(!) Info minute – Revue de Presse

Le cours du pétrole est à son plus bas niveau depuis plus de six ans. Selon l’économiste Thomas Porcher, une baisse prolongée du prix du baril de pétrole pourrait compromettre les financements de recherche de pétrole de schiste aux États-Unis dès 2016.
Interview par le magazine en ligne Marianne.net

Propos recueillis par Alexandre Coste

Marianne: Pourquoi le prix du pétrole chute-t-il depuis plusieurs mois ?
Thomas Porcher: La chute que l’on constate depuis maintenant un an est due à trois éléments. Le premier, et le plus important, est la montée en puissance de la production pétrolière américaine, notamment avec les pétroles de schiste. Nous avons une production qui a atteint, en terme de liquide, les 11 millions de barils par jour. C’est une production énorme. En quatre ans, les américains ont ajouté quatre millions de barils par jour sur le marché. La deuxième raison, qui a accompagné cette baisse, c’est la baisse de la croissance économique mondiale. Nous avons eu d’un côté une hausse de la production de pétrole et de l’autre, une baisse de la croissance économique mondiale : quand il n’y a pas de croissance, il n’y a pas de demande de pétrole. Ce qu’il faut savoir, c’est qu’un pour cent de croissance économique, c’est un pour cent de demande de pétrole en plus. Et le dernier élément qu’il convient d’ajouter, c’est le renchérissement du dollar qu’il y a eu au deuxième semestre de 2014. Cela a rendu le pétrole plus cher lorsqu’on le libelle dans une autre monnaie, ce qui a accompagné cette compression de la demande.  A cela, nous pouvons aussi ajouter -même si là nous débordons du cadre du sujet- le fait que la plupart des pays émergents s’endettent en dollar : donc lorsque le dollar augmente, la valeur de leur dette libellée dans leur monnaie augmente également, ce qui a pour effet direct de compresser l’activité et donc pèse sur leur croissance économique. Pour résumer, une hausse de la production de pétrole accompagnée d’une baisse de la demande : vous avez les prix qui ont été divisés par deux en un semestre.

Aujourd’hui, le prix du pétrole est tombé à son plus pas niveau depuis 2009…
Au premier semestre 2015, nous avons vu le prix du baril de pétrole osciller entre 50 et presque 70 dollars. Actuellement, il est redescendu à 50 dollars, et ce pour plusieurs raisons. La première raison, c’est qu’il y a toujours une suroffre. Nous avons un gap entre l’offre et la demande qui se situe entre 1,5 et 2 millions de barils. Le coup de grâce a été l’économie chinoise, qui ne se porte pas très bien. Le yuan chinois a été dévalué il y a quelques jours et cela a été perçu comme un phénomène révélateur de la mauvaise santé de l’économie chinoise. Il faut savoir que ce pays est le deuxième consommateur de pétrole au monde. Il y a donc encore des doutes sur la demande de pétrole, avec en parallèle une production excédentaire. Aujourd’hui, il y a toutefois un élément qui pourrait changer la donne : l’Agence Internationale de l’Energie a annoncé que la demande de pétrole pourrait repartir au deuxième semestre 2015 et en 2016.

Peut-on imaginer que la reprise des échanges commerciaux avec l’Iran contribue à la production excédentaire de pétrole ?
Oui. Effectivement, il y avait un embargo sur l’Iran. Là, le pays voudrait que les compagnies étrangères reviennent sur le marché pour augmenter sa production, jusqu’à un million de barils par jour. Ce qui pourrait s’ajouter à la suroffre que l’on a aujourd’hui et qui pourraient maintenir les prix plutôt autour de 50 dollars le baril. Toutefois, la production de pétrole en Iran ne va pas repartir du jour au lendemain. Et puis aujourd’hui, le prix du pétrole étant plus faible qu’avant, il faut voir si les projets sont toujours aussi intéressants pour les compagnies. Parce que la plupart des grosses compagnies sont actuellement en train de couper dans les investissements et sont en train de se restructurer, donc c’est une période très difficile pour les majors.
La plupart des majors (Rexxon, Total…) ont fait des bénéfices énormes entre 2004 et 2014, parce que le prix du baril était très élevé. Ces bénéfices étaient majoritairement dus à la hausse du prix du pétrole parce que leur production, elle, diminuait. Aujourd’hui, le prix a chuté de moitié, donc les bénéfices sont moindres. Or c’est avec ces bénéfices que les compagnies investissaient dans les recherches futures, dans l’exploration dans des zones très profondes. Mais aujourd’hui, ça devient de moins en moins rentable d’investir dans certaines zones. Par exemple aller forer en Guyane, comme c’était le cas il y a deux ans, ce ne serait plus possible maintenant, avec le prix actuel du pétrole. Les compagnies vivent en ce moment ce que l’on appelle un « stress-test » : leurs bénéfices diminuent et elles sont obligées de se restructurer. Alors elles licencient et elles investissent moins.
es investissent moins.

Si il y a moins de bénéfices, et donc moins d’investissements, peut-on imaginer une baisse de l’offre ?
Oui, absolument. Le pétrole, ce sont des temps longs. Ce que l’on investit aujourd’hui, par exemple en exploration, on en verra les bénéfices dans 5, 6 voire 7 ans. Aujourd’hui, nous avons encore des gisements, où l’on était en phase de pré-production (donc où l’exploration était  faite) au moment de la baisse du prix du pétrole, qui vont arriver sur le marché. Il y a également des pays qui gagnent moins d’argent et qui sont tentés d’augmenter leur production au maximum. C’est-à-dire qu’il veulent compenser l’effet très négatif du à la baisse des prix par un effet de volume. C’est le cas de l’OPEP (organisation des pays exportateurs de pétrole) qui produit aujourd’hui 32 millions de barils, contre 30 millions il y a de ça seulement un an. Il y a également une certaine résistance des pétroles de schiste américains qui ne voient pas leur production diminuer. Mais quand on regarde l’expérience de 2008, lorsque les prix ont chuté très fortement, on se rend compte qu’il a fallu entre un an et demi à deux ans pour que la production américaine s’affaisse, parce qu’il y avait une production qui était déjà en route. Donc compte tenu des cycles de production des pétroles de schiste, on connaîtra vraiment la capacité de résistance de la production américaine à la fin du premier semestre 2016. En fait, plus le prix du pétrole est bas, plus ça fait mal à leurs investissements. Si on a un prix à 50 dollars, il y a toute une partie des pétroles de schiste qui n’est plus rentable. Donc les compagnies vont se concentrer sur des zones d’exploitation encore rentables qui sont plutôt faibles. Et là, à terme, il y aura moins d’investissement et donc moins de production dans les pétroles de schiste.

En Pennsylvanie, où l’industrie du fracking est très active, la lutte pour protéger les familles impactées par les effets nocifs de cette méthode de forage dangereuse est un vrai chaos. La semaine dernière après des mois de résistance face à sa requête dans le cadre de la loi sur la liberté de l’information, l’État a finalement remis à l’organisation « Food & Water Watch » plus de 100 pages de documents. Et ce que l’organisation a pu y lire est particulièrement choquant. Les documents indiquent clairement que l’administration sanitaire de Pennsylvanie a régulièrement fait preuve d’une négligence et d’une incompétence alarmantes dans ses réactions face aux dizaines de signalements de problèmes de santé liés au fracking faits par des habitants.

C’est en juillet 2014 que le pot aux roses est découvert, quand un rapport de « State Impact Pennsylvania » révèle qu’ordre avait été donné aux employés des services de santé de ne pas réagir aux signalements de problèmes de sanitaires liés au « fracking » (le processus d’exploitation du gaz de schiste).

Ordre est donné aux professionnels de santé de garder le silence

D’après le témoignage de deux anciens employés du département de la santé, celui-ci a adopté une politique visant à empêcher les professionnels de santé s’occuper des plaintes formulées par les habitants concernant les impacts sanitaires liées aux forages de gaz de schiste. Toujours selon le même témoignage, les employés recevaient l’instruction explicite de ne pas discuter avec les habitants qui téléphonaient pour signaler des problèmes de santé : « Nous n’avions absolument pas le droit de leur parler. Nous ne connaissons pas d’autre situation qui ait fait l’objet de telles consignes de silence».

Refus de l’administration de communiquer l’information

En juillet, 2014, le département de la santé refusait de donner suite à la demande d’information de « Food & Water Watch » et c’est finalement le bureau de « Bureau des archives déclassifiées » (l’équivalent en France de la Commission d’accès aux documents administratifs – CADA) qui a enjoint l’administration sanitaire de communiquer les documents demandés.

Entre le 30 mars 2011 et le 6 avril 2015, l’administration sanitaire a enregistré pas moins de 87 plaintes déposées par des habitants inquiets, des professionnels de santé, des élus et des agences au nom des habitants de Pennsylvanie.

Les problèmes de santé les plus souvent mentionnés par les habitants étaient des problèmes respiratoires, l’asthme, des irritations de la gorge et du nez, ainsi que les odeurs nauséabondes, des problèmes de peau, des problèmes abdominaux et la pollution sonore. Des habitants se sont plaints aussi de cancers et d’importantes chutes de cheveux.   Des médecins ont même appelé parce qu’ils « voyaient un nombre inhabituel de lésions/éruptions cutanées chez les habitants ».

Les preuves que révélaient déjà les études scientifiques

Les problèmes de santé évoqués concordent avec les études scientifiques sur les effets sanitaires potentiels de l’exploitation des hydrocarbures par le fracking. Les produits chimiques utilisés dans le fracking causent des affections à la peau, aux yeux, au systèmes respiratoire, immunitaire, endocrinien et cardiovasculaire et peuvent causer des cancers.

L’association « Food & Water Watch » s’est opposée pendant près d’une année aux multiples services administratifs pour obtenir ces documents. Aujourd’hui, nous savons pourquoi. Il est à présent nécessaire de documenter et mettre en question la négligence manifeste de l’administration sanitaire qui n’a pas réagi face aux graves problèmes de santé de la population qu’elle a la responsabilité de protéger. L’association continuera à utiliser les instruments juridiques et la sensibilisation de la population pour découvrir la vérité et demander que les responsabilités soient établies.

Pour « Food & Water Watch » le Gouverneur Wolf doit absolument briser le cycle d’abus de l’industrie du gaz et du pétrole interdisant désormais tout nouveau projet de forage dans cet état.

Source: Ecowatch

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Il y a huit ans, sous la pression de ses actionnaires, la société avait promis de cesser de financer le déni du changement climatique. Mais les preuves financières et fiscales révèlent une histoire bien différente. ExxonMobil a fait don de plus de 2,3 Millions de $ (2,1 Millions d’Euros) aux membres du Congrès et à un groupe de lobbying des entreprises qui nient le changement climatique et bloquent les efforts pour lutter contre le changement climatique. Ceci huit ans après avoir promis d’arrêter de financer de déni du changement climatique. C’est ce que rapporte le journal britannique The Guardian.

Le pipeline de dollars alimente les conservateurs climatosceptiques et leur discours

Le déni du changement climatique – de la part des Républicains au Congrès et des groupes declimate change diny pression effectuant leur lobbying au niveau de l’État – est considéré au États-Unis comme un obstacle majeur aux efforts mondiaux pour lutter contre le changement climatique. Ils condamnent la possibilité d’établir des règlements fédéraux et d’État visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre et la possibilité de planifier un avenir qui connaitra une forte élévation du niveau de la mer et des conditions météorologiques extrêmes.

Selon un décompte fait par Greenpeace, c’est environ 30 millions de dollars (27,5 M d’Euros) qu’Exxon à injecté pour financer les chercheurs et les groupes militants faisant la promotion de la désinformation sur le réchauffement climatique. En réponse à la pression d’actionnaires, en 2007 la compagnie pétrolière a promis de stopper un tel financement.

« En 2008, nous cesserons nos contributions financières à plusieurs groupes d’intérêt public dont la position sur le changement climatique pourrait détourner l’attention de l’important débat sur la façon dont le monde va sécuriser l’énergie nécessaire à la croissance économique d’une manière respectueuse de l’environnement», déclarait Exxon dans son rapport de 2007.

Mais depuis 2007, selon l’information financières et fiscale disponible, la compagnie pétrolière a versé 1,87 Millions de $ aux Républicains du Congrès, lesquels nient l’existence du changement climatique, ainsi qu’un montant supplémentaire de $ 454 000 à la l’American Legislative Exchange Council (Alec), une association regroupant élus conservateurs et représentants du secteur privé particulièrement active dans la défense des intérêts des compagnies avec une vision très libérale des échanges et un marché dérégulé.

Dans une déclaration au Guardian cette semaine, Richard Keil le porte-parole d’Exxon réitérait: « ExxonMobil ne finance pas le « déni climatique »« .

Le changement climatique « un canular », les émissions de carbone « un élixir de vie »

L’ALEC, ce groupe de pression ultra-conservateur, a accueilli des séminaires faisant la promotion de l’idée (discréditée depuis longtemps) que l’augmentation des émissions de dioxyde de carbone est un « élixir de vie » (sic !). L’ALEC est également instigatrice d’une loi interdisant aux planificateurs de l’Etat de Caroline du Nord de considérer l’élévation future du niveau de la mer…

En somme, le soutien d’Exxon aux membres du Congrès et aux groupes de pression qui nient le changement climatique est en parfaite contradiction avec la position publique de la compagnie qui se dit déterminée à agir contre la menace posée par le réchauffement climatique.

Selon le Center for American Progress (think tank progressiste), une majorité de républicains à la climatosceptiqueChambre des représentants et au Sénat nie le changement climatique ou s’oppose aux proposions de mesures pour lutter contre le changement climatique. Les bénéficiaires d’Exxon au Congrès incluent par exemple le sénateur de l’Oklahoma Jim Inhofe, qui qualifie le réchauffement climatique de canular, et qui a reçu $ 20.500 depuis 2007, selon la base de données « Dirty Energy Money » (Argent sale de l’énergie) alimentée par Oil Change International. Moins efficace, Exxon a financé le sénateur du Missipi Roger Wicker, qui fut le seul à rejeter une déclaration votée au Sénat affirmant que le changement climatique était bien réel et non pas un canular : La résolution a été adoptée à 98 contre 1. Wicker, qui a reçu $ 14 000 d’Exxon est en effet celui qui a voté non.

Distribution générale de billets de 100 dollars par paquets de 50

Exxon a également donné un total de $ 868 150 aux sénateurs républicains lesquels ont votéstop corruption stop gaz de schiste contre une autre résolution symbolique affirmant que l’activité humaine était un moteur important du changement climatique. Chacun des 49 sénateurs républicains qui ont voté « non » a reçu au moins $ 5000 de la part d’Exxon, selon les chiffres d’Oil Change.

Fondateur du « Centre pour l’étude du dioxyde de carbone et le changement global », Craig Idso déclarait lors d’une réunion devant 100 parlementaires que « l’augmentation continue du dioxyde de carbone dans l’atmosphère devrait être accueillie à bras ouverts ». Si de telles fariboles sont pourtant rejetées dans leur intégralité par la communauté scientifique, l’ALEC considère que « tous les points de vue sont les bienvenus et qu’aujourd’hui, les élus en charge de l’établissement des réglementations veulent apprendre d’autant de points de vue que possible afin de prendre la meilleure décision possible pour les gens qu’ils représentent ».

Certaines compagnie finissent par se désolidariser

Championne du lobbying climatosceptique, l’ALEC a pourtant fini par subir une série de défections liées à sa prise de position sur le changement climatique au cours de la dernière année : des sociétés comme News Corp du magnat Rupert Murdoch, BP America, Microsoft, Facebook et Yahoo ont renoncé à leur statut de membres. Google se désolidarisant également accuse le groupe de lobbying de mentir sur le changement climatique.

Quant à Exxon, interrogée par le Guardian, elle n’est pas prête à discuter de son appartenance à l’ALEC. Toutefois, la société déclare être sérieuse par rapport au changement climatique et ne pas financer le déni climatique. Dans un courriel, M. Keil, le porte-parole d’Exxon, poursuit : « Nous prenons des mesures en réduisant les émissions de gaz à effet de serre dans nos opérations, en aidant les consommateurs à réduire leurs émissions, et en soutenant les grandes universités américaines en augmentant la capacité de recherche à la fois concernant la réduction des émissions mais aussi sur les sources d’énergie alternatives ». M. Keil n’a toutefois pas voulu répondre aux questions précises concernant le soutien financier d’Exxon aux membres du Congrès qui nient le changement climatique, son soutien à l’ALEC ni au financement du séminaire dans lequel Craig Idso faisait ses stupéfiantes déclarations sur les bénéfices supposés de l’augmentation des émissions de carbone.

Et pour conclure, le porte parole d’Exxon de déclarer : « Parce que le Guardian a abandonné le journalisme objectif et a un agenda clair en ce qui concerne le changement climatique, on ne peut plus lui faire confiance pour faire le travail que ses lecteurs ont le droit d’attendre, celui de fournir une couverture exacte et impartiale sur ce sujet important ».

Le financement du discours niant le changement climatique par les compagnies du secteur énergétique est considéré comme un obstacle majeur à l’action des États-Unis sur le changement climatique – et divise les États-Unis et l’Europe dans la lutte contre le réchauffement climatique.

Source: The Guardian

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Une équipe de chercheurs vient de publier une nouvelle étude dans la revue scientifique Nature Communications dans laquelle ils présentent leur analyse des facteurs qui ont contribué à la baisse de 11% des émissions de CO2 aux États-Unis entre 2007 et 2013.
De nombreux médias et experts ont attribué initialement le changement à la montée de la fracturation hydraulique et au remplacement du charbon «sale» par le gaz naturel à « combustion propre ». Qu’en est-il ?

Impact de la récession de 2007 sur la consommation

Cette nouvelle étude a analysé les modèles qui déterminent réellement la consommation nationalerecession usa 2007 aux États-Unis et il apparaît clairement que le gaz naturel a joué un rôle mineur dans l’histoire du charbon ces quelques dernières années. Et particulièrement lorsqu’on examine la Grande Récession en 2007: à la mi-2007 , la bulle immobilière américaine a éclaté, provoquant une grave récession. Le chômage a plus que doublé au cours des 2 années suivantes. Les revenus ont chuté, et le taux de pauvreté a augmenté. Et entre 2007 et 2009, les émissions de carbone ont diminué de 9,9%.

Le boom du gaz de schiste n’a pas commencé avant 2009

L’étude montre que plus de la moitié du déclin du charbon fut due à une baisse drastique du volume des biens consommés par la population américaine. Près d’un tiers de la baisse pourrait êtrebaisse CO2 USA baisse charbon et consommation pas augmentation gaz de schiste attribuée à des changements dans la structure de production, comprenant également la délocalisation des industries américaines vers la Chine et d’autres pays. Seulement 17% pourraient être attribuées à des changements du mix énergétique pour produire de l’énergie, et pourtant ceci n’est pas lié à la hausse de la production des hydrocarbures non conventionnels. En effet, le boom du gaz de schiste n’a pas commencé avant 2009. Et avant cela, le charbon était déjà sur le déclin.

Depuis la reprise une baisse de CO2 de 0,2% par an seulement

Après 2009, alors que l’économie commençait à se redresser et que les Américains ont recommencébaisse CO2 USA - à consommer des biens en quantités plus importantes, les émissions de carbone ont diminué de 0,2% seulement par an, en moyenne. À ce moment, le boom du gaz de schiste a commencé à avoir un effet sur les émissions de carbone. Et malgré cela, il n’a pas constitué le facteur le plus important dans le déclin des émissions de CO2. Des changements dans la production et la consommation ont dominé de 2009 à 2011, puis un hiver doux en 2012 et des prix élevés de l’essence de 2011 à 2013 laissent à penser que les Américains ont utilisé moins d’énergie globalement, émettant moins de CO2.

Ce ne sont pas les quelques autres augmentations de consommation de l’utilisation du gaz naturel essentiellement produit par la fracturation hydraulique aux États-Unis qui peuvent avoir eu un grand effet global sur les émissions de gaz à effet de serre ni sur le réchauffement. Le boom du gaz naturel pourrait même aggraver la situation. À court terme, le gaz sera en concurrence avec les énergies renouvelables, comme le vent et l’énergie solaire.

Sources: http://www.nature.com/ncomms/2015/150721/ncomms8714/pdf/ncomms8714.pdf
http://www.sciencedaily.com/releases/2015/07/150721124716.htm
http://www.smithsonianmag.com/science-nature/recession-not-fracking-drove-drop-us-carbon-emissions-180955972/?no-ist

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Les habitants de Pennsylvanie résidant dans les comtés à forte densité de puits d’exploitation d’hydrocarbures dits de schiste font face à un risque plus élevé d’être admis à l’hôpital suite à des affections causées par l’impact du processus d’exploitation des hydrocarbures non conventionnels. C’est ce que met en lumière une étude de l’université de médecine de Pennsylvanie.

Boom des pétrole et gaz de schiste rime avec boom des hospitalisations

Suite au boom des pétrole et gaz de schiste, les hospitalisations pour maladies cardiaques, neurologiques et autres sont plus élevés chez les personnes vivant près des forages de pétrole et de gaz non conventionnel, selon une nouvelle étude de l’Université de Pennsylvanie et l’Université Columbia publiée cette semaine dans la revue scientifique PLOS ONE. Aux États-Unis, au cours des dix dernières années la fracturation hydraulique a connu une augmentation fulgurante. Causé par l’explosion du nombre de forages de puits, son potentiel de pollution de l’air et de l’eau constitue une menace pour la santé publique et une préoccupation pour les riverains.

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Fig 1. Pennsylvanie Les puits actifs au fil du temps. Les puits actifs dans les comtés de Bradford et Susquehanna ont fortement augmenté de 2007 à 2011. Les puits sont représentés par des points de couleur. De 2007 à 2011, le comté de Wayne n’avait lui pas de puits en activité.

Pour répondre à cette question, des chercheurs de deux centres de recherche en santé environnementale de l’Institut national des sciences de la santé environnementale le Centre d’excellence en toxicologie environnementale de l’université de médecine de Perelman et le Centre pour la santé environnementale de Manhattan Nord à l’École de santé publique de Mailman (Université de Columbia), ont examiné le lien entre la densité de forages de puits et l’utilisation des soins de santé en triant les usagers par code postal entre les années 2007 et 2011 dans trois comtés du nord-est de Pennsylvanie.

Ayant recours à des bases de données documentant plus de 198 000 hospitalisations (pouvant comprendre plusieurs hospitalisations pour une même personne), l’équipe a examiné les 25 catégories médicales spécifiques pour les hospitalisations, telles de définies par le Conseil de santé de Pennsylvanie. Ils ont associé à ces catégories la proximité des résidents avec des puits en activité. Deux des comtés – Bradford et Susquehanna – ont connu une augmentation significative de l’activité de forage au cours de cette période de temps, tandis que le comté « témoins » celui de Wayne, n’a connu aucune activité de forage en raison d’une interdiction de forage liée à sa proximité avec le bassin de la rivière Delaware.

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Figure 2. Production de gaz (histogramme) Nombre de puits (cercles) de 2007 à 2011.

Les résidents exposés à de nombreuses substances toxiques

L’auteur principal de l’étude, M. Reynold Panettieri, Jr., professeur de médecine et directeur adjoint du Centre d’excellence en toxicologie environnementale explique : «Cette étude analyse la réaction collective des résidents –sériés par code postal- face à la fracturation hydraulique dans les comtés ayant des densités de puits élevées. A ce stade, nous soupçonnons que les résidents sont exposés à de nombreuses substances toxiques, au bruit et à des facteurs de stress en raison des opérations de forage et de fracturation hydraulique près de leur domicile, ce qui peut contribuer à l’augmentation du nombre d’hospitalisations. Cette étude représente l’une des plus complètes à ce jour qui lie les effets de l’industrie du « fracking » sur la santé ».

Cependant, les auteurs indiquent qu’une étude plus approfondie est nécessaire afin de déterminer comment les substances toxiques, ou des combinaisons individuelles spécifiques peuvent augmenter les taux d’hospitalisation. Le Pr Panetteieri détaille : « Par exemple, l’augmentation des hospitalisations en cardiologie pourrait être liée à une exposition accrue à la pollution de l’air causée par les gaz d’échappement diesel et les rejets de particules fines; Toutefois, cela nécessiterait des études de suivi individualisé pour mesurer l’exposition à des substances toxiques spécifiques. Nos résultats fournissent des indices importants justifiant de concevoir des études épidémiologiques lesquelles permettraient d’associer les expositions à des produits toxiques spécifiques à des problèmes de santé spécifiques».

Le coût de l’exploitation des gaz de schiste et le coût sanitaire

Leurs résultats ont révélé que la proportion de la population hospitalisée pour des raisons cardiologiques et neurologiques était significativement plus élevée dans les zones proches des puits en activité. Les hospitalisations pour affections de la peau, le cancer et les problèmes urologiques ont été également associés à la proximité des habitations à des puits en activité.

L’équipe a constaté que pour les 18 des codes postaux présentant une densité de puits supérieure à 0,79 puits par kilomètre carré, les résidents vivant dans ces zones présentaient un risque accru -augmentant de 27% par an- d’être hospitalisé pour raison cardiaque.

Pour ses auteurs, bien que l’étude ne prouve pas que l’exploitation des hydrocarbures par le fracking provoque effectivement ces problèmes de santé, l’augmentation des hospitalisations observée sur ce laps de temps relativement court suggère que les soins de santé liés à la fracturation hydraulique doivent être pris en compte dans le calcul du coût de l’exploitation des hydrocarbures non conventionnels.

Sources: Eurakalert.org  PLOS ONE

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Adaptation d’après une tribune de Scott Novak parue le 14 Juillet dans huffingtonpost.com

Le gaz de schiste extrait par fracturation hydraulique – un procédé requérant la mise en œuvre de multiples forages- serait censé être bon pour l’environnement. C’est ce que nous rabâche l’industrie du « gaz naturel », relayée par un nuée de spéculateurs et quelques politiciens vassaux (dont les campagnes électorales de certains dépendent du généreux financement de l’industrie fossile).

Le mythe du gaz propre

Aux États-Unis, le président Obama et une grande partie de la classe politique ont approuvé la production de gaz naturel par la technique du fracking (fracturation hydraulique) comme une « solution de transition», un «pont vers un avenir durable».

Le fracking n’est pas ce « pont vers un avenir durable » que les politiciens et les sociétés d’énergie prétendent qu’il est.

Ce gaz serait selon eux un carburant qui va aider l’Amérique à opérer une «transition vers une économie verte». Pourquoi cela ? Parce que le gaz naturel émet deux fois moins de dioxyde de carbone (CO2) que le charbon. Et pourtant il est important que le public comprenne que cette notion de « carburant de transition » est fausse, nuisible à la santé et l’environnement et de courte vue. C’est un mensonge relayé à coup (coût) de millions de dollars et précisément à la veille de la conférence mondiale sur le climat, la « COP21 » qui se tiendra à Paris en décembre 2015.

Le gaz non conventionnel fort émetteur de gaz à effet de serre

La notion selon laquelle le gaz naturel serait un carburant plus propre que le charbon ou le pétrole est basée sur la mesure des émissions de gaz extraits par les méthodes conventionnelles, et non celui extrait par les techniques de stimulation comme la fracturation hydraulique. En 2011, une étude de l’Université Cornell constatait que les émissions de méthane provenant de l’exploitation des gaz par fracturation « sont au moins 30% supérieures voire deux fois plus importantes que celles du gaz classique, » et ceci parce que le méthane est libéré à chaque étape du processus de fracturation. Et malheureusement, ce méthane réchauffe 34 fois plus que le dioxyde de carbone. Ceci signifie que le gaz exploité par fracturation a un effet de serre supérieur à celui du pétrole et peut avoir un impact équivalent à celui du charbon sur le long terme. En termes d’effet de serre à court termes, il est même bien pire que le charbon.

Même en améliorant les techniques d’exploitation, l’impact sur le climat est dévastateur

Même si l’injection dans le sol de produits chimiques hautement toxiques requise pour la fracturation pouvait être accomplie sans contaminer les réserves d’eaux souterraines locales, et même si les déchets très toxiques produits par le processus de fracturation pouvaient être éliminés en toute sécurité – deux scénarios qui restent actuellement hautement improbables et notamment par les coûts qu’ils représenteraient- la pollution par le méthane (et le carbone) générée par les émissions du gaz produit par la fracturation persisteront. C’est pour cette raison que le gaz non conventionnel (gaz de schiste, gaz compact (tight gas), gaz de houille etc.) ne doit pas être considéré comme un « combustible propre ». Son utilisation contribuerait à mettre en péril l’objectif d’une limite de réchauffement planétaire de 2 degrés Celsius – limite au-delà de laquelle les scientifiques prédisent des sécheresses extrêmes, l’élévation du niveau des mers, et des extinctions de masse – phénomènes dévastateurs dont l’humanité s’approche à grands pas.

Les compagnies pétrolières n’ont aucune envie de freiner les investissements dans les ressources fossiles, bien au contraire !

Non seulement le gaz de schiste n’est pas plus propre que les autres combustibles, mais il n’a jamais été prévu comme « carburant de transition » en premier lieu. Il suffit de regarder les plans des compagnies pétrogazières pour s’en convaincre. Des sociétés comme Chevron et Shell, toutes deux engagées dans d’importantes opérations d’exploitation d’hydrocarbures par fracturation, prévoient d’investir des milliards dans de nouveaux projets de combustibles fossiles au cours des dix prochaines années. Or il ne peut y avoir retour sur de tels investissements à moins que ces sociétés ne soient autorisées à poursuivre l’exploitation de la planète pour des décennies encore. Le gigantesque investissement de 54 Milliards de dollars US de Chevron dans la construction d’infrastructures de liquéfaction et d’exportation de gaz, et les 12 Milliards investis par Shell pour construire un gigantesque méthanier (une usine flottante de liquéfaction de gaz, l’engin le plus gros jamais mis sur les océans par l’homme), tous deux situés en Australie, ne sont que deux des nombreux exemples illustrant cette course effrénée au profit par l’exploitation des hydrocarbures. Pourquoi ces compagnies feraient de tels investissements si leur objectif était de passer dans le court terme à des sources d’énergie renouvelable? Mais tout simplement parce qu’elles n’en n’ont pas du tout l’intention !

Le gaz vendu comme « carburant de transition » est un déni de réalité

Enfin, affirmer que l’exploitation de gaz de schiste est un « pont vers une économie plus verte » pose avant tout la question de savoir pourquoi un tel « pont » est nécessaire. Pourquoi repousser ? Pourquoi, comme certains pays le font déjà, ne pas tout simplement investir directement avec l’objectif 100% énergies propres? Pourquoi ne pas massivement investir dans ces énergies qui ne présentent pas de risque de pollution ou de contamination des eaux souterraines? Les technologies et les plans pour que cela fonctionne sont déjà disponibles. Des pays tels que le Danemark et l’Allemagne parviennent maintenant à couvrir plus d’un quart de leurs besoins énergétiques en ayant recours aux énergies renouvelables, et pour 2050, chaque pays dispose de plans pour éliminer sa dépendance aux combustibles fossiles.

En France, le patron de TOTAL sort les muscles et concernant des permis de recherche d’hydrocarbures déclare tout en finesse aux parlementaires : « Oui, en France on ne veut pas m’accorder des permis en Guyane. J’espère qu’on ne va pas les donner à un autre. Là, je m’énerverais »

Lire aussi: Pourquoi le gaz de schiste n’est pas une énergie de transition

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Le gouvernement néerlandais a interdit vendredi 10 juillet tout forage commercial pour le gaz de schiste d’ici à 2020, évoquant notamment la méthode controversée d’exploitation, le fracking. En France, la loi d’interdiction de la fracturation hydraulique bloque également ce type d’exploitation depuis 2011.

« La recherche et l’exploitation commerciale de gaz de schiste n’est pas à l’ordre du jour pour les cinq prochainesschaliegas stop gaz de schiste Pays Bas années », a déclaré le ministre néerlandais de l’Economie Henk Kamp lors d’une conférence de presse à l’issue d’un Conseil des ministres. « Selon des enquêtes mandatées le gouvernement, il y a encore des incertitudes sur les effets du forage profond pour le gaz de schiste aux Pays-Bas », a précisé le gouvernement dans un communiqué, précisant qu’aucun forage d’exploration n’a encore été effectué sur le territoire néerlandais.

Annulation de permis …

Des permis d’exploration délivrés dans le passé puis suspendus, ne seront pas renouvelés, a par ailleurs indiqué Henk Kamp, selon lequel les Pays-Bas compteraient entre 200 et 500 milliards de mètres cubes de gaz de schiste dans leur sol. Les Pays-Bas sont le deuxième producteur européen de gaz naturel traditionnel. En 2011, les revenus du gaz avaient contribué à hauteur de 8% aux recettes de l’État.

… mais la relance de la recherche n’est pas exclue

Un rapport sur les sources d’énergie aux Pays-Bas prévu pour 2015 doit déterminer si le gaz de schiste entreSCHALIEGAS non merci Pays-Bas en ligne de compte dans le paysage énergétique du pays à l’horizon 2020. Si la réponse est positive, des forages d’exploration mis en place par l’État, et non par des sociétés privées, pourraient avoir lieu au plus tôt en 2018. Des recherches menées avec d’autres pays sont également envisagées. Toutefois, dans un tel cas de figure, l’exploration et l’exploitation commerciales ne seraient pas autorisées avant 2020.

La fracture hydraulique, ou fracking, est la seule technique éprouvée pour exploiter les hydrocarbures de schiste. Elle est très utilisée aux États-Unis, interdite en France tandis qu’au Royaume-Uni l’exploitation du gaz de schiste est une priorité du gouvernement Cameron. Toutefois, récemment, des demandes de permis d’exploration ont été rejetées. En Allemagne, le gouvernement a repoussé à après l’été un vote au parlement sur une loi sur le fracking.

Source: AFP