Articles Tagués ‘gaz de schiste’

19 octobre Global Frackdown – Journée Mondiale contre le fracking      (!) Info minute – Revue de Presse

FRACTURATION HYDRAULIQUE LETTRE AUX MEMBRES DU CONSEIL CONSTITUTIONNEL

Objet : QPC 2013-346

Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs les membres du Conseil Constitutionnel

2, rue de Montpensier 75001 PARIS

Prochainement, vous étudierez et statuerez sur la QPC 2013-346 posée par M. SCHUEPBACH sur la constitutionnalité des articles 1 et 3 de la loi n°2011-835 visant à interdire l’exploration et l’exploitation des mines d’hydrocarbures liquides ou gazeux par fracturation hydraulique et à abroger les permis exclusifs de recherches comportant des projets ayant recours à cette technique.

Citoyennes et citoyens, nous nous permettons de vous faire part de nos inquiétudes. Comme vous le savez, le gaz de schiste n’est pas une énergie fossile comme les autres. Sa recherche, par la seule technique existante utilisée par les industriels – la fracturation hydraulique – a des impacts sur la quantité et qualité de l’eau des nappes alluviales et des rivières.

Elle nécessite d’énormes quantités d’eau, alors que le réchauffement climatique produit peu à peu ses effets.

L’Agence de l’Eau Rhône Méditerranée et Corse a publié en septembre 2012 un rapport de synthèse des connaissances sur les impacts du changement climatique sur l’eau dans le grand Sud-Est français : « Moins de neige, une eau plus rare et aléatoire, des rivières plus basses en été : les nouvelles données du changement climatique obligent à repenser la gestion de l’eau. Région la plus sensible de France au changement climatique, cette région connaît déjà des situations de pénuries d’eau sur 40 % de son territoire, d’où l’urgence d’envisager des mesures d’adaptation ambitieuses ».

De plus, les procédés d’épuration des eaux issues de la fracturation hydraulique et contenant du méthane et les résidus des environ 600 produits chimiques utilisés n’existent pas.

C’est pourquoi nous sommes déterminés à protéger l’eau de nos territoire menacée par les permis de recherche. Modestement, nous considérons qu’autoriser la fracturation hydraulique serait contraire au principe de précaution et à la Charte de l’environnement.

Dans l’attente de votre décision qui sera importante pour l’avenir de notre région, croyez Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs, à notre considération distinguée.

Rhône-Alpes le 16 septembre 2103

Les Collectifs Stop au Gaz et Huiles de Schiste

Télécharger, adaptez, imprimez et envoyez cette lettre (pdf 16 ko)
Article à propos de l’examen de la QPC le 24 sept par le Conseil Constitutionnel

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Mardi 2 juillet 2013 – COMMUNIQUE DE PRESSE DES COLLECTIFS ET DES ASSOCIATIONS CONTRE LES GAZ ET HUILES DE SCHISTE ET DE HOUILLE

Chevron fragilisé par la résistance des paysans et résidents de Zurawlow en appelle à la force publique pour les expulser

Les collectifs français et les associations contre les gaz et huiles de schiste et de houille ont appris qu’un ordre d’expulsion des paysans et des résidents du village de Zurawlow ( Province de Zamosc au sud est de la Pologne) a été signé.
polpol1Depuis le 3 juin 2013, ils luttent contre la société multinationale Chevron pour s’opposer à leur projet de tests sismiques, précédant l’installation de puits de forages non conventionnels de gaz de schiste sur leur territoire.
Ils veulent protéger et défendre leurs terres contre cette future exploitation gazière polluante qui conduirait à terme à contaminer leur eau, leur sol, leur air. Ils avaient déjà été confrontés, lors d’essais sismiques précédents, à une pollution de leur eau. Elle avait été rendue impropre à la consommation suite à une forte turbidité des puits artésiens provenant des fortes vibrations provoquées par l’utilisation d’explosifs.
Les collectifs français et les associations contre les gaz et huiles de schiste et de houille dénoncent cette mesure d’expulsion utilisant la force publique, alors que Chevron refuse d’écouter la population et que les autorités locales, sous la pression gouvernementale, n’aident pas à résoudre ce conflit en cours.
Nous dénonçons cette décision d’expulsion qui fait suite à de nombreuses mesures d’intimidation et de pression intolérables, de menaces de sanctions, dont sont victimes les paysans et les associations polonaises qui tentent d’apporter leur soutien et ce, dans un pays membre de l’Union Européenne !
Nous nous indignons de ces pratiques visant à créer un climat de peur et cherchant par le mensonge à discréditer cette action légitime de protestation pacifique. Nos amis polonais nous rappellent que « toutes les licences accordées à Chevron par le ministère polonais de l’Environnement sont situées sur les trois plus grands réservoirs d’eau souterrains en Pologne, de sorte que le risque de pollution générale de l’eau dans la région est très fort »
Comme nos amis polonais, nous ne pouvons nous résigner à laisser impunément cette compagnie détruire et sacrifier des territoires et des paysages construits patiemment par des générations qui ont cherché à ménager les espaces et les ressources présentes.
Nous refusons qu’en Pologne et ailleurs, la vie des territoires, la Terre et l’Eau, biens communs, soient indéfiniment accaparés par les intérêts de ces compagnies pétrolières et gazières. Nous demandons aux autorités polonaises que cette ordre d’expulsion, qui conduirait à une escalade de cette légitime opposition, soit annulé.
Nous demandons aux autorités polonaises de prendre toutes les mesures nécessaires pour assurer le retrait de Chevron et préserver cette région du développement destructeur de l’extraction de gaz de schiste.

NI ICI, NI AILLEURS – NI AUJOURD’HUI, NI DEMAIN !

Signataires : Collectif Basta ! Gaz Alès (30 Gard), Collectif Roquedur – le Vigan (30 Gard), Collectif Causse Méjean – Gaz de schiste NON ! (48 Lozère), Inter-collectif du 22 septembre sud (30 Gard- 34 Hérault), Collectif stop gaz de schiste 69 (69 Rhône-Alpes), Collectif Isérois Stop GRHM 38 (38 Isère), Collectif 91 NON au gaz de schiste (91 Essonne), Collectif Montpellier et Littoral contre les gaz de schiste (34 Hérault), Collectif non au gaz de schiste Pays de Savoie et de l’Ain (73, 74 01, Savoie, Haute Savoie, Ain), Ecolectif Dégaze Gignac et Environs (34 Hérault), Collectif d’Anduze (30 Gard), Collectif de Florac (48 Lozère), Association Stop au gaz de schiste-Non al gas d’esquist 47 (47 Lot et Garonne), Collectif citoyen du Narbonnais – Non Gaz et Pétrole de Schiste (11 Aude), Collectif Garrigue – Vaunage ( 30 Gard), Collectif Île de France contre les gaz et pétrole de schiste (région Île de France), Collectif 07 Ardèche (07 Ardèche), Collectifs 83 Non au Gaz de Schiste (83 Var)

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Selon les informations recueillies auprès de la DREAL (Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du Logement) Rhône-Alpes, la situation au 11/06/2013 est la suivante pour les permis de recherche d’hydrocarbures liquides ou gazeux qui la concernent.

  • Permis octroyés :
    • Permis de Gex : valable jusqu’au 28 mai 2014. La DREAL a bien noté qu’il s’agissait de « réservoirs caractérisés par leur faibles porosité et perméabilité ». Pas de DOT (Demande d’ouverture de travaux) à ce jour.
    • Permis de la Plaine d’Alès : valable jusqu’au 1er avril 2014
    • Permis du bassin d’Alès : valable jusqu’au 30 mars 2015. L’instruction de la DOT sismique est suspendue en l’attente de l’expertise en cours sur la nature des travaux
  • Demandes de prolongation :
    • Permis des Moussières : permis arrivé à échéance le 4 mars 2013. Une demande de renouvellement pour 5 ans a été déposée  en novembre 2012 et il semble que ce renouvellement ne soit pas une simple formalité. L’examen de la recevabilité est toujours en cours d’examen par la DREAL, qui précise que, durant la période d’examen de 15 mois maximum, aucune DOT ne pourra être recevable au titre de la « continuité des travaux de recherche » puisque ceux-ci n’ont jamais commencé.
  • Demandes de permis :
    • Permis de Blyes : avis défavorable de la DREAL (Hydrocarbures non conventionnels) le 28 mars 2012, attente de la décision ministérielle
    • Permis de Gex Sud : avis défavorable de la DREAL (Hydrocarbures non conventionnels) le 12 décembre 2012, attente de la décision ministérielle
    • Permis d’Abondance : avis d’irrecevabilité de la DREAL (dossier incomplet) et du Préfet de Haute Savoie le 31 décembre 2010, attente de la décision ministérielle
    • Permis Préalpes : avis défavorable de la DREAL (Hydrocarbures non conventionnels) le 8 octobre 2012, attente de la décision ministérielle
  • Permis abrogés et demandes rejetées :
  • Notre avis

Tout d’abord un rappel: les services déconcentrés de l’État donnent  un avis mais c’est PARIS qui décide. Le tout puissant CGEIET donne sa recommandation aux ministres concernés sur la décision finale à prendre.

Au regard de ce qui précède et de ce que nous connaissons, la logique voudrait qu’aucun des permis ne débouche sur des travaux de recherche et qu’aucune des demandes ne débouche sur un permis de recherche. Car comme nous le répétons depuis 2011, ce qui motive les compagnies ce sont bien ces hydrocarbures difficiles d’accès (dans des gisements non conventionnels, il n’y en a pas d’autre), dans des géologies complexes et fragiles. Donc restons extrêmement vigilants car les industriels et autres chercheurs d’or noir chassés par la loi de juillet 2011 veulent à nouveau rentrer par la fenêtre. Soyez assurés qu’il tenteront tout pour parvenir à leur fins au mépris de l’intérêt et du souhait des populations locales. Le serpent rampe on ne lui a pas écrasé la tête, il peut planter ses crochets à tout moment. De plus les procédures de recours en justice introduites par les titulaires des permis abrogés ne sont pas achevées, elles peuvent elles aussi réserver de mauvaises surprises.

! RESTONS MOBILISES et à l’écoute au début de l’été !

En Rhône-Alpes, privilégions le développement des énergies propres et renouvelables, la relocalisation et le tourisme.

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(!) Info minute revue de presse

« Les syndicats tous unis pour défendre les gaz de schiste » titre le quotidien gratuit 20 minutes dans son édition du 29 mai. De quoi s’inquiéter !

les syndicats pour le gaz de schisteMais 20 minutes n’est pas à une approximation près : «les» syndicats en question sont les mêmes –tiens, tiens- que ceux qui ont signé le fameux accord ANI qui détricote le code du travail pour permettre à ceux qui ont (encore) un emploi de travailler plus pour gagner moins avant de perdre leur travail pour de bon. On y retrouve, à côté des syndicats patronaux (MEDEF, CGPME et UPA), la même brochette de syndicats collaborationnistes : CFDT, CFTC et CFE-CGC. Les «poids lourds» du syndicalisme n’y sont pas ! Ouf !

Mais comment ces syndicats-là, même minoritaires, justifient-ils l’injustifiable ?

D’abord par l’amélioration de la balance commerciale et de l’indépendance énergétique du pays. Les experts du MEDEF n’ont-ils donc pas expliqué aux syndicalistes que, selon le rapport des ingénieurs généraux des mines du CGEIET[1] (Conseil général de l’économie, de l’industrie, de l’énergie et des technologies), lesquels ne sont pas des opposants à l’extraction, l’exploitation des gaz et huiles de schiste permettrait au mieux d’assurer la moitié de notre consommation actuelle de gaz naturel pendant 25 ans ? Soit en fait moins de 10% des hydrocarbures que nous importons aujourd’hui : pas négligeable en montant, mais on pourrait faire bien mieux avec des économies d’énergie. Rien non plus à espérer avec de tels volumes en termes de prix de l’énergie en Europe, c’est la Commission européenne qui le dit[2]. Quant à l’indépendance énergétique, on en resterait bien loin !

L’autre argument, « décisif » pour ces syndicalistes, ce sont les emplois créés. Il est vrai que le bureau d’études SIA a affirmé que l’exploitation des gaz de schiste pourrait créer 100 000 emplois en France. Cette évaluation, largement relayée par la presse dominante, est fondée sur des données américaines[3] (volontairement ?) mal interprétées, et s’avère malheureusement plus que fantaisiste[4][5]. Les ingénieurs du CGEIET estiment, dans le même rapport, ces extrapolations inappropriées et chiffrent à «quelques centaines» les emplois (précaires et peu qualifiés pour la plupart) à espérer. Et il faudrait aussi chiffrer les destructions d’emplois dans l’agriculture et le tourisme qu’induirait l’industrialisation massive des régions concernées…Et que dire du coût sanitaire et environnemental qui en résulterait, et viendrait plomber la sacro-sainte quête de compétitivité ?

Y- aurait-il eu «un peu» d’intoxication de la part du patronat envers des syndicalistes naïfs ? Ou d’autres intérêts communs inavouables ? Nous ne doutons pas de la réaction indignée de la CGT, de FO et de SUD qui devraient rapidement dénoncer cette assimilation de quelques syndicats minoritaires à TOUS les syndicats français. Nous attendons aussi avec impatience, mais un peu moins de certitude pour certains d’entre eux, leur prise de position contre la recherche et l’exploitation de ces hydrocarbures non conventionnels, nocifs pour l’environnement immédiat, le climat planétaire et l’économie, tant française que mondiale.

JC


[1] Les hydrocarbures de roche-mère en France – Rapport du Conseil Général de l’industrie, de l’énergie et des technologies  et du Conseil Général de l’environnement et du développement durable – février 2012
[2] Unconventional gas : potential energy market impact in the European Union –  European Commission Joint Research Centre – 2012
[3] Marcellus shale workforce needs assessment – Marcellus shale education and training centre – juin 2009
[4] Gaz de schiste: SIA et les 100 000 emplois bidons – Octobre 2012

[5] Trois questions à Thomas Porcher – Agir pour l’environnement 2 Mai 2013

« Réinventer la croissance , agir ensemble pour une dynamique économique« , MEDEF, CGPME, UPA, CFDT, CFTC, CFE-CGC mai 2013 : les pages où l’on évoque les gaz de schiste

 

(!) Info minute revue de presse

Article de Nora Eisenberg traduit par nos soins initialement publié par AlterNet le 27 mars 2013 en partenariat avec GlobalPossibilities.org

Les fuites dans les systèmes de production et de distribution de gaz peuvent engendrer des niveaux de gaz à effet de serre plus élevés que les autres combustibles fossiles comme le charbon et le pétrole.

gaz-pipelineLa semaine dernière (ndt en mars 2013), les enquêteurs qui étudient les niveaux de fuite de méthane dans Manhattan ont communiqué des résultats préliminaires alarmants. L’industrie du gaz et Con Edison[1] estiment à 2,2% le niveau de fuite dans ses réseaux de distribution et à une fuite alors que, selon le Fonds pour la Défense de l’environnement (Environmental Defense Fund), au-dessus de 3,2%, le gaz naturel cesse d’avoir un avantage climatique par rapport aux autres combustibles fossiles. Mais l’étude a révélé un taux de fuite cumulatif de plus de 5%  lors de la production et de la livraison de gaz naturel. À ces niveaux, le gaz naturel –composé à 93% de méthane – a un effet de serre beaucoup plus puissant que le charbon ou le pétrole brûlé, ont déclaré les auteurs de cette étude.

« Ces rapports offrent l’analyse la plus rigoureuse des taux de fuite à ce jour« , a indiqué à Alternet Al Appleton, ancien commissaire du Département de la Protection Environnementale de la ville de New-York, « ce qui représente une réalité préoccupante pour l’environnement. » L’étude a été menée par Gas Safety Inc de Southborough, Massachusetts, pour Les Citoyens de Damas pour le développement durable (DCS) , une organisation environnementale de la Haute Vallée du Delaware qui a été à la pointe de l’activité anti-fracking dans la zone du Marcellus Shale[2].

Lors de la combustion, le gaz naturel de méthane produit du CO2, mais à un taux deux fois moindre que le charbon ou le pétrole, ce qui a contribué à la réputation du gaz naturel comme étant le combustible fossile le plus propre. Dans l’atmosphère, cependant, le méthane (CH4), composant principal du gaz naturel, est un puissant gaz à effet de serre , qui comme le CO2 absorbe le rayonnement infrarouge de la Terre et contribuant au réchauffement de la planète. En effet, ramené en poids et au fil du temps (100 ans), le méthane réchauffe 20 fois plus que le dioxyde de carbone.

Gas Safety, Inc. a enregistré les données sur les émissions réelles au cours d’un déplacement de plus de 250 kilomètres dans les rues de Manhattan. Le système de mesure de fuites utilisé comprenait un spectromètre[3] combiné avec un système GPS et un système de contrôle par ordinateur. Installé dans un véhicule équipé d’une durite de prélèvement d’air montée sur le pare-chocs arrière, (avec l’orifice d’entrée orienté vers le bas à environ 30 centimètres au-dessus de la surface de la chaussée, et l’antenne GPS sur le toit), le dispositif mesure et enregistre les niveaux de méthane dans l’air au-dessus de la chaussée avec une précision de quelques parties par milliard environ quatre fois par seconde. Le système GPS embarqué enregistre simultanément l’emplacement de l’instrument lors de l’échantillonnage. L’enquête a révélé de nombreuses fuites, certaines importantes, et peu à des niveaux de méthane acceptables.

Selon le Dr Bryce Payne, l’un des auteurs du rapport, « La fuite de méthane dans le système desservant New York à travers ConEd est probablement déjà à un niveau où les fuites de méthane ont autant ou plus d’impact sur le climat que le reste de gaz (environ 95%) qui est réellement brûlé par les consommateurs à New York. » Le rapport indique que « la perte de seulement quelques pour cent de gaz pendant la production, le transport, la distribution et l’utilisation est d’une importance capitale pour la gestion et la planification présentes et futures des systèmes nationaux et internationaux d’approvisionnement et d’utilisation ».

fracking marcellus ShaleLa mise en œuvre de la fracturation hydraulique à grande échelle dans les profonds gisements de gaz de schiste rend le gaz naturel non seulement abondant mais relativement peu cher, avec à présent près d’un tiers de l’électricité de la nation produite au gaz. La conscience nationale sur les dangers de la fracturation hydraulique – qu’il s’agisse de la contamination des eaux souterraines, de la pollution atmosphérique, des tremblements de terre, de la dévastation du paysage et de l’effondrement de la valeur du patrimoine immobilier- a littéralement explosé, laissant l’industrie et le gouvernement assurer dans la précipitation que la fracturation est sans danger.

L’industrie pétrolière a tenté de réfuter les allégations de migration de méthane montrée illustrée de manière spectaculaire par un robinet de cuisine enflammé dans le film documentaire Gasland. Et plus récemment[4] le méthane dans des contextes autres que celui de la fracturation hydraulique a commencé à faire l’objet d’une surveillance[5] .

L’étude des émissions fugitives de gaz naturel à Manhattan a été réalisée par DCS afin d’améliorer la compréhension de la relation entre la distribution du gaz et le changement climatique. Les résultats préliminaires de l’étude suggèrent qu’en raison de fuites généralisées lors de son extraction son transport et de sa livraison, l’empreinte carbone du gaz naturel est vaste et en pleine croissance. « Beaucoup ont vu dans le gaz naturel un carburant de transition vers les énergies renouvelables du futur», indique Barbara Arrindell de DCS à Alternet, « mais ce nouveau rapport confirme qu’il s’agit en fait d’une voie dangereuse vers nulle part».

A propos de l’auteure: Le travail de Nora Eisenberg fait l’objet de publication dans Village Voice, Tikkun, le Los Angeles Times, the Nation et le Guardian britannique. Son dernier roman, “When You Come Home” (Curbstone, 2009 explore l’héritage de la guerre du Golfe de 1991.


[1] Ndt : Con Edison est un fournisseur de gaz dans la ville de New York
[2] Ndt : Le Marcellus Shale, un des plus gros gisements de gaz de schiste identifié et exploité dans le Nord des États-Unis
[3] Voir la description technique en anglais ici
[4] Le Gaz Naturel et le déversement invisible: combien de méthane atteint l’atmosphère?
[5] Les fuites de méthane érodent les qualités écologiques du gaz naturel

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Lettre aux candidats à la présidentielle et leurs réponses

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Le manque d’eau se fait sentir mais la fracturation hydraulique a le vent en poupe!

Alors que les premiers arrêtés sécheresse  sont tombés (en Mars !) et tandis que le BRGM indique qu’ « il faudrait probablement une dizaine d’années pour que le déficit des nappes puissent être comblé »  , le gouvernement s’enferre à soutenir les industriels en vue de la délivrance de permis de recherche d’hydrocarbures.

Aujourd’hui est publié au journal officiel de la république le décret portant création de la commission Théodule prévue dans la loi du 13 Juillet 2011. Le même jour apparaît discrètement sur le site du Ministère de l’Ecologie la version finale du rapport de la « mission d’inspection sur les hydrocarbures de roche-mère en France ».

Pour nous c’est toujours Non

Les collectifs opposés à l’exploitation des gaz et huile de schiste ont annoncé depuis longtemps que la loi était bancale. La proposition initiale visait à « interdire l’exploration et l’exploitation des mines d’hydrocarbures liquides ou gazeux par fracturation hydraulique et à abroger les permis exclusifs de recherches comportant des projets ayant recours à cette technique ». Dans ses articles adoptés en lecture finale au parlement, elle a été vidée de sa substance. Les collectifs citoyens exigent la suppression des permis de recherche d’hydrocarbure liquides ou gazeux ainsi que l’arrêt immédiat de la délivrance de nouveaux permis lesquels (l’Annexe III du rapport le confirme à nouveau) visent tous la roche mère. 

La Commission nationale d’orientation: chambre de validation des expérimentations

« La Commission nationale d’orientation » selon les auteurs du rapport n’est qu’un organisme de consultation de la société civile. La mission recommandant que des gens sérieux préparent les avis (« elle devra nécessairement s’adjoindre un Conseil scientifique qui préparera les avis qu’elle aura à formuler et qui sera la garantie scientifique de leur validité »).

Le rapport qui donne l’illusion d’une amélioration de la gouvernance suggère simplement -concernant la mise en œuvre de travaux physiques (lire ‘forages’) -d’allonger quelques délais d’information au public. Le mode décisionnel reste le même. La réforme en profondeur du code minier reste une nécessité. Le gouvernement et le parlement après bien des promesses laissent à la veille des élections un chantier non abouti.

Et le rapport de la mission de conclure:

« Il faut se donner les moyens de disposer rapidement d’une évaluation de la réserve basée sur des forages in situ pour mieux apprécier la géologie des bassins. A défaut, on ne pourra jamais escompter d’éléments pertinents sur la connaissance du sous-sol français dans le rapport que le gouvernement doit remettre annuellement au Parlement (article 4 de la loi du 13 juillet 2011) ».

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La bataille des gaz de schiste ne fait que commencer
Nous publions ici in extenso l’article paru sur le site du journal Le Monde le 21.03.2011. Ça n’est habituellement pas dans nos pratiques mais il nous semble utile de relayer largement ce papier d’opinion. Que leurs auteurs en soient remerciés.

En 2011, ils avaient dû faire profil bas. Les soutiers du gaz de schiste avaient été pris de court par la colère de citoyens furieux que l’État français envisage, et ce sans même leur demander leur avis, de vendre les richesses de leur sous-sol et d’hypothéquer leur cadre de vie. Le vote en juillet d’une loi interdisant la fracturation hydraulique – cette technique dispendieuse en eau et qui peut entraîner de graves pollutions des nappes phréatiques – fracassait leurs derniers espoirs de forer rapidement le quart du territoire concédé ou en passe de l’être. Total devenait la risée des industriels du secteur, puisqu’incapable de faire la loi – au sens propre comme au sens figuré – dans son propre pays.

En ce début 2012, le vent a tourné. Depuis l’abrogation en octobre dernier des trois permis emblématiques de gaz de schiste, les industriels du pétrole et du gaz essaient de reprendre la main. La balance extérieure de la France est plombée par les importations d’hydrocarbures et le nucléaire n’a plus autant la cote. Quant aux programmes d’efficacité énergétiques et de développement des énergies renouvelables, ils ont été torpillés. L’heure est donc propice pour lancer l’offensive. Objectif ? Rendre les gaz de schiste acceptables auprès de l’opinion publique. En novlangue, « faire passer la pilule » se dit « acceptabilité sociale ».

En quoi consiste cette stratégie marketing ? Comment donner envie aux Français que soit exploité « leur » gaz de schiste ? En leur racontant une belle histoire. En leur disant que la fracturation hydraulique « made in France » est une technique maîtrisée et maîtrisable à 100 % et que la mise en exploitation de milliers de puits n’aura que des impacts marginaux sur l’eau, l’air et les paysages d’Ardèche, du Jura ou du plateau du Larzac. En leur faisant croire que la mise à disposition de quantités colossales de gaz naturel représente une chance pour limiter les effets du changement climatique. En leur murmurant que le prix de l’énergie va mécaniquement chuter quand seront forés les premiers puits « français ». En expliquant, enfin, que gaz de schiste rime avec emplois et balance commerciale équilibrée. Mais tout cela n’est que mensonge, escroquerie intellectuelle et contre-vérités scientifiques.

Les États-Unis nous offrent un précipité sans concession des conséquences sanitaires des gaz de schiste. Plus de 500 000 puits y ont été forés en l’espace d’une petite dizaine d’années. Sans aucun contrôle. Car l’administration Bush fils avait tout corseté pour empêcher les autorités en charge de l’environnement de surveiller les conséquences de ces forages. « Pas d’analyse, donc pas de problème », auraient dit les Shadocks… Sauf que devant la multiplication des incidents, accidents et pollutions, des scientifiques émérites ont chaussé leurs bottes. Leurs conclusions sont accablantes. Nappes phréatiques souillées, bétails, poissons, hommes et femmes empoisonnés, terres contaminées, air corrompu ; les poisons que l’on injecte et qui remontent du sol ont stérilisé des régions entières.

Avec cette pseudo « révolution énergétique » des gaz de schiste, la limitation du réchauffement climatique à 2 degrés avant la fin de siècle sera définitivement balayée. Deux études publiées dans des revues scientifiques de premier ordre démontrent que son impact sur le climat est pire encore que celui du charbon, à cause des importantes fuites de méthane des puits. Sur le plan économique, les quelques poignées d’emplois très temporaires créés pour exploiter le gaz de schiste ne compenseront jamais les milliers d’emplois liés à l’agriculture et au tourisme et qui nécessitent de préserver la qualité des territoires. Sans oublier les dizaines de milliers d’emplois dans les énergies renouvelables. C’est donc à cela que pourrait ressembler, chez nous, le monde que sont en train d’essayer de nous vendre les industriels de l’énergie.

A la lecture des éditoriaux énamourés et des interviews complaisantes qui fleurissent ces jours-ci, cette stratégie du mensonge semble pourtant payante. Et les candidats à l’élection présidentielle, qu’en pensent-ils ? Les écologistes et le Front de Gauche sont résolument contre. Le président-candidat jure devant les caméras que « la fragmentation (sic) hydraulique, c’est non ». Mais les faits sont têtus : les permis du bassin de Paris, qui supposaient il y a quelques mois encore, l’utilisation de la fracturation hydraulique, sont toujours valides et l’administration française continue de délivrer des permis d’exploration pour du gaz et du pétrole de schiste. C’est que Nicolas Sarkozy compte parmi ses amis deux capitaines d’industrie très impliqués dans la partie : Albert Frère et Paul Desmarais. Le premier détient 5 % du capital de Total. Le second a des participations dans Arkema, fabricant de produits utilisés dans la fracturation hydraulique. Ensemble, ils ont la main sur 5,2 % de GDF Suez, dont le PDG Gérard Mestrallet estime « qu’il ne faut pas a priori fermer la porte pour toujours à l’exploitation de cette ressource, cela serait une erreur majeure ».

Une position à l’unisson de celle d’Eric Besson, ministre de tutelle, puisque l’Etat français est actionnaire de GDF Suez à hauteur de 35,7 %. De son côté, François Hollande ne veut insulter personne, et surtout pas l’avenir… Il y a quelques jours, il déclarait « qu’il ne faut jamais rien écarter, surtout si des recherches démontrent qu’on peut obtenir ce gaz sans nuire à la nature ». Une position qui démontre que le candidat socialiste n’a pas du tout saisi les urgences énergétiques, climatiques et écologiques qui se dressent devant nous.

Une énergie bon marché… Une énergie moins émettrice de CO2. Une énergie exploitée « proprement ». Une énergie « made in France ». A les croire, ils auraient donc trouvé la nouvelle pierre philosophale. Comme n’importe quel conte merveilleux, une telle histoire s’appuie sur des opérations magiques et des événements miraculeux. Mais nous ne sommes plus des enfants et la réalité est cruelle. Et complexe. Face à la fin du mythe d’une croissance infinie, place aux véritables défis : ceux de la sobriété énergétique et de la résilience de nos sociétés. Pas de quoi remplir la poche des actionnaires mais une étape essentielle de la transition écologique. Pour réenchanter le monde. Et le réinventer.


Geneviève Azam, Attac ;

Emmanuel Poilane, directeur de la fondation France Libertés ;

Martine Laplante, des Amis de la Terre ;

Sandrine Mathy, présidente du Réseau action climat (RAC).

COMMUNIQUÉ DE PRESSELyon, lundi 19 mars 2012

Visite du gouverneur de Pennsylvanie en Rhône-Alpes. Les collectifs opposés à l’exploitation des gaz de schiste interpellent les élus

A l’occasion de la visite de Tom Corbett, gouverneur de Pennsylvanie à Lyon et dans notre Région du 19 au 21 mars, le collectif Stop au Gaz de Schiste 69 rappelle que la Région Rhône-Alpes s’est positionnée clairement depuis février 2011 contre l’exploitation des gaz de schiste.

Le collectif Stop au Gaz de Schiste espère que les élus sauront affirmer clairement à Monsieur Tom Gorbett que les projets de recherche et d’exploitation de gaz de schiste n’ont aucun avenir en Rhône-Alpes.

Le gouverneur Corbett s’est en effet positionné clairement en faveur des compagnies exploitant le gaz de schiste dans le Marcellus Shale aux États-Unis en souhaitant même que celles-ci soient exonérées de taxes.

  • Alors que le Préfet de Région indiquait la semaine dernière au journal Enviscope ne « pas regretter d’avoir signé l’arrêté autorisant les recherches pour les gaz de schiste »,
  • Alors que le journal le Monde indique que « la compagnie Shuepbach Energy a déposé un recours contentieux auprès du tribunal administratif de Lyon pour demander l’annulation de l’abrogation de ses deux permis de recherche en hydrocarbures non conventionnels : celui de Nant (Aveyron) et celui de Villeneuve-de-Berg (Ardèche) »,
  • Alors que l’instruction de nombreuses demandes de permis de recherche d’hydrocarbure touche à sa fin,

le collectif Stop Gaz de Schiste en appelle à la vigilance de l’ensemble des élus afin que les sirènes d’une industrie qui promet monts et merveilles aux communes ne viennent instiller le doute dans une période de crise économique.

L’exploitation des gaz de schiste n’est pas une solution, elle est polluante et hautement consommatrice en eau. Elle ne représente en aucun cas une source d’avenir en réponse aux défis énergétiques qui se posent à nos sociétés.

Le Collectif Stop gaz de schiste 69 invite citoyens et élus à se joindre au rassemblement organisé à Bourg-en-Bresse le samedi 14 avril 2012 à partir de 15H00.

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 (*) Permis exclusifs de recherche dhydrocarbures dans le Nord de la Région RhôneAlpes :

Permis en cours de validité:

Permis des Moussières : Superficie 3756 km2 départements Ain et Jura, (ainsi que Savoie, Haute-Savoie, Saône-et-Loire)

Permis de Gex : Superficie 932 km2 départements de l’Ain, de la Haute-Savoie et du Jura

Permis recevable dont l’instruction est achevée :

Permis LyonAnnecy : Surface sollicitée 3800 km2 départements du Rhône, de l’Ain, de l’Isère et des deux Savoie.

Permis recevable en cours d’instruction :

Permis de Gex Sud : Surface sollicitée 1991 km2 départements des deux Savoie.
Permis de Blyes : Surface sollicitée 3293 km2 départements de l’Ain, de l’Isère, du Rhône et des deux Savoie.
Permis de Montfalcon : Surface sollicitée 5792 départements de l’Isère et de la Drôme

Permis en cours d’instruction:

Permis d’Abondance : Surface sollicitée 810 km2 départements de Haute-Savoie