Fracturation hydraulique et santé des femmes

Publié: 20 mai 2013 dans forage d'hydrocarbures, gaz de schiste
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(!) Info minute revue de presse 

Article traduit par nos soins et paru le 20.05.2012 sur le site de news Shale Reporter. Nous publions avec l’accord de Miranda Spencer (*) son auteure que nous remercions.

300mirandaspencerL’un des sujets qui a fait les gros titres la semaine dernière était la décision d’Angelina Jolie de subir une double mastectomie préventive . Même si elle est en bonne santé, elle porte un « gène défectueux », appelée BRCA 1, qui constitue pour elle un risque très élevé de développer un cancer du sein.

Grande star de cinéma, globe-trotter de l’humanitaire, mère de six enfants – Mme Jolie n’est pas la « femme moyenne ». Son dilemme au sujet de sa santé est également atypique: seulement 5 à 10 pour cent des cas de cancer du sein ont une cause génétique .

Pour les 90 pour cent d’entre nous, la prévention implique d’éviter les risques que nous pouvons contrôler à travers des choix de vie personnels. Cela signifie également de maintenir en dehors de notre environnement les substances toxiques liées au cancer du sein  et ceci doit être rendu possible par des politiques publiques.

C’est pourquoi (ndt : aux USA) la fracturation hydraulique[1] est le dernier front dans la guerre contre le cancer du sein. Le mois dernier, le Réseau de soutien et d’information sur le cancer du sein de l’Etat de New-York[2], une coalition d’associations, a organisé et publié une conférence en ligne (un webinaire[3]) intitulée «liens entre la fracturation hydraulique et le cancer du sein. » Organisée par EarthWorks, une association qui défend le développement responsable de l’énergie, et Breast Cancer Action[4], une association citoyenne engagée dans l’information et de plaidoyer (ndt dans le cadre de la lutte contre le cancer du sein), cette conférence explore le processus et les composés chimiques de la fracturation hydraulique connus pour avoir une incidence sur le cancer du sein et les risques y afférents.

Si vous disposez d’une heure, vous pouvez regarder cette conférence ici (en anglais) .

Si vous ne le faites pas, en voici l’essentiel: Certains des produits chimiques liés au cancer du sein se retrouvent dans les fluides utilisés pour la fracturation hydraulique. Il s’agit notamment de substances cancérogènes et de «perturbateurs endocriniens», une classe de composés qui joue avec nos hormones, ce qui aggrave les expositions quotidiennes aux additifs présents dans les produits de consommation. Les éléments radioactifs, comme ceux qu’on trouve dans les eaux usées de fracturation , sont également liés à un risque élevé de cancer du sein.

Par ailleurs, les dernières recherches montrent que la période d’exposition à une influence sur les effets sur ​​le corps humain – ce qui signifie que les femmes enceintes, les fœtus et les jeunes filles pubères peuvent être à risque plus élevé . Dans certains cas, les faibles doses peuvent être plus dangereuses que les doses élevées! De plus, le préjudice peut même être héréditaire et transmis aux générations futures.

Ceci c’est ce que nous savons déjà. Ce que nous ne savons pas, comme le disent les militants, fait de nous les cobayes du boom du gaz de schiste. Les cancers se développent lentement, sur plusieurs décennies, il est donc important de suivre les expositions aux produits toxiques de la fracturation en lien avec les cancers du sein ou autres à travers des études d’impact sur la santé à long terme[5].

Jusqu’à présent, ils recommandent la mise en œuvre du « principe de précaution » – à savoir suspendre la fracturation hydraulique jusqu’à ce qu’elle soit prouvée sans danger, plutôt que d’attendre une interdiction seulement lorsque la dangerosité sera prouvée .

L’approche selon le principe de précaution est en accord avec la position officielle du comité de coordination fédéral interagence de recherche environnementale sur le cancer du sein . Plus tôt cette année, le comité a publié un rapport « Cancer du sein et environnement: Les priorités de la prévention »[6] lequel recommande «une stratégie nationale de prévention du cancer du sein pour mettre en œuvre les priorités et accroître les investissements du gouvernement fédéral dans la prévention du cancer du sein. » Il appelle également à la recherche interdisciplinaire sur « les effets des facteurs chimiques et physiques qui influencent potentiellement le risque de développer le cancer du sein, et la probabilité d’y survivre, ».

Le réseau veut faire avancer cet objectif en obtenant une «évaluation approfondie de l’impact sur ​​la santé» de la fracturation dans l’État de New York . Contrairement à l’opaque  «revue sur la santé » actuellement en cours, l’étude que souhaite le réseau serait «conçue en accord avec les directives nationales et internationales », ouverte et transparente, et réalisée par des experts indépendants.

Pour les New-Yorkais l’enjeu est de taille, avec un taux d’incidence du cancer du sein des plus élevé du pays , selon le Centre fédéral de contrôle des maladies[7]. Les États de Pennsylvanie et de l’Ohio favorables à la fracturation hydraulique[8] ont déjà l’un des taux de mortalité du cancer du sein les plus élevés du pays.

Sommes-nous prêts à composer avec ces risques avant de pouvoir en mesurer pleinement les conséquences? Je parie qu’Angelina dirait non.

 

(*) L’auteure : Miranda C. Spencer est une journaliste indépendante et blogueuse spécialisée dans l’environnement, la critique des médias et les questions féminines. Résidant habituellement à Philadelphie, elle  a élu temporairement domicile en Californie et est en congés de son poste de chercheure aux sites de news Environmental Health News et  The Daily Climate. Son travail ces 25 dernières années, incluant huit couvertures du figurent dans The Daily Climate, Extra! ( the journal of FAIR), E magazine, American Forests, ainsi que bien d’autres publications. Les enquêtes de Miranda lui ont value d’être citée par le « Project Censored ». Son site Internet est Red Panda Communications.


[1] «  fracking »

[2] New York State Breast Cancer Support and Education Network

[3] Le « webinaire » est une abréviation de web et de séminaire Cela désigne donc une conférence en ligne à laquelle les internautes peuvent participer sans quitter ni leur maison ni leur ordinateur.

[4] lutte contre le cancer du sein

[5] Note du traducteur : on parle des Etats-Unis où l’exploitation des hydrocarbures par la fracturation bat son plein depuis 10 ans. En Europe, nous ne voulons tout simplement pas de cette fracturation hydraulique !

[6] Prioritizing Prevention” http://1.usa.gov/YRLRVO

[7] Centers for Disease Control

[8] Fracking-friendly : ndt Ce sont des États où la fracturation hydraulique est pratiquée à très haute intensité.

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