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(!) Info minute revue de presse

Communiqué | Vendredi 17 Mai 2013

Les deux collectivités territoriales ont décidé de faire appel du rejet de leur recours contre le permis dit de « Château-Thierry ».

HH30 Bassin parisienEn avril 2011 la Région et le Conseil général de Seine-et-Marne ont déposé conjointement un recours contre l’arrêté préfectoral du 12 octobre 2010 qui autorise la société TOREADOR ENERGY à effectuer des travaux de recherches concernant les gaz et pétroles de schiste, notamment sur le territoire de la commune de Doue en Seine-et-Marne.

Suite à son examen du recours en séance publique du 11 avril, le tribunal administratif de Melun a rejeté ce recours. Déterminés à faire obstacle aussi bien à l’exploration qu’à l’exploitation des huiles gaz et pétroles de schiste, la Région et le Conseil général ont décidé de faire appel de cette décision.

Les contrôles inopinés demandés par la ministre de l’écologie depuis l’automne dernier, et le retrait par la préfète de Seine-et-Marne de la phase 2 du « permis de Nemours » le 30 avril les confortent dans leur action.

Pour Jean-Paul Huchon, « la priorité absolue c’est la transition énergétique. L’exploitation de ces ressources n’est pas une solution, même à court terme. Il faut faire des choix. Celui de la Région c’est de promouvoir l’efficacité énergétique et les énergies renouvelables ».

De son côté, Corine Rufet, Vice-présidente en charge de l’environnement, de l’agriculture et de l’énergie, souligne que « chercher du pétrole c’est regarder vers le passé. Avec la transition énergétique nous voulons inventer un nouvel avenir pour les territoires. La Seine-et-Marne est pour la Région un territoire prioritaire en matière d’énergies renouvelables et de préservation de l’environnement ».

Pour Vincent Eblé, Sénateur et Président du Conseil général de Seine-et-Marne, « Depuis 2006, nous nous battons avec nos partenaires pour faire respecter un Plan départemental de l’eau applicable à tous les Seine-et-Marnais : collectivités, agriculteurs et particuliers. Alors que cette politique porte enfin ses fruits, pourquoi remettre en danger la qualité de l’eau quand on sait qu’une mauvaise étanchéité des puits peut conduire à la contamination des nappes phréatiques ? »

Jean Dey, 1er Vice-président du Conseil général chargé de l’environnement et du développement durable rappelle d’ailleurs qu’en Seine-et-Marne, « la nappe du Champigny, qui alimente plus d’un million de Franciliens, connait des restrictions répétées. Elle a d’ailleurs été classée par l’Etat en Zone de Répartition des Eaux (ZRE). Dès lors, il parait parfaitement irresponsable de laisser des pétroliers gaspiller d’immenses quantités d’eau lorsque l’on sait qu’un seul puits, pour une simple fracturation, utilise 15 à 20 000 m3 d’eau ! »

A l’occasion d’un débat organisé ce soir* à Mareuil-les-Meaux (77) par Ile-de-France environnement, dans le cadre du débat national pour la transition énergétique, Corinne Rufet, et Marie Richard, Vice-présidente du Conseil général, iront débattre avec les habitants des enjeux de la transition énergétique.

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Source: Corporate Europe Observatory par Pia Eberhardt, Timothé Feodoroff, Emma Lui, Cecilia Olivet et Stuart Trew

Corporate Europe ObservatoryAlors que les états membres de l’Union Européenne (UE) analysent les conséquencesimage_ceta_fracking_briefing environnementales du développement du gaz de schiste par la fracturation hydraulique, des négociations sont en cours pour un Accord Économique et Commercial Global (AECG) entre le Canada et l’Union Européenne. Controversé, ce dernier permettrait aux investisseurs de contester la décision des gouvernements de réguler ou d’interdire la fracturation.

Ce document met en relief le débat public entourant la fracturation; les intérêts des compagnies pétrolières et gazières dans les réserves de gaz de schiste en Europe et les conséquences que la clause regardant la protection des investissements inclue dans l’AECG pourrait avoir sur le pouvoir des gouvernements de réglementer ou d’interdire la fracturation. Il comprend l’étude de cas de la société Lone Pine Resources Inc. versus le Canada, qui conteste le moratoire sur la fracturation et poursuit le gouvernement canadien en faisant valoir cette clause, et met en garde que cela pourrait se produire en Europe. Il recommande de ne pas inclure le mécanisme de règlement de litige entre les investisseurs et l’État dans l’AECG.

DES GÉANTS DE L’ÉNERGIE NORD-AMÉRICAINE DIRIGENT LA FRACTURATION EN EUROPE

Total, une société française ayant une filiale au Canada, a investi au Danemark, en Pologne et en France. Enimage... 2010, le gouvernement danois a émis deux permis d’exploration à Total, et malgré un moratoire, la société a commencé le forage exploratoire au pays. Total  possède une concession en Pologne. La société a également investi en France avant le moratoire, et a soumis un appel contestant le retrait de son permis. Chevron, une société américaine ayant des filiales au Canada, détient et exploite quatre concessions de gaz de schiste dans le sud-est de la Pologne, et depuis 2012, creuse des puits exploratoires. Avant le moratoire roumain, Chevron possédait une gigantesque concession de gaz de schiste à Bârlad. Chevron détenait également une participation de 50 % dans une société d’exploration et de production en Lituanie.

Au début de 2013, Shell a signé le plus important contrat de gaz de schiste en Europe, une transaction de 10 milliards $ en Ukraine, où elle creusera 15 puits d’essai. En 2011, ExxonMobil a signé un accord avec la société d’état énergétique de l’Ukraine, Naftogaz. La société souhaite exploiter le potentiel du gaz de schiste en Allemagne, en réponse au moratoire de la Rhénanie-du-Nord-Westphalie, Exxon a développé un site Web visant à apaiser les inquiétudes du public.

En collaboration avec Lane Energy, Conoco Philips, une société du Texas, évalue les réserves de 445 000 hectares dans le nord de la Pologne. Il existe d’autres sociétés nord-américaines qui sont intéressées par les réserves de gaz de schiste de l’Europe, notamment Halliburton, Enegi, Talisman et Encana.

Projet traité commercial Canada Union Europeenne

La suite à lire ici

Cyber action en cours                                                                                                    (!) Info minute revue de presse

Traduction libre de l’article publié le 21.04.2013 par Jennifer Brown dans Science in Film

Avant Première de Gasland 2

Gasland 2 premiereLe public s’est levé pour une ovation après la projection du documentaire Gasland 2. C’était la première mondiale du nouveau film sur la fracturation hydraulique qui s’est tenue au Festival du Film de Trebica à New York ce 21 Avril. Ce film montre ce que le cinéma fait de mieux pour informer et éclairer le public sur une question importante de politique mondiale de nos jours.

« Fracking » (la fracturation hydraulique) est devenu un gros mot après avoir contaminé l’eau et les terres des communautés de Pennsylvanie et du Wyoming. La fracturation hydraulique est une technique d’extraction de gaz par forage qui utilise des centaines de produits chimiques toxiques injectés dans des puits profonds. Cette technique permet de briser la roche de schiste et de forcer l’expulsion du gaz de schiste emprisonné sous terre. Gasland, le docu film produit en 2010, suivait la piste sale des produits chimiques. Ceux-ci passaient des forages de gaz vers les cours d’eau puis dans les robinets d’eau des maisons – lesquels s’enflammaient.

Le film Gasland a été nominé pour un Academy Award en 2010. Il a mis au grand jour la question explosive de la fracturation hydraulique et a lancé une bataille environnementale de grande ampleur. Des scientifiques, des médecins, des artistes et des collectifs citoyens ont rejoint cette cause partout à travers les États-Unis. Yoko Ono et Sean Lennon ont fondé Artists Against Fracking (Les Artistes contre la Fracturation Hydraulique) pour mobiliser avec les arts. Le film m’a inspiré l’écriture d’un roman sur la fracturation hydraulique qui est sorti en 2012, appelé Brindle 24 , le dernier jour dans la vie d’une ville.

A présent le cinéaste Josh Fox est de retour avec Gasland 2. Cette deuxième partie de Gasland documente un second type de piste sale, celui de l’argent des compagnies de forage et d’exploitation de gaz qui passe directement dans la poche de nos élus. Fox suggère que notre processus démocratique lui-même est fracturé. Les décisions relatives à la fracturation sont contaminées par les intérêts des entreprises au détriment des petits propriétaires fonciers et de la santé des familles. Dans une vague de contamination intense et généralisée comme celle qui a suivi la fracturation hydraulique, les citoyens avaient le droit de s’attendre à ce que le gouvernement les protège. Cet espoir demeure non réalisé. Mais la lutte pour l’accès à l’eau potable ne va pas prendre fin de si tôt.

Les conséquences de la fracturation

Fracturation hydraulique ..Les conséquences de la fracturation sont présentées dans Gasland 2 par le scientifique Tony Ingrafea de l’Université Cornell[1]. Il montre comment les forages pour l’extraction de gaz en grande profondeur fuient. Le méthane s’infiltre ensuite autour des puits de gaz et contamine les puits d’eau, des ruisseaux et même des aquifères dont de nombreuses communautés dépendent pour leur consommation en eau potable. Le méthane qui s’échappe est toxique tant pour les humains que les animaux et il accélère le réchauffement climatique en contaminant l’air. En outre, les produits chimiques toxiques utilisés dans le processus de forage contaminent l’air, la terre et l’eau à proximité des sites de forage.

D’autres faits scientifiques présentés dans le film nous concernent tous lorsque nous vivons à proximité d’une zone fracturée, il s’agit de l’augmentation des tremblements de terre et des séismes. La fracturation pour l’extraction du gaz se fait par l’injection de produits chimiques toxiques à des pressions extrêmement élevées pour faire sortir le gaz. Ces injections déstabilisent le lit rocheux sous terre et sont liées à un nombre croissant de tremblements de terre. Malgré cela, la fracturation hydraulique est encore pratiquée en Californie à proximité des failles naturelles où les séismes constituent déjà une menace majeure.

Un espoir pour l’avenir

Après le film, le réalisateur Josh Fox a rejoint les familles et sympathisants sur la scène – l’artiste Yoko Ono, l’actrice Deborah Winger, et beaucoup de gens touchés par la contamination chimique liée à la fracturation hydraulique pratiquée près de leurs habitations. Ils ont répondu aux questions de l’auditoire. Les spectateurs ont demandé, comment aider comment s’impliquer de manière solidaire alors que la fracturation hydraulique continue de se développer dans le monde entier. Le message était clair – croyez en votre propre pouvoir et votre capacité à gouverner. Faites entendre votre voix pour tenir les élus responsables de la protection de notre air et de l’eau.

Si l’extraction de ce gaz est trop toxique, les énergies renouvelables comme le solaire, l’éolien et l’hydraulique peuvent alimenter les besoins énergétiques du pays. Un nouvel éclairage brillant dans le débat sur ​​l’énergie est l’analyse des énergies renouvelables pour l’avenir que vient de sortir de Mark Jacobson. Il a également assisté à la première  projection de Gasland 2 et est monté sur scène. Mark Jacobson de Standord a répondu aux questions concernant la transition vers les énergies renouvelables et l’abandon des techniques anciennes et sales comme la fracturation pour le gaz de schiste. Cela s’est terminé sur une note d’espoir, et je me réjouis de plus d’énergies renouvelables et moins de « fracking » pour notre avenir.

Auteure, chercheure, éducatrice en soins de santé Jennifer Brown vit à New York. Elle a publié des romans, des histoires courtes et des poèmes et elle blogue sur la science à « Film Annex » et « ScienceRevolution.org ».
JJBrown a travaillé dans la recherche avant de se tourner vers la fiction. Elle détient un doctorat en génétique issu de son travail avec le prix Nobel Barbara McClintock. Les ouvrages de JJBrown sur la génétique et l’éducation à la santé sont publiés dans de grandes revues dont les travaux sont évalués par les pairs.

Note: Face à la remise en cause de ces projets d’extraction de pétrole et gaz de schiste aux USA, l’industrie pétrolière et gazière met en œuvre une campagne de communication très agressive. Elle s’est même payé le luxe de produire une fausse bande annonce du film GASLAND 2 AVANT même la sortie de la bande annonce officielle du film de Josh Fox ! A lire ici

… ou comment les villageois en Pologne se font envahir par l’industrie du gaz de schiste
Julien Mucchielli | Étudiant journaliste Publié avec l’accord de l’auteur. Précédente publication 11.03.2013 sur Rue89
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Le sous-sol regorge de gaz de schiste, les majors nord-américaines accourent… Et la Pologne se voit déjà autosuffisante. Mais le manque de transparence inquiète.

entree_lewino_pologne_gaz_de_schisteAu bord de la route qui sillonne champs et forêts, un panneau vert annonce en deux langues le hameau de Lewino. Ici, c’est la Cachoubie, une terre qui se targue de posséder sa propre langue et sa culture. Un pays au cœur de la région administrative de Poméranie, où d’innombrables lacs s’étirent et délimitent terres agricoles et forêts de bouleaux.

Les chemins sont déserts, et les cheminées fument – à moins que ce ne soit la brume matinale qui s’accroche aux toits des masures. Au cœur du hameau, encerclé par les champs labourés, une immense dalle de béton arbore en son centre une drôle de vanne rutilante, faisant l’effet d’un phare dans le brouillard. C’est la tête d’un puits qui devrait servir à l’exploration du sous-sol, à la recherche du gaz de schiste dont regorgent les alentours.

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Déception après les fortes estimations US

Le 21 mars 2012, un rapport de l’institut géologique polonais établit les réserves de ce gaz dit non-conventionnel à 1 920 milliards de mètres cubes. En tenant compte des moyens techniques aujourd’hui disponibles, 346 milliards à 768 milliards de mètres cubes seraient directement exploitables. C’est dix fois moins que les 5 300 milliards pronostiqués par une étude de l’agence américaine de l’énergie un an plus tôt.

Qu’importe, cela représente environ 50 ans d’autosuffisance gazière pour la Pologne. Et une aubaine pour les compagnies énergétiques du monde entier.

Essentiellement nord-américaines – sur dix-neuf, deux sont polonaises – ces sociétés affluent, et essaiment leurs puits qui serviront à l’exploration. Le gouvernement polonais leur a cédé des permis à bas prix, décidé à favoriser l’expansion rapide de cette industrie.

La Pologne achète 70% de son gaz à la Russie, à un prix relativement élevé. Les 30% restants proviennent d’Allemagne, qui tient ce gaz de la Russie. La production massive de gaz de schiste assurerait donc, enfin, la sécurité énergétique au pays, tout en l’affranchissant de la tutelle du géant russe.

Des avantages à qui rejoint « cette aventure »

L’emballement pour le gaz de schiste est immédiat. Tout le monde espère enfin se défaire du voisin russe tant redouté, et les médias autant que l’opinion publique approuvent ce progrès, ce « miracle du gaz de schiste ». Le gouvernement compte sur la création de 500 000 emplois directs et indirects, et d’importants bénéfices financiers, notamment fiscaux. Dans son dernier budget, l’Etat prévoit d’investir dans cette industrie 12 milliards et demi d’euros d’ici 2020.

Des lois sur mesure 1 de 2Début 2012, une nouvelle loi entre en vigueur, refondant le droit minier polonais. Cette loi favorise l’exploration du gaz de schiste par les compagnies énergétiques. Le premier ministre Donald Tusk l’expliquait en mai 2012 :

« Il est nécessaire de mettre en place un régime fiscal spécial pour cette manne économique, avec un système juridique qui puisse être profitable aussi bien pour notre propre pays, mais également avantageux pour ceux qui viendront coopérer avec nous dans cette aventure. »

Il s’agit par là de faciliter le travail d’exploration, pour que l’industrie entre dans sa phase d’exploitation le plus tôt possible, devenant économiquement rentable. Le gouvernement espère que ce stade débute en 2014. « Pas avant sept ou dix ans », tempère Andrzej Sikora, directeur de l’institut des études énergétiques, un think tank qui conseille le gouvernement et les compagnies.

Faire baisser les prix du gaz russe

L’expert souligne les difficultés rencontrées par les sociétés de forage, qui ne parviennent pas toujours facilement à déceler les réserves mirobolantes. Un seul forage d’exploration coûte entre 13 millions et 14 millions d’euros, estime PGNiG, l’une des compagnies polonaises qui fore déjà des puits. Selon sa présidente Grazyna Piotrowska-Oliwa, on ne connaîtra pas l’état des réserves avant deux à trois ans. Et une montée en production conséquente prendra au moins dix ans.

Néanmoins, les premiers millions de mètres cubes de gaz de schiste « made in Poland » offriront des arguments supplémentaires dans les négociations avec Gazprom pour faire baisser les prix du gaz russe. Un motif de réjouissance immédiat à Varsovie.

De la vodka pour que tout se passe bien

Les habitants voient ainsi pousser sur leurs terres des dizaines de puits, qui déjà émergent aux quatre coins du pays. Et surtout en Poméranie. Cette région du nord-ouest, très rurale, est la plus riche en gaz de schiste. C’est aussi une région pauvre, pour qui cette industrie est l’opportunité de créer de l’emploi et de la richesse. Et d’assurer l’indépendance énergétique, encore.

« Il est important pour nous d’assurer une indépendance au niveau local, notamment pour éviter les coupures énergétiques dans les périodes de grand froid », plaide Maria Klawiter, jeune femme blonde avenante, chargée de mission pour le gaz de schiste en région de Poméranie.

Pour le compte du gouvernement, elle parcourt les localités du territoire, rencontrant les élus locaux et les habitants. La plupart sont acquis à la cause, ou n’y trouvent rien à redire sur le principe. Il est vrai que les compagnies soignent leur communication. Comme à Lewino, début 2012, où le canadien Talisman Energy a organisé un cocktail, avec victuailles et vodka à profusion, laissant les invités ravis.

Qui exploitera enfin le puits du village ?

Malgré cet emballement, certains habitants de la bourgade s’estiment mal informés. Justyna Kos, une agricultrice quadragénaire, a créé une association qui tente de glaner des informations. Quotidiennement, elle fait des revues de presse, interpelle la compagnie et les pouvoirs publics, pour savoir ce qu’il adviendra du puits de son village.

« Il y a un mois, une annonce dans la presse locale prédisait le retour de Talisman Energy [après le cocktail, ndlr]. Puis, un autre article a affirmé que la compagnie allait fermer son bureau à Varsovie, et quitter la Pologne. La concession serait reprise par des Chinois. »

Il ne s’agit même pas de protester. Tout le monde, sur le principe, est favorable. Mais autant tirer profit de cette aubaine équitablement. Le maire de la commune de Linia, dont dépend Lewino, n’est que déférence face aux aspirations de l’industriel qui bénéficie de facilités administratives.

Monika, l’une des rares à se méfier
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Ailleurs en Cachoubie, au village de Stzeszewo, un puits turbine. Ici, la fracturation a déjà eu lieu, et les travailleurs du gaz s’affairent sur le site. A quelques centaines de mètres seulement, des habitations. C’est là qu’habite Monika Galasiewicz, une jeune femme agent immobilier dans la ville voisine de Lebien.

Elle est l’une des rares à se méfier de la nouvelle industrie. Monika tente d’alerter ses concitoyens sur les dangers environnementaux liés à la fracturation hydraulique. Souvent en vain.

« Pour certains habitants, nous sommes des hurluberlus. “Pourquoi s’opposer à un progrès technique qui nous rapporterait de l’argent ?” Voilà ce qu’ils disent. »

Pourtant selon elle, les dégâts se font déjà sentir. « Ils ont enfoui des résidus de forage dans le champ qui jouxte le puits, tout le monde l’a vu », s’étrangle-t-elle. Ses voisins, eux, profitent des avantages directs liés à la présence des ouvriers.

Menace sur les réserves d’eau (et les agriculteurs)

L’hôtel du coin ne désemplit pas depuis des mois, et plusieurs personnes ont été engagées dans la sécurité du site. « Ils voient les bénéfices à court terme et n’ont rien à faire des conséquences sur la nature », déplore-t-elle, dépitée.

Des lois sur mesure 2 de 2Peu nombreux, les écologistes essaient de s’organiser. Çà et là, émergent de petites associations, comme celle de Monika. Une figure s’impose. Marek Kryda, 54 ans et la moustache fine, est le porte-voix indiscutable de la question verte. Il s’insurge contre la folie du gaz de schiste.

Selon lui, cette industrie est obsolète avant même d’exister. Surtout, il décrie les conséquences graves qu’elle pourrait avoir sur les réserves d’eau de la région. La Pologne en général, et la Poméranie en particulier en manquent cruellement.

Or, pour réaliser une fracturation, 15 000 m3 d’eau sont nécessaires. « Pour l’approvisionnement, ils n’auront d’autre choix que de pomper les nappes phréatiques, au détriment des agriculteurs », dénonce Kryda. Une réelle menace pour les habitants qui vivent essentiellement du travail de la terre et de l’élevage. « En été, le niveau des nappes est très bas. Un pompage intense pourrait conduire à de véritables pénuries », prévient-il.

A Lewino, Justyna Kos confirme que Talisman Energy a rénové les pompes d’irrigation, démontrant la volonté de l’entreprise de s’y raccorder pour alimenter son puits.

Une énergie propre, comparée au charbon

L’eau, la grande affaire. Car à la pénurie pourrait s’ajouter la pollution. La fracturation hydraulique, procédé par lequel on injecte à 800 bars de pression un mélange d’eau (à 93%), de sable et de produits chimiques, a déjà fait des ravages environnementaux en Amérique du Nord. En fracturant la roche, ce mélange se disperse dans le sous-sol, mal contenu par la protection métallique qui isole le puits. Une partie du liquide regagne la surface, et stagne dans un bassin de rétention. Le reste, 30% à 90% selon les études, circule sous terre, et peut contaminer les nappes phréatiques.

Mais les habitants ne semblent guère se soucier des conséquences. Ils écoutent le gouvernement et les compagnies qui leur expliquent que les techniques ont évolué. Plus sûre, plus propre, la fracturation sèche permettrait d’éviter les avaries. Une technique qui, hélas, est loin d’être opérationnelle, mais qui rend le gouvernement optimiste.

Maria Klawiter, elle, martèle que « la fracturation hydraulique n’a aujourd’hui rien à voir avec ce qui s’est pratiqué aux Etats-Unis il y a vingt ans. Elle respecte les standards environnementaux de l’Union européenne, et ne présente presque plus de risques ». Surtout, elle insiste sur la « propreté » de cette énergie, comparée à la combustion du charbon.

« 93% de notre énergie provient du charbon, l’énergie la plus polluante pour l’atmosphère, celle qui produit le plus de gaz à effet de serre. Passer au gaz de schiste nous permettra de réduire notre bilan carbone. »

« Ça en sera fini du tourisme » sur la Baltique

Marek Kryda ne partage pas cet optimisme. D’abord, il fustige tout l’argent investi dans les énergies fossiles, au détriment des énergies renouvelables. Puis, il conteste l’ampleur du nombre de nouveaux emplois. « La plupart des emplois qualifiés seront importés par les compagnies, car nous n’avons pas les ressources nécessaires », prévient-il. Enfin, il alerte sur les conséquences néfastes induites par l’industrie minière, au détriment du tourisme.

« Au bord de la mer Baltique, 80% des gens vivent directement ou indirectement du tourisme. Si des dizaines de puits travaillent le long de la côte, ça en sera fini de ce secteur. »

Plusieurs puits ont déjà poussé sur cette côte bordée d’immenses plages de sable surmontées de dunes. Dans ce coin très prisé en été, où nombre de Polonais viennent s’adonner aux sports nautiques, certains habitants s’inquiètent des forages. Et de l’activité sismique qui en découle : les murs de certaines maisons arborent de nettes fissures sur plusieurs mètres. Résultat direct, selon leurs propriétaires, de la fracturation.

Un espion dans une réunion d’information

Plusieurs s’organisent, exigent des explications et des réparations auprès des compagnies énergétiques. Certains ont pris la fibre écologique. Régulièrement, ils se réunissent, discutent et débattent. Ils ne comprennent pas que les industriels et le gouvernement restent si discrets sur la nature de cette activité. Beaucoup, comme les agriculteurs, assistent à ces réunions sans être engagés, simplement pour s’informer et comprendre.

Début octobre 2012, l’une de ces réunions s’est tenue dans un hôtel de la ville de Leba. Dans l’assemblée, une taupe, mandatée par une compagnie énergétique, enregistre les discussions. L’homme en tire un rapport, qu’il transmet à sa hiérarchie et aux autorités polonaises. La conclusion de ce document relate les grandes décisions prises lors de la réunion : créer un centre de coordination des actions, interpeler les députés, informer le médiateur chargé des affaires citoyennes, demander des rapports sur l’impact environnemental.

Tout cela, consigné à l’adresse du ministère des Affaires étrangères, démontre le souci du gouvernement de ne pas se faire déborder par des activistes qu’ils jugent « écofanatiques ». C’est le quotidien Gazeta Prawna qui a révélé l’espionnage.

« On est pour, sur le principe »

L’issue du combat ne laisse aucun doute, et les écologistes ne se font guère d’illusion. La Pologne, qui se développe à un rythme effréné, a besoin d’énergie. Ne pas recourir à cet eldorado gazier serait perçu comme un renoncement à une expansion économique qui fait la fierté du pays. Alors les puits se multiplient le long des routes de campagne, entre deux champs.

Mais à Lewino, personne ne connaît encore l’avenir du puits foré cette année : fracturera ? Fracturera pas ? Justyna Kos, l’agricultrice, prévient :

« On est pour, sur le principe. A condition qu’il n’y ait aucun préjudice pour l’environnement. Qu’on ne doive pas quitter nos terres polluées. Dans le cas contraire, on s’y opposera. »

Cette semaine en Rhône-Alpes: Agenda ici    NANTUA 16 MARS 2013  (!) Info minute revue de presse
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 Lettre ouverte à:

M Jean-Claude Lenoir, Sénateur de l’Orne,  Sénat                                                                                        

M Christian Bataille, Député du Nord, Assemblée Nationale

Objet : Étude de faisabilité d’un rapport de l’OPECST sur les « techniques alternatives à la fracturation hydraulique pour l’exploration et l’exploitation des gaz de schiste »

Monsieur le Sénateur, Monsieur le Député,

Alors que la nation française débat sur son avenir énergétique, vous avez semble-il déjà tranché en faveur des hydrocarbures non-conventionnels. En effet, le titre de votre étude de faisabilité est éloquent puisque les conclusions sont déjà écrites. Il n’y a pour vous pas le moindre débat de société, mais simplement la question suivante: comment allons nous pouvoir extraire les gaz de schiste et autres hydrocarbures non-conventionnels dans un pays qui a selon vous interdit sans réfléchir la fracturation hydraulique?

Messieurs, vous insultez la démocratie et le peuple dont vous êtes les élus directs ou indirects. Comment expliquez-vous votre impatience ? Avez vous tellement peur des conclusions sans appel des populations de nos régions que vous méprisez et injuriez ainsi?

Messieurs, seriez vous donc sourds et aveugles? Monsieur le député, élu du peuple, n’entendez donc vous pas le peuple hurler son refus d’être sacrifié sur l’autel des intérêts de l’industrie des hydrocarbures? Monsieur le Sénateur, élu des élus, n’entendez-vous pas les maires épaulés par leurs populations vous dire leur refus de voir leur territoire saccagé? Messieurs, vous foulez au pied notre démocratie, votre mandat parlementaire ne vous donne pas carte blanche sur notre avenir.

Messieurs n’êtes vous donc pas conscients que la fracturation de la roche mère est en elle même dangereuse pour l’eau, l’air le sol et le climat car nous ne maitrisons rien? Vous n’avez aucune notion de géologie et encore moins d’hydrogéologie et prétendez rendre un rapport scientifiquement recevable sur des techniques qui bouleversent le sous-sol? Êtes vous donc omniscients?

Messieurs, n’êtes vous pas conscients du dérèglement climatique qui fait peser une terrible menace sur l’humanité toute entière? N’êtes vous pas conscient que se lancer dans l’aventure des hydrocarbures non-conventionnels empêchera nos états européens de réaliser leur transition énergétique et de décarboner leurs économies? Mais peut-être est-ce justement cela que vous souhaitez empêcher?

Messieurs, vous sacrifieriez 5 % de la surface agricole utile d’un tiers du territoire national pour construire plateformes et dessertes routière pour au mieux trois décennies de consommation de gaz?

Messieurs sacrifieriez-vous toute une économie tournée vers l’agriculture labellisée, l’industrie agroalimentaire et le tourisme? Sacrifieriez-vous des dizaines de milliers d’emplois bien réels pour des chimères? Sacrifieriez vous toute la structure sociale de nos régions du sud?

Messieurs, vous qui êtes au crépuscule de votre vie n’avez pas le droit d’entraîner toute une nation dans une nuit que vous ne verrez pas! Lorsque nous récolterons les fruits amers du désastre que vous nous souhaitez, vous ne serez plus là pour être jugés.

Messieurs, vous avez vécu et sans doute fort bien, il est temps de laisser les générations auxquelles vous avez légué les déchets nucléaires et l’angoisse du dérèglement climatique décider elle mêmes de leur avenir. Vous avez fait votre temps, ayez au moins la sagesse et l’humilité de le reconnaitre et laissez la place à ceux qui ont encore la vie devant eux.

Messieurs, vous qui semblez si sûrs de vous, soyez sûrs d’une chose, nous nous battrons et vous chasserons de nos territoires, vous et ceux que vous soutenez contre le peuple, car nous sommes le peuple.

Eric Féraille, Villeurbanne le 5 février 2013

gaspi

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Le réseau rhonalpin des collectifs opposés à la recherche et l’exploitation des gaz et huile de schiste communique

Alors que la réforme du code minier est en préparation, les représentants de l’industrie pétrolière voudraient une nouvelle fois que la réglementation tourne en leur faveur au risque d’être en totale contradiction avec la charte constitutionnelle de l’environnement.

Cela fait près de deux ans que les collectifs anti gaz et huiles de schiste pointent la nécessité d’une réforme en profondeur de la réglementation française concernant le droit minier. Après de vaines promesses préélectorales en 2011, le gouvernement actuel a décidé de se saisir du dossier afin de dépoussiérer ce recueil particulièrement vétuste que constitue le « code minier ». L’industrie pétrolière travaille d’arrache-pied, publiquement et dans les coursives de l’assemblée, afin que cette réglementation soit libéralisée au risque de remettre en cause le principe élémentaire de précaution ainsi que l’indispensable consultation du public telle que le prévoit la charte constitutionnelle de l’environnement.

L’UFIP VEUT UN CODE MINIER PERMETTANT DE ROULER A TOMBEAU OUVERT

fracturation hydraulique-«Quand on réforme le code de la route, ce n’est pas pour bloquer la circulation (…) Les gaz de schiste aux États-Unis : ça va à une vitesse incroyable ! [1]» affirmait ce mercredi 6 février Jean-Louis Schilansky président de l’Union française des industries pétrolières (UFIP) et d’ajouter qu’il y était la semaine dernière. En effet une vitesse telle que les projets vont droit dans le mur ainsi que l’illustre le débarquement par les actionnaires du patron du leader des gaz de schiste aux États-Unis[2] la semaine dernière et les déclarations du patron de TOTAL il y a peu qui parlait d’investissements « pas terribles ». Ces projets vont droit dans le mur lorsque l’on constate les quantités gigantesques de gaz brulées en torchères faute de pipeline pour les transporter[3]. Ces projets vont droit dans le mur lorsque l’on constate leurs impacts sur la santé humaine[4] et animale. Ces projets vont droit dans le mur lorsqu’ils sont menés à grande vitesse sans le consentement des populations informées ou pas. Pour les éventuels gains financiers à court terme de quelques investisseurs, cette industrie va coloniser nos espaces de vie et nos espaces agricoles. L’exploitation des gaz et huile de schiste nécessite la multiplication des puits et l’explosion obligatoire des roches afin de drainer les hydrocarbures en grande profondeur et ceci quelque soit la technique et sans aucune possibilité de réparer les dégâts.

LA FRANCE GAZE, ELLE A DES RESSOURCES SCIENTIFIQUES ET DES IDÉES DÉCARBONNÉES POUR UNE TRANSITION ÉNERGÉTIQUE INÉLUCTABLE

Si l’UFIP (qui s’apprête à publier une brochure intitulée : « et si la France avait à la fois du pétrole, du gaz et des idées ? ») souhaite faire la promotion des ressources minières dont disposerait la France dans les grands tréfonds de son sous-sol, il est nécessaire de rappeler que la Pologne, dont on vantait il y a peu les réserves gigantesques de gaz de schiste, a revu ses projections en les divisant par 10. Le géant Chevron a abandonné ses projets dans ce pays en 2012. Les investissements gigantesques que représenteraient l’exploitation des hydrocarbures de roche mère, sources d’énergie carbonée et émettrices de gaz à effet de serre et les énormes subventions et avantages fiscaux accordés à cette industrie[5], devraient être transférés et consacrés à des solutions durables et moins nocives à la santé des populations. C’est bien cela qui devrait gouverner le débat et les choix sur la transition énergétique en France, c’est bien cela que doit favoriser l’excellente recherche française à laquelle il est urgent de consacrer des moyens en rapport aux défis de représentent le changement climatique et la poursuite du développement de nos sociétés.

[1] AFP  et Enerpresse 06 février 2013

[2] Bilan.ch 30 janvier 2013 « L’affaire Chesapeake fait exploser la bulle » : http://www.bilan.ch/argent-finances-les-plus-de-la-redaction/laffaire-chesapeake-fait-exploser-la-bulle

[3] Le Figaro 29 janvier 2013 « Les gaz de schiste brûlés visibles depuis l’espace »  http://www.lefigaro.fr/environnement/2013/01/29/01029-20130129ARTFIG00433-les-gaz-de-schiste-brules-visibles-depuis-l-espace.php

[4] Répertoire des personnes souffrant des effets du fracking, Pennsylvania Alliance for Clean Water and Air  http://pennsylvaniaallianceforcleanwaterandair.wordpress.com/the-list/

[5] http://priceofoil.org/wp-content/uploads/2012/05/Fossil-Fuel-Subsidies-vs-Climate-Finance-2-pg.pdf

RÉSEAU RHÔNALPIN DES COLLECTIFS OPPOSES À L’EXPLOITATION DES GAZ ET HUILES DE SCHISTE

Adaptation française par stopgazdeschiste.org  d’un article d’Ellen Cantarow publié en anglais sur EcoWatch.org

Pourquoi, au juste, la fracturation hydraulique est-elle une industrie dévastatrice? La meilleure façon de décrire sa singularité, son immensité, sa différence par rapport à d’autres industries et la menace pour la planète?

Suite de la première partie

Quand j’ai interviewé le Dr Anthony Ingraffea Professeur de génie, chargé de l’enseignement à l’Université Cornell et président de la société « Médecins, scientifiques et ingénieurs pour une énergie saine», j’ai réalisé que ses explications étaient peut-être les plus claires et les plus instructives de tout ce que j’avais déjà entendu sur le fracking. J’ai donc élargi l’entrevue initiale pour inclure les réflexions d’Ingraffea sur son cheminement ayant mené un initié de l’industrie à un farouche adversaire du fracking, avec ses descriptions d’une nature fascinante avec ses formations schisteuses vieilles de 400 millions d’années ainsi que, précisément, ce que font les industriels lorsqu’ils perturbent ces créations de la nature.

Q. Que pensez-vous qui soit le plus dangereux dans la fracturation hydraulique?
A. Le problème n’est pas le « fracking » en tant que tel. L’industrie pétrolière et gazière a fait du foin autour du mot « fracking » (fracturation hydraulique) pour tenter de noyer le problème. Ils disent: «nous avons fait cela pendant 60 ans et il n’y a jamais eu de cas [problème] documenté … »

Le [« Fracking« ] correspond à une période de temps relativement brève dans le cycle de vie de cette gigantesque industrieforage gaz de schiste lorsque l’eau mélangée à des produits chimiques et du sable est injectée dans les puits de forage et le schiste est à nouveau fracturé. C’est finalement quelque chose de très, très éloigné des gens qui se passe. Il faut des mois, voire des années pour complètement développer et exploiter un « pad » de gaz de schiste moderne. Cela pourrait prendre des mois pour traiter et transporter le méthane sur le marché. Le processus de fracturation lui ne prend que quelques heures par puits.

Les gens qui sont contre la fracturation hydraulique ne pensent pas à tout ce qui se passe avant et après. C’est pourtant beaucoup plus risqué pour la santé humaine et l’environnement. Le plus grand risque pour l’eau, c’est quand les produits chimiques de fracturation sont stockés à la surface puis injectés par pompage vers le bas pour la fracturation, puis lorsque ceux-ci ainsi que les substances nocives qui avaient été séquestrés dans la roche retournent à la surface après la fracturation dans ce qui est appelé effluent de forage.

L’opération de « fracking » en tant que tel présente des risques limités pour la qualité de l’air, mais les polluants issus des gaz d’échappement des moteurs diesel et les émissions de méthane associées aux processus d’excavation, de forage, la déshumidification, la compression, le traitement et le transport du gaz par pipeline présentent de graves problèmes pour la qualité de l’air et le réchauffement climatique. L’élément le plus important de l’exploitation des gaz de schiste qui semble tout simplement ne pas être compris par beaucoup est son intensité spatiale. Il s’agit d’une forme extrême de l’exploitation des combustibles fossiles en raison du nombre très élevé de puits très profonds, de la longueur totale verticale et latérale des forages et du volume du fluide de fracturation requis pour parvenir à une exploitation significative de ces formation schisteuses !

DÉVASTATION DES PAYSAGES, AIR EMPOISONNÉ

fracking_google_earth_largeAlors qu’est selon moi la plus grande menace pour les humains liée à l’exploitation des gisements non conventionnels de gaz naturel à partir des formations schisteuses à travers le monde? Et si je voulais être plus précis en tant qu’ingénieur, à proprement parler, quelle est la plus grande menace que constituent ces champs d’exploitation percés par une multitude de forages, à l’aide de gros volumes de fracturations hydrauliques et de longs forages latéraux? Finalement c’est ça le problème. C’est parce que cette activité hautement industrielle occupe beaucoup d’espace, une activité qui implique bien plus que forer-le-puits-fracturer-le-puits-connecter-le-pipeline-et-on-s-en-va, une activité qui nécessite bien plus de terrains à défricher, beaucoup de forêts et de champs à dévaster. Il y a la nécessité de construire des milliers de kilomètres de pipelines qui engendre à nouveau la destruction de forêts et de champs. Il y a également la nécessité de construire de nombreuses stations de compression, ces installations industrielles qui compriment le gaz pour leur transport par gazoducs et qui brûlent d’énormes quantités de diesel. Elles sont très bruyantes et émettent du CO2 dans l’atmosphère. Puis, il y a la construction de fosses à déchets et bassins d’eau douce qui là encore nécessitent de gros travaux de génie impactant, du matériel de construction lourd, engendre des émanations gazeuses produites par les déchets dans les bassins de rétention ainsi  qu’énormément de circulation de poids lourds, ce qui entraîne à nouveau la combustion de grandes quantités de diesel, l’augmentation des dégâts sur les routes et les ponts ainsi qu’un risque accru pour la circulation au milieu de ce trafic de poids lourds.

UNE INDUSTRIE SANS FRONTIÈRES

Pour à peu près toutes les autres industries qu’on puisse imaginer, comme de fabriquer de la peinture, des grille-pains ou des automobiles, ces formes traditionnelles de l’industrie sont implantées dans des zones industrielles, à l’intérieur defracking1 bâtiment, séparés des maisons d’habitation, des fermes et des écoles. Nous avons été suffisamment sages grâce à notre manière de nous civiliser pour nous rendre compte que l’industrie lourde doit être confinée dans des espaces clos. Et voilà qu’à l’inverse le secteur pétrolier et gazier nous informe que nos maisons, nos écoles, nos hôpitaux, même s’ils sont implantés dans des zones résidentielles, doivent devenir partie intégrante de leur industrie ! Dans la plupart des états, les lois sur le pétrole et le gaz supplantent les règlements d’urbanisme. Elles permettent aux industries du pétrole et du gaz d’établir leur prochaine industrie à l’endroit où nous vivons. Nous sommes invités à vivre à l’intérieur de leurs espaces. Ils nous imposent l’obligation d’implanter nos foyers, hôpitaux et les écoles à l’intérieur de leur espace industriel.

Q. Quand et comment avez-vous commencé à informer les gens à propos de la menace de cette industrie?

A. Deux choses se sont produites. Il y a quatre ans, lorsque le business du gaz de schiste à touché New York, j’ai pris conscience des publicités à la radio, à la télévision, dans les journaux, des articles écrits dans les journaux, les éditoriaux, qu’il s’agisse de grands journaux comme le New York Times ou des journaux locaux. Et ce que j’y lisais était étonnamment imprécis. Quand ce n’était inexact, hors sujet ou incomplet. Ma première réaction d’ingénieur a donc été, ils ne disent pas toute la vérité, les points essentiels ne sont pas abordés.

J’ai été invité par certains de mes copains de pêche – au passage les pêcheurs ont un intérêt direct pour l’eau non polluée- ils m’ont demandé de donner une conférence à la section locale de la société de pèche[1]. C’est comme ça que j’ai commencé mes conférences publiques. Et c’est ce qui m’a fait me plonger plus profondément dans la littérature de l’époque, la littérature technique sur le pétrole et l’ingénierie, et c’est ainsi que j’ai commencé à comprendre ce qu’est l’exploitation du gaz de schiste.

Q. Alors, pourriez-vous nous parler des principaux domaines où vous pensez que se trouve le danger?

fracking public landsA. Les puits (d’eau) ont été contaminés à un rythme significatif. L’industrie disait: «Quand on fore des puits certains puits fuient, mais cela arrive rarement.» J’oppose à cela: « ça se passait rarement, maintenant ça arrive plus fréquemment ».
Il y a la menace mondiale du réchauffement climatique, il y a la menace locale de la contamination des ressources en eau, et il y a la menace régionale de la contamination de l’air ainsi que des eaux de surface et souterraines, tout ceci étant exacerbé par l’intensité de l’occupation spatiale de cette industrie extractive. Parce que vous avez une multiplication des zones de forage, l’exploitation industrielle ayant recours à des moteurs diesel fonctionnant pendant de longues périodes dans de vastes régions engendre le brouillard et la création d’ozone au niveau régional. Il y a des problèmes de qualité d’air en raison de la nature même de l’exploitation des gaz de schiste. On rencontre également des problèmes de qualité de l’eau au niveau régional en raison d’accidents ou de rejets intentionnels de déchets dans les eaux de surface.

Les gens ont besoin de respirer de l’air. Les gens ont besoin de boire de l’eau. Les gens ont besoin de vivre dans un climat acceptable, lequel devrait être stable. Ceci nécessite deux choses. Voir la communauté où vous vouliez vivre et où vous avez vécu toute votre vie prendre votre relève, et l’environnement, l’eau, l’air, le climat, la flore la faune, tout ça est menacé. Ces deux menaces se trouvent sur le spectre de santé par rapport à la richesse. C’est la santé du plus grand nombre face à la richesse de quelques-uns.

Q. Alors, êtes-vous pour l’interdiction de cette industrie?

A. Ma position est la suivante. Lorsque l’exploitation du gaz de schiste n’a pas encore eu lieu, il faut l’interdire. C’est tout. Là où elle a déjà démarré, adopter de stricts règlements, examiner la conformité avec ténacité, appliquer des règles intransigeantes et lorsqu’elles ne sont pas appliquées infliger des amendes qui signifient vraiment quelque chose. Les Dix Commandements sont «règlements», mais les mots seuls ne nous mènent pas très loin.

LA TRANSITION VERS L’ÉNERGIE DURABLE

Enfin, là où tout autre combustible fossile est en cours d’exploitation, ralentir sa production et son utilisation aussi rapidement que possible, en tenant compte de toutes les facettes de ce problème fort complexe. Vous ne pouvez pas interrompre l’utilisation de combustibles fossiles aujourd’hui et vous tourner vers les énergies renouvelables demain. Mais nous devons commencer à réduire l’utilisation de combustibles fossiles des aujourd’hui et accélérer l’utilisation de carburants renouvelables. Et c’est là que les complications arrivent, celles de la politique, de l’économie et de la sociologie.

Q. L’exploitation du gaz de schiste n’a pas encore commencé dans votre propre État celui de New York. Le mouvement dans l’État de New York a réussi à éviter ça pour une longue période. Quelle est la prochaine étape?

A. Un commentaire sur les règlements de l’administration environnementale [État de New York]. L’administrationdemocracy environnementale aurait du passer les trois dernières années de moratoire sur les gaz de schiste à faire les bonnes choses: pas de politique adoptée tant que de rigoureuses études scientifiques sur l’environnement, la santé humaine et les impacts économiques n’auront été effectuées et validées. À mon avis, l’administration environnementale n’a pas effectué d’études scientifiques rigoureuses sur l’environnement, la santé humaine et les impacts économiques. Elle aurait du passer les deux dernières années à faire l’évaluation des impacts là où l’exploitation de ces gaz de schiste a déjà lieu, formant ainsi une base d’information pour la validation. Ils ne l’ont pas fait. Au lieu de cela, ils ont déjà proposé des règlements, ce qui aurait dû être la dernière chose à faire si et seulement si les études avaient été effectuées et validées. Je comprends que la démocratie est compliquée, mais la partie désordonnée ne devrait concerner que la politique, pas la partie scientifique.

 

Vous pouvez visiter la page FRACKING d’EcoWatch en anglais  pour plus d’information sur ce sujet.


[1] Trout Unlimited : http://www.tu.org/

Adaptation française par stopgazdeschiste.org  d’un article d’Ellen Cantarow publié en anglais sur EcoWatch.org

Pourquoi, au juste, la fracturation hydraulique est-elle une industrie dévastatrice? La meilleure façon de décrire sa singularité, son immensité, sa différence par rapport à d’autres industries et la menace pour la planète?

Quand j’ai interviewé le Dr Anthony Ingraffea Professeur de génie, chargé de l’enseignement à l’Université Cornell et président de la société « Médecins, scientifiques et ingénieurs pour une énergie saine », j’ai réalisé que ses explications étaientDr. Anthony Ingraffea peut-être les plus claires et les plus instructives de tout ce que j’avais déjà entendu sur le fracking. J’ai donc élargi l’entrevue initiale pour inclure les réflexions d’Ingraffea sur son cheminement ayant mené un initié de l’industrie à un farouche adversaire du fracking, avec ses descriptions d’une nature fascinante avec ses formations schisteuses vieilles de 400 millions d’années ainsi que, précisément, ce que font les industriels lorsqu’ils perturbent ces créations de la nature.

Ingraffea est peut-être plus connu comme co-auteur d’une étude de l’Université Cornell de 2011 qui a établi le bilan de gaz à effet de serre de l’exploitation du gaz de schiste comme étant supérieur à celui de tout autre combustible fossile comme le charbon. Le chercheur principal de cette étude sur l’effet de serre produit par l’exploitation du méthane issu des formations « schisteuses », souvent appelé « L’étude de Cornell », est Robert Howarth, professeur d’écologie et de microbiologie. La troisième co-auteure est l’assistante de recherche Renée Santoro.

Ingraffea a été chercheur principal dans des projets de recherche et de développement allant de la National Science Foundation, la NASA à travers Schlumberger, l’Institut de Recherche sur le Gaz[3], les Laboratoires de recherche Nationaux Sandia[4], L’Association des Ingénieurs du Fer et de l’acier[5], General Dynamics, Boeing et Northrop Grumman Aerospace. Après avoir été depuis si longtemps au service de l’industrie, il est devenu un adversaire redoutable pour toute personne qui ose s’opposer à lui dans un débat sur la fracturation hydraulique intensive.

Sa passion pour la justice sociale a influencé sa carrière d’enseignant. Il a favorisé l’entrée des femmes et des minorités dans le métier d’ingénieur. Il a reçu plusieurs distinctions parmi lesquelles celle du « professeur de l’année » en 1997 décernée par la Société des Femmes Ingénieures[6], mais aussi en 2001 le prix Daniel Luzar ’29 de l’excellence en enseignement décerné par le College of Engineering. Il a organisé et dirigé la Synthesis National Engineering Education Coalition. Sa mission: l’amélioration de la formation des ingénieurs de premier cycle et l’attrait d’un plus grand nombre de femmes et de minorités sur le terrain.

Ceux qui ont vu Ingraffea en action le connaissent pour sa simplicité et sa clarté, son refus de mettre en accusation ses adversaires sur tout, son approche  rigoureuse, sur des bases scientifiques, la logique avec laquelle il les démolit et son sens de l’humour. Il y a quelques années, vers la fin d’une longue conférence en Pennsylvanie (voir la vidéo ci-dessous), Ingraffea mentionnait que sur le site Internet d’Halliburton Corporation la société mentionne l’acide chlorhydrique (HCl) parmi ses produits chimiques de fracturation. Halliburton note également que l’acide chlorhydrique est couramment utilisée dans la préparation des olives noires.

Ingraffea: « C’est vraiment agréable de savoir que… » dit-il,  il attend quelques secondes la réaction de son auditoire (rires). Avec sa couronne de cheveux blancs, le sourcil noir et un visage tout droit venu de Sicile. Ce visage regarde maintenant son public étonné avec espièglerie. « Donc je suis maintenant censé moins craindre les olives noires? » Pause – rire… « ou avoir plus peur de l’acide chlorhydrique utilisé dans la fracturation? »
Il sourit, secoue la tête et reprend l’air crédule « Je ne sais pas à quoi on veut en venir. De toute évidence, avec 50 000 gallons de l’acide chlorhydrique, et il doit être acheminé par camion et stockés sur le site, et il est injecté [sans être] dilué … parce qu’il doit aller là-bas au fond et faire son boulot, qui est de dissoudre toutes ces merdes dans les perforations du schiste!  Donc me dire que c’est également utilisé dans la préparation des olives noires ne m’apporte aucune information. Ça m’agace ! » Pause, plus de rires. « Et je vais continuer à manger des olives noires, le fruit de la passion des Siciliens ! »

Q. Pouvez-vous nous parler de votre carrière antérieure et comment vous en êtes arrivés à vos points de vue actuels?

A. Au début avec un diplôme en génie de l’aérospatiale de Notre-Dame, et quelques années à la « Grumman Aerospace Corporation » je m’orientais vers une carrière d’astronaute. Les choses se passèrent différemment : la guerre du Vietnam, la première crise énergétique, je m’orientais finalement vers une carrière universitaire, et j’ai commencé à étudier la mécanique des roches en 1974 à l’Université du Colorado. Ma thèse de doctorat portait sur la propagation des fissures dans la roche. Peu d’entre nous sont entrés dans ce domaine, mais avec cette première crise énergétique, c’était comparable au défi d’aller sur la lune: comment obtenir plus d’énergie [à partir de combustibles fossiles] dans la roche. J’ai commencé des recherches sur ce sujet pour la NSF [L’Institut National des Sciences] et le DOE [Ministère de l’Energie] en 1978, et ai commencé à recevoir des fonds de recherche ainsi que des conseils de l’industrie pétrolière et gazière en 1980. Ce soutien de l’industrie a continué jusqu’en 2003, avec une grande partie en provenance de l’Institut de Recherche sur le Gaz[7] (maintenant appelé l’Institut Technologique du Gaz) et de Schlumberger[8].
Le travail avec Schlumberger mettait l’accent sur divers aspects de la fracturation hydraulique. Le seul contact que j’ai eu avec le développement du gaz de schiste était en 1983-1984. J’ai passé ma première année sabbatique au Laboratoire national Lawrence Livermore à travailler sur ce qui s’appelait alors au ministère de l’Énergie le « Projet du schiste dévonien de l’Est ». Nous avons utilisé la simulation informatique pour essayer de comprendre la rupture du schiste déjà fracturé. [Le schiste a déjà des fractures naturelles: voir les commentaires d’Ingraffea ci-dessous] Mais il s’est avéré être une impasse, personne ne savait comment le faire, ça ressemblait à un problème insoluble.

LA NAISSANCE DE FRANKENSTEIN

Les fractures dans le schiste sont apparues naturellement, il y a des millions d’années. Et ce réseau de fractures naturelles est essentiel pour le « fracking ». Si la roche n’avait pas été fracturée par la nature, l’homme ne pourrait pas la fracturer et la re-fracturer efficacement. Mais puisqu’elle est déjà naturellement fracturée, il n’y a aucun moyen humain de savoir où le fluide de fracturation ira.  En mathématiques ce qu’on appelle le « chaos non linéaire » s’applique ici, c’est-à-dire que le moindre changement au départ engendre un énorme changement dans les résultats.
Ce n’est qu’en 2007 ou 2008 que j’ai appris qu’on avait découvert le moyen de le faire. J’ai été atterré par la solution mise en œuvre qui était le développement à grande échelle de la fracturation hydraulique dans une multitude de puits avec de longs forages latéraux. C’était comme si j’avais travaillé sur quelque chose toute ma vie et que quelqu’un vienne et le transforme en Frankenstein.

Q. Pourriez-vous expliquer ce que sont ces forages latéraux?
A. Le forage latéral est la partie qui serpente à travers la couche de schiste quelle que soit la direction que prenne celui-ci.

Q. Et le liquide de fracturation (slickwater)?
R. Slickwater, c’est le nom donné au fluide de fracturation. Il a été mélangé avec un lubrifiant car contrairement à ce que vous pourriez penser, l’eau n’est pas suffisamment « glissante » ou visqueuse pour faire le travail.

Q. Pourrions-nous revenir sur le fracking? Y a-t-il un seul puits?
A. Oui. Dans ce qu’on appelle la fracturation conventionnelle pour le gaz naturel classique, il n’y a qu’un seul puits par bloc. C’est parce que l’on espère atteindre un grand volume avec une forte concentration de gaz, comme une bulle piégée si vous voulez. Or ce n’est pas le cas dans le cas des gisements non conventionnels, où le gaz est éparpillé, non concentré, donc on a besoin de percer un peu partout avec de nombreux forages  par puits et de nombreux puits par bloc.

aerialFracking 

 

Q. Qu’est-ce qu’un « pad? » Est-ce du ciment?

A. [rires] Non, on fait simplement référence à une zone. Le « pad » est la zone que l’opérateur utilise, celle nécessitée pour mener l’ensemble des opérations de forage et de fracturation, de stockage,  pour l’eau douce ainsi que pour la rétention des eaux usées. Si vous regardez les photographies aériennes, tout ce que vous voyez-toutes les plates-formes de forage, de camions etc. ce sont des « pads ». Et bien sûr ce système qui requiert la multiplication des puits, signifie le développement de beaucoup de puits dans la région, et l’agencement des « pads » les uns à côté des autres, c’est ce que l’on peut constater lorsqu’on survole la région. Il y aura un « pad » à un mile (1,5 kilomètre) au nord, un autre à un mile au sud, encore un à un mile à l’est, et un autre à un mile à l’ouest (…/…)

Le développement moderne avec l’exploitation du gaz de schiste est, à mon avis, l’inverse de ce que la nature a fait au cours dr-frankensteindes 400 derniers millions d’années. Avec le développement de l’exploitation du gaz de schiste, nous libérons le carbone que la nature a stocké pendant tout ce temps. 400 millions d’années ont été nécessaires à la nature pour le stockage souterrain du carbone et de l’eau dans les océans. Et maintenant, les humains débarquent et veulent libérer le carbone et le font en prenant l’eau douce à la surface de la terre et en la séquestrant sous terre. Et nous l’obtenons par l’injection par pompage de l’eau vers le bas. Et ceci au moment même dans l’existence de l’humanité où le réchauffement climatique provoqué par l’émission excessive de dioxyde de carbone et de méthane et où la pénurie d’eau sont des problèmes mondiaux ! Pour moi, c’est « Frankensteinien », diabolique, un processus mortel.

Q. Que pensez-vous qui soit le plus dangereux dans la fracturation hydraulique?

A suivre deuxième partie … les conséquences de l’industrie de l’extraction des hydrocarbures dits de schiste

Ellen Cantarow a été journaliste pendant les 35 dernières années, et une écrivaine publiée depuis les années 1960. Ses écrits sur Israël et la Palestine ont été largement publiés. Elle s’est plus récemment penchée sur les questions environnementales, en particulier sur l’impact du « fracking » sur les communautés. Elle est contributrice de EcoWatch, CBS News, The Nation, Alternet, La Revue européenne de l’énergie, Le Monde Diplomatique, Al-Jazeera English et bien d’autres.


[3] Gas Research Institute

[4] Sandia National Laboratories

[5] Association of Iron and Steel Engineers

[6] the Society of Women Engineers

[7] Gas Research Institute