(!) Info minute – Revue de Presse

Une équipe de chercheurs vient de publier une nouvelle étude dans la revue scientifique Nature Communications dans laquelle ils présentent leur analyse des facteurs qui ont contribué à la baisse de 11% des émissions de CO2 aux États-Unis entre 2007 et 2013.
De nombreux médias et experts ont attribué initialement le changement à la montée de la fracturation hydraulique et au remplacement du charbon «sale» par le gaz naturel à « combustion propre ». Qu’en est-il ?

Impact de la récession de 2007 sur la consommation

Cette nouvelle étude a analysé les modèles qui déterminent réellement la consommation nationalerecession usa 2007 aux États-Unis et il apparaît clairement que le gaz naturel a joué un rôle mineur dans l’histoire du charbon ces quelques dernières années. Et particulièrement lorsqu’on examine la Grande Récession en 2007: à la mi-2007 , la bulle immobilière américaine a éclaté, provoquant une grave récession. Le chômage a plus que doublé au cours des 2 années suivantes. Les revenus ont chuté, et le taux de pauvreté a augmenté. Et entre 2007 et 2009, les émissions de carbone ont diminué de 9,9%.

Le boom du gaz de schiste n’a pas commencé avant 2009

L’étude montre que plus de la moitié du déclin du charbon fut due à une baisse drastique du volume des biens consommés par la population américaine. Près d’un tiers de la baisse pourrait êtrebaisse CO2 USA baisse charbon et consommation pas augmentation gaz de schiste attribuée à des changements dans la structure de production, comprenant également la délocalisation des industries américaines vers la Chine et d’autres pays. Seulement 17% pourraient être attribuées à des changements du mix énergétique pour produire de l’énergie, et pourtant ceci n’est pas lié à la hausse de la production des hydrocarbures non conventionnels. En effet, le boom du gaz de schiste n’a pas commencé avant 2009. Et avant cela, le charbon était déjà sur le déclin.

Depuis la reprise une baisse de CO2 de 0,2% par an seulement

Après 2009, alors que l’économie commençait à se redresser et que les Américains ont recommencébaisse CO2 USA - à consommer des biens en quantités plus importantes, les émissions de carbone ont diminué de 0,2% seulement par an, en moyenne. À ce moment, le boom du gaz de schiste a commencé à avoir un effet sur les émissions de carbone. Et malgré cela, il n’a pas constitué le facteur le plus important dans le déclin des émissions de CO2. Des changements dans la production et la consommation ont dominé de 2009 à 2011, puis un hiver doux en 2012 et des prix élevés de l’essence de 2011 à 2013 laissent à penser que les Américains ont utilisé moins d’énergie globalement, émettant moins de CO2.

Ce ne sont pas les quelques autres augmentations de consommation de l’utilisation du gaz naturel essentiellement produit par la fracturation hydraulique aux États-Unis qui peuvent avoir eu un grand effet global sur les émissions de gaz à effet de serre ni sur le réchauffement. Le boom du gaz naturel pourrait même aggraver la situation. À court terme, le gaz sera en concurrence avec les énergies renouvelables, comme le vent et l’énergie solaire.

Sources: http://www.nature.com/ncomms/2015/150721/ncomms8714/pdf/ncomms8714.pdf
http://www.sciencedaily.com/releases/2015/07/150721124716.htm
http://www.smithsonianmag.com/science-nature/recession-not-fracking-drove-drop-us-carbon-emissions-180955972/?no-ist

(!) Info minute – Revue de Presse

Les habitants de Pennsylvanie résidant dans les comtés à forte densité de puits d’exploitation d’hydrocarbures dits de schiste font face à un risque plus élevé d’être admis à l’hôpital suite à des affections causées par l’impact du processus d’exploitation des hydrocarbures non conventionnels. C’est ce que met en lumière une étude de l’université de médecine de Pennsylvanie.

Boom des pétrole et gaz de schiste rime avec boom des hospitalisations

Suite au boom des pétrole et gaz de schiste, les hospitalisations pour maladies cardiaques, neurologiques et autres sont plus élevés chez les personnes vivant près des forages de pétrole et de gaz non conventionnel, selon une nouvelle étude de l’Université de Pennsylvanie et l’Université Columbia publiée cette semaine dans la revue scientifique PLOS ONE. Aux États-Unis, au cours des dix dernières années la fracturation hydraulique a connu une augmentation fulgurante. Causé par l’explosion du nombre de forages de puits, son potentiel de pollution de l’air et de l’eau constitue une menace pour la santé publique et une préoccupation pour les riverains.

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Fig 1. Pennsylvanie Les puits actifs au fil du temps. Les puits actifs dans les comtés de Bradford et Susquehanna ont fortement augmenté de 2007 à 2011. Les puits sont représentés par des points de couleur. De 2007 à 2011, le comté de Wayne n’avait lui pas de puits en activité.

Pour répondre à cette question, des chercheurs de deux centres de recherche en santé environnementale de l’Institut national des sciences de la santé environnementale le Centre d’excellence en toxicologie environnementale de l’université de médecine de Perelman et le Centre pour la santé environnementale de Manhattan Nord à l’École de santé publique de Mailman (Université de Columbia), ont examiné le lien entre la densité de forages de puits et l’utilisation des soins de santé en triant les usagers par code postal entre les années 2007 et 2011 dans trois comtés du nord-est de Pennsylvanie.

Ayant recours à des bases de données documentant plus de 198 000 hospitalisations (pouvant comprendre plusieurs hospitalisations pour une même personne), l’équipe a examiné les 25 catégories médicales spécifiques pour les hospitalisations, telles de définies par le Conseil de santé de Pennsylvanie. Ils ont associé à ces catégories la proximité des résidents avec des puits en activité. Deux des comtés – Bradford et Susquehanna – ont connu une augmentation significative de l’activité de forage au cours de cette période de temps, tandis que le comté « témoins » celui de Wayne, n’a connu aucune activité de forage en raison d’une interdiction de forage liée à sa proximité avec le bassin de la rivière Delaware.

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Figure 2. Production de gaz (histogramme) Nombre de puits (cercles) de 2007 à 2011.

Les résidents exposés à de nombreuses substances toxiques

L’auteur principal de l’étude, M. Reynold Panettieri, Jr., professeur de médecine et directeur adjoint du Centre d’excellence en toxicologie environnementale explique : «Cette étude analyse la réaction collective des résidents –sériés par code postal- face à la fracturation hydraulique dans les comtés ayant des densités de puits élevées. A ce stade, nous soupçonnons que les résidents sont exposés à de nombreuses substances toxiques, au bruit et à des facteurs de stress en raison des opérations de forage et de fracturation hydraulique près de leur domicile, ce qui peut contribuer à l’augmentation du nombre d’hospitalisations. Cette étude représente l’une des plus complètes à ce jour qui lie les effets de l’industrie du « fracking » sur la santé ».

Cependant, les auteurs indiquent qu’une étude plus approfondie est nécessaire afin de déterminer comment les substances toxiques, ou des combinaisons individuelles spécifiques peuvent augmenter les taux d’hospitalisation. Le Pr Panetteieri détaille : « Par exemple, l’augmentation des hospitalisations en cardiologie pourrait être liée à une exposition accrue à la pollution de l’air causée par les gaz d’échappement diesel et les rejets de particules fines; Toutefois, cela nécessiterait des études de suivi individualisé pour mesurer l’exposition à des substances toxiques spécifiques. Nos résultats fournissent des indices importants justifiant de concevoir des études épidémiologiques lesquelles permettraient d’associer les expositions à des produits toxiques spécifiques à des problèmes de santé spécifiques».

Le coût de l’exploitation des gaz de schiste et le coût sanitaire

Leurs résultats ont révélé que la proportion de la population hospitalisée pour des raisons cardiologiques et neurologiques était significativement plus élevée dans les zones proches des puits en activité. Les hospitalisations pour affections de la peau, le cancer et les problèmes urologiques ont été également associés à la proximité des habitations à des puits en activité.

L’équipe a constaté que pour les 18 des codes postaux présentant une densité de puits supérieure à 0,79 puits par kilomètre carré, les résidents vivant dans ces zones présentaient un risque accru -augmentant de 27% par an- d’être hospitalisé pour raison cardiaque.

Pour ses auteurs, bien que l’étude ne prouve pas que l’exploitation des hydrocarbures par le fracking provoque effectivement ces problèmes de santé, l’augmentation des hospitalisations observée sur ce laps de temps relativement court suggère que les soins de santé liés à la fracturation hydraulique doivent être pris en compte dans le calcul du coût de l’exploitation des hydrocarbures non conventionnels.

Sources: Eurakalert.org  PLOS ONE

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Adaptation d’après une tribune de Scott Novak parue le 14 Juillet dans huffingtonpost.com

Le gaz de schiste extrait par fracturation hydraulique – un procédé requérant la mise en œuvre de multiples forages- serait censé être bon pour l’environnement. C’est ce que nous rabâche l’industrie du « gaz naturel », relayée par un nuée de spéculateurs et quelques politiciens vassaux (dont les campagnes électorales de certains dépendent du généreux financement de l’industrie fossile).

Le mythe du gaz propre

Aux États-Unis, le président Obama et une grande partie de la classe politique ont approuvé la production de gaz naturel par la technique du fracking (fracturation hydraulique) comme une « solution de transition», un «pont vers un avenir durable».

Le fracking n’est pas ce « pont vers un avenir durable » que les politiciens et les sociétés d’énergie prétendent qu’il est.

Ce gaz serait selon eux un carburant qui va aider l’Amérique à opérer une «transition vers une économie verte». Pourquoi cela ? Parce que le gaz naturel émet deux fois moins de dioxyde de carbone (CO2) que le charbon. Et pourtant il est important que le public comprenne que cette notion de « carburant de transition » est fausse, nuisible à la santé et l’environnement et de courte vue. C’est un mensonge relayé à coup (coût) de millions de dollars et précisément à la veille de la conférence mondiale sur le climat, la « COP21 » qui se tiendra à Paris en décembre 2015.

Le gaz non conventionnel fort émetteur de gaz à effet de serre

La notion selon laquelle le gaz naturel serait un carburant plus propre que le charbon ou le pétrole est basée sur la mesure des émissions de gaz extraits par les méthodes conventionnelles, et non celui extrait par les techniques de stimulation comme la fracturation hydraulique. En 2011, une étude de l’Université Cornell constatait que les émissions de méthane provenant de l’exploitation des gaz par fracturation « sont au moins 30% supérieures voire deux fois plus importantes que celles du gaz classique, » et ceci parce que le méthane est libéré à chaque étape du processus de fracturation. Et malheureusement, ce méthane réchauffe 34 fois plus que le dioxyde de carbone. Ceci signifie que le gaz exploité par fracturation a un effet de serre supérieur à celui du pétrole et peut avoir un impact équivalent à celui du charbon sur le long terme. En termes d’effet de serre à court termes, il est même bien pire que le charbon.

Même en améliorant les techniques d’exploitation, l’impact sur le climat est dévastateur

Même si l’injection dans le sol de produits chimiques hautement toxiques requise pour la fracturation pouvait être accomplie sans contaminer les réserves d’eaux souterraines locales, et même si les déchets très toxiques produits par le processus de fracturation pouvaient être éliminés en toute sécurité – deux scénarios qui restent actuellement hautement improbables et notamment par les coûts qu’ils représenteraient- la pollution par le méthane (et le carbone) générée par les émissions du gaz produit par la fracturation persisteront. C’est pour cette raison que le gaz non conventionnel (gaz de schiste, gaz compact (tight gas), gaz de houille etc.) ne doit pas être considéré comme un « combustible propre ». Son utilisation contribuerait à mettre en péril l’objectif d’une limite de réchauffement planétaire de 2 degrés Celsius – limite au-delà de laquelle les scientifiques prédisent des sécheresses extrêmes, l’élévation du niveau des mers, et des extinctions de masse – phénomènes dévastateurs dont l’humanité s’approche à grands pas.

Les compagnies pétrolières n’ont aucune envie de freiner les investissements dans les ressources fossiles, bien au contraire !

Non seulement le gaz de schiste n’est pas plus propre que les autres combustibles, mais il n’a jamais été prévu comme « carburant de transition » en premier lieu. Il suffit de regarder les plans des compagnies pétrogazières pour s’en convaincre. Des sociétés comme Chevron et Shell, toutes deux engagées dans d’importantes opérations d’exploitation d’hydrocarbures par fracturation, prévoient d’investir des milliards dans de nouveaux projets de combustibles fossiles au cours des dix prochaines années. Or il ne peut y avoir retour sur de tels investissements à moins que ces sociétés ne soient autorisées à poursuivre l’exploitation de la planète pour des décennies encore. Le gigantesque investissement de 54 Milliards de dollars US de Chevron dans la construction d’infrastructures de liquéfaction et d’exportation de gaz, et les 12 Milliards investis par Shell pour construire un gigantesque méthanier (une usine flottante de liquéfaction de gaz, l’engin le plus gros jamais mis sur les océans par l’homme), tous deux situés en Australie, ne sont que deux des nombreux exemples illustrant cette course effrénée au profit par l’exploitation des hydrocarbures. Pourquoi ces compagnies feraient de tels investissements si leur objectif était de passer dans le court terme à des sources d’énergie renouvelable? Mais tout simplement parce qu’elles n’en n’ont pas du tout l’intention !

Le gaz vendu comme « carburant de transition » est un déni de réalité

Enfin, affirmer que l’exploitation de gaz de schiste est un « pont vers une économie plus verte » pose avant tout la question de savoir pourquoi un tel « pont » est nécessaire. Pourquoi repousser ? Pourquoi, comme certains pays le font déjà, ne pas tout simplement investir directement avec l’objectif 100% énergies propres? Pourquoi ne pas massivement investir dans ces énergies qui ne présentent pas de risque de pollution ou de contamination des eaux souterraines? Les technologies et les plans pour que cela fonctionne sont déjà disponibles. Des pays tels que le Danemark et l’Allemagne parviennent maintenant à couvrir plus d’un quart de leurs besoins énergétiques en ayant recours aux énergies renouvelables, et pour 2050, chaque pays dispose de plans pour éliminer sa dépendance aux combustibles fossiles.

En France, le patron de TOTAL sort les muscles et concernant des permis de recherche d’hydrocarbures déclare tout en finesse aux parlementaires : « Oui, en France on ne veut pas m’accorder des permis en Guyane. J’espère qu’on ne va pas les donner à un autre. Là, je m’énerverais »

Lire aussi: Pourquoi le gaz de schiste n’est pas une énergie de transition

(!) Info minute – Revue de Presse

Le gouvernement néerlandais a interdit vendredi 10 juillet tout forage commercial pour le gaz de schiste d’ici à 2020, évoquant notamment la méthode controversée d’exploitation, le fracking. En France, la loi d’interdiction de la fracturation hydraulique bloque également ce type d’exploitation depuis 2011.

« La recherche et l’exploitation commerciale de gaz de schiste n’est pas à l’ordre du jour pour les cinq prochainesschaliegas stop gaz de schiste Pays Bas années », a déclaré le ministre néerlandais de l’Economie Henk Kamp lors d’une conférence de presse à l’issue d’un Conseil des ministres. « Selon des enquêtes mandatées le gouvernement, il y a encore des incertitudes sur les effets du forage profond pour le gaz de schiste aux Pays-Bas », a précisé le gouvernement dans un communiqué, précisant qu’aucun forage d’exploration n’a encore été effectué sur le territoire néerlandais.

Annulation de permis …

Des permis d’exploration délivrés dans le passé puis suspendus, ne seront pas renouvelés, a par ailleurs indiqué Henk Kamp, selon lequel les Pays-Bas compteraient entre 200 et 500 milliards de mètres cubes de gaz de schiste dans leur sol. Les Pays-Bas sont le deuxième producteur européen de gaz naturel traditionnel. En 2011, les revenus du gaz avaient contribué à hauteur de 8% aux recettes de l’État.

… mais la relance de la recherche n’est pas exclue

Un rapport sur les sources d’énergie aux Pays-Bas prévu pour 2015 doit déterminer si le gaz de schiste entreSCHALIEGAS non merci Pays-Bas en ligne de compte dans le paysage énergétique du pays à l’horizon 2020. Si la réponse est positive, des forages d’exploration mis en place par l’État, et non par des sociétés privées, pourraient avoir lieu au plus tôt en 2018. Des recherches menées avec d’autres pays sont également envisagées. Toutefois, dans un tel cas de figure, l’exploration et l’exploitation commerciales ne seraient pas autorisées avant 2020.

La fracture hydraulique, ou fracking, est la seule technique éprouvée pour exploiter les hydrocarbures de schiste. Elle est très utilisée aux États-Unis, interdite en France tandis qu’au Royaume-Uni l’exploitation du gaz de schiste est une priorité du gouvernement Cameron. Toutefois, récemment, des demandes de permis d’exploration ont été rejetées. En Allemagne, le gouvernement a repoussé à après l’été un vote au parlement sur une loi sur le fracking.

Source: AFP

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Les personnes vivant à proximité des sites de fracturation pourraient être affectées par des problèmes de santé ainsi que des difficultés financières tandis que –sans véritable surprise- le gaz de schiste ne peut contribuer à limiter le changement climatique. C’est ce qu’indique un rapport finalement révélé par le gouvernement britannique. Un rapport que les autorités avaient tenté de dissimuler. Ou plus précisément un rapport qui avait été publié partiellement, puisque les parties les plus sensibles en avaient été expurgées.

Un rapport caché

Le rapport – qui avait été initialement fortement expurgé mais qui a maintenant été entièrement publié après que la commissaire à l’information ait ordonné au gouvernement de le faire – comprend des passages marquants -lesquels avaient été précédemment dissimulés- sur les risques de vivre près de sites où son exploité les hydrocarbures par fracturation hydraulique:

« Les propriétés situées dans un rayon de 8 km (5 miles) du site de forage peuvent également faire l’objet d’un surcoût d’assurance afin de couvrir les pertes en cas d’explosion sur le site. »

« Une telle situation auraient sans aucun doute des impacts sociaux » peut-on noter dans le rapport. D’autres impacts sanitaires et financiers affectant les communautés rurales locales sont détaillés dans le rapport – et sont finalement rendus publics. Depuis l’été dernier, l’association Greenpeace UK demandait au département en charge de l’environnement, de la nourriture et des affaires rurales (DEFRA -Department for Environment, Food & Rural Affairs au department) de lui communiquer les informations manquantes. Ses requêtes étant restées sans réponse, l’ONG a finalement obtenu gain de cause à travers le Commissariat à l’information (l’équivalent de la Commission d’accès aux documents administratifs CADA en France) lequel a enjoint le gouvernement britannique de rendre publique la totalité du rapport. En voici les points saillants :

Santé : l’eau, le bruit, la lumière et la pollution de l’air

Les populations pourraient subir les conséquences de la contamination des eaux de surface par les opérations de fracturation hydraulique – le rapport ne relève pas la contamination directe de l’eau potable, mais cette contamination « peut affecter la santé humaine forage gaz de schisteindirectement par la consommation de la faune contaminée, du bétail, ou des produits agricoles ». Le rapport reconnaît également que les pollutions sonores et lumineuses à partir des plates-formes peuvent également induire des problèmes tels « certains résidents peuvent être éprouvés par les bruits assourdissants et la pollution lumineuse qui peut perturber les habitudes de sommeil ». Le rapport ajoute qu’ « au-delà des odeurs nocives qui peuvent être ressenties, le processus de ventilation des gaz peut également avoir un impact sur la qualité de l’air pour les résidents locaux ».

La circulation des camions à destination et au départ des sites – qui peut correspondre à une moyenne de 14 à 51 voyages par jour sur une période de plusieurs semaines – peut également avoir un impact par la pollution de l’air et la pollution sonore que génèrent ses mouvements.

Les divers troubles pouvant affecter la santé des populations peuvent également générer un engorgement des services de santé qui devraient par ailleurs faire face à une demande supplémentaire venant des ouvriers impliqués dans les travaux de forage, de fracturation et de mise en service des sites de production d’hydrocarbure.

Le rapport indique qu’il est difficile de savoir si le financement supplémentaire versé aux communautés locales permettra de couvrir à terme les coûts supplémentaires liés au fonctionnement des nouvelles écoles et nouveaux centre de soins nécessaires lesquels devront continuer à être utilisés et pris en charge par les communautés rurales existantes.

Impacts financiers sur le logement et l’emploi

Vous vivez à proximité d’un puits d’où l’on va exploiter le gaz ou le pétrole de schiste ? La valeur de votre maison pourrait baisser de 7% si vous habitez dans un rayon de 2 kilomètres (alors que d’autres estimations, parlent d’une baisse de 10% jusqu’à 70% des valeurs immobilières) et vous pourriez voir le montant de votre police d’assurance habitation augmenter pour couvrir les risques en cas d’explosion sur le site.

Vous êtes locataires, les loyers risquent d’augmenter lors de l’afflux des foreurs dans la région.

Pour l’économie locale, l’exploitation des pétroles et gaz de schiste, c’est la pochette surprise : des avantages à court terme masquent les coûts (pertes) réels dans d’autres secteurs, y compris « l’agriculture, le tourisme, l’agriculture biologique, la chasse, la pêche et les loisirs de plein air » précise le rapport qui questionne le devenir des économies locales après le départ des foreurs. Concernant les populations locales qui pensaient trouver du travail dans l’industrie de la fracturation hydraulique, il existe aussi une sérieuse incertitude d’une part sur « la durabilité des investissements dans le gaz de schiste » et d’autre part sur « les compétences nécessaires requises dans les métiers de l’exploitation des hydrocarbures limitant de ce fait l’offre d’emplois locaux ».

Incertitude réglementaire … et défausse du gouvernement

Alors que le budget du ministère britannique en charge de l’énergie et du climat est en très nette diminution, il est intéressant de voir que le rapport recommande « une augmentation de la capacité des agences sanitaires et de protection de l’environnement en charge du contrôle de l’application de la réglementation » !

Tentant d’éteindre l’incendie crée par la publication du rapport, le département en charge de l’environnement, de la nourriture et des affaires rurales a déclaré que « ce document a été établi comme un projet de discussion interne – son niveau d’analyse n’est pas suffisamment robuste, il n’a pas fait l’objet d’une revue par des pairs et reste incomplet. Il ne contient pas de nouvelles données ou de preuves documentée, et la plupart des conclusions équivalent à des conjectures sans fondement, qui ne représentent pas les vues des fonctionnaires ou des ministres ».

Ça ne vous rappelle rien ? On dirait, peut-être en pire, la dissimulation par le gouvernement en France du rapport de l’ADEME « Vers une France 100% renouvelable en 2050 ».

Lire le rapport non expurgé dans son intégralité ici

Source EnergyDesk Greenpeace UK

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Ce lundi 29 Juin 2015, le Conseil de comté du Lancashire (Nord-Ouest de l’Angleterre) a rejeté une demande de permis de forage de gaz de schiste qui devait être suivi de fracturation hydraulique. Cette demande faite par la société Cuadrilla a été vivement combattue par de nombreux citoyens mobilisés depuis de long mois. Une telle décision est un coup majeur porté contre le souhait hautement revendiqué par le premier ministre conservateur David Cameron de lancer la recherche et l’exploitation des hydrocarbures non conventionnels sur le sol britannique.

Un deuxième décision de rejet en deux semaines

A l’annonce de cette décision, des centaines de militants anti-gaz de schiste qui se tenaient à l’extérieur du bâtiment où le Conseil devait prendre sa décision ont réagi avec joie et deskeep lancashire frack free acclamations. Ceux qui étaient dans la salle du Conseil ont applaudit à l’annonce du verdict. Ce rejet surprise concerne un site de Preston New Road, près de Little Plumpton sur la Fylde, où Cuadrilla espérait forer quatre puits avant d’entreprendre des opérations de fracturation hydraulique pour l’extraction de gaz de schiste.

Au Conseil, neuf conseillers de la commission développement qui en comporte 14 ont voté en faveur d’une motion de rejet de la demande, leur décision se fondant sur l’impact visuel et sonore inacceptable. Une expérience de surveillance des activités sismiques figurant à la demande a également motivé ce rejet.

Cette décision qui était attendue depuis longtemps et avait été retardée fait suite à une autre décision prise la semaine précédente de rejet d’une autre demande de Cuadrilla à Roseacre Wood, entre Preston et Blackpool. Les fonctionnaires chargés de l’analyse des demandes avaient de leur côté formulé un avis de rejet pour la demande de Roseacre Wood mais recommandaient d’approuver celle de Preston New Road. Les élus n’auront donc pas suivi ce dernier avis.

Déception des industriels

Avant de prendre leur décision, les élus ont été avertis qu’en cas rejet, Cuadrilla seule société à avoir déjà pratiqué la fracturation hydraulique au Royaume Uni pourrait faire appel. Dans un communiqué, la société déclare qu’elle est « surprise et déçue » par la décision, et qu’elle « reste mobilisée pour exploiter le gaz de schiste dans le Lancashire » (sic!). « Nous allons maintenant prendre le temps d’examiner nos options concernant un appel de cette décision, ainsi que pour les autres demandes récemment rejetées, et ceci contre l’avis des fonctionnaires chargés de l’examen des dossiers » précise le communiqué. Centrica, qui détient une participation de 25% dans Cuadrilla , s’est déclarée extrêmement déçue par la décision. « Ceci a représenté un investissement important pour nous d’arriver où nous sommes aujourd’hui, donc nous allons consulter nos partenaires de Cuadrilla pour décider des prochaines étapes ».

Pressions non dissimulée des industriels

Ken Cronin, patron d’Ukoog, qui représente l’industrie du schiste, a appelé le gouvernement à revoir le processus de planification. « Cette décision après un long processus de 15 mois ne peut pas être correcte, et je prie instamment le gouvernement d’examiner en urgence le processus de prise de décision ».

Enthousiasme des écologistes face à la décision de rejet de la demande de permis

Pour Liz Hutchins, chargée de campagnes aux Amis de la Terre, et présente sur place avec d’autres militants : « Ceci est une grande victoire qui va au-delà de nos attentes. Il n’était pas possible pour les conseillers de prendre une décision qui allait à l’encontre du souhait de la population. Ceci est lancashire-fracking-prostestun vrai coup porté à Cuadrilla et au gouvernement. Évidemment Cuadrilla va essayer de faire appel, mais nous voulons un engagement de David Cameron de ne pas aller à l’encontre des souhaits exprimés par la population locale ici ». Pour Daisy Sands, chargée de campagne énergie climat à Greenpeace UK « cette décision est un Waterloo pour l’industrie du fracking et un triomphe pour la démocratie locale ». Environ 500 personnes manifestaient devant l’hôtel de ville au moment où se prenait la décision tandis que plus de 50.000 personnes avaient signé une pétition appelant au rejet des demandes de permis.

Plusieurs conseillers ont déclaré que cette décision avait été extrêmement difficile à prendre, l’un disant même qu’elle avait été « l’une des décisions les plus difficiles de notre vie ». Un membre du comité ajoutant qu’ils avaient eu à faire face à une pression intolérable sur cette l’affaire. Marcus Johnstone, membre du comité explique: « La décision de refuser cette demande a été prise par un vote du comité, lequel est composé de conseillers élus, et chaque membre du comité a finalement exprimé son vote sur la base des éléments de preuve qu’il avait pu consulter pour décider si la proposition était acceptable en termes de planification, et pour les gens qu’ils ont la charge de représenter ».

Une sérieuse épine dans le pied du gouvernement britannique

David Cameron avait indiqué que les conservateurs feraient tout pour lancer l’exploitation du gaz de schiste et Amber Rudd, en charge de l’énergie et du climat au gouvernement, avait promis après sa nomination qu’elle « livrerait du gaz de schiste ». Pour Andrea Leadsom, ministre de l’énergie, la fracking_lancashire_decisiondécision est «décevante». Pour elle « le gaz de schiste représente un énorme potentiel pour le Royaume-Uni. Il est l’occasion de développer une nouvelle source d’énergie domestique qui permettrait de remplacer les importations et de créer des dizaines de milliers d’emplois. Je suis convaincu qu’on y arrivera. Et le gouvernement en soutiendra le développement ».

Pour le Professeur Jim Watson, Directeur de recherche au Centre de recherche sur l’Énergie du Royaume-Uni, « La décision d’aujourd’hui illustre une fois encore que le gaz de schiste est très controversé, et elle aura des implications sur la rapidité avec laquelle la recherche et l’exploitation du gaz de schiste peuvent être développées. Bien que cela montre que les décisions locales continueront de peser dans nos choix énergétique, il est probable que cette décision sera contestée ».

Source : The Guardian

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Les fuites de gaz ne font pas bon ménage avec le climat. Une nouvelle étude confirme que les fuites sont telles qu’elles annulent l’avantage comparé du gaz sur les autres énergies fossiles. Pour le commanditaire de l’étude, « le gaz aurait un avantage environnemental par rapport au charbon ou au pétrole seulement si les producteurs pouvaient garder un couvercle hermétique sur les nombreuses fuites qui jalonnent le processus depuis l’extraction jusqu’à la consommation finale« .

Le gaz de schiste n’est pas un « pont vers le futur »

Le gaz naturel est souvent présenté comme un substitut « écologique » au charbon et à la production de pétrole. C’est le credo des producteurs de gaz qui se sont réunis en congrès mondial à Paris début Juin 2015 et qui affirment: « Le rôle du gaz naturel augmente dans le mix énergétique global, présentant maintenant une forte opportunité pour les économies en croissance, qui sont confrontées au défi du développement de la ressource carburant dans un mode de développement durable[1] ». Mais un nouveau rapport estime que les fuites de gaz sont telles qu’elles contribuent d’elles-mêmes à annuler les « avantages climatique » de cette source d’énergie fossile.

Le rapport , commandé par l’Environmental Defense Fund (EDF) et réalisée par le cabinet d’experts en environnement ICF International, a estimé le volume des fuites de méthanes issues de torchage hydrocarburesl’exploitation de gaz naturel et de pétrole aux États-Unis. Il a également examiné la ventilation et le torchage, processus par lequel sur les sites de forage, on laisse délibérément le gaz s’échapper dans l’atmosphère pour plusieurs raisons – généralement pour la sécurité.

Précision sur le commanditaire de l’étude

Notons avant de poursuivre que lEnvironmental Defense Fund (EDF ou Fond pour la défense de l’environnement) n’est pas particulièrement opposée à l’exploitation du gaz et la considère même comme une énergie de transition permettant de sortir du charbon, avec l’idée que le gaz sera ensuite remplacé lui-même par des énergies renouvelables. Cette organisation pousse pour un renforcement des contrôles des forages et de la fracturation hydraulique, sans les interdire. Cette Fondation a financé des études en collaboration avec l’industrie pétrolière sur les effets environnementaux de la production de gaz naturel. Par ailleurs EDF s’est attirée des critiques pour ses liens avec de grandes sociétés parmi lesquelles figurent McDonald, FedEx, et Walmart. Autant dire que le site stopgazdeschiste.org n’en n’est pas véritablement fan.

Torchage et ventilation des puits d’hydrocarbures : fuites de méthane

L’affirmation selon laquelle le gaz naturel est un « pont vers le futur », ou un « carburant de transition » pour les prochaines décennies ne tient pas. La vertu du méthane issu de la roche présenté comme carburant à faible émission de carbone est largement remise en cause par les énormes émissions de gaz à effet de serre (facteur de réchauffement climatique) que génère son exploitation sur le court terme. Or cette étude a trouvé qu’aux États-Unis en 2013, c’est près de 2 milliards de mètre cube de gaz qu’on a laissé échapper dans l’atmosphère, représentant une valeur de 360 Millions de dollars (320 M Euros). Ce qui représente non seulement une perte économique mais aussi un problème environnemental. Le méthane, composant principal du gaz naturel, est 84 fois plus puissant que le dioxyde de carbone sur de courtes périodes de temps et 30 fois plus puissant sur ​​le long terme.

Ces fuites annuelles sont l’équivalent des émissions de gaz à effet de serre produites par 5,6 Millions de véhicules

Pinedale Wyoming

Pinedale, Wyoming

La pollution locale liée à l’exploitation des hydrocarbures non conventionnels est également préoccupante. En effet, selon l’Environmental Defense Fund, dans certaines régions (par exemple à Pinedale petite commune rurale du Wyoming), les émissions liées à la fracturation hydraulique et aux autres opérations du processus de forage et d’exploitation ont produit des niveaux de pollution de l’air rivalisant avec ce qu’on peut mesurer dans le centre-ville de Los Angeles; tandis qu’au Nouveau-Mexique, les émissions de méthane étaient telles qu’elles pouvaient être détectées par les satellites de la NASA.

Dans la communauté scientifique américaine, il est généralement admis que dans le processus de production – du forage, au transport par canalisations, à la distribution – les fuites de gaz ne devraient pas excéder 3% pour maintenir l’avantage du gaz sur les autres modes de production d’énergie les plus polluants. De son côté, l’ONG Food and Water Watch pointe que si les données d’EDF suggèrent un taux de fuite de 2,2% sur les sites de production, la prise en compte des fuites générées par la suite du processus (transport et distribution) font progresser le taux global au-delà des 3% annulant du même coup l’avantage concurrentiel du gaz sur les autres énergies fossiles en matière d’émission de gaz à effet de serre.

« Avec un taux de fuites de 3%, on nous vend les avantages climatiques alors qu’en réalité il s’agit d’un gain minime sur les dégâts faits au climat».

S’il existe bien des moyens pour réduire de manière drastique les taux de fuite – certains opérateurs gaziers parviennent à faire baisser ce taux à 1% sur leurs sites, la question est de savoir si tous les opérateurs de forage aux États-Unis peuvent répondre à ces normes rapidement. Poser la question c’est déjà constater que ça n’est pas le cas et que la volonté n’est pas au rendez-vous.

Au niveau mondial, on repousse de 15 ans l’objectif d’un taux nul d’émissions fugitives sur les sites d’extraction

Au niveau mondial alors que l’urgence climatique fait l’objet d’alertes répétées de la part de la communauté scientifique, on repousse l’objectif d’un taux de fuite de méthane nul lors des opérations d’extraction d’hydrocarbures à 2030. On repousse de 15 ans ! En effet, l’initiative Zero Routine Flaring by 2030[2] (élimination du brûlage systématique de gaz par torchage à l’horizon 2030) – à laquelle neuf pays, dix compagnies pétrolières et six institutions de développement ont adhéré – a été annoncée en Avril 2015.

Sources : The Guardian, Banque Mondiale

[1] Congrès Mondial du gaz, WGC Paris 1-5 Juin 2015 : http://www.wgc2015.org/?lang=fr
[2] Communiqué de la Banque Mondiale sur le Zero Routine Flaring by 2030 http://www.banquemondiale.org/fr/news/press-release/2015/04/17/countries-and-oil-companies-agree-to-end-routine-gas-flaring