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Cyber action en cours                                                                                                    (!) Info minute revue de presse

Hydrocarbures non conventionnels : audition par l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et techniques (OPECST) ou comment l’alternative à la fracturation hydraulique est … la fracturation hydraulique.

OPECST...Dire qu’il a fallu rassembler 15 députés, autant de sénateurs, le gratin de l’industrie pétrolière française (plus quelques acteurs internationaux) et un « comité scientifique » inféodé à l’Institut Français du Pétrole, pour en arriver  à la conclusion suivante : il n’y a pas aujourd’hui d’alternative à la fracturation hydraulique !

Conclusion ? Va-t-on renoncer aux gaz de schiste ? Non, bien entendu !

On va nous raconter que maintenant on sait les extraire avec beaucoup moins d’eau, de la graine de haricot, du jus de citron et du liquide vaisselle (mais biodégradable !), et que ça s’appelle « fissuration hydraulique» …et le tour est joué.

manipulation ...Et comme on ne veut pas mourir idiots, on va lancer un grand programme de « recherche scientifique » pour savoir de quoi on se prive par « obscurantisme ». Et ce programme nécessitera une centaine de puits, selon Christian Besson de l’Agence Internationale de l’Energie. Et ces puits seront bien entendu « fissurés » voire « massés » comme l’affirmait sans rire le PDG de GDF Suez.

Certes, ils ne l’ont pas dit aussi clairement, mais nous pourrions écrire dès à présent les conclusions du rapport de l’OPECST prévu pour le mois d’octobre : le « regard d’envie » que le député (PS) Bataille a avoué porter sur les américains en raison du « saut économique  que permet le gaz de schiste » ne laisse pas de place au doute. « Drill baby drill ! » est leur nouveau slogan, drill mais en maillot rayé.

Par contre, pour ce qui est de « l’acceptabilité sociale » souhaitée par Bruno Courme, directeur de Total Gas Shale Europe, ils peuvent toujours rêver… ils trouveront du monde sur leur chemin !

Mais à propos, que s’est-il dit pendant cette fameuse réunion? A lire ici

JC

 

Cyber action en cours (15 avril 2013)                                                               (!) Info minute revue de presse

Communiqué de Presse – 15 avril 2013

Collectifs français contre la recherche et l’exploitation des gaz et huile de schiste et gaz de houille

puits_stzeszewo_0Nos députés et sénateurs, emboîtant le pas à MM. Bataille et Lenoir, s’interrogent depuis novembre 2012 sur les alternatives à la Fracturation hydraulique, cherchant un moyen de contourner la loi et de délivrer, au mépris du risque climatique, sanitaire, social et environnemental, les Hydrocarbures non conventionnels que la nature a pris soin de piéger dans la roche. Jeudi 18 avril prochain, dans le cadre de l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques, ils auditionneront[1] des « spécialistes » du sujet. Un débat univoque qui ne prendra en compte que les aspects de « technique technicienne ».

Ouvert à la presse, mais pas aux associations et encore moins aux collectifs citoyens, cet exercice exclut surtout les scientifiques qui pourraient donner un utile contrepoint à une réflexion tronquée et volontairement orientée. Absents donc les toxico-chimistes, hydrogéologues, spécialistes de la santé, mais aussi les ingénieurs et techniciens développant et mettant en œuvre des solutions innovantes pour produire de nouvelles énergies de flux à faible impact environnemental.

C’EST POURQUOI NOUS DÉNONÇONS CETTE « AUDITION »… dont les résultats prévisibles confèreront à ses participants une lourde responsabilité face aux risques majeurs et avérés liés à l’éventuelle Exploration et Exploitation des Hydrocarbures Non Conventionnels[2]. Le cas échéant et le moment venu, nous citoyens, ne manquerons pas de rappeler cette responsabilité à ces élus, devant les institutions ad hoc, voire pénales, de la République.

… ET Ces simulacres de débats QUI ne trompent plus personne, et pas les lucides citoyens qui confient des mandats, entre autres législatifs, pour promouvoir des politiques responsables, courageuses et, en ces temps de crise endémique, visionnaires !

Pas pour pérenniser des modèles de gouvernance public/privé surannés et délétères. Cette large avenue offerte au lobby est pour le moins complaisamment soutenue par la vision à court terme[3] de productivistes cyniques, qu’ils soient responsables gouvernementaux ou dirigeants d’entreprises. Cette attitude aveugle pourrait, in fine, avoir de dramatiques conséquences[4].

Responsables et indépendants, les collectifs et associations engagés contre l’Exploration & l’Exploitation des Hydrocarbures Non Conventionnels ainsi que pour une transition vers la sobriété énergétique et les énergies renouvelables, appellent à la mise en place immédiate de toute mesure permettant de limiter le recours à l’énergie, sous quelque forme qu’elle puisse se présenter, et de développer prioritairement un bouquet d’énergies où les sources pérennes seront privilégiées. Ils dénoncent la fuite en avant que constitue l’essorage des ressources fossiles finies.

Il en va de la responsabilité de ce gouvernement au regard des générations futures.

[1]http://www.senat.fr/fileadmin/Fichiers/Images/opecst/programme_auditions_publiques/progAP_HNCschiste18avril2013.pdf
[2] http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/72619.htm
[3] http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/72437.htm
[4] http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/72016.htm       http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/72017.htm

Pour aller plus loin ; développement et analyse

Est-ce délibérément que nos parlementaires ignorent un corpus d’informations pourtant peu susceptible de subjectivité, puisqu’ émanant en grande partie de l’Agence pour la diffusion de l’information technologique2 et notamment des Bulletins électroniques3 du Ministère des Affaires Étrangères et Européennes ? Ces informations aisément accessibles et qui, entre autres, documentent cette note annexe ainsi que le communiqué, nous permettent d’affirmer que la multiplication de conférences, colloques, tables rondes et autres auditions ne sont que des déclinaisons de l’effort d’acceptabilité sociétale auquel se livre depuis l’été 2012 le lobby pétro-gazier en France comme ailleurs en Europe. Nous tenons à rappeler que la nomination4 de la Commission5 prévue pour réécrire la loi du 13 juillet 2011 interdisant la fracturation hydraulique pour l’extraction des hydrocarbures6, s’est interrompue sous la pression des collectifs et des associations à l’issue de la Conférence environnementale des 13 et 14 septembre 2012. Pour autant, la Commission des affaires économiques du Sénat à saisi dès le lendemain de la conférence de presse du Président Holande7 soit le 14 novembre 2012, l’OPECST d’une étude de faisabilité sur « Les techniques alternatives à la Fracturation Hydraulique pour l’exploration et l’exploitation des Hydrocarbures Non Conventionnels »8 : habile transfert d’initiative qui dédouane opportunément une majeure partie de l’exécutif pour le moins attentiste sur le sujet.
Mais quelles questions nos parlementaires se posent-ils ?
Prévoient-ils d’évoquer les risques, environnementaux, sanitaires ou climatiques9, générés par l’éventuelle exploitation de ces « réserves ultimes » de gaz ou de pétrole ? Vont-ils débattre de l’intérêt économique réel des ces hypothétiques réserves, au vu des interrogations fortes sur la rentabilité de cette filière en Amérique du Nord10 11 ?
Envisagent-ils de s’interroger sur la compatibilité entre la mise sur le marché de nouvelles énergies fossiles et l’impérieuse transition énergétique visant principalement à réduire nos émissions de gaz à effet de serre12 ?
Eh bien, non !

La première chose que veulent savoir ces élus, c’est combien nous avons d’Hydrocarbures Non Conventionnels sous nos pieds. Les gens sérieux ont déjà répondu qu’il était impossible de le savoir sans fracturer. Mais ils vont tout de même poser la question à un panel de dirigeants de l’industrie pétrolière, qui a tout intérêt à surestimer ces « réserves » pour justifier les recherches et animer les spéculations boursières. On remarquera en particulier la présence, parmi les personnes qui seront auditionnées, d’un représentant de l’Agence internationale de l’énergie, laquelle avait notamment évalué les réserves exploitables polonaises à 5 300 Md de mètres cubes de gaz de « schiste », avant que l’Institut polonais de géologie ne ramène, au vu des premiers sondages sur le terrain, ce chiffre entre 350 et 770 Md de m313 et que l’Institut de géophysique états-unien14 ne corrige à 38 Md de m3. Sans parler des déconvenues liées à une toujours possible « piètre qualité » du gaz15.
Leur deuxième question peut se résumer à : comment extraire ces hydrocarbures en évitant de parler de Fracturation hydraulique ? Ceci pour permettre de contourner discrètement la loi de juillet 2011 qui interdit l’utilisation de la Fracturation Hydraulique pour l’Exploration & l’Exploitation des hydrocarbures, mais (quelle « chance » pour eux !) sans la définir. Loi ayant d’ailleurs fait l’objet en janvier dernier d’une Question prioritaire de constitutionnalité, transmise fin mars dernier au Conseil d’Etat16. Le lobby est vraiment actif sur tout les fronts !
Dans l’étude de faisabilité du rapport de l’OPECST17, MM. Bataille et Lenoir nous prévenaient déjà que, pour eux, « hydraulique » s’entendait comme « principalement à partir d’eau », reconnaissant toutefois que « les termes de « fracturation hydraulique » sont parfois employés pour désigner la fracturation par injection de tout type de liquide (eau, mais aussi : propane liquide, voire hélium ou azote liquides par exemple) ».
Et ce sont bien entendu ces techniques-là18 que vont promouvoir les intervenants de la deuxième table ronde, bien qu’aucune d’entre elles n’ait fait et ne fera, les preuves ni de son efficacité, ni de sa rentabilité économique, ni surtout de son
innocuité.
En effet, quels que soient les noms dont on les affuble, et quelles qu’elles puissent être, les techniques d’extraction des hydrocarbures de roche mère ou de houille produisent à terme les mêmes résultats délétères qui seront, in fine, supportés par La Collectivité et par les générations futures. Et ce, bien longtemps après que la volatilité des capitaux des multinationales ait rendu difficile la traçabilité de leurs responsabilités.
Mais, d’après l’annonce officielle de cet exercice1, un Comité scientifique est là pour conseiller nos élus et « contrebalancer » l’omniprésent lobby pétrolier. Hélas, nous avons quelques raisons de douter de sa neutralité ! En effet :
– M. François-Marie Bréon, bien qu’appartenant au Commissariat à l’Energie Atomique, est un éminent climatologue, mais dans quelle table ronde les impacts climatiques seront-ils évoqués ?
– M. Sébastien Candel est certes membre de l’Académie des Sciences, mais aussi du Conseil scientifique de l’Institut français du pétrole-Energies Nouvelles !
– M. Jacques Percebois, à côté de ses fonctions universitaires à Montpellier, est président du Conseil scientifique de la Fondation Tuck (très liée à l’ifp-EN) et administrateur de GRTGaz, exploitant de réseaux de gaz naturel.
– M. Bernard Tardieu, membre de l’Académie des Technologies, s’est déjà prononcé dans le Figaro pour une exploitation des gaz de schiste.
– Mme Catherine Truffert et M. Pierre Toulhoat représentent respectivement le Bureau de recherche géologiques et minières et l’Institut national de l’environnement industriel et des risques, deux entités qui ont étroitement collaboré à l’établissement du « Programme de recherche sur l’exploitation des hydrocarbures de roche mère »19 proposé par l’Agence nationale de coordination de la recherche pour l’énergie en juillet 2012.
Enfin remarquons, entre autres, la présence de M. J. F. Thrash, PD-G d’eCORPStim20 qui a récemment commandé à l’Institut français d’opinion publique une étude très orientée21 aux résultats discutables. A noter qu’eCORP détient en participation, des permis d’exploration en France…
Alors des alternatives à la FH « sûres » et de simples « dommages »222324 collatéraux ? Pas de responsable, ni de coupable ? Certainement pas !
Les procédures judiciaires en cours en Amérique du Nord252627 dépassent maintenant les « arrangements » tels que celui médiatisé, de la société enCana2829 auprès de Mme Aimee Ellsworth30 dans l’état du Colorado. Ce cas permet d’ailleurs de démasquer la rhétorique de l’Union française des industries pétrolières qui affirmait dans son précédent livre blanc (2012), prudemment retiré de son site depuis, que la FH n’avait provoqué aucun dégât de par le Monde.
Si ces élus poursuivent, de telles procédures subviendront en France ! Car malgré les annonces du savoir faire français capable de mettre en œuvre des techniques « sûres », l’Exploration & l’Exploitation des Hydrocarbures Non Conventionnels sont bel et bien une boîte de Pandore multi-compartimentée.
Les collectifs contre les Hydrocarbures Non Conventionnels promeuvent une transition énergétique dont la réalité objective s’ancre dès l’avant premier choc pétrolier dans les travaux du Club de Rome31, notamment le rapport « Meadows »32 dont la pertinence a encore été rappelée l’an dernier33. C’est aussi le message de notre ministre de l’Ecologie et de l’Energie, Delphine Batho : « …L’enjeu de la transition énergétique n’est pas d’aller chercher de nouveaux hydrocarbures… ».
Cette prise de conscience fédère aussi actuellement de nombreux campus états-uniens34. Et elle a encore été soulignée par l’actuel président de l’Organisation des Nations Unies35 : le Coréen Ban Ki-moon « …Nous devons aussi adopter, d’ici à 2015, un instrument universel et juridiquement contraignant relatif au climat… ».
L’Histoire nous a montré que l’arrogance et la cupidité sont bien les deux forces anthropiques destructrices des sociétés humaines.Il est grandement temps pour nos législateurs et dirigeants de faire preuve d’humilité et d’apprendre de l’Histoire.

1http://www.senat.fr/fileadmin/Fichiers/Images/opecst/programme_auditions_publiques/progAP_HNCschiste18avril2013.pdf
http://www.adit.fr/
http://www.bulletins-electroniques.com/
http://www.actu-environnement.com/ae/news/gaz-schiste-Commission-nationale-orientation-se-structure-16743.php4
http://www.developpement-durable.gouv.fr/Creation-de-la-Commission.html
http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000024361355&dateTexte=&categorieLien=id
7http://www.lemonde.fr/planete/article/2012/11/14/ou-en-est-le-debat-sur-les-gaz-de-schiste-en-france_1790365_3244.html
http://www.assemblee-nationale.fr/opecst/faisabilite_alternatives_fracturation.pdf
http://collectif-scientifique-gaz-de-schiste.com/index.php?option=com_content&view=article&id=49&Itemid=61
10 http://www.monde-diplomatique.fr/2013/03/AHMED/48823
11 http://www.global-chance.org/IMG/pdf/GC33p90-100.pdf
12 http://www.citepa.org/fr/pollution-et-climat/la-france-face-a-ses-objectifs
13 http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2012/03/26/20002-20120326ARTFIG00683-la-pologne-dechante-sur-ses-reserves-en-gaz-deschiste.
php
14 http://www.usgs.gov/
15 http://www.heraldscotland.com/news/home-news/burning-issue-poor-gas-quality-could-end-scots-drilling-plan.20723754
16 http://www.actu-environnement.com/ae/news/loi-fracturation-hydraulique-recours-qpc-conseil-etat-18276.php4
17 http://www.assemblee-nationale.fr/14/cr-oecst/faisabilite_hydrocarbures_non_conventionnels.pdf
18 http://www.energiesactu.fr/production/gaz-de-schiste-quelles-alternatives-la-fracturation-hydraulique
19 http://www.allianceenergie.fr/iso_album/ancre_rapport_ghrm_%5B2012-07-20%5D.pdf
20 http://www.ecorpstim.com/fr/
21 http://www.stopaugazdeschiste07.org/spip.php?article457
22 http://www.asef-asso.fr/ma-planete/gaz-de-schiste/1416-de-l-eau-dans-le-gaz-pour-le-schiste-la-synthese-de-l-asef
23 http://atctoxicologie.free.fr/archi/bibli/BILAN_TOXICOLOGIE%20_CHIMIE_GAZ_DE_SCHISTE.pdf
24 http://www.midilibre.fr/2013/02/18/severin-pistre-les-schistes-contiennent-des-metaux-lourds,646389.php
25 http://earthjustice.org/sites/default/files/Hallowich_Brief.pdf
26 http://www.ernstversusencana.ca/
27 http://www.enerzine.com/12/11905+fracturation-hydraulique—proces-en-vue-pour-encana+.html
28http://www.gazette-ariegeoise.fr/3543_Gaz-de-schiste-Ariege-et-Haute-Garonne-la-fracturation-hydraulique-a-deja-ete-pratiquee-aumepris-des-populations.html
29 http://lorgues-veillecitoyenne.over-blog.com/article-gaz-de-schiste-permis-de-foix-et-pollution-des-eaux-78246293.html
30http://www.savecoloradofromfracking.org/whatgoeswrong/Resources/Neslin%20Testimony%20EnviroPublicWorksQA.pdf
31 http://www.clubofrome.org/
32 http://www.clubofrome.org/?p=326
33 http://www.lemonde.fr/planete/article/2012/05/25/la-croissance-mondiale-va-s-arreter_1707352_3244.html
34 http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/72468.htm
35http://www.romandie.com/news/n/_Ban_Ki_moon__il_sera_bientot_trop_tard_pour_sauver_la_planete75030420132042.asp

A l’heure où nous publions,  les collectifs ci-après co-signent mais ce CP est soutenu par de nombreux autres :

Garrigue-Vaunage-30, Anduze stop au gaz de schiste-30, Basta !Gaz-30, Hautes-Cévennes-30, Coll. citoyen Ile-de-France Non aux gaz et pétrole de schiste, Coll. Isérois Stop aux gaz & huile de roche mère–38, Nîmes anti-schiste–30, Association Stop au gaz de schiste-Non al gas d’esquist-47, Coll. Non au gaz de schiste-91, Coll. non au gaz de schiste Cigalois-30, Coll. de vigilance Gaz-de-Gardanne & Pays d’Aix-en-Provence-13, Coll. stop gaz de schiste 69, Coll. non au gaz de schiste Pays de Savoie et de l’Ain-01-73-74, Coll. Non au PGDS Bocage gâtinais-77, Coll. Barjacois-30, Coll. Narbonnais contre les GdS-11, Coll. AJC Les Mages-30, Intercoll 22septembreSud-30, Coll. Orb-Jaur-34, Coll. Stopgaz Gardrhod-30, Coll. Littoral 34 GdS Non Merci, Coll. Minervois contre le gaz de Schiste-34, Eco’lectif Dégaze Gignac-34, Coll.Auzonnet, Cèze & Ganière-30, Intercoll. Gardéchois Bassin d’Alès-07&30, Coll non gaz de schiste Florac-48, Montpellier non GDS-34, Coll. du Céressou-34, Association No Gazaran ! FRA.


nonaugdscarte permis gaz de schiste sud est france

… ou comment les villageois en Pologne se font envahir par l’industrie du gaz de schiste
Julien Mucchielli | Étudiant journaliste Publié avec l’accord de l’auteur. Précédente publication 11.03.2013 sur Rue89
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Le sous-sol regorge de gaz de schiste, les majors nord-américaines accourent… Et la Pologne se voit déjà autosuffisante. Mais le manque de transparence inquiète.

entree_lewino_pologne_gaz_de_schisteAu bord de la route qui sillonne champs et forêts, un panneau vert annonce en deux langues le hameau de Lewino. Ici, c’est la Cachoubie, une terre qui se targue de posséder sa propre langue et sa culture. Un pays au cœur de la région administrative de Poméranie, où d’innombrables lacs s’étirent et délimitent terres agricoles et forêts de bouleaux.

Les chemins sont déserts, et les cheminées fument – à moins que ce ne soit la brume matinale qui s’accroche aux toits des masures. Au cœur du hameau, encerclé par les champs labourés, une immense dalle de béton arbore en son centre une drôle de vanne rutilante, faisant l’effet d’un phare dans le brouillard. C’est la tête d’un puits qui devrait servir à l’exploration du sous-sol, à la recherche du gaz de schiste dont regorgent les alentours.

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Déception après les fortes estimations US

Le 21 mars 2012, un rapport de l’institut géologique polonais établit les réserves de ce gaz dit non-conventionnel à 1 920 milliards de mètres cubes. En tenant compte des moyens techniques aujourd’hui disponibles, 346 milliards à 768 milliards de mètres cubes seraient directement exploitables. C’est dix fois moins que les 5 300 milliards pronostiqués par une étude de l’agence américaine de l’énergie un an plus tôt.

Qu’importe, cela représente environ 50 ans d’autosuffisance gazière pour la Pologne. Et une aubaine pour les compagnies énergétiques du monde entier.

Essentiellement nord-américaines – sur dix-neuf, deux sont polonaises – ces sociétés affluent, et essaiment leurs puits qui serviront à l’exploration. Le gouvernement polonais leur a cédé des permis à bas prix, décidé à favoriser l’expansion rapide de cette industrie.

La Pologne achète 70% de son gaz à la Russie, à un prix relativement élevé. Les 30% restants proviennent d’Allemagne, qui tient ce gaz de la Russie. La production massive de gaz de schiste assurerait donc, enfin, la sécurité énergétique au pays, tout en l’affranchissant de la tutelle du géant russe.

Des avantages à qui rejoint « cette aventure »

L’emballement pour le gaz de schiste est immédiat. Tout le monde espère enfin se défaire du voisin russe tant redouté, et les médias autant que l’opinion publique approuvent ce progrès, ce « miracle du gaz de schiste ». Le gouvernement compte sur la création de 500 000 emplois directs et indirects, et d’importants bénéfices financiers, notamment fiscaux. Dans son dernier budget, l’Etat prévoit d’investir dans cette industrie 12 milliards et demi d’euros d’ici 2020.

Des lois sur mesure 1 de 2Début 2012, une nouvelle loi entre en vigueur, refondant le droit minier polonais. Cette loi favorise l’exploration du gaz de schiste par les compagnies énergétiques. Le premier ministre Donald Tusk l’expliquait en mai 2012 :

« Il est nécessaire de mettre en place un régime fiscal spécial pour cette manne économique, avec un système juridique qui puisse être profitable aussi bien pour notre propre pays, mais également avantageux pour ceux qui viendront coopérer avec nous dans cette aventure. »

Il s’agit par là de faciliter le travail d’exploration, pour que l’industrie entre dans sa phase d’exploitation le plus tôt possible, devenant économiquement rentable. Le gouvernement espère que ce stade débute en 2014. « Pas avant sept ou dix ans », tempère Andrzej Sikora, directeur de l’institut des études énergétiques, un think tank qui conseille le gouvernement et les compagnies.

Faire baisser les prix du gaz russe

L’expert souligne les difficultés rencontrées par les sociétés de forage, qui ne parviennent pas toujours facilement à déceler les réserves mirobolantes. Un seul forage d’exploration coûte entre 13 millions et 14 millions d’euros, estime PGNiG, l’une des compagnies polonaises qui fore déjà des puits. Selon sa présidente Grazyna Piotrowska-Oliwa, on ne connaîtra pas l’état des réserves avant deux à trois ans. Et une montée en production conséquente prendra au moins dix ans.

Néanmoins, les premiers millions de mètres cubes de gaz de schiste « made in Poland » offriront des arguments supplémentaires dans les négociations avec Gazprom pour faire baisser les prix du gaz russe. Un motif de réjouissance immédiat à Varsovie.

De la vodka pour que tout se passe bien

Les habitants voient ainsi pousser sur leurs terres des dizaines de puits, qui déjà émergent aux quatre coins du pays. Et surtout en Poméranie. Cette région du nord-ouest, très rurale, est la plus riche en gaz de schiste. C’est aussi une région pauvre, pour qui cette industrie est l’opportunité de créer de l’emploi et de la richesse. Et d’assurer l’indépendance énergétique, encore.

« Il est important pour nous d’assurer une indépendance au niveau local, notamment pour éviter les coupures énergétiques dans les périodes de grand froid », plaide Maria Klawiter, jeune femme blonde avenante, chargée de mission pour le gaz de schiste en région de Poméranie.

Pour le compte du gouvernement, elle parcourt les localités du territoire, rencontrant les élus locaux et les habitants. La plupart sont acquis à la cause, ou n’y trouvent rien à redire sur le principe. Il est vrai que les compagnies soignent leur communication. Comme à Lewino, début 2012, où le canadien Talisman Energy a organisé un cocktail, avec victuailles et vodka à profusion, laissant les invités ravis.

Qui exploitera enfin le puits du village ?

Malgré cet emballement, certains habitants de la bourgade s’estiment mal informés. Justyna Kos, une agricultrice quadragénaire, a créé une association qui tente de glaner des informations. Quotidiennement, elle fait des revues de presse, interpelle la compagnie et les pouvoirs publics, pour savoir ce qu’il adviendra du puits de son village.

« Il y a un mois, une annonce dans la presse locale prédisait le retour de Talisman Energy [après le cocktail, ndlr]. Puis, un autre article a affirmé que la compagnie allait fermer son bureau à Varsovie, et quitter la Pologne. La concession serait reprise par des Chinois. »

Il ne s’agit même pas de protester. Tout le monde, sur le principe, est favorable. Mais autant tirer profit de cette aubaine équitablement. Le maire de la commune de Linia, dont dépend Lewino, n’est que déférence face aux aspirations de l’industriel qui bénéficie de facilités administratives.

Monika, l’une des rares à se méfier
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Ailleurs en Cachoubie, au village de Stzeszewo, un puits turbine. Ici, la fracturation a déjà eu lieu, et les travailleurs du gaz s’affairent sur le site. A quelques centaines de mètres seulement, des habitations. C’est là qu’habite Monika Galasiewicz, une jeune femme agent immobilier dans la ville voisine de Lebien.

Elle est l’une des rares à se méfier de la nouvelle industrie. Monika tente d’alerter ses concitoyens sur les dangers environnementaux liés à la fracturation hydraulique. Souvent en vain.

« Pour certains habitants, nous sommes des hurluberlus. “Pourquoi s’opposer à un progrès technique qui nous rapporterait de l’argent ?” Voilà ce qu’ils disent. »

Pourtant selon elle, les dégâts se font déjà sentir. « Ils ont enfoui des résidus de forage dans le champ qui jouxte le puits, tout le monde l’a vu », s’étrangle-t-elle. Ses voisins, eux, profitent des avantages directs liés à la présence des ouvriers.

Menace sur les réserves d’eau (et les agriculteurs)

L’hôtel du coin ne désemplit pas depuis des mois, et plusieurs personnes ont été engagées dans la sécurité du site. « Ils voient les bénéfices à court terme et n’ont rien à faire des conséquences sur la nature », déplore-t-elle, dépitée.

Des lois sur mesure 2 de 2Peu nombreux, les écologistes essaient de s’organiser. Çà et là, émergent de petites associations, comme celle de Monika. Une figure s’impose. Marek Kryda, 54 ans et la moustache fine, est le porte-voix indiscutable de la question verte. Il s’insurge contre la folie du gaz de schiste.

Selon lui, cette industrie est obsolète avant même d’exister. Surtout, il décrie les conséquences graves qu’elle pourrait avoir sur les réserves d’eau de la région. La Pologne en général, et la Poméranie en particulier en manquent cruellement.

Or, pour réaliser une fracturation, 15 000 m3 d’eau sont nécessaires. « Pour l’approvisionnement, ils n’auront d’autre choix que de pomper les nappes phréatiques, au détriment des agriculteurs », dénonce Kryda. Une réelle menace pour les habitants qui vivent essentiellement du travail de la terre et de l’élevage. « En été, le niveau des nappes est très bas. Un pompage intense pourrait conduire à de véritables pénuries », prévient-il.

A Lewino, Justyna Kos confirme que Talisman Energy a rénové les pompes d’irrigation, démontrant la volonté de l’entreprise de s’y raccorder pour alimenter son puits.

Une énergie propre, comparée au charbon

L’eau, la grande affaire. Car à la pénurie pourrait s’ajouter la pollution. La fracturation hydraulique, procédé par lequel on injecte à 800 bars de pression un mélange d’eau (à 93%), de sable et de produits chimiques, a déjà fait des ravages environnementaux en Amérique du Nord. En fracturant la roche, ce mélange se disperse dans le sous-sol, mal contenu par la protection métallique qui isole le puits. Une partie du liquide regagne la surface, et stagne dans un bassin de rétention. Le reste, 30% à 90% selon les études, circule sous terre, et peut contaminer les nappes phréatiques.

Mais les habitants ne semblent guère se soucier des conséquences. Ils écoutent le gouvernement et les compagnies qui leur expliquent que les techniques ont évolué. Plus sûre, plus propre, la fracturation sèche permettrait d’éviter les avaries. Une technique qui, hélas, est loin d’être opérationnelle, mais qui rend le gouvernement optimiste.

Maria Klawiter, elle, martèle que « la fracturation hydraulique n’a aujourd’hui rien à voir avec ce qui s’est pratiqué aux Etats-Unis il y a vingt ans. Elle respecte les standards environnementaux de l’Union européenne, et ne présente presque plus de risques ». Surtout, elle insiste sur la « propreté » de cette énergie, comparée à la combustion du charbon.

« 93% de notre énergie provient du charbon, l’énergie la plus polluante pour l’atmosphère, celle qui produit le plus de gaz à effet de serre. Passer au gaz de schiste nous permettra de réduire notre bilan carbone. »

« Ça en sera fini du tourisme » sur la Baltique

Marek Kryda ne partage pas cet optimisme. D’abord, il fustige tout l’argent investi dans les énergies fossiles, au détriment des énergies renouvelables. Puis, il conteste l’ampleur du nombre de nouveaux emplois. « La plupart des emplois qualifiés seront importés par les compagnies, car nous n’avons pas les ressources nécessaires », prévient-il. Enfin, il alerte sur les conséquences néfastes induites par l’industrie minière, au détriment du tourisme.

« Au bord de la mer Baltique, 80% des gens vivent directement ou indirectement du tourisme. Si des dizaines de puits travaillent le long de la côte, ça en sera fini de ce secteur. »

Plusieurs puits ont déjà poussé sur cette côte bordée d’immenses plages de sable surmontées de dunes. Dans ce coin très prisé en été, où nombre de Polonais viennent s’adonner aux sports nautiques, certains habitants s’inquiètent des forages. Et de l’activité sismique qui en découle : les murs de certaines maisons arborent de nettes fissures sur plusieurs mètres. Résultat direct, selon leurs propriétaires, de la fracturation.

Un espion dans une réunion d’information

Plusieurs s’organisent, exigent des explications et des réparations auprès des compagnies énergétiques. Certains ont pris la fibre écologique. Régulièrement, ils se réunissent, discutent et débattent. Ils ne comprennent pas que les industriels et le gouvernement restent si discrets sur la nature de cette activité. Beaucoup, comme les agriculteurs, assistent à ces réunions sans être engagés, simplement pour s’informer et comprendre.

Début octobre 2012, l’une de ces réunions s’est tenue dans un hôtel de la ville de Leba. Dans l’assemblée, une taupe, mandatée par une compagnie énergétique, enregistre les discussions. L’homme en tire un rapport, qu’il transmet à sa hiérarchie et aux autorités polonaises. La conclusion de ce document relate les grandes décisions prises lors de la réunion : créer un centre de coordination des actions, interpeler les députés, informer le médiateur chargé des affaires citoyennes, demander des rapports sur l’impact environnemental.

Tout cela, consigné à l’adresse du ministère des Affaires étrangères, démontre le souci du gouvernement de ne pas se faire déborder par des activistes qu’ils jugent « écofanatiques ». C’est le quotidien Gazeta Prawna qui a révélé l’espionnage.

« On est pour, sur le principe »

L’issue du combat ne laisse aucun doute, et les écologistes ne se font guère d’illusion. La Pologne, qui se développe à un rythme effréné, a besoin d’énergie. Ne pas recourir à cet eldorado gazier serait perçu comme un renoncement à une expansion économique qui fait la fierté du pays. Alors les puits se multiplient le long des routes de campagne, entre deux champs.

Mais à Lewino, personne ne connaît encore l’avenir du puits foré cette année : fracturera ? Fracturera pas ? Justyna Kos, l’agricultrice, prévient :

« On est pour, sur le principe. A condition qu’il n’y ait aucun préjudice pour l’environnement. Qu’on ne doive pas quitter nos terres polluées. Dans le cas contraire, on s’y opposera. »

Adaptation française par stopgazdeschiste.org  d’un article d’Ellen Cantarow publié en anglais sur EcoWatch.org

Pourquoi, au juste, la fracturation hydraulique est-elle une industrie dévastatrice? La meilleure façon de décrire sa singularité, son immensité, sa différence par rapport à d’autres industries et la menace pour la planète?

Suite de la première partie

Quand j’ai interviewé le Dr Anthony Ingraffea Professeur de génie, chargé de l’enseignement à l’Université Cornell et président de la société « Médecins, scientifiques et ingénieurs pour une énergie saine», j’ai réalisé que ses explications étaient peut-être les plus claires et les plus instructives de tout ce que j’avais déjà entendu sur le fracking. J’ai donc élargi l’entrevue initiale pour inclure les réflexions d’Ingraffea sur son cheminement ayant mené un initié de l’industrie à un farouche adversaire du fracking, avec ses descriptions d’une nature fascinante avec ses formations schisteuses vieilles de 400 millions d’années ainsi que, précisément, ce que font les industriels lorsqu’ils perturbent ces créations de la nature.

Q. Que pensez-vous qui soit le plus dangereux dans la fracturation hydraulique?
A. Le problème n’est pas le « fracking » en tant que tel. L’industrie pétrolière et gazière a fait du foin autour du mot « fracking » (fracturation hydraulique) pour tenter de noyer le problème. Ils disent: «nous avons fait cela pendant 60 ans et il n’y a jamais eu de cas [problème] documenté … »

Le [« Fracking« ] correspond à une période de temps relativement brève dans le cycle de vie de cette gigantesque industrieforage gaz de schiste lorsque l’eau mélangée à des produits chimiques et du sable est injectée dans les puits de forage et le schiste est à nouveau fracturé. C’est finalement quelque chose de très, très éloigné des gens qui se passe. Il faut des mois, voire des années pour complètement développer et exploiter un « pad » de gaz de schiste moderne. Cela pourrait prendre des mois pour traiter et transporter le méthane sur le marché. Le processus de fracturation lui ne prend que quelques heures par puits.

Les gens qui sont contre la fracturation hydraulique ne pensent pas à tout ce qui se passe avant et après. C’est pourtant beaucoup plus risqué pour la santé humaine et l’environnement. Le plus grand risque pour l’eau, c’est quand les produits chimiques de fracturation sont stockés à la surface puis injectés par pompage vers le bas pour la fracturation, puis lorsque ceux-ci ainsi que les substances nocives qui avaient été séquestrés dans la roche retournent à la surface après la fracturation dans ce qui est appelé effluent de forage.

L’opération de « fracking » en tant que tel présente des risques limités pour la qualité de l’air, mais les polluants issus des gaz d’échappement des moteurs diesel et les émissions de méthane associées aux processus d’excavation, de forage, la déshumidification, la compression, le traitement et le transport du gaz par pipeline présentent de graves problèmes pour la qualité de l’air et le réchauffement climatique. L’élément le plus important de l’exploitation des gaz de schiste qui semble tout simplement ne pas être compris par beaucoup est son intensité spatiale. Il s’agit d’une forme extrême de l’exploitation des combustibles fossiles en raison du nombre très élevé de puits très profonds, de la longueur totale verticale et latérale des forages et du volume du fluide de fracturation requis pour parvenir à une exploitation significative de ces formation schisteuses !

DÉVASTATION DES PAYSAGES, AIR EMPOISONNÉ

fracking_google_earth_largeAlors qu’est selon moi la plus grande menace pour les humains liée à l’exploitation des gisements non conventionnels de gaz naturel à partir des formations schisteuses à travers le monde? Et si je voulais être plus précis en tant qu’ingénieur, à proprement parler, quelle est la plus grande menace que constituent ces champs d’exploitation percés par une multitude de forages, à l’aide de gros volumes de fracturations hydrauliques et de longs forages latéraux? Finalement c’est ça le problème. C’est parce que cette activité hautement industrielle occupe beaucoup d’espace, une activité qui implique bien plus que forer-le-puits-fracturer-le-puits-connecter-le-pipeline-et-on-s-en-va, une activité qui nécessite bien plus de terrains à défricher, beaucoup de forêts et de champs à dévaster. Il y a la nécessité de construire des milliers de kilomètres de pipelines qui engendre à nouveau la destruction de forêts et de champs. Il y a également la nécessité de construire de nombreuses stations de compression, ces installations industrielles qui compriment le gaz pour leur transport par gazoducs et qui brûlent d’énormes quantités de diesel. Elles sont très bruyantes et émettent du CO2 dans l’atmosphère. Puis, il y a la construction de fosses à déchets et bassins d’eau douce qui là encore nécessitent de gros travaux de génie impactant, du matériel de construction lourd, engendre des émanations gazeuses produites par les déchets dans les bassins de rétention ainsi  qu’énormément de circulation de poids lourds, ce qui entraîne à nouveau la combustion de grandes quantités de diesel, l’augmentation des dégâts sur les routes et les ponts ainsi qu’un risque accru pour la circulation au milieu de ce trafic de poids lourds.

UNE INDUSTRIE SANS FRONTIÈRES

Pour à peu près toutes les autres industries qu’on puisse imaginer, comme de fabriquer de la peinture, des grille-pains ou des automobiles, ces formes traditionnelles de l’industrie sont implantées dans des zones industrielles, à l’intérieur defracking1 bâtiment, séparés des maisons d’habitation, des fermes et des écoles. Nous avons été suffisamment sages grâce à notre manière de nous civiliser pour nous rendre compte que l’industrie lourde doit être confinée dans des espaces clos. Et voilà qu’à l’inverse le secteur pétrolier et gazier nous informe que nos maisons, nos écoles, nos hôpitaux, même s’ils sont implantés dans des zones résidentielles, doivent devenir partie intégrante de leur industrie ! Dans la plupart des états, les lois sur le pétrole et le gaz supplantent les règlements d’urbanisme. Elles permettent aux industries du pétrole et du gaz d’établir leur prochaine industrie à l’endroit où nous vivons. Nous sommes invités à vivre à l’intérieur de leurs espaces. Ils nous imposent l’obligation d’implanter nos foyers, hôpitaux et les écoles à l’intérieur de leur espace industriel.

Q. Quand et comment avez-vous commencé à informer les gens à propos de la menace de cette industrie?

A. Deux choses se sont produites. Il y a quatre ans, lorsque le business du gaz de schiste à touché New York, j’ai pris conscience des publicités à la radio, à la télévision, dans les journaux, des articles écrits dans les journaux, les éditoriaux, qu’il s’agisse de grands journaux comme le New York Times ou des journaux locaux. Et ce que j’y lisais était étonnamment imprécis. Quand ce n’était inexact, hors sujet ou incomplet. Ma première réaction d’ingénieur a donc été, ils ne disent pas toute la vérité, les points essentiels ne sont pas abordés.

J’ai été invité par certains de mes copains de pêche – au passage les pêcheurs ont un intérêt direct pour l’eau non polluée- ils m’ont demandé de donner une conférence à la section locale de la société de pèche[1]. C’est comme ça que j’ai commencé mes conférences publiques. Et c’est ce qui m’a fait me plonger plus profondément dans la littérature de l’époque, la littérature technique sur le pétrole et l’ingénierie, et c’est ainsi que j’ai commencé à comprendre ce qu’est l’exploitation du gaz de schiste.

Q. Alors, pourriez-vous nous parler des principaux domaines où vous pensez que se trouve le danger?

fracking public landsA. Les puits (d’eau) ont été contaminés à un rythme significatif. L’industrie disait: «Quand on fore des puits certains puits fuient, mais cela arrive rarement.» J’oppose à cela: « ça se passait rarement, maintenant ça arrive plus fréquemment ».
Il y a la menace mondiale du réchauffement climatique, il y a la menace locale de la contamination des ressources en eau, et il y a la menace régionale de la contamination de l’air ainsi que des eaux de surface et souterraines, tout ceci étant exacerbé par l’intensité de l’occupation spatiale de cette industrie extractive. Parce que vous avez une multiplication des zones de forage, l’exploitation industrielle ayant recours à des moteurs diesel fonctionnant pendant de longues périodes dans de vastes régions engendre le brouillard et la création d’ozone au niveau régional. Il y a des problèmes de qualité d’air en raison de la nature même de l’exploitation des gaz de schiste. On rencontre également des problèmes de qualité de l’eau au niveau régional en raison d’accidents ou de rejets intentionnels de déchets dans les eaux de surface.

Les gens ont besoin de respirer de l’air. Les gens ont besoin de boire de l’eau. Les gens ont besoin de vivre dans un climat acceptable, lequel devrait être stable. Ceci nécessite deux choses. Voir la communauté où vous vouliez vivre et où vous avez vécu toute votre vie prendre votre relève, et l’environnement, l’eau, l’air, le climat, la flore la faune, tout ça est menacé. Ces deux menaces se trouvent sur le spectre de santé par rapport à la richesse. C’est la santé du plus grand nombre face à la richesse de quelques-uns.

Q. Alors, êtes-vous pour l’interdiction de cette industrie?

A. Ma position est la suivante. Lorsque l’exploitation du gaz de schiste n’a pas encore eu lieu, il faut l’interdire. C’est tout. Là où elle a déjà démarré, adopter de stricts règlements, examiner la conformité avec ténacité, appliquer des règles intransigeantes et lorsqu’elles ne sont pas appliquées infliger des amendes qui signifient vraiment quelque chose. Les Dix Commandements sont «règlements», mais les mots seuls ne nous mènent pas très loin.

LA TRANSITION VERS L’ÉNERGIE DURABLE

Enfin, là où tout autre combustible fossile est en cours d’exploitation, ralentir sa production et son utilisation aussi rapidement que possible, en tenant compte de toutes les facettes de ce problème fort complexe. Vous ne pouvez pas interrompre l’utilisation de combustibles fossiles aujourd’hui et vous tourner vers les énergies renouvelables demain. Mais nous devons commencer à réduire l’utilisation de combustibles fossiles des aujourd’hui et accélérer l’utilisation de carburants renouvelables. Et c’est là que les complications arrivent, celles de la politique, de l’économie et de la sociologie.

Q. L’exploitation du gaz de schiste n’a pas encore commencé dans votre propre État celui de New York. Le mouvement dans l’État de New York a réussi à éviter ça pour une longue période. Quelle est la prochaine étape?

A. Un commentaire sur les règlements de l’administration environnementale [État de New York]. L’administrationdemocracy environnementale aurait du passer les trois dernières années de moratoire sur les gaz de schiste à faire les bonnes choses: pas de politique adoptée tant que de rigoureuses études scientifiques sur l’environnement, la santé humaine et les impacts économiques n’auront été effectuées et validées. À mon avis, l’administration environnementale n’a pas effectué d’études scientifiques rigoureuses sur l’environnement, la santé humaine et les impacts économiques. Elle aurait du passer les deux dernières années à faire l’évaluation des impacts là où l’exploitation de ces gaz de schiste a déjà lieu, formant ainsi une base d’information pour la validation. Ils ne l’ont pas fait. Au lieu de cela, ils ont déjà proposé des règlements, ce qui aurait dû être la dernière chose à faire si et seulement si les études avaient été effectuées et validées. Je comprends que la démocratie est compliquée, mais la partie désordonnée ne devrait concerner que la politique, pas la partie scientifique.

 

Vous pouvez visiter la page FRACKING d’EcoWatch en anglais  pour plus d’information sur ce sujet.


[1] Trout Unlimited : http://www.tu.org/

Adaptation française par stopgazdeschiste.org  d’un article d’Ellen Cantarow publié en anglais sur EcoWatch.org

Pourquoi, au juste, la fracturation hydraulique est-elle une industrie dévastatrice? La meilleure façon de décrire sa singularité, son immensité, sa différence par rapport à d’autres industries et la menace pour la planète?

Quand j’ai interviewé le Dr Anthony Ingraffea Professeur de génie, chargé de l’enseignement à l’Université Cornell et président de la société « Médecins, scientifiques et ingénieurs pour une énergie saine », j’ai réalisé que ses explications étaientDr. Anthony Ingraffea peut-être les plus claires et les plus instructives de tout ce que j’avais déjà entendu sur le fracking. J’ai donc élargi l’entrevue initiale pour inclure les réflexions d’Ingraffea sur son cheminement ayant mené un initié de l’industrie à un farouche adversaire du fracking, avec ses descriptions d’une nature fascinante avec ses formations schisteuses vieilles de 400 millions d’années ainsi que, précisément, ce que font les industriels lorsqu’ils perturbent ces créations de la nature.

Ingraffea est peut-être plus connu comme co-auteur d’une étude de l’Université Cornell de 2011 qui a établi le bilan de gaz à effet de serre de l’exploitation du gaz de schiste comme étant supérieur à celui de tout autre combustible fossile comme le charbon. Le chercheur principal de cette étude sur l’effet de serre produit par l’exploitation du méthane issu des formations « schisteuses », souvent appelé « L’étude de Cornell », est Robert Howarth, professeur d’écologie et de microbiologie. La troisième co-auteure est l’assistante de recherche Renée Santoro.

Ingraffea a été chercheur principal dans des projets de recherche et de développement allant de la National Science Foundation, la NASA à travers Schlumberger, l’Institut de Recherche sur le Gaz[3], les Laboratoires de recherche Nationaux Sandia[4], L’Association des Ingénieurs du Fer et de l’acier[5], General Dynamics, Boeing et Northrop Grumman Aerospace. Après avoir été depuis si longtemps au service de l’industrie, il est devenu un adversaire redoutable pour toute personne qui ose s’opposer à lui dans un débat sur la fracturation hydraulique intensive.

Sa passion pour la justice sociale a influencé sa carrière d’enseignant. Il a favorisé l’entrée des femmes et des minorités dans le métier d’ingénieur. Il a reçu plusieurs distinctions parmi lesquelles celle du « professeur de l’année » en 1997 décernée par la Société des Femmes Ingénieures[6], mais aussi en 2001 le prix Daniel Luzar ’29 de l’excellence en enseignement décerné par le College of Engineering. Il a organisé et dirigé la Synthesis National Engineering Education Coalition. Sa mission: l’amélioration de la formation des ingénieurs de premier cycle et l’attrait d’un plus grand nombre de femmes et de minorités sur le terrain.

Ceux qui ont vu Ingraffea en action le connaissent pour sa simplicité et sa clarté, son refus de mettre en accusation ses adversaires sur tout, son approche  rigoureuse, sur des bases scientifiques, la logique avec laquelle il les démolit et son sens de l’humour. Il y a quelques années, vers la fin d’une longue conférence en Pennsylvanie (voir la vidéo ci-dessous), Ingraffea mentionnait que sur le site Internet d’Halliburton Corporation la société mentionne l’acide chlorhydrique (HCl) parmi ses produits chimiques de fracturation. Halliburton note également que l’acide chlorhydrique est couramment utilisée dans la préparation des olives noires.

Ingraffea: « C’est vraiment agréable de savoir que… » dit-il,  il attend quelques secondes la réaction de son auditoire (rires). Avec sa couronne de cheveux blancs, le sourcil noir et un visage tout droit venu de Sicile. Ce visage regarde maintenant son public étonné avec espièglerie. « Donc je suis maintenant censé moins craindre les olives noires? » Pause – rire… « ou avoir plus peur de l’acide chlorhydrique utilisé dans la fracturation? »
Il sourit, secoue la tête et reprend l’air crédule « Je ne sais pas à quoi on veut en venir. De toute évidence, avec 50 000 gallons de l’acide chlorhydrique, et il doit être acheminé par camion et stockés sur le site, et il est injecté [sans être] dilué … parce qu’il doit aller là-bas au fond et faire son boulot, qui est de dissoudre toutes ces merdes dans les perforations du schiste!  Donc me dire que c’est également utilisé dans la préparation des olives noires ne m’apporte aucune information. Ça m’agace ! » Pause, plus de rires. « Et je vais continuer à manger des olives noires, le fruit de la passion des Siciliens ! »

Q. Pouvez-vous nous parler de votre carrière antérieure et comment vous en êtes arrivés à vos points de vue actuels?

A. Au début avec un diplôme en génie de l’aérospatiale de Notre-Dame, et quelques années à la « Grumman Aerospace Corporation » je m’orientais vers une carrière d’astronaute. Les choses se passèrent différemment : la guerre du Vietnam, la première crise énergétique, je m’orientais finalement vers une carrière universitaire, et j’ai commencé à étudier la mécanique des roches en 1974 à l’Université du Colorado. Ma thèse de doctorat portait sur la propagation des fissures dans la roche. Peu d’entre nous sont entrés dans ce domaine, mais avec cette première crise énergétique, c’était comparable au défi d’aller sur la lune: comment obtenir plus d’énergie [à partir de combustibles fossiles] dans la roche. J’ai commencé des recherches sur ce sujet pour la NSF [L’Institut National des Sciences] et le DOE [Ministère de l’Energie] en 1978, et ai commencé à recevoir des fonds de recherche ainsi que des conseils de l’industrie pétrolière et gazière en 1980. Ce soutien de l’industrie a continué jusqu’en 2003, avec une grande partie en provenance de l’Institut de Recherche sur le Gaz[7] (maintenant appelé l’Institut Technologique du Gaz) et de Schlumberger[8].
Le travail avec Schlumberger mettait l’accent sur divers aspects de la fracturation hydraulique. Le seul contact que j’ai eu avec le développement du gaz de schiste était en 1983-1984. J’ai passé ma première année sabbatique au Laboratoire national Lawrence Livermore à travailler sur ce qui s’appelait alors au ministère de l’Énergie le « Projet du schiste dévonien de l’Est ». Nous avons utilisé la simulation informatique pour essayer de comprendre la rupture du schiste déjà fracturé. [Le schiste a déjà des fractures naturelles: voir les commentaires d’Ingraffea ci-dessous] Mais il s’est avéré être une impasse, personne ne savait comment le faire, ça ressemblait à un problème insoluble.

LA NAISSANCE DE FRANKENSTEIN

Les fractures dans le schiste sont apparues naturellement, il y a des millions d’années. Et ce réseau de fractures naturelles est essentiel pour le « fracking ». Si la roche n’avait pas été fracturée par la nature, l’homme ne pourrait pas la fracturer et la re-fracturer efficacement. Mais puisqu’elle est déjà naturellement fracturée, il n’y a aucun moyen humain de savoir où le fluide de fracturation ira.  En mathématiques ce qu’on appelle le « chaos non linéaire » s’applique ici, c’est-à-dire que le moindre changement au départ engendre un énorme changement dans les résultats.
Ce n’est qu’en 2007 ou 2008 que j’ai appris qu’on avait découvert le moyen de le faire. J’ai été atterré par la solution mise en œuvre qui était le développement à grande échelle de la fracturation hydraulique dans une multitude de puits avec de longs forages latéraux. C’était comme si j’avais travaillé sur quelque chose toute ma vie et que quelqu’un vienne et le transforme en Frankenstein.

Q. Pourriez-vous expliquer ce que sont ces forages latéraux?
A. Le forage latéral est la partie qui serpente à travers la couche de schiste quelle que soit la direction que prenne celui-ci.

Q. Et le liquide de fracturation (slickwater)?
R. Slickwater, c’est le nom donné au fluide de fracturation. Il a été mélangé avec un lubrifiant car contrairement à ce que vous pourriez penser, l’eau n’est pas suffisamment « glissante » ou visqueuse pour faire le travail.

Q. Pourrions-nous revenir sur le fracking? Y a-t-il un seul puits?
A. Oui. Dans ce qu’on appelle la fracturation conventionnelle pour le gaz naturel classique, il n’y a qu’un seul puits par bloc. C’est parce que l’on espère atteindre un grand volume avec une forte concentration de gaz, comme une bulle piégée si vous voulez. Or ce n’est pas le cas dans le cas des gisements non conventionnels, où le gaz est éparpillé, non concentré, donc on a besoin de percer un peu partout avec de nombreux forages  par puits et de nombreux puits par bloc.

aerialFracking 

 

Q. Qu’est-ce qu’un « pad? » Est-ce du ciment?

A. [rires] Non, on fait simplement référence à une zone. Le « pad » est la zone que l’opérateur utilise, celle nécessitée pour mener l’ensemble des opérations de forage et de fracturation, de stockage,  pour l’eau douce ainsi que pour la rétention des eaux usées. Si vous regardez les photographies aériennes, tout ce que vous voyez-toutes les plates-formes de forage, de camions etc. ce sont des « pads ». Et bien sûr ce système qui requiert la multiplication des puits, signifie le développement de beaucoup de puits dans la région, et l’agencement des « pads » les uns à côté des autres, c’est ce que l’on peut constater lorsqu’on survole la région. Il y aura un « pad » à un mile (1,5 kilomètre) au nord, un autre à un mile au sud, encore un à un mile à l’est, et un autre à un mile à l’ouest (…/…)

Le développement moderne avec l’exploitation du gaz de schiste est, à mon avis, l’inverse de ce que la nature a fait au cours dr-frankensteindes 400 derniers millions d’années. Avec le développement de l’exploitation du gaz de schiste, nous libérons le carbone que la nature a stocké pendant tout ce temps. 400 millions d’années ont été nécessaires à la nature pour le stockage souterrain du carbone et de l’eau dans les océans. Et maintenant, les humains débarquent et veulent libérer le carbone et le font en prenant l’eau douce à la surface de la terre et en la séquestrant sous terre. Et nous l’obtenons par l’injection par pompage de l’eau vers le bas. Et ceci au moment même dans l’existence de l’humanité où le réchauffement climatique provoqué par l’émission excessive de dioxyde de carbone et de méthane et où la pénurie d’eau sont des problèmes mondiaux ! Pour moi, c’est « Frankensteinien », diabolique, un processus mortel.

Q. Que pensez-vous qui soit le plus dangereux dans la fracturation hydraulique?

A suivre deuxième partie … les conséquences de l’industrie de l’extraction des hydrocarbures dits de schiste

Ellen Cantarow a été journaliste pendant les 35 dernières années, et une écrivaine publiée depuis les années 1960. Ses écrits sur Israël et la Palestine ont été largement publiés. Elle s’est plus récemment penchée sur les questions environnementales, en particulier sur l’impact du « fracking » sur les communautés. Elle est contributrice de EcoWatch, CBS News, The Nation, Alternet, La Revue européenne de l’énergie, Le Monde Diplomatique, Al-Jazeera English et bien d’autres.


[3] Gas Research Institute

[4] Sandia National Laboratories

[5] Association of Iron and Steel Engineers

[6] the Society of Women Engineers

[7] Gas Research Institute

Cette semaine en Rhône-Alpes: Agenda ici                                                                       (!) Info minute
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C’est un article paru début octobre dans le journal Libération[1] qui révèle une information qui finalement sera restée plutôt confidentielle avant de réapparaitre sous forme de scoop lors de la visite d’État Nicole Bricqde François Hollande en Algérie[2]. La France cherche un terrain pour tester la «fracturation propre». Que dit Libération ? Fin septembre Nicole Bricq une des porte-étendard de la lutte contre la fracturation hydraulique et l’exploitation des hydrocarbures piégés dans les réservoirs non conventionnels est en visite en Algérie avec un petit groupe d’entrepreneurs français parmi lesquels figure le patron de Saltel Industries « jeune entreprise high-tech basée en France et figurant comme le leader mondial des technologies d’expansion par packer gonflable ». Cette société compte à son actif plusieurs inventions offrant « des solutions à la fois simples et rentables pour toute une variété d’applications » telles que  :

  • Colmatage de perforations et fermeture de zones de production d’eau ou de gaz
  • Réparation de casings / tubings endommagés ou corrodés
  • Colmatage des zones de pertes totales lors du forage
  • Isolation de zones en Open Hole

Voici donc cette fameuse « technique de fracturation propre » tant vantée pour rendre la poursuite de l’exploitation de ces ressources fossiles acceptable!

« Jeune ministre » de l’écologie, Nicole Bricq avait pris le risque de stopper les autorisations données à Shell pour effectuer des forages de recherche pétrolière offshore au large de la Guyane. Ceci lui avait valu son porte feuille[3]. Maintenue au gouvernement Ayrault II en charge du commerce extérieur, cette ancienne sénatrice spécialiste du budget aura tôt fait de rentrer dans le rang. En moins de six mois la voila qui facilite le développement de la recherche de gaz de schiste (interdite en France faute de technologie appropriée) en Algérie.

Aux défenseurs des nobles causes, nous sommes désolés de ne pas être en mesure de vous servir meilleur conte de Noël pour cette année.

COMMUNIQUE DU RESEAU RHONALPIN DES COLLECTIFS OPPOSES À L’EXPLOITATION DES GAZ ET HUILES DE SCHISTE

Selon l’hebdomadaire le Point (1), « un accord permettant d’expérimenter une alternative à la fracturation hydraulique sur le territoire algérien sera signé » entre la France et l’Algérie.
Une expérimentation sans valeur

Les Collectifs opposés aux explorations et exploitations des gaz de schiste dénoncent depuis plus de deux ans la faiblesseFH Boutef des filières de contrôle des installations qui existent en France. En souhaitant mener ces expérimentations en Algérie, le gouvernement reconnaît implicitement le peu d’importance qu’il donne à ces contrôles. Le seul objectif de ce gouvernement est bien d’exploiter les gaz de schiste ailleurs, puis en France.

Nous pouvons aussi légitimement nous poser la question de la valeur de ces expérimentations au regard des milieux géologiques, naturels et socio-économiques profondément différent de la réalité française.

Ces expérimentations n’aurait comme seul objectif que de présenter une évolution de la fracturation hydraulique comme propre afin d’obtenir l’agrément des citoyens français.

Des airs de déjà vu…

déclanchement 3ième bombe française  Reggane SaharaDans la droite ligne de l’héritage colonial, 55 ans après avoir effectué les premiers essais nucléaires dans le Sahara algérien, la France s’apprête à nouveau à tester ses technologies controversées en territoire nord africain. Cet accord avec l’Etat Algérien est en totale contradiction avec le discours de François Hollande pour un « partenariat d’égal à égal », jeudi 20 décembre 2012.

Les Collectifs ne peuvent que renouveler leur opposition ferme à l’exploration et à exploitation des gaz et huiles de schiste. Ni ici, ni ailleurs.

 (1) http://www.lepoint.fr/confidentiels/exclusif-gaz-de-schiste-la-france-va-explorer-en-algerie-20-12-2012-1604170_785.php

 

RESEAU RHONALPIN DES COLLECTIFS OPPOSES À L’EXPLOITATION DES GAZ ET HUILES DE SCHISTE

 

La Ferté-sous-Jouarre le 25 novembre 2012

Soixante délégués mandatés par plus de deux cents collectifs et associations contre les gaz et huiles (pétrole) de schiste, maillant le territoire national, se sont rencontrés les 24 et 25 novembre 2012 à La Ferté-sous-Jouarre en Seine-et-Marne, et déclarent :

L’incohérence et l’ambiguïté des annonces gouvernementales renforcent la mobilisation des collectifs et leur solidarité. Après s’être opposé fermement à la fracturation hydraulique, le gouvernement ouvre la porte à d’éventuelles techniques de recherche et d’extraction « propres » et « socialement acceptables. Il est pourtant évident que quelle que soit la technique utilisée, l’exploitation d’une source d’énergie fossile contribuera à augmenter les émissions de gaz à effet de serre dans l’atmosphère.

De plus, l’argumentaire purement économiste du gouvernement et son manque de clarté répondent à l’intensification du lobbying des industriels auprès des politiques et des médias. Les récentes prises de position du président de la République incitant les entreprises françaises à investir dans les « gaz de schiste » à l’étranger confortent les industriels dans leurs espoirs de pouvoir, à terme, les extraire sur le territoire national.

La multiplication et la diversité des collectifs sont à la mesure de l’augmentation des déclarations d’ouverture de travaux de forages, notamment dans le Bassin parisien (Contault, Champontran, Nonville, Sourdun, Chartronges, Saint-Mars –Vieux-Maisons, etc.).

Constatant les tergiversations du gouvernement et son manque de volonté politique, les collectifs s’inquiètent de la teneur du projet de loi modifiant le code minier. L’éventualité de cette modification par ordonnance serait un déni de démocratie de plus.

Nous demandons que les dispositions du code minier modifié soient mises en conformité avec la Charte de l’environnement – à valeur constitutionnelle – et avec le code de l’environnement, et intègrent par anticipation les nouvelles dispositions de la directive européenne « Étude de l’Impact Environnemental » (EIE).

La violence utilisée par les pouvoirs publics, à Notre-Dame-des-Landes (N.D.D.L.), à l’encontre des résistants, renforce notre inquiétude. L’annonce de l’arrivée des camions sismiques sur le territoire du permis « Bassin d’Alès », tout comme la reprise des travaux de forage dans le Bassin parisien, ne laisse-t-elle pas présager d’un traitement similaire de nos actions de résistance ?

Présents et solidaires des résistants à N.D.D.L., nous refusons aussi la destruction de nos territoires et lieux de vie.