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Rassemblements et manifestations le 22 septembre
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06 septembre 2012 Communiqué de presse du collectif 07

La Société Mouvoil SA demande l’autorisation de faire circuler des camions sismiques en Ardèche et dans le Gard. Les Collectifs Stop au gaz et huile de schiste en appel aux citoyens.

Le Collectif 07 a appris hier que la Société Mouvoil SA, détentrice du Permis « Bassin d’Ales », à cheval sur l’Ardèche et le Gard, à demandé aux Préfectures de chacun de ses départements de faire circuler des camions sismiques (voir carte ci-contre).

Cette demande est en cours d’étude auprès des préfectures, mais aucune date de rendu n’a été mentionnée. Il a été précisé que les maires de communes concernées seront contactés « pour avis » dans le cadre de cette étude. Il faut tout de même rappeler que le Président de cette société avait annoncé ces travaux pour « après les vendanges et avant les fortes pluies ».

Les Collectifs lancent un appel aux citoyens

Les habitants de l’Ardèche et du Gard sont invités à participer à la vigilance et à se préparer à bloquer ces travaux si ceux-ci étaient autorisés :
1.    VIGILANCE : redoubler de vigilance et signaler au comité de veille du Collectif 07 (06 23 66 15 51) toute circulation de véhicules suspects, annonces en mairie… Les Collectifs rappellent qu’il est important de passer par ce numéro et le site internet afin qu’ils puissent vérifier l’information avant d’alerter la population.
2.    COORDONNEES : Les personnes souhaitant être prévenu en cas d’alerte sont invitées à faire passer leur n° de téléphone portable par courriel à contact@stopaugazdeschiste07.org. L’alerte sera transmise par SMS par le Collectif 07 en même temps qu’aux pyramides téléphoniques mises en place depuis un an.
3.    COMMUNICATION : Tous peuvent participer à l’effort de communication en faisant suivre cette information ou en participant à la campagne d’affichage en cours dans les communes. Contacter le Collectif 07 pour plus d’informations.

L’éventualité d’études sismiques sur ces territoires étant connue, la Commission VIA du Collectif 07, en partenariat avec les Collectifs du nord du Gard, ont préparés plusieurs scénarios d’actions non-vlolentes. Toutes les informations seront transmises au moment opportun.

Réunion publique sur le Permis Bassin d’Ales le 13/09/2012 à 20h00

Les Collectifs Stop au gaz et huile de schiste tiendront une réunion publique à Barjac le jeudi 13 septembre 2012 à partir de 20h00, afin d’expliquer les risques particuliers inhérents au permis Bassin d’Alès et à la zone géologique qu’il recouvre.
Ce permis vise en particuliers de forer à 1400m de profondeur. Il prévoit également l’utilisation d’une technique de fracturation, ce qui paraît extrêmement risqué dans cette zone dont le sous sol karstique comporte de nombreuses failles dans lesquels l’eau circule.
Cette réunion sera aussi l’occasion de préciser en quoi consistent des travaux sismiques.

COLLECTIF 07 STOP AU GAZ DE SCHISTE                         Plus d’information sur le permis du bassin d’Alès

Contact presse : Jean Louis Chopy – 04 75 36 72 83 / coordination@stopaugazdeschiste07.org            Télécharger le communiqué de presse

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Rassemblements et manifestations le 22 septembre
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« Le Conseil d’Etat se dit préoccupé par l’autorisation donnée à des compagnies pétrolières de mener des forages aux portes du canton ».

Selon le journal la Tribune de Genève,  Genève s’inquiète de voir des compagnies pétrolières mener bientôt des forages en France voisine pour trouver du gaz de schiste. Le Conseil d’Etat a donc écrit au préfet de la région Rhône-Alpes, Jean-François Carenco, pour lui faire part de ses «vives préoccupations» et des «craintes, oppositions et interrogations au sein de la population genevoise».

Toujours selon le quotidien suisse, « Le Conseil d’Etat demande au préfet de l’informer de toute demande visant à réaliser un forage exploratoire dans la région. Le gouvernement genevois veut également être tenu au courant des mesures prises pour protéger les eaux transfrontalières ».

Le Préfet Carenco connaît parfaitement de dossier puisque, rappelons-le, il était directeur de Cabinet du Ministre Borloo quand les permis de Villeneuve de Berg, de de Montélimar et de Nant ont été octroyés aux Compagnies TOTAL et SHUEPBACH.

Rappelons également que la loi française du 13 Juillet 2011 qui devait interdire l’exploration et l’exploitation du gaz de schiste ne fait qu’interdire le recours à une technique (la fracturation hydraulique) sans même la définir.

Malgré les diverses annonces, la porte reste ouverte aux projets de forages hydrocarbures. Alors que les pétroliers sont à la manœuvre, LES COLLECTIFS APPELLENT A UNE VIGILANCE ACCRUE PARTOUT EN RHÔNE-ALPES DU NORD AU SUD.

Amis et voisins suisses venez nous rejoindre à Aix les Bains le 22 Septembre 2012 pour manifester votre opposition à ses projets dans le cadre de la journée mondiale contre le fracking.

Dès les élections terminées, les pétroliers ont lancé leur contre-attaque massive au cours de l’été  dans les médias nationaux avec les mêmes « éléments de langage » : convenablement exécutée, la fracturation hydraulique ne serait pas si dangereuse pour l’environnement, et puis, comment pourrions-nous passer, en ces temps où la  récession nous guette, à côté d’une telle source d’économies et d’emplois ? Et nous sentons plus qu’un flottement dans les rangs de nos gouvernants, farouches opposants il n’y a pas si longtemps !

Ne nous laissons pas abuser ! Les preuves de la toxicité de l’exploitation des hydrocarbures non conventionnels pour les humains, l’environnement et même pour l’économie s’accumulent aux USA malgré les dénégations des pétroliers. Les gaz et pétrole de schiste ne seront ni une béquille pour notre économie, ni une transition vers des énergies moins polluantes : l’encouragement à la sobriété, la recherche de l’efficacité énergétique et le développement des énergies renouvelables peuvent nous apporter beaucoup plus, et plus vite !

Les gaz et pétrole de schiste sont un « secteur fondamentalement non rentable » selon le Fonds d’Investissement étatsunien PNC. Ce « modèle économique ne marche tout simplement pas » selon le Cabinet IHS Drilling Data. Nous sommes en face d’une « bulle financière » qui va exploser laissant l’environnement et l’économie durablement dévastés dans les pays qui s’y seront engagés.

Des organisations de tous pays ont décrété le 22 septembre 2012

Journée mondiale contre les gaz et pétrole de schiste et la fracturation hydraulique.

De nombreuses manifestations seront organisées en France et partout dans le monde. Nos départements sont directement concernés : permis de recherche des Moussières et de Gex en cours de validité, demandes de permis de Lyon-Annecy, Gex Sud, Blyes, Montfalcon, Préalpes.

Le Collectif Non au Gaz de Schiste Pays de Savoie et de l’Ain appelle tous les citoyens de nos régions à se rassembler à Aix les Bains le 22 septembre au Cinéma Victoria à partir de 10 h. puis devant la Mairie à 13h. 30 pour s’informer et dire:

Non aux gaz et pétrole de schiste !

Non à la fracturation hydraulique !

Ni ici ni ailleurs !

Oui à la transition énergétique !

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Par NICOLAS THIERRY Conseiller en politique publique (Publié avec l’accord de l’auteur, tribune précédemment publiée dans le journal Libération)

En France, le lobby pro-gaz de schiste ne manque pas de ressources pour monopoliser le débat. Il a récemment musclé son dispositif de communication de manière inquiétante. En manipulant les vrais enjeux soulevés par le sujet.

Il faut se rendre sur place pour comprendre : aux Etats-Unis, les gaz de schiste ouvrent une nouvelle ère pour les énergies fossiles. Soutenus par le gouvernement fédéral, les industriels voient dans ce nouveau réservoir la clé d’une véritable révolution énergétique. A l’inverse du gaz conventionnel, les ressources en gaz de schiste sont mieux réparties sur le globe. Les chiffres manquent encore de précision, mais l’Agence internationale de l’énergie (AIE) estime le sous-sol français (particulièrement le bassin parisien et le sud-est du pays) comme l’un des plus prometteurs.

Aussi, les compagnies gazières expliquent-elles au public et aux décideurs politiques qu’une «exploitation propre» est possible : les dizaines de millions de litres d’eau polluée, les fuites de méthane ou autres impacts irréversibles sur l’environnement inhérents à la fracturation hydraulique ne seraient bientôt que de vieux souvenirs. Mais ces affirmations sont peu crédibles pour ceux qui ont pu approcher un site d’exploitation et constater les dégâts.

La réalité est en effet tout autre : les multinationales tentent de confisquer un débat plus large dont les conclusions nous engagent à très long terme. Focaliser les discussions sur les aspects techniques de l’exploitation des gaz de schiste, c’est admettre implicitement la nature acceptable de cette ressource. La véritable interrogation ne concerne-t-elle pas plutôt la place des énergies fossiles dans les politiques économiques et écologiques de demain ?

Car le débat est profondément politique, au sens le plus noble du terme : seule l’absence de considération des enjeux climatiques et durables expliquerait qu’on accepte de développer ce type d’énergie fossile en France. Le positionnement de nos dirigeants sur ce sujet sera un puissant révélateur du projet de société réellement souhaité par notre classe politique.

Les prochains mois seront le cadre de deux événements importants. Mi-septembre aura lieu la conférence environnementale pilotée par le ministère de l’Ecologie, du Développement durable et de l’Energie. Quelques semaines plus tard, le gouvernement présentera un projet de loi de réforme du code minier. Dans ces conditions, on comprend aisément l’importance du lobbying développé depuis quelque temps par les industriels du secteur. D’ailleurs, l’arsenal propagandiste pourrait rapidement s’étoffer. Au programme ? Des notes orientées envoyées aux cabinets des élus, des voyages de presse formatés proposés aux journalistes, une campagne de communication largement déployée sur les réseaux sociaux… Nous pourrions même assister à la naissance de comités d’experts destinés à rendre des avis positifs sur les gaz de schiste en dénonçant des opposants trop idéologues !

Or les arguments avancés ne tiennent pas, et plusieurs éléments doivent attirer notre attention. Le marché européen des gaz de schiste est fort différent de celui des États-Unis. Une étude réalisée en décembre 2010 par l’Oxford Institute for Energy Studies et validée par l’AIE démontre que le coût d’exploitation et de développement des gaz non conventionnels serait deux à trois fois plus élevé en Europe qu’aux États-Unis. Dans le meilleur des scénarios, pour des raisons géologiques et juridiques, le prix serait proche du gaz russe importé et supérieur au prix des gaz provenant d’Afrique et du Moyen-Orient.

Par ailleurs, il existe aujourd’hui sur le marché des leviers d’action alternatifs beaucoup plus puissants pour notre développement économique. Une autre voie, articulée autour des économies d’énergie et des énergies renouvelables, présente le considérable avantage d’intégrer deux éléments fondamentaux : la finitude des ressources de notre planète et la fragilité des équilibres naturels dont nous dépendons. Partout où les gaz de schiste sont exploités, les autres modes de production énergétiques sont gravement menacés. Aux États-Unis par exemple, l’engouement pour l’exploitation du gaz non conventionnel se fait au détriment du nucléaire ou du charbon, qui ne peuvent s’aligner sur les prix bas de cette ressource.

Mais les principales victimes sont les énergies renouvelables qui, en plein essor, ont besoin d’un soutien politique sans faille et d’un cadre réglementaire stable et ambitieux pour arriver à supplanter les énergies fossiles. Aussi avons-nous de quoi nous inquiéter pour notre avenir, si les choix qui s’offrent à nous aujourd’hui ne sont pas considérés comme des choix de civilisation.

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LES COLLECTIF RHONALPINS  OPPOSES A L’EXPLORATION ET L’EXPLOITATION DES « GAZ ET HUILE DE SCHISTE  » APPELLENT A LA MOBILISATION POUR LES PROCHAINES SEMAINES:

Il est demandé à tous les collectifs et organisations de relayer cette information en leur sein et de mobiliser les citoyens sur ces quelques actions importantes:

NOUS RAPPELONS JUSTE QUE RIEN N’EST FINI ET QUE LA MOBILISATION DE TOUT UN CHACUN EST NÉCESSAIRE.

- Malgré les résultats probants obtenus en 2011 (moratoire, loi du 13 juillet 2011 interdisant la fracturation hydraulique …) rien n’est acquis et les lobbies sont à la manœuvre tant auprès de la presse que des ministères pour relancer le débatsur les gaz et huile de schiste.- Les permis en cours et les prochains travaux prévus notamment en Seine et Marne, dans l’Ain voire dans le Gard (et les communes du sud Ardèche) sont des sources d’inquiétudes et de mobilisation tant les compagnies mettent en avant des arguments leur permettant de ne pas être concernées par le loi de juillet 2011.

- Total, qui a déposé un recours auprès du Tribunal Administratif contre l’abrogation de son permis de Montélimar peut légitimement espérer récupérer son permis. La société Schuepbach a également entamé des démarches concernant ses permis abrogés en octobre 2011 (Nant et Villeneuve de Berg)

- Rappelons encore que malgré la loi de juilllet 2011, le code minier permet, sous certaines conditions bien définies, de disposer librement des produits extraits lors des recherches d’exploration.

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APPEL À MOBILISATIONS AUTOUR DES ACTIONS SUIVANTES :
- JOURNÉE MONDIALE D’ACTION CONTRE GAZ ET HUILES DE SCHISTE.
Le 22 septembre à St Christol lez Ales à partir de 11h00Dans le cadre de la journée internationale « Global Frackdown Day », les collectifs du Sud de la France vous invitent à participer nombreux, à venir militer, échanger ou vous informer.
Infos affiche et programme très bientôt iciL’organisation de cette journée tourne autant sur l’information que sur des débats, des échanges participatifs et militants autour de stands ateliers et de tables rondes. Les prises de paroles sur scène seront donc limitées.

Témoignages (Québec, Pologne,Guatémala …), stands/ateliers d’information et d’échanges(les permis, infos scientifiques, juridiques, VIA…), débats/ échanges, stands des collectifs, stands associatifs, animations musicales, théâtrales, enfantines ; buvette/restauration légères.

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- OPÉRATIONS CARTES POSTALES: C’est les vacances mais le gouvernement donne des signaux contradictoires sur le dossier des gaz et huile de schiste.  Montrons notre détermination et notre mobilisation. Envoyons leur des cartes postales !

  • A l’initiative du collectif Non au Gaz de schiste des pays de Savoie et de l’Ain: Voir les cartes postales ici
  • Le Collectif 07 préconise un envoi massif la semaine 35, dernière semaine d’août afin qu’elles arrivent pour la conférence environnementale des 13 et 14 Septembre 2012. Infos et cartes postales ici .

les 26,27 et 28 octobre 2012

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- CONGRÈS DU PARTI SOCIALISTE À TOULOUSE
les 26,27 et 28 octobre 2012

La rentrée sera aussi politique et juridique.
Plusieurs collectifs ont émis l’idée d’une action de fort soutien à l’aile du parti Socialiste qui s’oppose aux gaz et huile de schiste et qui préconise une transition énergétique.

Pour ce faire il est possible de signer en masse la « Contribution thématique contre l’exploitation des hydrocarbures de schiste « 

Extraits :
Les sections du Parti Socialiste dans les territoires concernés par des permis d’exploitation de gaz ou d’huile de schiste ont largement participé aux mobilisations citoyennes qui ont freiné les projets des compagnies pétrolières et gazières. Les collectivités publiques dirigées par des élus socialistes ont en grande majorité fait adopter des motions de principe s’opposant à l’exploitation des gaz et huiles de schiste sur leur territoire. Le changement de majorité politique du printemps 2012 a créé un espoir dans la population touchée par ce danger imminent. Nous ne devons pas la décevoir.

L’article sur le site du Collectif 07         Signer la contribution sur le site du PS

COLLECTIFS, MOBILISONS NOUS POUR CES QUELQUES ACTIONS IMPORTANTES

NO GAZARAN !
NI ICI NI AILLEURS, NI AUJOURD’HUI NI DEMAIN

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Avec son accord, article initialement publié le 27 juillet 2012 par sur Propagando Manipulens et Et Faits Planète

Le gaz de schiste, si vous ne savez pas encore de quoi il s’agit, informez-vous. GASLAND , révèle ce qu’il faut en savoir pour prendre une position éclairée. Après avoir vu ce film, bien peu de gens sont prêts à se positionner pour l’exploitation des gaz de schiste. C’est bien simple, même des élus de droite sont officiellement contre…

En tout cas, selon l’industrie des pétroliers, il fallait faire quelque chose. Il n’aura fallu que quelques mois pour décider quoi. Employer une firme de relations publiques pour orchestrer la propagande.

Pour, tout d’abord, dégommer Gasland. En préparant une réponse point par point aux faits montrés dans le film. Le nouveau court métrage de Josh Fox, le réalisateur de Gasland, est d’ailleurs en ligne… Il s’agit d’une réponse à cette réponse faite par les industries du gaz à son premier film. (Vous suivez? Non? Alors l’objectif des pétrolier est déjà atteint….). On y apprend que l’entreprise de relation publique employée pour mener cette basse tache  est la même que celle qui a fait prendre 10 ans de retard à la lutte anti-tabac…

Pour, ensuite s’ouvrir la porte des grand media pour introduire du doute et proposer l’exploration. (Qui sera décrite comme la”solution intermédiaire raisonnable” alors qu’elle n’est, extérieurement et du point de vue des conséquences, pas différente de l’exploitation. Et qu’elle n’a pas de sens si on ne veut pas…exploiter ensuite!!!)

C’est l’édito de la Une du monde du 25 juillet : “N’enterrons pas le débat sur les gaz de schiste.”où, en introduction on se pose la question : “Faut il vraiment, a priori, renoncer à cette ressource ?”

Le simple fait de poser la question est déjà un positionnement face à l’état d’esprit ambiant. Il s’agit d’une tentative de remettre la balle au centre. “Dans le fond…“/ “Après tout…” / ” A-t-on raisons de…” Des expressions qui servent toujours à rouvrir le dossier.

Et quand il est ouvert, c’est le déversement d’arguments :

La France a une position de principe, rappelée le 20 juillet par Delphine Batho, la ministre de l’écologie : jugée trop dangereuse, la fracturation hydraulique y est prohibée. Mais comment savoir, inventer, progresser si l’exploration même est interdite ? Les arguments des scientifiques sont sérieux, ceux des pétroliers aussi.

Etats-Unis sont peut-être à la veille d’une nouvelle phase de croissance” “les pétroliers américains ont perfectionné les techniques de fracturation hydraulique.” “Leur dépendance au pétrole importé ne cesse de diminuer, de même que leurs coûts énergétiques.

Le seul argument négatif (Il faut bien en donner un, on fait mine d’ouvrir un débat, je vous rappelle…) est immédiatement contré :

Plusieurs études scientifiques tirent pourtant le signal d’alarme. La fracturation hydraulique serait dangereuse pour la nature et pour l’homme. De fait, Washington prépare des normes d’exploitation plus sévères.

Ce qui n’est pas dit dans cet “article”, ni même dans le gros dossier des pages intérieures, c’est que les USA ont déjà des lois, sur l’eau notamment mais aussi sur l’exploitation. Ces lois n’étant pas faites respectées (Revoyez Gasland) par une autorité indépendante, ou juste ignorées par les industrielles auxquels on fait confiance quand ils disent “Tout est normal”. Dans ces conditions, le durcissement de la loi ne changera rien.

Ce qui n’est pas non plus dit dans l’article, c’est qu’il fait suite à un voyage au USA, un grand “reportage” au Texas.

Financé par Chesapeak Energy Corporation, exploitant de… gaz de schiste (dont notre Total bien de chez nous possède 25%) !

C’est le site arretsurimages.net qui s’en fait l’écho.

Il relaie également le fait que France 2 a fait un sujet au JT, le 17 Juillet de la même teneur. On y voit le dangereux Claude Allègre y faire du storytelling dans les règles de l’art (“Interdire la prospection mais pourquoi? Imaginez, vous êtes assis sur un tas d’or, mais vous ne voulez pas le savoir?” [sourire moqueur]) Il oublie de signaler “or radioactif” pour que l’image soit parfaite. Et puis, quel intérêt de savoir qu’il y en a? Si on préfère le laisser là où il est, autant ne pas savoir qu’il y est, non? ) On y entend le président de l’Union des Industrie Pétrolière, marchant sous de beaux arbres verts, assener point par point les arguments que nous allons, j’en suis certain, entendre massivement dans les semaines à venir : ça crée des emplois et c’est une ressource, donc ça crée de la croissance et de la compétitivité. Temps d’antenne cumulé pour les 2 : un tiers du sujet soit 1 minute. Temps d’antenne pour le maire de commune positionné contre, 10 secondes. Il aura juste servi de caution, histoire de dire qu’il a eu pluralité des opinions exprimées. Quant aux diagrammes qui illustrent le tout, il sont carrément pro-exploitation. L’un parle des USA et explique qu’on a créé 600 000 emplois. L’autre est incomplet au possible et laisse apparaître l’exploitation comme une chose nette et contrôlée. Il aurait pu être fait par Total.

France 5 fait pareil le 24 juillet. un “C dans l’air” avec 4 experts dont 3 pour et 1 bôf.

Le 17 juillet, le patron de GDF-Suez Gérard Mestrallet déplorait dans La Tribune que le gaz de schiste soit “devenu un sujet tabou” en France.

Mais avant même cela, le 12 Juillet, c’est Claude Perdriel, grand patron, entre autre de presse, et membre du conseil de surveillance du Monde(!), qui signait une tribune ouvertement pro-gaz de schiste dans un de ses propres journaux, Challenge… Même rengaine “100 000 créations d’emplois” “Usine sauvée” avec une subtilité supplémentaire “Augmentation du pouvoir d’achat car baisse des coûts de chauffage.” pour aboutir à la même conclusion “Cela mérite peut-être d’y réfléchir” (Qu’est ce qu’on a fait jusque là???)  Et je passe sur les bassesses rhétoriques que sont les appels à la peur ou la minimisation…

12,17, 17, 24, 25 juillet, autant de sujets “pour” en aussi peu de temps, avec quasiment tous les mêmes angles d’attaque et conclusions… L’industrie de la propagande pro-gaz est lancée à plein régime en prévisions de la rentrée… Il va falloir faire avec et, j’aimerais vous rappeler que, dans ce cas, et en complément de l’information sur le gaz de schiste, toute aussi importante, la clef de la réussite dans la lutte contre le gaz de schiste pourrait bien se trouver dans l’autodéfense intellectuelle. Au risque de se retrouver dans un “débat” qui ne servirait qu’à nous faire perdre de notre énergie en de vaines discussion, à détourner l’attention des problèmes, et, au final, à nous obliger à laisser du terrain aux pétrolier.

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Par Jacques CAMBON, co-président du collectif Non au Gaz de Schiste Pays de Savoie et de l’Ain – Publié le 14 07 2012 sur le site du collectif

Monsieur,

Dans votre tribune dans Challenge du 12 juillet vous venez joindre votre voix à la campagne d’opinion lancée par les pétroliers en faveur de l’exploitation des gaz et pétroles de schiste. On peut effectivement considérer  que certains avantages économiques sont plus importants que la santé de nos concitoyens et la préservation de nos ressources en eau et de notre climat, mais on n’a pas le droit de nier les impacts de la fracturation hydraulique observés aux États Unis ou au Canada. Affirmer que « sur 18 000 puits forés aux États Unis il n’y a eu aucun problème grave ou dangereux » n’a pas de sens puisque ce sont des centaines de milliers de puits qui ont été forés : qu’en est-il des autres? Comment peut-on passer aussi vite sur les témoignages et les études scientifiques qui ont conduit en mai 2011 le « Secretary of Energy » à faire « définir les mesures immédiates à prendre pour améliorer la sécurité et la performance environnementale du fracking » et en juin 2011 la Chambre des Représentants à demander à l’ »Environment Protection Agency » un programme de recherche sur la fracturation hydraulique, notamment sur son impact sur les ressources en eau ?

Quant à l’avantage économique que l’on peut en espérer, il est plus que douteux : la mise sur le marché étasunien de gaz de schiste en grande quantité a certes fait baisser le prix du gaz de de 8,4 USD/MBtu en 2008 à 2,8 USD/MBtu en 2009. (1 million British thermal Unit = 28 m3 de gaz), mais avec le résultat paradoxal de voir le prix d’extraction de ce gaz, autour de 8 USD/MBtu, devenir supérieur à son prix de vente. Alors certains, dont le New York Times, n’hésitent pas à parler de « bulle spéculative » : en annonçant des ressources considérables, et donc des espoirs de gains en proportion, les pétroliers ont attiré les investisseurs qui ont massivement financé leurs entreprises. Et ces entreprise doivent maintenant continuer à rechercher et à exploiter le gaz de schiste pour conserver la confiance de leurs actionnaires et éviter l’effondrement boursier, même si cette activité est « intrinsèquement non rentable » selon un analyste financier de la PNC Wealth Management cité par le New York Times, qui conclut que « les investisseurs risquent de perdre leur argent et les consommateurs de payer le prix fort ». 

La volonté d’expansion mondiale de cette activité qui après les USA et le Canada, touche aujourd’hui l’Europe, l’Afrique, l’Asie apparaît alors comme une gigantesque fuite en avant dont la chute finale sera dramatique pour l’économie mondiale. Ne commettons pas la même erreur que notre ancien Président de la République qui voulait introduire en France les prêts hypothécaires pour résoudre le mal logement, un peu avant que ces mêmes prêts ne provoquent la crise des « subprimes » !