politiciens et les sociétés d’énergie prétendent qu’il est.

Ce gaz serait selon eux un carburant qui va aider l’Amérique à opérer une «transition vers une économie verte». Pourquoi cela ? Parce que le gaz naturel émet deux fois moins de dioxyde de carbone (CO2) que le charbon. Et pourtant il est important que le public comprenne que cette notion de « carburant de transition » est fausse, nuisible à la santé et l’environnement et de courte vue. C’est un mensonge relayé à coup (coût) de millions de dollars et précisément à la veille de la conférence mondiale sur le climat, la « COP21 » qui se tiendra à Paris en décembre 2015.

Le gaz non conventionnel fort émetteur de gaz à effet de serre

La notion selon laquelle le gaz naturel serait un carburant plus propre que le charbon ou le pétrole est basée sur la mesure des émissions de gaz extraits par les méthodes conventionnelles, et non celui extrait par les techniques de stimulation comme la fracturation hydraulique. En 2011, une étude de l’Université Cornell constatait que les émissions de méthane provenant de l’exploitation des gaz par fracturation « sont au moins 30% supérieures voire deux fois plus importantes que celles du gaz classique, » et ceci parce que le méthane est libéré à chaque étape du processus de fracturation. Et malheureusement, ce méthane réchauffe 34 fois plus que le dioxyde de carbone. Ceci signifie que le gaz exploité par fracturation a un effet de serre supérieur à celui du pétrole et peut avoir un impact équivalent à celui du charbon sur le long terme. En termes d’effet de serre à court termes, il est même bien pire que le charbon.

Même en améliorant les techniques d’exploitation, l’impact sur le climat est dévastateur

Même si l’injection dans le sol de produits chimiques hautement toxiques requise pour la fracturation pouvait être accomplie sans contaminer les réserves d’eaux souterraines locales, et même si les déchets très toxiques produits par le processus de fracturation pouvaient être éliminés en toute sécurité – deux scénarios qui restent actuellement hautement improbables et notamment par les coûts qu’ils représenteraient- la pollution par le méthane (et le carbone) générée par les émissions du gaz produit par la fracturation persisteront. C’est pour cette raison que le gaz non conventionnel (gaz de schiste, gaz compact (tight gas), gaz de houille etc.) ne doit pas être considéré comme un « combustible propre ». Son utilisation contribuerait à mettre en péril l’objectif d’une limite de réchauffement planétaire de 2 degrés Celsius – limite au-delà de laquelle les scientifiques prédisent des sécheresses extrêmes, l’élévation du niveau des mers, et des extinctions de masse – phénomènes dévastateurs dont l’humanité s’approche à grands pas.

Les compagnies pétrolières n’ont aucune envie de freiner les investissements dans les ressources fossiles, bien au contraire !

Non seulement le gaz de schiste n’est pas plus propre que les autres combustibles, mais il n’a jamais été prévu comme « carburant de transition » en premier lieu. Il suffit de regarder les plans des compagnies pétrogazières pour s’en convaincre. Des sociétés comme Chevron et Shell, toutes deux engagées dans d’importantes opérations d’exploitation d’hydrocarbures par fracturation, prévoient d’investir des milliards dans de nouveaux projets de combustibles fossiles au cours des dix prochaines années. Or il ne peut y avoir retour sur de tels investissements à moins que ces sociétés ne soient autorisées à poursuivre l’exploitation de la planète pour des décennies encore. Le gigantesque investissement de 54 Milliards de dollars US de Chevron dans la construction d’infrastructures de liquéfaction et d’exportation de gaz, et les 12 Milliards investis par Shell pour construire un gigantesque méthanier (une usine flottante de liquéfaction de gaz, l’engin le plus gros jamais mis sur les océans par l’homme), tous deux situés en Australie, ne sont que deux des nombreux exemples illustrant cette course effrénée au profit par l’exploitation des hydrocarbures. Pourquoi ces compagnies feraient de tels investissements si leur objectif était de passer dans le court terme à des sources d’énergie renouvelable? Mais tout simplement parce qu’elles n’en n’ont pas du tout l’intention !

Le gaz vendu comme « carburant de transition » est un déni de réalité

Enfin, affirmer que l’exploitation de gaz de schiste est un « pont vers une économie plus verte » pose avant tout la question de savoir pourquoi un tel « pont » est nécessaire. Pourquoi repousser ? Pourquoi, comme certains pays le font déjà, ne pas tout simplement investir directement avec l’objectif 100% énergies propres? Pourquoi ne pas massivement investir dans ces énergies qui ne présentent pas de risque de pollution ou de contamination des eaux souterraines? Les technologies et les plans pour que cela fonctionne sont déjà disponibles. Des pays tels que le Danemark et l’Allemagne parviennent maintenant à couvrir plus d’un quart de leurs besoins énergétiques en ayant recours aux énergies renouvelables, et pour 2050, chaque pays dispose de plans pour éliminer sa dépendance aux combustibles fossiles.

En France, le patron de TOTAL sort les muscles et concernant des permis de recherche d’hydrocarbures déclare tout en finesse aux parlementaires : « Oui, en France on ne veut pas m’accorder des permis en Guyane. J’espère qu’on ne va pas les donner à un autre. Là, je m’énerverais »

Lire aussi: Pourquoi le gaz de schiste n’est pas une énergie de transition

(!) Info minute – Revue de Presse

Le gouvernement néerlandais a interdit vendredi 10 juillet tout forage commercial pour le gaz de schiste d’ici à 2020, évoquant notamment la méthode controversée d’exploitation, le fracking. En France, la loi d’interdiction de la fracturation hydraulique bloque également ce type d’exploitation depuis 2011.

« La recherche et l’exploitation commerciale de gaz de schiste n’est pas à l’ordre du jour pour les cinq prochainesschaliegas stop gaz de schiste Pays Bas années », a déclaré le ministre néerlandais de l’Economie Henk Kamp lors d’une conférence de presse à l’issue d’un Conseil des ministres. « Selon des enquêtes mandatées le gouvernement, il y a encore des incertitudes sur les effets du forage profond pour le gaz de schiste aux Pays-Bas », a précisé le gouvernement dans un communiqué, précisant qu’aucun forage d’exploration n’a encore été effectué sur le territoire néerlandais.

Annulation de permis …

Des permis d’exploration délivrés dans le passé puis suspendus, ne seront pas renouvelés, a par ailleurs indiqué Henk Kamp, selon lequel les Pays-Bas compteraient entre 200 et 500 milliards de mètres cubes de gaz de schiste dans leur sol. Les Pays-Bas sont le deuxième producteur européen de gaz naturel traditionnel. En 2011, les revenus du gaz avaient contribué à hauteur de 8% aux recettes de l’État.

… mais la relance de la recherche n’est pas exclue

Un rapport sur les sources d’énergie aux Pays-Bas prévu pour 2015 doit déterminer si le gaz de schiste entreSCHALIEGAS non merci Pays-Bas en ligne de compte dans le paysage énergétique du pays à l’horizon 2020. Si la réponse est positive, des forages d’exploration mis en place par l’État, et non par des sociétés privées, pourraient avoir lieu au plus tôt en 2018. Des recherches menées avec d’autres pays sont également envisagées. Toutefois, dans un tel cas de figure, l’exploration et l’exploitation commerciales ne seraient pas autorisées avant 2020.

La fracture hydraulique, ou fracking, est la seule technique éprouvée pour exploiter les hydrocarbures de schiste. Elle est très utilisée aux États-Unis, interdite en France tandis qu’au Royaume-Uni l’exploitation du gaz de schiste est une priorité du gouvernement Cameron. Toutefois, récemment, des demandes de permis d’exploration ont été rejetées. En Allemagne, le gouvernement a repoussé à après l’été un vote au parlement sur une loi sur le fracking.

Source: AFP

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Ce lundi 29 Juin 2015, le Conseil de comté du Lancashire (Nord-Ouest de l’Angleterre) a rejeté une demande de permis de forage de gaz de schiste qui devait être suivi de fracturation hydraulique. Cette demande faite par la société Cuadrilla a été vivement combattue par de nombreux citoyens mobilisés depuis de long mois. Une telle décision est un coup majeur porté contre le souhait hautement revendiqué par le premier ministre conservateur David Cameron de lancer la recherche et l’exploitation des hydrocarbures non conventionnels sur le sol britannique.

Un deuxième décision de rejet en deux semaines

A l’annonce de cette décision, des centaines de militants anti-gaz de schiste qui se tenaient à l’extérieur du bâtiment où le Conseil devait prendre sa décision ont réagi avec joie et deskeep lancashire frack free acclamations. Ceux qui étaient dans la salle du Conseil ont applaudit à l’annonce du verdict. Ce rejet surprise concerne un site de Preston New Road, près de Little Plumpton sur la Fylde, où Cuadrilla espérait forer quatre puits avant d’entreprendre des opérations de fracturation hydraulique pour l’extraction de gaz de schiste.

Au Conseil, neuf conseillers de la commission développement qui en comporte 14 ont voté en faveur d’une motion de rejet de la demande, leur décision se fondant sur l’impact visuel et sonore inacceptable. Une expérience de surveillance des activités sismiques figurant à la demande a également motivé ce rejet.

Cette décision qui était attendue depuis longtemps et avait été retardée fait suite à une autre décision prise la semaine précédente de rejet d’une autre demande de Cuadrilla à Roseacre Wood, entre Preston et Blackpool. Les fonctionnaires chargés de l’analyse des demandes avaient de leur côté formulé un avis de rejet pour la demande de Roseacre Wood mais recommandaient d’approuver celle de Preston New Road. Les élus n’auront donc pas suivi ce dernier avis.

Déception des industriels

Avant de prendre leur décision, les élus ont été avertis qu’en cas rejet, Cuadrilla seule société à avoir déjà pratiqué la fracturation hydraulique au Royaume Uni pourrait faire appel. Dans un communiqué, la société déclare qu’elle est « surprise et déçue » par la décision, et qu’elle « reste mobilisée pour exploiter le gaz de schiste dans le Lancashire » (sic!). « Nous allons maintenant prendre le temps d’examiner nos options concernant un appel de cette décision, ainsi que pour les autres demandes récemment rejetées, et ceci contre l’avis des fonctionnaires chargés de l’examen des dossiers » précise le communiqué. Centrica, qui détient une participation de 25% dans Cuadrilla , s’est déclarée extrêmement déçue par la décision. « Ceci a représenté un investissement important pour nous d’arriver où nous sommes aujourd’hui, donc nous allons consulter nos partenaires de Cuadrilla pour décider des prochaines étapes ».

Pressions non dissimulée des industriels

Ken Cronin, patron d’Ukoog, qui représente l’industrie du schiste, a appelé le gouvernement à revoir le processus de planification. « Cette décision après un long processus de 15 mois ne peut pas être correcte, et je prie instamment le gouvernement d’examiner en urgence le processus de prise de décision ».

Enthousiasme des écologistes face à la décision de rejet de la demande de permis

Pour Liz Hutchins, chargée de campagnes aux Amis de la Terre, et présente sur place avec d’autres militants : « Ceci est une grande victoire qui va au-delà de nos attentes. Il n’était pas possible pour les conseillers de prendre une décision qui allait à l’encontre du souhait de la population. Ceci est lancashire-fracking-prostestun vrai coup porté à Cuadrilla et au gouvernement. Évidemment Cuadrilla va essayer de faire appel, mais nous voulons un engagement de David Cameron de ne pas aller à l’encontre des souhaits exprimés par la population locale ici ». Pour Daisy Sands, chargée de campagne énergie climat à Greenpeace UK « cette décision est un Waterloo pour l’industrie du fracking et un triomphe pour la démocratie locale ». Environ 500 personnes manifestaient devant l’hôtel de ville au moment où se prenait la décision tandis que plus de 50.000 personnes avaient signé une pétition appelant au rejet des demandes de permis.

Plusieurs conseillers ont déclaré que cette décision avait été extrêmement difficile à prendre, l’un disant même qu’elle avait été « l’une des décisions les plus difficiles de notre vie ». Un membre du comité ajoutant qu’ils avaient eu à faire face à une pression intolérable sur cette l’affaire. Marcus Johnstone, membre du comité explique: « La décision de refuser cette demande a été prise par un vote du comité, lequel est composé de conseillers élus, et chaque membre du comité a finalement exprimé son vote sur la base des éléments de preuve qu’il avait pu consulter pour décider si la proposition était acceptable en termes de planification, et pour les gens qu’ils ont la charge de représenter ».

Une sérieuse épine dans le pied du gouvernement britannique

David Cameron avait indiqué que les conservateurs feraient tout pour lancer l’exploitation du gaz de schiste et Amber Rudd, en charge de l’énergie et du climat au gouvernement, avait promis après sa nomination qu’elle « livrerait du gaz de schiste ». Pour Andrea Leadsom, ministre de l’énergie, la fracking_lancashire_decisiondécision est «décevante». Pour elle « le gaz de schiste représente un énorme potentiel pour le Royaume-Uni. Il est l’occasion de développer une nouvelle source d’énergie domestique qui permettrait de remplacer les importations et de créer des dizaines de milliers d’emplois. Je suis convaincu qu’on y arrivera. Et le gouvernement en soutiendra le développement ».

Pour le Professeur Jim Watson, Directeur de recherche au Centre de recherche sur l’Énergie du Royaume-Uni, « La décision d’aujourd’hui illustre une fois encore que le gaz de schiste est très controversé, et elle aura des implications sur la rapidité avec laquelle la recherche et l’exploitation du gaz de schiste peuvent être développées. Bien que cela montre que les décisions locales continueront de peser dans nos choix énergétique, il est probable que cette décision sera contestée ».

Source : The Guardian

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Comme le rapporte l’agence Reuters, une récente série de secousses sismiques dans l’État américain de l’Oklahoma a contraint l’autorité locale de régulation de l’énergie à envisager en urgence des restrictions supplémentaires sur l’activité de forage liée au gaz et au pétrole de schiste, a déclaré mercredi un porte-parole.

Des séismes qui ne sont pas directement liés à la réinjection des fluides de fracturation hydraulique

Entre les 17 et 24 juin de cette année 2015, 35 secousses d’une magnitude égale ou supérieure à 3,0 y ont été enregistrées, selon l’institut géologique de l’Oklahoma. Source d’inquiétude supplémentaire pour le régulateur, certaines de ces secousses se sont produites dans la région métropolitaine d’Oklahoma City, où il n’existe pas de puits d’injection d’eau à haute pression.

Il y a deux mois, de nouvelles règles concernant l’élimination des eaux usées issues du forage sont entrées en vigueur sur ordre de l’OCC (Oklahoma Corporation Commission),seisme gaz de schiste fracturation impact maisons oklahoma l’autorité de régulation de l’industrie des hydrocarbures. Ces règles interdisent d’éliminer les eaux usées saumâtres sous la formation géologique la plus profonde, une pratique qui est considérée comme l’une des principales causes des tremblements de terre, et elles obligent les exploitants à réduire la profondeur de leurs puits de forage. « Nous devons à nouveau revoir notre approche« , a déclaré le porte-parole de l’OCC Matt Skinner. « Il y a eu une énorme hausse (des secousses). Cela change la donne. »

Pour l’USGS, il existe un risque de séisme catastrophique

Selon l’USGS, l’institut géologique des États-Unis, une telle multiplication des secousses accroît la possibilité d’un séisme catastrophique à l’avenir. L’Oklahoma connaît une augmentation de son activité sismique depuis 2009, qui coïncide avec une forte expansion de son activité de forage. La production pétrolière de cet État du Middle West a doublé au cours des sept dernières années.

Avant le pic de la semaine écoulée, les séismes survenaient d’ordinaire une à deux fois par jour, selon les chiffres de l’USGS. Avant 2009, ils se produisaient une à deux fois par an. Les scientifiques attribuent cette multiplication des secousses à la forte hausse des quantités d’eaux usées salées injectées dans le sous-sol. Entre 1997 et 2013, ces volumes de liquides injectés ont doublé, passant de 80 à 160 millions de barils par mois.

Les demandes de moratoire face à l’appât du gain à court terme

Des militants locaux appellent à un moratoire sur l’activité pétrolière mais la plupart des élus locaux rechignent à sanctionner une industrie qui représente plus de 7% des recettes de l’État grâce aux taxes prélevées sur la production, sans compter les emplois et revenus indirects.

Source : Reuters