Cette semaine en Rhône-Alpes: Agenda ici    NANTUA 16 MARS 2013  (!) Info minute revue de presse
.

Communique de presse des collectifs contre les gaz et huiles de schiste, le 06 Mars 2013

Nous demandons l’arrêt des travaux de forage sur le permis de Mairy

MER@EPE@P01@petrole_5.jpgDans le cadre du permis de recherche de Mairy, la compagnie américaine Hess Oil procède depuis janvier 2013 à des opérations de forage de recherche sur sa plate-forme à Huiron située en Champagne-Ardenne dans le département de la Marne. Sur ce permis, 2 autres forages aux conditions identiques, ont été prévus et demandés par la même déclaration : à Ecury-sur- Coole et Maisons-en-Champagne.

Elle déclare forer pour rechercher du pétrole conventionnel alors que le permis était identifié clairement « huile de roche-mère » dans la lettre de mission du 04 février 2011 des CGEDD/CGIET ainsi que le communiqué de presse afférent du 10 février 2011.

Comment cette compagnie explique-t-elle dans le dossier de déclaration des travaux (déposé par Toréador avant la loi du 13 juillet 2011), les deux phases de forage envisagées ?
« L’objectif de nos forages de recherches est de déterminer lors du forage vertical les caractéristiques pétrophysiques et pétrolières de ces niveaux du Lias, en prélevant des échantillons de carottes pour analyse au laboratoire. Ces analyses devraient permettre de définir quels sont les niveaux prometteurs parmi les roches du Lias et parmi ces niveaux, choisir le niveau qui sera reconnu par un forage horizontal » (Chapitre 1, p.3) Le Lias est l’étage des schistes, des roches-mères, il n’y a donc aucun gisement conventionnel, ni aucun réservoir classique possible. Ces explications sont claires : les roches-mères et l’étage des schistes sont visés, l’objectif est de choisir la bonne profondeur pour forer horizontalement dans les schistes. C’est une recherche d’objectifs non-conventionnels.

Pourquoi prévoit elle cette deuxième phase si elle affirme ne chercher en France que du pétrole conventionnel ?
Pour rappel, Hess Oil réalise aux USA une grande partie de son chiffre d’affaire grâce à son extraction de pétrole de schiste.
De plus, Hess Oil indique en toutes lettres dans sa déclaration de travaux qu’elle peut recourir pour cette deuxième phase, à la fracturation hydraulique.
Même si l’arrêté préfectoral du 14 Avril 2011 donnant acte de la déclaration de travaux miniers stipule, en son article 18, que la fracturation hydraulique n’est pas autorisée, les collectifs se demandent comment Hess Oil va procéder pour tester la perméabilité et pour récupérer ce pétrole dans cette formation étanche, la seule solution technique étant de fracturer !

Alors pourquoi Hess Oil poursuit-elle ses opérations de forage et que cherche-t-elle ?
En se cachant derrière sa recherche de pétrole conventionnel, elle se prépare pour une future exploration et exploitation du pétrole de schiste dès que celles-ci seront autorisées, car aujourd’hui rien ne lui interdit dans ses travaux de forage, après l’installation d’un puits vertical en phase 1, de mettre en œuvre une phase 2, pour réaliser un drain horizontal.
Il n’aura échappé à personne, ces dernières semaines, que de multiples déclarations et démarches tentent d’accélérer la décision de mettre en place rapidement des expérimentations sur des techniques « alternatives » à la FH, pour promouvoir à terme l’exploitation de ces hydrocarbures non conventionnels.

Une question prioritaire de constitutionnalité (QPC) a été introduite devant le tribunal administratif de Cergy-Pontoise le 8 janvier 2013 par les avocats de la compagnie Schuepbach pour annuler les articles de la loi du 13 juillet 2011 interdisant la fracturation hydraulique. Si cette QPC est jugée recevable par le tribunal et que le Conseil Constitutionnel annule les articles, nous nous retrouverions dans la situation législative de 2010 ouvrant à nouveau la voie à l’exploration/exploitation des hydrocarbures non conventionnels.

  • C’est pourquoi, les collectifs contre les GHDS dénoncent cette pratique de Hess Oil qui, profitant de ce contexte, entretient une ambiguïté sur les réels objectifs géologiques visés .
  • C’est pourquoi aussi, les collectifs contre les GHDS s’interrogent sur l’attitude du gouvernement qui, à maintes reprises, a évoqué la suspension de toute activité d’exploration tant que la réforme du code minier actuellement à l’étude et les débats citoyens sur la transition énergétique n’auront pas été menés à terme.
  • Les collectifs contre les GHDS sont profondément surpris que ce forage ait pu commencer dans un cadre juridique inédit à savoir que la requête de Hess Oil portant sur l’accord de prolonger de quatre années le permis de recherche a été rejetée le 17 janvier 2013 par le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne. La date d’expiration de ce permis, débuté en 2007 pour 4 ans, est donc dépassée.Pourtant ce rejet n’empêche visiblement pas la poursuite des recherches d’hydrocarbures sur le terrain.

Les collectifs contre les GHDS demandent l’arrêt immédiat des travaux sur la plate-forme de Huiron.

Pour permettre d’examiner et contrôler les programmes de forage du permis de Mairy selon les dispositions de la circulaire du 21 septembre 2012 de la ministre D.Batho, en s’assurant que les travaux prévus ou réalisés correspondent à la qualification des objectifs géologiques du permis.

La justice n’a pas encore «statué au fond sur la légalité» concernant la mutation du permis souhaitée par Hess Oil. Aussi les collectifs demandent que la justice examine la légalité de la mutation du permis souhaitée par Hess Oil, lequel, malgré le rejet de prolongation du permis de Mairy, poursuit ses activités de forages en absence de tout cadre légal.

Les collectifs ne cesseront jamais de rappeler leur opposition à toute forme d’exploration et d’exploitation des hydrocarbures non conventionnels DANS LE BASSIN PARISIEN OU AILLEURS, AUJOURD’HUI OU DEMAIN !

Signataires :
Le collectif Non aux pétrole et gaz de schiste Sud77 (77 Seine et Marne) Le collectif Fertois ( Jouarre 77 Seine et Marne) Le collectif « non au gaz de schiste 91 » (91 Essonne) Le collectif citoyen IDF non aux gaz et pétrole de schiste (Ile de France) Le comité de Réflexion et d’Initiative de Nonville (77 Seine et Marne) Le collectif Non aux pétrole et gaz de schiste Bocage gâtinais (77 Seine et Marne, 45 Loiret, 89 Yonne) Le collectif « Marne-Ourcq-Multien » (77 Seine et Marne) Le collectif Carmen (Région Picardie) Le collectif Basta Gaz ! Alès (30 Gard) L’inter-collectif du 22 Septembre Sud (30 Gard – 34 Hérault) L’union pour le parc naturel régional de « Le Brie et des deux Morin » L’association Hainaut Avenir Environnement (59 Nord) Les collectifs Isérois (Nord Isère, Bièvrois, Sud Gresivaudan, Viennois, Grenoblois, Trièvois, Voironnais – 38 Isère) Le collectif de Roynac (26 Drôme) Eco’lectif Dégaze Gignac et Environs. (34 Hérault) Le collectif « stop gaz de schiste Anduze » (30 Gard) Le collectif de Rivières (30 Gard) Le collectif Roquedur-Le Vigan contre le gaz de schiste (30 Gard) Le collectif « Non au gaz de schiste Florac » (48 Lozère) Le collectif AJC-Les Mages (30 Gard) Le collectif anti gaz de schistes de Béziers (34 Hérault) Le collectif citoyen du Narbonnais Non Gaz et Pétrole de Schiste (11 Aude) Le collectif biterrois Non au gaz de schiste, « Béziers ngds » (34 Hérault) Le collectif Gardonnenque & Petite Camargue (30 Gard) Le collectif du Haut-Bugey, non aux forages d’hydrocarbures (01 Ain) Le collectif Pézenas, Castelnau de Guers et environs (34 Hérault) Le collectif du Céressou (Cabrières, Fontès, Peret) (34 Hérault) Le collectif Garrigue Vaunage contre les Gaz de schiste (30 Gard) Le collectif du Valromey (Permis des Moussières) (01 Ain) Le collectif 07 Stop au gaz de Schiste (07 Ardèche) Le collectif Stop au Gaz de Schiste 38 (Isère) Le collectif Stop au Gaz de Schiste 69 (Rhône) Le collectif Non au Gaz de Schiste des Pays de Savoie et de l’Ain, Réseau Rhônalpin Stop aux Gaz et Pétrole de Schiste Les collectifs non aux forages d’hydrocarbures de l’Ain (01) Le collectif Orb-Jaur Non au Gaz de Schiste (34 – Hérault) Le collectif piémont cévenol (30 Gard) Le collectif Stop Forages Bugey Sud (01 Ain, Bugey Sud) Le collectif Ile-de-France Décroissance Le collectif « gaz de couche non merci » Nord Pas de Calais Le collectif Corbières (11 Aude) Association Stop au gaz de schiste-Non al gas d’esquist (47 Lot et Garonne) Le collectif Haut Jura « non aux forages » (39 Jura) Le collectif Gazpart Soissons (02 Aisne)

Cette semaine en Rhône-Alpes: Agenda ici    NANTUA 16 MARS 2013  (!) Info minute revue de presse
.

manipulationPas un jour ne se passe sans un article, une déclaration ou une conférence en faveur de la levée de l’interdiction de la fracturation hydraulique. La « crise économique » (on ne s’étendra pas ici sur sa nature et ses origines) et le chantage à l’emploi sont des alibis martelés par des cohortes d’ « experts » autoproclamés en tout : en économie, en géopolitique, en droit, en gestion des ressources, en forages … Bousiller ce qui reste de naturel dans notre cadre de vie ne pose aucun problème aux apôtres de l’extractivisme et de la production d’énergie à partir des minerais et autres hydrocarbures fossiles en voie de disparition. Ces stocks d’hydrocarbures consommés à très grande vitesse et dont nous ne laisserions donc pas une goutte à nos petits enfants tout en poursuivant l’intoxication généralisée de la planète avec le réchauffement climatique. Et pourquoi ? Pour des magouilles financières entre sociétés pétrolières « bidons », qui n’ont rien à faire de notre soi-disant possible « indépendance énergétique ». Elles cherchent des profits à court terme avant que n’explose « la bulle des gaz de schiste » qui dévoilera la non rentabilité intrinsèque de cette activité.

Ce mois de mars en Rhône-Alpes et dans le Jura, les collectifs citoyens opposés à la recherche et l’exploitation de gaz et huile de schiste et aux forages d’hydrocarbures en zone karstiques donneront de la voix et seront comme depuis deux ans à la rencontre de la population et des élus pour échanger et débattre.

– Des collectifs citoyens qui interpellent leurs élus alors que l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques (OPECST) – tordant le bras à un consensus datant de Juillet 2011 (avec l’interdiction de la fracturation hydraulique), veut lancer le pays dans la recherche d’illusoires « techniques alternatives à la fracturation hydraulique pour l’exploration et l’exploitation des gaz de schiste ». Combien de parlementaires daignent simplement répondre à ces interpellations ? En Ardèche : 0 – Dans la Drôme : 0. Les Savoie : 0. On continue ? Le Rhône ? 1 parlementaire sur 21 soit 5% des parlementaires pour ce seul département alors que le pays est engagé- paraît-il-dans un débat national sur la transition énergétique !

– Des collectifs que les détracteurs tentent de stigmatiser par le mot à 5 lettres, non pas celui auquel vous pensez (quoique), un autre mot à 5 lettres : « NIMBY » (Not in my back yard, pas dans mon jardin). Les projets des multinationales ne connaissent pas de limites, les collectifs citoyens eux, même s’ils sont souvent empreints d’une forte identité territoriale, sont sans frontières. Vous voulez fouiller les entrailles de la terre dans l’Ain, dans le Jura, en Suisse, en Allemagne et ailleurs ? Vous nous trouverez sur votre chemin. Alors oui ! Pas dans mon jardin, ni dans celui de mon voisin ni de son voisin…

– Des collectifs citoyens opposés aux compagnies d’exploration qui persistent dans l’enfumage : Vous persistez à mentir, ce ne sont vos piètres outils de communication qui nous feront changer d’idée. Vos conférences de presse, vos sites Internet sont des caricatures de la tromperie ! La manipulation de l’information et la course au fric vite gagné sont vos méthodes mais nous ne sommes pas dupes. Nous continuerons de démonter point par point les arguments mensongers que vous tentez de faire passer par voie de presse et en sollicitant des rendez-vous auprès de communes qui sont décidément bien peu intéressées par vos projets.

Les rendez-vous citoyens de ce mois :
  • primevèreLe Salon Primevère les 8, 9 et 10 mars : Le réseau rhônalpin des collectifs sera présent et vous accueillera sur son stand. A ne pas manquer non plus le samedi: 
    L’illusion des nouvelles énergies fossiles avec Matthieu Auzanneau, journaliste au Monde, du blog « Oil Man, chronique du début de la fin du pétrole » – 13h30 salle jaune

    Fin de l’Occident, Naissance du monde avec Hervé Kempf, journaliste au Monde, auteur et animateur du site Reporterre samedi 9 à 15h30 salle jaune
  • Nantua 16 MARS 2013 ManifestationNantua 16 Mars 2013 Grande manifestation d’opposition au renouvellement du permis des Moussières . Après Bourg en Bresse en avril 2012, le réseau rhônalpin et franc-comtois des collectifs opposés à l’exploitation des gaz et huiles de schiste et autres hydrocarbures en milieu karstique appelle à la mobilisation pour démontrer une fois de plus le refus populaire de ces projets.
  • Avant premières du film Promised Land suivies de débats : en Rhône-Alpes et partout en France. Film de Gus Van Sant, promised landavec Matt Damon Sortie mercredi 17 avril 2013. États-Unis. 2012. Steve Butler, représentant d’un grand groupe énergétique, se rend avec Sue Thomason dans une petite ville de campagne. Les deux collègues sont convaincus qu’à cause de la crise économique qui sévit, les habitants ne pourront pas refuser leur lucrative proposition de forer leurs terres pour exploiter les ressources énergétiques qu’elles renferment. Ce qui s’annonçait comme un jeu d’enfant va pourtant se compliquer lorsqu’un enseignant respecté critique le projet, soutenu par un activiste écologiste qui affronte Steve aussi bien sur le plan professionnel que personnel.
    • 11 mars 2013: Ferney Voltaire (01) 20h15 Cinéma Voltaire
    • 14 mars 2013: Chambery (73) 20h30 Astrée
    • 26 mars 2013 : Lyon (69) Cinéma Comoedia 20h00 – Valence (26) Navire 20h00 – Grenoble Club 20H00 – Saint Marcelin Meliès (confirmation en cours) – Villefranche (69) 400 coups 21h00 – Aix-les-Bains (73) Victoria 20h00 –
  • Et sur les territoires tout au long de ce mois poursuite de rencontres et débats à voir sur notre calendrier
A LIRE ÉGALEMENT:

 

 

Cette semaine en Rhône-Alpes: Agenda ici    NANTUA 16 MARS 2013  (!) Info minute revue de presse
.

 Lettre ouverte à:

M Jean-Claude Lenoir, Sénateur de l’Orne,  Sénat                                                                                        

M Christian Bataille, Député du Nord, Assemblée Nationale

Objet : Étude de faisabilité d’un rapport de l’OPECST sur les « techniques alternatives à la fracturation hydraulique pour l’exploration et l’exploitation des gaz de schiste »

Monsieur le Sénateur, Monsieur le Député,

Alors que la nation française débat sur son avenir énergétique, vous avez semble-il déjà tranché en faveur des hydrocarbures non-conventionnels. En effet, le titre de votre étude de faisabilité est éloquent puisque les conclusions sont déjà écrites. Il n’y a pour vous pas le moindre débat de société, mais simplement la question suivante: comment allons nous pouvoir extraire les gaz de schiste et autres hydrocarbures non-conventionnels dans un pays qui a selon vous interdit sans réfléchir la fracturation hydraulique?

Messieurs, vous insultez la démocratie et le peuple dont vous êtes les élus directs ou indirects. Comment expliquez-vous votre impatience ? Avez vous tellement peur des conclusions sans appel des populations de nos régions que vous méprisez et injuriez ainsi?

Messieurs, seriez vous donc sourds et aveugles? Monsieur le député, élu du peuple, n’entendez donc vous pas le peuple hurler son refus d’être sacrifié sur l’autel des intérêts de l’industrie des hydrocarbures? Monsieur le Sénateur, élu des élus, n’entendez-vous pas les maires épaulés par leurs populations vous dire leur refus de voir leur territoire saccagé? Messieurs, vous foulez au pied notre démocratie, votre mandat parlementaire ne vous donne pas carte blanche sur notre avenir.

Messieurs n’êtes vous donc pas conscients que la fracturation de la roche mère est en elle même dangereuse pour l’eau, l’air le sol et le climat car nous ne maitrisons rien? Vous n’avez aucune notion de géologie et encore moins d’hydrogéologie et prétendez rendre un rapport scientifiquement recevable sur des techniques qui bouleversent le sous-sol? Êtes vous donc omniscients?

Messieurs, n’êtes vous pas conscients du dérèglement climatique qui fait peser une terrible menace sur l’humanité toute entière? N’êtes vous pas conscient que se lancer dans l’aventure des hydrocarbures non-conventionnels empêchera nos états européens de réaliser leur transition énergétique et de décarboner leurs économies? Mais peut-être est-ce justement cela que vous souhaitez empêcher?

Messieurs, vous sacrifieriez 5 % de la surface agricole utile d’un tiers du territoire national pour construire plateformes et dessertes routière pour au mieux trois décennies de consommation de gaz?

Messieurs sacrifieriez-vous toute une économie tournée vers l’agriculture labellisée, l’industrie agroalimentaire et le tourisme? Sacrifieriez-vous des dizaines de milliers d’emplois bien réels pour des chimères? Sacrifieriez vous toute la structure sociale de nos régions du sud?

Messieurs, vous qui êtes au crépuscule de votre vie n’avez pas le droit d’entraîner toute une nation dans une nuit que vous ne verrez pas! Lorsque nous récolterons les fruits amers du désastre que vous nous souhaitez, vous ne serez plus là pour être jugés.

Messieurs, vous avez vécu et sans doute fort bien, il est temps de laisser les générations auxquelles vous avez légué les déchets nucléaires et l’angoisse du dérèglement climatique décider elle mêmes de leur avenir. Vous avez fait votre temps, ayez au moins la sagesse et l’humilité de le reconnaitre et laissez la place à ceux qui ont encore la vie devant eux.

Messieurs, vous qui semblez si sûrs de vous, soyez sûrs d’une chose, nous nous battrons et vous chasserons de nos territoires, vous et ceux que vous soutenez contre le peuple, car nous sommes le peuple.

Eric Féraille, Villeurbanne le 5 février 2013

gaspi

Cette semaine en Rhône-Alpes: Agenda ici    NANTUA 16 MARS 2013  (!) Info minute revue de presse
.

Le réseau rhonalpin des collectifs opposés à la recherche et l’exploitation des gaz et huile de schiste communique

Alors que la réforme du code minier est en préparation, les représentants de l’industrie pétrolière voudraient une nouvelle fois que la réglementation tourne en leur faveur au risque d’être en totale contradiction avec la charte constitutionnelle de l’environnement.

Cela fait près de deux ans que les collectifs anti gaz et huiles de schiste pointent la nécessité d’une réforme en profondeur de la réglementation française concernant le droit minier. Après de vaines promesses préélectorales en 2011, le gouvernement actuel a décidé de se saisir du dossier afin de dépoussiérer ce recueil particulièrement vétuste que constitue le « code minier ». L’industrie pétrolière travaille d’arrache-pied, publiquement et dans les coursives de l’assemblée, afin que cette réglementation soit libéralisée au risque de remettre en cause le principe élémentaire de précaution ainsi que l’indispensable consultation du public telle que le prévoit la charte constitutionnelle de l’environnement.

L’UFIP VEUT UN CODE MINIER PERMETTANT DE ROULER A TOMBEAU OUVERT

fracturation hydraulique-«Quand on réforme le code de la route, ce n’est pas pour bloquer la circulation (…) Les gaz de schiste aux États-Unis : ça va à une vitesse incroyable ! [1]» affirmait ce mercredi 6 février Jean-Louis Schilansky président de l’Union française des industries pétrolières (UFIP) et d’ajouter qu’il y était la semaine dernière. En effet une vitesse telle que les projets vont droit dans le mur ainsi que l’illustre le débarquement par les actionnaires du patron du leader des gaz de schiste aux États-Unis[2] la semaine dernière et les déclarations du patron de TOTAL il y a peu qui parlait d’investissements « pas terribles ». Ces projets vont droit dans le mur lorsque l’on constate les quantités gigantesques de gaz brulées en torchères faute de pipeline pour les transporter[3]. Ces projets vont droit dans le mur lorsque l’on constate leurs impacts sur la santé humaine[4] et animale. Ces projets vont droit dans le mur lorsqu’ils sont menés à grande vitesse sans le consentement des populations informées ou pas. Pour les éventuels gains financiers à court terme de quelques investisseurs, cette industrie va coloniser nos espaces de vie et nos espaces agricoles. L’exploitation des gaz et huile de schiste nécessite la multiplication des puits et l’explosion obligatoire des roches afin de drainer les hydrocarbures en grande profondeur et ceci quelque soit la technique et sans aucune possibilité de réparer les dégâts.

LA FRANCE GAZE, ELLE A DES RESSOURCES SCIENTIFIQUES ET DES IDÉES DÉCARBONNÉES POUR UNE TRANSITION ÉNERGÉTIQUE INÉLUCTABLE

Si l’UFIP (qui s’apprête à publier une brochure intitulée : « et si la France avait à la fois du pétrole, du gaz et des idées ? ») souhaite faire la promotion des ressources minières dont disposerait la France dans les grands tréfonds de son sous-sol, il est nécessaire de rappeler que la Pologne, dont on vantait il y a peu les réserves gigantesques de gaz de schiste, a revu ses projections en les divisant par 10. Le géant Chevron a abandonné ses projets dans ce pays en 2012. Les investissements gigantesques que représenteraient l’exploitation des hydrocarbures de roche mère, sources d’énergie carbonée et émettrices de gaz à effet de serre et les énormes subventions et avantages fiscaux accordés à cette industrie[5], devraient être transférés et consacrés à des solutions durables et moins nocives à la santé des populations. C’est bien cela qui devrait gouverner le débat et les choix sur la transition énergétique en France, c’est bien cela que doit favoriser l’excellente recherche française à laquelle il est urgent de consacrer des moyens en rapport aux défis de représentent le changement climatique et la poursuite du développement de nos sociétés.

[1] AFP  et Enerpresse 06 février 2013

[2] Bilan.ch 30 janvier 2013 « L’affaire Chesapeake fait exploser la bulle » : http://www.bilan.ch/argent-finances-les-plus-de-la-redaction/laffaire-chesapeake-fait-exploser-la-bulle

[3] Le Figaro 29 janvier 2013 « Les gaz de schiste brûlés visibles depuis l’espace »  http://www.lefigaro.fr/environnement/2013/01/29/01029-20130129ARTFIG00433-les-gaz-de-schiste-brules-visibles-depuis-l-espace.php

[4] Répertoire des personnes souffrant des effets du fracking, Pennsylvania Alliance for Clean Water and Air  http://pennsylvaniaallianceforcleanwaterandair.wordpress.com/the-list/

[5] http://priceofoil.org/wp-content/uploads/2012/05/Fossil-Fuel-Subsidies-vs-Climate-Finance-2-pg.pdf

RÉSEAU RHÔNALPIN DES COLLECTIFS OPPOSES À L’EXPLOITATION DES GAZ ET HUILES DE SCHISTE

Cette semaine en Rhône-Alpes: Agenda ici                                             (!) Info minute revue de presse
.

Madame, Monsieur

Nous apprenons que l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques (OPECST) a donné le coup d’envoi à un rapport qui vise à évaluer les alternatives à la fracturation hydraulique pour l’extraction des gaz et huiles de roche-mère, technique qui « est une atteinte considérable à l’environnement » selon le Président de la République lui-même.

Avant d’entamer ce débat, nous vous invitons à vous demander où se situerait l’alternative : dans la « fracturation » ou dans son caractère « hydraulique » ?

Pour extraire des hydrocarbures éparpillés en gouttelettes multiples dans une roche compacte, peu poreuse et peu perméable, il ne saurait y avoir d’alternative à l’augmentation de la perméabilité de cette roche, c’est-à-dire à sa fracturation. On peut appeler cette opération fissuration, stimulation, voire massage (Christophe de Margerie –PDG de TOTAL) ou brumisation (Gérard Mestrallet – PDG de GdF-Suez), il s’agit dans tous les cas de détruire la structure de la roche en la brisant pour permettre au gaz de s’échapper par des fissures que l’on maintiendra ouvertes grâce à des additifs physiques et chimiques ! Donc définitivement pas de « gaz de schiste » ou même de « tight gas » sans fracturation.

Alors l’alternative serait dans « l’hydraulique » ? Prenant cet adjectif au sens strict, c’est-à-dire utilisant de l’eau, on nous propose d’autres fluides, essentiellement des gaz liquéfiés, propanes, hélium, gaz carbonique… Économiser les milliers de mètres cubes d’eau nécessaires à la fracturation d’un puits serait effectivement une bonne chose pour cette ressources déjà très menacée.

Mais les dangers des forages profonds remontant à l’air libre des métaux lourds, des éléments radioactifs, des gaz, des bactéries disparaîtraient-ils par enchantement ? Les risques du méthane migrant au travers des fissures créées et préexistantes et venant contaminer les nappes d’eau seraient-ils réduits ? Et les émissions de ce même méthane dans l’atmosphère diminueraient-elles ? Sans parler des inévitables additifs chimiques qui accompagneraient le nouveau fluide de fracturation et qu’on retrouverait dans les effluents…

Extraire les hydrocarbures non conventionnels sans porter atteinte au milieu naturel est un leurre : « on ne peut pas manger la confiture sans casser la gaufrette qui est autour » (Cécile Duflot). Et ce d’autant plus que ces techniques « alternatives » augmenteraient le coût d’une énergie qui n’est déjà pas rentable aux USA comme l’ont confirmé les PDG d’Exxon Mobil ou de Total.

Ce que nous attendons de vous, ce n’est pas de cautionner telle ou telle technique pour mettre d’avantage d’hydrocarbures sur le marché, mais bien d’engager notre pays dans une véritable transition énergétique, basée sur la sobriété et l’efficacité énergétiques associées au développement des énergies renouvelables. Le climat de notre planète est déjà fortement perturbé par les émissions de gaz à effet de serre et il est urgent de diminuer l’usage de tous les hydrocarbures, qu’ils soient conventionnels, de roche-mère ou de houille.

Parlementaires, élus de nos territoires, c’est à vous que les citoyens demanderont des comptes, y compris devant les tribunaux, s’ils se trouvent confrontés à des forages dont nos collectifs vous démontrent depuis deux ans l’aberration et dont ils ne veulent définitivement pas. Nous vous demandons de prendre vos responsabilités en rejetant les fausses solutions « miracles », dont le résultat serait, outre la destruction de nos cadres de vie, un frein supplémentaire à la transition énergétique actuellement en débat dans le pays.

Cette lettre des collectifs rhônalpins opposés à la recherche et l’exploitation des gaz et pétrole « de schiste »  est en cours d’envoi à l’ensemble des parlementaires (députés et sénateurs) de la Région Rhône-Alpes.

Les collectifs rhonalpins communiquent

pinocchio-Madame la Ministre de l’Ecologie semble considérer, dans le « Tableau de bord de la mise en œuvre de la feuille de route pour la transition écologique« , que le rejet des demandes de permis concernant l’exploration des gaz de schiste et la fracturation hydraulique est un préalable au débat national sur la transition écologique. Nous l’approuvons pleinement.

Mais ou bien Madame la Ministre ne sait pas compter, ou bien elle est mal renseignée par ses services : il y avait 102 demandes en cours dont 46 classées « gaz et/ou huile de roche-mère » par le Conseil Général de l’Economie, de l’Industrie, de l’Energie et des Technologies et le Conseil Général de l’Environnement et du Développement Durable, dans leurs rapports conjoint (1) de février 2012. Il y a donc eu « rejet de 7 des demandes » et non pas « rejet des 7 demandes » comme indiqué de manière erronée dans ce tableau de bord en page 1 point 5 (2).

Il reste donc 39 demandes à rejeter pour les mêmes raisons, sans parler des permis déjà accordés indument comme celui « des Moussières« . A cet égard le cas des demandes dites « de Blyes » et de « Gex Sud » est emblématique : leur addition recoupe presque exactement le périmètre de la demande « de Lyon –Annecy« , qui fait partie des 7 rejetées. Et pourtant les précédentes resteraient toujours recevables, alors même que la demande « de Blyes » fait explicitement référence aux gaz de schiste ? Prime à la langue de bois des pétitionnaires, copinage ou inconséquence ?

feuille de route transition énergétiqueNous exigeons que le tableau de bord soit corrigé en indiquant la nécessité de rejeter tous les permis d’exploration non conventionnels et donnant un calendrier pour leur rejet, au-delà des 7 permis déjà rejetés. Et c’est cette exigence que nous comptons porter dans tous les débats sur la transition énergétique.

 

1 Rapports 2011/04/CGIET/GE, 2011/26/CGIET/GE, CGEDD 007612-01 et CGEDD 007612-03, Annexe 3 page 140 accessible ici

2 Tableau de bord de la mise en œuvre de la feuille de route pour la transition écologique 

 

Cette semaine en Rhône-Alpes: Agenda ici                                             (!) Info minute revue de presse
.
Réponse du Réseau des collectifs citoyens Stop au pétrole et gaz de schiste Rhône-Alpes  à l’article « Gaz de schiste, l’impossibilité de faire de la recherche serait criminelle », 15 janvier  2013.
Vous avez dit « criminelle » ? Mais c’est criminel !

RHODIA SITE DE CHALAMPEAinsi donc M. Clamadieu ose affirmer dans Le Progrès du 15 janvier 2013, que « l’impossibilité de faire de la recherche dans le domaine du gaz de schiste serait criminelle ». Devons-nous en déduire que ceux qui s’opposent à la prospection de ces hydrocarbures sont eux aussi des criminels, qu’il faut traiter comme tels ? Où serait notre crime, à nous qui nous opposons à l’exploration et à l’exploitation de ces hydrocarbures non conventionnels ? Serait-ce un crime de vouloir empêcher le saccage irréversible de l’eau, de l’air, des paysages ? Serait-ce un crime de vouloir préserver la santé de nos concitoyens ? Serait-ce un crime de vouloir arrêter la course aux énergies fossiles pour sauver ce qui peut encore l’être du climat de la terre  et investir dans la recherche d’énergies propres ?

A well is seen at a test drilling site Markowola-1 near Kozienice, central PolandNon, mais notre crime serait d’empêcher les dirigeants du MEDEF, dont M. Clamadieu * préside la Commission du développement durable, de faire durer le développement…de leurs profits. M Clamadieu est Président de Solvay, un géant de l’industrie chimique, dont on comprend bien l’intérêt à voir se développer la fracturation hydraulique, grande consommatrice des polluants qu’il produit. Et quand il nous parle du décalage des coûts de production entre la France et les USA, de quoi parle-t-il ? Du prix du gaz de schiste aux USA qui est inférieur aux coûts de production, ce qui ne saurait durer longtemps sans causer une catastrophe économique ? Ou des conditions de travail précaire et sous-payés des travailleurs américains, qu’il voudrait bien pouvoir appliquer en France ? M. de Margerie, PDG de Total serait-il ainsi une  criminel pour avoir annoncé le « coup de frein » de sa compagnie dans l’investissement pour l’extraction du gaz de schiste aux USA suite à une rentabilité insuffisante * ? Il s’avère que les «nombreux savoir-faire français » dont fait état M. Clamadieu ne sont pas du tout au point !

Le refus de l’exploration et de l’exploitation des hydrocarbures non conventionnels n’est pas une position « dogmatique et obscurantiste »*, c’est un choix responsable et assumé pour avancer vers une société plus durable, parce que plus sobre, et qui place le progrès humain avant les profits financiers. Mais sans doute cela aussi est-il criminel ?

Réseau des Collectifs citoyens Rhône-Alpes

Stop au pétrole et gaz de schiste

* Jean-Pierre Clamadieu est par ailleurs ingénieur des mines, administrateur de quelques autres sociétés telles qu’Axa, la SNCF, Faurecia, vice-président du CEFIC, membres du conseil de l’ICCA ainsi que du Siècle.

**  AFP 14/01/13

Voir aussi les intérêts de Solvay dans la gomme de Guar produit utilisé pour le fracking (fracturation hydraulique) seule technique existante pour exploiter les gaz et pétrole de schiste : ici et

 

 

Cette semaine en Rhône-Alpes: Agenda ici                                             (!) Info minute revue de presse
.
VENDUS !

recherche-scientifiqueVendus les chercheurs ? Oui, vendus ! Vendus, bradés, abandonnés au plus offrant par des politiciens incapables d’assurer le financement de leurs laboratoires. Et donc priés de s’adresser là où il y a de l’argent, c’est-à-dire auprès des industriels, pour financer une recherche qui n’a plus de publique que le nom.

recherche scientifiqueQue les industriels, qui bénéficient de fait des avancées de la recherche fondamentale, soient sollicités pour y contribuer financièrement, cela n’a rien d’illogique. Mais par l’impôt ! La décision d’attribution de crédits à un sujet donné doit être prise en fonction de l’intérêt général, pas des intérêts financiers de tel ou tel industriel. Sinon, et c’est le cas aujourd’hui, il n’y a bien entendu pas de sujet interdit…mais des sujets non financés, quand ils déplaisent aux bailleurs de fonds.

chercheurAlors il y a les chercheurs qui s’efforcent de résister, refusant les allégeances trop contraignantes, et doivent se réfugier dans une neutralité précaire, s’interdisant les sujets trop polémiques pour ne pas se retrouver sans financement. Et puis il y a les serviles, les vénaux qui courent au-devant des industriels pour leur concocter des instituts sur mesure pour servir leurs intérêts mercantiles. Ceux qui prétendent nous démontrer que ce ne sont pas les émissions de CO2 humaines qui réchauffent la planète, que les centrales nucléaires ne présentent aucun danger ou que l’exploitation des hydrocarbures profonds ou de roche mère nous permettra de retrouver le plein emploi et la croissance.

collusionUn scientifique peut parfaitement travailler pour Total, Schlumberger, Areva ou GDF/Suez…mais qu’il l’assume et ne se présente plus comme chercheur universitaire. Au même titre que ces experts en économie, qui se présentent eux aussi comme universitaires, en omettant de citer les banques dont ils sont conseillers ou même administrateurs. Il ne faut plus laisser les citoyens être abusés par ces soi-disant experts indépendants. Il faut dénoncer les collusions et restaurer une véritable recherche publique sur financement public.

J.C. 15.01.2013