Archives de la catégorie ‘forage d’hydrocarbures’

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                            5 novembre 2012 : Que dit exactement le rapport Gallois sur le Gaz de schiste
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Louis Gallois: « Hors de question de faire l’impasse sur les gaz de schiste »

La presse en ligne en a fait ses titres cette semaine: Louis Gallois, missionné par le gouvernement pour faire un rapport sur la compétitivité des entreprises françaises, prend position en faveur de l’exploitation des Gaz de Schiste. Mieux, M. Gallois aurait asséné à la ministre Delphine Batho que « la France a deux richesses phares, le nucléaire et les gaz de schiste », et qu’« il est hors de question de faire l’impasse« . Nommé Commissaire Général à l’Investissement en Conseil des ministres au printemps dernier, mais surnommé le moine dans le petit monde des grands patrons pour son mode de vie d’ascète, Monsieur Gallois n’y va pas par quatre chemins: Le sous-sol français recèle la deuxième réserve européenne de gaz de schiste, le rapport contiendra un chapitre sur la nécessité d’exploiter les gaz de schiste.

La patronne du Medef rapidement relayée par l’UFIP reprend la nouvelle dans la foulée. Madame Parisot se fait en effet la porte parole de l’industrie française de l’extraction des hydrocarbures depuis que le gouvernement a annoncé son intention de mettre un coup de frein au projets d’explorations par la fracturation hydraulique. Annonce qui n’a pas encore rassuré les citoyens et élus mobilisés depuis deux ans.

Les gaz de schiste, les hydrocarbures de roche mère, est-ce bien « fini pour 5ans » ?

Madame Batho Ministre en charge de l’Ecologie et de l’énergie le répète à l’envie : « En France, le débat politique est clos, les gaz de schiste ne passeront pas par nous ». Depuis l’Inde où elle participe à la conférence de l’ONU sur la biodiversité, la ministre assume un « désaccord net » avec M. Gallois sur le sujet des gaz de schiste. « Certains tenteront en permanence de remettre le sujet sur la table mais, d’un point de vue politique, le débat sur les gaz de schiste est clos« , a indiqué Mme Batho à l’AFP.

Quant au chef de l’État, interrogé en marge d’un sommet européen, sur un éventuel changement de position sur la base du rapport de l’ex-patron d’EADS, M.Hollande a assuré ne pas l’avoir lu. « Je ne suis même pas sûr qu’il soit écrit puisqu’il est remis le 5 novembre. Je ne sais pas ce qu’il contient« , a-t-il ajouté. Mais, selon François Hollande, « c’est un rapport qui engage son auteur, qui n’engage pas le gouvernement, pas le président de la République« .

Une chose est sûre, la liste des permis d’exploration d’hydrocarbures de roche mère reste la même depuis les élections présidentielles. Seuls trois permis avaient été abrogés par M. Sarkozy il y a un an. Quant aux demandes de permis, la liste s’allonge et F.Hollande a demandé le rejet de 7 demandes. Or il en reste près d’une centaine.

Et pendant ce temps-là on nous ferait le coup (le coût ?) des gaz de schiste finançant la transition énergétique !

Des « conseillers en stratégie de rupture » quand à eux n’hésitent pas à proposer que l’on coupe la poire en deux. D’un côté des citoyens sont fâchés mais quelque peu ignorants, de l’autre de cupides industriels ne veulent pas rater la marche forcée vers cette exploitation dont les USA sont le modèle de référence.

La solution est là. Les deux auteurs de cet article après avoir listé l’ensemble des moyens à mettre en œuvre pour démontrer que l’exploration de cette réserve d’hydrocarbure est finalement sans danger car contrôlable par l’État, concluent: « Cette réserve économique, si elle est confirmée, peut-elle financer des normes environnementales qui garantissent la sécurité du citoyen et une rémunération locale doublées d’un mécanisme de financement de la transition énergétique ? C’est une condition à fixer pour décider une exploitation positive de cette ressource, sous le contrôle des citoyens et de l’État.
Arrêtons ce débat caricatural, et si toutes les conditions ne sont pas réunies, n’exploitons pas les gaz de schiste. En revanche, si il est possible dans le respect des intérêts des citoyens et dans la préservation des biens environnementaux de mettre la France sur le chemin de la croissance et de la transition écologique, faisons-le ! » .

Qu’elle est simple, qu’elle est belle cette conclusion qui propose de réconcilier l’irréconciliable, on dirait du … François Hollande, ou du Christophe de Margerie

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Le Ministère en Charge de l’Écologie a publié 7 arrêtés de rejet de demande de Permis Exclusif de Recherche d’Hydrocarbure. Ces arrêtés sont signés des Ministres en charge de l’Écologie et de l’Énergie ainsi que du Redressement Productif.

Les pétitionnaires ont deux mois pour faire appel de ces décisions.

En voici quelques uns:
Lyon-Annecy (Schuepbach)
Montfalcon (BNK)
Valence (3 Legs Oil & Gas)
Montélimar extension manque à l’appel pour le moment (22.10.2012 publié sur le site du MEDDE)
Gréoux-les-Bains (Thermopyles)
Brignole (Schuepbach)
Beaumont de Lomagne (BNK)
Cahors (3 Legs Oil & Gas)

Pour ce qui concerne notre Région, le gouvernement a omis jusqu’à présent le rejet de trois demandes supplémentaires :

Le gouvernement doit sérieusement considérer ne pas renouveler les permis de recherche des Moussières et de Gex.

Les collectifs citoyens restent très préoccupés par:

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Le Consultant SIA Conseil a publié le 19/09/2012 un communiqué de presse (1), repris par la plupart des journaux nationaux, prétendant que l’exploitation des gaz de schiste permettrait, sur la base « d’hypothèses extrêmement prudentes voire conservatrices » de créer « au minimum 100 000 emplois d’ici 2020 ».

Leurs « hypothèses extrêmement prudentes » se basent sur l’évaluation des ressources la plus optimiste, celle de l’Agence américaine d’information sur l’énergie (EIA) qui estime les réserves de gaz de schiste européennes mobilisables à 18 000 milliards de m3 (mais seulement 6 000 milliards de m3 selon Medlock, Jaffe et Hartley (2)), dont 5 100 milliards pour la France. L’estimation d’EIA pour la Pologne s’élevait à 5 300 milliards de m3 de gaz, et vient d’être revue à la baisse après les premiers sondages par l’Institut national de géologie de Pologne (PIG) qui annonce une fourchette entre 350 et 770 milliards de m3, soit 10 fois moins ! Quant aux services géologiques américains (United States Geological Survey) ils ont publié en juillet 2012 un rapport estimant les gisements polonais de gaz de schiste à seulement 38 milliards de m3 (6). Qui doit-on croire !?

Cette hypothèse s’appuie ensuite sur les « informations confidentielles » des 2 sociétés dont les 3 permis de recherche ont été annulés suite à la loi du 13 juillet 2011, et qui prétendent sans aucun test d’exploitation que ces 3 concessions auraient représenté 500 milliards de m3, soit 1/10 de la réserve nationale estimée par l’EIA. SIA multiplie donc par 10 les évaluations relatives à ces 3 permis. En se basant toujours sur les chiffres des ex-titulaires des 3 permis, SIA prévoit le forage dans chacune de ces 3 zones de 30 puits par an (soit 90 en tout), chaque puits produisant en 20 ans 30 millions m3, dont 12 millions m3 la première année. En commençant à forer en 2015 on pourrait donc d’ici 2020 forer 450 puits qui produiraient 1,6 milliards m3 cette année-là, soit 3% de notre consommation de gaz.

Pour évaluer la force de travail nécessaire au forage et à l’exploitation de ces puits, SIA annonce utiliser « les niveaux d’emplois observés aux Etats-Unis ;…sur les 3 premières années (forage) 13 personnes par puits sont nécessaires, sur les 20 années suivantes (exploitation) il suffit de 0,18 personnes par puits ». Or ce n’est pas ce qui ressort des données (4) du Marcellus Shale Education and Training Centre (MSETC) que nous avons consultées.

Selon ces documents le forage d’un puits nécessite « l’équivalent de 11,53 (ou 13 selon les documents) emplois à temps plein sur un an »  c’est-à-dire que la somme des heures de travail des personnels nécessaires pour réaliser un puits, divisée par 2080 heures (temps de travail annuel dans l’industrie américaine) conduit à 11,53 (ou 13) EPTA (Équivalent Plein Temps Annuel). Que ce puits soit réalisé en 3 mois ou en 3 ans ne change rien à ce chiffre, qui de plus ne représente pas 12 ou 13 postes mais un ensemble d’employés « court terme » à temps partiel, dont le nombredépend du rythme et de l’organisation du travail. Il semble que SIA Conseil ait interprété ce chiffre comme le nombre d’heures exécutées par an et ait de plus considéré que le forage d’un puits prendrait 3 ans (ce qui est loin des statistiques américaines, qui évoquent une fourchette de 2 à 4 mois). Par contre, pour ce qui est de l’exploitation des puits, c’est-à-dire leur surveillance lors de la production durant plusieurs années le MSETC parle bien de 0,18 emploi permanent « long terme » par puits créé.

Sur les bases des chiffres du MSETC le forage de 90 puits par an générerait donc 2 158 416 heures de travail, soit au rythme français (1650 heures/an), 1308 équivalents postes à plein temps. Quant à l’exploitation, elle engendrerait en 2020 96 postes, soit un total de 1 404 équivalents postes à plein temps en 2020 pour ces trois périmètres. Où sont Les 4 000 emplois industriels de SIA ? Et dire que qu’on peut extrapoler à la totalité de la France en multipliant par 10 relève de l’acte de foi !

SIA table en plus sur 1,52 emploi induit par emploi industriel créé en se basant sur les chiffres américains. Même le rapport des CGIET et CGEDD (1) estime cette extrapolation inappropriée en raison des différences entre les marchés de l’emploi américains et français, et évaluent pour leur part les créations totale d’emplois à « quelques centaines », l’essentiel du travail étant réalisé par le personnel étranger des entreprises de forage. Et ces estimations ne tiennent pas compte des emplois qui seraient détruits dans l’agriculture ou le tourisme : une étude irlandaise (5) a mis en évidence, outre un solde négatif, la précarité des emplois créés. Qu’en serait-il en France où l’agriculture compte un million d’actifs permanents (soit 750 000 EPTA) (7) et le tourisme emploi plus d’un millions de personnes, en croissance moyenne de 27 % par an depuis 10 ans (8)

Mais dans tous les cas on est loin du chiffre « magique » des 100 000 emplois annoncés !

 

REFERENCES

  1. Communiqué de presse : Gaz non conventionnels, au minimum 100 000 emplois créés d’ici 2020 selon le scénario SIA Conseil – Energie .SIA-Conseil Septembre 2011
  2. Unconventional gas : potential energy market impact in the European Union – European Commission Joint Research Centre – 2012
  3. Les hydrocarbures de roche-mère en France – Rapport du Conseil Général de l’industrie, de l’énergie et des technologies et du Conseil Général de l’environnement et du développement durable – février 2012
  4. Marcellus shale workforce needs assessment – Marcellus Shale Education and Training Centre – juin 2009
  5. Report on the effects of the shale gas extraction by means of the hydraulic fracturing in the Republic of Ireland – Fracking Research and Information Centre of Sligo
  6. Bulletin électronique du ministère des affaires étrangères françaises
  7. Ministère de l’Agriculture – Agreste – Janvier 2012
  8. Rapport du Conseil National du Tourisme, Ministère de l’Economie et des Finances,2011, « le poids économique et social du tourisme en France »).

PLUS D’INFORMATION:

  • La fable des 100 000 emplois du gaz de schiste sur http://www.stopgazviganais.org
  • Les emplois au pifomètre des gaz de schiste par Sylvain Lapoix sur OWNI.fr
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Ce matin, le conseil régional Rhône-Alpes a adopté le vœu intitulé « Pour un avenir énergétique sans gaz et huiles de schiste pour un débat national clair sur les hydrocarbures non conventionnels« .

Le Conseil régional souhaite :  1) Que le gouvernement remette à l’ordre du jour parlementaire, sous la forme d’un projet de loi, la proposition de loi N°3690 du 13 juillet 2011, (« Interdiction de l’exploration et de l’exploitation des hydrocarbures non conventionnels, abrogation des permis exclusifs de recherche de mines d’hydrocarbures non conventionnels, transparence dans le code minier ») rejetée par l’Assemblée Nationale lors de la précédente législature ;  2) Que l’Etat associe les collectivités territoriales, et plus largement l’ensemble de la société civile à la réforme du code minier, par une procédure de concertation adaptée aux différentes étapes de cette réforme ;  3) Qu’en attendant la réforme du code minier, le ministère de l’Ecologie continue de publier l’ensemble des pièces de tous les dossiers de permis ou de demandes de permis d’exploration d’hydrocarbures non conventionnels adressés à ses services, et gèle leur instruction.                                    le texte complet du vœu complet à télécharger ici
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Ce positionnement des élus est la conséquence de la mobilisation citoyenne de grande ampleur qui ne désenfle pas depuis le premier rassemblement de février 2011 à Villeneuve de Berg jusqu’au rassemblement d’Aix les Bains il y a quelques jours.

Les élus « vont au charbon » (sic!) et on appréciera certainement le rappel sur la proposition de loi N°3690 qui fut rejetée en 2011 et pour laquelle aucun obstacle ne devrait figurer à présent puisque cette ppl était portée par un certain Jean-Marc Ayrault actuel chef du gouvernement. Figuraient également au nombre d’autres illustres personnes portant cette proposition, M. Arnault Montebourg actuel Ministre du redressement productif ainsi que Monsieur Brottes (élus de l’Isère) dont on dit qu’il a l’oreille du Président de la République et qui est à l’origine d’une autre proposition de loi sur l’énergie discutée ces dernières heures au parlement.

L’ouverture des dossiers de demande de Permis de recherche d’hydrocarbure: elle est réclamée depuis des mois par les collectifs citoyens et associations qui n’en ont obtenu qu’une partie. La commission d’accès aux documents administratif (CADA) s’est positionnée plusieurs fois sur ce point, mais une partie de l’administration fait de la résistance. Nous reviendrons prochainement sur la réponse invraisemblable formulée par une préfecture de notre Région à la demande d’accès à des dossiers (remis par le titulaire d’un permis existant) formulée par des citoyennes. 

Quand à l’affirmation de principes sur le processus de consultation démocratique qui devrait gouverner des décisions aussi importantes de les choix énergétiques, ont ne peut que la saluer. Nous la saluons.

Jamais content ? Pas encore du tout rassuré !

Et bien non. Et nombre de citoyens engagés dans cette quête de transparence, dans l’alerte de leurs voisins sur les menaces que représentent ces projet qu’ils n’ont pas choisi et pour lesquels ils n’ont jamais été consultés, nombre de ces citoyens ont entendus plusieurs choses ces derniers jours:

– Un président de la république qui rejette ces projets pour la période du quinquennat tandis que des préfets convoquent des maires pour annoncer le démarrage de travaux de recherche en Ardèche du Sud et Gard Nord.

– Une Ministre de l’Écologie qui annonce que la  Commission nationale d’orientation, de suivi et d’évaluation des techniques d’exploration et d’exploitation des hydrocarbures liquides et gazeux ne sera pas mise en oeuvre tandis que le Président du Sénat nomme le sénateur Michel Teston à la demande du Premier Ministre pour siéger dans cette commission en application de la loi n° 2011-835 du 13 juillet 2011 et du décret n° 2012-385 du 21 mars 2012.

– La recherche et l’exploitation des gaz et huile de schiste ne doit pas avoir lieu en France tandis que seul le rejet de 7 demandes de permis à été annoncé et les foreurs

Nous demandons toujours :
  • Un rejet définitif de la possibilité d’aller rechercher et exploiter les hydrocarbures de roches mère et tous réservoirs non conventionnels
  • La protection durable des territoires et la possibilité de choisir l’avenir énergétique par la refonte du code minier et un débat décentralisé sur la transition énergtique
  • Un rejet immédiat des demandes de Permis Exclusifs de Recherche d’Hydrocarbure.
  • L’annulation des permis déjà délivrés

En Rhône-Alpes il s’agit de:

Par Jacques Cambon – Initialement publié dans le Sarkophage

Les gaz (et huiles) de schiste sont avant tout une tentative ultime, et donc d’autant plus dangereuse, des compagnies pétrolières pour garder le contrôle de la production d’énergie et donc globalement de l’économie. En attendant de mettre la main sur les ressources naturelles par le biais de « l’économie verte » pour contrôler ensuite les énergies renouvelables, elles entendent extraire jusqu’à la dernière goutte d’hydrocarbure, même économiquement non rentable, quitte à saccager la planète.
Bien entendu, ces entreprises n’ont pas attendu ces ressources dites non conventionnelles pour commencer ce saccage : pollution pétrolière dans le delta du Niger ou le Golfe du Mexique, asséchement et contamination des nappes d’eau fossile d’Arlit au Niger pour extraire l’uranium, destruction des zones humides d’Atacama au Chili pour produire le lithium de nos piles électriques…La liste est interminable, mais avec les gaz de schiste et autres ressources « extrêmes », c’est la généralisation des désastres écologiques qui nous est promise !
Concrètement il s’agit d’aller rechercher des hydrocarbures naturels situés à plusieurs milliers de mètres de profondeur sous la forme de gouttelettes éparpillées dans des roches sédimentaires compactes, souvent des argiles schisteuses. Pour ce faire, il faut fissurer la roche pour libérer le gaz et une seule technique est aujourd’hui opérationnelle, c’est la fracturation hydraulique. Après avoir foré un puits vertical pour atteindre la « roche mère », on prolonge ce forage par des drains horizontaux pour la pénétrer profondément sur quelques centaines à quelques milliers de mètres. Ensuite on injecte dans ces forages un mélange d’eau, de sable et de produits chimiques, dont beaucoup sont gravement toxiques, sous plusieurs centaines de bars de pression :la pression de l’eau va fracturer la roche autour des drains, le sable empêcher que les fractures se referment et les produits chimiques faciliter l’écoulement du gaz qui pourra ainsi remonter vers la surface…Mais où sont donc les problèmes, puisque ce gaz est pratiquement le même que le « gaz naturel » que nous utilisons aujourd’hui ?

D’abord la consommation d’eau pour une fracturation est considérable, équivalant à la consommation journalière d’une ville de 100 000 habitants. Ensuite cette eau, chargée de ses additifs toxiques (acides forts, composés du chrome, de l’aluminium ou du bore, hexane, toluène, benzène, méthanol…) et des polluants dont elle se charge au passage (éléments radioactifs, bactéries…), va rester pour une bonne part dans le sous-sol où elle va migrer de façon totalement incontrôlable au gré des fractures que l’on vient de créer et des failles naturelles, polluant les aquifères profonds et même superficiels. L’autre partie de l’eau remontée en surface avec le gaz sera, une fois séparée de ce dernier, soit évaporée en libérant ses polluants volatils dans l’air, soit réinjectée dans le sol…En plus de cette pollution de l’eau, de l’air en raison des fuites de gaz (essentiellement du méthane, gaz à effet de serre plus de 20 fois plus dangereux que le gaz carbonique), du sol (car en exploitation ce n’est pas un puits qu’il faut mais un champ de puits, distants de quelques centaines ou milliers de mètres les uns des autres), il faut mentionner l’augmentation déjà observée du nombre de séismes.
Car ce tableau n’est pas virtuel : l’exploitation des gaz de schiste est pratiquée aux USA depuis une quinzaine d’année et plus de 400 000 puits seraient en service avec les conséquences que l’on vient de décrire. Peut-être acceptés parce que dans des zones à faible densité de population, et compensés par l’appât financier pour les propriétaires selon la loi étasunienne, ces impacts suscitent des rejets de plus en plus forts ailleurs, du moins dans les pays où la société civile peut s’exprimer. Car après les USA et le Canada, ce sont l’Europe, l’Afrique et l’Asie qui sont visées. Certains états ont déjà pris, souvent sous la pression citoyenne, des législations restrictives : moratoires en Bulgarie, dans les Cantons de Vaud et Fribourg en Suisse, dans l’Etat du Vermont aux USA, et interdiction de la fracturation hydraulique en France en juillet 2011.
Mais cette dernière loi n’est pas suffisamment claire pour être totalement efficace.  D’abord parce qu’elle ne définit pas ce qu’est la fracturation hydraulique, ouvrant droit à de possibles dérives vers des pratiques tout aussi néfastes sous des appellations différentes. Ensuite parce qu’elle n’empêche pas des forages soi-disant conventionnels dans des secteurs où l’on sait que la géologie imposera tôt ou tard des pratiques de « stimulation », pour reprendre l’euphémisme des foreurs. Enfin parce qu’elle tolère la fracturation hydraulique « à des fins de recherche scientifique » pratiquée par des entreprises industrielles dont le profit et le seul mobile, et qui ne se cachent d’ailleurs pas de vouloir contourner cette interdiction, ou mieux « en sortir » comme ils le proclament eux-mêmes. Et la refonte du Code Minier envisagée par le nouveau gouvernement ne remet pas en cause les soixante et un permis en cours qui sont présentés comme des recherches de « pétrole ou gaz conventionnels » mais autorisent en fait la recherche de tous les types d’hydrocarbures.
Seule une mobilisation citoyenne fortes saura imposer l’abandon définitif partout dans le monde de cette extraction dont la finalité claire est bien de retarder le plus possible la transition vers une société sobre en énergies, renouvelables bien entendu. Quant au réchauffement climatique  induit par la mise sur le marché de ce supplément d’hydrocarbures, inutile de dire que c’est le dernier des soucis des pétroliers, des financiers et des politiques qui les soutiennent.

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2 500, on a compté. Et ça s’entendait dans les rues d’une Aix-les-Bains peu habituée à une telle démonstration.

 – 7 demandes de permis en cours de rejet pour l’ensemble du territoire français. La réponse citoyenne locale est unanime :  « Bon début peut mieux faire« .

 – Le gouvernement ne doit pas omettre le rejet de trois demandes supplémentaires :

  • Permis de Blyes (en concurrence avec Lyon Annecy annoncé rejeté par F. Hollande)
  • Permis de Gex Sud (en concurrence avec Lyon Annecy annoncé rejeté par F. Hollande)
  • Permis PreAlpes : gigantesque et invraisemblable périmètre qui va de la Savoie aux Alpes du Sud en passant par le Trièves , le Vercors, le Diois …

 – Le gouvernement doit sérieusement considérer ne pas renouveler les permis de recherche des Moussières et de Gex.

2 500, on a compté. Et ça s’entendait dans les rues d’une Aix-les-Bains peu habituée à une telle démonstration.

 – Tout le monde n’est pas descendu des montagnes et plateaux.

 – Mais sur place, où l’ « on ne souhaite pas laisser faire n’importe quoi« , l’accueil des foreurs risque d’être frais.

 2 500, on a compté. Et ça s’entendait dans les rues d’une Aix-les-Bains peu habituée à une telle démonstration.

 – L’exploitation d’hydrocarbures « dans nos pays ça serait source de pollution et de conflits et ça ne rapporterait PAS UN job durable » (1)

 – « On ne nous achètera pas à coup de ronds points bitumés ou de tee-shirts pour les équipes de foot locales« .

2 500, on a compté. Et ça s’entendait dans les rues d’une Aix-les-Bains peu habituée à une telle démonstration.

 – Le débat décentralisé sur une transition énergétique énoncé dans la feuille de route nationale

 –  La relocalisation des choix et moyens de production énergétique telle que demandée par les Régions

OUI, discutons. MAIS sereinement. DONC après le rejet des demandes de PERH (2).

 Tout ceci fait l’objet d’un courrier en bonne et due forme destiné à Mme la Ministre de l’Écologie en charge de l’Énergie

(1) Nous reviendrons dans un tout prochain article sur cet argument mensonger manipulé par le Ministre du redressement, le syndicat des patrons, le patron du syndicat CGT, une certaine presse mal informée et le club des investisseurs court-termistes réunis… (3)

(2) Permis exclusif  de recherche d’hydrocarbure (liquide ou gazeux)

(3) Exploration exploitation des hydrocarbures de roche mère: « La création d’emplois locaux est jugée peu réaliste. Seules des entreprises hautement qualifiées, et essentiellement étrangères, interviendront dans les travaux miniers ; » page 56 du rapport de la mission d’inspection du CGEIET et CGEDD daté de février 2012.

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Nous relayons l’alerte lancée par les gardois & ardéchois.    COMMUNIQUE DE PRESSE – lundi 17 septembre 2012

Conférence environnementale : quand il y a le flou, il y a un loup !

Nous ne pouvons pas nous satisfaire du rejet de ces seules 7 demandes de permis (Brignole, Lyon-Annecy, Beaumont de Lomagne, Cahors, Valence, Montfalcon, + extension de Montelimar), alors que 95 demandes sont en cours d’instruction dont 37 demandes identifiées hydrocarbures non conventionnels identiques à celles qui seraient annulées. Qu’en est-il également des permis accordés dont les gisements visés sont susceptibles d’être des gisements de roche mère comme pour le permis « Bassin d’Alès » où la compagnie titulaire, Mouvoil SA, prétend rechercher des hydrocarbures conventionnels à 2400m sous la surface de la terre et du permis de « Mairy » (à Ecury-sur-Coole dans l’Est du Bassin parisien) où la société Hess Oil prévoit de commencer des forages d’exploration fin 2012 ou début 2013 ? 

La seule alternative, eu égard aux enjeux écologiques et sociaux que font peser l’exploration et exploitation des gaz et huiles de schiste, eut été, pour le Président de la République d’annoncer purement et simplement le rejet de toutes les demandes en instruction et l’abrogation de tous les permis accordés : c’est ce que nous attendons et exigeons.

Lors de son discours d’ouverture de la Conférence environnementale du 14 septembre 2012, le Président de la République s’est prononcé contre l’utilisation de la fracturation hydraulique pour l’exploitation des gaz et huiles de schiste. Il n’ y a rien de nouveau dans cette déclaration, en effet, la loi du 13 juillet 2011 interdit déjà cette fracturation. Mais, cette loi ne définit pas juridiquement cette technique en tant que procédé industriel et, surtout, elle n’interdit nullement l’exploration et l’exploitation des gaz et huiles de schiste. 

Le Président de la République ne clôt pas définitivement le dossier comme beaucoup le pensent. L’exploration et l’exploitation des gaz et huiles de schiste sont donc toujours possibles, tant qu’une nouvelle loi ne les interdira pas, quelle que soit la technique employée pour les extraire.

Le discours présidentiel n’évoque, à aucun moment, le sujet des expérimentations scientifiques et le devenir de la commission chargée d’émettre un avis sur les conditions de leur mise en œuvre. Nous attendons que soient précisées les intentions du gouvernement quant à ces expérimentations car nous craignons que ce silence présidentiel n’ouvre la porte à d’autres techniques, plus « socialement acceptables» autorisant ainsi l’exploitation de ces ressources, Monsieur Montebourg ne déclarait il pas à l’issue de la première journée de la conférence, que « le débat ne fait que commencer et n’interdit pas selon lui d’examiner la possibilité de techniques qui permettraient d’ extraire les gaz de schiste sans nuire à l’environnement ».

La table ronde “Préparer le débat national sur la transition énergétique” s’accompagnait de quatre autres concernant la biodiversité, les risques sanitaires environnementaux, le financement de la transition/la fiscalité écologique et la gouvernance environnementale. La Conférence environnementale apparaît comme une tentative de corriger les débordements environnementaux, sanitaires et sociaux des tenants de la réhabilitation de la notion de progrès pour qui la compétitivité économique rime avec “développement durable”.

Les collectifs réaffirment que la meilleure façon d’écarter définitivement l’exploration/exploitation des gaz et huiles de schiste est de ne pas aller les chercher. L’avenir après pétrole exige la mise en œuvre, sans ambiguïté, d’une véritable transition énergétique.

L’ensemble des collectifs s’associeront, le 22 septembre 2012, à la journée mondiale d’action contre les gaz et huiles de schiste en se rassemblant à Saint Christol- lez- Alès ( Gard), à Tournan en Brie (Seine et Marne), à Aix les Bains(Savoie) et à Beaumont de Lomagne ( Tarn et Garonne). Les collectifs organisateurs de la journée internationale du 22 septembre 2012 contre les gaz et pétroles de schiste.

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==> Suite à l’annonce du Président Hollande, seules 2 demandes sont en voie de rejet. Celle de Lyon-Annecy et celle de Montfalcon.
Voir ici pourquoi. Voir ici pourquoi il est incohérent que seules ces deux demandes soient rejetées.

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Petit récapitulatif qu’il ne faut pas hésiter à relayer dans les campagnes et dans les villes. Mise à jour du 15.09.2012 . Dernière version ici
Samedi 22 SEPTEMBRE MANIFESTONS A AIX LES BAINS (73)

voir également la synthèse nationale des permis et demandes en fin d’article

Les permis exclusifs de recherche d’hydrocarbures liquides ou gazeux après l’annonce du Président Hollande le 14.09.2012 :

Rhône-Alpes Nord reste touchée par:

2 permis en cours de validité (Les Moussières et Gex): des autorisations de travaux peuvent être déposées à tout moment

3 demandes de permis jugée recevables (Blyes, Gex Sud) et 1 demande de permis en cours d’instruction (PréAlpes). Il semble que la demande d’Abondance n’ait finalement pas été jugée recevable.

Les permis de recherche d’hydrocarbures existants :
Le permis des Moussières :
– La compagnie Celtique Energy Petroleum s’est vue accorder ce permis par arrêté du 14 mars 2008. Le permis est valable pour 5 ans (renouvelables deux fois).– Le périmètre de ce permis inclus les départements de l’Ain, des deux Savoie et du Jura.– Sur la base des découvertes d’Esso Rep en 1998, Celtique envisage d’effectuer un forage exploratoire et a démarché des communes du plateau de Hauteville dans l’Ain.– Le périmètre de ce permis inclut les départements de l’Ain, des deux Savoie et du Jura.  Plus d’informations ici   et là
Le permis de Gex :
– La compagnie E-Corp est à la tête d’un consortium de trois sociétés qui s’est vu accorder ce permis par arrêté du 28 mai 2009. Le consortium est constitué de Edgon Resources (New ventures) Ltd (britanique) racheté par E-Corp, Eagle Energy Ltd Canadien) et Nautical Petroleum Plc: Société britannique. Le permis est valable pour 5 ans (renouvelables deux fois).– Les documents disponibles indiquent le souhait du titulaire de faire ses premiers forages en 2012 /2013.– Le périmètre de ce permis inclut les départements de l’Ain (Pays de Gex), des deux Savoie et du Jura.Plus d’informations ici   et là

–  On notera également que le périmètre du permis de Lons le Saulnier  inclut également des territoires du Nord de la Région Rhône-Alpes.

Les demandes de permis de recherche d’hydrocarbure recevables en cours d’instruction :

L’instruction des ces permis fait l’objet d’une accélération. Lire ici  et là . La délivrance de nouveaux permis est probablement très proche!

Le permis de Blyes :
– La compagnie Realm a déposé cette demande jugée recevable par les services de l’État.
– Cette demande est en concurrence la demande du permis Lyon-Annecy. Va-t-elle être accordée ?
– Le périmètre de ce permis inclut les départements de l’Ain, de l’Isère, du Rhône et des deux Savoie. Surface sollicitée : 3293 km2.Plus d’informations ici
Le permis de Gex Sud :
– C’est le consortium titulaire du permis de Gex qui a déposé cette demande jugée recevable par les services de l’État.
– Cette demande est en concurrence avec la demande du permis de Lyon Annecy. Va-t-elle être accordée?
– Le périmètre de ce permis inclut les départements des deux Savoie. Surface sollicitée : 1991 km2.Plus d’informations ici
Les demandes de permis de recherche d’hydrocarbure en cours d’instruction :
Le permis PréAlpes :
– C’est la société Continental Oil and Gas PTY Ltd qui a déposé cette demande en cours d’instruction au niveau des services de l’État.  Le pétitionnaire (une société australienne) .

– Le périmètre de ce permis touche la Savoie, Isère, Drôme, Hautes-Alpes.  Surface sollicitée : 5 378 km2.
Plus d’informations ici
Le permis d’Abondance :
– C’est la société Pétrosvibri qui a déposé cette demande en cours d’instruction au niveau des services de l’État.  Le pétitionnaire (une société suisse) a déjà fait un forage sous le lac Léman à partir de la Suisse en 2010 .

– Le périmètre de ce permis touche la Haute- Savoie et inclut la partie française du Lac Léman.  Surface sollicitée : 810 km2.
Plus d’informations ici   et là     Il semble que cette demande ne soit finalement pas recevable
IMPORTANT:
Selon le Ministère de l’Ecologie du Développement Durable des Transports et du Logement:Les permis de Lyon-Annecy, Blyes, Montfalcon, Valence extension et Montélimar visaient spécifiquement les GAZ de SCHISTE.Selon le rapport de la mission d’inspection menée par les experts du CGEIET à la demande des Ministres de l’Écologie et de l’Industrie en 2011, l’ensemble des demandes de permis recevables mentionnées dans cet article visent des gaz et ou huile de roche mère. (voir l’annexe III du rapport accessible sur le site de la documentation française  ou directement ici)