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                                                                                                    (!) Info minute revue de presse

C’était en 2011 à la veille de la campagne électorale, au moment du vote de la loi publiée en Juillet et interdisant le recours à la fracturation hydraulique, la Fédération Française de Spéléologie s’était clairement positionnée contre la recherche et l’exploitation de gaz de schiste quelque soit la méthode utilisée. Dans une brève et claire déclaration, les spéléo demandaient « l’interdiction définitive de tout projet d’exploitation de ces énergies fossiles sur le territoire français quelque soit la technique employée« .

Ce week-end du 18 au 20 mai 2013 aura lieu le cinquantième anniversaire de la Fédé Française de Spéléologie . Mais qui sont ces spéléo ? Les média en parlent quand l’un d’eux reste coincé sous terre et qu’un spéléo secours est activé. Les spéléo initient aussi les jeunes à la découverte du monde sous –terrain pendant les vacances, lors de sorties.

speleoMais sait-on que les spéléo au-delà de leurs bizarres mœurs les amenant à ramper dans la boue, franchir des étroitures et faire des pendules dans des puits sous-terrains vertigineux sont également les découvreurs et les gardiens d’un monde dans lequel circulent de gigantesques quantités d’eau, un écosystème également mis en péril par l’activité de l’homme ? Scientifiques, les spéléologues s’investissent également dans des activités de dépollution comme le relate ce récent article au sujet de spéléo aveyronnais.

speleo 2Alors que les promesses pré-campagne électorale de 2011 d’une interdiction de la recherche et de l’exploitation des hydrocarbures de roche mère ainsi que la loi d’interdiction sont mises à mal par la volonté des élus réunis au sein de l’OPECST mais également des pétroliers contestant l’abrogation de leur permis de recherchele symbole de ces spéléo gardiens du monde sous-terrain renouvelant leur opposition exprimée en 2011 serait un signal fort alors que l’expérimentation de la fracturation du sous-sol est à nouveau évoquée … on ne peut plus sérieusement.

                                                                                                    (!) Info minute revue de presse

Source: Corporate Europe Observatory par Pia Eberhardt, Timothé Feodoroff, Emma Lui, Cecilia Olivet et Stuart Trew

Corporate Europe ObservatoryAlors que les états membres de l’Union Européenne (UE) analysent les conséquencesimage_ceta_fracking_briefing environnementales du développement du gaz de schiste par la fracturation hydraulique, des négociations sont en cours pour un Accord Économique et Commercial Global (AECG) entre le Canada et l’Union Européenne. Controversé, ce dernier permettrait aux investisseurs de contester la décision des gouvernements de réguler ou d’interdire la fracturation.

Ce document met en relief le débat public entourant la fracturation; les intérêts des compagnies pétrolières et gazières dans les réserves de gaz de schiste en Europe et les conséquences que la clause regardant la protection des investissements inclue dans l’AECG pourrait avoir sur le pouvoir des gouvernements de réglementer ou d’interdire la fracturation. Il comprend l’étude de cas de la société Lone Pine Resources Inc. versus le Canada, qui conteste le moratoire sur la fracturation et poursuit le gouvernement canadien en faisant valoir cette clause, et met en garde que cela pourrait se produire en Europe. Il recommande de ne pas inclure le mécanisme de règlement de litige entre les investisseurs et l’État dans l’AECG.

DES GÉANTS DE L’ÉNERGIE NORD-AMÉRICAINE DIRIGENT LA FRACTURATION EN EUROPE

Total, une société française ayant une filiale au Canada, a investi au Danemark, en Pologne et en France. Enimage... 2010, le gouvernement danois a émis deux permis d’exploration à Total, et malgré un moratoire, la société a commencé le forage exploratoire au pays. Total  possède une concession en Pologne. La société a également investi en France avant le moratoire, et a soumis un appel contestant le retrait de son permis. Chevron, une société américaine ayant des filiales au Canada, détient et exploite quatre concessions de gaz de schiste dans le sud-est de la Pologne, et depuis 2012, creuse des puits exploratoires. Avant le moratoire roumain, Chevron possédait une gigantesque concession de gaz de schiste à Bârlad. Chevron détenait également une participation de 50 % dans une société d’exploration et de production en Lituanie.

Au début de 2013, Shell a signé le plus important contrat de gaz de schiste en Europe, une transaction de 10 milliards $ en Ukraine, où elle creusera 15 puits d’essai. En 2011, ExxonMobil a signé un accord avec la société d’état énergétique de l’Ukraine, Naftogaz. La société souhaite exploiter le potentiel du gaz de schiste en Allemagne, en réponse au moratoire de la Rhénanie-du-Nord-Westphalie, Exxon a développé un site Web visant à apaiser les inquiétudes du public.

En collaboration avec Lane Energy, Conoco Philips, une société du Texas, évalue les réserves de 445 000 hectares dans le nord de la Pologne. Il existe d’autres sociétés nord-américaines qui sont intéressées par les réserves de gaz de schiste de l’Europe, notamment Halliburton, Enegi, Talisman et Encana.

Projet traité commercial Canada Union Europeenne

La suite à lire ici

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Traduction libre de l’article publié le 21.04.2013 par Jennifer Brown dans Science in Film

Avant Première de Gasland 2

Gasland 2 premiereLe public s’est levé pour une ovation après la projection du documentaire Gasland 2. C’était la première mondiale du nouveau film sur la fracturation hydraulique qui s’est tenue au Festival du Film de Trebica à New York ce 21 Avril. Ce film montre ce que le cinéma fait de mieux pour informer et éclairer le public sur une question importante de politique mondiale de nos jours.

« Fracking » (la fracturation hydraulique) est devenu un gros mot après avoir contaminé l’eau et les terres des communautés de Pennsylvanie et du Wyoming. La fracturation hydraulique est une technique d’extraction de gaz par forage qui utilise des centaines de produits chimiques toxiques injectés dans des puits profonds. Cette technique permet de briser la roche de schiste et de forcer l’expulsion du gaz de schiste emprisonné sous terre. Gasland, le docu film produit en 2010, suivait la piste sale des produits chimiques. Ceux-ci passaient des forages de gaz vers les cours d’eau puis dans les robinets d’eau des maisons – lesquels s’enflammaient.

Le film Gasland a été nominé pour un Academy Award en 2010. Il a mis au grand jour la question explosive de la fracturation hydraulique et a lancé une bataille environnementale de grande ampleur. Des scientifiques, des médecins, des artistes et des collectifs citoyens ont rejoint cette cause partout à travers les États-Unis. Yoko Ono et Sean Lennon ont fondé Artists Against Fracking (Les Artistes contre la Fracturation Hydraulique) pour mobiliser avec les arts. Le film m’a inspiré l’écriture d’un roman sur la fracturation hydraulique qui est sorti en 2012, appelé Brindle 24 , le dernier jour dans la vie d’une ville.

A présent le cinéaste Josh Fox est de retour avec Gasland 2. Cette deuxième partie de Gasland documente un second type de piste sale, celui de l’argent des compagnies de forage et d’exploitation de gaz qui passe directement dans la poche de nos élus. Fox suggère que notre processus démocratique lui-même est fracturé. Les décisions relatives à la fracturation sont contaminées par les intérêts des entreprises au détriment des petits propriétaires fonciers et de la santé des familles. Dans une vague de contamination intense et généralisée comme celle qui a suivi la fracturation hydraulique, les citoyens avaient le droit de s’attendre à ce que le gouvernement les protège. Cet espoir demeure non réalisé. Mais la lutte pour l’accès à l’eau potable ne va pas prendre fin de si tôt.

Les conséquences de la fracturation

Fracturation hydraulique ..Les conséquences de la fracturation sont présentées dans Gasland 2 par le scientifique Tony Ingrafea de l’Université Cornell[1]. Il montre comment les forages pour l’extraction de gaz en grande profondeur fuient. Le méthane s’infiltre ensuite autour des puits de gaz et contamine les puits d’eau, des ruisseaux et même des aquifères dont de nombreuses communautés dépendent pour leur consommation en eau potable. Le méthane qui s’échappe est toxique tant pour les humains que les animaux et il accélère le réchauffement climatique en contaminant l’air. En outre, les produits chimiques toxiques utilisés dans le processus de forage contaminent l’air, la terre et l’eau à proximité des sites de forage.

D’autres faits scientifiques présentés dans le film nous concernent tous lorsque nous vivons à proximité d’une zone fracturée, il s’agit de l’augmentation des tremblements de terre et des séismes. La fracturation pour l’extraction du gaz se fait par l’injection de produits chimiques toxiques à des pressions extrêmement élevées pour faire sortir le gaz. Ces injections déstabilisent le lit rocheux sous terre et sont liées à un nombre croissant de tremblements de terre. Malgré cela, la fracturation hydraulique est encore pratiquée en Californie à proximité des failles naturelles où les séismes constituent déjà une menace majeure.

Un espoir pour l’avenir

Après le film, le réalisateur Josh Fox a rejoint les familles et sympathisants sur la scène – l’artiste Yoko Ono, l’actrice Deborah Winger, et beaucoup de gens touchés par la contamination chimique liée à la fracturation hydraulique pratiquée près de leurs habitations. Ils ont répondu aux questions de l’auditoire. Les spectateurs ont demandé, comment aider comment s’impliquer de manière solidaire alors que la fracturation hydraulique continue de se développer dans le monde entier. Le message était clair – croyez en votre propre pouvoir et votre capacité à gouverner. Faites entendre votre voix pour tenir les élus responsables de la protection de notre air et de l’eau.

Si l’extraction de ce gaz est trop toxique, les énergies renouvelables comme le solaire, l’éolien et l’hydraulique peuvent alimenter les besoins énergétiques du pays. Un nouvel éclairage brillant dans le débat sur ​​l’énergie est l’analyse des énergies renouvelables pour l’avenir que vient de sortir de Mark Jacobson. Il a également assisté à la première  projection de Gasland 2 et est monté sur scène. Mark Jacobson de Standord a répondu aux questions concernant la transition vers les énergies renouvelables et l’abandon des techniques anciennes et sales comme la fracturation pour le gaz de schiste. Cela s’est terminé sur une note d’espoir, et je me réjouis de plus d’énergies renouvelables et moins de « fracking » pour notre avenir.

Auteure, chercheure, éducatrice en soins de santé Jennifer Brown vit à New York. Elle a publié des romans, des histoires courtes et des poèmes et elle blogue sur la science à « Film Annex » et « ScienceRevolution.org ».
JJBrown a travaillé dans la recherche avant de se tourner vers la fiction. Elle détient un doctorat en génétique issu de son travail avec le prix Nobel Barbara McClintock. Les ouvrages de JJBrown sur la génétique et l’éducation à la santé sont publiés dans de grandes revues dont les travaux sont évalués par les pairs.

Note: Face à la remise en cause de ces projets d’extraction de pétrole et gaz de schiste aux USA, l’industrie pétrolière et gazière met en œuvre une campagne de communication très agressive. Elle s’est même payé le luxe de produire une fausse bande annonce du film GASLAND 2 AVANT même la sortie de la bande annonce officielle du film de Josh Fox ! A lire ici

Cyber action en cours                                                                                                    (!) Info minute revue de presse

Hydrocarbures non conventionnels : audition par l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et techniques (OPECST) ou comment l’alternative à la fracturation hydraulique est … la fracturation hydraulique.

OPECST...Dire qu’il a fallu rassembler 15 députés, autant de sénateurs, le gratin de l’industrie pétrolière française (plus quelques acteurs internationaux) et un « comité scientifique » inféodé à l’Institut Français du Pétrole, pour en arriver  à la conclusion suivante : il n’y a pas aujourd’hui d’alternative à la fracturation hydraulique !

Conclusion ? Va-t-on renoncer aux gaz de schiste ? Non, bien entendu !

On va nous raconter que maintenant on sait les extraire avec beaucoup moins d’eau, de la graine de haricot, du jus de citron et du liquide vaisselle (mais biodégradable !), et que ça s’appelle « fissuration hydraulique» …et le tour est joué.

manipulation ...Et comme on ne veut pas mourir idiots, on va lancer un grand programme de « recherche scientifique » pour savoir de quoi on se prive par « obscurantisme ». Et ce programme nécessitera une centaine de puits, selon Christian Besson de l’Agence Internationale de l’Energie. Et ces puits seront bien entendu « fissurés » voire « massés » comme l’affirmait sans rire le PDG de GDF Suez.

Certes, ils ne l’ont pas dit aussi clairement, mais nous pourrions écrire dès à présent les conclusions du rapport de l’OPECST prévu pour le mois d’octobre : le « regard d’envie » que le député (PS) Bataille a avoué porter sur les américains en raison du « saut économique  que permet le gaz de schiste » ne laisse pas de place au doute. « Drill baby drill ! » est leur nouveau slogan, drill mais en maillot rayé.

Par contre, pour ce qui est de « l’acceptabilité sociale » souhaitée par Bruno Courme, directeur de Total Gas Shale Europe, ils peuvent toujours rêver… ils trouveront du monde sur leur chemin !

Mais à propos, que s’est-il dit pendant cette fameuse réunion? A lire ici

JC

 

Cyber action en cours (15 avril 2013)                                                               (!) Info minute revue de presse

Communiqué de Presse – 15 avril 2013

Collectifs français contre la recherche et l’exploitation des gaz et huile de schiste et gaz de houille

puits_stzeszewo_0Nos députés et sénateurs, emboîtant le pas à MM. Bataille et Lenoir, s’interrogent depuis novembre 2012 sur les alternatives à la Fracturation hydraulique, cherchant un moyen de contourner la loi et de délivrer, au mépris du risque climatique, sanitaire, social et environnemental, les Hydrocarbures non conventionnels que la nature a pris soin de piéger dans la roche. Jeudi 18 avril prochain, dans le cadre de l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques, ils auditionneront[1] des « spécialistes » du sujet. Un débat univoque qui ne prendra en compte que les aspects de « technique technicienne ».

Ouvert à la presse, mais pas aux associations et encore moins aux collectifs citoyens, cet exercice exclut surtout les scientifiques qui pourraient donner un utile contrepoint à une réflexion tronquée et volontairement orientée. Absents donc les toxico-chimistes, hydrogéologues, spécialistes de la santé, mais aussi les ingénieurs et techniciens développant et mettant en œuvre des solutions innovantes pour produire de nouvelles énergies de flux à faible impact environnemental.

C’EST POURQUOI NOUS DÉNONÇONS CETTE « AUDITION »… dont les résultats prévisibles confèreront à ses participants une lourde responsabilité face aux risques majeurs et avérés liés à l’éventuelle Exploration et Exploitation des Hydrocarbures Non Conventionnels[2]. Le cas échéant et le moment venu, nous citoyens, ne manquerons pas de rappeler cette responsabilité à ces élus, devant les institutions ad hoc, voire pénales, de la République.

… ET Ces simulacres de débats QUI ne trompent plus personne, et pas les lucides citoyens qui confient des mandats, entre autres législatifs, pour promouvoir des politiques responsables, courageuses et, en ces temps de crise endémique, visionnaires !

Pas pour pérenniser des modèles de gouvernance public/privé surannés et délétères. Cette large avenue offerte au lobby est pour le moins complaisamment soutenue par la vision à court terme[3] de productivistes cyniques, qu’ils soient responsables gouvernementaux ou dirigeants d’entreprises. Cette attitude aveugle pourrait, in fine, avoir de dramatiques conséquences[4].

Responsables et indépendants, les collectifs et associations engagés contre l’Exploration & l’Exploitation des Hydrocarbures Non Conventionnels ainsi que pour une transition vers la sobriété énergétique et les énergies renouvelables, appellent à la mise en place immédiate de toute mesure permettant de limiter le recours à l’énergie, sous quelque forme qu’elle puisse se présenter, et de développer prioritairement un bouquet d’énergies où les sources pérennes seront privilégiées. Ils dénoncent la fuite en avant que constitue l’essorage des ressources fossiles finies.

Il en va de la responsabilité de ce gouvernement au regard des générations futures.

[1]http://www.senat.fr/fileadmin/Fichiers/Images/opecst/programme_auditions_publiques/progAP_HNCschiste18avril2013.pdf
[2] http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/72619.htm
[3] http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/72437.htm
[4] http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/72016.htm       http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/72017.htm

Pour aller plus loin ; développement et analyse

Est-ce délibérément que nos parlementaires ignorent un corpus d’informations pourtant peu susceptible de subjectivité, puisqu’ émanant en grande partie de l’Agence pour la diffusion de l’information technologique2 et notamment des Bulletins électroniques3 du Ministère des Affaires Étrangères et Européennes ? Ces informations aisément accessibles et qui, entre autres, documentent cette note annexe ainsi que le communiqué, nous permettent d’affirmer que la multiplication de conférences, colloques, tables rondes et autres auditions ne sont que des déclinaisons de l’effort d’acceptabilité sociétale auquel se livre depuis l’été 2012 le lobby pétro-gazier en France comme ailleurs en Europe. Nous tenons à rappeler que la nomination4 de la Commission5 prévue pour réécrire la loi du 13 juillet 2011 interdisant la fracturation hydraulique pour l’extraction des hydrocarbures6, s’est interrompue sous la pression des collectifs et des associations à l’issue de la Conférence environnementale des 13 et 14 septembre 2012. Pour autant, la Commission des affaires économiques du Sénat à saisi dès le lendemain de la conférence de presse du Président Holande7 soit le 14 novembre 2012, l’OPECST d’une étude de faisabilité sur « Les techniques alternatives à la Fracturation Hydraulique pour l’exploration et l’exploitation des Hydrocarbures Non Conventionnels »8 : habile transfert d’initiative qui dédouane opportunément une majeure partie de l’exécutif pour le moins attentiste sur le sujet.
Mais quelles questions nos parlementaires se posent-ils ?
Prévoient-ils d’évoquer les risques, environnementaux, sanitaires ou climatiques9, générés par l’éventuelle exploitation de ces « réserves ultimes » de gaz ou de pétrole ? Vont-ils débattre de l’intérêt économique réel des ces hypothétiques réserves, au vu des interrogations fortes sur la rentabilité de cette filière en Amérique du Nord10 11 ?
Envisagent-ils de s’interroger sur la compatibilité entre la mise sur le marché de nouvelles énergies fossiles et l’impérieuse transition énergétique visant principalement à réduire nos émissions de gaz à effet de serre12 ?
Eh bien, non !

La première chose que veulent savoir ces élus, c’est combien nous avons d’Hydrocarbures Non Conventionnels sous nos pieds. Les gens sérieux ont déjà répondu qu’il était impossible de le savoir sans fracturer. Mais ils vont tout de même poser la question à un panel de dirigeants de l’industrie pétrolière, qui a tout intérêt à surestimer ces « réserves » pour justifier les recherches et animer les spéculations boursières. On remarquera en particulier la présence, parmi les personnes qui seront auditionnées, d’un représentant de l’Agence internationale de l’énergie, laquelle avait notamment évalué les réserves exploitables polonaises à 5 300 Md de mètres cubes de gaz de « schiste », avant que l’Institut polonais de géologie ne ramène, au vu des premiers sondages sur le terrain, ce chiffre entre 350 et 770 Md de m313 et que l’Institut de géophysique états-unien14 ne corrige à 38 Md de m3. Sans parler des déconvenues liées à une toujours possible « piètre qualité » du gaz15.
Leur deuxième question peut se résumer à : comment extraire ces hydrocarbures en évitant de parler de Fracturation hydraulique ? Ceci pour permettre de contourner discrètement la loi de juillet 2011 qui interdit l’utilisation de la Fracturation Hydraulique pour l’Exploration & l’Exploitation des hydrocarbures, mais (quelle « chance » pour eux !) sans la définir. Loi ayant d’ailleurs fait l’objet en janvier dernier d’une Question prioritaire de constitutionnalité, transmise fin mars dernier au Conseil d’Etat16. Le lobby est vraiment actif sur tout les fronts !
Dans l’étude de faisabilité du rapport de l’OPECST17, MM. Bataille et Lenoir nous prévenaient déjà que, pour eux, « hydraulique » s’entendait comme « principalement à partir d’eau », reconnaissant toutefois que « les termes de « fracturation hydraulique » sont parfois employés pour désigner la fracturation par injection de tout type de liquide (eau, mais aussi : propane liquide, voire hélium ou azote liquides par exemple) ».
Et ce sont bien entendu ces techniques-là18 que vont promouvoir les intervenants de la deuxième table ronde, bien qu’aucune d’entre elles n’ait fait et ne fera, les preuves ni de son efficacité, ni de sa rentabilité économique, ni surtout de son
innocuité.
En effet, quels que soient les noms dont on les affuble, et quelles qu’elles puissent être, les techniques d’extraction des hydrocarbures de roche mère ou de houille produisent à terme les mêmes résultats délétères qui seront, in fine, supportés par La Collectivité et par les générations futures. Et ce, bien longtemps après que la volatilité des capitaux des multinationales ait rendu difficile la traçabilité de leurs responsabilités.
Mais, d’après l’annonce officielle de cet exercice1, un Comité scientifique est là pour conseiller nos élus et « contrebalancer » l’omniprésent lobby pétrolier. Hélas, nous avons quelques raisons de douter de sa neutralité ! En effet :
– M. François-Marie Bréon, bien qu’appartenant au Commissariat à l’Energie Atomique, est un éminent climatologue, mais dans quelle table ronde les impacts climatiques seront-ils évoqués ?
– M. Sébastien Candel est certes membre de l’Académie des Sciences, mais aussi du Conseil scientifique de l’Institut français du pétrole-Energies Nouvelles !
– M. Jacques Percebois, à côté de ses fonctions universitaires à Montpellier, est président du Conseil scientifique de la Fondation Tuck (très liée à l’ifp-EN) et administrateur de GRTGaz, exploitant de réseaux de gaz naturel.
– M. Bernard Tardieu, membre de l’Académie des Technologies, s’est déjà prononcé dans le Figaro pour une exploitation des gaz de schiste.
– Mme Catherine Truffert et M. Pierre Toulhoat représentent respectivement le Bureau de recherche géologiques et minières et l’Institut national de l’environnement industriel et des risques, deux entités qui ont étroitement collaboré à l’établissement du « Programme de recherche sur l’exploitation des hydrocarbures de roche mère »19 proposé par l’Agence nationale de coordination de la recherche pour l’énergie en juillet 2012.
Enfin remarquons, entre autres, la présence de M. J. F. Thrash, PD-G d’eCORPStim20 qui a récemment commandé à l’Institut français d’opinion publique une étude très orientée21 aux résultats discutables. A noter qu’eCORP détient en participation, des permis d’exploration en France…
Alors des alternatives à la FH « sûres » et de simples « dommages »222324 collatéraux ? Pas de responsable, ni de coupable ? Certainement pas !
Les procédures judiciaires en cours en Amérique du Nord252627 dépassent maintenant les « arrangements » tels que celui médiatisé, de la société enCana2829 auprès de Mme Aimee Ellsworth30 dans l’état du Colorado. Ce cas permet d’ailleurs de démasquer la rhétorique de l’Union française des industries pétrolières qui affirmait dans son précédent livre blanc (2012), prudemment retiré de son site depuis, que la FH n’avait provoqué aucun dégât de par le Monde.
Si ces élus poursuivent, de telles procédures subviendront en France ! Car malgré les annonces du savoir faire français capable de mettre en œuvre des techniques « sûres », l’Exploration & l’Exploitation des Hydrocarbures Non Conventionnels sont bel et bien une boîte de Pandore multi-compartimentée.
Les collectifs contre les Hydrocarbures Non Conventionnels promeuvent une transition énergétique dont la réalité objective s’ancre dès l’avant premier choc pétrolier dans les travaux du Club de Rome31, notamment le rapport « Meadows »32 dont la pertinence a encore été rappelée l’an dernier33. C’est aussi le message de notre ministre de l’Ecologie et de l’Energie, Delphine Batho : « …L’enjeu de la transition énergétique n’est pas d’aller chercher de nouveaux hydrocarbures… ».
Cette prise de conscience fédère aussi actuellement de nombreux campus états-uniens34. Et elle a encore été soulignée par l’actuel président de l’Organisation des Nations Unies35 : le Coréen Ban Ki-moon « …Nous devons aussi adopter, d’ici à 2015, un instrument universel et juridiquement contraignant relatif au climat… ».
L’Histoire nous a montré que l’arrogance et la cupidité sont bien les deux forces anthropiques destructrices des sociétés humaines.Il est grandement temps pour nos législateurs et dirigeants de faire preuve d’humilité et d’apprendre de l’Histoire.

1http://www.senat.fr/fileadmin/Fichiers/Images/opecst/programme_auditions_publiques/progAP_HNCschiste18avril2013.pdf
http://www.adit.fr/
http://www.bulletins-electroniques.com/
http://www.actu-environnement.com/ae/news/gaz-schiste-Commission-nationale-orientation-se-structure-16743.php4
http://www.developpement-durable.gouv.fr/Creation-de-la-Commission.html
http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000024361355&dateTexte=&categorieLien=id
7http://www.lemonde.fr/planete/article/2012/11/14/ou-en-est-le-debat-sur-les-gaz-de-schiste-en-france_1790365_3244.html
http://www.assemblee-nationale.fr/opecst/faisabilite_alternatives_fracturation.pdf
http://collectif-scientifique-gaz-de-schiste.com/index.php?option=com_content&view=article&id=49&Itemid=61
10 http://www.monde-diplomatique.fr/2013/03/AHMED/48823
11 http://www.global-chance.org/IMG/pdf/GC33p90-100.pdf
12 http://www.citepa.org/fr/pollution-et-climat/la-france-face-a-ses-objectifs
13 http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2012/03/26/20002-20120326ARTFIG00683-la-pologne-dechante-sur-ses-reserves-en-gaz-deschiste.
php
14 http://www.usgs.gov/
15 http://www.heraldscotland.com/news/home-news/burning-issue-poor-gas-quality-could-end-scots-drilling-plan.20723754
16 http://www.actu-environnement.com/ae/news/loi-fracturation-hydraulique-recours-qpc-conseil-etat-18276.php4
17 http://www.assemblee-nationale.fr/14/cr-oecst/faisabilite_hydrocarbures_non_conventionnels.pdf
18 http://www.energiesactu.fr/production/gaz-de-schiste-quelles-alternatives-la-fracturation-hydraulique
19 http://www.allianceenergie.fr/iso_album/ancre_rapport_ghrm_%5B2012-07-20%5D.pdf
20 http://www.ecorpstim.com/fr/
21 http://www.stopaugazdeschiste07.org/spip.php?article457
22 http://www.asef-asso.fr/ma-planete/gaz-de-schiste/1416-de-l-eau-dans-le-gaz-pour-le-schiste-la-synthese-de-l-asef
23 http://atctoxicologie.free.fr/archi/bibli/BILAN_TOXICOLOGIE%20_CHIMIE_GAZ_DE_SCHISTE.pdf
24 http://www.midilibre.fr/2013/02/18/severin-pistre-les-schistes-contiennent-des-metaux-lourds,646389.php
25 http://earthjustice.org/sites/default/files/Hallowich_Brief.pdf
26 http://www.ernstversusencana.ca/
27 http://www.enerzine.com/12/11905+fracturation-hydraulique—proces-en-vue-pour-encana+.html
28http://www.gazette-ariegeoise.fr/3543_Gaz-de-schiste-Ariege-et-Haute-Garonne-la-fracturation-hydraulique-a-deja-ete-pratiquee-aumepris-des-populations.html
29 http://lorgues-veillecitoyenne.over-blog.com/article-gaz-de-schiste-permis-de-foix-et-pollution-des-eaux-78246293.html
30http://www.savecoloradofromfracking.org/whatgoeswrong/Resources/Neslin%20Testimony%20EnviroPublicWorksQA.pdf
31 http://www.clubofrome.org/
32 http://www.clubofrome.org/?p=326
33 http://www.lemonde.fr/planete/article/2012/05/25/la-croissance-mondiale-va-s-arreter_1707352_3244.html
34 http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/72468.htm
35http://www.romandie.com/news/n/_Ban_Ki_moon__il_sera_bientot_trop_tard_pour_sauver_la_planete75030420132042.asp

A l’heure où nous publions,  les collectifs ci-après co-signent mais ce CP est soutenu par de nombreux autres :

Garrigue-Vaunage-30, Anduze stop au gaz de schiste-30, Basta !Gaz-30, Hautes-Cévennes-30, Coll. citoyen Ile-de-France Non aux gaz et pétrole de schiste, Coll. Isérois Stop aux gaz & huile de roche mère–38, Nîmes anti-schiste–30, Association Stop au gaz de schiste-Non al gas d’esquist-47, Coll. Non au gaz de schiste-91, Coll. non au gaz de schiste Cigalois-30, Coll. de vigilance Gaz-de-Gardanne & Pays d’Aix-en-Provence-13, Coll. stop gaz de schiste 69, Coll. non au gaz de schiste Pays de Savoie et de l’Ain-01-73-74, Coll. Non au PGDS Bocage gâtinais-77, Coll. Barjacois-30, Coll. Narbonnais contre les GdS-11, Coll. AJC Les Mages-30, Intercoll 22septembreSud-30, Coll. Orb-Jaur-34, Coll. Stopgaz Gardrhod-30, Coll. Littoral 34 GdS Non Merci, Coll. Minervois contre le gaz de Schiste-34, Eco’lectif Dégaze Gignac-34, Coll.Auzonnet, Cèze & Ganière-30, Intercoll. Gardéchois Bassin d’Alès-07&30, Coll non gaz de schiste Florac-48, Montpellier non GDS-34, Coll. du Céressou-34, Association No Gazaran ! FRA.


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Cyber action en cours (15 avril 2013)                                                               (!) Info minute revue de presse

« Un développement sûr et durable de l’exploitation des gaz de schiste, c’est faisable… » !!!

greenwash-C’est du moins ce qu’affirme le Centre pour le développement durable des schistes  (« Center for sustainable shale development »)  qui vient d’être créé en Pennsylvanie. Une officine des pétroliers ? Non, pas tout à fait… « une collaboration sans précédente » (c’est eux qui l’écrivent)[1] entre des fondations philanthropiques (dont la Fondation Heinz, dont le nom est connu des amateurs de ketchup), des associations de protection de la nature et, quand même, Shell, Chevron, et  deux « petits » producteurs EQT Corporation et Consol Energy (avec respectivement 4 000 et 14 900 puits de gaz, tout de même !). Le but de cet attelage pour le moins inattendu : définir des normes pour l’exploitation des gaz de schiste « pour protéger la qualité de l’air, les ressources en eau et le climat » : tiens donc ! Ce n’était pas le cas jusqu’à présent ? La lecture de ces normes[2], par ailleurs assez peu contraignantes, permet de mesurer la piètre qualité de la réalisation et de l’exploitation actuelle des puits…

Une alliance des industriels avec certaines ONG contre (la) nature

Le principe même de ce dialogue direct, sans passer par l’État, a de quoi enchanter les tenants de l’ultralibéralisme… mais que vaudra pour ces sociétés un engagement que personne ne pourra les contraindre à respecter ? Et en quoi un tel engagement est-il réellement protecteur de l’environnement, puisque rien dans les normes proposées ne permet d’empêcher ou même de limiter la fracturation hydraulique. Le seul résultat sera de donner à peu de frais un « petit coup de vert » à ces pétroliers.

greenwashing-On peut se demander pourquoi des associations de protection de la nature se livrent à ce petit jeu. Et on peut trouver des éléments de réponse en s’apercevant, par exemple, qu’un des directeurs du Clean Air Task Force (une de ces associations) est en même temps consultant pour des sociétés gazières…D’autres associations environnementales américaines comme  Sierra Club ou Ohio Citizen Action ont d’ailleurs vivement critiqué la démarche : « La majorité du gaz naturel doit rester dans le sol si nous voulons avoir une chance d’éviter un désastre climatique » a dit Deb Nardone de Sierra Club[3] .

Et rappelons enfin que par nature le développement des gaz de schiste, énergie fossile, ne peut être durable … mais c’est peut-être ce que certains n’ont pas encore compris !

JC

(!) Info minute revue de presse

SONDAGE OU INTOX ?                                                                      

 Sondage Gaz de Schiste« Gaz de schiste : 80% des français éclairés favorables à l’expérimentation d’une technologie alternative » titre le web. Magazine Enerzine  (1) , suite à un sondage réalisé par l’IFOP (2) pour la société Ecorpstim, filiale de la société gazière eCorp, titulaire entre autres du Permis de recherche de Gex.(3)

Un français « éclairé » est celui qui, comme 53% des 1508 personnes sondées en février 2013, croit « savoir de quoi il s’agit ». Et dont les réponses montrent que beaucoup n’ont eu qu’une information partielle, voire partiale…Remarquons d’abord que 80% de 53%, ça ne fait jamais que 42% et que l’astuce permet de présenter les résultats sous un jour un peu biaisé.

sondageMais soyons positifs. Ce sondage affirme que 92% des français ont entendu parler des gaz de schiste, et qu’une immense majorité de ceux qui « savent » (entre 90 et 94%) est consciente des risques environnementaux liés à la consommation d’eau et à la pollution des nappes « par les produits chimiques utilisés ». On ne leur a pas posé la question des autres risques comme la migration du gaz, les remontées de métaux lourds ou d’éléments radioactifs, les risques sismiques, les émanations de gaz dans l’air…dommage ! Toutefois 85% des mêmes estiment que « l’exploitation des gaz de schiste est un technique que l’on maitrise mal ».

Ensuite plus de 70% de ces « français éclairés » (soit 37% de l’échantillon total) pensent que cette exploitation « augmenterait l’indépendance énergétique de la France » (de combien ? la question n’est pas posée, et pour cause !), que « les ressources de gaz de schiste sont importantes en France » (c’est combien importantes, alors que personne ne sait vraiment ?) et qu’elle « créerait de nombreux emplois en France » (oui, quelques centaines selon le Rapport du Conseil Général de l’Economie, de l’Industrie, de l’Energie et des Technologies…sans parler des emplois perdus dans l’agriculture ou le tourisme !). On voit bien à quelles lanternes ont été éclairés ces Français-là …qui restent toutefois plus sceptiques (autour de 60%) sur une la ré-industrialisation du pays, le recul induit du nucléaire ou l’action sur la baisse des prix.

Concernant des forages scientifiques « pour évaluer les ressources présentes en France »  58% des citoyens « éclairés », soit 31% des sondés, se disent plus ou moins favorables : leur a-t-on dit que ces forages seraient réalisés par des entreprises (et pas par des scientifiques) dont l’intention est bien d’exploiter ce qu’ils pourraient trouver ?

Enfin vient la vraie question de Ecorpstim, société qui cherche à promouvoir  la « stimulation des puits » par le propane : « s’il existait aujourd’hui une technique alternative qui ne nécessiterait ni eau, ni produits chimique pour extraire le gaz de schiste, seriez-vous favorables à ce qu’elle soit testée à titre expérimental en France ? » Ben oui…si on pouvait avoir le beurre et l’argent du beurre, on pourrait se laisser tenter. A part que la technique promue par Ecorpstim est « expérimentale » et utilise du propane, gaz dangereux,  explosif et asphyxiant … ce qu’on a oublié de dire aux sondés dont 46% (80% de 53%) se sont laissés  prendre au mirage de l’extraction propre.

« Un bel exercice de communication » comme le résume sobrement Pierre Le Hir sur le site du Monde du 27 mars.

JC

(1) http://www.enerzine.com/12/15518+ifop—les-mentalites-francaises-sur-le-gaz-de-schiste-evoluent+.html

(2)   http://www.ifop.com/?option=com_publication&type=poll&id=2199

(3) Ecorp qui est également pétitionnaire de la demande d’une extension de périmètre de recherche minière avec Gex Sud, demande jugée recevable.

Cette semaine en Rhône-Alpes: Agenda ici                                             (!) Info minute revue de presse
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JV, récit militant le 18.03.2013

NANTUA MANIF 16 MARS 2013Nous étions près de trois mille, samedi 16 mars 2013, à défiler dans les rues de Nantua, pour demander le non-renouvellement du Permis des Moussières, défendre nos ressources en eau, notre agriculture, notre économie touristique…

La manifestation lancée par les collectifs rhône-alpins et franc-comtois contre les hydrocarbures s’est tenue dans une ambiance festive et bon enfant, malgré la gravité de l’enjeu.

L’information aux élus

Guy Faure (hydrogéologue), Jacques Cambon (hydrologue) et Bertrand Valton (Fédération de spéléologie de l’Ain) ont animé en matinée une réunion d’information à l’intention des élus, à la salle des fêtes de Charix.

Afin de rappeler qu’aucun forage ne se fait à l’eau claire, que les couches visées par la Celtique EnergieMatinée avec les élus 16 mars 2013 Petroleum nécessitent « une amélioration de la perméabilité » selon un document de l’entreprise datant de 2006, que la pollution de la source de la Moullaz par Esso en 1989 provient d’une perte de forage… Et que personne ne peut garantir qu’un tel accident ne se reproduira pas, vue la complexité de nos réseaux karstiques.

Le cortège

Parti de l’Esplanade du lac, le cortège a été ouvert par la colonne de tracteurs des paysans du Haut-Bugey et du Haut-Jura. Les agriculteurs se sont mobilisés en nombre: c’est la survie de leur métier qui en jeu. Leurs attelages, haut en couleurs et en slogans, affichaient la détermination des collectifs contre les projets de forage sur le massif jurassien.

Manifestation nantua 13 mars 2013Dans le cortège :

  • des enfants parce que c’est de leur avenir dont il s’agit.
  • des parents parce qu’ils sont des citoyens responsables.
  • des grands-parents parce qu’ils ont l’expérience : leurs propres grands-parents ont connu ces temps où l’approvisionnement en eau était une problématique quotidienne.
  • des paysans parce qu’ils veulent continuer à faire une agriculture de qualité.
  • des spéléologues parce qu’ils connaissent la complexité de nos réseaux souterrains.
  • une soixantaine de maires et d’élus de tout bord politique, car il s’agit de défendre tous ensemble notre territoire.
  • des Genevois parce que c’est l’ensemble de l’arc jurassien qui est concerné, des deux côtés des crêtes.
  • une Polonaise parce que son pays connaît les conséquences désastreuses de l’exploitation des hydrocarbures non conventionnels.
  • des Ardèchois, des Drômois, des Gardois, des Haut-Savoyards, des Isérois, des Jurassiens, des Lyonnais parce que nous sommes tous reliés comme les doigts de la main… Ni ici, ni ailleurs !
La délégation

MAnifestation nantua les élusUne délégation a été reçue en sous-préfecture de Nantua par la sous-préfète Madame Eléodie Sches : une quarantaine de maires en écharpe, renforcés par les élus genevois, accompagnaient Christine Monnet, représentante du collectif Haut-Bugey.

« Le message le plus fort aujourd’hui, c’est vous qui l’avez donné, a commenté Jean-Pierre Carminati, le maire de Nantua, à l’issue de la manifestation. Il n’y aurait rien eu de pire que si nous nous étions retrouvés à cinq cents. Nous étions trois mille ! C’est celui-là qui est envoyé à Paris. Élus, collectifs et tous les partis réunis derrière un même intérêt : notre territoire ».

L’unité politique

Manif Nantua 16 mars AbbadLes élus étaient réunis derrière un même combat, toutes couleurs politiquesManif Nantua 16 mars les élus confondues : Damien Abad (député d’Oyonnax – UMP), Jacques Berthou (sénateur de l’Ain – PS), Florence Blatrix (première secrétaire du PS de l’Ain), Jean-Pierre Carminati (maire de Nantua – SE), Alain Chabrolle (vice-président de la région Rhône-Alpes – EELV), Sylvie Goy-Chavent (sénatrice de l’Ain – UDI), Francis Lahaut (maire de Saint-Claude – Front de gauche), Anne Mahrer (présidente des Verts genevois), Jean-Daniel Maire (vice-président du conseil général du Jura – PS), Guillaume Mathelier (premier secrétaire du PS de Haute-Savoie), Rachel Mazuir (président du conseil général de l’Ain – PS), Jean-Gabriel Nast (président du Parc naturel régional du Haut-Jura – UMP), le PCF de l’Ain, André Philippon (vice-président du conseil général de l’Ain – PS), Michelle Rivasi (députée européenne – EELV), Michel Rivat (conseiller général du canton de Brénod, maire de Champdor – socialiste), Hervé Leroy, maire de Lantenay, Alain Balland, maire de Corcelles, Hervé Ozil, maire de Lagorce (Ardèche),….

Nantua 16 mars 2013 TLes élus ont été invités à maintenir la pression en sollicitant ces prochains jours une audience auprès de Jean-Marc Ayrault, « parce qu’en matière d’arbitrage, le Ministère de l’économie l’emporte toujours sur le Ministère de l’environnement ».

Une association des élus du territoire du permis des Moussières doit voir le jour.

Le rassemblement s’est achevé avec la lecture d’un message adressé par les collectifs du Nord de la Loire aux manifestants de Nantua.

Le combat continue.