(!) Info minute revue de presse

Article de Noureddine LEGHELIEL – Paru le Dimanche 19 Mai 2013 dans le Quotidien Algérien L’Expression – Reproduit avec l’aimable accord de la rédaction

LES SIX REMARQUES QUI METTENT EN DOUTE UN RAPPORT ALARMANT

Ce rapport était destiné aux pays membres de l´Opep avec un message intimidant, du genre: «Gare à vous, la cavalerie yankee de John Wayne arrive!»

GAZ ...Il y a quatre jours, l´Agence internationale de l´énergie a publié un rapport sur le boom du pétrole et du gaz de schiste aux États-Unis d´Amérique. Un rapport alarmant et alarmiste prévoyant l´effondrement des cours des prix du pétrole et du gaz en raison d´un futur surplus de la production américaine de ces deux matières énergétiques. Ce rapport était destiné aux pays membres de l´Opep avec un message intimidant: «Gare à vous, la cavalerie yankee de John Wayne arrive!». Plusieurs journalistes qui ont pris l´habitude de vénérer et de ne jamais critiquer la parole «divine» des experts étrangers et qui sont aussi passionnés par le cocktail (polémique-sensation), se sont précipités pour mettre à la une de leur publication cette information. Sous des titre tout aussi alarmistes du genre: «L´Algérie et la transition énergétique mondiale» ou encore: «L´Algérie va droit au mur». Cependant, il convient de reconnaître que nos journalistes ont eu l´amabilité de nous transmettre, à la lettre et á la virgule près, le contenu de l´analyse des experts de l´AIE qui prévoit un lendemain apocalyptique pour l´économie algérienne.
Á travers le texte qui suit, j’ai tenté d’apporter des éléments de réponse selon lesquels ce rapport est loin de contenir des vérités certaines et que de ce fait, on a toutes les raisons du monde pour le mettre en doute et le critiquer.
Voici mon commentaire sur le rapport de l´AIE contenant six remarques:

1- La crédibilité des experts de l´AIE

Par le passé, les honorables experts de cette prestigieuse Agence se sont déjà trompés dans leurs analyses et leurs prévisions suite auxquelles ils sont revenus à maintes reprises pour revoir, tantôt à la hausse, tantôt à la baisse, les chiffres de la demande et de l´offre mondiales de pétrole. Cela s’est produit, pas une ou deux fois, mais plusieurs fois.

2-Une information déjà connue du grand public

Toute cette littérature à caractère publicitaire contenue dans le rapport de l´AIE concernant la découverte de gaz et de pétrole de schiste aux USA, est une histoire de déjà vue et connue depuis 2009 jusqu’à nos jours. J’ai lu au moins 50 articles publiés dans les plus grands quotidiens financiers américains et j´ai vu plusieurs programmes et interviews sur les chaînes économiques telles que Cnbc et Bloomberg sur ce sujet. D’ailleurs, certains médias sont allés jusqu’à affirmer que le gaz de schiste constitue la découverte du siècle. D’autres ont soutenu, en revanche, que c´est la seconde découverte après Internet. Mais les écoles de finance nous ont appris qu´une information déjà connue du grand public n´a pas d´impact sur le prix d´un actif financier ou sur le prix d´une matière première.

3 – L´efficience du marché pétrolier

Cette troisième remarque est sans aucun doute la plus pertinente, car elle illustre l´absurdité du raisonnement de certains experts de l´AIE. Ces gentlemen soutiennent que dans une durée de sept ans, les USA seront autosuffisants en pétrole et en gaz et ils détrôneront l´Arabie Saoudite de la première place. Tout cela à cause des grandes découvertes du pétrole et du gaz de schiste et grâce à cette future surabondance de l´offre américaine. Ainsi donc, ajoutent ces experts, les Américains viendront inonder les marchés pétroliers internationaux et par conséquent il y aura un effondrement des cours du brut.
Voilà un raisonnement tout simplement faux! Pourquoi et comment? Vu l´efficience du marché pétrolier, le prix du pétrole américain WTI a déjà intégré dans son cours cette information concernant un futur surplus de l´offre américaine. Néanmoins, il y a une nuance qu´il faut signaler: c’est que le marché a intégré l´information authentique qui reflète la vérité sur la future offre pétrolière américaine et non pas l´information fabulée des médias financiers. Pour preuve, voici quelques cotations: (vendredi le 17 mai 2013, Ndlr), le prix des contrats a terme du WTI du mois de juin 2020 se négocie a 82,32 dollars et le prix des contrats á terme du WTI du mois de juin 2013 se négocie à 96,14 dollars. Comme vous pouvez le voir, le contrat de 2020 se négocie avec une décote de presque 14 dollars et c´est cette décote de 14 dollars qui est la conséquence d´un futur surplus de l´offre américaine. Le contrat de 2020 se trouve sur une position appelée dans le langage du trading des matières premières, backwardation.. L´effondrement insinué en krach des cours du prix du pétrole prévu par les cadres de l´AIE à l’horizon 2020, ne pourra pas donc se produire.

4 – L´analyse fondamentale des experts de l´AIE

L´analyse fondamentale sert à analyser les fondamentaux du marché pétrolier et qui sont, l´offre, la demande, les réserves, la consommation etc…. Très populaire dans les années 1960 et 1970, hélas, cette analyse vient de perdre de sa pertinence au cours de ces dernières années et cela pour plusieurs raisons. Je vous en cite quelques-unes. Le marché pétrolier international d´aujourd´hui n´est plus entre les mains des pétroliers, mais il est sous la domination des financiers (banques d´affaires, les fonds des matières premières, les hedge fonds etc…). Dans les milieux financiers internationaux de ces cinq dernières années, le pétrole était considéré plus comme un actif financier qu´une matière première. Le baril papier (les contrats à terme et les contrats des options qui se clôturent avant la date d´échéance, c’est-à-dire sans livraison physique) est le plus négocié, la différence entre les volumes des échanges du baril papier et du baril liquide est très grande.
En 2011, les volumes d´échange du baril papier étaient 28 fois plus grands que ceux du baril liquide ou physique. A force de le constater, on pourra dire aussi, qu’aujourd’hui, ce n’est plus l´Arabie Saoudite, ni l´Opep, ni les présidents Poutine ou Obama, encore moins le président iranien Ahmadinejad qui décident du prix du baril, mais ce sont bel et bien les acteurs du marché pétrolier, identifiés comme financiers et pétroliers. Ce sont ces derniers qui fixent et décident du prix du baril. L´indice de la volatilité est devenu une composante du prix du baril. La hausse du prix du baril ne représente plus de risque pour l´économie américaine et ne montre presque aucune menace directe sur l´inflation aux USA (un prix de baril avoisinant les 100 dollars avec un taux d´inflation de 2%). Á titre explicatif, je vous cite un exemple pour vous montrer les limites de l´approche fondamentale.
Le 15 février 2008, le prix du baril du WTI américain se négociait á 86 dollars, le 11 juillet 2008 il avait atteint les 147 dollars et le 5 décembre de la même année, il s´est retrouvé à 34 dollars mais pendant tout ce périple, c’est-à-dire l´année 2008, la demande et l´offre mondiales du pétrole n´ont pas connu un grand changement, alors on peut se demander où sont passés les fondamentaux? Les honorables experts de la prestigieuse Agence internationale de l’énergie utilisent toujours l´analyse fondamentale comme instrument d´analyse et de prévision.

5- Le double langage des analystes de l´AIE

Dans leurs analyses pétrolières, les experts de l´AIE ont toujours mis l´accent sur l´état des conjonctures économiques des grandes nations industrielles obéissant au raisonnement classique qu´une crise économique engendre une baisse de la demande pétrolière et une relance économique est toujours liée á une augmentation de la demande pétrolière.
Si on va se référer aux principes de ce raisonnement nous serons en face d´un paradoxe. D’une part, nos amis experts prévoient un effondrement des cours du brut dans un futur proche et d´autre part, nous sommes sur le chemin d´une reprise économique mondiale et c´est l´indicateur boursier qui nous le prouve. Le rebond boursier de ces derniers mois est annonciateur de l’imminence d’une reprise économique á l´échelle mondiale. Il ne faut pas oublier que la Bourse est toujours en avance sur l´économie d´un intervalle de temps de six mois á une année. Alors, pourquoi cette contradiction de la part de nos amis de l’AIE?

6-Les vérités sur le marché du gaz aux États- Unis

Sans trop entrer dans les détails, contentons-nous de commenter le rapport de l´AIE qui mentionne une partie réservée au gaz de schiste aux USA. Les cadres de l´AIE partagent les mêmes opinions que les médias financiers américains.
Ces derniers ont fait couler beaucoup d’encre sur cette affaire des découvertes du gaz de schiste et de leur démarche marketing; il faut avouer qu’ils ont réussi á créer toute une littérature sur l´abondance du gaz naturel en Amérique et ils ont aussi misé sur une éternelle baisse du prix du gaz aux USA et á travers le monde puisqu’ils prévoient que les Yankees vont se doter des méthaniers géants qu´on a déjà surnommés (pipes lines flottants) pour acheminer le GPL des USA vers le Japon, l´Europe et la Chine. Mais comme d´habitude, on doit se poser cette question: peut-on croire ce que les médias financiers racontent pour connaître la vérité? Pour répondre à cette question, on doit se rappeler de l´expression française selon laquelle «il vaut mieux avoir affaire à Dieu qu’à ses saints». Qui décide en fait du prix du gaz aux USA? Les médias ou les acteurs du marché du gaz? La réponse est claire: ce sont bien les acteurs.
Mais que pensent ces mêmes acteurs sur l´avenir du prix du gaz aux USA? Eh bien, on va être étonnés de voir que les acteurs du marché du gaz aux USA sont d´un avis diamétralement opposé à celui des médias sur la question du prix futur du gaz. Les acteurs du marché du gaz américain prévoient une hausse et non pas une baisse du prix du gaz dans l´horizon des années 2020. Comme preuve à l´appui, on constate que les prix des contrats à terme du gaz naturel pour les 10 années à venir se trouvent sur une position appelée Contango.
Le prix du contrat à terme du mois de juin 2013 se négocie aujourd´hui à 4,05 dollars le Mbtu et le prix du contrat à terme du mois de janvier 2022 à 5,98 dollars le Mbtu. Conclusion: le célèbre économiste américain, le nommé Robert Shiller, auteur d´un best seller en 1998 (L´exubérance irrationnelle) disait dans son livre que les médias arrivent souvent en retard sur un événement censé faire bouger un marché financier et ici, dans notre texte, on retrouve la validité de la parole de cet éminent économiste. Donc, l´avènement du gaz de schiste au Etats-Unis n´est plus un événement.

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Introduction à l’article d’Alain Campiotti publié le 19-05-2013 sur Bilan.ch

La révolution des hydrocarbures non conventionnels a touché la Suisse. Le Jura et le Plateau sont des zones de prospection. Mais la technique fait peur. Enquête. 

Sur la carte, c’est un petit rectangle blanc. Vu de près, c’est un chantier en sommeil auquel les promeneurs qui marchent vers la réserve naturelle des Grangettes prennent à peine garde. Une bataille de l’énergie se livre là, qui a pour toile de fond la révolution mondiale des hydrocarbures non conventionnels.

noville_022_puit_forageA deux kilomètres de Villeneuve, entre Noville et le Léman, le rectangle blanc coiffe un puits de 4300  mètres qui descend en arc sous le lac, à 3500  mètres de profondeur. La roche qui a été ramenée de si loin montre la présence de gaz naturel emprisonné dans une épaisse couche de grès sous l’anticlinal au large de Clarens.

Beaucoup de gaz? «Oui, dit avec malice Philippe Petitpierre. Entre zéro et vingt-cinq années de consommation suisse, mais plus près de vingt-cinq ans…»

Petitpierre, en Suisse romande, est le prince du gaz: tous les fils de cette industrie semblent conduire à lui. Entre autres casquettes, il dirige les opérations de Petrosvibri, l’entreprise qui a foré sous le Léman. Ce printemps, il parle par ellipses prudentes, parce que la passe est délicate. Ses actionnaires diront dans quelques semaines s’ils sont prêts à envisager l’exploitation du trésor gris sous le lac bleu.

Or, venant en majorité des Services industriels genevois, lausannois et d’autres, ils font plutôt la moue devant le pactole promis. Pourquoi? A cause de ce gros mot qui fait peur aux politiques: fracturation.

carte_shistesuisse_2Les voisins des Grangettes avaient été les premiers à s’inquiéter, au moment du lancement du projet, il y a cinq ans. Petrosvibri avait fait valoir un investissement de près de 8 millions dans des travaux préparatoires de protection du site, ce qui avait amené Pro Natura à retirer son opposition. Le gérant de la réserve, Olivier Epars, qui est aussi député vaudois Vert, a encore récemment interpellé le Conseil d’Etat. 

Les écologistes comme lui reçoivent toute nouvelle découverte de source d’énergie fossile comme une malédiction: c’est chaque fois un obstacle, ou un détour sur le chemin du renouvelable. Si vraiment le gaz non conventionnel du Léman doit être exploité, ils demandent des garanties absolues sur les techniques qui seront employées.

Or la technique connue, la fracturation hydraulique abondamment utilisée outre-Atlantique, les gouvernements romands n’en veulent pas, les Fribourgeois et les Vaudois l’ont déjà fait savoir.

«Ce qui s’est passé aux Etats-Unis, c’est le catalogue de tout ce qu’il ne faut pas faire!», admet Jon Mosar, professeur de géologie à l’Université de Fribourg, l’un des meilleurs connaisseurs du sous-sol suisse. La faute à George Mitchell?

Ce pétrolier texan, à la fin du siècle dernier, a dépensé beaucoup de millions – et de subventions fédérales – pour développer des techniques et des instruments capables d’arracher au sous-sol les hydrocarbures insaisissables.

Le pétrole et le gaz (conventionnels) que nous consommons sont puisés dans des structures volumineuses: on plante une paille, et on suce. Mais des quantités plus importantes de résidus précieux (non conventionnels) sont emprisonnées dans des roches plus profondes, schiste, grès, etc.

La fracturation hydraulique, qui permet de libérer ce gaz ou ce liquide en fissurant la roche, est connue depuis longtemps; elle est couramment utilisée en géothermie.

Mais quand le prix des hydrocarbures était bas et la technique rudimentaire, l’exploitation non conventionnelle n’avait aucun sens économique. Ce que Mitchell a apporté, au moment où les cours prenaient l’ascenseur, c’est la maîtrise, à grande profondeur, du forage horizontal le long de la couche de schiste ou de grès gorgée d’hydrocarbures.

Le puits est alors rempli d’un mélange d’eau, de sable et de produits chimiques sous une pression telle que la roche se fissure; le sable – ou de petites billes de verre – maintient les failles ouvertes; les produits chimiques aident au forage et stimulent l’écoulement des hydrocarbures libérés.

1.               Craintes mondiales

Avant de devenir un fracas mondial, la ruée sur le schiste américain a commencé en douceur. Profitant d’une législation souple et de la structure de la propriété, les pétroliers, petits et gros, sont partis à la chasse au trésor, creusant des trous partout. Aux Etats-Unis, les privés possèdent aussi leur sous-sol. Les prospecteurs leur proposaient des contrats juteux, qu’ils ont souvent signés.

Ce pétrolier texan, à la fin du siècle dernier, a dépensé beaucoup de millions – et de subventions fédérales – pour développer des techniques et des instruments capables d’arracher au sous-sol les hydrocarbures insaisissables. Lire la suite ici

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Communiqué | Vendredi 17 Mai 2013

Les deux collectivités territoriales ont décidé de faire appel du rejet de leur recours contre le permis dit de « Château-Thierry ».

HH30 Bassin parisienEn avril 2011 la Région et le Conseil général de Seine-et-Marne ont déposé conjointement un recours contre l’arrêté préfectoral du 12 octobre 2010 qui autorise la société TOREADOR ENERGY à effectuer des travaux de recherches concernant les gaz et pétroles de schiste, notamment sur le territoire de la commune de Doue en Seine-et-Marne.

Suite à son examen du recours en séance publique du 11 avril, le tribunal administratif de Melun a rejeté ce recours. Déterminés à faire obstacle aussi bien à l’exploration qu’à l’exploitation des huiles gaz et pétroles de schiste, la Région et le Conseil général ont décidé de faire appel de cette décision.

Les contrôles inopinés demandés par la ministre de l’écologie depuis l’automne dernier, et le retrait par la préfète de Seine-et-Marne de la phase 2 du « permis de Nemours » le 30 avril les confortent dans leur action.

Pour Jean-Paul Huchon, « la priorité absolue c’est la transition énergétique. L’exploitation de ces ressources n’est pas une solution, même à court terme. Il faut faire des choix. Celui de la Région c’est de promouvoir l’efficacité énergétique et les énergies renouvelables ».

De son côté, Corine Rufet, Vice-présidente en charge de l’environnement, de l’agriculture et de l’énergie, souligne que « chercher du pétrole c’est regarder vers le passé. Avec la transition énergétique nous voulons inventer un nouvel avenir pour les territoires. La Seine-et-Marne est pour la Région un territoire prioritaire en matière d’énergies renouvelables et de préservation de l’environnement ».

Pour Vincent Eblé, Sénateur et Président du Conseil général de Seine-et-Marne, « Depuis 2006, nous nous battons avec nos partenaires pour faire respecter un Plan départemental de l’eau applicable à tous les Seine-et-Marnais : collectivités, agriculteurs et particuliers. Alors que cette politique porte enfin ses fruits, pourquoi remettre en danger la qualité de l’eau quand on sait qu’une mauvaise étanchéité des puits peut conduire à la contamination des nappes phréatiques ? »

Jean Dey, 1er Vice-président du Conseil général chargé de l’environnement et du développement durable rappelle d’ailleurs qu’en Seine-et-Marne, « la nappe du Champigny, qui alimente plus d’un million de Franciliens, connait des restrictions répétées. Elle a d’ailleurs été classée par l’Etat en Zone de Répartition des Eaux (ZRE). Dès lors, il parait parfaitement irresponsable de laisser des pétroliers gaspiller d’immenses quantités d’eau lorsque l’on sait qu’un seul puits, pour une simple fracturation, utilise 15 à 20 000 m3 d’eau ! »

A l’occasion d’un débat organisé ce soir* à Mareuil-les-Meaux (77) par Ile-de-France environnement, dans le cadre du débat national pour la transition énergétique, Corinne Rufet, et Marie Richard, Vice-présidente du Conseil général, iront débattre avec les habitants des enjeux de la transition énergétique.

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C’était en 2011 à la veille de la campagne électorale, au moment du vote de la loi publiée en Juillet et interdisant le recours à la fracturation hydraulique, la Fédération Française de Spéléologie s’était clairement positionnée contre la recherche et l’exploitation de gaz de schiste quelque soit la méthode utilisée. Dans une brève et claire déclaration, les spéléo demandaient "l’interdiction définitive de tout projet d’exploitation de ces énergies fossiles sur le territoire français quelque soit la technique employée".

Ce week-end du 18 au 20 mai 2013 aura lieu le cinquantième anniversaire de la Fédé Française de Spéléologie . Mais qui sont ces spéléo ? Les média en parlent quand l’un d’eux reste coincé sous terre et qu’un spéléo secours est activé. Les spéléo initient aussi les jeunes à la découverte du monde sous –terrain pendant les vacances, lors de sorties.

speleoMais sait-on que les spéléo au-delà de leurs bizarres mœurs les amenant à ramper dans la boue, franchir des étroitures et faire des pendules dans des puits sous-terrains vertigineux sont également les découvreurs et les gardiens d’un monde dans lequel circulent de gigantesques quantités d’eau, un écosystème également mis en péril par l’activité de l’homme ? Scientifiques, les spéléologues s’investissent également dans des activités de dépollution comme le relate ce récent article au sujet de spéléo aveyronnais.

speleo 2Alors que les promesses pré-campagne électorale de 2011 d’une interdiction de la recherche et de l’exploitation des hydrocarbures de roche mère ainsi que la loi d’interdiction sont mises à mal par la volonté des élus réunis au sein de l’OPECST mais également des pétroliers contestant l’abrogation de leur permis de recherchele symbole de ces spéléo gardiens du monde sous-terrain renouvelant leur opposition exprimée en 2011 serait un signal fort alors que l’expérimentation de la fracturation du sous-sol est à nouveau évoquée … on ne peut plus sérieusement.

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Source: Corporate Europe Observatory par Pia Eberhardt, Timothé Feodoroff, Emma Lui, Cecilia Olivet et Stuart Trew

Corporate Europe ObservatoryAlors que les états membres de l’Union Européenne (UE) analysent les conséquencesimage_ceta_fracking_briefing environnementales du développement du gaz de schiste par la fracturation hydraulique, des négociations sont en cours pour un Accord Économique et Commercial Global (AECG) entre le Canada et l’Union Européenne. Controversé, ce dernier permettrait aux investisseurs de contester la décision des gouvernements de réguler ou d’interdire la fracturation.

Ce document met en relief le débat public entourant la fracturation; les intérêts des compagnies pétrolières et gazières dans les réserves de gaz de schiste en Europe et les conséquences que la clause regardant la protection des investissements inclue dans l’AECG pourrait avoir sur le pouvoir des gouvernements de réglementer ou d’interdire la fracturation. Il comprend l’étude de cas de la société Lone Pine Resources Inc. versus le Canada, qui conteste le moratoire sur la fracturation et poursuit le gouvernement canadien en faisant valoir cette clause, et met en garde que cela pourrait se produire en Europe. Il recommande de ne pas inclure le mécanisme de règlement de litige entre les investisseurs et l’État dans l’AECG.

DES GÉANTS DE L’ÉNERGIE NORD-AMÉRICAINE DIRIGENT LA FRACTURATION EN EUROPE

Total, une société française ayant une filiale au Canada, a investi au Danemark, en Pologne et en France. Enimage... 2010, le gouvernement danois a émis deux permis d’exploration à Total, et malgré un moratoire, la société a commencé le forage exploratoire au pays. Total  possède une concession en Pologne. La société a également investi en France avant le moratoire, et a soumis un appel contestant le retrait de son permis. Chevron, une société américaine ayant des filiales au Canada, détient et exploite quatre concessions de gaz de schiste dans le sud-est de la Pologne, et depuis 2012, creuse des puits exploratoires. Avant le moratoire roumain, Chevron possédait une gigantesque concession de gaz de schiste à Bârlad. Chevron détenait également une participation de 50 % dans une société d’exploration et de production en Lituanie.

Au début de 2013, Shell a signé le plus important contrat de gaz de schiste en Europe, une transaction de 10 milliards $ en Ukraine, où elle creusera 15 puits d’essai. En 2011, ExxonMobil a signé un accord avec la société d’état énergétique de l’Ukraine, Naftogaz. La société souhaite exploiter le potentiel du gaz de schiste en Allemagne, en réponse au moratoire de la Rhénanie-du-Nord-Westphalie, Exxon a développé un site Web visant à apaiser les inquiétudes du public.

En collaboration avec Lane Energy, Conoco Philips, une société du Texas, évalue les réserves de 445 000 hectares dans le nord de la Pologne. Il existe d’autres sociétés nord-américaines qui sont intéressées par les réserves de gaz de schiste de l’Europe, notamment Halliburton, Enegi, Talisman et Encana.

Projet traité commercial Canada Union Europeenne

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Traduction libre de l’article publié le 21.04.2013 par Jennifer Brown dans Science in Film

Avant Première de Gasland 2

Gasland 2 premiereLe public s’est levé pour une ovation après la projection du documentaire Gasland 2. C’était la première mondiale du nouveau film sur la fracturation hydraulique qui s’est tenue au Festival du Film de Trebica à New York ce 21 Avril. Ce film montre ce que le cinéma fait de mieux pour informer et éclairer le public sur une question importante de politique mondiale de nos jours.

« Fracking » (la fracturation hydraulique) est devenu un gros mot après avoir contaminé l’eau et les terres des communautés de Pennsylvanie et du Wyoming. La fracturation hydraulique est une technique d’extraction de gaz par forage qui utilise des centaines de produits chimiques toxiques injectés dans des puits profonds. Cette technique permet de briser la roche de schiste et de forcer l’expulsion du gaz de schiste emprisonné sous terre. Gasland, le docu film produit en 2010, suivait la piste sale des produits chimiques. Ceux-ci passaient des forages de gaz vers les cours d’eau puis dans les robinets d’eau des maisons – lesquels s’enflammaient.

Le film Gasland a été nominé pour un Academy Award en 2010. Il a mis au grand jour la question explosive de la fracturation hydraulique et a lancé une bataille environnementale de grande ampleur. Des scientifiques, des médecins, des artistes et des collectifs citoyens ont rejoint cette cause partout à travers les États-Unis. Yoko Ono et Sean Lennon ont fondé Artists Against Fracking (Les Artistes contre la Fracturation Hydraulique) pour mobiliser avec les arts. Le film m’a inspiré l’écriture d’un roman sur la fracturation hydraulique qui est sorti en 2012, appelé Brindle 24 , le dernier jour dans la vie d’une ville.

A présent le cinéaste Josh Fox est de retour avec Gasland 2. Cette deuxième partie de Gasland documente un second type de piste sale, celui de l’argent des compagnies de forage et d’exploitation de gaz qui passe directement dans la poche de nos élus. Fox suggère que notre processus démocratique lui-même est fracturé. Les décisions relatives à la fracturation sont contaminées par les intérêts des entreprises au détriment des petits propriétaires fonciers et de la santé des familles. Dans une vague de contamination intense et généralisée comme celle qui a suivi la fracturation hydraulique, les citoyens avaient le droit de s’attendre à ce que le gouvernement les protège. Cet espoir demeure non réalisé. Mais la lutte pour l’accès à l’eau potable ne va pas prendre fin de si tôt.

Les conséquences de la fracturation

Fracturation hydraulique ..Les conséquences de la fracturation sont présentées dans Gasland 2 par le scientifique Tony Ingrafea de l’Université Cornell[1]. Il montre comment les forages pour l’extraction de gaz en grande profondeur fuient. Le méthane s’infiltre ensuite autour des puits de gaz et contamine les puits d’eau, des ruisseaux et même des aquifères dont de nombreuses communautés dépendent pour leur consommation en eau potable. Le méthane qui s’échappe est toxique tant pour les humains que les animaux et il accélère le réchauffement climatique en contaminant l’air. En outre, les produits chimiques toxiques utilisés dans le processus de forage contaminent l’air, la terre et l’eau à proximité des sites de forage.

D’autres faits scientifiques présentés dans le film nous concernent tous lorsque nous vivons à proximité d’une zone fracturée, il s’agit de l’augmentation des tremblements de terre et des séismes. La fracturation pour l’extraction du gaz se fait par l’injection de produits chimiques toxiques à des pressions extrêmement élevées pour faire sortir le gaz. Ces injections déstabilisent le lit rocheux sous terre et sont liées à un nombre croissant de tremblements de terre. Malgré cela, la fracturation hydraulique est encore pratiquée en Californie à proximité des failles naturelles où les séismes constituent déjà une menace majeure.

Un espoir pour l’avenir

Après le film, le réalisateur Josh Fox a rejoint les familles et sympathisants sur la scène – l’artiste Yoko Ono, l’actrice Deborah Winger, et beaucoup de gens touchés par la contamination chimique liée à la fracturation hydraulique pratiquée près de leurs habitations. Ils ont répondu aux questions de l’auditoire. Les spectateurs ont demandé, comment aider comment s’impliquer de manière solidaire alors que la fracturation hydraulique continue de se développer dans le monde entier. Le message était clair – croyez en votre propre pouvoir et votre capacité à gouverner. Faites entendre votre voix pour tenir les élus responsables de la protection de notre air et de l’eau.

Si l’extraction de ce gaz est trop toxique, les énergies renouvelables comme le solaire, l’éolien et l’hydraulique peuvent alimenter les besoins énergétiques du pays. Un nouvel éclairage brillant dans le débat sur ​​l’énergie est l’analyse des énergies renouvelables pour l’avenir que vient de sortir de Mark Jacobson. Il a également assisté à la première  projection de Gasland 2 et est monté sur scène. Mark Jacobson de Standord a répondu aux questions concernant la transition vers les énergies renouvelables et l’abandon des techniques anciennes et sales comme la fracturation pour le gaz de schiste. Cela s’est terminé sur une note d’espoir, et je me réjouis de plus d’énergies renouvelables et moins de « fracking » pour notre avenir.

Auteure, chercheure, éducatrice en soins de santé Jennifer Brown vit à New York. Elle a publié des romans, des histoires courtes et des poèmes et elle blogue sur la science à « Film Annex » et « ScienceRevolution.org ».
JJBrown a travaillé dans la recherche avant de se tourner vers la fiction. Elle détient un doctorat en génétique issu de son travail avec le prix Nobel Barbara McClintock. Les ouvrages de JJBrown sur la génétique et l’éducation à la santé sont publiés dans de grandes revues dont les travaux sont évalués par les pairs.

Note: Face à la remise en cause de ces projets d’extraction de pétrole et gaz de schiste aux USA, l’industrie pétrolière et gazière met en œuvre une campagne de communication très agressive. Elle s’est même payé le luxe de produire une fausse bande annonce du film GASLAND 2 AVANT même la sortie de la bande annonce officielle du film de Josh Fox ! A lire ici

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Hydrocarbures non conventionnels : audition par l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et techniques (OPECST) ou comment l’alternative à la fracturation hydraulique est … la fracturation hydraulique.

OPECST...Dire qu’il a fallu rassembler 15 députés, autant de sénateurs, le gratin de l’industrie pétrolière française (plus quelques acteurs internationaux) et un « comité scientifique » inféodé à l’Institut Français du Pétrole, pour en arriver  à la conclusion suivante : il n’y a pas aujourd’hui d’alternative à la fracturation hydraulique !

Conclusion ? Va-t-on renoncer aux gaz de schiste ? Non, bien entendu !

On va nous raconter que maintenant on sait les extraire avec beaucoup moins d’eau, de la graine de haricot, du jus de citron et du liquide vaisselle (mais biodégradable !), et que ça s’appelle « fissuration hydraulique» …et le tour est joué.

manipulation ...Et comme on ne veut pas mourir idiots, on va lancer un grand programme de « recherche scientifique » pour savoir de quoi on se prive par « obscurantisme ». Et ce programme nécessitera une centaine de puits, selon Christian Besson de l’Agence Internationale de l’Energie. Et ces puits seront bien entendu « fissurés » voire "massés" comme l’affirmait sans rire le PDG de GDF Suez.

Certes, ils ne l’ont pas dit aussi clairement, mais nous pourrions écrire dès à présent les conclusions du rapport de l’OPECST prévu pour le mois d’octobre : le « regard d’envie » que le député (PS) Bataille a avoué porter sur les américains en raison du « saut économique  que permet le gaz de schiste » ne laisse pas de place au doute. « Drill baby drill ! » est leur nouveau slogan, drill mais en maillot rayé.

Par contre, pour ce qui est de « l’acceptabilité sociale » souhaitée par Bruno Courme, directeur de Total Gas Shale Europe, ils peuvent toujours rêver… ils trouveront du monde sur leur chemin !

Mais à propos, que s’est-il dit pendant cette fameuse réunion? A lire ici

JC