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COMMUNIQUÉ DE PRESSE
DE COLLECTIFS CONTRE LES GAZ ET HUILES DE SCHISTE LUNDI 3 JUIN 2013

Jeudi 6 juin 2013 à 10h, l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques (OPECST) doit présenter à la presse son rapport d’étape sur les « techniques alternatives à la fracturation hydraulique pour l’exploration et l’exploitation des gaz de schiste ».

Les Collectifs contre les gaz et huiles de schiste ne peuvent que dénoncer cette approche qui vise à réduire le débat public à la dimension strictement technique des problèmes liés à l’exploration et l’exploitation des hydrocarbures non conventionnels. La question de l’opportunité même de l’exploitation de ces hydrocarbures semble déjà tranchée pour les rapporteurs MM. Jean-Claude Lenoir et Christian Bataille.

Les Collectifs craignent que ce document serve d’argument pour une remise en question de la loi du 13 juillet 2011 interdisant la fracturation hydraulique.

La question de l’opportunité de l’exploitation des hydrocarbures non conventionnels doit être abordée plus largement, notamment, en regard de l’impact sur le climat. L’exploitation et la consommation des ces ressources fossiles émettent des quantités importantes de carbone et de méthane (gaz à très fort effet de serre). Leur exploitation accélère dramatiquement le réchauffement climatique, une des raisons qui pousse une majorité de la population à la considérer comme inopportune..

Aux côtés du climatologue James Hansen, les Collectifs considèrent que ce serait un « crime contre l’humanité » de chercher à brûler toutes les ressources fossiles. La solution est de prendre en compte cette menace et de développer les énergies renouvelables dans un programme de transition énergétique les intégrant à la recherche d’une meilleure efficacité et d’une réduction de la consommation.

Contacts presse :

Rhône-Alpes : Antoine Combier : 04 75 36 72 83 – coordination@stopaugazdeschiste07.org
Ile de France : Isabelle Michaut : 06 86 16 23 35 – imichautpascual@orange.fr

Signataires :
Réseau Rhône-Alpes Stop au gaz et huiles de schiste Collectif 07 Stop au gaz de schiste Collectif 38 Stop au gaz de schiste Collectif stop gaz de schiste 69 Basta ! Gaz Alès NPGDS Bocage gâtinais Collectif Causse Méjean – Gaz de Schiste NON !
Collectif Citoyens du Narbonnais Non Gaz et pétrole de Schiste 11 Collectif Var Stop au gaz de schiste Collectif Roynac26

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Traduit par nos soins – Article de David Suzuki paru sous le titre Fracked Gas: A Bridge Fuel to Nowhere dans Ecowatch le 30.05.2013

david suzukiLa Colombie-Britannique[1] semble fonder ses espoirs (de développement) économiques sur le gaz naturel en grande partie obtenu par la fracturation hydraulique. Alors que le monde devrait être en train de faire sa transition des énergies fossiles vers les énergies propres et à la protection de l’environnement, nous sommes prêts à nous enterrer plus profondément dans le trou de carbone du changement climatique.

S’inspirant de la politique de liquidation du gouvernement de l’Alberta et du gouvernement fédéral, les dirigeants de la Colombie-Britannique veulent extraire les combustibles fossiles du sous-sol, les transporter vers la côte, les liquéfier et les expédier vers l’Asie ou partout où ils pourront trouver acheteur et aussi rapidement que possible. Il s’agit là d’un plan à court terme basé sur un mode de pensée révolue. À long terme, ce n’est bon ni pour l’économie ni pour l’environnement.

torchage gazQue les politiciens imaginent que les ressources en combustibles fossiles soient infinies ou qu’ils ne puissent penser qu’en fonction de la prochaine échéance électorale, ils vendent notre avenir et laissent un héritage désastreux pour nos enfants et petits-enfants. Pour commencer, le gaz naturel n’est pas la solution d’énergie propre telle qu’elle est souvent présentée. Selon lInstitut Pembina[2] , si seulement cinq des 12 terminaux de GNL[3] proposés étaient construits sur la côte de la Colombie-Britannique, ils pourraient cracher 63 millions de tonnes de carbone par an dans l’atmosphère ce qui dépasse le volume actuellement produit par l’exploitation des sables bitumineux de l’Alberta et qui l’équivalent de la totalité des émission de gaz à effet de serre de toute la Colombie-Britannique en 2010. Les composés organiques volatiles et les particules rejetées dans l’atmosphère seraient également de nouvelles sources importantes de pollution.

La liquéfaction du gaz pour l’exportation, qui nécessite d’énormes quantités d’énergie, n’est pas la seule source de gaz à effet de serre. Les fuites -ou ce que l’industrie appelle les « émissions fugitives« – au cours des forages, de l’extraction et du transport sont également des préoccupations. Bien que le ministère de l’Environnement de la Colombie-Britannique affirme que de 0,3 à 0,4 pour cent du gaz s’échappe dans l’atmosphère, des études indépendantes indiquent que c’est en fait de nombreuses fois ce montant.

Selon un article paru dans la revue Nature, des scientifiques de l’US National Oceanic and Atmospheric Administration et l’Université du Colorado  ont trouvé que les fuites de méthane -un gaz à effet de serre 20 fois plus puissant que le dioxyde de carbone- représentent quatre à neuf pour cent de la production totale dans deux champs gaziers aux États-Unis[4].

Même les retombées économiques de ces projets de GNL dans la province peuvent être mises en doute. De nombreux analystes s’attendent à un ajustement des prix, et lexpert en GNL Peter Hughes disait à la CBC News que la manne espérée était un «vœu pieux», car la Colombie-Britanique sera en concurrence avec les producteurs d’autres pays et régions comme le Qatar, l’Afrique de l’Est et l’Australie. Et la majeure partie de cet argent ne bénéficierait même pas à la Colombie-Britannique, puisque de nombreuses compagnies gazières sont originaires d’autres provinces ou étrangères. Quant aux emplois, l’extraction du gaz naturel , son transport et sa production en créent relativement peu en comparaison de tous les autres secteurs de l’économie, y compris le tourisme, les sciences et la technologie, les soins de santé, l’éducation et les petites entreprises.
 
En plus de cela, la fracturation hydraulique – l’injection d’eau, de sable et de produits chimiques à haute pression dans le sol pour éclater le schiste et libérer le gaz naturel- a bien d’autres conséquences environnementales. Elle exige d’énormes quantités d’eau, contamine l’eau potable, endommage l’habitat et les écosystèmes et provoque même des micro-séismes !

En plus de voir le gaz naturel comme une panacée économique, certains estiment qu’il pourrait s’agir d’un « carburant de transition « , quelque chose de plus propre que le pétrole ou le charbon à utiliser tandis que nous ferions la transition vers les énergies renouvelables. Il s’agit-là d’une transition pleine de danger, et le subventionnement et l’investissement dans l’extraction et les infrastructures de gaz naturel sans véritable engagement à nous sevrer du pétrole, du charbon et du gaz nous maintient sur la voie des énergies fossiles et décourage les investissements dans l’énergie propre et la protection de l’environnement.

L’industrie s’appuie également sur l’argent des contribuables pour subventionner, par l’impôt et des cadeaux fiscaux, la fourniture de l’eau, les routes ainsi que les énormes quantités d’énergie nécessaires pour liquéfier le gaz. Et les « émissions fugitives » provenant de l’exploitation du gaz sont exonérées de la taxe carbone. Si nous sommes vraiment en «transition» pour réduire les énergies fossiles, pourquoi subventionnerions-nous les coûts en carbone des entreprises?

Il est temps d’investir notre argent et nos ressources humaines dans des idées novatrices à long terme qui permettront de créer de bons emplois durables et assurer que nous, nos enfants et nos petits enfants continueront de jouir d’une vie saine et prospère tandis que notre magnifique environnement sera protégé. Nous avons d’abondantes ressources renouvelables et les possibilités d’économiser l’énergie et de montrer la voie dans le développement de l’énergie propre. Il est temps d’aller de l’avant.

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A propos de l’auteur : Le Dr. David Suzuki est un scientifique, animateur radio, auteur et co-fondateur de la Fondation David Suzuki . Il est Compagnon de l’Ordre du Canada et récipiendaire du Prix Kalinga pour la science, de la médaille du Programme pour l’Environnement des Nations Unies, le Right Livelihood Award 2009 et du Global 500 de l’UNESCO. M. Suzuki est professeur émérite à l’Université de la Colombie-Britannique à Vancouver et détient 27 diplômes honorifiques d’universités du monde entier. Il est connu des téléspectateurs comme animateur de l’émission de télévision de la CBC The Nature of Things, ainsi que des auditeurs ; il fut à l’origine de l’émission Quirks and Quarks de CBC Radio, ainsi que de la série plébiscitée It’s a Matter of et From Naked Ape to Superspecies. Son œuvre écrite comprend plus de 52 livres, dont 19 pour les enfants. Dr. Suzuki vit avec sa femme, le Dr Tara Cullis, et sa famille à Vancouver, Colombie-Britanique


[1] Ndt : La Colombie-Britannique, est la plus occidentale des provinces canadiennes
[2] Ndt : Plus d’information sur l’Institut Pembina ici
[3] Ndt : GNL : Gaz naturel liquéfié
[4] Ndt : Voir également à ce sujet Comment une nouvelle étude remet sérieusement en cause l’affirmation selon laquelle le gaz naturel est un carburant propre et  Les fuites de méthane lors de la production peuvent annuler les avantages climatiques du gaz naturel.

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« Les syndicats tous unis pour défendre les gaz de schiste » titre le quotidien gratuit 20 minutes dans son édition du 29 mai. De quoi s’inquiéter !

les syndicats pour le gaz de schisteMais 20 minutes n’est pas à une approximation près : «les» syndicats en question sont les mêmes –tiens, tiens- que ceux qui ont signé le fameux accord ANI qui détricote le code du travail pour permettre à ceux qui ont (encore) un emploi de travailler plus pour gagner moins avant de perdre leur travail pour de bon. On y retrouve, à côté des syndicats patronaux (MEDEF, CGPME et UPA), la même brochette de syndicats collaborationnistes : CFDT, CFTC et CFE-CGC. Les «poids lourds» du syndicalisme n’y sont pas ! Ouf !

Mais comment ces syndicats-là, même minoritaires, justifient-ils l’injustifiable ?

D’abord par l’amélioration de la balance commerciale et de l’indépendance énergétique du pays. Les experts du MEDEF n’ont-ils donc pas expliqué aux syndicalistes que, selon le rapport des ingénieurs généraux des mines du CGEIET[1] (Conseil général de l’économie, de l’industrie, de l’énergie et des technologies), lesquels ne sont pas des opposants à l’extraction, l’exploitation des gaz et huiles de schiste permettrait au mieux d’assurer la moitié de notre consommation actuelle de gaz naturel pendant 25 ans ? Soit en fait moins de 10% des hydrocarbures que nous importons aujourd’hui : pas négligeable en montant, mais on pourrait faire bien mieux avec des économies d’énergie. Rien non plus à espérer avec de tels volumes en termes de prix de l’énergie en Europe, c’est la Commission européenne qui le dit[2]. Quant à l’indépendance énergétique, on en resterait bien loin !

L’autre argument, « décisif » pour ces syndicalistes, ce sont les emplois créés. Il est vrai que le bureau d’études SIA a affirmé que l’exploitation des gaz de schiste pourrait créer 100 000 emplois en France. Cette évaluation, largement relayée par la presse dominante, est fondée sur des données américaines[3] (volontairement ?) mal interprétées, et s’avère malheureusement plus que fantaisiste[4][5]. Les ingénieurs du CGEIET estiment, dans le même rapport, ces extrapolations inappropriées et chiffrent à «quelques centaines» les emplois (précaires et peu qualifiés pour la plupart) à espérer. Et il faudrait aussi chiffrer les destructions d’emplois dans l’agriculture et le tourisme qu’induirait l’industrialisation massive des régions concernées…Et que dire du coût sanitaire et environnemental qui en résulterait, et viendrait plomber la sacro-sainte quête de compétitivité ?

Y- aurait-il eu «un peu» d’intoxication de la part du patronat envers des syndicalistes naïfs ? Ou d’autres intérêts communs inavouables ? Nous ne doutons pas de la réaction indignée de la CGT, de FO et de SUD qui devraient rapidement dénoncer cette assimilation de quelques syndicats minoritaires à TOUS les syndicats français. Nous attendons aussi avec impatience, mais un peu moins de certitude pour certains d’entre eux, leur prise de position contre la recherche et l’exploitation de ces hydrocarbures non conventionnels, nocifs pour l’environnement immédiat, le climat planétaire et l’économie, tant française que mondiale.

JC


[1] Les hydrocarbures de roche-mère en France – Rapport du Conseil Général de l’industrie, de l’énergie et des technologies  et du Conseil Général de l’environnement et du développement durable – février 2012
[2] Unconventional gas : potential energy market impact in the European Union –  European Commission Joint Research Centre – 2012
[3] Marcellus shale workforce needs assessment – Marcellus shale education and training centre – juin 2009
[4] Gaz de schiste: SIA et les 100 000 emplois bidons – Octobre 2012

[5] Trois questions à Thomas Porcher – Agir pour l’environnement 2 Mai 2013

« Réinventer la croissance , agir ensemble pour une dynamique économique« , MEDEF, CGPME, UPA, CFDT, CFTC, CFE-CGC mai 2013 : les pages où l’on évoque les gaz de schiste

 

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De Thomas Porcher – publié ici avec l’accord de l’auteur – Initialement publié dans Le Monde

A en croire l’Agence internationale de l’énergie (AIE), la production du pétrole non conventionnel (huiles de schiste, sables bitumineux) en Amérique du Nord devrait bouleverser la donne mondiale et créer un « choc d’offre » sur le marché pétrolier. Selon ses prévisions, les États-Unis deviendront le premier producteur de brut entre 2017 et 2020, et exportateur net en 2030.

Par conséquent, l’augmentation de la production américaine de pétrole entraînerait un déplacement du centre de gravité mondial de la fourniture d’énergie du Moyen-Orient aux États-Unis et redistribuerait les cartes au niveau géopolitique.

Pourtant, il y a déjà eu dans le passé un changement structurel de l’offre mondiale de pétrole, similaire à celui du développement des pétroles non conventionnels aujourd’hui, et il n’a pas amené de changements majeurs dans la géopolitique mondiale de l’or noir.

Dans les années 1970, pendant les chocs pétroliers, les États-Unis et l’Europe, durement frappés par la hausse des prix du brut, ont incité leurs compagnies pétrolières à se lancer dans des programmes d’exploration-production dans des pays n’appartenant pas à l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP). C’était notamment le cas d’Elf pour la France, qui a développé principalement sa production en Afrique. Le but était de diversifier les sources d’approvisionnement et in fine d’affaiblir le pouvoir de marché de l’OPEP.

L’offre de pétrole au niveau mondial s’est mise à augmenter et la part de l’OPEP est passée de 55 % en 1973 à moins de 30 % en 1985. La structure de l’offre mondiale ressemblait fortement à celle anticipée. Pourtant, la donne pétrolière au niveau géopolitique n’a, à l’époque, pas fondamentalement changé.

Car ce qui a toujours conféré à l’OPEP un rôle géopolitique majeur au niveau mondial est le fait d’être la seule organisation capable de jouer le rôle de swing supplier, de producteur capable de remplacer la production de tout autre pays qui viendrait à manquer. Or, pour devenir swing supplier, il faut certes une production supérieure à sa consommation intérieure, mais surtout en avoir la volonté politique, c’est-à-dire s’imposer de contraindre ses exportations de pétrole par des quotas afin de disposer de marges de production immédiatement mobilisables.

Par exemple, en 2012, l’OPEP a produit 30 millions de barils par jour (b/j) contre 24,4 millions entre 2009 et 2011, alors qu’elle avait une capacité estimée à 35,45 millions de b/j. Or, la plupart des pays hors OPEP produisent à pleine capacité et ne disposent pas de marges de production suffisantes et directement mobilisables pour exercer un pouvoir sur le marché. Dès lors l’OPEP, avec sa capacité excédentaire, acquiert un rôle majeur dans la géopolitique mondiale du pétrole.

Volonté politique

En mars 2011, pendant les révoltes arabes, la production de la Libye a chuté de 80 %, et la hausse de celle de l’OPEP (notamment Arabie saoudite, Koweït, Emirats arabes unis et Nigeria) a permis d’éviter une pénurie. Jamais la Russie, bien que premier producteur mondial de pétrole avec 10,3 millions de b/j, ni l’ensemble des pays non-OPEP, qui représente pourtant 60 % de la production mondiale, n’ont tenu ce rôle de producteur d’appoint. Car sans marges de manœuvre et sans action collective, le niveau ne signifie pas grand-chose. C’est bien la volonté politique qui confère à un pays pétrolier un rôle géopolitique majeur.

le mirage du gaz de schisteOr, la croissance exponentielle du nombre de puits aux États-Unis – 190 nouveaux puits par jour en moyenne ces sept dernières années – semble plus répondre aux choix non coordonnés des compagnies exploitantes qu’à une quelconque volonté politique de maîtrise de la production. Dans ces conditions, il est à parier que même si les États-Unis augmentent fortement leur production, ils ne deviendront pas le centre de gravité mondial de l’énergie, car, en cas de tensions géopolitiques, d’incertitude sur un pays producteur ou de flambée des prix du brut, la seule organisation capable de modifier significativement l’offre mondiale de pétrole restera l’OPEP.

Thomas Porcher (Professeur à l’ESG-MS, auteur du livre Le Mirage du gaz de schiste (éd. Max Milo 64 pages 4,90 Euro))

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Article de Nora Eisenberg traduit par nos soins initialement publié par AlterNet le 27 mars 2013 en partenariat avec GlobalPossibilities.org

Les fuites dans les systèmes de production et de distribution de gaz peuvent engendrer des niveaux de gaz à effet de serre plus élevés que les autres combustibles fossiles comme le charbon et le pétrole.

gaz-pipelineLa semaine dernière (ndt en mars 2013), les enquêteurs qui étudient les niveaux de fuite de méthane dans Manhattan ont communiqué des résultats préliminaires alarmants. L’industrie du gaz et Con Edison[1] estiment à 2,2% le niveau de fuite dans ses réseaux de distribution et à une fuite alors que, selon le Fonds pour la Défense de l’environnement (Environmental Defense Fund), au-dessus de 3,2%, le gaz naturel cesse d’avoir un avantage climatique par rapport aux autres combustibles fossiles. Mais l’étude a révélé un taux de fuite cumulatif de plus de 5%  lors de la production et de la livraison de gaz naturel. À ces niveaux, le gaz naturel –composé à 93% de méthane – a un effet de serre beaucoup plus puissant que le charbon ou le pétrole brûlé, ont déclaré les auteurs de cette étude.

« Ces rapports offrent l’analyse la plus rigoureuse des taux de fuite à ce jour« , a indiqué à Alternet Al Appleton, ancien commissaire du Département de la Protection Environnementale de la ville de New-York, « ce qui représente une réalité préoccupante pour l’environnement. » L’étude a été menée par Gas Safety Inc de Southborough, Massachusetts, pour Les Citoyens de Damas pour le développement durable (DCS) , une organisation environnementale de la Haute Vallée du Delaware qui a été à la pointe de l’activité anti-fracking dans la zone du Marcellus Shale[2].

Lors de la combustion, le gaz naturel de méthane produit du CO2, mais à un taux deux fois moindre que le charbon ou le pétrole, ce qui a contribué à la réputation du gaz naturel comme étant le combustible fossile le plus propre. Dans l’atmosphère, cependant, le méthane (CH4), composant principal du gaz naturel, est un puissant gaz à effet de serre , qui comme le CO2 absorbe le rayonnement infrarouge de la Terre et contribuant au réchauffement de la planète. En effet, ramené en poids et au fil du temps (100 ans), le méthane réchauffe 20 fois plus que le dioxyde de carbone.

Gas Safety, Inc. a enregistré les données sur les émissions réelles au cours d’un déplacement de plus de 250 kilomètres dans les rues de Manhattan. Le système de mesure de fuites utilisé comprenait un spectromètre[3] combiné avec un système GPS et un système de contrôle par ordinateur. Installé dans un véhicule équipé d’une durite de prélèvement d’air montée sur le pare-chocs arrière, (avec l’orifice d’entrée orienté vers le bas à environ 30 centimètres au-dessus de la surface de la chaussée, et l’antenne GPS sur le toit), le dispositif mesure et enregistre les niveaux de méthane dans l’air au-dessus de la chaussée avec une précision de quelques parties par milliard environ quatre fois par seconde. Le système GPS embarqué enregistre simultanément l’emplacement de l’instrument lors de l’échantillonnage. L’enquête a révélé de nombreuses fuites, certaines importantes, et peu à des niveaux de méthane acceptables.

Selon le Dr Bryce Payne, l’un des auteurs du rapport, « La fuite de méthane dans le système desservant New York à travers ConEd est probablement déjà à un niveau où les fuites de méthane ont autant ou plus d’impact sur le climat que le reste de gaz (environ 95%) qui est réellement brûlé par les consommateurs à New York. » Le rapport indique que « la perte de seulement quelques pour cent de gaz pendant la production, le transport, la distribution et l’utilisation est d’une importance capitale pour la gestion et la planification présentes et futures des systèmes nationaux et internationaux d’approvisionnement et d’utilisation ».

fracking marcellus ShaleLa mise en œuvre de la fracturation hydraulique à grande échelle dans les profonds gisements de gaz de schiste rend le gaz naturel non seulement abondant mais relativement peu cher, avec à présent près d’un tiers de l’électricité de la nation produite au gaz. La conscience nationale sur les dangers de la fracturation hydraulique – qu’il s’agisse de la contamination des eaux souterraines, de la pollution atmosphérique, des tremblements de terre, de la dévastation du paysage et de l’effondrement de la valeur du patrimoine immobilier- a littéralement explosé, laissant l’industrie et le gouvernement assurer dans la précipitation que la fracturation est sans danger.

L’industrie pétrolière a tenté de réfuter les allégations de migration de méthane montrée illustrée de manière spectaculaire par un robinet de cuisine enflammé dans le film documentaire Gasland. Et plus récemment[4] le méthane dans des contextes autres que celui de la fracturation hydraulique a commencé à faire l’objet d’une surveillance[5] .

L’étude des émissions fugitives de gaz naturel à Manhattan a été réalisée par DCS afin d’améliorer la compréhension de la relation entre la distribution du gaz et le changement climatique. Les résultats préliminaires de l’étude suggèrent qu’en raison de fuites généralisées lors de son extraction son transport et de sa livraison, l’empreinte carbone du gaz naturel est vaste et en pleine croissance. « Beaucoup ont vu dans le gaz naturel un carburant de transition vers les énergies renouvelables du futur», indique Barbara Arrindell de DCS à Alternet, « mais ce nouveau rapport confirme qu’il s’agit en fait d’une voie dangereuse vers nulle part».

A propos de l’auteure: Le travail de Nora Eisenberg fait l’objet de publication dans Village Voice, Tikkun, le Los Angeles Times, the Nation et le Guardian britannique. Son dernier roman, “When You Come Home” (Curbstone, 2009 explore l’héritage de la guerre du Golfe de 1991.


[1] Ndt : Con Edison est un fournisseur de gaz dans la ville de New York
[2] Ndt : Le Marcellus Shale, un des plus gros gisements de gaz de schiste identifié et exploité dans le Nord des États-Unis
[3] Voir la description technique en anglais ici
[4] Le Gaz Naturel et le déversement invisible: combien de méthane atteint l’atmosphère?
[5] Les fuites de méthane érodent les qualités écologiques du gaz naturel

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Traduction libre par nos soins de l’article paru sous le titre Fracking Economics Revealed as Shale Gas Bubble, Not Silver Bullet dans EcoWatch le 23 mai 2013

Alors que plusieurs projets de loi sur l’activité liée au gaz naturel sont en attente dans l’Etat de New York, aujourd’hui, les élus ont été informés sur les recherches qui en révèlent ses limites économiques.

Drill Baby DrillOrganisé par la campagne des citoyens pour l’environnement , Earthworks, Energy Policy Forum, Environmental Advocates of New York, Frack Action et le Post Carbon Institute , le briefing a porté sur deux tout nouveaux rapports publiés au printemps. En résumé, les analyses scientifiques et financières indiquent que les avantages à moyen et à long terme de l’exploitation du gaz de schiste peuvent-être une illusion plus semblable à la bulle immobilière qu’au miracle économique promis par l’industrie du gaz.

Les rapports, Drill Baby Drill[1]  du géologue spécialiste du charbon et du gaz David Hughes et Shale and Wall Street  (Le schiste à Wall Street)  de l’analyste financier Deborah Rogers évaluent la viabilité économique du boom du pétrole et du gaz de schiste qui balaye l’Amérique et pourrait toucher New York par la fracturation des bassins schisteux de Marcellus et de l’Utica. Ils offrent une analyse approfondie et une mise à jour des données sur plus de 60.000 puits de pétrole et de gaz ainsi qu’un examen complet de la situation financière des principales entreprises actuellement impliquées dans l’exploitation locale de ces énergies fossiles.

Ensemble, les auteurs concluent que plutôt que d’offrir à la nation un siècle d’énergie pas cher et la prospérité économique, le fracking (la fracturation hydraulique) fournira seulement une décennie de gaz et d’abondance de pétrole, tout au plus, et la création d’une nouvelle bulle financière fragile qui est déjà en train de se dégonfler. Les autres conclusions des recherches discutées lors de cette réunion d’information sont les suivantes:

  1. Les booms du gaz et du pétrole de schiste ont été survendus. Selon les données de production des puits disponibles dans de nombreux États, les réserves de gaz de schiste et de pétrole de schiste ont été surestimées par les opérateurs de 400 à 500 pour cent.
  2. En coulisses Wall Street a joué un rôle clé en surévaluant le boom du schiste par le biais de fusions et acquisitions et des frais transactionnels, selon les mêmes principes observés dans le boom immobilier qui a conduit à la crise financière.
  3. La productivité élevée dans les gisements schisteux est rare. Cinq gisements de gaz et deux gisements de pétrole représentent à eux seuls 80 pour cent de la production de ces sources d’énergie, et alors même que les zones les plus productives de ces principaux gisements constituent de relativement petites «zones»[2].
  4. Les taux de récupération sont déjà en déclin dans de nombreux sites d’exploitation de schiste. Les taux élevés d’investissements par puits nécessaires au maintien de la production signifient que la production de gaz de schiste américain a peut-être déjà atteint son apogée et le maintien de la production exigera un taux élevé de forages coûteux et potentiellement non rentables.

Marcellus déclin de production « L’exploitation des gaz et pétrole de schiste a toujours été présentée à New York et dans le pays comme un moyen de générer des retombées économiques et la création d’emplois, avec un risque limité d’impacts environnementaux et de santé publique« , explique Deborah Rogers. « Mais les chiffres ne mentent pas. Dans toutes les régions où l’exploitation du gaz de schiste a lieu, aucune stabilité économique n’a été prouvée alors que la dégradation de l’environnement et ses conséquences, elles, sont bien réelles « .

« Sur la base de notre recherche et de ce qui apparaît de plus en plus évident sur ces sites d’exploitation de gaz et de pétrole, un nouveau dialogue sur l’énergie est clairement nécessaire au niveau national et dans les États comme New York, » indique David Hughes. « Étant donné le potentiel existant, ses limites ainsi que les coûts financiers et environnementaux de cette énergie que l’industrie et ses promoteurs au niveau gouvernemental vantent comme une panacée, il sera tout simplement impossible d’atteindre « l’indépendance énergétique » en forant et en fracturant à tout va.« 


[1] La phrase anglaise « Drill, baby, drill! » , qui peut être traduite en français par « Fore, chéri, fore ! », est un slogan de campagne du parti républicain pendant l’élection présidentielle de 2008 aux États-Unis. Ce slogan exprime le soutien de ce parti à l’intensification des forages pétroliers en vue d’augmenter les ressources en énergie

[2] Notre suggestion : lire ou relire Gaz de schiste la naissance de Frankenstein première partie et deuxième partie l’interview du Dr Anthony Ingraffea sur l’invraisemblable mitage du paysage,  l’occupation des terres agricoles et les conséquences sociale, sanitaires et environnementales.

(Re)Lire également : Gaz de schiste les nouveaux subprimes Sylvain Lapoix

Chez votre libraire, demandez Le Mirage du Gaz de schiste Thomas Porcher. Que se passerait-il si la France décidait d’exploiter son gaz de schiste ? Y aurait-il des créations d’emplois, une baisse du prix de l’énergie ou un retour de la compétitivité ? Accéderions-nous au Graal de l’indépendance énergétique ? Thomas Porcher propose une étude inédite sur les conséquences d’une ouverture législative à une telle exploitation. En s’appuyant sur l’expérience américaine et en prenant en compte les spécificités juridiques et économiques de la France, il vient contrebalancer point par point une information largement dominée par les lobbies et apporte des réponses cruciales en plein débat sur le gaz de schiste en France.
Thomas Porcher est docteur en économie, professeur en marché des matières premières à l’ESG-MS et chargé de cours en économie internationale à l’université Paris-Descartes. Ces analyses sur l’énergie ont été reprises dans plusieurs rapports du gouvernement et de l’Assemblée nationale.

stop fracking

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Le Conseil économique, social et environnemental régional Rhône-Alpes (CESER-RA) dans son projet de contribution intitulé « Rhône-Alpes: la transition énergétique au service de la performance économique et sociale » remet sur le tapis la possibilité de la recherche de gaz et pétrole de schiste. Faisant fi de la délibération du Conseil régional de février 2011, le Conseil économique, social et environnemental régional Rhône-Alpes préconise « d’une part pour les gaz et huile de schiste, que le Bureau de recherches géologiques, minières (BRGM) effectue un recensement cartographique des ressources potentielles et leurs conditions d’exploitation, d’autre part de laisser ouverte et d’encourager la recherche afin d’explorer d’autres voies d’extractions visant à maîtriser les risques (notamment sanitaires et environnementaux) »[1].

 Appelons un chat un chat : au cours des auditions des pétrogaziers réalisées par l’OPECST le 18 avril dernier[2]  Christian Besson de l’Agence Internationale de l’Energie a évalué à  une centaine le nombre de forages nécessaires pour savoir de quelles ressources on se prive par « obscurantisme » et tous les participants ont confirmé qu’il n’y avait pas aujourd’hui d’alternative à la fracturation hydraulique que nous devrions d’ailleurs appeler de son vrai nom : fracturation « hydro-chimique » Donc le souhait du CESER est bien de voir réaliser une centaine de forages suivis de fracturation hydraulique.

Les collectifs opposés à la recherche et l’exploitation de gaz et huile de schiste pointent que de telles recommandations sont en parfaite contradiction avec la position adoptée par le Conseil Régional Rhône-Alpes depuis 2010 et confirmée dans sa délibération de février 2011 qui exprime son « opposition à toute exploration / exploitation de gaz de schiste sur son territoire »[3]. De-même, de telles propositions formulées par le CESER vont à l’encontre de la volonté exprimées par des milliers de citoyens depuis plus de deux ans dans l’ensemble des départements de Rhône-Alpes alors qu’une multitude de permis de recherche d’hydrocarbure avait été délivrée sans consultation de la population et de ses représentants. Qui plus est, dans la région dont les sites classés SEVESO sont les plus nombreux !

 « Cette histoire de gaz de schiste que les industriels veulent remettre de force sur le tapis démontre par elle-même les dangers de son exploitation » indique Jean-Louis Choppy un des porte-parole du collectif stop au gaz de schiste 07. « Donnez l’autorisation de forer (ce qui est une nécessité lorsqu’on parle de recherche) et vous ne pourrez pas maîtriser les fuites de gaz comme on le constate en Amérique du Nord». « Un recensement des ressources non conventionnelles nécessiterait des forages suivis de fracturation hydraulique (qui ne seraient pas réalisés par le BRGM qui n’en a pas les moyens, mais par des entreprises privées) et souvent pour notre région dans de fragiles zones karstiques que le BRGM[4] proposait d’ailleurs d’exclure des zones de recherche !», renforce Jacques Cambon hydrologue et coprésident du collectif des pays de Savoie et de l’Ain concerné par deux permis de recherche et trois demandes toujours non rejetée par l’administration.

Si la loi interdisant la fracturation hydraulique votée avant les élections de 2012 a freiné les projets de forage, la remise en cause de la légalité du texte (par des compagnies qui s’étaient vues octroyer des permis en toute discrétion[5]) voté par le législateur en 2011 est une des failles d’un dispositif de protection environnementale et sanitaire que les industriels et certains investisseurs veulent faire voler en éclats. En Rhône-Alpes[6] seulement deux permis de recherche d’hydrocarbure on été abrogés, quatre sont actifs ; quatre demandes ont été rejetées (le sont-elles définitivement ?) et trois sont toujours en cours d’instruction.

Ce que François Hollande lors de l’ouverture de la conférence environnementale le 14 septembre 2012 affirmait vouloir interdire sur le territoire national tout au long de son quinquennat, l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques (OPECST)[7] le remet déjà en cause à travers l’examen de supposées « techniques alternatives à la fracturation hydraulique pour l’exploration et l’exploitation des hydrocarbures non conventionnels », techniques dont l’inexistence a été confirmée lors de la première audition . Si les préconisations de l’OPECST et du lobby des ingénieurs des mines et du MEDEF  sont appuyées par les CESER de diverses régions, cela donnera l’impression qu’il existe un consensus, voire une volonté générale d’aller forer. Et tout ça pour tenter de sortir à grand frais quelques hydrocarbures dont l’intérêt économique est loin d’être prouvé alors que la recherche est à la peine pour financer le développement des énergies propres et renouvelables, seules à même de prolonger la survie de l’espèce humaine dans un environnement sain.


[1]           Pages 59 et 60 du projet de contribution paragraphe 5.2.2

[2]           www.journaldelenvironnement.net/article/l-alternative-a-la-fracturation-hydraulique-la-fracturation-hydraulique,34250

[3]           Délibération du Conseil Régional Rhône-Alpes 24 et 25 février 2011 : « UNE ÉCORÉGION PRÉSERVÉE SANS EXPLOITATION DE GAZ DE SCHISTE »

 [4]           Rapport Final BRGM RP-60312-FR  Septembre 2011

[5]             Gaz de schiste : l’interdiction de la fracturation hydraulique est-elle constitutionnelle ? http://www.actu-environnement.com/ae/news/loi-fracturation-hydraulique-recours-qpc-conseil-etat-18276.php4

[6]                      http://www.sghds-ra.org/  « PERMIS ET DEMANDES DE PERMIS DE RECHERCHE D’HYDROCARBURES »

[7]                      http://www.senat.fr/opecst/saisine.html Saisine n° 2012-06 : « les techniques alternatives à la fracturation hydraulique pour l’exploration et l’exploitation des hydrocarbures non conventionnels »

(!) Info minute revue de presse 

Article traduit par nos soins et paru le 20.05.2012 sur le site de news Shale Reporter. Nous publions avec l’accord de Miranda Spencer (*) son auteure que nous remercions.

300mirandaspencerL’un des sujets qui a fait les gros titres la semaine dernière était la décision d’Angelina Jolie de subir une double mastectomie préventive . Même si elle est en bonne santé, elle porte un « gène défectueux », appelée BRCA 1, qui constitue pour elle un risque très élevé de développer un cancer du sein.

Grande star de cinéma, globe-trotter de l’humanitaire, mère de six enfants – Mme Jolie n’est pas la « femme moyenne ». Son dilemme au sujet de sa santé est également atypique: seulement 5 à 10 pour cent des cas de cancer du sein ont une cause génétique .

Pour les 90 pour cent d’entre nous, la prévention implique d’éviter les risques que nous pouvons contrôler à travers des choix de vie personnels. Cela signifie également de maintenir en dehors de notre environnement les substances toxiques liées au cancer du sein  et ceci doit être rendu possible par des politiques publiques.

C’est pourquoi (ndt : aux USA) la fracturation hydraulique[1] est le dernier front dans la guerre contre le cancer du sein. Le mois dernier, le Réseau de soutien et d’information sur le cancer du sein de l’Etat de New-York[2], une coalition d’associations, a organisé et publié une conférence en ligne (un webinaire[3]) intitulée «liens entre la fracturation hydraulique et le cancer du sein. » Organisée par EarthWorks, une association qui défend le développement responsable de l’énergie, et Breast Cancer Action[4], une association citoyenne engagée dans l’information et de plaidoyer (ndt dans le cadre de la lutte contre le cancer du sein), cette conférence explore le processus et les composés chimiques de la fracturation hydraulique connus pour avoir une incidence sur le cancer du sein et les risques y afférents.

Si vous disposez d’une heure, vous pouvez regarder cette conférence ici (en anglais) .

Si vous ne le faites pas, en voici l’essentiel: Certains des produits chimiques liés au cancer du sein se retrouvent dans les fluides utilisés pour la fracturation hydraulique. Il s’agit notamment de substances cancérogènes et de «perturbateurs endocriniens», une classe de composés qui joue avec nos hormones, ce qui aggrave les expositions quotidiennes aux additifs présents dans les produits de consommation. Les éléments radioactifs, comme ceux qu’on trouve dans les eaux usées de fracturation , sont également liés à un risque élevé de cancer du sein.

Par ailleurs, les dernières recherches montrent que la période d’exposition à une influence sur les effets sur ​​le corps humain – ce qui signifie que les femmes enceintes, les fœtus et les jeunes filles pubères peuvent être à risque plus élevé . Dans certains cas, les faibles doses peuvent être plus dangereuses que les doses élevées! De plus, le préjudice peut même être héréditaire et transmis aux générations futures.

Ceci c’est ce que nous savons déjà. Ce que nous ne savons pas, comme le disent les militants, fait de nous les cobayes du boom du gaz de schiste. Les cancers se développent lentement, sur plusieurs décennies, il est donc important de suivre les expositions aux produits toxiques de la fracturation en lien avec les cancers du sein ou autres à travers des études d’impact sur la santé à long terme[5].

Jusqu’à présent, ils recommandent la mise en œuvre du « principe de précaution » – à savoir suspendre la fracturation hydraulique jusqu’à ce qu’elle soit prouvée sans danger, plutôt que d’attendre une interdiction seulement lorsque la dangerosité sera prouvée .

L’approche selon le principe de précaution est en accord avec la position officielle du comité de coordination fédéral interagence de recherche environnementale sur le cancer du sein . Plus tôt cette année, le comité a publié un rapport « Cancer du sein et environnement: Les priorités de la prévention »[6] lequel recommande «une stratégie nationale de prévention du cancer du sein pour mettre en œuvre les priorités et accroître les investissements du gouvernement fédéral dans la prévention du cancer du sein. » Il appelle également à la recherche interdisciplinaire sur « les effets des facteurs chimiques et physiques qui influencent potentiellement le risque de développer le cancer du sein, et la probabilité d’y survivre, ».

Le réseau veut faire avancer cet objectif en obtenant une «évaluation approfondie de l’impact sur ​​la santé» de la fracturation dans l’État de New York . Contrairement à l’opaque  «revue sur la santé » actuellement en cours, l’étude que souhaite le réseau serait «conçue en accord avec les directives nationales et internationales », ouverte et transparente, et réalisée par des experts indépendants.

Pour les New-Yorkais l’enjeu est de taille, avec un taux d’incidence du cancer du sein des plus élevé du pays , selon le Centre fédéral de contrôle des maladies[7]. Les États de Pennsylvanie et de l’Ohio favorables à la fracturation hydraulique[8] ont déjà l’un des taux de mortalité du cancer du sein les plus élevés du pays.

Sommes-nous prêts à composer avec ces risques avant de pouvoir en mesurer pleinement les conséquences? Je parie qu’Angelina dirait non.

 

(*) L’auteure : Miranda C. Spencer est une journaliste indépendante et blogueuse spécialisée dans l’environnement, la critique des médias et les questions féminines. Résidant habituellement à Philadelphie, elle  a élu temporairement domicile en Californie et est en congés de son poste de chercheure aux sites de news Environmental Health News et  The Daily Climate. Son travail ces 25 dernières années, incluant huit couvertures du figurent dans The Daily Climate, Extra! ( the journal of FAIR), E magazine, American Forests, ainsi que bien d’autres publications. Les enquêtes de Miranda lui ont value d’être citée par le « Project Censored ». Son site Internet est Red Panda Communications.


[1] «  fracking »

[2] New York State Breast Cancer Support and Education Network

[3] Le « webinaire » est une abréviation de web et de séminaire Cela désigne donc une conférence en ligne à laquelle les internautes peuvent participer sans quitter ni leur maison ni leur ordinateur.

[4] lutte contre le cancer du sein

[5] Note du traducteur : on parle des Etats-Unis où l’exploitation des hydrocarbures par la fracturation bat son plein depuis 10 ans. En Europe, nous ne voulons tout simplement pas de cette fracturation hydraulique !

[6] Prioritizing Prevention” http://1.usa.gov/YRLRVO

[7] Centers for Disease Control

[8] Fracking-friendly : ndt Ce sont des États où la fracturation hydraulique est pratiquée à très haute intensité.