(!) Info minute – Revue de Presse

« Drilling deeper« , l’étude que vient de publier J. David Hugues du Post Carbon Institute est à prendre particulièrement au sérieux pour la raison suivante. C’est ce même David Hugues qui en décembre 2013 avait déjà démontré que les projections faites au sujet du gisement californien de Monterrey étaient complètement erronées et très, très en deçà de la réalité. Quelques mois plus tard, l’Agence Américaine de l’Énergie a revu son scénario et abaissé le volume techniquement récupérable de… 95,6 % ! Cette nouvelle étude examine les 12 gisements qui représentent 82% de la production d’huile de schiste et 88% de la production de gaz de schiste des États-Unis selon les prévisions publiées par l’Agence Américaine de l’Énergie pour 2040.

drilling deeperElle tient compte de l’ensemble des informations disponibles sur la production de ces gisements, évalue les données historiques de production, les taux de déclin de la production. Les projections de la production future sont ensuite effectuées sur la base des taux de forage prévus. La production d’huile de schiste et de gaz de schiste est jugée non pérenne à moyen et à long terme en comparaison des projections très optimistes établies par l’Agence Américaine de l’Énergie.

Ce rapport fait le constat que le pic de production d’huile de schiste pour ces grands gisements interviendra avant 2020. A moins de nouvelles découvertes majeures de l’ampleur des gisements de Bakken ou Eagle Ford, la production sera bien en dessous des prévisions de l’AAE pour 2040. La production de pétrole à partir des deux premiers gisements de Bakken et Eagle Ford aura un rendement de 28% inférieur au scénario de référence de l’Agence Américaine de l’Énergie pour la période 2013 à 2040.

Pour ce qui concerne les gaz de schiste, la production réalisée à partir des sept gisements pétrole gaz de schiste boom et pschittles plus rentables arrivera à son apogée également avant 2020. Sauf nouvelles découvertes majeures de l’importance du gisement de Marcellus, la production sera bien en deçà des prévisions de l’Agence Américaine de l’Énergie pour 2040. La production de gaz de schiste à partir des sept premiers gisements de Bakken et Eagle Ford aura un rendement de 39% inférieur au scénario de référence de l’Agence Américaine de l’Énergie pour la période 2014 à 2040. Et à l’horizon 2040, les taux de production devraient êtrre inférieurs d’environ un tiers aux prévisions de l’Agence Américaine de l’Énergie. Pour répondre au scénario de référence de l’AAE, il faudrait que la production de gaz de schiste pour les sept gisements soit quatre fois supérieure aux projections estimées par l’Agence Américaine de l’Énergie.

À court terme, la production américaine d’huile et de gaz de schiste devrait être importante, mais une analyse approfondie des données de production des principaux gisements indique que ce ne sera pas viable à long terme. Les résultats de cette étude devraient avoir des implications majeures sur les questions énergétiques à moyen et long terme ainsi que sur la politique étrangère américaine basée sur l’hypothèse actuelle d’une abondance de pétrole et de gaz américain pendant des dizaines d’années.

Cette étude est également une nouvelle fois la démonstration que l’investissement dans les énergies fossiles en général et les hydrocarbures non conventionnels en particuliers n’est que pure spéculation et vision à court terme.

L’Étude complète est disponible ici.

(!) Info minute – Revue de Presse

Communiqué des collectifs citoyens opposés à l’exploration et à l’exploitation des hydrocarbures « non conventionnels »,
à la fracturation du sous-sol, aux forages extrêmes et appelant à une véritable transition énergétique pérenne.

Dans un article de La Voix du Nord de samedi 18 Octobre, Monsieur Péricaud, conseiller régional du Nord/Pas-de-Calais, fait une nouvelle fois la promotion de l’exploitation du gaz de couche dans la région. Tous les arguments sont “bons” : estimations biaisées, mission des dégâts environnementaux, mirages des emplois, négation des objectifs de la loi sur la transition énergétique.

Dans un document distribué par EGL lors de la mission d’enquête en janvier dernier, l’estimation des ressources était de 1,4 année de consommation française pour notre région. Quelques mois plus tard, l’estimation est d’une douzaine d’années de consommation française, sans qu’aucun élément nouveau de recherche ne soit intervenu. Pourtant EGL a fait à l’époque une réponse écrite à notre demande de précision sur cette estimation : “nos résultats ont été confirmés par le BEICIP” (filiale de l’Institut Français du Pétrole). Comment donner crédit à des estimations aussi fluctuantes ?

Monsieur Péricaud affirme que le gaz aurait une utilisation locale et ne servirait pas à de la spéculation sur les marchés. Mais, dans l’enquête publique relative au prolongement de la concession historique de Gazonor, on pouvait lire dans « les objectifs de l’entreprise » que celle-ci envisageait 150 puits de forages pour produire de l’électricité dans de petites unités de production, réparties sur le territoire de la concession étendue aux permis. L’électricité produite sera injectée dans le réseau. Comment, dans ces conditions, prétendre que le gaz de couche extrait serait utilisé localement ?

On peut lire aussi : “on estime que 500 emplois pourraient être créés” Nous avons demandé aux porteurs de projet comment ils avaient fait cette estimation mais aucune réponse n’a été donnée. Aux États-Unis la moyenne est de 1,2 emploi par puits.

Le président de EGL, Monsieur Moulin, a beau répéter qu’il n’utilisera pas la fracturation hydraulique pour faire de l’exploration, partout ailleurs dans le monde (États-Unis, Chine…) le gaz de couche est exploité (à quelques puits près) par fracturation hydraulique, seule technique qui permette d’extraire le gaz de la roche mère.

gaz de coucheD’ailleurs le forage est prévu avec des drains horizontaux ; ainsi lorsque le débit diminuera (parfois de 50 % au bout d’un an), tout sera prêt pour une fracturation, (dès qu’elle sera autorisée). Dans le rapport Bataille/Lenoir, sur « les techniques alternatives à la fracturation hydraulique », on apprend que « 7 fracturations hydrauliques ont été réalisées entre 88 et 95, en Lorraine et dans les Cévennes pour la recherche de gaz de houille » (p.96). Les pollutions des nappes phréatiques, de l’air, de l’eau de surface, liées à cette pratique sont maintenant reconnues par les scientifiques, de même que les fuites de méthane sur tous les puits (4 à 8 %), ce qui aggrave l’effet de serre. Sans oublier également “l‘émanation possible de gaz potentiellement toxiques associés au méthane dans certains bassins houillers (H2S notamment)”. [voir ici]

Monsieur Péricaud parle en terme élogieux de la conduite du projet en Lorraine. Pourtant l’entreprise EGL ne semble pas maîtriser la technique comme elle le prétend : sur 4 puits forés en Lorraine, deux ont été ennoyés en raison de failles non décelées, et à Tritteling-Redlach, c’est la tête de forage qui a été perdue dans le puits. Résultat : 6 millions d’euros perdus et encore aucun résultat probant. Alors, pourquoi autant de précipitation à forer dans le Nord/Pas-de-Calais où la géologie est moins favorable (couches plus fines, terrains plus plissés, risque de séismes…) ?

Et surtout, l’exploitation des gaz de couche viendrait en contradiction avec le « master plan » dans lequel s’est engagé la région, plan ambitieux au regard de la diminution des rejets de gaz à effet de serre. Au moment où les scientifiques s’accordent à dire que les changements climatiques seront dramatiques pour l’humanité toute entière si nous ne sortons pas de cette ébriété énergétique, il est impératif de diminuer nos consommations d’énergies fossiles, il serait irresponsable de s’engager dans l’exploitation de nouvelles énergies fossiles.

Une réelle transition énergétique permettrait sans aucun doute de créer des emplois pérennes : le développement des énergies renouvelables, d’une filière bois et autres filières innovantes, avec la relocalisation de nos productions agricoles, le développement de transports en commun ou de transports doux, la réhabilitation des bâtiments anciens…

(!) Info minute – Revue de Presse

Article traduit par nos soins publié initialement sur le site thinkprogress.org le 16 octobre 2014

Au Texas, le nombre de personnes tuées dans des accidents de la route impliquant des véhicules commerciaux a augmenté de plus de 50% depuis le « boom de la fracturation hydraulique » qui a commencé en 2008. C’est ce que rapporte une enquête conjointe de Houston Chronicle et Houston Public Media publiée le mois dernier.

accident camion fracturation gaz de schiste 1Selon les données du département des transports, les accidents mortels sur les routes du Texas sont passés de 301 accidents en 2009 à 454 en 2013. Selon ce rapport, le nombre de décès « a décollé au même moment que le boom du gaz de schiste, et la plupart des accidents se produisent sur les routes qui serpentent dans cette région du Sud Texas où se trouve le gisement d’Eagle Ford si riche en gaz de schiste, ainsi qu’à l’aplomb du bassin permien dans la partie occidentale de l’État« .

Les données recueillies n’indiquant pas précisément si les accidents concernaient des camions impliqués dans les opérations de fracturation hydraulique, il n’est donc pas possible d’affirmer avec certitude que c’est le boom pétrolier et gazier de l’État qui a directement causé l’augmentation de la mortalité. Toutefois, les dossiers indiquent que la plupart des accidents ont eu lieu dans les zones qui sont fortement forées, « là où les routes très fréquentées sont régulièrement encombrées de semi-remorques, de camions-citernes et autres camionnettes qui transportent l’eau, les ouvriers ainsi que les fournitures et équipements nécessaires à l’exploitation des pétrole et gaz de schiste. Il en est de même dans les zones urbaines en plein essor qui servent de plaques tournantes à l’industrie du champ de pétrole« .

accidents de la route au texas gaz de schiste

CREDIT: Houston Public Media/Ken Ellis

Le risque de l’augmentation des accidents de la route et de décès a été reconnu depuis longtemps comme un « effet secondaire » notable de la fracturation hydraulique, cette technique encore controversée utilisée pour « stimuler » les puits de gaz de schiste. Selon une analyse des données de l’Associated Press publiée en mai dernier, les accidents mortels ont plus que quadruplé depuis 2004 dans les États où ont lieu les forages, bien qu’au même moment, ailleurs, les routes devenaient plus sûres. Toujours selon l’Associated Press, ce phénomène n’est pas simplement dû à une augmentation de la population, mais à une augmentation à la fois de la circulation générale et des équipements lourds dans ces régions. Leur présence étant liées aux travaux de fracturation hydraulique.

Et pourtant, cette enquête note que de nombreuses entreprises de transport du Texas ont développé de grands programmes de formation des conducteurs et mis en œuvre de solides normes de sécurité pour les conducteurs. Mais l’enquête montre également que certaines entreprises, sous la pression des délais à tenir et des demandes des clients, «lésinent ou ignorent la sécurité et les standards ».

accident camion fracturation gaz de schiste 2Bien que tout « boom » dans l’exploitation de ressources entraîne inévitablement l’arrivée d’un flot de travailleurs et d’équipements dans les zones concernées, le processus de la fracturation hydraulique nécessite une quantité particulièrement importante d’équipements. La fracturation hydraulique est ce processus bien particulier qui consiste à injecter dans les formations rocheuses souterraines de l’eau à haute pression, accompagnée de produits chimiques et de sable: La « fracturation » ayant pour but de libérer le pétrole et le gaz de la roche. Toujours selon le rapport d’Associated Press, pour chaque puits, la livraison de toute cette eau, des produits chimiques ainsi que du sable nécessite de 2300 à 4000 voyages de camions.

accident camion fracturation gaz de schiste 3L’augmentation de la vitesse de production de ces hydrocarbures non conventionnels est également un déterminant. Avec cette exploitation du gaz de schiste qui se développe si rapidement, les pouvoirs publics sont souvent dans l’incapacité d’améliorer les routes et autres infrastructures routières pour faire face au volume grandissant de forages, lesquels engendrent toujours la circulation de nombreux véhicules supplémentaires sur le réseau routier.

Les accidents de camions utilisés pour les chantiers d’exploitation de gaz de schiste ont tellement augmenté, que les avocats ont mis en place des procédures spécifiques afin de représenter les gens qui ont été impliqués.

 

(!) Info minute – Revue de Presse

Lettre adressée à la Ministre de l’Écologie ce jour

NDGS PSA

.

47, Route de Reignier, 74800 – ARENTHON

Madame la Ministre de l’Écologie, du Développement Durable et de l’Énergie

Objet: Demande de rejet du PERH dit Permis des Moussières

Départements de l’Ain, du Jura, de la Savoie et de la Haute-Savoie

Arenthon le 14/10/2014

Madame la Ministre,

Nous constatons avec regret que notre courrier du 28 mai dernier est resté sans réponse de votre part.

Nous vous rappelons donc que le permis des Moussières, ayant été octroyé le 4 mars 2008 pour 5 ans et une demande de prolongation ayant été enregistrée le 2 novembre 2012, une décision aurait du être prise dans les quinze mois suivant la fin de la première période, soit avant juin 2014 .

Or en dépit de l’avis défavorable de Monsieur le Préfet de l’Ain, coordonnateur de l’instruction de ces dossiers pour l’Ain, la Savoie et la Haute-Savoie, et qui suivait en cela l’avis technique de la DREAL Rhône-Alpes, aucune confirmation de la fin de ce permis n’a été émise par les services centraux de votre ministère.

S’appuyant sur ce silence, la société Celtique Petroleum, se livre sur le terrain à un lobbying agressif, essayant même de dresser les citoyens et les élus les uns contre les autres, menaçant ainsi l’ordre public.

Le permis de Gex, qui concerne aussi notre région, est également arrivé à échéance en mai 2004, mais le groupe eCorp qui le détient a demandé une « prolongation exceptionnelle » de 3 ans sans justification apparente. Ici aussi, la DREAL et le Préfet de l’Ain ont donné un avis défavorable au permis de Gex Sud, qui n’est que l’extension de celui de Gex. Il est pour nous incompréhensible que cette demande de prolongation n’ait pas encore été rejetée par votre ministère.

Nous vous demandons donc à nouveau solennellement de prendre sans plus attendre les arrêtés de rejet des demandes de prolongation des permis des Moussières et de Gex, ainsi que de rejet des demandes de permis de Gex Sud et de Blyes.

Dans cette attente, veuillez recevoir, Madame la Ministre, nos salutations citoyennes.

Le bureau de l’Association

(!) Info minute – Revue de Presse

Sans surprise, le lobby pro gaz de schiste ne désarme pas. Et puisque le Président de la République à annoncé, « moi Président il n’y aura pas d’exploitation de la gaz de schiste », les industriels font pression pour que soit lancé malgré tout un grand inventaire des « ressources » en hydrocarbures non conventionnels. Un « observatoire » verra le jour sous peu avec un l’objectif clair de convaincre les décideurs et de travailler activement à l’acceptation sociale de la recherche et de l’exploitation des gaz et pétroles de schiste en France. Enfin dans cet article, ne pas manquer l’émission demain mardi 14 octobre 2014 sur France 5.

« Observatoire » ou « centre d’information et de documentation » sur le gaz de schiste

Les industriels n’étaient pas loin de tenir le stylo lors de l’attribution des permis d’exploration de gaz de schiste en 2010. Puis en 2011, ils avaient permis aux parlementaires de retoquer la proposition de loi initiale d’interdiction de la recherche et de l’exploitation des hydrocarbures non conventionnel pour en faire une imparfaite loi d’interdiction de la fracturation hydraulique. Et depuis, ils attaquent à tout va les décisions concernant les abrogations de permis et rejets de demandes ou mutations. A présent comme le précise le Journal du Dimanche, ils s’attèlent à la création d’un « observatoire » ou « centre d’information et de documentation » sur le gaz de schiste. « L’objectif serait de collecter un maximum de « données et d’informations vérifiées et crédibles », car explique l’un des leaders de ce projet « on entend tout et n’importe quoi sur le sujet« , . « Encore secret – car pas finalisé -, cet observatoire devrait voir le jour à la fin de l’année 2014 ou au début de l’année 2015 pour continuer à peser dans le débat. Il regroupera des industriels, des économistes, des sociologues et des scientifiques pour traiter des questions sur l’exploration, l’exploitation, la technique de fracturation hydraulique« . Devraient être membres de ce « centre d’information », Total, GDF Suez, Imerys ou encore Vallourec.

Que les industriels fassent du lobbying, ça n’est pas nouveau. Que l' »information » diffusée auprès des décideurs et du public soit incomplète, tendancieuse voire truffée de mensonges, ça n’est pas nouveau non plus.  Que leur discours soient repris comptant par une partie de la classe politique et certains élus en particulier, c’est de l’irresponsabilité et un danger pour la démocratie. C’est également en l’espèce un danger immédiat pour la santé et l’environnement. Brandir le mensonge de la croissance et de la création de dizaines de milliers d’emplois (lire iciici, et ) qui pourraient être générés par le développement de l’exploitation des gaz de schiste, c’est particulièrement cynique dans un contexte de baisse générale de l’activité, d’augmentation du chômage et de la pauvreté.

Faire « l’inventaire des hydrocarbures en France »,  c’est donner de multiples permis de forage. Donner des permis de forage c’est octroyer une autorisation de quinze ans pendant laquelle, la loi peut être révisée. C’est permettre de convertir aisément des permis de recherche en permis d’exploitation. Le code minier qui le permet est particulièrement souple.
« Gaz de schiste, les lobbies contre-attaquent » à ne pas manquer le reportage de France 5, le mardi 14 octobre à 20h40

France 5 TV schiste -Et puisque nous parlons de ce lobby, ne manquez pas la diffusion du reportage « Gaz de schiste, les lobbies contre-attaquent » sur la chaine française France 5 TV ce mardi 14 Octobre 2014 à 20h40. Ce reportage sera suivi d’un débat. Voilà quelques éléments de présentation produits par Télérama. « Depuis des années, les lobbyistes, hommes de main des industriels, jouent dans l’ombre des parties qui sacrifient la santé publique aux intérêts financiers. Vache folle, sang contaminé, amiante : dans ces scandales sanitaires retentissants, ils ont manipulé l’opinion et les politiques en toute impunité. Aujourd’hui, leur nouveau terrain de jeu, c’est les gaz de schiste, dont la France a interdit l’exploitation en 2011. Depuis, les lobbyistes du secteur n’ont qu’un objectif : convaincre les politiques de faire marche arrière. Pour cela, ils noyautent les organes du pouvoir, s’appuient sur des hauts fonctionnaires, s’entourent de scientifiques complaisants, fournissent des études partisanes et bernent les médias. La critique TV de télérama du 11/10/2014: Ne vous laissez pas décourager par l’emballage dramatisant de cette bonne enquête, mise en scène façon thriller paranoïaque. Michel Tedoldi y décortique la montée en charge des lobbies ­industriels sur l’exploitation du gaz de schiste, interdite en France en 2011 sous la présidence de Nicolas Sarkozy. En 2012, Delphine Batho, alors ministre de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie, obtient que l’interdiction soit étendue à l’exploration des ressources potentielles, et fait confirmer par François Hollande le rejet des permis de forage accordés à cet effet. C’est sur ce point, celui de la recherche, que les pro-gaz de schiste s’appuient pour faire pression sur les politiques. Ils finissent par obtenir l’éviction de la ministre ­gênante, et gagnent la faveur de certains de ses collègues — Arnaud Montebourg, puis Laurent Fabius.. la suite sur télérama.fr.

Lire également l’interview de Delphine Batho ex Ministre de l’Écologie du gouvernement Ayrault.

Demandez aux habitants de Rhône-Alpes, de PACA, d’Ile-de-France, s’ils veulent des forages à côté de chez eux, la réponse est non !
La loi: La France a porté un message universel, en affirmant qu’il n’y a pas que le profit à court terme, qu’il faut prendre en compte la nature, l’eau, le climat… ­Depuis, il y a eu des mobilisations ­citoyennes en Roumanie, en Pologne, et l’Allemagne, qui était censée se ­lancer dans le gaz de schiste, a repoussé la décision à 2021. Le combat est inégal, la pression des multinationales ­augmente, et c’est pour cela qu’elles concentrent leur attention sur la France.

Communiqué des collectifs 10 Octobre 2014 à consulter ici                       (!) Info minute – Revue de Presse

Dans le cadre de la journée internationale « Global Frackdown Day »,  les collectifs français se mobilisent ce samedi 11 octobre 2014. Des mobilisations dans plusieurs villes de France qui prendront la forme de manifestations, de rassemblements ou de points d’information.
NARBONNE 11 10 global frackdown 1

Narbonne

lyon 1

Lyon

lyon 1

Lyon

Grenoble

Grenoble

Valorgue 07

Valorge 07

Lille

Lille

Lyon 2

Lyon

Narbonne 2

Narbonne

Narbonne 3

Narbonne

Narbonne 5

Narbonne

Genève 1

Genève

Paris 2

Paris

Paris

. Paris

Genève 2

Genève

.

.
.
.
.
.
.
.

.
.
.
.
.
.
.
.
.
..
.
.
.
.
.
.
.
.

En France, près de chez vous, un évènement une manifestation, cliquer sur l’épingle correspondante pointée sur la carte.                                attention ATTENTION! Départements 07, 26, 30, 34  ALERTE METEO INFO ICI  et  

Ailleurs en Europe et dans le Monde, voir tous les évènements sur la carte ci-dessous

globalfrackdown 11 octobre 2014 global map
LE DÉTAIL SUR NOTRE PAGE « MANIFESTATION« 

(!) Info minute – Revue de Presse

chantal jouanno gaz de schisteNous republions, in extenso et avec ses aimables encouragements, le billet de Chantal Jouanno paru sur son blog le 26 septembre 2014. Chantal Jouanno, Haut Fonctionnaire de l’État Français et Sénatrice de Paris depuis 2011 a été Présidente de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (ADEME). Secrétaire d’État à l’Écologie du gouvernement Fillon III, elle a ensuite été Ministre des sports.
.
**********************************************************************************************

La droite conservatrice relance régulièrement le débat sur le « gaz de schiste » – le terme exact est hydrocarbures non conventionnels. L’Eldorado du « gaz de schiste » serait une solution économique d’avenir bloquée par l’idéologie rétrograde des écologistes. Dans ce débat où deux idéologies conservatrices et démagogiques s’affrontent, un peu d’éclairage s’impose.
J’invite chacun à consulter les perspectives de l’Agence internationale de l’Énergie de Novembre 2013 et les rapports de Bloomberg New Energy Finance, deux organisations qui ne peuvent être suspectées d’idéologie écologique.

La première réalité est que l’exploitation des « gaz de schiste » en France est parfaitement incompatible avec l’objectif de lutte contre les changements climatiques.

Les émissions de gaz à effet de serre du « gaz de schiste » dépassent celle des puits conventionnels puisque chaque puits perd jusqu’à 8 % de méthane, une réalité souvent occultée. De fait, la baisse des émissions de CO2 des États-Unis a été plus que compensée par la hausse des émissions de méthane. En deuxième lieu, le gaz de schiste pourrait avoir un impact favorable pour remplacer le charbon s’il était utilisé dans des centrales performantes pour produire de l’électricité. Or, il est en majorité utilisé pour le chauffage individuel. Enfin, la chute du prix du charbon générée par le fort développement des gaz de schiste a favorisé son développement notamment en Europe mais également aux États-Unis. L’EIA a annoncé en janvier 2014 que les émissions de gaz à effet de serre liées à l’énergie aux États-Unis avaient progressé de 2 %.
Les « gaz de schiste » ont encore moins d’intérêt écologique en France. A quoi peuvent servir les « gaz de schiste » ? A produire de l’électricité ou de la chaleur. Or, notre mix énergétique électrique est fortement décarboné et nous nous orientons vers de la chaleur dite renouvelable. Exploiter les « gaz de schiste » se traduirait par une hausse de nos émissions de gaz à effet de serre. En outre, les « gaz de schiste » entreraient directement en concurrence avec les énergies renouvelables. Pourquoi devrions nous orienter l’argent public vers les « gaz de schiste » plutôt que les énergies renouvelables ?

Il est politiquement possible de considérer que la lutte contre les changements climatiques est une lubie, que les 2500 scientifiques du Groupe Intergouvernemental sur l’Évolution du Climat (GIEC) n’y connaissent rien et qu’un « homme politique providentiel » sait tout. Il est aussi possible de considérer que les changements climatiques ne sont pas un sujet pour la France, que les conséquences toucheront les pays les plus pauvres et que les pays riches s’accommoderont volontiers de ces inégalités.

On peut alors considérer que l’argument économique suffit à légitimer l’exploitation des hydrocarbures non conventionnels. Malheureusement, les vertus économiques des « gaz de schiste » semblent bien fragiles.

Aux Etats-Unis, depuis 2013, les compagnies pétrolières ont réduit de moitié leurs investissements dans les pétroles et gaz non conventionnels. 26 des 61 compagnies exploitantes ont mis la clé sous la porte. Ces exploitations sont en effet fortement productives les deux premières années mais s’épuisent en 6 ans en moyenne. Il faut par conséquent régulièrement forer de nouveaux puits, plus couteux.
Plus encore, à production égale, un puits couterait deux à trois fois plus cher en Europe qu’aux Etats Unis. Notre manque d’expertise, notre manque d’infrastructures, et surtout les réalités physiques de la France rendent peu rentables ce type d’exploitation. Les roches susceptibles de contenir des huiles ou des gaz de schiste se situent dans le bassin parisien et dans le sud-est de la France. La première zone se caractérise par sa forte densité de population, peu compatible avec ces exploitations. La deuxième zone se caractérise par son manque d’eau, élément indispensable à la fracturation. Plus encore, nous ne disposons pas des réseaux et des canalisations nécessaires.
L’Eldorado économique est d’autant plus théorique que nous n’avons aucune idée des réserves que contiennent nos sous-sols. Les chiffres merveilleux s’avèrent être des leurres. En Californie, où se situent les deux tiers des réserves, les estimations initiales étaient de 13,7 milliards de barils. Elles sont estimées aujourd’hui à 600 millions de barils….

Mon intégrité politique est de rester fidèle à mes engagements écologiques qui fondent ma présence politique. Les changements climatiques sont le plus grand défi à venir. Notre responsabilité politique est d’engager les investissements publics pour préparer l’avenir, pas pour le détruire. Les choix de court terme, et la tentation de la démagogie, sont une erreur historique. Et si vous doutez encore, vous pouvez aussi lire le dernier ouvrage de Jeremy Rifkin.

*********************************************************************************************

global frackdown 11 octobre 2014 -

CLIQUER SUR L’IMAGE POUR PLUS D’INFORMATION