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(!) Info minute – Revue de Presse

Depuis le 21 novembre 2013, nos voisins et amis Suisses du Collectif Val-de-Travers publient dans le Courrier du Val-de-Travers Hebdo, une information sur le projet de forage de Noiraigue. Il nous semble tout à fait opportun de faire la chambre d’écho et d’offrir à nos lecteurs la possibilité de lire cette analyse tant elle est pertinente. Après les deux premiers articles publiés ici le 13 janvier 2014, voici le troisième épisode.

Val Travers bannière-

3. Éléments d’hydrogéologie de la région de Noiraigue-Gorges de l’Areuse

Après avoir décrit la complexité géologique et structurale de la région de Noiraigue, nous voyons aujourd’hui comment les eaux cheminent dans l’édifice rocheux, afin de mieux appréhender les risques d’un forage exploratoire d’hydrocarbures sur les eaux potables captées.

Porosité et perméabilité sont deux notions importantes en hydrogéologie.

La porosité se définit par la proportion des vides de petite taille occupés par de l’eau au sein du milieu rocheux, par rapport au volume total. La perméabilité est le reflet de l’interconnexion de ces vides ; c’est l’aptitude du milieu à se laisser traverser par de l’eau. Une couche du sous-sol est dite aquitard lorsqu’elle est relativement imperméable.

De telles couches sont présentes au pied des falaises du Creux du Van : il s’agit des marnes argoviennes de la base du Malm. Après infiltration dans les calcaires massifs, fracturés et karstifiés du Malm, l’eau de pluie atteint, puis ruisselle sur cette couche marneuse et permet aux promeneurs de se désaltérer d’un breuvage local, à la Fontaine Froide.

A contrario, une couche est dite aquifère si l’eau qu’elle contient peut cheminer, circuler en son sein. Plus grande est la perméabilité de cette roche, plus facilement l’eau peut s’y écouler.

Quels sont les aquifères reconnus dans la région ?

Tout d’abord, une nappe phréatique superficielle s’écoule dans les sédiments lacustres «récents » tapissant le fond du Vallon. En interaction directe avec l’Areuse, le niveau de cette nappe fluctue au fil du temps. A certains moments, la nappe se déverse dans l’Areuse pour l’alimenter, à d’autres, l’Areuse recharge la nappe.

Quand le niveau de la nappe monte au-dessus de la surface du sol, de l’eau apparaît dans les champs, et les inonde. Vu son cheminement, l’Areuse, accompagnée plus ou moins fidèlement de la demoiselle la nappe, sont par endroits en contact potentiel avec les autres aquifères importants de la région, reconnus dans les roches calcaires du Malmet du Dogger (voir fig.2 article précédent).

Les roches calcaires sont par ailleurs rongées, dissoutes par les eaux de pluie. Ce phénomène s’appelle l’érosion karstique (fig.5). Ce processus d’érosion provoque également l’élargissement des fractures du massif. Ainsi, des chemins d’écoulements préférentiels et rapides se développent, comme des conduits karstiques.

  Val Travers Fig5

Un aquifère est peu vulnérable lorsqu’il se développe entre deux aquitards dans des couches peu déformées et non fracturées. Par contre, lorsque la pile de roches est plissée, déformée et faillée, comme dans la région de Noiraigue, et qu’elle renferme plusieurs aquifères, de surcroît karstifiés, cela se corse, et ce, d’autant plus s’ils peuvent en partie communiquer entre eux. Compte tenu de circulations lentes et profondes se mélangeant aux eaux d’infiltration, la grande valeur des eaux captées dans les Gorges réside dans le fait qu’elles séjournent pour certaines plus de 10 ans dans le sous-sol, avant d’être captées. Elles s’épurent en quelque sorte naturellement, contrairement aux eaux d’aquifères purement karstiques.

Dès 1886, de l’eau potable de qualité provenant de ces aquifères est exploitée par des sources et des captages, pour certains fort ingénieux (fig.6). Ces aquifères sont à la base de l’alimentation en eau potable des Villes de La Chaux-de-Fonds, de Neuchâtel et de nombreuses communes du canton.

Val Travers Fig6Le prochain article abordera la question des risques liés à la réalisation d’un forage profond à but d’hydrocarbures.

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Les dangers du gaz de schiste dans le Jura [ 1][ 2] [3][ 4][ 5][ 6][ 7][ 8][ 9] [10]

(!) Info minute – Revue de Presse

Depuis le 21 novembre 2013, nos voisins et amis Suisses du Collectif Val-de-Travers publient dans le Courrier du Val-de-Travers Hebdo, une information sur le projet de forage de Noiraigue. Il nous semble tout à fait opportun de faire la chambre d’écho et d’offrir à nos lecteurs la possibilité de lire cette analyse tant elle est pertinente. Après le premier article publié ici le 13 janvier 2014, voici le deuxième épisode.

Val Travers bannière-

2. La région de Noiraigue, une géologie complexe…

Pour mieux comprendre les risques liés à l’implantation d’un forage sur les ressources en eau du Canton, nous vous proposons, cette semaine, quelques éléments significatifs de géologie permettant de caractériser notre sous-sol.

Il y a environ 250 millions d’années, une mer était présente dans nos contrées.

Au fil du temps et sur un socle cristallin, témoin d’une très ancienne chaîne de montagnes complètement érodée, plus de 2000 m d’épaisseur de sédiments se sont accumulés : tantôt, la mer était profonde et des marnes s’accumulaient, tantôt moins et des calcaires se déposaient. A certaines époques, des quantités importantes de matière organique se sont faites prendre au piège dans les sédiments. Après maturation, ce sont elles qui sont traquées depuis le début de l’ère industrielle, sous forme de gaz et de pétrole.

Il y a 100 millions d’années, la plaque africaine est venue petit à petit emboutir la vieille Europe, s’y télescoper. Lorsque deux plaques entrent en collision, des montagnes prennent naissance. Le raccourcissement horizontal conduit à la création de reliefs.

La jeune chaîne alpine a commencé à sortir son nez de la mer il y a env. 40 millions d’années, et donc à se le faire éroder comme en témoigne la molasse du plateau suisse.

Val Travers Fig1 et 2

Les forces tectoniques alpines persistantes se propageant dans la pile de roches sises sous la molasse du plateau, la chaîne plissée et faillée du Jura voit le jour à partir d’il y a env. 12 mio d’années (fig.1 et 2), avec ses fameux anticlinaux, plis «bombés» vers le haut et synclinaux, plis «en creux».

 Par la présence des dépôts évaporitiques importants du Trias (dolomie, gypse et sel), en quelque sorte une «couche-savon», les chevauchements jurassiens ont pu s’initier et se développer. Vu les variations latérales des dépôts sédimentaires, influençant le développement des chevauchements, ceux-ci ont été accompagnés de failles décrochantes (fig.3), sorte de coups de sabre délimitant les plis se relayant latéralement au sein de la chaîne. Très souvent verticales, ces failles ont la particularité de décaler les deux compartiments qu’elles séparent. Elles sont comme des déchirures de la pile de roches, par ailleurs plissée. Leur extension en profondeur est en relation directe avec les chevauchements qui sont à l’origine des plis observés en surface, de part et d’autre de ces failles.

Val Travers Fig3

En y regardant de plus près (fig.4), la région située entre Travers et le décrochement de la Tourne semble être une zone-relais particulière au sein de la chaîne du Jura.

Localement, la déformation y est importante, les chevauchements et décrochements associés sont nombreux. La zone du Creux-du-Van est une sorte de poinçon, délimitée à l’ouest et à l’est par deux failles décrochantes. Au nord, dans son prolongement, une faille décrochante passe au niveau du village de Noiraigue.

Elle délimite deux chevauchements, à vergence opposée pour les initiés. Du point de vue de la déformation intrinsèque des roches et de leur agencement, la zone est particulièrement complexe. La semaine prochaine, nous verrons comment s’opèrent les circulations des eaux souterraines dans un tel milieu. La combinaison entre géologie et hydrogéologie nous permettra de comprendre la vulnérabilité de notre château d’eau face à un forage profond.

Val Travers Fig4

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Selon les informations recueillies auprès de la DREAL (Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du Logement) Rhône-Alpes, la situation au 11/06/2013 est la suivante pour les permis de recherche d’hydrocarbures liquides ou gazeux qui la concernent.

  • Permis octroyés :
    • Permis de Gex : valable jusqu’au 28 mai 2014. La DREAL a bien noté qu’il s’agissait de « réservoirs caractérisés par leur faibles porosité et perméabilité ». Pas de DOT (Demande d’ouverture de travaux) à ce jour.
    • Permis de la Plaine d’Alès : valable jusqu’au 1er avril 2014
    • Permis du bassin d’Alès : valable jusqu’au 30 mars 2015. L’instruction de la DOT sismique est suspendue en l’attente de l’expertise en cours sur la nature des travaux
  • Demandes de prolongation :
    • Permis des Moussières : permis arrivé à échéance le 4 mars 2013. Une demande de renouvellement pour 5 ans a été déposée  en novembre 2012 et il semble que ce renouvellement ne soit pas une simple formalité. L’examen de la recevabilité est toujours en cours d’examen par la DREAL, qui précise que, durant la période d’examen de 15 mois maximum, aucune DOT ne pourra être recevable au titre de la « continuité des travaux de recherche » puisque ceux-ci n’ont jamais commencé.
  • Demandes de permis :
    • Permis de Blyes : avis défavorable de la DREAL (Hydrocarbures non conventionnels) le 28 mars 2012, attente de la décision ministérielle
    • Permis de Gex Sud : avis défavorable de la DREAL (Hydrocarbures non conventionnels) le 12 décembre 2012, attente de la décision ministérielle
    • Permis d’Abondance : avis d’irrecevabilité de la DREAL (dossier incomplet) et du Préfet de Haute Savoie le 31 décembre 2010, attente de la décision ministérielle
    • Permis Préalpes : avis défavorable de la DREAL (Hydrocarbures non conventionnels) le 8 octobre 2012, attente de la décision ministérielle
  • Permis abrogés et demandes rejetées :
  • Notre avis

Tout d’abord un rappel: les services déconcentrés de l’État donnent  un avis mais c’est PARIS qui décide. Le tout puissant CGEIET donne sa recommandation aux ministres concernés sur la décision finale à prendre.

Au regard de ce qui précède et de ce que nous connaissons, la logique voudrait qu’aucun des permis ne débouche sur des travaux de recherche et qu’aucune des demandes ne débouche sur un permis de recherche. Car comme nous le répétons depuis 2011, ce qui motive les compagnies ce sont bien ces hydrocarbures difficiles d’accès (dans des gisements non conventionnels, il n’y en a pas d’autre), dans des géologies complexes et fragiles. Donc restons extrêmement vigilants car les industriels et autres chercheurs d’or noir chassés par la loi de juillet 2011 veulent à nouveau rentrer par la fenêtre. Soyez assurés qu’il tenteront tout pour parvenir à leur fins au mépris de l’intérêt et du souhait des populations locales. Le serpent rampe on ne lui a pas écrasé la tête, il peut planter ses crochets à tout moment. De plus les procédures de recours en justice introduites par les titulaires des permis abrogés ne sont pas achevées, elles peuvent elles aussi réserver de mauvaises surprises.

! RESTONS MOBILISES et à l’écoute au début de l’été !

En Rhône-Alpes, privilégions le développement des énergies propres et renouvelables, la relocalisation et le tourisme.

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                                                                                                    (!) Info minute revue de presse

C’était en 2011 à la veille de la campagne électorale, au moment du vote de la loi publiée en Juillet et interdisant le recours à la fracturation hydraulique, la Fédération Française de Spéléologie s’était clairement positionnée contre la recherche et l’exploitation de gaz de schiste quelque soit la méthode utilisée. Dans une brève et claire déclaration, les spéléo demandaient « l’interdiction définitive de tout projet d’exploitation de ces énergies fossiles sur le territoire français quelque soit la technique employée« .

Ce week-end du 18 au 20 mai 2013 aura lieu le cinquantième anniversaire de la Fédé Française de Spéléologie . Mais qui sont ces spéléo ? Les média en parlent quand l’un d’eux reste coincé sous terre et qu’un spéléo secours est activé. Les spéléo initient aussi les jeunes à la découverte du monde sous –terrain pendant les vacances, lors de sorties.

speleoMais sait-on que les spéléo au-delà de leurs bizarres mœurs les amenant à ramper dans la boue, franchir des étroitures et faire des pendules dans des puits sous-terrains vertigineux sont également les découvreurs et les gardiens d’un monde dans lequel circulent de gigantesques quantités d’eau, un écosystème également mis en péril par l’activité de l’homme ? Scientifiques, les spéléologues s’investissent également dans des activités de dépollution comme le relate ce récent article au sujet de spéléo aveyronnais.

speleo 2Alors que les promesses pré-campagne électorale de 2011 d’une interdiction de la recherche et de l’exploitation des hydrocarbures de roche mère ainsi que la loi d’interdiction sont mises à mal par la volonté des élus réunis au sein de l’OPECST mais également des pétroliers contestant l’abrogation de leur permis de recherchele symbole de ces spéléo gardiens du monde sous-terrain renouvelant leur opposition exprimée en 2011 serait un signal fort alors que l’expérimentation de la fracturation du sous-sol est à nouveau évoquée … on ne peut plus sérieusement.

  (!) Info minute revue de presse

J.C. 29.12.2012

Depuis le temps que nous surconsommons des hydrocarbures, gaz et pétrole, les réserves dites « conventionnelles » auxquelles on pouvait accéder facilement avec un simple forage vertical, parce qu’elles remontaient du sous-sol sous l’effet de la pression, sont en voie d’épuisement. Mais il reste des hydrocarbures « au fond du fond », enfouis à des kilomètres sous les roches, sous la mer ou la banquise, ou éparpillés dans des formations peu poreuses et peu perméables.

puits de gazDepuis longtemps les pétroliers, appâtés par l’augmentation du prix du baril, cherchent à repousser les limites d’exploitation de ces ressources pour « accéder aux réserves ultimes des champs conventionnels » (comme l’écrit Total) en forant de plus en plus profondément et en développant des techniques comme les forages « hautement déviés » (pour mieux pénétrer la roche-réservoir), les injections d’eau sous-pression (pour faire remonter les hydrocarbures), et bien entendu la fracturation hydraulique des roches-mères (pour en extraire les hydrocarbures diffus). Ces techniques d’exploitation avec un fort impact environnemental sont souvent désignées sous le vocable pudique de « stimulation ».

forages-L’exploitation par fracturation hydraulique des « shale gas » aux USA (traduit approximativement par gaz de schiste en Français) a démontré l’extrême dangerosité de ce genre de pratique, et l’opinion publique s’est dressée prioritairement contre « les gaz de schiste et la fracturation hydraulique ». Mais nous ne saurions oublier les pollutions dramatiques dues aux forages en eau profonde dans le Golfe du Mexique ou (moins médiatisées) au large de l’Afrique, ou les dégâts environnementaux irréversibles suite à l’extraction des sables bitumineux en Alberta et bientôt à Madagascar, par exemple.

Il n’y a pas d’un côté « les bons hydrocarbures conventionnels » et de l’autre « les mauvais gaz de schiste et la fracturation hydraulique », comme on voudrait nous le faire croire,  mais une évolution continue vers des pratiques de plus en plus dangereuses parce que de moins en moins maîtrisées par des entreprises dont le profit immédiat est la seule motivation. Ce que nous refusons quand nous parlons de « gaz de schiste » ce sont la recherche et l’exploitation par « stimulation » des « réserves ultimes« .

Ces pratiques peuvent avoir des conséquences désastreuses et totalement eau karstincontrôlables pour l’environnement, d’autant plus quand elles impliquent des forages en milieu karstique ou à proximité de failles sismiques. De plus, la mise sur le marché de ces produits pétroliers supplémentaires ne pourra qu’aggraver le réchauffement climatique et retarder la transition énergétique.

Nous demandons donc que la recherche et la mise en exploitation de ces hydrocarbures « ultimes » soient proscrites, quel que soit le nom qu’on leur donne et la technique de « stimulation » proposée. Et ce aussi bien en France que partout ailleurs dans le Monde !