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Gaz de schiste : Ces demandes de permis de recherche d’hydrocarbures que l’on découvre par hasard

L’information disponible sur les permis et demandes de permis de recherche d’hydrocarbure est décidément éparse et confuse. Les sites Internet et bulletins de l’administration manquent de lisibilité, et il faut que des citoyens tenaces et persistants mènent un vrai travail d’archéologue pour sortir des placards et des tiroirs une information qui devrait pourtant être à la portée de tous, un peu plus simplement. Le sous-sol que nous devrions considérer avec plus de respect est notre bien commun et celui des générations futures, les projets qui le concernent devraient être plus clairement exposés. Mais un an après la première grande manifestation nationale qui a sonné le début  de la mobilisation citoyenne contre les gaz et huile de schiste, l’opacité règne toujours.

La demande de permis dites « d’Abondance », le grand projet pour forer sous le Lac Léman

Il faut remonter au bulletin mensuel d’information du Bureau Exploration Production des Hydrocarbures de l’été 2009  pour découvrir que la société Suisse Petrosvibri a déposé cette demande de permis de forer auprès de l’Etat français. Contactée par des citoyens, l’administration indique que la demande est (toujours) en cours d’instruction. Cette demande a cette particularité qu’elle correspond à un projet beaucoup plus vaste qui consiste à aller forer sous le Lac Léman à la recherche de gaz. Petrosvibri titulaire d’un permis en Suisse a déjà effectué un forage vertical suivi de trois puits diagonaux à partir de la commune de Noville. Les résultats de ces forages sont en cours d’analyse (il s’agit semble-t-il de tight gas) et des questions se posent sur le traitement des boues de forages, nous y reviendrons.

Le « gaz de schiste » et l’Eau d’Evian font-ils bon ménage ?

A moins que le Groupe Danone ne projette de céder l’Eau d’Evian à Nestlé pour renforcer sa gamme d’eaux gazeuses (Perrier),  on peut imaginer quelque inquiétude sur les bords du Lac d’Evian. Les sources Cachat et des Cordeliers seront-elles bientôt gazeuses ou polluées par les effluents de forage hydrocarbures? La municipalité d’Evian et le propriétaire de l’eau éponyme voient-ils d’un bon œil la mise en place de plateformes de forage d’hydrocarbures nichées entre lac et montagnes ?

Les cures de soins, de bien-être ou de remise en forme au beau milieu des plateformes de forage voilà un nouveau concept touristique qui devrait inspirer habitants, élus et professionnels du tourisme. Des noria de camions et des torchères, ça nous changera du jet d’eau et des voiles qui glissent sur le lac au gré du vent.

 Mais on nous dit que dans « la Yaute », on ne se laissera pas faire …

La Haute Savoie est concernées par le permis dit de Gex, les demandes de permis de Gex Sud, Abondance, Lyon Annecy

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  • M. Dromart professeur des sciences de la terre au Laboratoire de Géologie de Lyon fait la promotion du gaz de schiste

La vie de nos chercheurs en France est rude tant elle dépend du bon vouloir de l’industrie qui finance une grosse part de leurs recherches. L’expérience de M. Gilles Dromart est de ce point de vue édifiante. Prof à l’Université Claude Bernard, M. Dromart n’en est pas moins fondateur de la « start up » Tharsis Energy laquelle n’a pas vocation à faire des recherches sur la planète Mars mais œuvre dans le développement d’un procédé de biogénération qui stimule la conversion en gaz naturel de certains micro-organismes présents dans les sous-sols géologiques. Il permettra de renforcer des productions existantes, comme le gaz de houille ou de schiste » .

Le génie de M. Dromart est de considérer non pas l’élimination des bactéries par l’injection de biocides mais de viser des couches schisteuses dans lesquelles le méthane développé par les microorganismes n’est pas arrivé à maturation et d’en stimuler le processus. Une usine à gaz « biologique » … laquelle requiert la fracturation hydraulique.

La fracturation hydraulique représente une contrainte majeure car trop gourmande en eau.

Dans un récent entretien accordé à CleanTech Republic , le Professeur convient du fait que la fracturation hydraulique représente une contrainte majeure car trop gourmande en eau (« on rencontre la contrainte du volume d’eau portée, de 10 000 à 40 000 m3 selon les campagnes réalisées ») et que lorsque cette ressource n’est pas disponible sur place son transport par camion est « impactante ».  Jusque là nous serions rassurés notamment lorsqu’il rejette l’hypothèse de l’utilisation d’eau de mer. La possibilité de « s’appuyer sur des réseaux temporaires de tuyauteries diverses en se branchant sur des rivières ou des lacs à proximité » relance pourtant l’inquiétude du lecteur.

Le Pr Dromart pas si neutre.

Le type de recherche du Prof. nécessite évidemment des ressources financières pour une mise en application « in situ ». Sortir du labo pour aller tester le principe nécessite le parrainage des industriels et M. Dromart regrette le signal envoyé aux investisseurs  par cette France qui a interdit la fracturation hydraulique. Le presque sympathique professeur tout au long de l’entretien n’a de cesse d’égrainer les arguments si souvent entendus de la part de ses mécènes : L’exploitation générera des emplois et des  taxes locales, les pollutions par les produits chimiques aux USA mais pas de risque chez nous, l’obtention des permis de recherche elle s’est faite selon les procédures existantes, les biocides c’est en surface qu’ils sont dangereux, l’uranium et le radium – deux éléments radiogéniques naturels contenus dans la croûte -, je ne vois pas comment la fracturation hydraulique pourrait en mobiliser des quantités importantes. Et de conclure « il faudra bien aller chercher le gaz là où il est piégé, ce qui passera par la fracturation. Surtout, il y a des zones géologiques où on peut fracturer, d’autres où l’on ne doit pas le faire. Dans le bassin parisien, on peut y aller les yeux fermés (sic !) ; dans le sud-est, il faudra être beaucoup plus précautionneux ».

M. Dromart est légitimement préoccupé par le bien-être de ses bactéries expérimentales. Passer sous silence tout ce qui est maintenant connu sur les dangers liés aux fluides de fracturation (il n’existe pas de solution pour le retraitement), et minimiser à ce point les risques liés aux remontées d’effluents contaminés démontre le peu de cas qu’on peut se faire de la santé des travailleurs et des riverains dans ce type d’entreprise.

Tout cela relève de l’absurdité … ou de l’immoralité.

La recherche est utile et nécessaire. Elle devient glaçante lorsqu’elle accapare les maigres budgets qui pourraient être consacrés au développement des énergies plus propres et renouvelables.  Alors biogénération du méthane par fracturation hydraulique ou cogénération du biogaz chacun se fera une idée de ce qui est durable et pérenne ou polluant, onéreux et à durée limitée, renforcera le bouleversement climatique en cours ou non!

 

Chiffres : « Les biocides représentent 0,5% du fluide injecté dans la roche mère. »

10 000 m3, 20 000 m3, 40 000 m 3 (comme l’évoque G.Dromart) d’eau pour une fracturation

C’est de 10 Millions à 40 Millions de litres d’eau.

0,5% de biocides c’est 50 à 200 m3

 

En savoir plus : http://atctoxicologie.free.fr/ , http://schiste.owni.fr/2011/06/10/les-huiles-de-schiste-nouvel-amiante-selon-un-rapport-de-loms/ , http://stopgazdeschiste.org/fracturation-hydraulique/

  • Les fuites de méthane lors de la production peuvent annuler les avantages climatiques du gaz naturel.

Les échantillonnages de l’air révèlent de hautes émissions provenant des gisements de gaz. C’est ce que révèle un article publié dans la revue « Nature » le 9 février 2012 s’appuyant sur le rapport d’une étude réalisée par la NOAA (National Oceanic and Atmospheric Administration des USA) et l’Université du Colorado sur des panaches de pollution détectés au nord de Denver, au Colorado.

L’étude a été réalisée entre 2007 et 2012 et identifie les polluants : méthane, butane et propane, vérifiés par les empreintes chimiques, comme provenant d’émissions de gaz naturel du bassin Denver-Julesburg qui comprend plus de 20 000 de puits de gaz et de pétrole forés depuis les années 1970. Les gisements de production sont des sables ultra compacts (serrés – réservoirs non conventionnels) qui étaient et sont fracturés hydrauliquement.

 Les fuites de méthanes atteignent en moyenne 4% de la production. Les données ont été recueillies à partir d’une tour de 300m située au nord de Denver dès 2007 et d’un appareil mobile à partir de 2008. Alors que les mesures ne font pas de distinction entre les émissions globales de production, les émissions de fracturation et la complétion du puits, elles montrent que les pertes totales de méthane de production sont de 2 à 3 fois les estimations de l’industrie et correspondent à une proportion de 2,3% à 7,7% de la production totale du champ de gaz, avec une valeur moyenne de 4%.

Ces valeurs sont légèrement supérieures à une étude de l’Université Cornell de 2011, avec des estimations de fuites de 2,2% à 3,8%, avec 1,9% provenant de la ventilation du gaz naturel au cours de la fracturation hydraulique, puis en plaçant un puits en réalisation. La ventilation du gaz naturel est effectuée pendant et après la fracturation hydraulique pour une période de 4 semaines ou plus avant que ce puits ne soit mis en production et raccordée à une canalisation. Bien que certaines de ces fuites soient identifiées comme provenant de réservoirs de stockage utilisés pour contenir des gaz de pétrole liquide avant l’expédition, une grande proportion provient du gaz naturel brut s’échappant de l’infrastructure.

Fig: Estimations des pertes du méthane dans les champs de gaz autours de Denver, Colorado, par l’industrie, à partir d’une tour et d’un laboratoire mobile.

La capture des émissions de gaz produites au cours de la fracturation de la mise en production ou de l’achèvement est possible, mais l’industrie du pétrole-gaz indique qu’elle est trop chère. Dès lors pour les industriels il est plus économique de laisser le gaz naturel s’échapper dans l’atmosphère !

  • La communication des industriels remplace l’information.

Les valeurs de NOAA sont plus élevées que les estimations l’Agence Fédérale de Protection de l’Environnement (révisées à 2,8%), laquelle propose une nouvelle réglementation pour contrôler les émissions : Les groupes environnementaux veulent en renforcer les normes tandis que l’industrie pétrolière du gaz veut les réduire. L’Alliance du gaz naturel américain (American Natural Gas Alliance) affirme que de nombreux opérateurs ont amélioré leurs pratiques et ont réduit leurs émissions, volontairement ou en raison de la réglementation. (1) Cette alliance dit aussi que “l’étude de Denver est difficile à évaluer sur la base d’un examen préliminaire”. (2) Ces résultats posent question sur le «combustible fossile propre” présentés par l’industrie gazière non conventionnelle et indique la nécessité d’évaluer sérieusement les opérations de gaz à un niveau national aux Etats-Unis.

Dans une autre étude menée par Sergey Paltev (3), directeur adjoint de la recherche économique à la MIT Energy Initiative, celui-ci affirme que leurs recherches montrent que les émissions sont bien en dessous des valeurs de l’EPA de 2,8%, et se demande si les résultats du NOAA représente bien l’industrie

Commentaires:

(1) L’industrie tend maintenant vers l’amélioration des pratiques après 7 ans, (la fracturation hydraulique a commencé en 2003-2004) ce genre de pratiques n’étaient elles pas jugées nécessaires avant ? Qu’ont les industriels à répondre face aux réactions du public, aux enquêtes de l’EPA et d’autres institutions ?

(2) La déclaration “l’étude X est difficile à évaluer sur la base d’un examen préliminaire” est la réponse standard faite par des opérateurs de pétrole et gaz, un langage codé pour dire, “l’étude est en contradiction avec notre ordre du jour et nos intentions et nous n’avons pas trouvé de procédure avec nos avocats ou des experts rémunérés pour la discréditer”.

(3) Sergey Paltev est répertorié comme un chef un chercheur participant à la MIT Energy Initiative, fondé par BP, Shell et ENI (le géant italien de l’énergie), un co-auteur dans plusieurs études d’énergie fossiles carburants du MIT. Il est aussi co-président d’une étude interdisciplinaire de MIT “L’avenir du gaz naturel” (2011), principalement financée par le “American Clean Skies Initiative” (financée par la Chesapeake Energy Corporation, un partenaire avec le gaz de schiste de Total aux USA), et Agência Nacional de Hidrocarburos (Colombie), le Gas Technology Institute (GTI), Exelon (USA, fournisseur d’énergie nucléaire pour 93% de ces chiffres {avec 17 réacteurs}, 5% par le charbon, 1% hydroélectrique, 1% gaz et le pétrole <1%) et un donateur anonyme. En 2010, le MIT a été parrainé par l’industrie pour un total de 111 millions $.

Avec la collaboration d’Antony Watkins, Ingénieur, Geophysicien, ancien des pétroles.

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Samedi 11 Février, à Saint Julien en Genevois,  2500 personnes se sont rassemblées par des températures glaciales afin d’exprimer leur opposition à l’exploration et l’exploitation des Gaz et huiles de roche mère en Haute Savoie.

Très forte mobilisation citoyenne ce 11 février 2012 à Saint Julien en Genevois, petite ville de 11000 habitants directement concernée par les “pétrole et gaz de schiste” (ou hydrocarbures de roche mère) avec le permis de Gex. Ce permis accordé depuis juin 2009 pour une durée de 5 ans à un consortium de compagnies pétrolières anglaises (eCorp, Eagle Energy limited et Nautical Petroleum PLC). Ce permis couvre une surface de 932km² sur les territoires de l’Ain de la Haute Savoie et du Jura.

600 personnes ont tout d’abord participé à un meeting en début de journée auquel se sont succédés plusieursrs orateurs de différents collectifs, avant tout de Haute Savoie mais aussi d’ailleurs en Rhône-Alpes ainsi que des élus. Après une rapide introduction par le Maire de la ville, c’est Jacques Cambon, hydrologue qui a pris la parole en rappelant qu’aujourd’hui, la seule technique possible pour l’extraction du gaz est la fracturation. Malgré l’interdiction de la fracturation hydraulique (par la loi du 13 juillet 2011), les compagnies pétrolières et de forages envisagent déjà de contourner ces lois, sans que le gouvernement ne s’en offusque, comme lors du colloque du 17 Janvier à Paris organisé par le club « énergie et développement » réunissant ministres et multinationales de cette industrie.

Le meeting s’est poursuivi par l’intervention d’Elisabelle Bourgues, No Fracking France, d’Anne Marher, député du canton de Genève qui à fait un point sur la situation de son Pays, Alain Chabrolle, Vice-président du Conseil régional délégué à la santé et à l’environnement qui a rappelé le besoin d’un débat sur l’avenir énergétique ainsi que la refonte du code minier.

Le dernier intervenant aura été Jean Louis Chopy, porte-parole du collectif Stop Gaz de Schiste Ardèche, qui a parlé de l’avenir du mouvement et a appelé au blocage des pétroliers sur les territoires. En effet ce sont déjà deux permis qui ont été accordés sur le Nord de la région tandis que quatre autres sont en cours d’instruction pour attribution imminente. Ces derniers concernent exclusivement notre région avec les permis de Blyes( 01), Gex Sud ( 74-01), Lyon Annecy( 68-38-73-74) et montfalcon ( 38-69-26-07)En tout, ce ne sont pas moins de 10 000 km² de nos territoires en Rhône-Alpes qui seront impactés par cette industrie polluante et dévastatrice. Et en France c’est après les 73 permis déjà accordés sur tout le territoire, encore 71 autres qui sont en attente de validation.

Seul le Préfet de région compétent ?

C’est ensuite 2500 personnes qui ont défilé avec détermination et bonne humeur dans les rues de la ville ( malgré une température de moins dix degrés) et qui ont rejoint la sous-préfecture. Une délégation citoyenne à été reçue par le sous-préfet lequel s’est déclaré incompétent pour fournir une réponse claire sur le sujet. Il a indiqué que seul le Préfet de Région était compétent. Les collectifs ne manqueront pas d’approcher M. Jean-François Carenco qui connait en effet bien le dossier puisqu’il était directeur de cabinet du Ministre Borloo au moment de l’attribution des trois permis récemment abrogés (Permis de Nant, de Montélimar et de Villeneuve de Berg).

Pendant cette entrevue, devant la sous préfecture, plusieurs personnes ont pris la parole (collectif et élus) et n’ont pas manqué de féliciter l’organisation de cette manifestation citoyenne, et dont la tête du cortège n’était représentée par aucun parti politique;  élus de tous bords engagés dans cette lutte et partis politiques ayant leur place citoyenne au milieu du cortège.

A nouveau il a été rappelé que les collectifs Stop ou Non au Gaz de Schiste sont indépendants, ne sont affiliés à aucun parti politique, acceptant toutefois les soutiens de tous bord à l’exception de l’extrême droite dont ils ne peuvent en aucun cas partager les “valeurs”.

De nombreuses « soirées Gasland » ( projection du film suivie d’un débat) sont déjà programmées en pays Savoyard et ailleurs en Rhône-Alpes. Elles continueront de plus belle afin d’informer et mobiliser les citoyens et les élus locaux dans l’ensemble des départements de Rhône-Alpes. Cette région est particulièrement touchée puisque 7 départements sur 8 sont touchées par des permis d’exploration aisément transformables en permis d’exploiter ! Pour plus d’information : voir ici

Article rédigé en collaboration avec RP (http://cri-ac.org/ Collectif Stop gaz de Schiste 38)

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Haute Savoie: Grande mobilisation à Saint Julien en Genevois le 11 février

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Confusion voulue ou emmêlement de pinceaux…

… une chatte n’y retrouverait pas son chaton. Les publications des « Mines » sur les permis et demandes de permis de recherche d’hydrocarbures liquides ou gazeux, « conventionnels » ou « non conventionnels » sont pour le moins confuses.  A ce titre le rapport provisoire sur Les hydrocarbures de roche-mère en France établi au printemps dernier par les Conseil général de l’industrie l’énergie et des technologies et du développement durable (CGIET) et Conseil de général de l’environnement (CGEDD) vaut son pesant de boue de forage. Nous allons y revenir. Ce soir au Sénat la Ministre de l’Ecologie par la voie du Ministre des Transports affirmait qu’il n’existe pas de permis « conventionnels » ou « non conventionnels » mais simplement des « permis de recherche ou d’exploitation d’hydrocarbures liquides ou gazeux ».  Et d’ajouter que l’ensemble des permis « visant la roche mère » avaient été abrogés. Dont acte. Enfin presque. . .

Arrêtons-nous quelques instants sur ces curiosités langagières.

Elles démontrent une bien curieuse manière de dissimuler la vérité. Rappelons également que le CGIET donne son avis avant l’attribution des permis exclusifs de recherche lesquels sont ensuite accordés par simple arrêté ministériel sans enquête publique, et publiés au Journal Officiel de la République Française. Ce CGIET est le conseiller du ministre en matière minière.

Pourtant nos grands commis dont la responsabilité est immense semblent faire preuve de légèreté quant au traitement de l’information.  Comment voulez-vous qu’un Préfet ne soit pas légèrement tendu lorsqu’il tente de faire de la pédagogie alors que les grands corps de l’Etat se prennent les pieds dans le tapis.

Mais de quoi s’agit-il ?

Patience cher lecteur et sache qu’en lisant ceci tu verras à nouveau qu’on te trompe énormément –mais tu le savais déjà – et que les permis en demande dans ta région visent bien des hydrocarbures de roche mère et ça tu le savais aussi.

Le lapsus révélateur de l’Annexe III

Ce fameux rapport commandé par les Ministres de l’écologie (MEDDTL) et de l’Energie dans sa version officielle publiée à la Documentation Française indique en son annexe III que 46 permis ont été accordés pour de l’exploration non conventionnelle (NC) visant de l’huile ou du gaz « de roche mère » . Force est de constater que les citoyens et élus n’ont pas tort de s’inquiéter. Si nous avons compris que ces permis n’étaient pas encore officiellement accordés puisque qu’il nous est dit que leur instruction est en cours –et que les décrets n’ont pas été publiés – nous ne pouvons que comprendre que : (1) L’administration en charge traite l’information avec une légèreté pour le moins surprenante , (2) par cette information elle révèle certainement ses intentions, (3) les demandes de PER – comme le laissent également transparaître les dossiers fournis par les pétitionnaires dans le cadre de leur demande ou dans les rapports remis en octobre 2011 en vertu de l’application de la loi sur la fracturation hydraulique – visent bien des réservoirs non conventionnels.

Madame la Ministre, monsieur le Ministre, il serait temps de nous dire la vérité !
Nous serons nombreux à Saint Julien en Genevois ce samedi 11 février pour réclamer:

• l’abrogation de tous les permis accordés en France.
• l’interdiction définitive de l’exploration et l’exploitation de tous les hydrocarbures de roche mère.
• la refonte du Code minier
• l’abandon des programmes de recherche et d’exploitation des énergies fossiles en faveur de la recherche et du développement des énergies renouvelables.
• l’organisation d’un débat public et participatif sur l’avenir énergétique de la France.

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Haute Savoie: Grande mobilisation à Saint Julien en Genevois le 11 février

Dans le cadre d’une interview accordée au journal Le Progrès et publiée ce jour, M. Neil McNaughton consultant pour la société Celtique énergie tente de décrédibiliser l’action des citoyens et élus membres du collectif Collectif Haut-Bugey non aux forages d’hydrocarbures.

Rappelons que cette société britannique est titulaire d’un permis exclusif de recherche d’hydrocarbures liquide ou gazeux accordé par l’administration en 2008 sans que la population ni les élus locaux n’aient été consultés. C’est une  des raisons -ce n’est pas la seule- de la mobilisation citoyenne. Ce permis intitulé Permis des Moussières accorde la possibilité au titulaire d’effectuer des recherches dans une zone couvrant les départements du Jura et de l’Ain. Celtique envisage de reprendre les recherches déjà effectuées par Esso Rep il y a plus de deux décennies sur le plateau d’Hauteville et précisément sur les communes de Lantenay et de Corcelles. Sur place “La Chandelière 1″ et “la Chandelière 2″ on s’en souvient. Après des forages exploratoires, les pétroliers avaient rebouché: trop cher! On passe trop souvent sous silence le fait qu’un des forages avait entrainé la pollution d’une source et son inutilisation définitive forçant la communauté à raccorder les usagers de la commune au réseau de distribution de l’”eau du Rhône”.

Le consultant de Celtique prétend que le collectif du Haut-Bugey fait de la désinformation en assimilant les projets envisagés par la Société Celtique à la recherche de gaz de schiste. Or il n’en est rien. Habitants et élus savent lire les quelques rares dossiers qu’il a été difficile d’obtenir. Ils savent que le titulaire du permis envisage de faire un forage oblique en grande profondeur pour explorer la disponibilité d’hydrocarbure dans la roche cible (grés de Bunt). Il savent également que les forages nécessitent de grandes ressources en eau. Ils savent que le titulaire du permis envisage de “sous traiter” le retraitement des boues de forage sans donner aucune indication sur les modalités envisagées. Ils savent que la collectivité aura à prendre en charge l’entretien des routes après le passage de nombreux camions si une telle entreprise est effectivement mise en œuvre. Ils savent que l’évacuation d’hydrocarbures nécessite de gros chantiers qui auront un impact durable sur l’environnement et le paysage. Ils ont la mémoire de la source qui a été polluée et rendue définitivement inutilisable.

Les pétroliers parlent de “création d’emploi” et de “recettes pour les collectivités locales”.  Ils ne veulent qu’acheter le silence et profiter de la fragilité financière des collectivités pour les attirer dans un piège aux conséquences durables. Le code minier, la réglementation française sont ainsi faits que le titulaire d’un permis lorsqu’il se retire n’aura pas à supporter les conséquences des possibles accidents et pollutions sur l’environnement. Et ces conséquences ne sont pas toujours mesurables lors de l’exploitation mais bien des années après.

La recherche de solutions énergétiques dans la durée ne consiste pas à pomper les maigres réserves du sous-sol. Les investissements pour la recherche en matière d’énergie doivent être dirigés vers des solutions durables et renouvelables.

Le gouvernement, les pétroliers veulent nous enfermer dans l’”histoire des gaz de schiste“. Ils se veulent rassurant en rappelant que la fracturation hydraulique est interdite en France et que “les permis” ont été abrogés. Seuls trois permis l’ont été. Une commission de suivi de la mise en œuvre de la loi qui permet la recherche sur la fracturation hydraulique doit être nommée dans les jours qui viennent.  Le mouvement d’opposition citoyenne qui a émergé sur de nombreux territoires depuis un an est vivant en hiver comme au printemps.

C’est pourquoi nous serons nombreux à Saint-Julien en Genevois le 11 février pour dire “non au gaz de schiste“, “non au pétrole de schiste“, “non aux forages d’hydrocarbures” , “non à l’exploitation de nos ressources en eau de manière inconsidérée“!

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Haute Savoie: Grande mobilisation à Saint Julien en Genevois le 11 février
Communiqué de presse Mercredi 01 février 2012

Le gouvernement a demandé la semaine dernière l’accélération de l’instruction des demandes de permis de recherche d’hydrocarbure liquide ou gazeux de Blyes, Gex Sud, Montfalcon et Lyon – Annecy. Quoi que disent les autorités, il s’agit bien là de nouveaux permis de pétrole et gaz non conventionnel qui vont être accordés sur notre territoire.

PLUS DE LA MOITIÉ DE LA RÉGION RHÔNE-ALPES MENACÉE
Les services de l’Etat ont reçu ordre de rouvrir l’instruction des permis qui avait été interrompue par la forte mobilisation citoyenne de l’année dernière. Ils disposent d’un délai d’à peu près un mois pour répondre. Après quoi les permis pourront être signés par le Ministère que l’avis des services soit favorable ou non.
La délivrance de ces nouveaux permis porterait à 8 le nombre de permis de recherche en Rhône-Alpes avec les permis accordés de Gex, Moussières et Lons le Saulnier et le permis en cours d’instruction de Montélimar Extension.

GISEMENTS CONVENTIONNELS… POUR COMMENCER
La loi du 13 juillet 2011 interdit la fracturation hydraulique et le gouvernement nous assure que ces nouveaux permis sont des gisements conventionnels.
Bien que ces demandes de permis ne mentionnent pas explicitement le caractère non conventionnel des hydrocarbures recherchés, la faible porosité des sols et l’échec des précédentes recherches en matière de gisement classique ne laisse aucun doute sur celui-ci. Les compagnies pétrolières ne cachent plus leur projet d’utiliser, au moment voulu, la fracturation hydraulique dans le cadre de « recherches scientifique », comme prévue par cette même loi. Elles seront d’ailleurs largement représentées dans la commission technique chargée d’encadrer et contrôler ces recherches.

LES COLLECTIFS RHÔNE ALPES EN APPEL AUX ÉLUS
Dans une démarche commune à l’ensemble des départements de la région, les collectifs en appellent aux élus pour que soient préservés nos milieux et notre ressource en eau. Ils leur demandent de contacter les administrations en charge de ces dossiers afin de mettre un terme à l’opacité qui les entoure.

RASSEMBLEMENT LE 11 FÉVRIER 2012 À SAINT JULIEN EN GENEVOIS EN HAUTE SAVOIE
Le Collectif Haute Savoie Non au gaz de schiste organise un rassemblement à Saint Julien en Genevois, pour exiger :
•    l’abrogation de tous les permis accordés en France.
•    l’interdiction définitive de l’exploration et l’exploitation de tous les hydrocarbures de roche mère.
•    la refonte du Code minier
•    l’abandon des programmes de recherche et d’exploitation des énergies fossiles en faveur de la recherche et du développement des énergies renouvelables.
•    l’organisation d’un débat public et participatif sur l’avenir énergétique de la France.

Les collectifs Rhônalpins appellent citoyens et élus à rejoindre cette grande mobilisation.

RESEAU RHONALPIN DES COLLECTIFS OPPOSES À L’EXPLOITATION DES GAZ ET HUILES DE SCHISTE

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Haute Savoie: Grande mobilisation à Saint Julien en Genevois le 11 février
“L’instruction des demandes de permis, qui avait été de fait interrompue au début de l’année 2011, reprend son cours.

…. Elle est réalisée dans le cadre de la loi du 13 juillet interdisant le recours à des forages suivis de fracturation hydraulique“. Cette petite phrase n’est pas anodine. Elle est issue d’une information publiée sur le site du Ministère de l’Écologie le 19 janvier 2012.

On y apprend fortuitement que “les demandes de permis exclusifs de recherche font désormais l’objet d’une mise à disposition du public pendant une durée de 30 jours, par voie électronique, dans des conditions lui permettant de formuler ses observations“.

Il est également indiqué que “parmi les demandes de permis restant, 12 dossiers ayant comme objectifs la recherche d’hydrocarbures au moyen de techniques autorisées sont arrivés au terme de leur instruction : les documents qui les concernent font l’objet, pendant une durée de 30 jours, d’une mise à disposition du public ci-dessous et sur les sites Internet des DREAL correspondantes“.

S’en suit la liste des demandes visant massivement la Région l’Ile de France, mais aussi l’Aquitaine et la Lorraine.

Ceci ne doit pas nous faire oublier, que d’autres demandes de permis sont déjà jugées recevables et que des permis de recherche sont également en cours de validité.

Concernant le Nord de la Région Rhône-Alpes, des permis dont l’instruction se poursuit sont déjà jugés recevables. Il s’agit du Permis de Blyes, du permis Lyon-Annecy (tout deux en concurrence), du permis de Montfalcon.(ces permis comme l’indique le Ministère ciblant spécifiquement le gaz de schiste) ainsi que le permis de Gex Sud.

Dans notre région, deux permis de recherche d’hydrocarbure ont été accordés respectivement en 2008 et en 2009, il s’agit du permis des Moussières et du permis de Gex. Leur délivrance aux titulaires n’avaient pas fait l’objet d’information préalable au public et de très nombreux citoyens s’opposent à cette recherche et à l’exploitation au conséquences dévastatrices pour les territoires.

Le 11 Février, ils se retrouveront pour un grand rassemblement à Saint Julien en Genevois pour dire leur opposition à ces projets. Information à suivre sur http://www.ngds74.info.