(!) Info minute – Revue de Presse

Les forages effectués pour exploiter le pétrole et le gaz ont causé des dommages durables aux écosystèmes à travers le Canada et les États-Unis, c’est ce que documente une étude publiée le 23 avril 2015[1].

La dégradation des écosystèmes pourrait être irréversible

Publiée dans la revue « Science », l’étude examine l’impact de la production de pétrole et de gaz sur la croissance des plantes terrestres, en utilisant une mesure qu’on appelle la production primaire nette (PPN). La PPN peut être utilisée pour évaluer la santé de l’écosystème. Analysant des données satellitaires pour la période 2000-2012, les auteurs ont constaté que la production de pétrole et de gaz a induit une perte de PPN d’environ 4,5 Tg (ou mégatonnes) de carbone ou d’environ 10 mégatonnes de biomasse par la perte de la végétation qu’elle a engendré. Les terres cultivées ont perdu l’équivalent de 3,27 millions de tonnes de blé au cours de cette période – soit environ 13% de l’ensemble des exportations de blé des États-Unis en 2013 – tandis qu’on enregistrait une perte de végétation représentant plus de la moitié des terres de pâturage publics gérées par le Bureau of Land Management[2].

L’équivalent de la surface de la Région Languedoc-Roussillon occupée par les infrastructures liées à l’exploitation des hydrocarbures

La production de pétrole et de gaz américaine a explosé au cours des dernières années, et ce « boom » a encore de beaux jours devant lui. Aujourd’hui, l’étude constate qu’entre 2000 et 2012, les plateformes de forage, les routes et les installations de stockages construites pour l’exploitation du pétrole et du gaz occupent environ 3 millions d’hectares de terres – l’équivalent de trois parcs nationaux de Yellowstone (ou 30 000 km2 soit plus de la superficie totale de la Région Languedoc Roussillon, ou 70% de la surface de la région Rhône-Alpes). Et selon les auteurs, comme la demande en agro-carburants et pour l’agriculture augmente, les activités pétrolières et gazières risquent de se propager encore plus loin dans les zones de pâturages inutilisées. Les dommages écologiques déjà engendrés par cette activité pourraient être irréversibles.

impact de l'exploitation des pétrole et gaz de schiste Etats-Unis

Impact de l exploitation des petroles et gaz de schiste sur le paysage

Impact de l’exploitation des pétroles et gaz de schiste sur le paysage

Steve Running, professeur d’écologie forestière à l’Université du Montana et coauteur de l’étude précise : «ce sont des terres semi-arides, il ne s’agit pas de régions luxuriantes. Donc cette terre pourra rester ainsi pendant des siècles sans qu’il n’y pousse plus rien s’il n’y a pas une certaine remise en état et une re-végétalisation ».

Par le passé d’autres études avaient analysé les impacts environnementaux des forages de pétrole et de gaz aux États-Unis, mais la plupart portaient sur des régions ou des aspects de la biodiversité spécifiques, tels que la perte de surfaces dédiées à l’habitat ou de ressources en eau[3]. L’étude publiée dans Science prend une approche plus large, plus complète, englobant plus de 2 millions de puits de pétrole et de gaz à travers les États-Unis et le Canada. Et bien que d’autres aient utilisé la PPN pour mesurer la santé des écosystèmes touchés par le l’exploitation des combustibles fossiles, les experts disent que cette étude est la première faite à une si grande échelle.

Un « appel à l’action » pour les décideurs

L’administration Obama a vanté le développement de l’exploitation du pétrole et gaz de schiste comme un « moteur de la croissance économique et une étape importante vers la réduction de la dépendance américaine au pétrole étranger ». Mais à présent il faut faire face à des préoccupations majeures sur l’impact environnemental de l’industrie des combustibles fossiles, et en particulier pour ce qui concerne la fracturation hydraulique, ou le fracking. Face à l’incertitude généralisée sur les effets à long terme en matière de santé publique, l’administration fédérale, vient d’introduire une réglementation plus stricte pour les entreprises de fracturation (lire notre article ici). Toutefois cette nouvelle réglementation concerne uniquement les terres fédérales. Or 90% des opérations d’exploitation d’hydrocarbure aux États-Unis ont lieu sur des terrains privés, communaux qui échappent à cette réglementation. Toutefois, les chercheurs espèrent que les conclusions de leur étude stimuleront des débats politiques plus larges concernant le compromis entre la préservation de l’environnement et la production d’énergie.

En Europe, le désastre lié à la recherche et l’exploitation des pétrole et gaz de schiste n’est pas encore là.  Préservons-nous en!

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[1] D’après “The oil and gas boom has devastated ecosystems across the US” publié le 23 Avril 2015 http://www.theverge.com/2015/4/23/8481845/oil-gas-fracking-ecosystem-damage-study
[2] Bureau of Land management : Le Bureau de Gestion du Territoire est une agence américaine qui fait partie du Département de l’Intérieur des États-Unis et qui gère les terrains publics. Ces terrains couvrent environ 1 070 000 km2. Ces terres sont situées en grande partie dans l’ouest du pays. L’agence emploie près de 9 000 personnes à plein temps et environ 1 000 à temps partiel ce qui représente 105 km2 par employé. Ses missions visent à préserver la santé, la richesse de la diversité et la productivité des terres qui sont exploitées en préservant celles-ci pour les générations futures.
[3] On notera que bien souvent les études ont été financées par l’industrie du pétrole et du gaz elle-même voir à ce sujet ce qui se dit de ce qu’on appelle frackademia http://public-accountability.org/2015/02/frackademia-in-depth/

(!) Info minute – Revue de Presse

Note établie à partir de la dépêche publiée par Bloomberg[1] le 22 avril 2015

La moitié des 41 entreprises de fracturation hydraulique opérant aux États-Unis aura fermé ou été vendue en fin d’année en raison de la réduction des dépenses faites par les compagnies pétrolières. C’est ce que prévoit un dirigeant de la société Weatherford International Plc[2].

Rob Fulks, un dirigeant de Weatherford, déclarait dans une interview en marge de la conférence du IHS CERAWeek à Houston (Texas) equipement de fracking marcellus shale gaz de schistecette semaine que «seules pourraient rester environ une vingtaine de sociétés opératrices de fracturation hydraulique». La demande de services de fracturation hydraulique -technique permettant l’exploitation des hydrocarbures dits « de schiste » qui a généré le boom des pétrole et gaz de schiste au États-Unis est en perte de vitesse au fur et à mesure que les clients abandonnent des puits non achevés à cause de la chute des prix des hydrocarbures.

Début 2014, on comptait 61 fournisseurs de services de fracturation aux États-Unis, le plus grand marché du monde dans ce domaine. Les fusions acquisitions chez les plus gros opérateurs ont commencé avec Halliburton Co. et l’annonce faite en novembre 2014 du rachat de Baker Hughes Inc. 34,6 milliards de dollars, ainsi que le rachat de l’activité pompage sous pression de Nabors Industries Ltd par C & J Energy Services Ltd.

Toujours selon M. Fulks, Weatherford, cinquième opérateur du fracking aux États-Unis, a été contraint de réduire « considérablement » les coûts face à la baisse de la demande. De plus la compagnie a été en mesure de renégocier à la baisse les prix d’acquisition du sable utilisé comme agent de soutènement des fissures effectuées par la fracturation hydraulique et nécessaires à la libération des hydrocarbures prisonniers dans les roches compactes.

Globalement, les compagnies pétrolières ont réduit de plus de 100 milliards de dollars les dépenses au niveau mondial après la chute des prix. PacWest, puits de fracturation fracking gaz de schistesociété de consultants spécialiste des marchés liés à l’exploitation pétrolière, anticipe une chute de 35% du prix de la fracturation hydraulique cette année. Pour Alex Robart, un cadre de PacWest, « alors que beaucoup de grandes sociétés souhaitent acquérir des entreprises de fracturation hydraulique, l’écart entre les prix d’acquisition et de cession est encore trop important pour l’instant ».

De son côté M.Fulks a refusé de dire si Weatherford cherchait à acquérir d’autres entreprises de fracturation ou leurs équipements avant d’ajouter « partout où nous allons nous voyons de l’équipement parqué et à l’arrêt. Ce n’est jamais bon pour une machine de rester inutilisée, qu’il s’agisse d’une voiture, d’un avion ou de compresseurs pour la fracturation hydraulique ».

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[1] Bloomberg LP est un groupe financier américain spécialisé dans les services aux professionnels des marchés financiers et dans l’information économique et financière aussi bien en tant qu’agence de presse que directement, via de nombreux médias (télévision, radio, presse, internet et livres) dont les plus connus sont probablement ses propres chaînes de télévision par câble/satellite. http://fr.wikipedia.org/wiki/Bloomberg_LP

[2] Weatherford est une compagnie para-pétrolière américaine. Son siège opérationnel se situe à Houston au Texas, et son siège social et fiscal en Suisse depuis 2014 : http://www.weatherford.com

Agence americaine de l energie forages hydrocarbures rapport avril 2015puits d'hydrocarbures non achevés schiste USA

En bonus, une belle image d’une opération de fracturation hydraulique. Cliquer dessus pour l’agrandir et compter camions et compresseurs

fracking fracturation hydraulique gaz de schiste 2

innovoil.co.uk

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BANGKOK: – Une vingtaine de membres du « Réseau Stop Fracking Thaïland » se sont rassemblés devant l’ambassade des États-Unis à Bangkok le 20 avril 2015 pour protester contre la fracturation chimique en Thaïlande, pays dans lequel l’exploration des hydrocarbures non conventionnels est en cours.

Protestation contre la fracturation hydraulique

Deux représentants du réseau, le Dr Smith Tungkasmit professeur à l’université Rangsit et Pipat Samanchuen, ont été autorisés à pénétrer dans les locaux afin destop fracking thailand gaz de schiste 2 remettre une lettre à Eric Frater, premier secrétaire de la section économique de l’ambassade. La lettre demandait aux autorités américaines qu’une enquête soit diligentée «à l’encontre des entreprises Apico (Khorat), Apico LLC, Hess Corporation, Chevron et CEC et qu’elles cessent le recours à la fracturation hydraulique».

« Préoccupés par l’impact sur la santé des personnes et des communautés locales, les militants exigent que les entreprises américaines et autres qui ont des permis de recherche de hydrocarbures cessent les forages par fracturation hydraulique».

Suspicion de manquements dans la gestion des déchets

Selon les observations faites par le réseau sur le site Namoon dans la province de Khon Kaen, « une entreprise a utilisé de l’oxyde de zinc produit chimique toxique, alors que celui-ci n’est pas mentionné dans le rapport d’évaluation de l’impactstop fracking thailand gaz de schiste 1 environnemental ».

Alors que ce type de produit chimique doit être éliminé par une entreprise spécialisée dans la gestion des déchets dangereux, le « Réseau Stop Fracking Thaïland » a pu constater que des emballages habituellement utilisés pour la gestion de ce type de déchet avaient été trouvés dans une école voisine. De son coté l’entreprise dément et indique que des dons de bouteilles d’eau ont été faits à l’école et que celles –ci ont été remises dans ce type d’emballage par erreur…

Le Royaume du Siam jamais colonisé l’est désormais par les multinationales du pétrole

Selon le bureau américain de recherche géologique (U.S.Geological Survey), une évaluation du potentiel d’hydrocarbures techniquement récupérables menée en 2014 dans le bassincarte bassin gaz de schiste Thailande USGS shale gas deposit de Phitsanulok  fait état d’une estimation de 53 millions de barils de pétrole de schiste et 320 milliards de pieds cube de gaz de schiste. L’USGS indique qu’il existe probablement un potentiel d’hydrocarbures non encore évalué dans les bassins de Fang, Chiang Mai, Mae Sot, Petchabun, Suphan Buri, et Ayutthaya et que ces sites nécessitent des tests de géologie et de production.

En 2011, l’État thaïlandais a signé un protocole d’accord avec la compagnie Statoil pour étudier les ressources en hydrocarbures non conventionnels (et conventionnelles) et un petit bloc lui a été attribué pour l’exploration de gaz de houille exploration dans le sud de la Thaïlande. Par ailleurs Chevron très impliquée dans la recherche et la production offshore a mis en œuvre Platong II, la gigantesque plateforme de production de gaz dans le golfe de Thaïlande,

Cette conquête des hydrocarbures non conventionnels est largement soutenue par le Département d’État Américain. Celui-ci était particulièrement actif dans ce domaine lorsqu’une certaine Hillary Clinton en était la Secrétaire d’État.

Sources :

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Pétrole de schiste : recours en justice déposé contre un permis déterré par le gouvernement

Le 20 avril 2015 – Les Amis de la Terre France, mandatés par les collectifs français « non aux pétrole et gaz de schiste et de houille(*) » réunis en coordination, ont déposé aujourd’hui un recours contentieux contre la décision de la ministre de l’Écologie d’accorder en octobre 2014 la mutation du permis exclusif de recherche « La Folie de Paris » en Seine-et-Marne au profit de l’entreprise fantôme Concorde Énergie Paris. Au travers de ce recours, les collectifs citoyens et Les Amis de la Terre France entendent dénoncer le double discours de la ministre qui assure qu’il n’y aura pas d’exploitation de gaz et huiles de schiste pendant son mandat, tout en préparant le terrain aux pétroliers pour les années suivantes.

Suite à la décision implicite de refus du recours gracieux présenté par les Amis de la Terre en décembre 2014, c’est un recours contentieux qui vient d’être déposé au Tribunal administratif de Melun contre l’arrêté du 10 octobre 2014. Dans ce dernier, la ministre de l’Écologie Ségolène Royal a accordé la prolongation et la mutation du permis de « la Folie de Paris », alors qu’il y existait déjà une décision implicite de rejet, les demandes de l’entreprise Concorde Energie Paris datant de plus de 15 mois.

Par ailleurs, la ministre a indiqué, dans un courrier envoyé au député de Seine-et-Marne, Olivier Faure, qu’il s’agissait d’un permis visant des hydrocarburesFrance jouarre conventionnels, alors que les recherches déjà menées sur ce territoire ont révélé l’absence de pétrole conventionnel (1). Facteur aggravant, la mutation se fait au profit de la compagnie Concorde Énergie Paris qui n’est qu’une coquille vide : un capital social de 1000€, entreprise endettée, domiciliée chez son gérant, elle n’a aucun chiffre d’affaire. Il s’agit d’une violation du code minier qui prévoit que le demandeur d’une mutation d’un permis exclusif de recherche doit justifier de garanties financières particulières.

Cette décision d’accorder cette mutation est d’autant plus surprenante que Ségolène Royal a rejeté la demande de permis de Calavon, (dans le Luberon) au motif que l’entreprise pétitionnaire “ne dispose pas en propre des capacités financières nécessaires”. Cette entreprise (Téthys) possède toutefois davantage de capacités financières que Concorde Energie Paris. On peut remarquer que ce rejet faisait suite à la mobilisation locale d’élus et du président du parc naturel régional du Luberon.

Isabelle Levy, membre du collectif du Pays-Fertois, s’interroge “quelles sont les relations entre ces entreprises fantômes et les services de l’Etat qui ont instruit le dossier ? L’insolvabilité de Concorde Energie est pourtant facile à vérifier. Pourquoi l’entreprise Tethys, à qui on refuse un permis dans le Luberon, est-elle bénéficiaire d’une prolongation pour le permis d’Attila, situé dans la Meuse ?”

Le permis de « La Folie de Paris » n’est qu’un cas emblématique : malgré la loi de 2011 interdisant la fracturation hydraulique, et les promesses répétées du gouvernement actuel, il continue d’instruire de nouveaux permis [Gastins, Dicy, Cezy, Rouffy, Estheria etc] et a prolongé des permis existants, comme celui de Saint-Just-en-Brie, également en Seine-et-Marne.

Juliette Renaud, chargée de campagne sur les Industries extractives aux Amis de la Terre France s’indigne : « Pourquoi la ministre ressort-elle ces demandes de permis du fond des tiroirs si ce n’est pour répondre aux pressions exercées par les lobbies pétroliers ? Les compagnies préparent le terrain en espérant qu’un changement de gouvernement en 2017 conduira à une abrogation de la loi interdisant la fracturation hydraulique ou rouvrira la porte aux gaz et huiles de schiste par d’autres biais. »

Les Amis de la Terre France et les collectifs français « Non aux pétrole et gaz de schiste et de houille » attendent du Tribunal Administratif de Melun l’annulation du permis « La Folie de Paris » et du gouvernement le refus de toute nouvelle attribution de permis de recherche. Plus largement, ils appellent le gouvernement à maintenir une position ferme d’interdiction de toute expérimentation, exploration et exploitation des hydrocarbures non conventionnels, quelle que soit la technique utilisée. En attendant l’issue de cette procédure judiciaire, et face aux pressions incessantes des compagnies pétrolières, la mobilisation citoyenne ne faiblira pas pour défendre les populations, nos territoires et le climat.

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Note: Les habitants de Rhône-Alpes se rappelleront que le gérant de cette « coquille vide » qu’est Concorde Énergie Paris est ni plus ni moins que le gérant de Celtique Énergie dont la demande de prolongation du permis des Moussières à récemment été rejetée.

(1) La documentation de la demande de permis mentionne des objectifs « conventionnels » dans les couches du Dogger et du Keuper. Or selon des fiches techniques mises à disposition par le BRGM, le forage intitulé « la Folie de Paris » effectué en 1985-86 indiquait « pour le Dogger: faible qualité réservoir, faibles indices d’huile, pour le Keuper: aucun réservoir, pas d’indices » …

(*) Collectifs signataires : Collectif du Haut Bugey Non aux forages (01), Collectif non au gaz de schiste Pays de Savoie et de l’Ain (01,73,74), Collectif GAZPART (02), Collectif 07 Stop au Gaz et Huile de Schiste (07), Collectif “Touche pas à mon schiste !” (07), Collectif de Valgorge (07), Collectif Citoyen du Narbonnais Non Gaz et Pétrole de Schiste (11), Collectifs de NGSQR du QUERCY ROUERGUE (12/46), Collectif du Grand Valentinois (26), Collectif Stop gaz de schiste Anduze (30), Collectif Stop gaz Gard Rhodanien (30), Collectif Garrigue-Vaunage (30), Collectif cévenol CAMIS’GAZ (30), Collectif GDS Roquedur-Le Vigan (30), Collectif viganais contre les huile et gaz de schiste (30), Collectif St Jean de Maruéjols (30), Collectif Piémont Cévenol (30), Collectif de Barjac (30), Collectif Nîmes Anti-Schiste (30), Collectif Hautes Cévennes (30), Collectif Auzonnet Cèze & Ganière (30), Collectif 32 Non au gaz de schiste (32), Collectif du Céressou (34), Collectif Gaz de Schiste Non Merci de Clapiers (34), Collectif Montpeyroux, Arboras, Aniane (34), Collectif Orb-Jaur non au gaz de schiste (34), Collectif biterrois contre les GHDS (34), Collectif Orb Taurou Non au GHDS (34), Collectif NGDS Canal Lirou (34), Collectif bassin de Thau (34), Collectif Sète (34), Collectif citoyen de Pézenas, Castelnau de Guers (34), Eco’lectif Dégaze Gignac et Environs (34), Montpellier littoral contre les gaz et huile de schiste (34), Collectifs Isérois Stop aux GHRM (38), Collectif Stop gaz de schiste 39, Association Stop au gaz de schiste-Non al gas d,esquist (47), Collectif Florac Non au Gaz de Schiste (48), Collectif Causse Méjean – Gaz de Schiste NON ! (48), Collectif Non Gaz La Canourgue (48), Collectif Stop gaz d’hydrocarbures de Lorraine et d’Alsace (54, 55, 57, 67, 68, 88), Collectif Houille ouille ouille 59/62, Collectif Stop gaz de schiste 69, Collectif citoyen Ile-de-France Non aux gaz et pétrole de schiste et de couche (Ile-de-France, Paris), Association Gaïa (77), Collectif NPGDS du Bocage gâtinais (77 – 89 – 45), Collectif Non au pétrole de schiste du Pays-Fertois (77), CRI-Nonville (77), Collectif du Pays-de-Coulommiers (77), Collectif briard (77), Collectifs 83 Non au Gaz de schiste (83), Collectif « Sanschiste 89 » (89), Collectif 91 Non au gaz et pétrole de schiste (91)

(!) Info minute – Revue de Presse

Malgré l’opposition massive des citoyens européens au gaz de schiste, la Commission Européenne persiste dans la direction opposée. Après avoir exempté ces activités d’études d’impact environnemental spécifiques, elle met en place aujourd’hui un « réseau » d’experts largement dominé par les industriels et les gouvernements favorables au gaz de schiste.

Selon les Amis de la terre Europe et le Corporate Europe Observatory, qui publient aujourd’hui une étude à ce sujet, sur 60 membres confirmés de ce réseau [1], 40% travaillent pour des entreprises comme Total, GDF Suez ou Shell, directement impliquées dans le gaz de schiste, ou pour des lobbies du secteur pétrolier et gazier [2]. Ceux qui représentent la société civile, en revanche, se comptent sur les doigts d’une main. Le reste est constitué soit de scientifiques dont la majorité est liée financièrement à l’industrie, soit de représentants de bureaux publics de recherche géologique, dont les intérêts sont souvent étroitement alignés sur ceux des promoteurs du gaz de schiste.

Le « réseau européen scientifique et technologique européen sur l’extraction des hydrocarbures non conventionnels » [3] a pour mission officielle de collecter desconsultation gaz de schiste informations sur les développements du gaz de schiste en Europe et d’évaluer les technologies utilisées pour extraire les ressources non conventionnelles, autrement dit la fracturation hydraulique et ses alternatives potentielles (pour l’instant totalement chimériques). Le tout, selon la Commission, dans le cadre d’un « échange d’idées équitable et équilibré ». L’une des cinq personnes désignées par la Commission pour présider les groupes de travail du « réseau », le Polonais Grzegorz Pieńkowski, se montre plus franc dans un entretien avec un magazine professionnel : « La mise en place [de ce réseau] est un pas en vue de renverser l’attitude défavorable ou soupçonneuse envers le gaz de schiste qui prévaut en Europe en une attitude plus pragmatique et, en dernière instance, favorable. »

Dans le cadre de la consultation publique organisée par la Commission européenne en 2013, 64% des participants estimaient que le gaz de schiste ne devait absolument pas être développé en Europe

La cause pouvait pourtant sembler entendue. Les sondages réalisés au niveau européen démontrent que l’immense majorité des personnes interrogées sont opposées au développement du gaz de schiste sur le continent [4]. Les quelques pays dont les gouvernements sont ouvertement favorables à cette industrie – la Pologne et le Royaume-Uni notamment – ont été abandonnés des multinationales pétrolières et gazières, ou sont sur le point de l’être, en raison des résistances locales et de campagnes d’exploration décevantes (voir cet article).

Passage en force

La Commission européenne s’est déjà trouvée à nombreuses reprises sous le feu des critiques pour avoir mis en place des groupes d’« experts » dominés par les intérêts Grand-Marche-Transatlantique_Illustration TAFT TTIPindustriels, que ce soit dans le domaine des OGM, des perturbateurs endocriniens, de la régulation de la finance, ou de la pollution de l’air. Ce qui ne l’empêche pas de récidiver aujourd’hui avec le gaz de schiste. Elle a directement sélectionné les cinq présidents des groupes de travail : on y retrouve deux représentants d’entreprises pétrolières et gazières (ConocoPhillips et Cuadrilla), deux représentants de gouvernements pro-gaz de schiste (Royaume-Uni et Pologne) et le Français François Kalaydjian, employé d’une organisation de recherche française liée à l’industrie et connue pour ses prises de positions favorables aux énergies fossiles, l’Institut français du pétrole [5].

Au final, une large majorité des membres du réseau, soit en personne soit à travers les entreprises, gouvernements et organisations qu’ils représentent, se sont déjà fait remarquer par leurs prises de position favorables au gaz de schiste ou par leurstop tafta opposition à des régulations trop strictes de ces activités. Interpellé par les associations, le Joint Research Center (JRC), dont la mission est de coordonner les groupes d’experts de la Commission européenne, se content de jouer avec les mots : comme il ne s’agit pas d’un groupe officiellement chargé de « conseiller » la Commission, mais seulement de rassembler des informations, il ne serait pas sujet aux normes d’équilibre et d’indépendance requises pour les autres groupes d’experts. De sorte que le JRC ne voit « aucune raison de modifier les règles ou la structure des groupes de travail ou leurs présidents ».

« Sous couvert de mettre en place un ‘réseau scientifique et technologique’, la Commission utilise des fonds publics pour créer un lobby favorable à l’industrie pétrolière et gazière, dénoncent les Amis de la terre Europe et le Corporate Europe Observatory. Ce qui est particulièrement inquiétant, c’est que malgré l’opposition massive du public, la Commission cherche une nouvelle fois à faire entrer discrètement le gaz de schiste par la porte de derrière, en essayant de faire en sorte que la question ne soit pas ‘si’ l’Europe veut la fracturation hydraulique, mais ‘comment’. »

Retrouver l’article source sur le site de l’observatoire des multinationales

[1] Le réseau compte 74 membres officiels, mais 14 sont des employés de la Commission européenne.
[2] L’Union française des industries pétrolières (UFIP) a deux représentants, dont Jean-Louis Schilansky, par ailleurs président du « Centre de documentation sur les hydrocarbures non conventionnels », le lobby récemment créé par les entreprises françaises intéressées au développement du gaz de schiste.
[3] European Science and Technology Network on Unconventional Hydrocarbon Extraction. Voir ici.
[4] Un baromètre européen de janvier 2013 montrait par exemple que seuls 9% des personnes interrogées estimaient que la production d’hydrocarbures non conventionnels devaient être priorisée. Dans le cadre de la consultation publique organisée par la Commission européenne elle-même en 2013, 64% des participants estimaient que le gaz de schiste ne devait absolument pas être développé en Europe, et 20% supplémentaires qu’il ne devait être développé qu’à conditions que des garanties sanitaires et environnementales suffisantes soient en place.
[5] Rebaptisé Institut français du pétrole – énergies nouvelles (IFP-EN) pour faire bonne mesure, mais selon François Kalaydjian, les « énergies nouvelles » semblent surtout se référer aux divers moyens de prolonger la vie des énergies fossiles, voir ici.

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Communiqué de presse des collectifs français Non aux pétrole et gaz de schiste et de houille*

A signer Pétition danoise pour exprimer votre refus de l’exploitation du gaz de schiste                                  Le 13 avril 2015

Cela fait 9 jours que des habitants, rejoints par d’autres Danois venus de l’ensemble du Danemark, bloquent l’accès au site de forage de TOTAL à Dybvad. Depuis plus d’uneOccupation tour de forage TOTAL Gaz de schiste Skifergas DANEMARK Greenpeace 4 semaine, chaque jour un groupe de militants manifeste pacifiquement et se positionne sur la route d’accès au chantier où se déroule la dernière phase de chantier avant le forage : Les camions sont en train de livrer les éléments de la tour de forage de la compagnie TOTAL dont l’érection est prévue pendant le mois d’avril. Chaque jour la police intervient pour expulser les manifestants qui retardent l’arrivée des camions.

La compagnie TOTAL, qui s’est vue retirer le permis de Montélimar en France en 2011 et a quitté la Pologne en 2014 suite à des recherches de gaz de schiste infructueuses, maintient ses projets de fracturation hydraulique au Nord du Danemark. C’est en effet sur la petite commune de Dybvad que dans le cadre du permis de Nordjylland(1), la multinationale pétrolière entend mettre en œuvre la fracturation hydraulique nécessaire à l’extraction de gaz de schiste. Or cette région s’alimente en eau exclusivement à partir de ses ressources souterraines et les risques de contamination liés à la fracturation hydraulique sont importants. Cette activité de recherche d’hydrocarbures, hautement émetteurs de gaz à effet de serre, a été autorisée dans une région qui s’est pourtant engagée à produire son électricité et son chauffage uniquement à travers des sources d’énergie renouvelables.

L’ensemble des recours juridiques étant épuisé, les habitants indiquent qu’ils n’ont plus d’autre choix que la désobéissance civile pour résister et manifester pacifiquement leur opposition à ces projets destructeurs.

Les collectifs citoyens qui se sont massivement mobilisés pour stopper la recherche de pétrole et gaz de schiste en France, solidaires des collectifs et associations danoises opposés à la fracturation hydraulique et à l’exploitation du gaz de schiste, demandent l’arrêt immédiat de ces travaux. Par la mise en œuvre de ces nouveaux projets d’extraction d’hydrocarbures extrêmes, l’Europe continue à faire croître sa dette en termes d’émissions de carbone et gaz à effet de serre contribuant au dérèglement climatique. Il est temps de s’engager activement vers des solutions moins énergivores et décarbonées. Seules la sobriété et l’efficacité énergétique ainsi que l’utilisation des énergies renouvelables constituent une voie raisonnable et une solution économique qui profitera au plus grand nombre.

(1) Voir le site danois de la multinationale TOTAL: http://www.skifergas.dk/nordjylland.aspx

Ce matin nous avons appris que des activistes de Greenpeace Danemark sont venus prêter main forte aux habitants de Dybvad. Ils bloquent l’accès au site et occupent la tour de forage.

Occupation tour de forage TOTAL Gaz de schiste Skifergas DANEMARK Greenpeace 1Occupation tour de forage TOTAL Gaz de schiste Skifergas DANEMARK Greenpeace 2Occupation tour de forage TOTAL Gaz de schiste Skifergas DANEMARK Greenpeace 3

* Signataires : Collectif Stop gaz de schiste 69, Collectif Non au Gaz de schiste Pays de Savoie et de l’Ain (01, 73, 74), Collectif Non aux forages Haut-Bugey (01), Collectif91 Non au gaz et huile(pétrole)de schiste, Collectif 07 Stop au Gaz et Huile de Schiste (07), Collectif biterrois contre les gaz et huiles de schistes (34), Collectif Orb Taurou non au gaz de schistes (34), Collectif Stop au Gaz de Schiste Anduze (30), Collectif houille-ouille ouille 59 / 62, Collectif non aux huiles gaz de schiste 91, Collectif les taupes énervées, Collectif Garrigue Vaunage (30), Collectif de Valgorge (07), Collectifs Isérois Stop GHRM (38), Collectif viganais contre les huile et gaz de schiste (30), Collectif Grand Valentinois (26), Collectif Causse Méjean – Gaz de Schiste NON ! (48), Les Dindons de la Farce (France), Collectif citoyen Ile-de-France non aux gaz et pétrole de schiste et de couche (Ile-de-France, Paris), Collectif « Montpellier Littoral contre les gaz, pétrole de schiste! »(34), Collectif NPGDS du Bocage gâtinais (77 – 89 – 45), Collectif Orb-Jaur non au gaz de schiste (34), Collectif bassin de Thau (34), Collectif Sète (34), Eco’lectif Dégaze Gignac et Environs (34), Collectif GAZPART (02), Collectif Florac Non au Gaz de Schiste (48), Collectif Non Gaz La Canourgue (48), Collectif Citoyen du Narbonnais Non Gaz et Pétrole de Schiste (11), Collectif Garrhodstopgaz Gard Rhodanien (30), Collectifs Isérois Stop aux GHRM (38), Collectif 32 Non au gaz de schiste (32), Collectif briard77 (77), Collectif stop gaz d’hydrocarbures de Lorraine et d’Alsace (54, 55, 57, 67, 68, 88), Collectif « non au pétrole de schiste » du Pays-Fertois (77), Collectif cévenol CAMIS’GAZ (30), Collectif Stop GDS Roquedur-Le Vigan (30), Collectif Gaz de schiste Non Merci – Clapiers (34), Collectif 82 non gaz et huile de schiste, Collectif ALDEAH (France et Amérique latine), Collectif de Barjac (30), Collectif stop gaz de schiste 39, Collectif St Jean de Maruéjols (30), Collectif Montpeyroux, Arboras, Aniane (34), Collectif du Céressous (34), Collectif Piémont Cévenol (30), Collectif “Touche pas à mon schiste !”, Bastagaz!Alès

(!) Info minute – Revue de Presse

D’après un billet extrait sans fracturation hydraulique ni boîte noire du site du collectif07.

En 2013, l’OFCE réalisait le volet économique du rapport Montebourg et envisageait 300 milliards de dollars de rente sur 30 ans. En 2015, l’Office a refait ses calculs et la rente est divisée par 20, s’effondrant à 19,6 milliards sur 45 ans.

Un rapport mis en ligne le 7 avril par Le Figaro évalue « les gains que la France debunking rapport montebourg gaz de schistepourrait attendre de l’exploitation du gaz de schiste » : d’après ce document ce serait une chance pour l’économie et une opportunité de réduire la facture énergétique. Les impacts macroéconomiques estimés seraient très importants : dans le scénario « probable », plus de 200 000 emplois seraient ainsi créés, pour 1,7 point de PIB additionnel en moyenne sur une période de 30 ans. La rente y était estimée à 10 milliards par an.

De nouveaux calculs effectués par la même équipe d’économistes à partir des chiffres réels de la production américaine donnent un résultat très différent : 0,42 milliard par an au lieu des 10 milliards prévus. Soit moins de 1% du PIB !!
Ceci en considérant que la géologie des dépôts de schiste français est favorable à l’exploitation commerciale, ce qui n’est nullement prouvé. Rappelons de l’Eldorado annoncé en Pologne qui a fait pschitt.
Ces calculs ne tiennent bien évidemment pas compte des coûts sanitaires, environnementaux, climatiques, économiques locaux …

Les limites d’un modèle américain inapplicable en Europe

Depuis le début de l’exploitation des gaz de schiste au début des années 2000, plus de 60 gisements ont été explorés aux États-Unis. Mais seuls 30 ont pu être mis enle mythe de la croissance par le gaz de schiste production commercialement, et six d’entre eux représentent plus de 90% de la production américaine totale de gaz de schiste. Si l’on considère des hypothèses géologiques correspondant à la médiane de ces six meilleurs gisements, la VAN de la ressource gazière française ressort alors à 15 milliards d’euros – soit 15 fois inférieure aux 224 milliards d’euros estimés dans le rapport sus-cité (lire aussi à ce sujet ici et ). Pire, les spécificités européennes, et en particulier la grande profondeur des gisements et des règles environnementales plus strictes, devraient accroître de l’ordre de 40% le coût d’extraction et « réduire davantage une rentabilité déjà faible« .

Un tel surcoût par rapport aux concurrents américains « rendrait l’exploitation des gaz de schiste non rentable« .

Telle est la principale conclusion d’une étude publiée début avril 2015 par l’Office français des conjonctures économiques (OFCE) relative au potentiel des gaz de schiste européens. Cette étude contredit totalement les résultats du fameux « rapport Montebourg » publié par le Figaro. Il envoie aux oubliettes les déclarations loufoques  de la rameuse Maud Fontenoy.

Pas d’alternative à la fracturation hydraulique

Quand à l’alternative à la fracturation hydraulique qu’est la technique au fluoropropane, cette technique encore expérimentale à base d' »heptafluoropropane » (ou NFP pour « non flammable propane« ) n’a jamais été testée sur le terrain et sa production est extrêmement onéreuse ce qui le rend non-rentable. Les experts français du secteur en conviennent, cette technique à l’échelle commerciale, ce n’est ni pour aujourd’hui ni pour demain. Par ailleurs son pouvoir de réchauffement climatique est selon les experts de l’ONU près de 3.000 fois plus élevé que celui du dioxyde de carbone.

Au final, l’exploitation des hydrocarbures non conventionnels reste une aberration économique sanitaire et environnementale.

No gazaran, ni ici, ni ailleurs, ni maintenant, ni jamais!

Sources

The Indépendent : Oklahoma ? The link between fracking and earthquakes is causing alarm in an oil-rich town
le blog de l’OFCE : Gaz de schiste : redressement d’un mirage
Actu-Environnement : Gaz de schiste : le rapport Montebourg remis en cause par ses auteurs
Libération : Gaz de schiste : le mythe d’une exploitation « propre »